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Full text of "Essai historique sur la société civile dans le monde romain: et sur sa ..."

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ESSAI HISTORIQUE 

SUR 

LA SOCIÉTÉ CIVILE 

DANS LE MONDE ROMAIN 

ET SUR 

SA TRANSFORMATION PAR LE CHRISTIANISME 

^AR 

C. SCHMIDT, 

Professeur à la Faculté' de theologio et au Séminaire protestant de 
Strasbourg. 



OUVRAGE COURONNE PAR l'iNSTITUT [ACADÉMIE FRANÇAISE). 



• Obi ririlM non pst, non potest esse jostifia.' 
Saikt Adodstin. 



STRASBOURG, 

c. F. SCHMIDT, ÉDITEUR, RUE DF^ ARCADES, 6. 

PARIS, 
L. HACHETTE ET COMP., RUE P I E R R K-S A R R A Z I N , \\. 

LEIPZIG, 
FRÉDÉRIC FLEISCHER. 

1853. 



L'auteur se réserve son droit de propriété contre toute 
contrefaçon, de même que contre toute traduction à l'é- 
tranger. 



STRASBOURG , IMPRIMERIE DE G. SILBBRMANN. 

I 



PRÉFACE. 



En 1849, l'Académie française mit au concours la 
question suivante : « Rechercher Vinftaence de la cha- 
rité dans le monde romain durant les premiers siècles 
de notre ère y et , après avoir établi comment , en res- 
pectant profondément le droit et la propriété , elle agis- 
sait par persuasion, à titre de vertu religieuse, mon- 
trer , par ses institutions, l'esprit nouveau dont elle 
pénétra la société civile. i» 

Un examen attentif de ce programme m'a fait 
penser que, pour mieux faire ressortir ce qu'il y a 
eu de nouveau dans l'esprit dont la charité chré- 
tienne a pénétré la société civile, il fallait commen- 
cer par caractériser l'esprit ancien, les (Jpctrines et 
les mœurs sociales de l'antiquité. J'ai dû croire aussi 
que l'Académie n'entendait pas restreindre l'influence 
de la charité à la seule classe des indigents; ce n'eût 
été qu'un des côtés de la question ; celle-ci , embras- 
sant la société citnle tout entière, comprend néces- 
sairement , outre les rapports du riche et du pauvre, 
ceux de Thomme et de la femme, du père et des en- 
fants, du maître et des serviteurs. 

J'ai donc divisé mon travail en trois parties : La 
première a pour but d'esquisser en traits rapides la 
morale sociale ancienne, ramenée à ses sources qui 
sont le despotisme de l'État et legoisme du citoyen. 
Dans la seconde, je résume la morale sociale chré- 
tienne qui n est qu'une application de la charité aux 
difierentes relations de la vie; j'en combine l'expo- 
sition avec le tableau de la vie et des institutions des 
chrétiens durant les premiers siècles de notre ère. 



Il PRÉFACE. 

La iroisième partie enfin est destinée à montrer 
comment les notions antiques et les lois romaines 
concernant la société civile ont été transformées par 
la charité, ou, pour parler avec le programme, 
comment cette société a été pénétrée d'un esprit 
nouveau. On voit par là que je n ai pas pris le mot 
de charité dans le sens restreint d'aumône ou de 
bienfaisance. L'Évangile, en affranchissant les âmes 
et eu proclamant Tégalité de tous les hommes, réha- 
bilités dans leur dignité personnelle, a mis à la 
place de l'esprit despotique et exclusif du monde an- 
cien, un principe social nouveau, celui de Tamour. 
Cet amour, inséparable du respect dû à tout homme, 
sans égard à sa condition extérieure, es4; la charité 
dans sa signification la plus haute; c'est la vertu fon- 
damentale du christianisme, le principe et le centre 
de tous les sentiments qui doivent nous animer les 
uns à l'égard des autres. A ce point de vue, j'ai pu 
prendre pour épigraphe une parole de saint Ai^us- 
tin, disant que « là où la charité n est pas, la justice 
ne peut pas être.» Dans un traité, publié à une époque 
difficile, un des hommes les plus distingués de notre 
temps a dit : cla justice est le frein de l'humanité, 
la charité en est l'aiguillon ^» L'antiquité, qui n'a 
voulu appliquer que le frein et qui ne s'en est servie 
que dans l'intérêt d'un petit nombre, a dû finir par 
le lâcher après s'être trompée sur sa nature et sur 
sa force ; c'est au christianisme qu'appartient la gloire 
d'avoir mis dans les âmes l'aiguillon qui les pousse 
au dévouement, à l'abnégation , au sacrifice, et qui 
rend possible le maniement du frein dans l'intérêt 
de tous. C'est là la vraie condition de la vie sociale; 
sans le sacrifice libre de l'homme pour l'homme, la 

*M. Cousin , Justice et charité, Par. 1848, io-iS. 



PRÉFACE. III 

société est un fait violent ou une chimère ; la justice 
elle-mêm€, c'est-à-dire le respect des droits indivi- 
duels, a besoin dêtre éclairée et vivifiée par la cha- 
rité. 

En me représentant Tétat de la société actuelle 
qui n'est pas sans ressemblance avec les temps de la 
naissance et de la première propagation de l'Évan- 
gile, et où la charité trouve un si vaste champ pour 
son activité et pour ses sacrifices dans toutes les re- 
lations de la vie , il m'a semblé que l'Académie de- 
mandait moins un travail d'érudition qu'un ouvrage 
accessible à tout le monde, présentant une apologie 
historique du christianisme, basée sur l'exposition 
de ses effets moraux et de son îfifluence sociale. Cette 
idée de faire un livre utile au grand public, m'a 
guidé dans le choix et dans la distribution des ma- 
tériaux. Si j'avais écrit pour les seuls hommes de 
science, j'aurais donné à plusieurs points un déve- 
loppement moins considérable, tandis que certaines 
questions de critique auraient dû être discutées plus 
longuement. Toutefois, on me rendra la justice que 
je n'ai cité aucun fait sans l'appuyer de témoignages 
positifs et authentiques. Il m'eût été facile, sans doute, 
d'ajouter beaucoup de détails intéressants; mais, 
afin de ne pas dépasser la limite qu'il a fallu me tra- 
cer pour un sujet assez vaste par lui-même, je me 
suis borné à ce qui m'a paru le plus propre à carac- 
tériser les tendances et les époques dont j'ai dû 
m'occuper. Plusieurs des points qui rentrent dans la 
question générale, ont été traités d'ailleurs, avec 
une grande supériorité de talent et de science , dans 
des ouvrages spéciaux, tels que ceux de MM. Ville- 
main, Troplong, Naudet, Wallon, Moreau-Chris- 
tophe, Martin, etc. Il ne me restait à faire qu'un ta- 
bleau d'ensemble, propre à éveiller l'attention sur 



IV PRÉFACE. 

les iransformatioDs sociales opérées par l'influence 
du chrisUanisme. Je me suis abstenu enfin de faire 
des applications au temps présent » non-seulement 
parce que le programme ne les demandait pas , mais 
aussi parce que je suis persuadé que, dans un ou- 
vrage historique, elles sont inutiles aux lecteurs qui 
savent faire la comparaison du passé avec l'époque 
où ils vivent. 

C'est bien plutôt à mon désir de faire quelque bien, 
qu'au mérite de mon travail en lui-même, que je dois 
attribuer le succès que celui-ci a obtenu auprès de 
TAcadémie française. A la suite d'un rapport, trop 
bienveillant pour moi, présenté par son illustre se- 
crétaire , M. Villemaîn , ce corps éminent a décerné 
ex œquo le prix au mémoire de mon honorable col- 
lègue dans l'enseignement théologique, M. Ghastel, 
de Genève, et au mien. Je manquerais à mon devoir, 
si je ne saisissais pas cette occasion pour exprimer 
à l'Académie mes vifs remercîments pour la distinc- 
tion qu'elle a accordée à mon livre. Je n'ai pas la 
prétention de m'imaginer que cet honneur doive le 
mettre à l'abri de toute critique; tout ce que je sou- 
haite, c'est que le public, à son tour, me tienne 
compte de mon intention de vouloir contribuer à la 
propagation des idées et des sentiments qu'inspire la 
charité chrétienne, et dont beaucoup de nos con- 
temporains ne sont pas encore suffisamment pé- 
nétrés. 

Mars 1853. 



ESSAI HISTORIQUE 



SUR LA 



SOCIETE CIYILE DANS LE MONDE HOMAIN 



TRANSFORMATION PAR LE CHRISTIANISME. 



LIVRE I. 

LA SOCIÉTÉ CIVILE PAÏENNE, 



INTRODUCTION. 

A répoque où parut le christianisme , Rome était au 
comble de sa puissance et de sa gloire. La plus grande partie 
de la terre alors connue obéissait à ses lois ; sa civilisation , 
avec ses qualités comme avec ses vices , s'était établie en 
Europe, en Asie, dans l'Afrique septentrionale; partout 
où ses légions avaient planté leurs aigles victorieuses , ses 
institutions , ses mœurs , son langage même , les avaient 
suivies , et le monde n'était pas seulement devenu romain 
de nom , mais d'esprit et de fait. L'état social et moral de 
l'Empire était le même en Orient comme en Occident -, il 
était le résultat d'un travail de fusion entre la civilisation de 
la Grèce et celle de Rome républicaine. Cette fusion n'avait 
pas eu de peine à s'accomplir , car , malgré la différence 
entre le génie romain et le génie grec , les deux civilisations 
reposaient l'une et l'autre sur le même principe fondamen- 
tal. Pour reconnaître ce principe, comme, en général, pour 

1 



2 CHAPITRE I. 

caractériser l'esprit de la société romaine dans les siècles qui 
doivent nous occuper, il ne sera pas nécessaire de remonter 
jusqu'aux traditions héroïques des âges primitifs. Nous n'a- 
vons pas à rechercher les germes à moitié perdus dans 
l'ombre des mythes ; il nous importe de suivre les dévelop- 
pements historiques de ces germes , d'un côté dans les ins- 
titutions qui ont donné aux mœurs une sanction légale , 
d'autre part dans les opinions des philosophes qui ont jus- 
tifié par leurs théories k la fois les lois et les mœurs. C'est 
à cette double source que nous puiserons les éléments pour 
recomposer le tableau de la vie et de l'esprit de la société 
romaine ; nous ferons ressortir les idées généralement ré- 
pandues sur les hommes et leurs relations entre eux dans la 
vie civile ; nous réunirons ainsi les principaux traits de la 
morale sociale antique. Les faits historiques confirmeront 
les résultats de cette étude , toute l'histoire intérieure de la 
société païenne nous apparaîtra comme le fruit inévitable , 
comme la conséquence fatale de l'esprit et des principes so- 
ciaux de l'antiquité ; la moralité des anciens ne sera pas 
autre que leur morale, ou pour parler plus exactement peut- 
être, dans leur morale, nous ne verrons que l'expression de 
leur moralité réduite en système ou formulée par des lois. 



CHAPITRE ï. 

PRINCIPE ET BUT DE LA MORALE SOCIALE ANTIQUE. 

§ 1 . Le bonheur. 

Dans l'antiquité, Thomme cherchait, comme aujourd'hui 
et comme toujours, les moyens de se rendre heureux. Le 
but de la vie est le bonheur : telle était la règle de conduite 
et le principe moral des individus. Ne vivant que dans la na- 



PRINCIPE ET BUT DE LA MORALE SOCIALE ANTIQUE. 3 

lure extérieure , ne connaissant que peu les domaines in- 
times et impérissables de l'àme, le païen ne cherchait en 
général ce bonheur qu'au dehors , dans la jouissance plus 
ou moins matérielle des sens. Par sa nature, celte jouissance 
est égoïste ; tout est rapporté au désir individuel , point de 
départ et centre de toute activité ; le moi règne en maître ; 
son règne est exclusif: il méprise ceux qu'il emploie à son 
service s'ils ne sont pas assez forts pour se faire craindre, et 
il hait ceux qui osent lui opposer de la résistance. Nous ne 
tarderons pas à voir que c'est en cela que se résume toute la 
morale sociale de l'antiquité dont le principe n'est autre que 
l'égoïsme. Des philosophes , tels que Démocrite, Aristippe, 
les sophistes, ont déclaré sans détour que l'activité humaine 
n^a pas d'autre but que de chercher le bonheur dans la jouis^ 
sance ; ils ont été les fidèles interprètes de l'opinion de ceux 
qui possédaient les moyens de se rendre heureux dans le 
sens de l'antiquité païenne. 

D'autres philosophes , moins matérialistes , ont essayé de 
teDdpérer le principe de la morale antique par des définitions 
moins vulgaires du souverain bien ; mais eux aussi n'ont pas 
pu s'élever au-dessus des exigences de l'égoïsme \ s'ils 
parlent de la possibilité d'un bonheur moins sensuel , ils 
n'en laissent pas moins subsister k côté de lui la jouissance 
extérieure ; ils renvoient l'homme à la vertu, mais leur vertu 
n'est ni intime ni dégagée de tout alliage impur ; leur mo- 
rale , basée sur l'amour du moi, ne connaît pas les devoirs 
envers tous les hommes , elle consacre le mépris des faibles 
et la haine des ennemis ; elle ne tend pas à réaliser la vraie 
justice. C'est une morale dominée par les faits existants et 
imaginée dans le but de leur servir de sanction et d'appui 
philosophique ; ce n'est pas une doctrine supérieure à ces 
faits , destinée à les corriger et à les transformer. On n'at- 
tendra pas de nous , à cet endroit, des développements dé- 
taillés sur les systèmes moraux de l'antiquité ^ il nous suffira 



4 CHAPITRE I. 

d'en rappeler les principes fondamentaux, en réservant pour 
la suite de ce travail les idées des philosophes sur les rap- 
ports sociaux et les différentes classes des hommes ; nous 
nous bornons à dire ici que ces idées pratiques, loin d'être 
des conséquences des spéculations plus pures auxquelles se 
sont élevés plusieurs parmi les anciens sages , ne sont que 
la justification théorique des mœurs et des institutions de 
l'antiquité. Socrate place le bonheur dans la sagesse , dans 
la connaissance de la raison suprême , de Diçu ; pour lui , 
cette connaissance du bien est inséparable de la pratique du 
bien , la sagesse est une avec la vertu ; mais on lui demande 
en vain un enseignement précis sur ce qui est bon et juste 
dans la vie ; il laissait à cet égard ses disciples dans le doute, 
ou plutôt ce doute ne s'élevait pas même dans leur âme, car 
Socrate ne recherchait pas avec eux si les mœurs et les lois 
étaient conformes ou non a la vertu et à la sagesse. Platon 
combat , il est vrai , l'opinion que la jouissance est le sou- 
verain bien ; il dit, a son tour, que la vertu est le seul bon- 
heur de l'âme , et que Dieu est le bien suprême ; il a de belles 
aspirations vers ce Dieu , dans lequel il reconnaît la perfec- 
tion infinie ^ mais , si dans ses spéculations j il sait s'élever 
à une certaine hauteur, il retombe dansTégoïsme païen, dès 
qu'il touche aux questions pratiques et sociales *, nous verrons 
cet égoïsme le poursuivre jusqu'au milieu de ses utopies 
sur l'idéal de la société. Quant à Aristote , il n'est pas uto- 
piste ; instruit par l'expérience , il constate que c'est en vue 
du bonheur que les hommes accomplissent tous leurs actes, 
et il trouve le bonheur précisément dans celte activité pra- 
tique de l'homme ; seulement, il veut que nos actions soient 
conformes k notre nature raisonnable ; l'homme sera d'au- 
tant plus heureux, que cette activité raisonnable se dévelop- 
pera et se rapprochera davantage de la vertu pure. Il sem- 
blerait, d'après cela, que la pratique deja vertu devrait être 
la source du bonheur ; mais cette vertu elle-même n'est 



PRINCIPE ET BUT DE lA MORALE SOCIALE ANTIQUE. 5 

qu'extérieure , son principe ne réside que dans les désirs et 
dans les intérêts de Thomme , dans son égoïsme ; cela res- 
sort de Topinion d'Aristote que Tutile est la mesure du 
juste, et que c'est par l'observation du jugement des hommes 
qu'on peut trouver le milieu entre les extrêmes et discerner 
ce qui est mauvais de ce qui est bon ; le principe moral ne 

• se fonde ainsi , en dernière analyse, que sur l'intérêt person- 
nel éclairé par l'expérience. Le stoïcisme parait s'élever au- 
dessus de ces calculs d'une prudence intéressée ; pour lui, 
la règle de l'bomme qui aspire au bonheur que donne la 
vertu, est de vivre conformément à la nature intelligente de 

' l'âme; la perfection de cette nature est la vertu suprême, et 
dans la pratique de celle-ci consiste le bonheur suprême 3 
or, la perfection de la nature intelligente , c'est d'être inac- 
cessible k toutes les impressions des choses et des accidents 
extérieurs, la vertu et le bonheur résident par conséquent 
dans le calme de l'âme , dans l'immobilité de l'esprit, résis- 
tant aux passions et demeurant imperturbable au milieu des 
affections , quels qu'en soient l'objet ou la cause. Pour con- 
server ce calme précieux , le stoïcien ne faisait du mal k 
personne , afin de ne fournir à personne l'occasion de le 
troubler lui-même par des offenses ou par des plaintes. 
C'est donc encore l'intérêt personnel qui inspire le stoï- 
cien -, son système n'est pas moins basé sur l'égoïsme que 
tous les autres. Il en est de même de la nouvelle Acadé- 
mie qui , se rattachant en partie au stoïcisme et en partie 
aux doctrines des péripatéticiens , cherchait à concilier le de- 
voir et l'intérêt . le juste et l'utile ; c'était l'école des hommes 
du monde, préoccupés en toutes choses d'une apparence exté- 
rieure irréprochable -, Cicéron en est le principal représentant. 
La morale de ce philosophe se résume dans le précepte de 
vivre honnêtement, c'est-k-dire , selon lui , conformément k 
la nature intelligente *, honnête est ce qui est louable en soi, 
sans aucun égard k l'utilité matérielle ; on le reconnaît , en 



6 CHAPITRE I. 

consultant le commun jugement des hommes; ceux-ci sont 
Ifénéralement d'accord pour blâmer ou trouver honteux ce 
qui est mauvais, et pour louer ou honorer ce qui est bon. 
Cicéron se croit donc fondé à dire que les termes de bon et 
d'honorable sont synonymes, aussi bien que le sont ceux de 
honteux et de mauvais. Revenant alors à Tutilité , dont la 
morale ancienne ne pouvait vaincre les exigences, il trouve 
que ce qui est bon est utile , et , le bon étant ce qui est honnête, 
il en conclut en définitive que tout ce qui est honnête est en 
même temps utile. Nous aurions peu à redire à ce principe, 
si , pour la mesure de l'honnête , le philosophe romain nous 
indiquait autre chose que le jugement des hommes, corn- * 
munément si trompeur et si contradictoire ; s'il n'y a pas 
de mobile supérieur a l'amour du moi , chacun est porté k 
ne trouver honnête et bon que ce qui flatte ses désirs ; on se 
borne k éviter extérieurement ce qui choquerait la foule , 
on se contente de ce décorum , pour lequel Cicéron réserve 
tout son enthousiasme de moraliste homme du monde. Si 
on a la conscience de garder le décorum , on peut même se 
mettre au-dessus du jugement public ; c'est en ce sens que 
Cicéron assure que , pour vivre heureux , il suffit du tran- 
quille contentement que donne la vertu par elle-même, pra- 
tiquée gratuitement, c'est-a-dire sans la recherche, soit d^un 
bénéfice extérieur , soit même d'une satisfaction plus in- 
time ^. On voit ce que devient la conciliation de l'honnête et 
de l'utile , du devoir et de l'intérêt dans cette morale , aussi 
égoïste que toutes celles de l'antiquité. Il est évident que, 
dès qu'on tente cette conciliation , on est infailliblement 
amené a sacrifier le devoir à l'intérêt personnel ; le devoir 
ne commencera que lorsque l'intérêt ne s'y opposera pas , et 
pourvu que le décorum soit observé , on sera parfaitement 

* Ai:ad. Quœst. , 1. IV, c. 46, t. X , p. ^31. Tusc. Quœst^ 1. V, l. X , 
p. «534 et suiv. 



PRINCIPE ET BUT DE Lk M0R4LE SOCIALE ANTIQUE. 7 

libre dans ses actes. La moralité, d'après Gicéron , se me- 
sure ainsi a l'approbation des hommes on au moins k Tab- 
sence de leur blâme -, ô'est surtout une règle de conduite 
pour l'homme du monde , pour celui qui , occupant une po« 
sition élevée dans la société , est exposé plus que d'autres 
aux regards et aux critiques de la multitude. 

Dans le rapide examen que nous venons de faire , nous 
nous sommes borné a rappeler les représentants les plus 
éminentsde la pensée antique ; si le principe moral d'hommes 
aussi instruits et aussi sages n'a pas pu s'affranchir de l'é- 
goisme , du désir de jouir d'un bonheur incontesté , la règle 
de lîonduite de ceux qui étaient étrangers à la philosophie 
n'a dû être ni plus sévère ni plus sûre. 



§ 2. L'ÊtaL 

En considérant ce caractère de la morale ancienne, on 
pourrait être tenté de croire que ce n'était qu'une morale 
destinée aux individus , qui ne leur imposait aucun devoir so- 
cial , aucune obligation réciproque. Mais il y avait un égoïsme 
supérieur k celui de l'individu , c'était l'égoïsme de l'État. 
On s'en convaincra , dès que nous aurons dit la manière dont 
les philosophes , organes sous ce rapport de l'esprit général 
de l'antiquité, envisageaient le moyen de la réalisation du 
bonheur individuel. Ce moyen , c'est peureux l'État ; vivre 
dans un État bien organisé , c'est la plus haute condition du 
bien-être de l'homme ^ Cette id.ée, vraie dans un certain 
sens , cesse de l'être quand elle est destinée , comme chez 
les anciens , k justifier la suprématie de l'État aux dépens 
des droits des individus. Aristote est le premier qui exprime 
philosophiquement la pensée politique qui était a la base de 



* Plat., De Rep.y 1. VI, p. 342 et suiv. 



8 CHAPITRE I. 

Tordre social grec-, l'État, dît-il, existe rationnellement 
avant les individus qui ie composent, de même que le tout 
existe comme tel avant d'être divisé en ses parties ; il est, 
par sa nature, supérieur à ses membres qui se doivent à lui, 
parce qu'ils ne sont que par lui -, il est la condition de leur 
existence, de leur développement, de leur prospérité ^ 
Toute rorganfsation des États anciens reposait sur cette 
idée ; de même que la partie n'est rien sans le toiit , on 
croyait que l'homme n'est rien en dehors de ses relations 
comme citoyen , que son existence dépend uniquement de 
celle de l'Étal , et que celui-ci est antérieur et supérieur à 
toute personnalité individuelle ] celle-ci s'absorbait entière- 
ment dans la communauté politique. Platon , dans ses spé« 
culalions sur la République modèle , n'a pas su se détacher 
de ce fait d'un État anéantissant l'individualité de ses 
membres ; son idéal , c^est l'idéal de l'égoïsme public , ou, 
pour mieux dire , l'idéal des égoïsmes réunis d'un certain 
nombre d'hommes privilégiés ; l'État antique n'a pas été 
autre chose. Pour Platon, cherchant les conditions de la 
République parfaite , l'État est tout ; il est le but unique de 
toute l'activité de ses membres ^ il n'y a rien qui ne doive 
lui être sacrifié ; ceux qui ne peuvent pas le servir , n'ont 
pas de raison d'être , la politique permet de les mépriser, si 
elle ne commande pas de les exterminer. De même que l'É- 
tat est tout, il possède aussi tout *, avoir une propriété parti- 
culière, n'est pas un droit naturel , ce n'est pas même un 
privilège , c'est une marque d'infériorité 5 il n'y a que ceux 
qui sont exclus de la communauté de l'État, c'est-à-dire 
ceux qui travaillent , les laboureurs , les industriels , qui 
puissent posséder quelque chose en propre ^ les vrais membres 
de l'État ne travaillent pas , ils n'ont plus de propriété indi- 
viduelle , ils ont tout en commun , même les femmes ^ la fa- 

^ Polit., 1. I, ci, $M, p. 6. 



PRINCIPE ET BUT DE LA MORALE SOCIALE ANTIQUE. 9 

mille est détruite pour eux, leurs eufants appartiennent à 
FÉtat, ils sont le bien de tous. Le bonheur suprême consiste 
à diriger un État pareil , et celui qui est le plus apte à cette 
direction , le roi parfait , c'est le philosophe. Ce roi parfait 
ne doit songer qu'à la prospérité de TÉtat ; il lui importe 
peu que l'individu soit heureux , pourvu que l'État prospère, 
fût-ce même au détriment de beaucoup de ses membres, de 
classes tout entières ; rÉtat, endéûnitive, ne se compose 
que d'un petit nombre d'hommes, d'une aristocratie divisée 
en castes , auxquelles on appartient sans pouvoir s'en affran- 
chir. L'individualité humaine est ainsi profondément mé- 
connue , sacrifiée à une communauté chimérique , dans la- 
quelle il n'y aurait de réel que l'égoïsme de ceux qui en pro- 
fiteraient et la misère des autres. De cet égarement du grand 
philosophe découlent les erreurs de sa morale sociale ; nous 
en verrons plus bas les preuves. Nous ne pouvons pas sa- 
voir jusqu'à quel point Platon désirait ou non la réalisation 
de son utopie , dont le principe du reste était tout à fait con- 
forme à l'esprit antique ; ce que nous savons , c'est qu'il en- 
seignait que , lorsque la marche des choses dans un État ne 
convient pas au sage et qu'il ne peut rien y changer, il doit 
se retirer de la vie* publique pour ne plus songer qu'à ses 
affaires propres , en abandonnant à sa ruine l'État qui ne 
peut plus lui être utiles Platon a suivi lui-même ce conseil 
peu généreux à l'égard de sa ville natale^. Par ses théories, 
comme par son exemple, il ai donné à la philosophie poli- 
tique et peut-être à la civilisation grecque elle-même une 
direction qui s'est de plus en plus éloignée des anciennes 
mœurs plus patriotiques. Son école ne pouvait convenir qu'à 



« De Rep,, 1. VI, p. 344. 

2 Niebuhr reproche vivement à Platon d'avoir été un mauvais citoyen. 
Kleine hist. und philolog. Schriften. Bonn 1828, in-S», t. I, p. 470 
et suiv. 



10 CHAPITRE I. 

l'aristocratie qui y apprenait à s'élever par le dédain au- 
dessus de la corruption croissante du peuple, et qui seule en 
eût profité si la République platonicienne avait pu être réa- 
lisée *, ce n'était pas une école où l'on eût pu apprendre l'é- 
nergie et le dévouement nécessaires pour sauver ses conci- 
toyens de leur perte. Les anciens déjh se sont demandé si la 
philosophie de Platon n'a pas inspiré plus de tyrans que 
d'ennemis de la tyrannie. Plutarque ayant réuni les noms 
de quelques amis de la liberté , sortis des rangs des platoni- 
ciens , Athénée y opposa une longue liste d'oppresseurs for- 
més à la même école ^ 

Le conseil donné au sage d'abandonner l'État a sa ruine 
quand il ne peut pas l'empêcher, n'était pas l'opinion géné- 
rale. Platon lui-même exprimait cette dernière , en disant 
que l'activité humaine ne doit avoir pour objet que le bien 
de l'État, et que le but le plus élevé de la vie est de servir 
la patrie à laquelle on appartient*'^. Aristote est plus formel 
encore : nul ne doit penser qu'il est quelque chose pour lui- 
même, qu'il a une valeur, un droit individuels; chacun 
n'est quelque chose qu'en tant qu'il est une partie du tout ; 
il ne doit donc pas rechercher ce qui lui est personnellement 
utile, mais se consacrer tout entier à l'utilité commune^. 
Cette dernière est la seule vraie mesure de ce qui est juste *, 
c'est sur elle que doivent se régler tous les rapports et tous 
les devoirs sociaux. Déjà Socrate s'était contenté de renvoyer 
aux lois de l'Etat ceux qui «renient savoir ce qui , dans la 
pratique, est bon et juste ^. Les mêmes idées ont été repro- 
duites par Gicéron ; il reconnaît , il est vrai , que, pour dé- 



* Athen., I. XI, c. H9, t. IV, p. 389. Plutarch., Adv, Colotem, c. 32, 
t. XIV, p. 194. 

2 De RepubL, 1. VI, p. 342; 1. VII, p. 424 
3po««.,l.VIII,c. ^,p.244. 

* Xenoph., Memor., 1. IV, c. 4, § 12, t. IV, p. 238. 



PRINCIPE ET BUT DE LA MORALE SOCIALE ANTIQUE. 1 1 

couvrir rorîgine de l'Étal, il faut remonter au besoin natu- 
rel de sociabilité commun h tous les hommes ; mais , de 
même que les philosophes de la Grèce n'ont eu en vue, en 
parlant de l'État, que Jes républiques d'Athènes ou de Sparte, 
Cicéron , à son tour, confond i'idéal de l'État avec la répu- 
blique romaine, et trouve que servir Rome est^le plus noble 
but de l'activité d'un homme ^. 

Dans l'anliquitéi, tout disparait ainsi dans l'État *, c'est lui 
qui réclame et qui absorbe toutes les forces vitales de ses 
membres ; Undividu n'est rien par lui-même , il n'a une va- 
leur que comme citoyen , il n'est une personne que dans 
la communauté de l'État; en dehors de cette communauté, 
il est ignoré, méprisé, foulé aux pieds par l'État comme 
par ceux qui ont le privilège d'en faire partie. Il résulte de là 
que la morale antique ne connais pas d'autres devoirs so- 
ciaux que des devoirs envers l'État , pas d'autres vertus que 
des vertus politiques. Étant essentiellement un animal poli- 
tique^^ quels autres devoirs et quelles autres vertus Thomme 
aurait-il dû pratiquer? Platon, Aristote , les stoïciens , Ci- 
céron , ne connaissent pas d'autres vertus que celles du ci- 
toyen, la sagesse, le courage, la modération , la justice; 
ce sont les seules nécessaires k celui qui veut participer à la 
direction des affaires publiques; l'homme qui les possède et 
qui y joint le décorum , l'ornement de la vie , est l'homme 
modèle y le parfait citoyen ^. 

L'histoire tout entière des beaux temps de la Grèce et de 
Rome est témoin que les vertus qui se sont le plus dévelop- 
pées ont été les vertus politiques. Le principe de la grandeur 
des républiques anciennes a été précisément cette union in- 
dissoluble de ta personnalité du citoyen avec l'État ; l'indi- 



^ Voy. ses traités Dé legibus etZ>e Jiepublicà, 

2po«f.,l.I, c. I,§9, p. 5. 

»Cioero, De Off.^ 1. 1, c. 6et suiv.,c. 27, t. XU, p. U et suiv., p-42. 



12 CHAPITRE I. 

vidu n'était grand que lorsqu'il acceptait cette position avec 
toutes ses conséquences, et qu'il savait vivre et mourir pour 
l'État auquel il appartenait et qui seul avait le droit de dis- 
poser de lui. Aussi l'antiquité ne recyinaissait-elle comme 
services rendus k la patrie que le gouvernement de la répu- 
blique ou la défense du sol ; la tombe d'Eschyle rappelait 
qu'il avait combattu à Marathon, elle ignorait sa gloire 
comme poète. D'un autre côté , l'État antique n'admettait 
pas qu'une vertu individuelle s'élevât au-dessus du niveau 
commun : il bannissait Aristide et condamnait Socrate k 
mort. 

On ne doit pas s'étonner qu'au nombre des vertus poli- 
tiques on ne voie pas figurer l'amour de la patrie ] Aristole 
et Cicéron ne se doutaient pas qu'il pût y avoir des citoyens 
sans patriotisme ; l'homme, étant absorbé par l'État et de- 
vant s'identifier avec lui , ne pouvait pas ne pas se sentir 
attaché k cette communauté à laquelle il devait son exis- 
tence et dont il partageait la gloire. Mais, plus tard, lorsque 
les liens se furent relâchés par l'effet de la corruption des ci- 
toyens et de la décadence de l'État , Tacite rappela a son 
siècle que la plus haute de toutes les vertus était l'amour de 
la chose publique, la piété envers la patrie ; reproduisant 
une dernière fois le caractère de la Rome antique , il voulait 
que l'utilité et l'honneur individuels fussent subordonnés 
sans restriction a l'honneur et k l'utilité de TÉtat ; la vertu 
n'était pour lui que le libre sacrifice 'de tous les intérêts par- 
ticuliers aux intérêts de Rome. Il y a de la noblesse sans 
doute dans les efforts du grand historien de rallumer un pa- 
triotisme qui s'éteignait de jour en jour davantage ; mais ces 
efforts ont dû être impuissants , car si les Romains , du temps 
de Tacite n'avaient plus les vertus des siècles passés, Rome 
aussi n'était plus la Rome ancienne ; il aurait fallu avoir un 
dévouement plus sublime et plus pur que le patriotisme an- 
tique, pour se sacrifier pour le bien d'hommes corrompus 



PRINCIPE ET BUT DE LA MORALE SOCIALE ANTIQUE. 13 

et se courbant làchemeot sous de vils despotes. Gicéron déjh 
avait entrevu cette insuffisance de la vertu politique; il aurait 
voulu la fortifier par Tappui de la religion ; aux mobiles tirés 
des besoins de TÉtat , il avait ajouté un mobile d'une nature 
plus intime, la crainte des dieux; elle devait se joindre à 
l'amour de la patrie , pour porter les hommes à respecter 
les transactions sociales et à ne pas commettre des crimes 
publics*. 

§ 3.* Les citoyens. — Les étrangers. — Les riches. 

Nous venons de voir que le bonheur de l'individu par la 
vertu est lié au bonheur public , et que celui-ci résulte de 
quelques vertus sociales pratiquées par tous ceux qui font 
partie de TÉtat. Mais cet État, de qui se compose-t-il? peut- 
il par sa nature accueillir en son sein tous les hommes? en 
d'autres termes, tous les hommes sont-ils capables de vertu 
et peuvenl-ils par conséquent aspirer au bonheur? Non, 
l'antiquité civilisée proclame, par la bouche des hommes les 
plus sages , que le bonheur n'est que pour le Grec , pour le 
Romain , parce que la communauté de l'État , aussi égoïste 
que les individus, n'est réservée qu'au citoyen de la patrie. 
Les autres peuples sont des barbares ; ils sont moins que 
des ennemis, ils sont au-dessous de la race humaine, le 
Grec, le Romain sont seuls des hommes. Le barbare, c'est- 
à-dire l'étranger, est par sa nature sur le même rang que 
l'esclave ; il n'a rien qui le rende capable de commander, 
il est fait pour servir ; rien n'est plus juste que de domi- 
ner sur les étrangers ou de les vendre comme esclaves; ils 
ont tort de s'y refuser , car la nature ne les a pas destinés 
h autre chose. C'est là l'opinion de Socrate et d'Aristote^. 

i Cicero , De Legibus, 1. II, c. 7, t. XI, p. 370. 
2 Socrate, chez Xénophon, Mem., 1. II, c. 2 , § 2, t. IV, p. 83. Arisl., 
Polit, jl I, c. 1,§5,p. 4. 



14 CHAPITRE 1. 

Platon y joiot la sienne : si , selon loi^ les Grecs ne doivent 
pas mutuellement se réduire en servitude , parce quMIs sont 
tous également hommes , ils n'agiront que conformément à 
la justice en tournant leurs armes contre les barbares pour 
les asservira Le mépris des étrangers, dont l'histoire de 
la Grèce offre tant d'exemples, a été professé au même degré 
a Rome ; il a été la cause de toutes ces guerres injustes, de 
toutes ces violations du droit des gens dont le souvenir pèse 
sur le nom romain. Cicéron approuve comme juste et na- 
turelle la soumission des autres peuples à Rome *, «étranger 
et ennemi sont encore synonymes pour lui ; il ne veut pas 
que celui qui n^est pas citoyen soit traité comme tel^. Les 
peuples antiques ont été loués souvent pour leur hospitalité -, 
s'ils l'ont exercée , ils ne l'ont fait que dans des cas excep- 
tionnels et rares; car celui qui méprise le barbare comme 
étant de condition inférieure , ou qui ne voit en lui qu'un 
ennemi naturel , comment se sentirait-il porté k lui faire du 
bien? Quand les anciens parlent d'hospitalité, ils la réduisent 
au devoir de recevoir avec éclat des hôtes illustres , surtout 
des concitoyens riches et considérés , pour que l'honneur 
en rejaillisse sur la République^ ; ce n'est pas par bienveil- 
lance , mais par ambition nationale, que Thôte est accueilli ; 
on lui ouvre la maison , non parce qu'il est homme , mais 
parce qu'il est illustre ; l'hospitalité n'est donc pas une obli- 
gation pour tout le monde , elle n'est possible qu'au riche 
et n'est pour lui qu'un devoir accidentel, dont l'accomplis- 
sement dépend de la qualité de son hôte. 

L'étranger est ainsi exclu de l'État grec et romain et par 
conséquent du bonheur , dont , selon la sagesse antique, 
l'État était la condition suprême. Mais, au moins, tout Grec, 

^ DeRep,, 1. V, p 294. 

^DeOff., 1. I,c. 12; I. m, c. H, t. XII, p. -19 eU30. 

3 Cicero, De Off., 1. II, c. 18, t. XIÏ, p. 99 



PRINCIPE ET BUT DE LA MORALE SOCIALE ANTIQUE. 15 

toutRomain aura sa place dans TËtat et sa part au bonheur? 
On a tellement Thabitude de parler de la liberté des répu- 
bliques de l'antiquité qu'on pourrait en effet être tenté de 
croire que tout homme y était un citoyen heureux et libre. 
Toutefois , il n'en est rien. Dès que<. dans une société ^ la 
personnairté est méconnue , dès que FÉtat est représenté 
comme supérieur et antérieur aux individus, on peut ad- 
mettre d'avance qu'il n'y aura pas de vraie liberté pour tous. 
Dans l'antiquité, la valeur de l'homme est déterminée par 
des circonstances extérieures et fortuites ; il n'est pas res- 
pecté k cause de la dignité de la nature humaine , il ne l'est 
qu'en proportion de la position qu'il occupe dans l'État ; 
l'homme comme homme n'est rien , il n'est quelque chose 
que comme citoyen ; or, cette qualité n'appartient pas k tout 
habitant. N'oublions pas que le but de l'État, étant le bon- 
heur du citoyen , le meilleur État sera celui où le citoyen 
trouvera la plus grande somme d'avantages en retour de ses 
vertus politiques. Mais , selon les anciens, l'exercice de ces 
vertus demande du loisir ; on ne sera donc citoyen qu'au- 
tant qu'on aura du loisir , c'est-k-dire qu'on n'aura pas de 
préoccupation, pas de souci au sujet de l'existence ^ la qua- 
lité du citoyen, dit Aristote, n'appartient qu'à ceux qui 
n'oQt pas besoin de travailler pour vivre ^ Pour vivre sans 
travail , il faut avoir de la fortune ; de là le principe que c'est 
la propriété qui fait le citoyen , et , comme l'homme n'est 
respectable que par sa position dans l'État, celui qui pos- 
sède assez de bien pour n'être pas obligé de travailler, est 
seul un homme digne d'estime. Platon ne le cache pas: 
quoique, pour sa République idéale, il demande la commu- 
nauté des biens , il déclare que dans l'ordre établi l'homme 
riche doit être seul considéré comme bon citoyen ; c'est lui 
seul dont la vie a un but, celle de l'homme qui travaille n'en 



^ Polit., t. m, c. 3, §2, p. 75. 



16 CHAPITRE I. 

a pointa À Rome, nous rencontrons les mêmes principes-, là 
aussi la considération personnelle ne s'attache qu'à la pro- 
priétéj'aux richesses, au nombre des esclaves. La fortune tient 
lieu de vertu et de probité; on n'est estimé qu'en raison de ce 
qu'on possède^. Rien de plus naturel , d'après cela , que l'ar- 
deur avec laquelle on se servait, en Grèce comme à Rome, de 
tous les moyens pour amasser des richesses*, selon Gicéron, 
là sagesse commandait d'augmenter sa fortune, pourvu qu'on 
le fit sans injustice^. 

La conséquence inévitable de cette manière de mesurer à 
la fortune la capacité civique et l'estime due à l'homme, était 
l'orgueil du citoyen dans les États antiques. Le citoyen seul 
est vraiment homme ; lui seul peut pratiquer ta vertu ;-c'est 
pour lui seul que l'État a des garanties protectrices , et, 
comme nous l'avons dit plus haut, TÉtat n'est que la réu- 
nion de ceux qui ont la qualité de citoyen ; tous les autres 
habitants du pays sont en dehors de l'État ; dans son égoïsme 
politique , il les repousse , de même que le citoyen , dans - 
son égo'rsme individuel , les méprise tout en les employant à 
son service. Le citoyen, se voyant placé si haut dans l'État, 
n'avait eu vue que la grandeur de la patrie, parce que cette 
grandeur était aussi la sienne ; dans sa vie, tout extérieure, 
il évitait ce qui était h^s^servile, barbare, pour ne recher- 
cher que ce qui pouvait ajouter à l'éclat de son nom. Get 
orgueil était la vertu que les philosophes recommandaient 
sous le nom de grandeur d'âme ; leur magnanimité était 
bien différente de ce qu'on appelle ainsi dans les langues 
modernes , transformées par l'influence du christianisme \ 



^DeRepubl., l. Ill, p. 168. 

2Horat., Sat., 1. I, sat. 1, v. 61 et 62. Un ancien poêle avait déjà dit : 
a Ubique tanti quisque, quantum haèuU, fuit.v Seneca, Ep. -115, t. IV, 
p. 96. 

^Cicero, De Republ^ I. III, c. O.j éd. Leraaire, p. 303. 



PRINCIPE ET BUT DE LA MORALE SOCIALE ANTIQUE. 17 

ce n'était que le contentement du citoyen fier de servir sa 
patrie par ses vertus aristocratiques , observant avec soin le 
décorum extérieur et regardant avec un suprême dédain tous 
ceux qui n'étaient pas assez riches pour partager avec lui les 
avantages de son titre ; l'humilité , c'est-k-dire l'infériorité 
de la position était un sujet de mépris pour les philosophes 
du paganisme^ i à leur point de vue purement extérieur, ils 
ne se doutaient pas que le nom d'humilité pût être donné un 
jour à une des vertus les plus pures ; la bassesse des sentiments 
était inséparable pour eux de la bassesse de la condition. 

§4. L'amitié. — La vengeance. 

Avant d'examiner comment cette morale égoïste et or- 
gueilleuse de l'antiquité envisageait les humbles, c'est-à- 
dire ceux qui n'étaient pas citoyens ou qu'on ne jugeait pas 
dignes de Tétre , nous devons indiquer les principes qui di- 
rigeaient les citoyens dans leurs relations entre eux-mêmes. 
Nous n'avons pas en vue les rapports officiels ou d'affaires, 
réglés et protégés par des lois, et dans lesquels deux hommes 
pouvaient se trouver en présence l'un de l'autre sans cesser 
de se regarder avec la plus complète indifférence ; nous ne 
voulons parler que des rapports basés sur des sentiments ré- 
ciproques, soit de bienveillance, soit de haine. 

Le mobile de tous les actes du citoyen était l'égoïsme ; 
cet égoïsme individuel n'était dominé que par l'intérêt des- 
potique de rÉtal ; cependant, quelque puissant qu'il fut 
dans toutes les circonstances où cet intérêt n'était pas en 
jeu , il ne pouvait pas étouffer complètement le besoin de 
sympathie qui porte les hommes à s'unir les uns aux autres; 
seulement il retenait ce besoin dans des limites étroites. Le 
sentiment naturel de bienveillance se manifestait sous la 
forme de l'amitié; mais, incapables de briser les liens de 

*P. ex. Cicero, Tusc. Quœst,, 1. V, c. 10, t. X, p. 543. 

2 



18 CHAPITRE 1. 

Torgueil politique , les plus sages même parmi les païens 
ne jugeaient Tamilié possible qu'entre égaux ^ On ne croyait 
pas que des hommes de condition sociale différente pussent 
se sentir attirés les uns vers les autres, et qu'un citoyen 
riche et puissant pût éprouver une affection plus intime 
pour un autre plus faible et plus pauvre que lui. On disait 
bien que Taccord des âmes et la vertu étaient les condi- 
tions de la véritable amitié ; mais les belles pages que les 
philosophes ont écrites sur cette matière ne produisent plus 
tout à fait la même impression , dès qu'on se rappelle le ca- 
ractère aristocratique de la vertu ancienne. En outre, en al- 
lant au fond de la chose , on est forcé de reconnaître que 
chez ceux mêmes qui parlent avec le plus de chaleur du bon- 
heur de Tamitié, elle est ramenée h un principe égoïste, à 
l'utilité. Socrale et Aristote la considèrent comme souverai- 
nement utile dans le bonheur comme dans l'infortune^; Py- 
Ihagore, qu'on a surnommé le législateur de l'amitié, quoi- 
qu'il fût celui des anciens sages qui l'eût confinée dans la 
sphère la moins large, voulait, outre la communauté des 
sentiments, aussi celle des biens ^; Zenon la définit une 
communauté de tout ce qui est nécessaire à la vie*; en un 
mot, l'opinion générale était qu'il fallait chercher des amis, 
moins pour satisfaire un besoin de bienveillance réciproque, 
que pour avoir, en cas de besoin , des soutiens et des aides ^. 

lArist., Eihic, Nicom.,\. VIIl, c. ^3, p. 364. 

«Xenoph., Memor,, 1. II, c. 4--I0, t. IV, p 96 et suiv. Arist., Ethic. 
Nicom., 1. VIII, c. i et 6, p. 355 et 356. 

3 Jamblich., VitaPythag.y c. 46. Franeker 1598, in-4o, p. 73 et suiv. 

♦Diog. Laert., l.VIl, c. 1, n» 64, t. Il, p. 786. 

5 Voy. aussi les Traités de Plutarque, t. VIT, p. 457 et 287 j de Maxime 
de Tyr, dissert. 5 et 20, dans ses Dissert. (éd. Reiske, 4774, in-8»), t. I, 
p. 82 et suiv. et p. 378 et suiv., et Torat. 32 de Thémistius dans ses 
Orat.y p. 322 et suiv. L'opinion générale était que : aprœsidii adju- 
mentique causa, non benevolentiœ neque caritatis , amicitias esse ex- 
petendas,» Chez Cicer., De Amie, c. 43, t. XII, p. 224. 



PRINCIPE ET BUT DE LA MORALE SOCIALE ANTIQUE. 49 

Cicéron, chez lequel nous rencontrerons encore d'autres 
lueurs d'un esprit moins égoïste , fait un pas de plus ; pour 
lui, l'amitié est, après la sagesse, le plus grand des biens , 
et elle ne l'est pas à cause d'une utilité quelconque, mais 
par elle-même , parce qu'elle répond au besoin naturel d'af- 
fection ; son vrai fruit , dit-il , est dans l'amour lui-même*. 
L'antiquité offre quelques beaux traits d'une pareille amitié 
désintéressée, capable d'un noble dévouement^. Mais la 
grande admiration avec laquelle les historiens mentionnent 
ces exemples prouve que ces amitiés fortes et durables étaient 
en général peu fréquentes. Rarement elles résistaient k l'é- 
preuve suprême du malheur ; les poètes s'écrient que c'est 
un gain inespéré quand on possède un ami prenant égale- 
ment part à notre mauvaise comme à notre bonne fortune, 
qu'un ami fidèle dans le malheur est un spectacle plus ré- 
jouissant que ne l'est pour le navigateur une mer sans tem- 
pête^. Cette disparition de l'amitié devant un revers rnat- 
< tendu était conforme au principe de la vie commune qui 
réduisait l'union des amis a une utilité réciproque. En effet, 
quand l'ami ne peut plus être utile , à quoi bon lui conser- 
ver de l'affection ? On lui rendait des services en échange de 
ceux qu'on recevait de lui 5 c'était un trafic intéressé : dès 
que l'une des parties n'était plus en position de servir l'autre, 
celle-ci ne se croyait plus liée à rien , et , au moment où l'ami 
aurait eu le plus grand besoin de secours , on l'abandonnait 
sans aucun remords. On connaît les vers d'Ovide, où il s'ex- 
prime avec tristesse sur cet égoïsme universel de l'antiquité^. 

^ De ÀmiCj c. 9 ; /. c, p. 219; Epp, ad, diver^os , I. III , ep. ^13^ 
t. VU, p. 98. 

2 Valer. Max., 1. IV, e. 7, p. 223 et suiv. 

3Eurip., Electra, v. 558-560, t. II, p. 734 ; Orestes , v. 708 et 709, 
t. l,p. 87. 

*Trùtia, 1. I, éleg. 9, v. 5 et 6, t. III, p. 206 ; Epp. ex Ponto, 
I. II, ép. 3, V. 7 et suiv., /. c, p 353. 

2. 



20 CHAPITRE I. 

C'est pourévitercesliaisonsquise rompaient au moindre choc, 
que les philosophes insistaient tant sur la prudence dans le 
choix des amis et sur la nécessité d'apprendre à en discerner 
les flatteurs ; ils conseillaient de n'avoir qu'un petit nombre 
d'amis, sur les services desquels on pût compter avec assu- 
rance*. Quelques-uns mêmes poussaient Tégoïsme Jusqu'à 
demander qu'on ne s'attachât à personne , chacun étant as- 
sez occupé de ses propres affaires, et rien n'étant plus in- 
commode que de se mêler de celles des autres^. Du temps 
de la décadence de l'Empire , c'était là le principe de la so- 
ciété romaine parvenue au dernier degré de l'égoïsme , dé- 
bauchée, blasée, incapable de tout sentiment plus noble. 
«Si tu veux t'épargner, dit Martial , une cause de chagrin, 
ne l'attache à personne trop fortement ; tu auras moins de 
joie, mais en retour tu te prépares aussi moins de regret^.» 
Selon le témoignage de Plutarque , l'amitié n'existait plus 
même dans les familles ; entre les fils des mêmes parents , 
on croyait que l'amour fraternel n'avait été possible que dans 
les temps héroïques, et on ne voyait plus qu'au théâtre des 
exemples de cette union devenue fabuleuse*. 

Si l'amitié, réduite à des besoins intéressés, a été en général 
peu intime et peu sûre, le même égoïsme a dû creuser profon- 
dément et rendre difficiles à franchir les abîmes de la haine^. 



^ Voy. les traités cités p. 18, note 5. 

^ Il fallait fuir, disaient certains sages , « nimias amicitias, ne necesse 
sit unum sollicitum esse pro pluribus , satis superque esse sibi suarum 
cuique rerum ; alienis nimis implicari molestum esse.)) Chez Cicero, 
De Amie., c. 13, t. XII, p. 224. 

3 Lib. XIIl, épigr. 34, t. II, p. 190. 

-* Plutarch. , De fraterno amore, t. X, p. 36. 

^ Comp. Schaubach , Dos Verhàltniss der Moral des classiscken Alter- 
thums ZUT christlichen , betracktet durch vergleichende Erôrterung den 
Lekre von der Feindesliebe ; dans les Theolog, Studien und Kritiken, 
Hambourg ^851, livr. I, p. 59 et suiv. 



PRINCIPE ET BUT DE LA MORALE SOCIALE ANTIQUE. 21 

La maxime générale de l'antiquité, approuvée par les philo- 
sophes et sanctionnée par les législateurs , était la loi du ta- 
lion . Il Faut outrager ceux qui nous outragent , dit Eschyle' ^ 
du temps de Socrate comme du temps de Quintilien , l'opi- 
nion commune était que , rendre le mal pour le mal, ce n'é- 
tait pas commettre une injustice^. Les sages démontraient, 
par le plaisir qui naturellement accompagne la vengeance , 
qu'elle est conforme à la nature humaine ^ ^ ils s'efforçaient 
de prouver surtout qu'elle est exigée par la dignité du ci- 
toyen : souffrir le mal sans s'en indigner et sans le rendre 
est une marque de bassesse servile^, tandis que la colère, 
éprouvée après une offense, est le signe d'une âme forte , 
une cause d'actions héroïques^ -, c'est un devoir, une vertu 
virile, de faire à l'ennemi autant de mal qu'à l'ami on peut 
rendre de services ^. Cicéron trouve que celui-là est le véri- 
table homme de bien qui ne nuit a personne , aussi long- 
temps qu'il n'y est pas provoqué par une injure'. La vertu 
consiste ainsi k ne pas commencer la lutte ^ on s'abstient de 
faire du mal aux autres, pour ne pas s'exposer à l'explosion 
de leur colère* -, mais, une fois offensé, toute considération 
cesse, et si l'intérêt commande d'user du droit du talion , 
on y est parfaitement autorisé, pourvu qu'on l'exerce avec 
une prudente mesure, afin de ne pas s'attirer un dommage^ 
Aristote , tout en louant la colère comme un stimulant a la 

* Prometk. vinctus, y. 1005, édit. Blomfield. Leipz. 4822, p. 66. 

^Socrate chez Plat., Crito^ t. VIII, p. 478. —QmniiL, Instit. orat,, 
1. VII, c. 4, t. Il, p. 37. 

3Arislot.,BAef., 1. II, c. 2-4. Strasb. 4570, f^457etsuiv. 

^Plato, Gorgias^ t. I, p. 354. — Aristot., Eth, Nicom,, 1. IV, c. 5, 
p. 75. 

s Aristot., 0. c, 1. IV, c. 2, p. 67. 

6 Isocr., ÂreopagiticuSy § 42 , t. II , p. 466. 

7Cicer., De Offic,,\. III, c. 49, t. XII, p. U\, 

8Id. Ve BepubL, 1. III, c. 40, éd. Lemaire, p. 305. 

^Gnomici, p. 230. 



22 CHAPITRE 1. 

verta, ne v^ut pas d'excès dans la vengeance, conformi^- 
ment k son principe que la vertu réside au milieu entre deux 
extrêmes ^ Les stoïciens conseillent également de ne pas se 
laisser entraîner par la passion , de peur de compromettre 
le calme de Tàme ; il faut se venger, mais sans colère; sui- 
vant eux , ce n'est pas alors de la vengeance, mais un juste 
châtiment -, le mal doit nécessairement entraîner la puni- 
tion; le tolérer, c'est une lâche faiblesse, c'est se rendre 
complice du crime qu'on laisse impuni. C'est en ce sens 
que Cicéron s'adresse aux magistrats: ils agiraient contrai- 
rement k leur devoir , s'ils se laissaient fléchir par les sup- 
plications des accusés , quaind même ceux-ci seraient peut- 
être moins coupables que malheureux ; ils doivent punir 
avec une égale inflexibilité et avec une égale rigueur les 
grands crimes comme les délits les plus insignifiants^. En 
droit strict, le philosophe romain pouvait avoir raison ] mais, 
au point de vue de l'humanité , il avait tort; là , comme dans 
mille autres circonstances , le summum jus pouvait devenir 
la summa injuria. 

Il est vrai que l'antiquité n'est pas sans avoir laissé des 
recommandations de pardon et d'indulgence; mais elles 
étaient inspirées par le même orgueil qui autorisait la colère 
et la haine. Rien n'était plus conforme à l'esprit antique que 
de prescrire au citoyen de se montrer fort vis-à-vis de l'en- 
nemi qui l'outrageait et d'éviter d'être vaincu , déshonoré 
par lui ; or, il pouvait montrer sa grandeur d'âme de deux 
manières , soit en se vengeant de Tofiense , soit en la dédai- 
gnant; suivant les circonstances et la condition sociale de 
Tofienseur, on avait recours au talion ou l'on s'abstenait 
de donner cours à sa haine ; on se vengeait , quand autre- 
ment on eût paru lâche ; on demeurait impassible, quand il 

* Ethic. Nicom.^ I. IV, c. 2, p. 67. 
^ProMurena, §30, t. V, p. 36. 



PRINCIPE ET BUT DE LA MORALE SOCIALE ANTIQUE. 23 

était daûs riniérét de la dignité virile de s'élever au-dessus 
de l'injure par le dédain superbe. Se venger toujours était 
considéré comme contraire à la civilisation grecque et S la 
gravité romaine ; c'était agir en barbare , en étranger ' , c'é- 
tait manifester une àme infirme et petite^ -, rien n'était plus 
digne d'un homme grand et illustre , que l'oubli des injures 
et la clémence^ -, plus le citoyen est haut placé dans la Ré- 
publique ) moins l'offense peut monter jusqu'à lui , moins 
elle peut nuire à l'estime dont l'entourent ses concitoyens 
et à l'opinion qu'il a lui-même de son mérite. C'est pour ces 
hommes qui se croyaient d'autant plus forts qu'ils étaient 
plus remplis d'orgueil , qu'étaient destinés les conseils des 
philosophes de se maîtriser dans la colère , de répondre aux 
injures par le silence , et de s'élever au-dessus des choses 
basses, indignes de préoccuper un sage. Celui-ci se conten- 
tera du repentir de l'offenseur * 5 il ira peut-être jusqu'à se 
réconcilier avec lui ; îl en fera même les premières dé- 
marches, en cédant quelque chose de son droit et en répon- 
dant aux injures par des bienfaits redoublés ^ mais il ne le 
fera que lorsqu'il y trouvera de l'utilité pour lui-même^ ; ce 
ne sera pas le pardon inspiré par l'amour, ce ne sera qu'une 
nouvelle preuve d'égoïsme, une manière de plus de satis- 
faire un intérêt personnel. Les auteurs anciens abondent en 
exemples qui confirment tout ce que nous avons dit sur cette 
matière. Si , dans l'antiquité , les faits ont été plus souvent 
d'accord avec les principes de la théorie que depuis l'intro- 
duction du christianisme , c'est que les moralistes anciens 
se sont bornés à généraliser les phénomènes journaliers de 



* Eurip,, Hecubay y. 1069, t. I , p. 49. 

2JuVen., Sat. XIII, v. 489 et suiv., p. 442. 

3 Cicer., De Off,, 1. 1, c. 25, t. XII, p. 40. 

*0.c.,L I, c. 41, p. 48. 

«0. c, l. II, c. 48,. p. 99. — Comp. Valcr. Max., 1. IV, c. 2, p. 498. 



24 CHAPITRE II. 

la vie commune , et à formuler ainsi comme préceptes phi- 
losophiques les données de l'expérience , tandis que la mo- 
rale chrétienne, dont l'origine n'est pas sur la terre, est su- 
périeure aux faits et les domine de toute sa hauteur céleste 
pour arriver à les sanctilier. La morale antique , tout exté- 
rieure , approuvait la colère , la haine , la vengeance ^ au lieu 
de les combattre, elle donnaitaux passions les plus violentes 
l'appui de ses syllogismes ; au lieu de tendre à unir les 
hommes , elle multipliait les causes de divisions en les jus- 
tifiant ^ nous avons donc raison de répéter qu'elle ne se dé- 
tache pas de la terre et que l'égoïsme en est le principe fon- 
damental. La suite de ce travail le prouvera de plus en plus. 



CHAPITRE IL 

LA FAMILLE. 

^ i. Les femmes. — Le mariage. 

Nous avons vu dans ce qui précède que l'antiquité, ne te- 
nant aucun compte de l'individualité pour elle-même , n'a 
pas de vraie mesure pour la dignité de l'homme. L'individu 
étant absorbé par l'État, sa valeur ne dépend que d'acci- 
dents extérieurs. Pour remplir sa mission de citoyen, il doit 
être capable de concourir au gouvernement ainsi qu'à la dé- 
fense de la République 5 or , cela exige des vertus qu'on ne 
peut pratiquer que lorsqu'on est maître de sa personne , de 
son temps , de ses actes , et que de plus on possède la vi- 
gueur du corps. Ceux qui ne jouissent ni de la force phy- 
sique, ni de la richesse qui donne la liberté , n'ont pas les 
moyens d'être vertueux ; ils sont incapables de rendre des ser- 
vices directs à l'État-, celui-ci, par conséquent, les exclut du 



LA FAMILLE. 25 

bonheur qu'il prétend assurer aux citoyens -, ils n'ont pas de 
place légitime dans la communauté publique , ils n'en ont 
pas davantage dans les systèmes des philosophes ; la morale 
antique ne les connaît pas , ou , si elle les connaît , ce n'est 
que pour les mépriser, pour justifier le droit des forts de les 
faire servir h toutes les exigences de leur égoisme. La popu- 
lation de rÉtat est ainsi divisée en deux classes : ceux qui 
sont forts et libres et ceux qui ne le sont pas -, les premiers 
seuls sont les citoyens ; dans la catégorie des autres viennent 
se placer les femmes , les enfants , les hommes obligés de 
vivre de leur travail, les pauvres et les infirmes, les esclaves ] 
ces classes méprisées formaient la grande majorité des 
hommes. Cela n'a pas empêché la postérité de prôner trop 
souvent la liberté des Romains et des Grecs, et de la propo- 
ser en modèle aux sociétés modernes ; cette liberté n'était 
que le privilège exclusif d'un petit nombre de citoyens puis- 
sants et riches ^ les républiques anciennes étaient en réalité 
les aristocraties les plus oppressives; Examinons maintenant 
la position que la civilisation antique assignait aux classes 
que nous venons d'appeler les classes méprisées ^ nous com- 
mencerons par les femmes. 

Le païen qui , dans l'état barbare , n'estime que la force 
du corps, et qui, dans l'état civilisé, ne connaît rien au- 
dessus de la vie politique, est nécessairement amené k con- 
sidérer la femme comme occupant un rang inférieur sur 
l'échelle sociale*. Seul libre et seul fort, l'homme abandonne 
a la femme des travaux qu'il méprise comme indignes de 
lui-même; tout en la jugeant utile pour perpétue? la durée 
de rÉtat, ou pour servir à ses propres plaisirs , il n'a pour 

^Nous ne partageons pas Topinion de Fr. Jacobs qui , dans ses Bei- 
trdge zur Geschichte des weiblichen Geschlechts {Vermischte Schriften , 
Leben und Kunst der Alten. Leipz. -1830 , t. III, p. 159 et suiv.), sou- 
tient que, dans Tantiquité, la condition des femmes a été beaucoup meil- 
leure qu'on ne le pense généralement. 



2b CHAPITRE II. 

elle que du dédain ou au moins de l'indifférence. A Tappui 
de cela nous ne citerons pas les passages de certains poètes 
qu'on pourrait accuser d'exagération ; nous ne nous en rap- 
porterons qu'au témoignage des philosophes et des législa- 
teurs. Ils nous apprennent que si , dans le siècle des héros 
d'Homère, la femme était encore entourée d'une estime 
qu'elle méritait par ses mœurs , elle ne l'est plus dans les 
temps de la plus grande civilisation de la Grèce. A cause de 
sa faiblesse naturelle , elle n'est pas jugée apte à la vie poli- 
tique et à ses luttes. Le christianisme , il est vrai , est d'ac- 
cord en cela avec la sagesse antique , mais, tout en assi- 
gnant k la femme un domaine plus paisible et plus intime 
qu'à l'homme , il ne méconnaît pas pour cela la dignité de 
son âme. Chez les anciens, au contraire, la femme, inhabile 
à remplir un rôle dans l'État , était pour cela même considé- 
rée comme naturellement inférieure au sexe qui a le privi- 
lège de la force. Aristote veut bien admettre une différence 
naturelle entre la femme et l'esclave, et il loue beaucoup ses 
compatriotes de ne pas imiter les Orientaux qui réduisaient 
la femme à la plus honteuse servitude *, cependant il est lui- 
même d'avis que, si elle a une volonté , c'est une volonté 
sans droit, et que , si elle est capable de vertu , c'est d'une 
vertu peu différente de celle de l'esclave *. Aussi, à Athènes, 
la femme était-elle traitée toute sa vie comme mineure*, ma- 
riée, son tuteur ou son maître, comme l'appelait la loi, était 
le mari ; si elle n'avait pas d'époux, la tutelle était exercée par 
son père ou par un autre de ses parents -, elle ne pouvait hé- 
riter que quand il n'y avait pas d'héritiers mâles, et le nombre 
de ceux-ci était assez multiplié pour qu'elle ne pût arriver 
que difficilement à la succession^. 



^ Polit., 1. I,c. 1 et 5, p. 4 et 2.5. 

*Voy. Van Stegeren, De conditione civili feminarum Àtheniensium, 
ZwoU ^839, p. 139 et suiv. 



LA. FAMILLE. 27 

A Rome, on opposait, dans les mœurs comme dans les 
lois , la majesté virile à la faiblesse corporelle et intellectuelle 
des femmes ; humbles et subordonnées , elles ne devaient 
jamais oublier de rendre k cette majesté les honneurs qui lui 
étaient dus^ Comme cette infériorité dégradante devait né- 
cessairement développer plutôt les vices de la femme que ses 
qualités supérieures, on croyait que ces vices étaient fondés 
dans sa nature même; on la disait plus encline au mal que 
rhomme, doué de facultés qu'elle ne possédait pas; on n'a- 
vait dçs yeux que pour ses défauts , sans songer que, par le 
joug qu'on lui imposait et par l'isolement où ou la laissait 
dans la maison comme dans la société , on empêchait ses 
vertus de se manifester. Cette manière d'envisager la femme 
n'était pas seulement celle des esprits chagrins ou blasés 
dont Stobée nous a conservé les vers^, c'était aussi l'avis 
des philosophes de la Grèce et des hommes d'Etat de Rome^. 
(( Si la nature nous avait permis d'être sans les femmes, nous 
serions débarrassés de compagnons très-importuns ,» dit le 
censeur Metellus Numidius devant le peuple assemblé^. Lors- 
qu'à Rome , par les progrès d'une fausse civilisation , les 
femmes essayèrent de s'émanciper en dilapidant leur fortune 
en folles dépenses et en réclamant une part aux honneurs 
réservésaux hommes, les pouvoirs publics intervinrent pour 
arrêter le mal ; mais , n'ayant pas une idée plus haute de la 
nature même de la femme, ils dépassèrent le but. On rendit 
une loi basée sur le mépris d'un sexe inférieur, pour exclure 
les filles, même la fille unique, de Théritage paternel^. Nous 

* Majestas virorum ; imbeeillitas mulierum et levitas aninti , etc, 
P. ex. Val. Max., L II, c. 4, § 6, p. 84, Caiûs, 1. I, § 144, p. 74. 

* Slobaeus, t. LXXlï, ttxorem ducere non esse bonum, et lit. LXXIl, 
vituperatio mulierum, p. 277 et 307. 

spiato, DeLeg,, 1. VI, p. 386. - Tacit, Ann.^ 1. lïl, c. 33, 1. 1, p. 152. 

*Aul. GelL,l. I, c. 6, t. I, p. 50. 

^Lex Voconia, Cicer., De Rep.j 1. III, c. 7, éd. Lemaire, p. 301. 



28 CHAPITRE II. 

serions inGdèle à Thistoire , si ûous voulions nier qu'il se 
soit rencontré, en Grèce et à Rome, même dans les siècles les 
plus dégénérés, des femmes forçant les hommes à les .res- 
pecter ; mais ce respect exceptionnel ne saurait infirmer 
notre jugement sur la condition générale des femmes dans 
Tantiquité. 

Dans le mariage, cette condition restait la même-, loin de 
relever la femme , l'union légale avec un mari Tasservissait 
peut-être encore davantage. Nous n'exagérons pas 5 car, sui- 
vant les opinions des philosophes et des législateurs,. le ma- 
riage n'était pas un lien des âmes , ce n'était qu'une union 
formée dans l'intérêt de l'État pour le perpétuer ; il n'avait 
pas d'importance morale pour les individus qui le contrac- 
taient , il n'était qu'une institution politique destinée k don- 
ner à la patrie des citoyens. Celui qui se mariait remplissait 
un devoir envers l'État ; c'était donc aussi à lui , et non à la 
femme, qu'en revenaient les avantages, et ceux-ci étaient 
purement matériels. 

Selon Platon, il faut, en se mariant , songer bien plus à 
l'utilité de l'État qu'a l'agrément personnel* ; il est vrai qu'il 
ajoute qu'outre le but politique le mariage a le but plus 
élevé de procréer des serviteurs des dieux et de faire passer 
le nom du père à une postérité reconnaissante^ *, mais il ne 
quittait pas le point de vue politique, il voulait que, dans un 
État bien constitué, les premières lois fussent destinées k 
régler les mariages^; il a proposé lui-même une loi pareille, 
qui montre combien peu d'importance il faut attacher à ce 
qu'il dit sur un but plus élevé de l'union entre l'homme et la 
femme ^ dans sa République parfaite , il devait y avoir com- 
munauté de femmes pour la caste des guerriers, afin que 



^De Leg., 1. VI, p. 368. 

2 0. c, 1. IV, p. 254 jl. VI, p. 370. 

3 0. c.,1. IV, p. 254. 



L\ FAMILLE. 29 

chacun pût choisir celle flont il pouvait espérer pour l'État 
les enfants les plus vigoureux. Une espèce de communauté 
de ce genre était réalisée k Sparte; là les femmes n'étaient 
légalement épousées que pour fournir des enfants à la Répu- 
blique. Les filles y vivaient avec les hommes dans un com- 
merce plus libre que partout ailleurs; on voulait leur donner 
ainsi une éducation qui devait être virile , mais qui ne pro- 
duisait qu'une hardiesse choquante pour les anciens eux^ 
mêmes. 

Une fois mariées, cette liberté des femmes devait cesser 
pour faire place à celle des hommes -, nulle part, sous ce rap- 
port, l'individualité humaine n'était sacrifiée plus complète- 
ment, plus froidement a l'intérêt de l'État qu'à Sparte. Ly- 
curgue, par une loi fameuse^ avait ordonné que le vieillard 
qui aurait une femme jeune et belle devait la céder à des 
hommes plus jeunes et plus forts, et que le citoyen qui dé- 
sirail avoir des enfants, mais qui ne voulait pas contracter un 
mariage, devait demander à un mari de le laisser jouir pour un 
temps de ses droits*. Des lois pareilles ontpoureffet inévitable 
la licence des mœurs et l'impudicité des femmes; cette con- 
séquence fatale fut signalée par Euripide et blâmée par Pla- 
ton lui-même; Aristote surtout y trouva la cause de la déca- 
dence de Sparte''^. Dans sa haute raison, ce même philo- 
sophe avait reconnu combien la communauté des femmes et 
des biens , proposée par Platon , était chimérique et contraire 
au but de toute société humaine ; l'homme , disait-il , ne 
peut s'attacher sérieusement qu'à ce qui lui appartient en 
propre , et il ne donne des soins qu'à ce qu'il aime ; si donc 
tout était commun , il n'y aurait plus de lien de famille ^^ on 

* Xenoph., De Rep, Laced.j c. 1 , t. Vï , p. 15. 
^Eurip., Androm.,y. 575 et suiv., t. l, p.46i. — Arist., Polit., \. II, 
c. 8, p. 61. 

^Arisl., £. c, c. 2, p. 33. 



30 CHAPITRE II. 

verrait s'établir cette confusion , dont Aristophane a fait un 
tableau si spirituel dans sa comédie de VAssembUe des 
femmes *. 

Cependant, si Âristote réprouve la communauté platoni- 
cienne et la promiscuité de Sparte , parce qu'il donne à la 
famille une importance incompatible avec ces chimères im- 
morales , il n'en reste pas moins attaché à Tidée antique 
d'un but purement civil du mariage ; la famille doit être 
constituée , parce qu'elle est la base de la commune et que 
celle-ci est à son tour la base de la République. Le mariage 
ne reste donc toujours qu'une union politique, un devoir 
envers l'État^. Le pythagoricien Ocellus Lucanus a enseigné 
les mêmes principes ; pour lui aussi , le mariage n'est pas 
institué pour le seul bonheur individuel , mais pour conser- 
ver et perpétuer la société dont les époux font partie , et 
ceux-ci ne doivent vivre en paix entre eux que pour donner 
à leurs enfants un exemple utile et pour former ainsi de 
meilleurs citoyens 3. 

Ces considérations politiques devaient présider au choix 
de l'épouse 5 il était conforme au caractère aristocratique de 
la Grèce que chacun ne cherchât une femme que dans un 
rang égal au sien ; dans la République de Platon , nul ne de- 
vait s'unir à une femme en dehors de sa classe, la commu- 
nauté elle-même était restreinte aux castes supérieures*. 
Parmi les femmes de condition égale, le choix était motivé 
par des raisons physiques 5 Socrate, instruisant son fils sur 
le mariage, lui dit : nous ne cherchons parmi les femmes 
que celles dont nous espérons avoir de beaux enfants . et c'est 
elles que nous épousons ^ Comme les avantages de l'union 

^T. II, p. 51.5 et suiv. 

^ Polit. , 1. ÎI , c. 2 et suiv., p. 33 et suiv. 

3 De rerum naturâ. Leipz. 4801. p. 39 et suiv. 

*De Rep., 1. V, p. 272 et 276; De Leg., 1. V, p. 294. 

^Xenoph., Memorab., 1. II, c. 2, t. IV, p. 84. 



LA FAMILLE. 31 

étaient tous pour le mari en sa qualité de citoyen et pour la 
famille d'où il sortait , la considération de la fortune venait 
s'ajouter aux motifs que nous venons de mentionner. Aussi 
le plus souvent était-ce le père qui choisissait pour le fils ; 
il en résultait que le mariage était conclu sans inclination, 
sans affection réciproque. S'il y avait passion^ la sensualité 
en était seule la cause; les philosophes eux-mêmes ne con- 
naissaient pas d'autre amour entre l'homme et la femme que 
l'amour des sens ; très-fréquemment ce n'était pas même 
l'épouse qui en était l'objet. 

Dans une union contractée d'après de pareils principes, 
les rapports entre l'époux et la femme ne devaient avoir rien 
d'intime. Dans les beaux temps de la Grèce et de Rome, il y 
avait des mariages plus sérieux, basés sur une affection plus 
vraie et une estime réciproque ; la femme avait pour domaine 
celui qui lui est assigné par la nature , l'intérieur de la mai- 
son -, elle ne se mêlait pas aux bruyantes affaires des hommes ; 
elle présidait, calme et respectée, comme matrone, comme 
mère de famille, a l'économie domestique ; elle régnait sur 
les serviteurs , elle soignait l'éducation des allés et souvent 
même celte des fils^ Mais, plus tard, ces mariages ne se 
présentent plus que comme de rares exceptions, à mesure 
que prévaut l'opinion que le mariage n'est qu'une institution 
politique. La femme alors garde son domaine intérieur, mais 
elle n'est plus l'objet de la vénération du mari et du respect 
des domestiques ; elle doit se considérer comme naturelle- 
ment inférieure à celui qui est#on seigneur et maître; elle 
est reléguée dans une partie spéciale de la maison, dont il 
n'est pas honorable pour elle de quitter le seuil, et où elle 
vit isolée avec ses esclaves , s'occupant de travaux que 
l'homme regarde comme serviles^. Aristote, il est vrai, dit 

^ Columella^ De re rust.y 1. X\\, prœf, in Script t, reirust., t. H, p. 467. 
*Corii. Nepos, Prœf.^ p. 4. — Menandri Fragm,, p. 90. 



32 CHAPITRE II. 

qu'il n'est pas conforme aux mœurs des Grecs de considé- 
rer l'épouse comme étant sur une même ligne avec l'es- 
clave*^ mais il se prononce avec énergie pour sa subordina- 
tion sous l'autorité absolue du mari ; c'est le mari qui est 
l'âme à qui appartient la domination , la femme n'est que le 
corps qui doit obéir 2. Dans la maison , le mari règne en sou- 
verain 5 les avis de l'épouse n'entrent pour rien dans les ré- 
solutions qu'il prend*, légalement , ce qu'il fait sur le conseil 
de la femme, est nul et de nul effet^. Il cherche en toute 
occasion k maintenir, vis-lt-vis de son humble épouse, sa di- 
gnité d'homme libre et de citoyen , et à lui faire sentir sa 
majesté virile*; à peine descendait-il à lui adresser la pa- 
role : y a-t-il quelqu'un , dit Socrate à Critobule , avec qui tu 
parles moins qn'avec la femme ? personne , répond le dis- 
ciple, on An moins bien peu de gens*. S'il était intime avec 
une femme, ce n'était qu'avec sa maîtresse'; car la fidélité 
qu'il exigeait de son épouse qu'il surveillaitaVec urte jalouse 
vigilartce, il ne se croyait pas obligé de l'observet* k son 
tour fi. 

A Rome , nous retrouvons le même esprit et lés mêmes 
mœurs ; s'il se peut, les idées païennes sur le martage y' sont 
plus dures encore qu'en Grèce, plus froidement formulées 
dans la législation civile. Là aussi , l'intérêt snprêmedu ma- 
riage est rîntéfét de l'État ; la aussi , la constitution aristo- 
cratique de la République enchaîne la liberté du citoyen , en 
lui défendant de se marier au-dessous de son rang et sur- 
tout de faire entrer l'opprol^re dans une famille libre en y 

^ Polit. ,1 1, c. 1 , p. 4. 
20. c.,c. 5, p. 24. 

3Is8eus,Z>e Âristarchi kœredibus , §^0; in Oratt. att.^ t. III, p. ^2I. 
4 P. ex. Demoslh., In Androtiona, % 53; in 0. c, t. IV, p. 547. 
8 XeDoph., OEcon,, c. 3, § 12, t. V, p. ^9. 

^P. ex. Plaulus, Mercator ^ acl. IV, se. 6, v. 1 et suiv. , t. II, 
p. 154. 



LA FAMILLE. 33 

admettant un membre d'origine servile *. Auguste permît le 
premier aux hommes libres , excepté aux sénateurs , d'épou- 
ser des affranchies 2- plus tard cette concession fut étendue 
aux sénateurs eux-mêmes , mais avec la restriction que l'é- 
pouse ne serait reconnue comme légitime que par l'effet 
d'une faveur spéciale de l'empereur, ou après que le mari 
eût renoncé à sa dignité sénatoriale ^ ; mais il demeurait in- 
terdit aux filles des sénateurs d'épouser des affranchis, des 
mariages pareils étaient réputés nuls*. 

L'égalité de rang entre les époux, réclamée par la loi ro- 
maine, n'empêchait pas la femme d'être dans ces mariages 
tout aussi subordonnée que dans les républiques de la Grèce. 
On sait, et d'ailleurs nous y reviendrons plusbas^ que dans 
l'antiquité, et notamment à Rome, l'enfant était la pro- 
priété du père, au point que celui-ci pouvait en disposer h 
son gré ; il pouvait le tuer, à plus forte raison pouvait*il lé 
vendre. A Rome , l'usage primitif dans la conclusion des ma- 
riages paraît avoir été d'acheter du père la fille qu'on vou- 
lait épouser : dans l'ancien droit romain, un des principaux 
genres de mariage était celui par achat, per coemptionem , 
usage qui plus tard n'a plus existé que symboliquement ^ 
Cette vente donnait au mari la puissance maritale ; ayant 
acheté sa femme, il en devenait le maître et le propriétaire, 
comme de tout autre objet acquis en échange d'une valeur 
numérique. Outre cette forme de mariage, il y en avait une 
autre plus solennelle , entourée de certaines .cérémonies re- 
ligieuses, c'était le mariage par confarréation; une troisième 

*Z)i^.,l. XXlIl,tit. 2, 1. 49. 

2/6,1. 23. 

3/6., 1.27 et 31. 

^/6,1. 42. 

5 Voy. le mémoire de M. Kônigswarter, Sur le développement de la so- 
ciété humaine, dans les travaux de TAcad. des sciences morales et poli- 
tiques. Janv. ^849 , p. 75 et suiv. 

3 



34 CHAPITRE II. 

forme, plus simple et plus sommaire, était le mariage per 
usum, quand une femme, du consentement de son père, 
s'engageait k vivre pendant un an avec un homme, dans le ' 
seul but de procréer des enfants avec lui. 

Ces différents genres de mariage, surtout les deux pre- 
miers , avaient pour la femme des effets civils qui sont de 
nouvelles preuves à l'appui de ce que nous avons dit jusque- 
là sur Torgueilleux égoïsme du citoyen des États antiques. 
Par le mariage , la femme passait de la puissance du père 
sous celle du mari ] la loi disait qu'elle passait sous sa main^ ; 
aussi cette main pesait-elle sur l'épouse avec une inflexible 
dureté. La femme était bien saluée du nom de maîtresse, de 
domina , de mère de famille -, mais c'étaient d^s .titrç^ (liéri- 
spires^ le mari seul exerçait le gouvernement dans la mai- 
son , la femme reconnaissait en lui son maître et jusqu'à son 
juge. En quittant la maison paternelle pour celle du mari, 
elle passait en quelque sorte d'un père à un autre, elle de- 
venait comme la fille adoptive de son époux ^, elle restait mi- 
neure comme auparavant , son état continuait d'être une 
espèce de servitude. Étant en quelque sorte la fille du mari, 
elle se trouvait tout entière en son pouvoir, il pouvait dis- 
poser d'elle comme de ses autres enfants ou en général d'un 
objet quelcopque qui lui appartenait; le mari romain, comme 
le Spartiate , pouvait céder, prêter sa femme à un autre ; Ca- 
ton se désista de la sienne en faveur de son ami Hortensius, 
Auguste prit Livie à son époux Tibérius Néron , quoiqu'elle 
fAt grosse de plusieurs mois^ ; plus tard encore, il y eut des 
exemples de ces trafics , plus honteux pour les trafiquants 
que pour les malheureuses femmes qui en étaient les objets^. 

* « Inmanu mancipioque mariti, » Âulu-Gell., 1. XVIII, c. 6, t. Il, p. 242. 
^aUxor quoque quœ in manu est,,., filiœ loco est,» Gaius, 1. III, § 3, 
p. 207. 
3 Tacit., Annal,, 1. I, c. 10, v. 1. V, c. 1, t. I, p. 12 et 250. 
^ Tertull., Apolog., c, 39, p. ^22. 



LA FAMILLE. 35 

Par la manus, c'est-à-dire par la transmission de la puis- 
sance sur la femme , le père donnait au mari le droit de pro- 
priété sur les biens qu'elle apportait en dot ; le mari en res- 
tait seul le maître, même après un divorce ^ Il est vrai qu'il 
y avait aussi dès cas où la propriété des biens de la femme 
restait au père : c'était quand , avant de marier sa fille , il 
ne l'émancipait pas ; dans ce cas , elle ne passait pas sous la 
mainin mari,elledemeurait, même pendant le mariage, sous 
la puissance paternelle; le père conservait jusqu'au droit de 
la réclamer de nouveau de son gendre^. Il est permis de sup- 
poser que ces mariages, où la femme n'était pour ainsi dire 
que prêtée, étaient plus rares que ceux où elle passait, corps 
et biens , sous la puissance maritale ; car, après la raison 
d'État, c'était surtout la fortune qu'on prenait en considéra- 
tion qù'and il s^agîssait de conclure un mariage ; il vint même 
un temf/s où ce mobile prévalut exclusivement sur l'intérêt 
politique. Le jeune homme, qui, en se mariant, voulait 
rendre un service à sa patrie, prétendait en profiler pour lui- 
même en s'erirîchissant ; le père surtout, dont le consente- 
ment' ét^it indispensable, ne connaissait pas de motif plus 
propres guider son choix que la richesse de la dot. C'était 
liai dot ^ùï faisait l'épouse légitime. Les femmes mariées sans 
fortune étaient regardées presque comme des concubines ; 
dans une comédie de Piaule, un fils parle 'a son père d'une 
jeune fille qu'il désirait prendre pour femme-, mais, comme 
elle n'a pas de dot , le père demande tout étonné si c'est 
comme épouse qu'il la veut^. 

La femme, placée sons la main maritale, considérée 
comme fille de son mari , hérite de sa fortune s'il meurt sans 
enfants ni testament. S'il a des enfants , elle participe pour 



*Diiy.,l. XVm, tit.3, 1. i et 7. 

2Voy. la loi De liberis exhibendiSy Dig., 1. XVHl, tit. 30. 
3 Plaut., Trinummus, actiï, se. 2, v 93, 94, t. II, v. II, p. 16^ 

3. 



36 CHAPITRE 11. 

une part d'enrant k la succession. Par la mort du mari , elle 
ne rentre pas dans sa propre famille ; un lien indissoluble la 
relient dans celle du mari ; quoique veuve , elle reste mi- 
neure et sans droits et vient se placer sous la tutelle des 
agnats , c'est-à-dire des parents par les mâleâ, de même que 
pendant la vie de son époux elle avait été sous la sienne. 
Cette tutelle n'était pas une précaution sage et bienveillante, 
au profit de la femme , pour protéger ses droits et pour venir 
en aide à sa faiblesse; c'était une mesure politique dans Fin- 
térét du mari , pour ne pas amoindrir son autorité sur ce 
qui lui appartenait, et puis aussi dans l'intérêt de sa race, 
pour y perpétuer la fortune, en en assurant la succession 
aux parents mâles. 

Ces effets du mariage romain , humiliants pour là femme 
soumise k ce joug , ont contribué puissamment à relâcher 
les liens de l'union conjugale , et à lui enlever jusqu'à l'im- 
portance de son caractère civil et politique. Dès l'a fin de la 
République, l'indifférence croissante pour les rites religieux 
fit tomber en désuétude le mariage parconfarréatiôn*; celui 
par coemption devint également de plus en plus rare 5 les 
hommes comme les femmes tendaient à se débaïrasser des 
formalités légales et des pratiques du culte. A cette époque, la 
forme de mariage la plus fréquente était celle qui, exigeant le 
moins de solennité , se bornait à la déclaration des deux par- 
ties de vouloir vivre ensemble pour former une famille. C'était 
un simple consentement mutuel, sans aucune consécration ni 
civile ni religieuse , et par lequel ni l'un ni l'autre des époux 
ne se croyait sérieusement engagé. La tutelle elle-même de- 
vint impuissante par cet affaiblissement des liens conjugaux. 
Par des concessions successives , marchant de pair avec les 
progrès de la corruption , la tutelle perdit beaucoup de sa 
rigueur légale -, sous Claude, une loi délivra même les femmes 

* Tacil., Annal., 1. IV, c. 16, t. I, p. ^99. 



LA FAMILLE. 37 

ingénues de la surveillance des agnats de leurs maris^ ; il 
n'y eut plus que des tuteurs choisis par le magistrat, par le 
mari ou par le père. Soustraites aux regards des agnats , 
plus sévères parce qu'ils étaient plus intéressés , les riches 
Romaines pouvaient se livrer désormais à tous les excès du 
luxe et de la débauche *, la loi leur laissait une liberté plus 
équitable qu'antérieurement, mais elles n'en profitaient que 
pour donner une plus libre carrière à leurs vices. 

Outre cet avilissement de la femme , le mariage , consi- 
déré comme une simple institution politique, avait encore 
pour conséquence le discrédit du veuvage et les lois contre 
le célibat.. 

Il parait que chez les Grecs , sauf dans des temps très-re- 
culés^, il était rare qu'une femme restât veuve \ c'était une 
condition ti;is.te9 abandonnée ; la femme, réduite à la subir, 
était plutôt, pijéprjsée que plainte; aussi y avait-il des temples 
particuliers,. où,. les veuves allaient supplier Diane de leur 
amener de sejDonds maris 2. D'un autre côté, l'époux, pro- 
priélairei et maître de sa femme, pouvait la préserver du 
veuvage,, en la léguant par testament b un ami qui la recueil- 
lait çQtpme. un legs^. Si elles étaient pauvres, l'antiquité 
ne prepait nul soin des veuves; dans les premiers temps de 
la Bépqbjique romaine, elles paraissent avoir été affranchies 
de quelques. impôts *, mais , plus tard, quand le célibat était 
frappé de peines , il n'y avait plus d'exemption pour les 
veuves -, placées d'un côté sous la tutelle d'agnais intéressés, 
elles subissaient de l'autre l'amende des célibataires, si, 
après un certain temps, elles ne se remariaient pas. Les 
peines contre le célibat sont un des faits en apparence les 
plus bizarres de l'antiquité. Dans ces républiques où l'on 

*Caius,l.I, §1o7, p. 78. 

2Pausan., 1. X, c. 38, § 6, t. lll, p. 694. 

^Demoslh., Pro Fhormione^ % 8, in Oratt, ati., t. V, p. 212. 



88 CHAPITRE H. 

prétend qtte la liberlé personnelle était entourée de tant de 
garanties, comment a-t^on pu mettre h cette liberlé une en- 
trave aussi tyrannique que celle de forcer un homme ou une 
femme de se marier contre leur gré? Mais cette entrave n'a 
rien qui doive nous surprendre ; dès que l'individu est ab- 
sorbé par rÉtat , il ne peut pas y avoir de vraie liberlé, parce 
qu'il n'y a pas de respect pour les droits personnels. Si l'u- 
nion conjugale n'a qu*un but civil et politique , si la famille 
n'est formée que dans l'intérêt de l'État , il est évident que 
celui-ci doit attacher la plus grande importance à la conclu- 
sion des mariages; il les favorise par les bénéfices qu'il ac- 
corde aux maris , et il y provoque par les peines dont il frappe 
les célibataires ; il dicte ces peines , parce que, refuser de se 
marier, c'est se soustraire k un devoir envers la République, 
c'est mettre ses goûts personnels au-dessus des besoins de 
la patrie, c'est faire ainsi un acte d'indépendance incompa- 
tible avec l'esprit de l'antiquité. Dans plusieurs États de la 
Grèce I surtout k Sparte , il y avait des disposiUoAs (législa- 
tives contre les célibataires ; il en était de même VHome, 
où , dès les anciens temps , ils expiaient par des am^es le 
crime de ne pas vouloir se marier ^ 

Cependant ces mesures coërcitives n'empêchèreni (las k 
mal auquel elles devaient porter remède ; à Rome , dès la 
fin de la République , le nombre des célibataires devint très- 
considérable« L'égoïsme individuel fil des progrès, à mesure 
que les vertus politiques allèrent en s'afi'aiblissant*, il enré-* 
sulla que, le mariage n'ayant qu'un but purement extérieur, 
n'étant pas une union profonde et intime des âmes, personne 
ne songea plus k prendre une femme par pur patriotisme. 
Le censeur Métellus avait dit au peuple que le mariage 
n'était que le sacrifice d'un plaisir particulier à un devoir 



^ Valer. Max., I. Il , c. 9, p. 122. — Gomp. Osatin , De cœHbum apud 
veteres populos conditione. Giessen 1844, in-4®. 



LA FAMILLE. 39 

public^ ; on se souvint de cela , bientôt le devoir public fut 
sacrifié au plaisir pai^ticulier, et l'on préféra le célibat à Ta-- 
nion pour la vie avec une compagne importune. Dans les 
classes supérieures , ceux qui se mariaient ne le faisaient 
plus généralement que pour des motifs de fortune ou pour 
perpétuer des races illustres , tandis que d'autres , témoins 
des folles dépenses des dames romaines , et ne cherchant 
chez les femmes que le plaisir des sens , se sentaient peu 
portés à s'engager dans les liens d'un mariage légal. Les 
choses arrivèrent au point qu'après les guerres civiles qui 
avaient dépeuplé l'Italie , Auguste rendit des lois, devenues 
célèbres, pour encourager fes Romains au mariages» accor- 
dant aux hommes mariés ayant des enfants des privilèges et 
des eièinptions, et en frappant d'amendes les célibataires ainsi 
que les ép6ux qili, à un certain âge, n'auraient pas d'enfants 
ou nf'^ti adopteraient pas^. Ces lois . contraires à la nature 
de Thomiàe^t méconnaissant sa liberté, furent impuissantes 
poûrafaiélfôrer la société ] les mœurs étaient plus fortes que 
les lois; il'àUrait fallu recourir k des remèdes plus efficaces, 
c'est-à-#i^e réhabiliter la femme et donner au mariage un 
but plus spirituel et plus pur; or, la morale de l'antiquité 
ne fifèuVà^f pas monter jusqu'à cette hauteur, inaocessible à 
l'égôïsme de Vhomme. 

^ 2, i'amowr. — Les hétaïres et le concubinat. 

Nous avons considéré jusqu'ici le mariage dans le sens de 
l'antiquité et ses conséquences pour la femme. Il nous reste 
à voir comment en. Grèce et a Rome on regardait la femme 
dans ses rapports avec l'homme en dehors de l'union du ma- 
riage légitime. Par suite du caractère extérieur et politique 

*Aul. Gell., l.I,c. 6, t.I,p. 50. 

^LesJois Julia et Pappia Poppœa. Dio Cassius, 1. LIV, c. 46, t. ïï, 
p. 63. 



40 CHAPITRE II. 

de ce dernier, h loi et les moralistes trouvaient peu d'ob- 
jeclions aux relations extra-matrimoniales. L'homme pou- 
vait librement abuser de la femme ; il était le maître , il avait 
la liberté et la force qui manquaient a la femme, il ne voyait 
en elle qu'un instrument pour donner a TEtat des citoyens 
ou pour servir à ses propres plaisirs. Les anciens ont sou- 
vent parlé 4e Tamour ; les poètes Tont chanté et les philo-- 
sophes lont discuté ^ mais ce n'était pas ce sentiment /in- 
time et c^a^te qui , parti des profondeurs de notre être, éta- 
blit «ntre^eux âmes une sympathie douce^ eaima , désinté- 
ressée, réai^nt a toutes les vicissitudes etsiiovvvantà la 
mort elleriaaéine : cet amour*là, régoisme-aotique ne pou- 
vait p^ JâcoQi^aitre, tout au plusenentrevoyaiti-U quelques 
f^îl^l^tlif î^^ Ce qu'on appelait amoury ce<D';ët8fC que la pas- 
sion , c^L^k^j^l^iin (bs sens; lest OBcieBS.* parlent rpdsisffiiéquem- 
me^lid^i^ fAireur que de sfischainnte^.pjlusr.doux^iilsen 
chapt^Qt |;je^«et)rportementfi quiégapeut f esprit iet sbbjuguent 
1^ vp{0pté,^iils'le prétendent enflawné par^uiKjdfèU eh détire, 
qujo^tKM^SQO pouvoir irrésîâtifakf sur les dieu» étrisuf les 
ho9)0lfiB;jsl^ij[iisqu6isur les animaux qui pevpieptlip^tiene et 
les mefis.^. .Ce dernier trait prouve mieux qoeacnutile ^este 
qiieia;âefta(ialité(8Qiile était le principe de i'aouourdiniëqiie. 
C'est auj^i'it lebut^^de cela que des philosophes .ptusr»sétieux 
demandent^ qu'on évite l'amour; le sagenes'yiaiKindoDne 
pasp pairoe qu'eu troublant le calme de l'âme, il la rend es- 
claveidu Qorps^) parée qu'il est indigne d'un homme libre de 
se mettre dan» la dépendance d'une femme ; ii n'y a pas, se- 
lon CifCéroQ V <te servitude plus misérable^ 

* Voy. p. ex. les Amoresy etc. y d'Ovide; les passages tirés des poètes, 
chez Stobaeus , tît. 63 et 64 , p. 238 et suiv. — Les romans erotiques des 
premiers ^iëoleâ après J. C. — Appien, Halieut.y 1. IV, v. 37 el38, p. 41, 
in opji. Veii.,:Ald. 1517, in-8o. 

2Cioer,; Ttac, Qumt., l. IV, c. 32 et suiv., l.X , p. 523 et suiv. 

3 Farad. F, t. XII, p. 262. 



LÀ FAMILLE. 41 

On nous opposera peut-être Tamour platonique , tant 
vanté depuis le moyen âge jusqu'à nos jours. On a re- 
présenté cet amour comme l'idéal de Fuuion la plus pure 
des àmes^ on en a fait je ne sais quel mysticisme poétique et 
contemplatif. Malheureusement Platon ne sait rien de cela. 
Ce qui a donné lieu à l'invention de l'amour platonique , 
c'est sans doute le conte, inséré dans le Banquet, sur les 
deux fflfflâtiéstqui se cherchent et qui se sentent mystérieu- 
sement aUirées Tune vers l'autre^-, mais, vu de près, ce 
conte nous parait avoir quelque chose d'ironique bien plutôt 
que de sentimental. L'amour dont il est parlé d^as le Ban- 
quel, dans an langage digne des poètes, n'est qtt'un amour 
purement philosophique auquel on s'élève en paotaôt de Ta- 
mour teQie8tiTe,:qQi'en,e8t en quelque sorte ledëgréhiférremr. 
Quanl'^tcfedelrpicr^Dein^estrii^'que Taflidav de&>9€frisvPlaf- 
ton BÎëittontaaâb(çs^^ftulre enire rhomme««t'ila>]femme', le 
carao^ç^de lâErw^n'bsDi jqne le désir d'eiige(idrer>,> tdâteià 
ihéoii^ de Fladboa^siBPjl'sunoar repose sur cette îidéeyfn^bpre 
k untiiâ^ilisatioh perdue dans ta nature eslérieufd et déISant 
les fonseis^hjisiqaesi Suivant ce que ron^ésird4'eâg«ttdVêr, 
il j^.a^ selon» îPJatOB, deux espèces d'amoui^: TàmotirBen- 
suelheiiieidéssr plus noble d'engendrer dans lé'^dmaink^ "de 
rintelBgence; c'est Ik Famour vrai , l'amour dia 'beau et du 
hiéa ^iéusmA en créations sublimes; il n'est le pal^lage (|ue 
du philosophe et n'exclut pas l'autre amour v eelui^'Ci lui pa- 
rait même indispensable comme point de départ et premier 
degré. Aussi les auteurs anciens racontentnls que'Platon ne 
restait pas toujours sur les hauteurs de ramour philoso- 
phique , et qu'il ne dédaignait pas les délices moins abs- 



^ Sympos., p. 474 et suiv. (t. III). — Nous regrettons de ne pas pou- 
voir partager sur Tamour platonique Topînion de M. Saint-Maie^ irardin, 
dans son Cour» de 'littérature dramatique, Par.*184d> in^iS, t. Il, 
p. 382 et suiv. 



42 CHAPITRE 11 

traites du degré ioférieur^. Veut-on savoir d'ailleurs combien 
Platon était peu sentimental, qu'on se rappelle sa théorie de 
la communauté des femmes dans la République parfaite. 
Lui et toute l'antiquité, d'un commun accord, n'admettent, 
en dernière analyse, pas d'autre but qu^'but» physique 
pour l'union entre l'homme et la femme dâhs^le mariage ^ ce 
but est relevé, parce qu'on y ajoute la destination' politique; 
mais les sentiments du cœur n'y entretlt pour rien ; si 
l'homme a des désirs , ce ne sont que cedx des sens ; s'il 
éprouve une passion , aucun principe moral ne réinpéche 
de la satisfake ; sous ce rapport , la nature règne dans toute 
la plénîtude jde sa force; la philosophie et le paganisme, loin 
de la retenir, la justifient et l'encouragent. - ' - 

11 y avait- iine classe de femmes qui profillbiènud^ces dis^ 
positions pour se soustraire à la serritude éârtijugàfé et pdur 
acquérir séries hommes une influenôe^t 'ûn'tpdtiWit' que 
l'épouse légitime ne possédait pas; C'était t'émHQdipatfon^é 
la fi^9ime dans le sens de l'antiquité paï«àHû«; eocc^fâ Ële^^aôi 
jouré il y «a des réformateurs de la société qvi A^en^ide- 
nu^dent pas d'autre* En Grèce , dès l'époq^ie floriâl^ntè où 
les lettrés et les aris^étaient cultivés avec une at^yr^âleoiidè 
en cbefs^d'œbviie immortels , les hommes les'pttf^éktii^nts 
de la nation f lês philosopha , les poètes , les matglàtràts,' les 
hoipmes d'État fréquentaient les hétaires et subissaient le 
dangereui ascendant de leurs charmes. Libres dans leurs 
allure»,' ces femmes, qui n'étaient pas condamnées su triste 
isolement du gynécée, se mêlaient aux hommes, suivaient 
les leçons des philosophes , se formaient le goût par leurs 
entreliens avec des artistes et des poètes qui , h leur toiir, 
s'inspiraient de leurs grâces ; elles se donnaient ainsi une 
instruction que les mœurs antiques refusaient à la jeune fille 
chaste et à l'épouse honnête. Le mari , qui ne savait que 

1 Cicer., Tusc. Quwst., 1. IV, c. 34, t. X. d524. 



LA FAMILLE. 43 

dire à sa femme, peu instruite et réduite k un rôle subal- 
terne , se dédommageait de ses ennuis domestiques par (a 
conversation vive et spirituelle d'une courtisane. Le com- 
merce avec elles ^ loin d'être blâmé, était traité avec une in- 
dulgence extrênie ; la passion , qui aurait dû trouver une en* 
trave dans l'opinion publique et dans les lois, y trouvait an 
contraire une liberté complaisante ; il est vrai , la condition 
d'hétaire était publiquement méprisée, mais cela n'empé* 
cbait ni d'austères philosophes, ni d'illustres hommes d'É- 
tat, de passer leur3 heures aux pieds d'une Phryné ou d'une 
Aspasie ; ils écoutaient leurs conseils ^ ou leur dominaient de 
graves leOona sur les moyens d'augmenter le' prix de leurs 
faveurs'^. Deux Athénieos se disputèrent un jour une:hétairë, 
célèbre pourj^.baaui|é.et ses charmes ; laqueneilefut portée 
devant i$9:4M8^) ilftdéeidèrentque les deux cotppééiteurf 
po^è^aiiifitaHeraalivemeDt l'objet de leurs désirs^. Cette 
senteii/(»î|inO)iâir^olte; mais elle n'était que de l'équité aux 
yeuxrd'iift^^oatioft dominée parla puissance delavde sen4 
suèll^ ^ Mj.cODoaîâsant pas le respect de la femmd. Nulle 
part p0At-vêtre> les hétaïres n'étaient plus nonibrettsefi qu'a 
QQrii|thQ(> >6lles y desservaient un temple d'Aphrodite , qui 
lo^jyiftt^ eMore au. second siècle après J. G. la répuiaiion 
de GoiJnl)ifir:â'iétre la pins impudique dé touies les villes de 
la Grèce ^« 

Dans ce pays , l'homme marié, peu attaché k sa feoime , 
avait encore d'autres facilités; rien ne lui défenikît d'avoir 
pour concubines des esclaves de sa propre iiiaiâ<!»i ; la seule 

« Voy. h livre XII d^Albénée , t. V. 
. 2S(Marale h Tbéodatt. Xenoph., Memorab,, 1. IH^, c. H , t. IV, p. 187 
et suiv. 

sPseudo-Demoslh., In Neœram, $ 45 et suiv., Oratt, ait., t. V, 
p. 656. 

^ Dion Ghrysost. dit aux Corinthiens; alIdXiv olxslte tcuv oOi;b)v Te xai 
YeYÊvy){xéva>v eTcacppoStSota'nriv.» Or. 37, t. II, p. 419. " 



44 CHAPITRE II. 

concession que la loi faisait à la morale, c'était de priver de 
leurs droits civils les enfants qui naissaient de ce honteux 
commerce^ mais le père pouvait les adopter, SQuyent même 
ils avaient.part k Tamour de Tépouse , cQo&A^ns par elle 
avec ses enfants légitimes. . , . . .,, 

Rome nous présente le même specïacj^; 4J^.ppf,tir du der- 
nier siècle avant J. G., l'ancienne ,au3térité;,4€|f «WÇBurs se 
relâche, 4aositQus les rangs de lasQciéti$*..ÇQMQi^sJi pas le 
peuple. $euj qui court au lupanar^ oùuo i^noipEanie lui livre 
ses escls^ves et souvent ses propres filles \ rbom«ie>ri4î(ie , le 
patrici^il).ie sénateur, se perdent à leur tQUl:■d^q^ pes, lieux, 
ou bi^PÂt^xe^eb^rçbent la compagnie de :fem|[i)€is,4'^n, degré 
moinfi.))%Sj,,a^5ftl?tebles aux hétairea deia %^秄.Qétaient 
c[e$.j(toq^M$6s, des mimes , des Joii§iWfis..de,flîï^ ft^^^çjyre, 
viv^^tf^flql^ftefois pour leur prQpre^^onnptft, p^cl9£B^Qt ^es 
Qîgieaïd^ j^upes Romains d*?s .gran{)e$,jto^ilj^^ tesjrui- 
narH^l^ar le^ueiigeoces de leur J4i»fi5ifi\é*ai^tnlmîl)^içis, 
tes Dplîes î. les €ynthîes de» poéftes.libwtWsdWK^i^^J^'il'Au- 
%mW^ \mx\kXi>m chantées pour leursiilasioivet^^f^i^resfMFPiAiPti 
d^daigfteiis/eifteiït abandonnées, selon, If^^eapne^ #!^«s 
amQr)r^Jnipui»iet,£ugîtifs. Des* hommes* plus gr^i^^gi^ 9H§ ]a 
diguliéidc} leuf !p§$}ltion ou l'éclatde I^ur Aom em.p^«(|^jqn{td.e 
desî^endr/é/ siïbas V ne/ voyaient pas de dé^hopnQpr^à j^ivre 
ave€ùd^jQMfCuJ)iQe)s; Salluata déj^ signale avec»49Al^¥!i^.tie 
dissolution des anciennes mœurs de la République f. Au 
isièeliefil'^^^g^te^.le désordre vint au poiat q^e^ Je sçoncitbi- 
pat fipubiiQuein^nt toléré, fut reconnu et régularisé p^r des 
loisu^Au Heu de. le réprimer, on lui fit une situation a peu 
près légale 5 on nomma noces injustes le commerce habituel 
avec une femme de rang inférieur que, selon lesioisi, on nfa- 
vait pa«^le droit d'épouser. Le concubinat devint une union 

^ Sallusl., De bello Catil, c. 13, t. I, p. 23. — Seneca, De irâ^ l. Il, 
c. 8, t. ï, p. 36. 



LA FAMILLE. 45 

licite, différente en ce sens du mariage légal, qu'il n'astrei- 
gnait le mari k aucun devoir, quMI ne le soumettait à aucune 
des lois sur les adultères , qu'il lui laissait la liberté la plus 
entière de renvoyer la femme a laquelle il s'était attaché , et 
qu'il ne donnait à celle-ci et à ses enfants aucun droit dans 
la famille du père ; c'étaient des enfants naturels eicius de la 
successîoû légaïè'^ Celte concession faite h la licéhce de 
répoquè'ënleVa' toute leur force ^ux lois d'Auguste contre le 
célibat i âinsî ^u'à èelles qui défendaient le mariage avec des 
femittléë'd'è^'èettdUïôi! inférieure. Il en résulta que désormais 
le c*oiàéSBiïîàt»ùéftft f^tos une honte; celles qui, fehez les an- 
cîen*V^^fe^^*^6^^'q'*^'*fi^6sde cmeulnnest pi^^ftènt le nom 
pltiâ^tiëe^nt^^'^iëi^V <^^ ^^^^ élève des I6ft*eaux où l'on 
insëfitl)e!A^^^¥ti^si(t3<^hoquei* les md8up&<; iNi^ri^^méme 
q%^d6%â¥fôMr^H'4è^^^êmë'inâfriH*e le imni^de^iPéfKHise et 
cêlûi^fti te^WétfftSn5^^l|at%i''aVait succédé apfêB «jJ^iô^Vl^ 
I^i|fe^l*ftlu#fB»#rft0rttô'»èe défendre aux Rditf^înSOijfaîvoir 
pHÂ'è'ab^ièétkîâftltté'v fca d%i avoir «ne à t&ié dé^tWé^^ 
légkaa*8^tr*s«PSttrtiÉfel^!*ès^laiiiorl de la prèmttw^ fcSÉttîl^ 
igue "ïb fmbSèè\M^umamie, pour é<îbàppër tM^ltottlklIté'd 
èi 9fl« dffi!*«1lës<i'''âi! èécond mariage. Pendarrtt^i^iclei'tginps 
di^f1iiA^^j^lës^tf<yÉitnes les plus consfd^abiêSV^ Ids'-éiffi^ë^ 
féiH fes''plU^<l<kiôtiafmés polir leurs vertus^ !,'lei»Vj0épÈ«5Îèîi| 
les-Hdt^^AWfMèv vivent publiquement dânôde&«niottsid'è*(Be 
genre.-' ■"'■•' - ' • ■ - ■'> ''•' ^'i'" ' ■ 

^WiifÈeféttlmÈ publiques étaient seules t(m)fl^% ^àfruities 
fj^soûhes notées dMnfamie * ; pour essayer d-èn'dînJîniier lé 
nombre, Domiiien les dégrada encore davantage ^ ' en ^les 

' ^'Vig,, I. XXV;'lrt. 7, 1. 3, et 1. XLVÏÏI , lil. S. ' '• ' '* ^'- '• ^ 

2 (( \..ffunc i>erô nomine amicam , paulô honestiore^- cànaUbinav^^hpf 

pellari.v Paul, dans le Dig,j 1. L, tit. -16, 1. 144. 

^ « Concubina met amantissima,>> Gruler, t. I, p. 640, noS; Pv^ol, 

n^S, etc. 
^Quinlil, in«nt. oraf., l. VI, c. 3, t. I, p. 37S. 



46 CHAPITRE II. 

privant du droit d'hériter et d'accepter des legs * ; ce fut une 
mesure inefficace contre un mal prorondément enraciné. 
L'Étal, trop faible pour supprimer celle profession honteuse, 
qui n'était , jadis comme aujourd'hui , qu'une appliciition des 
idées païennes sur l'infériorilé d'un sexe faible et mépri- 
sable, la tolérait depuis longtemps et cberchsiit même ^ en 
profitef . Déjh Solon avait établi à Athènes des lieux publics 
de débauche, et avait frappé les femmes qui Tes habitaient 
d'un impôt dont le revenu lui servit ^ bâtir un temple à la 
Vernis vagabonde 2 5 après lui , le gouvernement athénien af- 
fermait annuellement la perception de ce revenu k'des par- 
ticuliers^. A Rome, depuis le temps de Caligula, le fisc 
prélevait un impôt pareil* ; Alexandre Sévère, un des plus 
moraux des empereurs , ne pouvant pas isupprîmer eè tribut 
levé sur la corruption la plus vile , voulut au moins qu'il ne 
fût pas versé dans le trésor pnblic, mais employé unique- 
ment h l'entretien des cirques et des ampbith!éâlf;çf,^^,.H(^st 
triste d'être obligé de dire que cet impôt infâme continua 
d'être perçu dans la période chrétienne de l'Enipll-e et ^ii^il 
l'est encore de nos jours; quand l'influence du cl)ristlanïsme 
sera-t-elle assez forte pour le faire disparaître.ayqQv^iPr^-v 
fession qu'il frappe et qu'en frappant il autorise? . •< m > 
Ce qui , plus encore que ce tribut , prouve la profondeur 
de la corruption des mœurs romaines et le mépris dë^ lois 
et des magistrats pour la femme , ce sont les sentences des 
juges qui, dans les persécutions contre l'Église, condam- 
naient les chrétiennes au lupanar ou les livraient k la sau- 
vage brutalité des bourreaux ou des gladiateurs. Les Actes 

* Soeton., Domit., c. 8, p. 381. — Dig., 1. XXII, lit. 8, 1. 3, § 5. 
^Alhen., l.Xlir, c. 25, t. V, p. 56. 

^«nopvixbv TgXoç.» iEschin., Contra Timarchum ; in Oratt, ait*, 
t. m, p. 289. 

* Suelon., Caligula, c. 40-41, p. 204. 

^Lamprid., Al. Sev,^ c. 24; inscriptt. hist,j aug.^ l. I, p. 274. 



LÀ FAMILLE. 47 

des martyrs rapportent de nombreux exemples de cette jus- 
tice aussi féroce que lâche, qui ne laissait aux vierges chré- 
tiennes (jl'autre alternative que la prostitution ou le renon- 
cement à ,][é§,u^-Çbrist^ . C'était d'autant plus odieux , et cela 
témoigne d'^qtant, plus clairement du mépris d<^s païens, 
non-seul^fiie{)jl,;P9.V{^ iç christianisme, mais pour la dignité 
humaine dapsjalemme, qu'ils connaissaient mieut le grand 
respect di9S cJiiiR^eDs pour la chasteté^. Tu as été li&e femme 
prostitl|^e, dit le juge à sainte Âfra, va donc saoïifier aux 
dieux y Je.DieU; dçs chrétiens ne te connaît pas , tu es indigne 
de tui^. I^^. vierges chrétiennes auraient mille fois piréférc 
de livrer. leur c>orps aux bêtes du cirque ; mais leur héroïsme 
fut plus:^ijJ>/imeeP/^rei,eQ sacriAantàleur foi un trésor plus 
préçi9Uii;,qMfli|ajîj^5. 

. ,, j j,/ . ^i^^^ZIadultère et le divorce. 
"On' pr'é^iît aisément que , sous Tempire de ces idées sur la 

* BJuspb.^^fff.efcrf., 1. YI, c. 5, p. 207 j — de martyr. J^çlœtf,, c. 5 
et 8^ p. 326 et 331. — PaJladius, Hist, Laus., c. 3, p. 48. — En 304,' 
sainte Irène est condamnée : oper satellites,., et publicum carnifiçemin 
lupanan ràidam statut prœcipio, e palatio singulis diebuspanem unum 
sumentem sateUitibiM ipsis non permittentthus teillinc discedere.t [Acta 
MartniJM^ri^ p'. 395. Yoy. aassi Acta S. Theodûrœ, iô ^ p. 397. Etc.) 

Prudence dit dç saii^te Agnès : 

€ Hanc in lupanar trudere publicum,. 
Certum est, ad aram ni caput adplicet » 

(Peristeph., hymn. 14, v. 25 et 26, p. 256.) 
« Aut saerificare virginem aut lupanari prostitui jubent,ï) 

(Ambros., Devirgin,, 1. li, c. 4, g 23, t. II , p. 168.) 
2 a Nam et proxime ad lenonem damnando christianam potius quàm 
ad leonem cenfessi estit , labem pudicitiœ apud nos atroçiorem^otkni 
pœnà et omni morte reput ari.» TertuU., Apolog.^ c. 50, p. 163. 
3Rainart, Acta Mart., p. 455. 

* « Excedunt ecce in pace tutœ cum glorià suà virgines , vefiientis 
Antichristi minât et corruptelas et lupanaria non timente8.y> Cypr., De 
mortal., p. 233. 



48 CHAPITRE II. 

femme et le mariage, l'adultère commis par un homme n'a 
pas dû être traité par les anciens avec une grande sévérité. 
Le caractère moral du mariage s'était absorbé dans son ca- 
ractère politique et civil ; Tadultère n'était donc envisagé 
que comme une infraction aux droits du mari , comme une 
attaque à sa propriété portant le trouble dans son intérieur 
dont lui seul était le chef. Aussi permettait*il une vengeance 
immédiate ; en Grèce, comme à Rome, le mari pouvait tuer 
impunément sa femme adultère ainsi que Thoimne avec le- 
quel elle avait commis le crime *. S'il ne voulait pas venger 
lui-même son honneur outragé , il avait la facuhé d'accuser 
sa femme. C'était là un droit viril; la femme ne le possédait 
pas ; elle ne pouvait pas porter plainte contre son mari s'il 
violait la fidélité conjugale^. Le mari, qfui s'oubliait avec 
une esclave ou qui hantait le lupanar, ne conimettait pas 
un adultère, car ces femmes étaient indignes^ notées d'in- 
famie; on pouvait s'en servir sans crime ;' c'étaient des 
choses , des instruments , des jouets qui ne devaient pas faire 
ombrage a l'épouse légitime-, aussi n'avail-elle pas le droit 
de s'en plaindre ] elle ne pouvait recourir à l'intervention de 
la justice que si le mari avait une concubine , car la loi et 
l'opinion publique distinguaient soigneusement entre celle-ci 
et la meretrix^. L'orgueil des maris voulait qu'on sévit contre 

*Xenoph., Hiero, c. 3, t. V, p. 239. - Pausan., I. IX, c. 36 , § 4, 
t. III, p. 424. - Ûuintil.; déclara. 347, t. IIÏ, p. 33b. 

^Lex Julia. Corp, Jur., 1. ÏX, tit. 9, I. ^ et suiv. 

3 «Apud illos (se. paganos) viris impudicitiœ frena laxantur, et solo 
supro atque adulterio condemnato , passim per lupanaria et andl- 
lulas libido permittitur, quasi culpam dignitas facial , non voluntas.» 
HieroD., ep. 77, t. I, p. 459. — uSeddicet nescio quis: meretrix non 
est quam habeo , concubina mea est. sancte Episcope , meretricem 
fecisti concubinam meaml,.. Sed dicis: ancilla mea concubina mea 
est , numquid ad uxorem aliénant vado? numquid ad meretricem publi- 
camvado? Ânnon licetmihi in domo meàfacere quod volo?» Âugust., 
sermo 224, § 3 , t. V, p. 674-675. 



LA FAMILLE. ^ 49 

la femme adultère; mais c'eût été une atteinte h la majesté 
virile, si on avait prétendu les punir à leur tour : nous sommes 
hommes; disaient-ils , comment la dignité de notre sexe sup- 
porter^tHelle Dnjut'èf de nous soumettre aux mêmes peines 
quelesTeoMÀes,' si'iious ne nous contentons pas de nos 
épouses ^P^GiSTé^-i-éî' devraient accepter sans muririure cette 
posftlSrt^ffiMflfànXéV o^'lebr enseignait une soumission: ab- 
sôlb&f^Wéli itéraient 'se persuader que la dign^dn mari 
^tait^âfkJ^fleMUsIde to^te atteinte et qu'elle autorisait tous les 
é<$anâr;^iqiAl^if6tfifiiè s'affligeait devoir son épotii fréquen- 
ter les bétafrë^^^én la consolait en lui disanlqde là' vertu des 
fernUKi^Iite éoto^i^te pas ë surveiller leurs màr^s^niFàis'h se 
cortftolliél<>%iè«#èP flésips -, cette consolation »dértsôirè -a été 
dotfnyêi|>b*<Hrtié fômitie ëîlfe-même , par Théan6;'V4cluse dfe 

-iïitlè*^l^t W rtï>f fl'éiâietït guère l'objet d*uhej)ltfs grande 
«rtfeuèfWi^W ra^èfJtére. 'Se laUser séduire étàfif pour une 
félAéffllfe'k peîweunehonte^; le viol n'était qu'une Vîola- 
lterf>êi#Wi»'i'<ïr*fe'pi»opipiété du père 5 il était parfaitement 
^riéj^iiéïp^tftf'nliÉriage. A Athènes , le rapt n'était pliiir' que 
îébtâiri^ Ifflet itojtire peu grave , par de faibleà âmëûdéiâ ; à 
fitftli*^, «tiV^^àtîS'lfes siècles de la décadence , rieii tt'élai't plus 
fi^èp%iit^^^(M^e!^ r^pls commis même par dfes boninoiés ma- 
riés, la jeune fille enlevée pouvait demander la mort du ra- 
^sàetfr* oii /si réparation par le mariage avec lui* \ ce n*çtait 



• *-<^Seâ4id»V^ Sumus* an verô sexùs nostri dignitas hanè iitètinébit 
inJtific^f'ie^'eam^Mti'fefàintsprœter uxores nostras si qïiid ûdmiitt- 
mntV^^^^IttVMtf^^J^Hif ^uKi^H&tf^ comparemur ? i» Chez 'Atigriàl/,- -Dfe 
conjvfgHmi»duU:*i^Ml\'erSjX-. Vî, p. 299. ' ' ' » ' '»''»'* 

weptcpopà! » Thërfnd^ttd JVièd^frafaw; in mulierum grœc. fragm.; p. 258. 
3plutarch.V Qùœ'st. sympos.) 1. VII, quœst. 8, c. 3, t. XX, p, 326] 
^Id., VitaSoloniSy c. 23, t. I, p. 227. — QiiintîL, déclàm. 262, t. III, 

p. 69. 



50 CHAPITRE II. 

pas punir le crime que d'abandonner la décision k celle qui 
le plus souvent peut-être était moins la victime que la com- 
plice du rapt,. 

L'effet final de tous ces principes et de ces dispositions lé- 
gales sur la position des femmes et sur leurs rapports avec 
les hommes a été Faifaiblissement du sens moral chez un 
sexe dont les destinées sont liées au bonheur de la société 
d'une maflifere beaucoup plus intime que ne le soupçonnait 
l'antiquité païenne. Les vices des hommes , que la loi tolé-^ 
rait et que la morale des philosophes ne condamnait pas 
avec assez d'énergie, si elle ne les justifiait pas, devinrent 
les prétextes pour excuser les vices des femmes ; si le mari 
trompait impunément la fidélité conjugale, pourquoi Tépouse 
en aurait-elle seule supporté les chaînes? pourquoi se serait- 
elle refusé ce qu'il pouvait se permettre sans crime comme 
sans honte ^? A partir des temps où, en'Grèce et à Rome, 
l'ancienne austérité se relâche , où les vertus politiques dé- 
clinent pour faire place à l'égoïsme individuel, s'affrdnchis- 
sant des liens qui le soumettaient aux intérêts de la Répu- 
blique , les^ femmes mariées elles-mêmes commencent à se 
précipiter dans la voie d'émancipation déréglée ouverte par 
les hétaires et les courtisanes. Les connaissances qu'elles 
acquièrent de l'art et de la littérature des Grecs , au lieu de 
former leur goût , les familiarise avec le vice. Le temps n'é- 
tait plus où les Romains, moins corrompus , défendaient à 
leurs femmes et à leurs filles de lire les philosophes et les 
poètes de la Grèce , de crainte qu'elles ne s'en servissent 
moins pour y apprendre la sagesse que pour y cherchel* des 



^ « Quœ iniquitas effecit profectô , ut essent adulteria , fwminis mgre 
ferentihus^ prcMtare se fidem non exhibentibus mutuam earitatem, De- 
nique nuUa est tam perditi pudoris adultéra , quœ non hane causam 
vitiis suis prœtendat : injuriam se peccando non facere , sed re ferre,» 
Lactant., Div. instit.y 1. VI, c. 23, t. I, p. SOI. 



LA FAMILLE. M 

leçons de libertinage ^ Désormais elles lisent avec ardeur 
les ouvrages des Grecs ^ outre les poètes, c^est la République 
de Platon qui les attire et qui les charme ; tandis que les 
hommes se prévalent des chimères du grand philosophe sur 
la communauté des femmes pour justifier leurs amours va- 
riables et multipliés^ , les femmes , k leur tour, s'en em- 
parent comme d'un argument en faveur du dévergondage 
de leurs mœurs ^. Aucun sentiment du devoir ne'parait plus 
les rattacher k leurs familles^ abandonnant le soin de la mai- 
son et des enfants k des esclaves aussi dépravées qu'elles- 
mêmes , elles né s'occupent que de toilette et de luxe , d'a- 
mants et de perroquets , des jeux du cirque ou des aventures 
du lupanar; il n'^st rien qu^elles ne se permettent , rien qui 
leur semble être une honte^. Peu de mariages restent purs^ ; 
une épouse xbaste est considérée comme un phénomène qui 
étonne par sa rareté^. Des femmes ingénues, appartenant 
aux familles les plus nobles, demandent k être inscrites 
parmi les meretrices publiques , afin de ne pas pouvoir être 
recherchées pour cause d'adultère ; elles réclament le privi- 
lège de l'infamie pour continuer plus sûrement leur vie scan- 
daleuse ; sous Tibère , un sénatus-consulte le défendit sous 
peine d'exil, mais seulement aux dames de Tordre équestre ''. 
Sous Auguste déjk , il ne se trouve plus , dans les familles 
libres , de jeunes filles voulant se consacrer au sacerdoce 
jadis si recherché des vestales ; il fallut les recruter parmi 



^ Seneca, ConsoL ad Helviam, c. 16, t. I, p. 439. 
. ^Comp. Hieron., ep. 69, t. I, p. 415. 

3 Epict., Fragm. 53, t. IIÏ, p. 84. 

^ Voy. la sixième satire de Ju vénal , résumée en ces mots : a Nil non 
permittit mulier sibi, turpe putatniï.» v. 457, p. 79. 

STacit., Ann., 1. III, c. 34^ t. ï, p. 154. 

6 « Rara avis in terris t^ etc. Juven., sat. 6, v. 161, p. 69. 

7 Tacit., Ann.j 1. II, c. 85, t. I, p. 125. - Sueton., Tiber,, c, 35, 
p. 149. - Dig., 1. XLVIII, t. 5, 1. 43, § 2. 

4. 



SSt CHAPITRE II. 

les affranchies ; Tibère , pour compléter leur nombre , dut 
augmenter leur salaire et créer pour elles de nouvelles dis- 
tinctions honorifiques^; elles se livraient d'ailleurs aux 
mêmes désordres que les autres femmes ; ni le caractère de 
leur mission, ni les châtiments même qoe leur inflrgeait 
Domitien , ne les retenaient plus suir la pentç dvi vice/^. 

Auguste avait déjà esstiyé d'arrêter par quelques règle- 
menrs cette démoralisation des femmes^ ; il avait été. obligé 
de sévir contre Julie , sa propre fille , adonnée aux excès les 
plus scandaleux ^. Mais ces mesures , contredites par la vie 
de Tempereur lui-même, étaient demeurées sans effet sur la 
masse du Jpeuple. Le désordre était si général k Rome, que 
les professeurs de rhétorique, qui iormaiept kis jeunes Ro- 
mains à h pratique de Téloquence judicia^e , ne leqj^fdon- 
naient k imi^t de préférence que des qii^ÛQns d^'adultère 
ou de, rapt. .Dans leurs déclam/atiops , :l^§.j^«r}^^ «ivDcats 
s'e&erQaient à aggraver ou k éluder. la Ipi, selo^J^. position 
et les d^sixSide Taccusateur ou de Tacçusé^. Layu^tiQ^a^yait: 
perdu tsa sévérité; avilie par le despoliâm^ t,.f^Uei laissait^ 
rimpudeur^ de la femme s'étaler avee une. effroi^Açrie. sans' 
nom dans les rangs les plus élevés comme dan^ les r^ipns 
les plus basses de la société romaine^. ^ . ^ 

Ce qui accélérait la corruption , au lieu de l'arrêter, (çîër 
tait la facilité.deipouvoir divorcer. Le divorce ét^^UiQUi-à ,£ait. 
conforme k |!e$.prit antique, dépourvu de tout icaractère.mo- 
ral; le mariage n'était pas un lien sacré, une alliance des. 

1 Suet., Octav,, c. 31, p. 75. -Tacit., Ann., 1. IV, c. 46, %, l, p. 200. 

2 Sueton., Domit.y c. 8, p. 38< . 

3Id., Octav., c. 34, p. 78. — Dio Casaius, 1. LIV, c. J6, t. II, p. 63. 

* Seneca , De benef.. 1. Vï, c. 32; t. II , p. 297. 

^ Parmi les Déclamât, atlri^uées à QuintilieD , quatorze traitent des 
questions d'adultère, treize des questions de ^pt, t. lU. 

^ Voy. Tacite, Juvénal , Martial ; vpy. aussi le tableau fait par Glem. 
Alex., Pœdag,, 1. IIl, c 2 et suiv., 1. 1, p. 253 et suiv. 



LÀ FAMILLE. 53 

âmes ; bien qu'un jurisconsulte romain l'eût défini : une com- 
munauté des choses humaines et divines ^ ce n'était qu'une 
union formée dans un pur intérêt personnel , depuis l'époque 
où Tintérét politique était oublié. Il établissait des rapports 
extérieurs qui n'imposaient aucun devoir de fidélité réci- 
proque , qui ne demandaient aucune concession , aucun sa- 
crifice , parce (|ti'ils ne tendaient pas à unir les âmes ; ils 
pouvaient par conséquent se rompre dès que les deux par- 
ties ne se convenaient plus, pourvu que la rupture se fît avec 
les formalités usitées. Au dire de quelques écrivains , le di- 
vorce av^it été inconnu à Rome pendant plusieurs siècles^ *, 
la plus grande simplicité des mœurs et la prédominance de 
rintérét de l'État avaient garanti la durée indissoluble des 
mariages. Le diVorce' s'introduisit k la suite de la dedadence 
des mœurs\ cômnâe moyen commode de se livrer, sous une 
certaine appardnéè'lég^lé , à tous les caprices du libertinage. 
Depuis les dei'niëï's temps de la République , pendant tout 
le tem})s de J'Emjpire païen , le divorce joue un grand rôle 
dans l'histoire intérieure de la société romaine ; tantôt c'est 
le mari qui le demande , tantôt c'est la femme ; on le re- 
cherctie sans mfotif réel, en alléguant les prétextes les plus 
futiles^. Un Romain, interrogé par ses amis pourquoi il avait 
répudié sa femme , belle , riche et sage , dit , en leur mon- 
trant s'on soulier : Vous voyez, il est beau et neuf, et per- 
sonne pourtant ne sait où il me presse*. Mécène , le célèbre 
protecteur dés artistes et des gens de lettres , qui passa sa 

^ Modestin , dans Dig.j 1. XXllI , t. 2, 1. 1 . 

2Aul. Gell., 1. IV, c. 3, t. I, p. 180. — Terlull., Apolog,, c. 6, p. 27. 

3Cœlios à CicéroQ. Epp, ad div., 1. YIII, ep. 7, t. VIÏ , p. 256. — 
Seneca, De benef,, 1. III, c. 16, t. II , p. 185. — « Collige sarcinulaSj 
dicet libertus (à V épouse qu'on veut renvoyer) et exi ; Jam gravis es no- 
bis j et sœpe emungeris, exi Ocius; et propera; sicco venit altéra naso,» 
Juven., sat. 6, v. 146 et suiv.> p. 69. 

* Plutarch., Conjugialia prœcepta, t, VII, p. 417. 



54 CHAPITRE II. 

vie dans une débauche élégante et molle, s'est rendu fameux 
par ses mille mariages et ses divorces quotidiens ^ Il eut 
tant d'imitateurs qu'Auguste, après avoir profité pour lui- 
même d'un divorce qui fut un scandale public, se crut obligé 
de mettre des bornes à la facilité avec laquelle on pouvait 
dissoudre les mariages^ ; il soumit par une loi le divorce à 
des formalités trop peu eflScaces pour arrêter lé mal^. Les 
femmes en profitaient tout autant que les hommes^. Selon 
Tertullien , elles ne se mariaient pour ainsi dire que pour 
arrivërparle divorce à laliberté^ Cette liberté, que laissaient 
aux femmes des lois impuissantes et des mœurs corrompues, 
jointe à la désuétude oii par les mêmes causes étaient tom- 
bées les anciennes formes plus solennelles du mariage, finit 
par annuler complètement la puissance maritale ; sous 
l'Empire, elle n'existait plus que de nom®. Le mariage lui- 
même perdit ainsi dans l'opinion pfublîquè. les derniers restes 
de son importance -, la dépravation de la fémine et celle de la 
société tout entière firent des progrès auxquels dUUe loi hu- 
maine n'aurait pu opposer une barrière assez forte *, lafemme, 
en s'émancipant de la tyrannie des itlîstitutîons antiques , 
s'était ématicipée aussi des lois éternelles de la morale; elle 
ne s'était affranchie que pour aggraver le joug du vice,' contre 
lequel la civilisation du monde païen était sans remède. 

§ 4. Lès enfants. — La puissance paternelle. 
Le même mépris de la valeur individuelle , de la dignité 

^</i„,,Qui uxorem millies duxit..,ii u Quotidiana répudia.» Seneca, 
ep. 414, t. IV, p. 863 Deprovid., c. 3, t. I, p. 227. 

sSoet., Octav., c. 34, p. 78. 

3 Lex Julia. Dig., 1. XXXVIlï, lit. 41, 1. I. 

* Juven., sat. 6, v. 229 et 230, p. 72.5 

5 < Repudium veto jam et votum est, quasi matrimonii fructus.n Ter- 
tuU., Apol.^ c. 6, p 27. 

^Comp. M. Troplong, De l'influence du christianisme sur le droit ci- 
vil des Romains. Par. 1843, p. 316 et suiv. 



LA FAMILLE. 55 

derhomme subordonnée aux intérêts de TÉtat, et par con- 
séquent le même exercice du droit du plus fort, se retrouvent 
dans les relations du père avec ses enfants, aussi longtemps 
que ceux-ci ne sont pas émancipés. La famille, dans le sens 
de Tanliquité,, n'était instituée que dans l'intérêt de la Ré- 
publique; nous la verrons même abolie tout à fait , pour ne 
laisse/ ^subsister que l'État seul avec tout son despotisme. 
C'est Iç^pi^re qui est le chef de la famille, le maître des en- 
fants ; ils lui doivent un respect et une obéissance sans li- 
mites^ iU lui appartiennent, ils sont sa propriété dont il 
peut disposer selon sa volonté ; dans ses résolutions à leur 
égard ^ il ne dqAi pasj)rendre conseil de son affection natu- 
relle,, il^B^4oitcpjçifulter.que l'intérêt public. Sous ce rap- 
port , Id^Grèçie et Rq^ne sont unanimes. Le Gis ^^it Aristote, 
avantoj^r^f^ j^onraie lui-onêma, appart^eqt ^t^t entier au 
pèr^l :qéii?irâf^#l)RPff^P<*:^ l'esclave , il n'a qu'n^^e. raison et 
une ^1^1^ ip(|parj|siite§g ç'e^rt pour cela qu'il esl^sous la dé- 
pendaprifK ^gf^ue, A^ père ;; celui-ci , il ost vrai, ne doit user 
de soQ'^K(>u8f^jçi5pj;j}qpir.lp.bj^^ du fiU; wais, ûn.|e,^^it, ce 
bienj^rPpr^ièîWy^'^eUjidô l'État, seule candilioq4?»bonheur 
indi^vid^,V A Rome.), la puissance sur lea enfanta est un 
des dr<^j^p%rliçu|li^s du citoyen^. La,. paternité, faussée 
plutôt (fue^renibrcée par les institutions. du..monde antique, 
était ainsi une véritable magistrature dans l'intérieur de la 
famille, et cette magistrature était despotique jusqu'à la 
cruauté. Elle donnait au père le droit exorbitant de se dé- 
barrasser des enfants qu'il ne jugeait pas capables de rendre 
un jour des services à l'État. Les républiques anciennes, où 
régnait la force et où les vertus du citoyen n'exigeaient pas 
seulement une intelligence exercée, mais aussi un corps ro- 
buste, avaient besoin , pour se défendre et se perpétuer. 



^Polit.jl I, c. 5, p. 23. 
«iWflr., I. I, lit. 6,1. 3 et 4. 



56 CHAPITRE II. 

de génératioDS vigoureuses ; pourquoi donc élever des êlres 
chétifs qui ne promettaient k FÉtat aucun secours? De plus, 
comme on n'était citoyen qu'en possédant de la fortune , et 
que le pauvre n'avait qu'une existence sans but , pourquoi 
aurait-il gardé des enfants qa^il n'aurait jas pii nourrir et 
qui n'auraient été d'aucune utilité à la sok^iétéP^e Ik le droit 
d'exposition des enfants nouveauHuésf^ accordé au père chez 
les nations les pluspolicées de l'antiquité. ATbèbes, ce droit 
était mitigé par rintervenlion d'une loi qui tendait aui moins 
a préserver les enfants de la mort ; les panents , trop pauvres 
pour élever leurs enfants, les présentaient aux:)ifna9istrats 
qui les faisaient vendre au citoyen qui en offrait umprix si 
faible. qu'il fût ; l'acheteur les gardâlil cOmme esclaves ; par 
lès s^vij:;es qu'ils lui rendaient en cette qoolité; ils devaient 
lui tépoigçer leur reconnaissance de ce qo'il leur avait'sauvé 
la vie^. Dans l'ancienne Italie, Romuluîiirouva Tuiàlgt é<a- 
bii de t^çr les enfants qu'on jugeUÂt JQ]]li^les'; il-le défendit, 
mais permit d'exposer ceux qui étaient fdMeè oucdiffbrmes, 
a condition ^e faire constater par <l6S(^'i)idiflft)l6a9rpt%t^ifai6é^ 
raille ^ji La loi de^XH tables revint k l'ajneienne to'ùtume |)luji 
exp^ditive : elle ordonna de tuer, sanst délai l'etii^nt né dif-- 
forme ^. Aussitôt après la naissance , Tenant éta'$ (prâsenlé 
au père qui l'acceptait ou le repoussait ; en^^l'écceptani ,' il 
s'engageait à Viéleyer/, sinon, il était exposé]^. Get^te forma-^ 
lité de la présentation et de l'acceptation subsista longtemps 
k Rome, k une époque même où dans les familles riches les 
mœuîrs., sous ce rapport, s'étaient adoucies^. 

liElian,, i. n,c. 7, t. 1, p. 69. 
2 Dion. Halic., 1. Il, c. 15, t. I, p. 85. 
^^ (iPater jfiHummonstrosumj et contra formam generis humaniy re- 
cens sibi natum, citô necato.» Tab. 4. In Cicer, opp,y t. XI, p. 430. 
* Comp. Terent., ÂndHa, act. II, se. 3, v. 26 et 27, t. I, p. 36. 
- 5 Dans les discours de Cicéron , il est souvent parlé de përes qui o sus- 
cipiunt* leurs enfants. ïn Verr,, II, l. lîï , c. 69, t. lîl, p. 477; Phi- 
«pp. m, §6, t. VI, p. 279. 



LA FAMILLE. 57 

On s'attendrait sans doute h voir les philosophes , tout dé- 
pendants qu'ils étaient de Tesprit égoïste de l'antiquité., pro- 
tester au moins contre un usage aussi contraire aux senti- 
ments les plus ihtimas dn cœur humain. Mais ^ au lieu de le 
blâmer, ils n'ont que des sophismes pour le justifier. Platon 
ne demande ^às seulement que les enfants maladifs ou con- 
trefaits soient ex)n)sés4ans des lieux secrets , il trouve aussi 
qu'il convient d% ite pas nourrir les enfants des parents ap- 
partenant auxiclasses inférieures de sa République ^ Aris- 
tote estid'aecord avec lui-, il veut qu'une loi défende de con- 
server en vie leos enfanta chétifs ^. Il y a plus -, ces génies , si 
grands sous d'afu très rapports, mais chez lesquels la poli- 
tique païeiiiie avait étoufié les sentiments les plus ndturels, 
trouvent'.uil dàdger à èë que la population s'slijgn!ienle au 
delà d'iine cartyh'e:tiiesut*e', suivant eux, llntérM ésoïste 
de lèut^tat'ari^toc^stil)(Iê{ exige que les pauvres niaient pas 
des'enîahts'én trolp' gr^M nombre, d'autai^t plus que les 
pauvres'HBbx-mèiiiès 'ne sabraient qu'en ftire ; ils' veufent 
bien' leur' pBrnlettre>runron conjugale, mais àVee la plus 
froide indifférence ils leur conseillent l^avôrtement 5 ils 
donnent te nkâtnë aVis èi'tons ceux qui craignent la bharge 
d'unetrop gri^hde famille'. ' 

Ceâ ctmsells des sa^es et ces permissions des législateurs 
n'étaient qtie'tr<5p souvent écoutés ;<on les étendait même au 
delà dea bornes dans lesquelles leurs auteurs avaient voulu 

* «... Aeï... Toù; àpÉdTouç Tttîç àpicrraiç l\r(yiy^è<sboLi ôç TrXetcïTajctç , 
Touç Bl cpauXoxaTouç Taîç cpauXoTaTatçtouvavTiov, xa\ t<ov (jlsv ta ex^ova 
Tpécpetv, Twv Se jx*})...» 

«Ta Se (£XYOva)Twv)^etpov(ji)v, xa\ Ibtv titSv âxépoiv àvaTnjpov flyv/^- 
•rai, ev «tco^^t^tw ts xal àSijXa) xaxaxputj/oufftv, wç TrpsTrei.» De Bep., 
1.% p. 272-274, 

2 « Ilepi Se dîroôeffewç ^ xpocpîic Ttov yiYVOfjievwv isxta vojjloç, (AiîSev tte- 
7nipa>[ji.Êvov Tpecpeiv.» Polit,, 1. VU, c. d4, p. 239. 

3 Plat., De Rep., 1. V, p. 276. - Arisl., Polit., I. c. 



58 CHAPITRE 11. 

les renfermer ; le citoyen qui n'avait pas le prétexte de Tin- 
digence n'exposait pas seulement les enfants faibles : tantôt 
un mari adultère faisait disparaître ainsi les fruits de ses 
unions criminelles; tantôt un père qui ne -voulait pas voir 
sa fortune se diviser en trop de par(s ou fournir des dots à 
trop de filles, se débarrassait des enfants qui gébaient ses 
plans ^ Cet usage de l'exposition se perpétua jusque dans la 
période chrétienne de l'Empire; encarQ.au quatrième siècle, 
et malgré les défenses des empereurs, il* y> avait defs parents 
pauvres qui étranglaient ou exposaient, ^urst enfapts nou- 
veau-nés^. Le sort de ces malheureux es^poi^és est fecile à 
prévoir ; le .plus souvent sans doirte ite .péri^q^i^pl en ser- 
vantrfle pâti^re aux bêtes \ de teipps à a^ç aoe ^pon^er ma- 
riée en rççuejHpitun pour cacher $e^rfiir^^. désordres ii 
son mari idé^reux d'uji héritier^; o^is ^jj^ifi^lefuçnt ceux 
qui élaieiH/recueillis étaient, de^tioé^^^^'j^a^^jfjUrau lu- 
panar ; c^hii qui &'^a cbarg^^(> J,^ pffS8|é^;^it ^mqote .des 
choses xnbaçdoonées sur la yoi^ p^l))fW^-)rJ|;4f9Îkff4^^.^^^" 
disposer et d'en abuser *. ; » î. : • i» îf.il! ' 

La ppi^ancQ. paternelle p^ait, J$ur i'enfarf;!)^ jf|^(|^^u^ pur 
de son' érQîM^fcç^pation. Si, avant. celtQ,éj)i«|iafi^,y;îi|ifi||Ç mariait 
ou s'il obtenait même des fonctions^ pif^i^iqiieç^^ilj^^^;^ ^^^^^ 
pas moins,, n^jêmeavçc ses proprea ej9<fa^ts^fSoi}s ffi puis- 
sance de son père, et c^lle-ci était absolue. La pj^r&onnalité 
des enfanls^i^paraissaiten quelque sorte. dans celle du père; 
à Rome, uQeloi, en apparence étrange.,. no rçcQijnaissait 
pas a ce dernier le droit d'accuser son fils devant les tribu- 
naux. Pour expliquer ce refus , elle invoquait le droit natu- 

^ Terent., Adelphiyditi, V, se. i, v. 23-24, t. Il, p. 98. 

2Lactant., Div. instit., 1. V, c. 9; 1. VI, c. 20, t. I , p. 383-49L 
Les lois de Conslanlin, 315 et 32i ; Cod. Theod., 1. XI, lit. 27, 1. \ el*2. 

3Comp. Juven., sat. 6, v. 602 etsuiv., p. 84. 

* Jusl. Mart., ApoL 4, c. 27, p 60. — Lactant., JHv. instit., i Vï, 
c. 20, t. I,p. 494. 



LA FAMILLE. 59 

rel \ elle disait : de même qu'on ne peut intenter une action 
contre soi-même, on ne le peut contre Tenfant qu'on a en 
sa puissance ^ Tout ce que le fils possédait , appartenait au 
père 5 tout ce qu'il acquérait avant d'être émancipé , devait se 
confondre avec h propriété paternelle. Le père seul avait 
une volonté dans la famille-, c'est lui qui choisissait les 
époux de ses enfants ; la fille surtout était obligée de prendre 
pour mari celui à qui son père la destinait ; elle était sa 
chose, il pouvait l'aliéner sans son consentement^. Seul 
maître de sa fortune , il n'était tenu à rien vis-à-vis de ses 
enfants ; la liberté de disposer de son bien était sans limite 
comme sans cohditi<in ; il pouvait le laisser à qui que ce fût 
et déshériter ses enfa&ts sans motifs. S'il mourait sans tes- 
tament,^a succession appartenait aux fils qui-, au moment 
de sa mortî^, ëtàî^^'sôus sa puissance, marîës ou non ; les 
fils émlinci^ , sertis de lia famille, en étaient exclus , ainsi 
que les filles qirfe'Brlttl FèîcoiWet avait privéesdu droit d'héri- 
tage. Lef fils émancipé ne rentrait dans la sueeession qu'à 
défaut d'héritiers directs dans le sens romain ; s'il n'y avait 
pas de'^ls du tooi, on appelait les agnatâ,'afiri cjue le patri- 
moine , i^ni symbbfisàil en quelque sorte la racé du père, ne 
passât point à des étrangers*. 

La puissance paternelle ne se réduisait pas apx droits 
énormes que nous venons de mentionner; il y en avait 
d'atitres, non moins exorbitants et fondés sur les mêmes 
principes. A Athènes comme à Rome, le père pouvait vendre 
ses enfants, même adultes*, l'ancienne loi romaine allait jus- 
qu'à lui assurer le droit de vie et de mort sur ceux mêmes 
qu'au moment de leur naissance il avait acceptés^. Dans la 

* Dig., l.XLin,lil. 2, 1.16.-226.^ I.XXIII, tii. d. — 3/ô.j.xXXV, 

i. 2,1. lîi. xxvm, lit. 2, 1. i>i. 

*Instit., 1. ni, lit. i , §9. 

» PJutarcb., VitaSol., c. 13, 1. 1, p.2l2. —Loi des XII tables, tablelV; 
in Cicer, opp,, t. XI, p. 430. 



60 CHAPITRE II. 

famille, il remplissait les fonctionsje juge ; le droii ou plu- 
tôt le devoir naturel de correction était porté jusqu'au droit 
barbaro'de prononcer la peine capitale contre Tenfant déso- 
béissant à l'autorité paternelle. C'est ariiié>:d&<lai kache du 
bQurreaagua le père imposait k sa Emilie. un.. jrespecft. qui 
n'étaitfqjieJa <u*aiute inspirée*par la^tyramiie .dii>iplus fc^rt. 
On .connaît des exemples Tamem de llexdrcicejjdeica.droit ; 
nousJaissçroQs à d'autres le priviiége.dladiiiiveD Jà.irerluTé- 
publicâined'un Cassinsou d'un ManliusTocquaitiis,! condam- 
nant leur^ fils à mort ; nous ne voyons enoesifaits que des. 
témoighai^s de la dureté romaine, fière>de sacrifient l'État 
les aifitections les plus légitimes , si tant es< qoe>oe& affections, 
aienl.exi^' dans le cœur de ces boHiixeisJ £nlsoi'aKlo<^eipps 
d'AùgusAffi&iLy eut des pères se prév^slaht de oeulnliti: 4ibcher. 
vall^mEri^oÀiBb périr son fils a eouf^sf^de yi^fgd9.(fce^pe\i{lliiv' 
il .$9t-aâ*ai^.i'ameota et le perça dacbvpsi^JèsiiiiHtrsjii'térî 
taienliplftsidiaccurd avec l^anoie» iirp|(y4iiiii8/oe(ni>6ci^De(ifutj 
pa8jenGqr(9>fofrraelIemeiit aboli. • ' < m> Hiiiuq ')')ii»;<;<..., | 
oJQuanLaufi enfants qui perdaient lears parpùtbiqsalitilei; 
pauiîôîc ser^aiftre à eox*-mémes , nous ne^avonsrqjue peikjde^: 
chope BUivieiirtconditiot) dans la société <itiitiq«el slDAtiiJ^os, 
les loqihelipsjdés' citoyens étaient sons la ^(edlttdfti^esiâr- 
cbûii^e&i^^uX'dontilepère était mort pour^la^patriieiéUMent 
élevée i. aux ifraîQ <)e la République par reoann9issance et 
parce qqe.le& enfants appartenaient à la communaMé de 
l'État, ^eèt le < père- lui-même avait fait parlieii Â-'Hame , 
il y. avait uhe tutelle légale pour les orphelins qui avaient 
des biens à administrer ; quant k ceux qui n'en avaient pas, 
ni l'État, ni les citoyens plus aisés n'eU' prenaient soin; 
dans la^plupart des cas. ils étaient réduits sans doute a cher- 
cher leurs moyens d'existence dans la servitude ou dans l'in- 
famie. 

< Seneca, De clerfi.y 1. I, c. U, t. Il, p. 22. 



LA FAMILLE. 61 

§ 5. L'éducation. 

La nécessité de Téducalion était reconnue par les philo* 
sophes et inscrite» dans les lois. Socrate disait que irien n'é- 
tait plus^dsgne deëlméditationsdu sage que les mqyen&de sa 
propk*e éttpcaftion et de celle des siens ^ Mais la tendance ex- 
térieure de la civilisation antique imprimait à ces médita^ 
tions.une dilrectm )falale , dont les plus grandsiesprèts n'ont 
pas pii<s?affir£ù3o|[»iffi Le but le plus élevé de l'éducatioè n'a 
pas dû>jêUi3;âe^dév6lon>er ^individualité en colrîgeant ses 
vices , ÈmiàidaÉaçonner renfant à la vie civile <'4,e tçi ap- 
prendrelle&jiectu^ politiques , d'exciier, au Ijoa dôfla^âpri- 
m^r^JloD^ibiJMLlciteyeviASirenfant ne doltélrt) élavéiit'en> 
vue des rindéfétS) db YiÉM y i\ est natprel que té sftSi i'jÉtat 
sedliquiiS^cti-^bgvgv V'^i^ ^irnille <k)ifc être saçoiiiée^ sSni'ui- 
fluénceisafii'éAfaçsftiqirdoii^étre nptie ou au môki^ irès-res- 
treinita;ijeëo|(0vafDit«4'M^<k^kcniiU' ati père , là miâiaelijoû la 
puissance paternelle est la plus grande, Teoi^nf appartient 
a /la.iâépiAliqimî Ausii Platon v^ut-il que' les.enfantSLSes 
gehsjdq biqn^^ridcBt-irtdine des membres des dasses aristo-^î 
cpti£^sf^dè hspdétéyme^i reçus, dès ieuo naissance^ ftar 
les jma|istiràl$L)|io«if hêtre '€0fi»fié6 a desnoumèesrpidilifioesv' 
disiiàaAièrewqp'iâuraunie.mère ne pois$e>plu8'di2tiftguer quel 
est celuiauqnel elle a< 4onné la vie^« Dès lés piiemi^vs jours, 
renf^Qitjiôidûit< apprendre à conoaiire que l'Étatiuqqel il se 
devra^plui^ tard ; arraché à la tendresse natu/rette éela^nère 
qu'il doit à; jamais ignorer, il doit être remis à la froide et 
despotique sgrveill^ce de la République , jalouse de toute 
affection. dont elle n'eût pas été l'objet exclusif. Aristote, 
malgré. s^DisentiiKieat plus vif des exigences légitimes de la 
nature , demandait <aussi que l'éducation des>enfaats ne fût 

* Plat., Theages; in opp,, l. VIII, p. 386 et suiv. 

* De Rep., 1. V, p. 274. 



62 CHAPITRE II. 

pas abandoQoée aux parents seuls ; il trouvait contraire aux 
intérêts publics de laisser chaque père élever ses enfants lui- 
même , rÉtat devait s'en occuper, et l'éducation devait être 
le premier soin de tout législateur*.. . . ■ . ... • 

Cette éducation publique, où TÉtat se substituait à la fa- 
mille, n'était réalisée complètement q]ii'^)jSf)$iirte..jCette ré- 
publique était un corps organisé dqips se^ ii^oinçlr^s détails, 
la liberté individuelle n'y existait jp^s » 4^2^ue <:;^tojpn> était 
un membre dont les mouvements étaient réglé^^d'avance et 
qui n'était plus rien en dehors de la. ptaeei qui h]i.44ait assi- 
gnée; il fallait former les enfants de,J)owe ^eyrç^ à entrer 
dans ce pûiéçanism^, leur éducation ét^Udppc>;WHiqMO^ent 
l'afr^ire <ifr. V^lt^t. Celui-ci s'enajpar^^H; (|'eis;#s leïHlP pre- 
miers awSç poof les élever loin de^iiaiBai^pgNiialçrqelle et 
pour ne:^ltiv,er leurs capacités^.et;ieuj*4|^C<^rç^ ifil^^ ^U6 
de sesr.intér^s politiques. Comice :^\a;^ foi^ Û.ay^t be- 
soin de gu^riers pour déf^fiïîe^^i9|i^^;eîy^Jlepceq^^ de- 
vait qH:> la conquête , Téducatian qi^-if» 4<inpai{; na consis- 
tait prinQi|>al6ment qu'en exer^cices gsnpi(a^sU<qu@^:ei mili- 
laire§.|,les jeupes filles, elle^-mêmes , vÇlft:)l^S|'^ç6p§ait de 
manière rk çléy§|ppper e^-çlles la j)di|^ie^^()i(;^{p£Lt et' la 
force du c/orps^. Un pareil ;^ystèm^ n'était, posgible en 
pratique que sous Tempire d'ane législation ajussi contraire 
à 1^ nature humaine que celle de Lycuirgue ; iljportait eu 
lui un vice^ orijginel qui devait le ruiner lui-Biéme et ruiner 
Sparte. ; : 

Partout ailleurs, en Grèce comme a Rome, on n'avait 
pas empêché absolmneut l'éducation paternelle ; cependant 
elle se fondait en définitive sur les mêmes principes. On ne 
cherchait nulle part à élever l'homme avant de former le ci- 
toyen 5 l'homme se confondant avec le citoyen , tous les ef- 

*PoKf.,l.VIil,cH,p.244. 

2Xenoph., De Rep, Laced,, iib. Il , t. VI, p. 16 et suiv. — Arist., 
Po/if., 1. Vni,c, l,p. 245. 



LÀ FAMILLE. 63 

forts tendaient à communiquer à Tenfant les vertus qui de- 
vaient lui assurer sa position dans l'État. Les régies géné- 
rales de l'éducation, c'étaient les lois : les parents n'avaient 
qu'à en montrer les applications dans les différentes circons- 
tances dela''^îe*l 

Dansceftléf^ëduciitîdn pî'ébécupée surtout dû développe^ 
ment î)byi^l|aë^ et iKtellectbel, on se souciait pëd dé nourrir 
ïés séfftlâîé%^'é¥ les afféëtions , et, comme la mdirâlité con- 
sisfaW a^iWQ^ëbietVâffidû des lois , il était inutile (Téveiller 
ïâ cbrisè^iityïflàififsf'^ies' profondeurs. La mission de la mère 
y élSît'Vâîflfté ()âir (îôriôéquent aux soins physiques les plus 
indi^ëiiilM^fèg daA^ lièsipr^teières années de fô'tie. Jaiiiais, 
chez ^^ifi^ïfëV^iN^éàt parlé des droits nf dès dévêii^s ma- 
XetMwMmiémmtë^ïtiià^h]^ autorité du pè^ë ,Ta'n(îqûité 
né SS^Bft î«è'if^aièW'>W^teôc(resse de la mère^'^^P^ifibur, 
éï riéfelÈfisMrif^ftt tt^^ôStûréPI là sagesse anii^ltfè^'pa^ôft en 
-âvoft"i^Jttfr#qqaiîJ«rtrfAcè diansi'œuvre de récftf^âtftiti. 'On 
~rêè!ôMi*i8sâi§Wftt(iîjë'la^ttlèté aime-ses ëtif^Hië\ ilti'sàvâit 
niëgié%]iïê^^^ti^ë!i!it ëBeieâ aiMe plus que \ë përè'ilÀâls, en 
préiê*a^latf^é*[fïdré des moeurs antiques, "ûb ^bèlé-'gvec 
n'a"p!i3qf%'iftlè *M^dtf'pour expliqâfer(iet'liWé^îîrt>l«S^' grand 
quê^éii^WotWhl'ïMt^é-sait que Tenfaiit qu'elle aime est îe 
siên'^fâtoif&f^fiièMè^iÈfàri n'est pas totijour^sf sût* ^u*îl soit de 
luiVEâ^feiiiméV'iï est vrai, était tertre dé s^lirVéilfer et de 
diriger ses' èrïfahls dans leur premièr'âgeffe'ëlaît, non pas 
une de ses prérogatives , mais une charge presque sfervile , 
que le père, occupé au dehors, lui abandonnait. Si elle in- 
tervenait dansTèdûcation de ses fils, eîle né devait songera 
son tou^r qu'aux Vertus du citoyen. L'épouse de Pythagore, 
écrivant à une amie, lui recommande d'éviter toute mollesse 

^Plato , De Leg,j 1. II, p. 76 et suiv. — Aristot., Eth. Nicom,, 1. X, 
c. 9, p. 207. 

* « 'EtTTtv Ss fXTÎryjp cptXotexvoç (jlSXXov «arpoç, ^ fiièv yip duTÎ]ç oTSev 
utbv, S SoosÊTai.» (Menander, chez Stob , lit. 76, p. 329). 



64 CHAPITRE II. 

en éleyanl son fils, et de le préparer par uq traitement aus- 
tère k la pratique de la tempérance et du eoûrage^. Comélie 
est devenue célèbre par réducationforieiâspcitrioilqpe qu'elle 
avait donnée a ses fils^. i :i.;j;:i:.}ii;hcq ^r.ib.,:- k? 

Qn^n((»i».d^iiandera peul-éire qiitk «itafioiblMqMMipQs 
jsur l'éduç^iOQ des filles. En se rapfiqlailolà ntt g è iflàé lmfr 
assigné aus femmes dans la société astiqpBif^éfli fmil^9û^ 
dra .^o«k(C^at {es moralistes se sant^ptojopd^pésod^kiâDàB- 
aiè;redçies;élqrfr. Leur vertu priBeipàfle'tétagffi éaànnlon, 
et celterlà s'KppreiiaU sous la rude «iitoMÉfciitiJpièw^kBiâ^ 
?am>mq»ttdi»,,q|]t devaient cbarmer fi» taigsonminsf idë 
Vé^^m-^ iOifeemëe dans, le gjrnécéityliiaièntâédi^piésîiirita 
f^gfiéalâ^^pm )»imère'6i|e*^mfflne.omfao!tte^flKllm9^iÛetft 
édfifatMâmiârAiteâjU avashk^lil taègMt|RMb(éiiiimiM 
k0/Mta«stiêHièt<rtfi funestes iîîià'ip)mîtertenfÉi80ë'éliM» 
tbin/fHiTBiM^li'pMitiqiie, L'uiielét, (/ikÉseMAoaifdBaMttdbiM 

(éâB9if^H6)le8!>n^Mje&l pa9 idé IracipeBifl^MllsadiisàMnfai 
BDi|iifrfâ4')Liés|ititaniiqQeî m onbUa'iil^«qHlialfreé6égf»nUfl 
d^iMslf^ (iSiifralaiVfBfirant, pouroe^lëveiopiNmiaafiuxi^erL'on 
gûiîjbdf ai^Noriteiiciviques , ne pDumUéùqmxolBokn'me^ 
aUasimêmis^^^pttrvraimobileviH'IeufidppuîfletM^ 
i)idi8iqilMriimiim«miiniesit où FëduiiiMâo»(pelilîtiifilnAef8b 
QÂit^infpbîasbfitdiiicôbtre Ja réÀistaoeeidûii'ègMQplfindçsindf^ 
vidpsVlkii»lesil£n)p6 de la décadente ^'ifëfiuaaiiaiDpQimila! 
vie publiqiieidispattiitfelie^méme^ saos^seiiimpdBlréerpaf^ 
cellôipo«ifjm^do;famiile, étrangère ài^ciyaétddè laifidniéM; 
a^Uîqiij»4jI^|>«0yl apurant auK plaisirs OB'pébdtiidani^ «Uàin7^ 
trigues, ne s'occupe plus de ses fils ^ la mère, tout entière 
au^luxe et aux aventures, non-senlénAeiît^dM^pideffe^pAifi- 

, >• \x'NiV\ ft' -Vi . ■ ^ • , ! -, ■ •' U r>L ^VJÎofM'Mff f*i .•;>.'•'■:• 

' Voy. aussi ce que Plutarque dit de Catôn et dé^s^ f^mriie, Vita cat. 
maj., c. 20, t. 11,415. ^ 



LÀ FAMILLE. 65 

moine de ses enfants ^ mais les abandonne eux-mêmes aux 
soins de noprrices impudiques ou d'esclaves ignorants; 
pourvu^qp^ils apprennent de bonne heure \k parler grec , elle 
demeure parfaitement indifférente k l'influence pernicieuse 
exercée ]»«rlenD?uiS'«litr|Rsa[iToieiit leurs en&ilt»^ns qùel- 
qu^ubleiflçeei éédes •pqbirques où sont mêlés les garçons et 
les tjàis^^ et qiDi, sMs surveillance morale , saa«t direction 
sévère, faeiipt que des écoles de dépravation pré(iîOce<^. 

Arnv«fe)è i%ge!où Véducation doit se comptëtif par une 
instmèiimitittéràfliie, les enfants sont confiés k des^ esclaves 
Ieitréar;;soQii««( même on choisit ces péd^gogties parmi les 
moiià>qii^bteStééstdomesliques; celui qoi ne ^Mt rien pQur 
êtréDugBGiiilnrf'écoDQme, batelier, est trouvé Ms^zbchxpou^ 
acheiieïlUduntiMMes fils des patriciens^. D^idéveloppe^ 
œMtè'bwot'floAiwtûm^ publique chez 1^ iomns mérueiii 
eDidblf«»dlq>noAN[)elrirë v il doit nous 8ofike'<l>'a«rt»rcjairac^ 
tërîâérMprièsieiyiiufaltbi|<qft'on donnait k l^jèÉnossb ^ré- 
ciamée^sirorigiiie <par TÉtat comme un des plus essen- 
tiels ds''ëë8'dtQilt8i^'Aoà9ra)vôns vu tombée k U fln^entlreiles 
maibsr^eBiHenrieiiSi des esclaves. Nous satoils qu'il ytavait 
tMjours^desiexeeptibUspInsi consolantes ;' maiS'one sbctété^ 
dabff }aqoéi)ellà qqbtooîission de former re^pritetieicoaur 
desjènfaqt«ii!a jpi} être* considérée comme 'Uvie'ô€N^tipattt)n< 
sérvile^findigiif^'un' homme libre , a dû marcher à: pas 'de 
géant lyersi^a éhule. Jadis Tantiquilé n'avait demsAdé que 
des vérinbjCfuiqne^ ; ces vertus, auxquelles elle afâit'dû sa' 
grandeur; dès esçlavies n'auraient pas pule^ enseigner ^ lors- 
qu'elles fiirenti disparues , on ne les jugea plus nécessaires ; 
. î ' ' ■ • 

^ Seneca , ^Cdfud/. ad. HeMam, c. 14, 1. 1, 135. 

^De oratoribut dialogus , c. 29 ; in 0pp. Taciti, t. IV, p. 180. ' . 

^Gonip. le mémoire de M. Naudel , Sur l'instruction publique chez 
les anciens et, patfiûulièrement chez les Romainsl Mém. d» VÀcad. des 
inscriptions, t. IX (1831), p. 411 et suiv. 

*Plutapch., De liberis educandis, c. 7, l. VIT , p. 13. 



66 CHAPITRE 111. 

la civilisation païenne n'en connaissait pas d'autre qu'elle 
eût pu mettre à leur place, et désormais l'on vit les descen- 
dants des républicains les plus fiers élevés par des esclaves 
pour être gouvernés par des despotes. 



• ,»• >^. 


1. ),. 


I-.I w,^ 


r •.'!' « 


'*.' ^il , 


'jlili.'. 



CHAPITRE m. I vMivr u 

. , LES CLASSES LABORfEi^iSfS. •• :« n'-M.-n ;. 

NOUS avons, montré plus haut que le citoyen ue devait 5'oc- 

cuper que des affaires de l'Etat. Comme pour, cela'illaliaît 

' • a" i • •*■ 1 • P I • ■' •:' '"'u ^' X'î-|ji^ii'>' 
avoir du, loisir « celui-la seul qui n avait pas^besoin de tra- 

vaiHer.pour vivre possédait en réalité le caractère de citoyen \ 

on, n'étaii vraiment homme libre que quand on pouvait abah- 

donner ce travail a d autres qui ne relaient pas. . 

Considéré comme empêchement k la vie puDiiaue , le trà- 

. vaîl était méprisé comme œuvre servile*, dégradant l'homme, 

le rendant inhabile à la vertu et obscurcissant son iptelh- 

» ,1 "1,1, (\A\\\ ■' 

gence ^ \ il était le lot de Tesclave , tandis que la politique 
et la guerre étaient seuls dignes du citoyen libre; dans les 
anciens temps, l'agriculture avait partagé cet honneur ; en- 
core aiix yeux de Socrate, elle était la plus noble occupa- 
tion du citoyen pendant la paix ^ \ mais elle ne tarda pas' à 
tomber, à son tour sous le mépris qui frappait tout travail 
nécessaire à la vie. 
On comprend d'après cela quelle a dû être la condition de 

* « dveXeuÔepov. • AVist., Polt*., 1. Ill, c. 3> p. 75. 

2/«d., 1. VIII. c. 2, §1, p. 245. 

^ Xenoph., Œeon,^ c. 5, t. V, p. 29 et suiv. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 67 

ceux qui, sans être esclaves, n'étaient pas asseis riches pour 
vivre sans 3'adonner , moyennant un salaire , a un travail 
professionnel. I| est vrai qu'ils avaient dans toutes lus repu* 
bliques anciennes une cerOine part aux droits du citoyen ; 
on sait aussi qu'ils exerçaient quelquefois ces droits d'une 
manière aussi bruyante que dangereuse pour Tordre ; mais, 
en réalité, ils ne jouissaient que d'une égalité fort impar- 
faite; a Athènes, la législation de Solon excluait les hommes 
de métier des emplois pol)Iics, réservés uniquement aux 
loisirs des riches : dans quelques États plus guerriers , il 
était même défendè^to 'citoyens d'exercer une profession^ ; 
a Rome, les patricien$ seuls pouvaient parvenir aux hautes 
dignités de la magistrs^Ctire et du sacerdoce. 




venaient a leur ^ppui par I empirisme de leurs svsièrfies. 
Platon revendique pbûV les castes des homm^â là Éi^i Wàh 
guerriers le privilège de vivre aux frai$ des agriculteurs et 
des artisans", pour lesquels u trouve a peine une place dans 
sa Képublidiiè^: aux mtarchands, il assigiie un rang plus bas 
encore;, leshommes dune constitution faiple , impropres 
ja tout autre travail, doivent seuls s,e voger au.commèrcc et 
;k^enare oa^s res'raarchés des villes les produit^' aeilagrlciil- 
thre et de rinaustrie ^ Les citoyens, qui s occupent des al- 
laires publiques et qui sont les gardiens des lois , ont seuls 
besoin de vertu : si les artisans se corrompent. Te mal n est 
pas grand -, il n y a de danger pour la cite que dans là dege- 
nérâtiW de TaristQcratie ^. 

On aurait tort de croire que ces idées orgueilleuses, ne 
soient que des chimères platoniciennes -, Sociale lui-même 

< Xenoph., OEcon., c. 4, § 3, l. V, p. 22. 

2 De Bep., 1. II; p> 94 et suiv. 

3 0. c, p. 96. 

*0. c, 1. IV, p. 194. 

6. 



68 CHAPITRE III. 

ne trouvait rien de plus juste que de mépriser des gens aux- 
quels leurs occupations ne permettent pas de se vouer, soit à 
leurs amis, soit à la République ^Arîstoté, à son tour, élive 
le mépris du travail et de ceux qui sy livi-entsi'is •Hàii«eur 
d'une théorie philosophique sur la morale sociale.'^iRBfest fies 
travaux /diC-il , auxquels un homme libre* ne ^slï#ail's'oc- 
cupefr'stitls s'avilir lui-même: ce sont ceux cfiif ^Vëidfalfiiéfft 
surtoutTétiergie physique; mais, pour ces irèFVèftfkÇ'lti^iia* 
ttire crée une classe spéciale d'hommes; ces êtttiè'*|()à^ti'én- 
Hers sont ceux que nous nous soumettons, alW'qy'lK'lra-* 
vaillent corporellement a notre place, sons lé'ttbri^ 'd'^s- 
felaves «^ sons celui de mercenaires.» Aristole'M'^oU^VfaHS 
la citié que le^ guerriers et les gouvernants; e^ ^eful^com-^ 
posent ^blHii^weraent TÉtat; il est vrai,fHl-îiv'l(i«ë t^uî-^ 
fel ne peut .se passer ni d'agriculieurs ni d*ai^f^*;'nâ%ite*é8 
borUfnféâ^fà' n'ont rien h voir dans leà affaires fmbikf^^^fflë 
ne îàont'pa^ dignes du titre de citoyen', ils smU'iiibàljDâbléa 
fe grandeur d'âme, leur Iravaii mercen'aî^éesl'^^tiS^Vèî^à^i 
il ri' J^ a* donc entre eux et les esclaves qu'une dSsttïifèlîérii'eJt-^ 
tërietfre': ils travaillent pour le public, tandt^»^^>éë^^-^ 
nièrs travaillent pour des particuliers; ilsseraretit é^tSaves, 
si t'Étdt était assez riche pour les payer, ou a^ssè^ iToi^t'tiour 
lés asisêfrvir ^. Il en résultait que la jeunesse ne'dëVai(|)d^ àp« 
prendre les métiers qui pouvaient abaisser le cit^ôyeîi jwsqn'à 
l'artisan^; Il en résultait aussi qu'au futur oratetif, pmir lui 
apprendre h parler sans crainte à la foule , on apprenait d'a- 
bord à la mépriser : «Quel est celui, dit Socrate à un de ses 
disciples, quel est celui de ces gens-lk qui l'impose? est-ce 

^ Xenoph., Œcon., c. 4, § 2, t. V, p. 20. . v . .., 

'^Pom:; IV^VI! , c. 8, p. 220. ' " '' '" ' ' ' 

' *0.^c., i/ll, c. \ ; I. m, c. 1, p. 29-69. - u^,^ - 

*0. c.,1. VI, c. 2, p. 19i. • ■. ' 'r 

5 0. c, 1. Il, c. 4 j 1. iïl, c. 2 et 3 ; I. IV,' c. 42 , p. '46,' 74, 75, |36. 

6 0. c, 1. VIÏI, c. 2, p. 245. ' ' 



LES CLASSES LABORIEUSES. 69 

ce cordonnier? est-ce cet autre , le crieur public? ou est-ce 
ce faiseur de tentes? Ne sont-ce pas Ih ceux dont se compose 
le pepple^bénien? Or, si tu Tais peu de cas de chacun d'eux 
en y^l^^jciiii^r^ qni l'empêche de les mépriser ea maf^e ^ ?>> 

X^mor^le^dlli^itAy^^n romain n'était pas mtoiqs..liaul^iqe^ 
ell6iu}.§^gigi)^it,à couvrir d'un dédain profond « la v;^wr^ 
4^,îii;|ig5i^)ç,)]j?]^p If oia siècles d'intervalle, Cké^^^^^r^^w- 
Ygl^itj la flftp/sjjÇft démocrate: quoi de plus insen^^v^iîWiTJJ^ 
q^^d<94Ug^ ^igne d'estime la masse de ceux.q^'an^^^pfjs^ 
en.paftif^plier^? C'esiaux esclaves ou aux afffW(;I|li^ f|t^i 1;^ 
cjitpse^i jlflvaiit s^baiEidonner les occupations m<^^92yK§ç<4M 
epq^nejTi^.etderindusirie, parce qu'on n'est li|wi^e>()Wi$ 9^^414 
c^n'aips^l besoin d'attendre un salaire , e^ jiQf m^^ gfl94() 
ORiP^ rÂç^e. SeJftn (;jcéron , le citoyen deiiîilrfflin^]^ $gl^^ 
Sfta^fflftiun.fgai^.ilMbéral el sordide, coqwwô|l§^pftjij(jd;HqQ 
§ffyîyirt^imcrttani çqluLqui le reçoit dans,1^4Qp%iti)i^Âç^if)R 
«Sl««;<fB«i^Pilpftn!Bjî uqe profession qui écha,^lgi^ifc(f(îç,(ftr^n 
dt^^pujrf^dô J'^rasenl , ne méritait nnl respoç^ij^ft-^jr^iA 
iftlpH«çiéWM»-i»4me était méprisé 5 lhomw§ybf)f^qA^fiqt 
r¥»^èdespen4^t jusqu'au métier d'iBsHtB4ifWjOUj#,B^7 
fl«»«Km;iN gwnds arts, tels que la xùéilmm^MxlpiiA^ 
^QJSi^i^wi'^çhii^iuve ^ le commerce ^xer«é^ftrîfMW»>list^ 
Q^§y^ a i^tajj^iMi sç^is honorables et cm^^\4^^ #mM <^-t 
mfJkr^ dti-cii^y«^^ Quaiid Dion G£(s$ius.tMVdÂr^cài^é^^Qi^ 
QM'Mifovt honorer les artisans qui pratiquer 119 «léiieir^MIe, 
e4 pjçjte^r.l^^ns qui ne font rien ou<<^kSipfiivmk^ni<^ 
xv. '>J« V • ,; ,. . ) ...,!i,js. . (îi il ; 'sj 

ilteiioph., Memwab.y 1. in,c.7, t. IV, p. 466. -h- îfiii|kn.^;*)1ï, o.l, 
i. I, p. 58. 

«Cicero, ProFlacco, c. 8, t. V, p. 61. ^ , , ^. ,^ t 

^ iAn quidquam stultius, quàm , quos tingulo»^ sictUqp^rai^iç^/mr- 
barosque contemnis , eos aliquid putare esse universos ^ a fTuscul. , J.^ V, 
c. 36, t. X, p. 573. •/■,.. ' 

* De Onr.f l. 1, c. 42, t. Xll, p. (io. . / 

M.. LU, c. 37, i. U, p. 25. 



70 CHAPITRE III. 

rrest certes pas le débauché favori d'Auguste qui a prononcé 
lui-même ces paroles . si contraires à Tesprit antique; elles 
n'appartiennent qu'à l'historien qu'avait déjh pénétré le 
souflQed'un esprit nouveau. 

Le mépris du travail a eu pour les États antiques les con- 
séquences les plus funestes. L'artisan , méprisé du riche , 
considéré à peine comme citoyen et presque comme esclave 
aussi longtemps qu'il travaillait pour un salaire , voulut ar- 
river, lui aussi , à cette vertu dont on le disait incapable et 
qui n'était que la grandeur d'âme, c'estra-dire l'orgueil de 
l'homme désœuvré; il voulut exercer à son tour ce qu'on 
a appelé, avec autant d'esprit que de raison , le droit h l'oi- 
siveté ^ De là la turbulence du peuple dans les républiques 
grecques , sa misère et sa vénalité , sa réduQtiou successive 
jen esclavage, ei finalement la dissolution de l'Éiat lui^pién^e ; 
4e là, à Rome , cette population séditieuse et affamée, ^gui 
B6 se considérait que comSno forcément engagée à nï\ l^:a- 
vail qu'elle haïssait, qui s'en arrachait sous le moi;)dre pré- 
texte, pour courir aux émeutes ou aux sanglants je<ux du 
cirque ; tandis que d'autres qui se croyaient au-dessus ,()e la 
foula , mais qui ne s'avilissaient pas moins, devenaient les 
adulateurs et les parasites des riches, remplissaient. les ves- 
tibules de leurs palais , subissaient toutes les bassesses pour 
être. admis à leurs tables, et grossissaient le cortège de ser- 
viteurs ignobles avec lequel les illustres Romains , oisifs et 
déchus, paraissaient dans les rues^. De là , en un mot, ce 
paupérisme , grand déjà dans les républiques , mais plus ef- 
frayant encore sous l'Empire, et que le goût démesuré des 
plaisirjs et du luxe , l'afQuence à Rome de tous les fainéants 
de l'Italie et des provinces, la concentration de la propriété 

' M. Moreau-Chrislophe, Mémoire sur le droit à f oisiveté et l'orga- 
nisation du travail dans les Républiques grecques et romaine. Séances 
de VAcad. des sciences mor, et polit., t. V (4849), p. 3(î3. ' 

'^Voy. entre aulres le Nigrinus de Lucien, t. I, 3:2 el suîv. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 7i 

territoriale entre les mains d'un petit nombre de riches, por- 
tèrent à un point dont aujourd'hui il est dif&ciie de se faire 
une idé^ exacte. C^mal, fruit inévitable de la civilisation 
païenne , devint une des causes les plus actives de sa 
cJMiie. . 



'K, 



^%- La pauvreté. — Les pauvres: 



Après ce que nous avons dit sur le mépris du travail et 
du travailleur, et sur la richesse comme condition principale 
du respect dû an citoyen , nous pourrions nous di^nser 
peut-être d^entrer encore dans quelques détails sur )a ma- 
nière dont Tantiquité envisageait la pauvreté ettrytàitle 
pauvre. Car, si le riche seul est honoré , si Ton tfa qvt^m 
orgueilleux dédain pour Thomme qui gagne sa -vie par te 
Ul^avaîl, à plus forte raison doit-on mépriser celui qui, par 
une cause quelconque , est privé des moyens de l^avaîlle¥. 
Toutefois il ne sera pas sans importance d'ajoutei^ qUel^cfes 
^'développements pour achever de caractériser sons- ce^Hf^ 
port l'esprit de la société païenne. . >'^ 

Pendant toute l'antiquité, la pauvreté était compiée pfanAi 
les maux qu'il fallait éviter avec le plus de soin* ; on*tert)yaît 
qu'elle déshonore , et que l'homme bas et mauvais pèut'sêul 
se résoudre h la supporter^. Le pauvre était 'jugé illfeéptfMe 
de sagesse et de probité; il avait beau attester les^iéagty on 
était toujours disposé à le croire menteur et parjtrtlè^.'Se 
mariait-il , on se raillait de lui comme d*on hommê^'diétiâfi- 
sonnable ; ses enfants portaient la tache de la* h^^è j'Platdn 

lui-même ne pensait pas qu'ils pussent être côifsîaérts'*tiu- 

!.. ■.:)!i"','. 

^Theogaià, v. 477, Gnomici, p. 8. — Cicero, Tufc._^Qt/{atft.„ \. V, 
c. 40, l. X, p. 543. . ., 

2 Theognis , \v G3i -6?2, Gnomici , p . 26. , „ „ \] 

3 Juven., Sat.^iy. 37 et suiv., p. 45. 



72 CHAPITRE 111. 

irement que comme de vils bâtards ^ Loogiemps après en- 
core, uiie loi , qui, à Tépoque où elle fut;raaclHi^v^^UuQ 
é^i^nge anachronisme, traitait les gens qjuij^ iSk^ry^ril^lsaiOS 
d^t.,.,QQ^me n'éUntpasen mariage l^ftjtjiQQ^fAMqiq^det- 
v^ftt^plfç, eux et leurs enfants, not^& 4'iqg|à^^HfrSMtOii 
oblJg^.de convenir qu'un pauvre , ma)^r4J^jSfiBrjrt»yQp^|ii ï 
pe^î^,tîSMr lui, était honnête et sage ^.oo J^vfei^t^pwi'i 
n^^l^ri&.^i, on le constatait avec suipri9ejei9ffi«ik%^i^lCi^':!!/ 
p^çiçi da phénomène exce*pUonnel ^ ; toui ^ h/Mi^MimWo 
on {*e$tait d'avis que les plus grandes vert^s.^is^fSs^^ô^^i^CiOr^ 
raient, einpêcher le déshonneur que Ton enc0irKt<p9«'k/s#jii. ; 
fa^t. (]îe ^indigence ^. Si un riche consent^ *^ qe^ P^^n^i-^ : 
ser qn pauvre ,^, c'était s'abaisser p^r m^ r^,#0p^Ql^^.r 
dagç.e jui^qu'à jjq homroe placé nalurQll(BpBte/|fe"bWftï»q-féô%»j« 
so[v$:deiui^. ,, , .uJ\iv.^?vmuniii.m'o 

Tplle^étaitjmGrèce et à Komie,J'i3igpG^i4^tiiigM£iiitr 
lesjp^nvres ; 09. rencontre^- il est vraj ,^!!^Si|^^i^Y<*)i^i:i 
phjlp^ophçs parlant du mépris de&ric}ie§se^j^,(itol}îfidltféwjp 
reppçj^ du bonheur même de la pauvceté^jiflMJ^iio^jîgfUjiflî) 
leq^ifLUtcç langage se plaçaient à u/i îP<ftRl>4p^VôBlniligi^Mp 
n^V^.; il Imv î^t facile de dédaign^^^n ^immèf^ fefltoWaq 
que^ le plus souvent , ils po^ssédaientep r#lHé^;mb^(dfili)(r'vi 

tant Qiéme qu'ils aient été sincères, il& n'en coiiêfiii^aieot ^^ 

1 ^ ^ ^ . , , , • , .. , , 

TOiouTou/; ; ou vo6a x(x\ cpauXa; 7wXX:?| àvaYxy). » Plat , De Rep., 1. VI , 

p. 342. . - , k f 

^M^lorhui NovellaS. ,., ,-, . y ,,ti ît.\ 

Tcovri^^ , jttXXà î^a'^ Ttavu )^p7i<jxoç.» Demoslh,^. i» Iff^^iat^^S^'B^^ I0ri9l4;. .. .> 

amci, t. IV, p. 487. — Arisloph., Plutus^ff. 970 et suiv.,,<^ Ij. p^S? /^^ 

* Fragment d'Euripide ^ chez Stob.,, litp Ijj p^ 82.»^ , ., ; ^,,v , = .. . •: 

s «Possis tu fortasse hue usque descendfir^ê, ut nçn fastidias p^upe^ 

*'««^»^Qu.în^l,>^^ci^p•» 301, 1,111, p* n^ . , 

8 Les stoïciens. — Stob., lit. 95, p. 382 et §uivi \. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 73 

pas moins , comme exception, la règle générale de Tanti- 
qiiité. Les pauvres^ méprisés en vertu de cette règle, étaient 
abaû4daAés par là société antique à toutes les misères de 
leuéi^Plî^ilalidtâdi' n'estimer un homme qu'en raison de sa 
p^éitiéfifâkiHÎ^ l'Éftity àe sa libertéet de sa fortune, le citoyen ' 
rMie^tftfi^âftt^ifiiùèiHie sympathie pour l'indigent ; Pàniiqiiité, 
éfimgêf^^inr rés]^d( de la personnalité bumaine^ né pou^ ^ 
yaiiP|MU;éiÉ!âl$^ }« btenfaisance, et un auteur ehrétîen , du 
coÉMIâiiÉi^^èilS^iyt du quatrième siècle, a pu dire avec raison 
qu^^è^^KiiOsopbes païens n'ont donné aucun précepte sur 
cdltè^'v^l(if'q4i^§ts bht ignorée^ L'opinion univei^elle était 
qu^ilin0fâtrfîiit*é^'biett qu'h ceux qui ne nous font pas de 
mal^,^'^û'ën tout fias il ne font jamais sacrifier1^rrilét?êt jier- 
so#ôfehPltfèfltk#^,>«R' Ehnius, le chemin k l^honime égaré, 
c'est rallumer son flambeau au mien, pourvu que lé mien 
pouiiliM|lièbi*i^lër ia()riteav^otr servi h l'autre^. Océron , qui 
ciie>feeb>v^fe>sto* lès dés(appronver, entrevoit, îi est vrai, 
que)V)totnbi^ e^ naturellement porté k la libéraltté même ' 
enî^s^të^itêoiftius^, mais il se bâte d'ajouter ta restriction 
qu^j^0'«faâl sVA>2indonéer k ce sentiment que quand on lé' 
peMMiliè âëtHitient pour soi-même; il ne faut donner que 
cei|iti()&e coûte rien k donner, ce dont on peut se passer sans 
peJ^O^C S^ditléti^s fa quoi bon faire du bien aiix pauvres? Pour 
en démontrer l'inutilité , on alléguait des raisons tirées de 
l'égpïsine^ le plus trivial et de la dureté la plus fcoi^e: non- 

* n Ad hanc partem philosophorum nulla prœcepia sunc.n Laclaot., 
Div. instit., l. VI, c. iO, 1. 1 , p. 457. 

* Elle est exprimée par Cîcéron , disant que celui-là est un a vir bonus, 
quiproÈU ^iàuspùssitj nooeat nemini , nisi îctcessitus {njurià,»^ De 
Off., IUIF, €. 4%e.'XK' ](). 141. * ''■ ' '' 

3 Chez Cicéron, De Off., I. !, c. 46, t. XH, p. Stô. ^ 

^Xte^mfc/, e; 9; l!' XI! , p. 219. 

^^Quidquid Hne detrimento possit commodari , id tribuatur vel 
ignoto.it De Off,, 1. I, c. 16, l. XII, p. 2o. 



74 CHAPITRE III. 

seulement, disait-on, on se prive soi-même de ce qu'on 
donne au pauvre, mais on prolonge sarâinécessilé ia misère 
de celui-ci -, car, h quoi sert la vie quand «in n'eH:p8S riche? 
pourquoi donc, si on ne peut paf$ enrichir le pàuvrèykii ai^ 
der à sustenter sa misérable existenceB'novaut-olfpas mieux 
ne rien lui donner, afin qu'avec savîe inuâlei^miînialheur 
ftfiisse plus vUe^? C'est Ih la raisonr poui-^ tequeM Walqn ne 
Vv^ut pas qu'on s'occupe des pauvres, quaiiâ'tlsi43on^4tt^ts 
d'une maladie : si la constitution d'un artisaftii'e^pas assez 
forte pour résister au mal , il n'a qu'à mourir;, le* médecin 
peut Tabandonner sans scrupule, caria vie d^on'hofmnepa^ 
reil ne'lm sert plus à rien dès qu'il ne peut plui^ exercer sa 
profession ; ïl n'en est pas de même du- riche , il h'a pasd'od*- 
cupàtîon qui rende sa vie sans butdès qu^il BCîpept>pa»jtPa- 
vailler^. Il n*y a rien de plus révoltant que ce» ftiôdiiégoï^e 
du plus sage parmi les philosophes de l'afit^iritéj/Maisoiie 
l'accusons pas lui seul ; il n'a été que Finterpv ète^df mleosor 
ciété aristocratique, au-dessus de laquelle il itri sféléâaiipe»- 
âible de s'élever. Dans cette société, sans respect» iék)«aaes 
amour pour Tbomine , rien , en effet , n'étail plu9<tridle«f^e 
le sort diBS pauvres devenant invalides ouiaoca})téd paella 
maladie. Au lieu d'en être émus , la pluprtdes^soeblrotr^ 
vaient que c'était honteux d'être à la fois intirnue QlfSAivw^' 
Sans consolation d'aucun genre, sans espéra nceiiretilgîeusè 

* « De mendico maie meretur, qui ei dat quod edat , aut quod hibat. 
Nam et Ullud quod dat , perdit , et illi produeit titam ad ^SeHafhi:-» 
Plaûl., T«n<*inmî« , ad. H , se. 2, v. 58-59, t. H, p. «50* , i. . 

2...(i Kai Tw ToiouTw (un artisan) jasv y', ecpr,, 5oxet TtpsTreiv outoj; 

f;^li woW^oyjIpYov irpoKeijievov , o6 àvaYxa^ojjLsvoij^xs^eçOaî dpiWov.» 
DeJiep.^\,mj p. 168. ., .. , r. . 

3 « 'Aiçj^pov y&yiçOcLi TTcor/^bv , açôevyj ô'auia. » Menandri Fragm, , 
p. 144. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 75 

comme san^ secours matériel , les indigents përissaient le 
plus sottvefll sans qu'aucun de ceux qui avaient vécu de leurs 
peines ^n^t avenir à leur aide. On a prétendu que, dans 
ranlîquiié4[dly8 eu.des institutions analogues aux hôpitaux 
de fasecii^té nhrëd&nne ; mais rien ne ressemblait moins h 
iiiaihù$(MQ^£pndé0lide$serviparla charitéqu'un temple d'Es- 
mhptiit^ iMm^iy^m recevait d'ordinaire que de$.form:ltleif 
4nihgi4jiiea^W''liett, de, conseils , et des amulettes au lieu, de 
remè<te«i;i^^k>fifiiierjes établies dans les maisons des riches 
nh û^mXQUi pas.dîrvaotage d'être comparées aux hôpitaux ; 
ce.D'^i6ilt «que des appartements, soit pour le maître )ui- 
JBâmeyiM»i4»pouriSiefs esclaves ) quand Tintérèl coppnandaft 
d6 tiOK(|at^.il$s aiii6iildQ0ner^ Mais l'artisan qui n'élail, p^i^ 
itohei,(/a(pauv«eic|ui n'était pas esclave, ne trouvaient auçuo 
faaàliÉD^'ilheM} él[é aqntraire à l'esprit antique de s'occuper 
d?e8H;l/Âil»m^i$fd[u pauvre «e joignait chez le citoyen plqç 
ai8é^)taf'|leur>d«^ilaiim<^rt , rattachement égoïste à la vie i Qpp 
MqtimàiMâ^ pfdpnâ6 au paganisme, étaient si impérieux ^Q^ 
fJa(;«olJiicilude>de>l-faomme riche n'était pas beaucoup jplos 
i^aodeipeur^ ses propres malades que pour les pau^y^e^^ 
iD^BSf leid<^randcs pestes , les uns se sauvaient par la fuite , 
abarudenna nt leurs fafmi Iles aux ravages de la mort ^ d'u^titres 
éxpulsAsentdtiiairs maisons leurs parents les plus pr^ichea; 
les jofikriunës, atteints du mal, mouraient victimes à.laJii>i« 
de répidémie et de la lâche terreur des hommes , sans que 
ptirsonne, parmi les païens, donnât le précepte ou l'exemple 
du-dévouement. Si quelqu'un visitait les malades, il lq^.l,ai- 
sait par amour de l'honneur, pour montrer sa grandeur 

/i ,. • 

*C^iii(i.»'Se«ecff, Ëp. ^1,1 m, 86; - De ira, 1. I , c. ^^.,.fc-I, 
p, 20; -^Mftin. (?»«8«t., h I, ptœf,, t. ÏV, p. 453. .-. GfiJHÎnella, 
1. XI; c; t;^^-K=Xtl;'>c.%tl«iBS SctHptt. rHruêt., u H, p.o44^.«i 4*1(3. 
~ Il y avait aussi de ces infirmeries dans les caniïps. Voy/'le leatiqUeiAe 
FofceîliAi. '"".»"!' 

*Comp. Epicl., Dissert. j 1. 1, c. 8, t. I , p. 67. 



76 CHAPITRE m. 

d'âme méprisant le (langer de la «lori^; ceux qui survi- 
vaient, jau lieM de devenir plus sérieul^ ,'n&soiigeaieiit qu'à 
jc^ir^y^G une ardeur plus insensée des* ))iânsie<i {des plaisirs 
dof^i une mort inattendue pou^t lesNpriiierfvr'^iD^. La 
g];i^i)p preste d'Athènes, du teinpadei>dritilësvieli0ellede 
Çiiil^^ge, septsièeles plus tard, préseBlent.SMd wlr^pport 
Ip^f^jfl^u de la même désolation et dt» manié i3ginb*iei^.r'<: 
g .|l}r.a,des passages et des faits qui panaîssfi(nliiAréldqicofi>< 
tri9(]jciion avec ce que nous venons de dire'fiBiB<^ini(mfBrer 
quç.ranUquilé ne connaissait pas la bie&fatsaDtejit^mporte 
d|$;le$ exao^mer; nous verrons sans peine c^!ii8jnaJiaodi« 
fi^ppLen rien notre jugement sur resfpfiUgéHeiqlde.toso^ 
çi^/^iP^jbenpe; Cicéron , celui d.esafiel6ni5^9)ihiliDipqihe8îiniéN 
çiqi;r4.i^qj(^ri§tianisme qui s'est éteodb lai'p|u^doD|^ement 
^Pf Wilde voiir de la libéralité, et (qui. seul ptulf^tr&bisuripii^ 
lr^evu.4}u!eU^ est conforme à. notre naluiie ^m'ët^poràq (fliut»^ 
ti^iitr.q^i'aveç de grandes restriolions.lil ne'ifukiaB)^ éïtmlif 
i;«^g^der du mèmeœil l'hommieaecablépftr rddvisÉsbéJtttneelûv 
qQi.,.>$pi|s<4W malheureux, cherche setilemâùtiiauigmièfater 
son lajteiji^êlre^ Nous devons être portés a txodrcjlaiiDMaaiixIi 
infolt^Bfé^SvaJ^lains qu'ils ne méritent lèu^sert^iGesilQniiprsy 
on j)«iUi.;le0 jaiss^r périr ; mais qui> notis dikia ^sfil'à^iqdeh 
point l^ijiî infortune est méritée? Gicéaroil ceiiîtina|e.'r» Bm> 
l^ g^ns gtii iinpJorent nos secours , non pour sftispuieulc 
dan;S leuir ajQiçUpn, mais pour s'élever plus ham ,^Dôtis^Mî 
4eyoQS]ipas Jes abandonner ; seulement il fauiâppprtm^dii 

■ :■"..:,,..•.•• ^ ' ' ■'••vt!*) i'j 

,^ * 'Çl]U|C/4Jde, 9^ parlfuit de la peste d'Alhèoes, diiqu'ii.y ^vatti^âs gÔ99 
oui allaient soigner leurs amis par vertu et pour Thonneur : ««v ^j^-f^fT^i^ 
Tt fxgTaTroioufxevo!. «U^'^^yi Y^P ^çeiSo^v...» 1. Il, c. 51 , éd. Haack, 
Leipz. 1820, t. I, p. 219. Le scholiaste explique j^pe-nQ par (pi^çtvÔ(3u)7F^a 
xat dcyai") ; mais , rapproché surtovt d'aiçjç^uvTj , jipsyv) pe jloil^pa^ être 
pris autrement que dans le sens antique de fortitud^, ^^^^V . > ^ * 

2Thucyd. , /. c. — Pontius , Vita Cypr., $Jfn ^ir^^Çpp.fiypr.y 
p. CXXXIX. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 77 

discernéineiiiilans le?efaois de ceux que nous jugeons dignes 
de notreÔBSîstaBGe^ Là encore ce n'est pas ié malfteur iréél 
q^lâdif tobpifd]i)là t)îtiéret ee n'tôl pas par ^diofar qiiè^^àn 
éofi kor^eaineiil^e^! c'est par des moiik (^uremëilt' éiié^ 
ribuittoqulsa dïiiiifrfiiriUp à un ambitieux les inoyéAâ 3lè%^î^ 
lËXV«Pi(riiis laoiJli'iéslvrai queCicéron n'âppèHëi9Mi4o'è$i{ 
libérilacÉfin^taqiie celui qui emploie sa fortune a^'^^élët' 
Iea(0ipëf3'i4fesiflnaènis<des pirates, à payer les dê^të^^^db^ies 
ai0V$n^kJefiiai^enS>dotep leurs filles, 'a leur créer unéfèftbné 
o«i'ib(^gtlenl««eile qu'ils possèdent^. Mais ce n^eM'phstii' 
Bôboplusd iHle^d^enfaisaace universelle , désinftérè^ëte ] elle 
ne^CHhsèipfwj^lRoii^ains tombés au pouvoir deis^btfrbàre^'V 
aèxntmèslqn{»iiiièapt5rd-aet)uérir une position par la^^tiiti^p 
on.oofôi^notaelu^pSiTàkMRfDe^ on ne se pi^ec\it^'qué^tfètsF 
HH^'tfK97de[)titetijaQ ftmi ou ufit compatriote de l^èpprébi^l; W 
d^ubq pitsrfetë'œt àeilui assurer son rang de eitoyèta^Vëfti 
vAèdb ^QmpsiLJC|i'iMi 'cherche k s- attacher des clients Yecbli^ 
liûlssatttàji? kb Bbdradité derient ainsi une gloire poUF^èfiltfF 
qDi(iè»^0e';)et>Gontribue au bien-être de la RépàfBiii^uë^P 
if«cnmraiislei romain semble blâmer les largesses '^MéJs^Ktr^ 
peiqitei^klBi^épirisent la fortune et qui nécessairement ^t^fM^ 
]|wpetfli|»v.e$ elle ; il donne la préférence k la libéralit^lqtif* 
ai'eaÊtceffiâr les talents et les bons offices, parée qu'ellë-èâti 
piusidignfi' d'imi homme distingué , et qn^elie est tdtl|ém^^ 
ptsaible^^ cependant il n'oublie pas dedirequelës Urgei^yè^ 
■éisfmt«pfl& a négliger, pourvu qu'on les fàsse'ar^d méâtil^ 
et circonspection et a des hommes qui en sont dignes^. On 
voit 'Vèfvii ce qu'il y a de vague et d'indécis dans ces vùëà (le 
Gicéron stlr la bienfaisance; les sentiments les plue ctivëH' 

'^DêO/r.,l U, c. 18, l. XII, p. 98 , , 

"^Dé 0/f., 1. 1! , c. i6; t. XH , p. 94. 

3 0. ce. 18, p/ 98. ' ; ;. 

*0;V,W)6/p.94.- *• ^ )''" 

3 L. c. 



78 CHAPITRE III. 

sont en lutte, la bienveillance naturelle le porte à secourir le 
malheureux et le pauvre, et Tégoisoie, qui ne renonce pas 
volontiers à ce qu'il possède, se masque 4u conseil de ne 
fairédu bien qu'aux plus dignes; la sages^'f»âlH^fqlie blâme 
la prodigalité aussi intéressée quéruitiea^e'de^'âttl&itieux, et 
l'orgueil romain ne veut aider avanHoui* ^ué^*4ê^ ûmh qui 
tendent à s'élever plus haut ou les ckoyéris wëtfnflsetï escla- 
vage. Nul principe supérieur ne domine ^^té* ivraie aristo- 
cratique , qui , comme toutes les autres dbctrh^fe éttiJqueset 
politiques de Cicéron , n'est destinée qu'aux gens du- ménde 
et aux hommes d'État de Rome. 

Mais les largesses , les distributions d'argent et^e vivres 
faîtes atfx pauvres par des particuliers ou par l'ÉtàtV ne té- 
moignent-elles pas en faveur de la bienfaisance'des anciens? 
Si janÀîs on méconnaît la différence entre Tesprit ^âritique 
et l'esprit chrétien, c'est quand on veut s'appayèt '««fixées 
faits pour prouver que la société païenne a conntf Jéti'pralftjué 
la charité. Qu'étaient-ce en effet que ces largesse*^ Cfe'*'é- ; 
talent pas des moyens d'existence fournis avec disée^ettie^t 
et avec sympathie à des hommes privés de irav^if par' des 
circonstances en dehors de leur velouté, ou nesirfBsant pafe, 
malgré leurs peines, aux besoins de leurs familles , é'élait 
un appât jeté à la multitude , sans but sérieux ^ s&ns'ambiir, 
dans les vues les plus intéressées ; c'étaient des fe^ios, aux- 
<]uels on conviait des milliers d'hommes, des distributions 
publiques de blé , de vin , d'huile , de viandes ; c'étaient des 
spectacles, des jeux du cirque, des combats d'hommes et 
de bêtes ^ Ces prodigalités avaient trouvé un défenseur dans 
le moraliste Théophraste, qui , dans son traité des Richesses, 
ne tarit point sur les louanges du magnifique appareil des 
, fêt^s qu'on donne au peuple, et aux yeux duquel une telle 
somptuosité était le plus digne fruit de l'opulence^. Les lar- 

«Cicero, />eO/?-.,l. H, c. 16, t. XII, p. 94. — U. c. ' ' 



LES CLASSES LABORIEUSES. 79 

gesses étaient des moyens employés par les Grecs et les Ro- 
mains ambitieux qui, tout en professant le plus grand mé- 
pris pouc lijtibul^ v^^ir^î^nt k ses suffrages et voulaient se 
coDpili^rj^^^^fifijV^urs passagères. L'État lui-même avait fini 
:pai^y.rQÇRflf;ir,,:pciiir apaiser la multitude oisive, affa^ni^e et 
(^^JOMII 9^^^:% l^ sédition. A Athènes, au temps de la dé- 
4^â^f^^jtQi|çqjai£i;les citoyens ne voulaient plus travailleur, il 
l^Mt qtlA<ld.^?piiiblique vint a leur aide ; déjà , sous Péri- 
<Qlè%i.|iliiy')eiuAT4fïs. distributions de blé, souvent réitérées dans 
Ja^siMit^t li^ secours publics établis par Pisistrate pour les 
hommes mutilés ne tardèrent pas k être étendus k tous ceux 
qui étaient ou. qui se prétendaient incapables de travailler ; 
fi,Qs4fffl9Mi)tfie trésar public s'épuisait pour nourrir ejL amuseur 
t<Mi^^§ Caipéants par des repas et des spectacles gratuits ^ 
C^^k Rofue surtout que ces largesses prirent des propor- 
^^on^^mjcm^ \ depuis la fin de la République jusqu'aux der- 
'>Of^f§ Af q^P^.de l'Empire ^, les distributions de vivres de tou^e 
esrp^e'éiilient, avec les spectacles, le principal moyen de 
i^om^ekTAern^nt a Rome; l'entretien de la populace, de la 
,fiiebfinri(mar dont le cri journalier : du pain et des gladia- 
leif n^iiJTQaw^it les désirs et exprimait la bassesse profonde, 
éivh une des conditions de l'existence de l'État. Les distri- 
butii)iia de vivres furent organisées régulièrement , on éta- 
blit uii£ administration spéciale pour ce service public^, non- 



* Comp. M. Wallon, Histoire de l'esclavage^ *• ï) P- ^^0. 

* Jules-César réduisit de moitié les 320,000 Romains qui pariicîpaient 
à là distnbntion de blé. Le nombre ne tarda pas à s'augmenter de nop- 
veau; AogUBte le réduisit à 200,000. Sous les Antonins, il s'éleva k près 
de 600,000. 

3 Curatores annonce plebis ou annonce frumentariœ populi, Inscrîp., 
chez Orelli, t! Il, p. 81, 196, 20^' - Cod. Theod., l. XIV, lit. f7, î. l 
et suiv. Encore dans le code de Justinien , il y a des dispositions concer- 
nant le prœfectus annonœ, chargé de la distribution des annonce civiles, 
Corp. Jur., 1. I, tit. 44 ; 1. Xï, ^t- 22 à 24. 



80 CHAPITRE m. 

seulement k Rome, mais dans les attires girâtides villes , 
îi Alexandrie, h Gonstantinople^-, eftètfi^ ^u dii([f}îème et 
même ao sixième siècle^ les pt^0«é^ a» VU^vtt^éUkïmi 
c&ar^#en fouroir h toate la popahittén tfiftid .. 1i ioufif cem 
i}iir jrva^t désappris le travail «t qui se gtorifisi^ lotijoyrs 
fimfeffii^tkre de citoyen^. :•/ «o i •, 

^'to benne heure , des hommes gtavess réeotailâ^ëfit que eês 
idislrîhulions^ loin démettre tin îi la misère, t^^^t^i^^ti'ôné 
«anse de corruption et de décadence^ de pltt^^ Êll^ apai^ 
saœtH pour un moment les clameurs de la Ibtile , et Auré- 
Jien.se plaisait à dire que rien n'était plus gai que le peuple 
9&ÉàsAn rassasié^; mais elles montraient a^ssi ee qui; efi 
résulte ^oand c'est la société qui doit se charger die nourrir 
leajpau^vres : le peuple romain avait ce qu'M a a)%élëi,edaûs 
M'tenpfs modernes, le droit h rassistancé; of^ceuà\i$à$9- 
tansce donnée par l'État n'était qu'un êneourafgênvefilii d'oi- 
«îvetë; après avoir été tour ^ tour un motif de sédMon^ou 
«nmegren de despotisme , elle finit par devenir nm cafise4e 
dissolution sociale. Dans les provinces et damî les^'Caiii^- 
pagnes , l'appauvrissement fit des progrès tout aussi rapides 
qu'à Rome ; dépeuplées par les guerres , eUes $^^puisaient 
pour les Romains, occupés de spectacles et de jeux ; depuis 
longtemps , l'agriculture était livrée aux eschvves , i'Indlis-- 
trie ibéprisée était tombée entre des mains servîtes , les'ico- 
lôrts et les petits propriétaires étaient ruinés, accablés dMrii- 

. « Buseb*, HUt, ecci., l. VJI, c. 21, p. 267* — Corp^Jur., l.c. * 

Horp.Jur,jl.e, ■ -'^ivi 

. ^Nooi r^rettoDs de n'avoir pas pu profiter duménioit^ de M/'FfQNldéf 

Sur M âecauts pubiiet chez les Romains , dans le t: Xlil deft '##fn. ifi^ 

VÀead, des Inseript, Ce volnme manque dans la coHeetioa déé mémoH'es 

que pessède la bSbliolhèqoe de notre ville; ' .} 

* SaUast* , ep. 2 ad €. Cœsaretn de tispuM. or^Unùndà^'t: \h, p: 21)7, 
et les passages cités plus haut de Cicéron. i' 

i ^'« ilM9»9>9if<m popuhh Bjomano sùtft^d-^qiskiigmm » 

Vopisc., Aurel y c. 47 ; Scriptt, kUt. «tiflr., trll-yf .M8»/ /i» • 



LES CLASSES LABORIEUSES. 81 

pôU, rédaU#;t^ désespoir par Jes agents du fisc qui parcou- 
raieul^.^ pftr^i^éiftléft p^^tlr y recueillir de quoi uoitirmla 
p(y)8l9Cft'i)dnMJin6iP« légions cupides el iodiscâi^!^ 

«é§§^dBP*^î§i««»a»^*«*»j^ par des promesses dlitaè^lé^ 
fk'^dr iteififiMfty Qi6 ttff iikltons pour cultiver ;ilM;vteiD^s 
désertes; en vain établit-on des colonies de èaivbakresidtans 
\^ 9Spim§»flbfmÂm»é^ \: en vain doona-t^» ài4Qugîles 
rhlé^fiPlkl^'^^Kipf^ le titre de citoyen romain^ |adis «ne 
#PJiï^ld^^dniMljs'Mne dérision et une charge; en v^'aiVoa^ 
J^!A9/§rçWdP^'4es Ic^ les euriales des viltes deseBaem 
Qc^Cv^ §L|jeiifcfortqne, îirinlérét publie: ce. n'jêatpasrill 
ce qi|i>P9$iV«i4iV*PéUar la misère et la déca(leQGe;uiiiTeisfiMB)BL 
Pofwreob ,':4^iftllait' ^nlre chose que des poitijrf^is t^Luctes 
hiâh ihki^iii^om'mwxfintt h i -kamanité im edprit» nQtEqBani, 
i«habiUti^e^trQy«iittipliitôi réhabiliter Thooifroe^ sfqnieliëafc 
aii'frijïbil^nrfiiapeoten^liii aimer le pauvre ,:et au.paubnKioftÊ 
0OQtejitt6adeBonia<Hrt w:r«oniDbUs8ant par lapur^éajgiStt 
itoBia^ teUes.étaiôbt^ aotts ce rapport, les eaoAitioQsideiki 
régàiMtiMt^AuimoDdç. r ! ' «.^id 

'dH*]VA '■■' / ^ •• - . •• - ;: • ; ■*î^nq 

.« Jj^9p|pej^|.Jçifj5 enprer dans notre sujet de recherçh|Ç(:.|!<)^vjj 
^qe^^/esL^/Çf^se^ premières de Tesclavage antique. Noiis,:^ 
pf^F^^^l^qyDnme i^n Tait existant, comme une de§ias|jt^^)f)f| 

^ Déjk.-yjirnHi^temfOcheaux Rûmpins de son temps tpte^i ^ 4 puÈmiMo- 
vere tnaluerunt in tkeairo et circoy quàm in segetibtts^'et vm^fiHfpfht- 
màflift/l'^Mo^i^Mêii 9»inoM» a<ivêhat qui saturi fiommi^ÀfifiMet 
S«rrfé^».tolPérKà^r»*l4, h\\fPfaf.;ScHpt. m'ruie<^:^ils^fp^BlSi(»i ^%^^ 

Qui saturant urbem circo scenaque ooiMittlM».» JinJMÙi iti^{&£ffq%Ufi 
et ii^p pi 90.MmbâilfU)Lietaol.>.i>9 mwrt^^fu$pnf9^l^ttogi^.m, 

p. 191. ''i'- :• I /vfî'D a<>gl««liq 2»)! i'» 

rantiquité, 3 ifêiîfRifUil847-' « . - T^ .•» , btwK . v.lj'»'' 

6 



82 CHAPITRE III. 

les plus exorbitantes des Étais de i'antiquîtéi Descendani 
d'anciens priBOODiers de guerre ^ ofjt^ (iis^de-rsoes^sonanises 
4)ar des idbvs opnqùérantes , Tesclave élail la propriété, la 
iîbose de. son mailre, destiné à fair^ lOi^s.Jes lnaiYaU)C)iqire 
«eliUHÛ' méprisait comme incompatibjies iftv^cJd^.jdjgnirléde 
€it0^fin'tibt^. Des philologues entbouria^e^ H'^j»ftiiiH>li'de 
f existence de resclavage dans les Étais ^aojtique^f^.dt^tfM 
Aîipent h vanter la liberté ; c'est une taohequi df^n^ngQ AHi^fr 
monie de leurs tableaux , et que pourtant ils ne|>eni^9plip9s 
iaire disparaître ; il est pour eux en contradioiion ^rpfQnde 
avec4'.esprit d'indépendance personnelle qui aia^im^ail J^s Ro- 
mains el las Grecs ; ils ne peuvent pas comprendra) qu'H' ait 
pu^e.PônqoQtrer des esclaves chez des peuples q)ii>eQ(pi}- 
«aient d$ tant de garanties leur liberté tmW^î0i;^^i déf^n- 
daieo^aTiBG tant d'héroïsme leur liberté natioa«le!^.r^i§jfK)inis 
avcNas montré déjk que la vraie liberté , le drqitJi^^îyi^^lQt 
ie respect de la personnalité humaine, m^^.iwmfi^li'M'JtP 
iGnèce ni à Rome ; ce fait reconnu , l'esclavage aniiqjii9r|)€Mt 
nous ni^rister, mais il ne nous étonnera point ;.ilieigt.fi3^r.&^ 
tëmenl eomforme à l'esprit égoïste de la civitjBaltQn ^ir#|)h 
i:tiqi|ité. Caqui pourrait nous paraître bien plus. éti^jg^^^t'Oe 
sont les arguments des philosophes pour justifier œttfijiHS^ 
^pioitatlon de l'homme par l'homme^. Us n'o^,p^^«^J^ 
dégager des liens où les retenaient l'opinion publ^ue j^t J^s 
mœurs de leurs compatriotes ; dans toutes les médUAdions 
sur la morale sociale, ils sont dominés par les faii^^xi^i^nis; 
ils ne les éclairent pas à la lumière de leur consç^epce i^^tM- 
< rell^ vOu^ pour mieux dire , cette lumière était étouffée. squs 
la. pression de l'atmosphère païenne dont elle était entCiur^e. 

iP. ex. Beckei', CharikleSy Bilder altgrieck, Sitte , Leipz. 1840, l 11, 
p. 20. 

^ Nous nous servons ici de cette expression dans sort vrai seins ^ le sens 
moderne, imaginé par les écoles sociaKstes, est exagéré et par.tondéquent 
faux. •■'"'• ', I I '\-' « ' 



LES CLAUSES LABORIEUSES. 83 

Les sages ont dû des choses admirables sur l'àme humaine, 

sur ses fâ%«ltés', sur qoelquas-uoes de ses verUiifs ^ mais ils 

n'ont pasi*]»)psiidérë rhomme réel , abstraetion* Faite Ae .8|i 

ooiodiUoA^^it^rie^ire dans le monde , ils n'ont i^annb qcretle 

cfto5^tl^.j-p<$àr>etKs; té- Hfcerté dvîle n'est pa^Bf^fteiireétlun 

des tvir»^(is^iriàï^ye(i , elle est un des csfrai^èi'ësrméiilês 

4e rHoralôG^ u>«it'^e (qu'ils disent de Thomme v )il9J«e'^lfe 

dieèihl>]ip^idé lUiiDiiifme libre, du membre de la^RépilUiqiiie. 

A leurs y«iix , celui qui n'est pas homme libre ou 'citoyen. 

n'est psÉshomm^ ; le citoyen seul est une personrm'^ téhii 

qm ne Test pas, n'a pas de personnalité , il est un^i'dk^n) 

•^Platon lui-même ne s'est pas élevé au-dessâS'da eesmn- 

retins sociales de son peuple ; s'il parait bésîter quidqu^diq, 

si^o^ M^^timeifi^t plus généreux essaie de proteèËrii» DOiitne 

VHtijiï&ilêée bdf'èsdMâge^ s'il reconnaît qu'il y a'€»^tesie^ 

^êlb¥€fs^p(b8 capables de vertu que les fils mêmes de ta fainiUe, 

^^te^efi^t^ë^quf ,>par teur^ soins Odèles, ont sauvé'isi m^ 

'l»*)1?t«ttë dé? lents maUr64^ s'il va jusqu'il dire que Kwtle 

tjtf^éllon est grave et e^mbarràssante^, il ne tardé pus'^te- 

fMriber dârrïs les idées de son temps , en proetaÉMiotiHesolil* 

^agêmhé'in^fitUti^il nâlnrMIe, née de la bassesse^ peseta 

'^flèfièlDp^s^ d'boMm<^ h part : ta nature , dit-il , a fait IteSiiCBs 

'^0*1' -eomtofânder; les autres pour servir et obëiv.^J Mii|me 

"^Sbiis son idéal defÉtat^ dont il veut exclure toot ce qui est 

'tààtitmret te raison, il introduit les éléments de l'esetairoge, 

' ëh'J)Srt*(j(lant les hommes en des castes héréditaires et ^xola- 

~Bl*^fe;*d'*o côté tes guerriers et les hommes d'État), ^et^^de 

l'autre les agriculteurs et les artisans. S'il ne doflffte plalsth 

ces derniers le nom d'esclaves , il leur en assigne teoi^nilS- 

tion ; car, dans sa République , si elle avait pu se réaliser, 

• <J)tfl8flr., I. VI, p. 376. . .. .„ / 

■ ÏW., /. c». ... 

^De Rep., 1. 1, p. 309. 



84 CHAPITRE III. 

la servitude o'eût pas lardé à renaître comme conséquence 
de rinfériorité déshonorante des classes laborieuses. Di*ail- 
eurs Platon s'exprime sur les esclaves avec iine clarté peu 
embarrassée , quand il déclare que dans Vânie sèrvile il n'y 
a rîeri lie sain , qu'elle n'est capable dé Hen dé boq , 'et au^un 
bompie de sens ne se liera jamais a celte race'. 

Chez le loeicien Aristole , il n'y a plus dliesiiàiioo l'res- 
clavage est une condition naturelle ; on est. esclave par na- 
ture, on naît esclave avec la destination de servir, comme 
on naît libre avec le privilège^ de commander ; caf,'^i t^ori 
n*est citoyen qu'en n'ayant pas besoin dé Iravaîllèr pl)ur 
vivre , et que cependant sans le travail la vie est impc^sîbfe, 
il faut qii'îl retombe sur une classe parlicufièrè , déélîhëe na- 
turéilémejîl h servir les hommes libres, jes citôy^s^.^^ussi 
Ta niàisoii du citoyen n'esl-elle parfaite que lorsqtiirs^^trouvç 
(tés esclaves 5 dans une économie doriiestîqué bien çrganisée, 
iVfëùtlpôur le service, deux espèces dMnstrunîéiïts,'àès iils- 
trîimefats inanimés et des instruments vivants ^'les'^remî'érs 
sont des esclaves sans âme , tandis que les esclaves sô^ni des 
instruniènls avec une âme* 5 mais celle-ci n'est pas une aine 
Vraiê^ une nature spirituelle complète commecelle du njjaUre, 
elle est absolument privée de volonté^. L'esclave n'a d'autre 
volonté que celle du maître; il ne se meut que par elle , il 
est en quelque sorte une partie, un membre du maître lui- 
même^. Sa vertu, c'est l'obéissance absolue, l'assimilation 
parfaite aux intérêts de celui auquel il appartient. Toutefois 
ilh^y a rien de commun entre ce dernier et son esclave 5 
qu'on ne lui demande pas de l'aimer, car comment avoir de 

't/^iic^., 1. VI, p. 376. 

^«>b/A.,'l/ï, C.2, p. ^0. . . . , 

30. c, 1. II, c. 1 jl.m, c. ^,p. 29, 69. 

*0. c , I. I, c. 2, p. 7, - Ethic, Nicom.j l VIII, c. 10, p. 161. 

50. c.,1. I,c. 5,p. 25. 

«0. c.,I. l, c.2, p. ^2. V - 



LES CLASSES LABORIEUSES. 85 

l'amour pour J'instrument qu'on emploie b son service? Toul 
au plus. pou rra-t>on aimer son serviteur en tant qu'il est 
hoihme ^ mais janàais en tant qu'il estesclave*^ Peu de 
maiires, sans doute, auront fait cette distinction subtile: 
l'esclave n'aura toujours été considéré que comme enclave et 
rarement comme homme \ d'ailleurs il est permis de s'éton- 
ner qu\\rislote , après avoir défini l'esclave un instrument 

-jj;! 'A^\ 0/*.! »'•»/ \ . 

Vivant . sans volonté , paraisse reconnaître que , sous un cer- 
tain rapport, il est un homme. Aussi ne faut-il pas attacher 
trop d'/mporlance à celle opinion, exprimée accidentelle- 
ment par le philosophe et contredite par tout son svstème^ 
ainsi que!par le sentiment universel de l'antiquité. L'esclave, 
comme^e pauvre, si l'on remarquait en lui des vertus et de 
rintelligenpe, n'en était pas moins regardé comme incapable 
ae.'s.elëVer au-dessus de Topprobre naturel inhérent à sa 
condition^.: les termes de servile et d'illibéral désignaient 
tout ce qu'il y avait de plus bas, de plus commun, de plus. 

Les stoïciens , il est vrai, manifestaient des opinions en 
apparence dmerenles ; ils parlaient d'un esclavage moral et 
d^uneliberlé intérieure ; Zenon définit celle-ci , la faculté de 
se de^rmmer soi-même en n écoutant que sa raison , de 
sorte que le sage seul est libre, et que le véritable esclave 
est celui qui se met sous la dépendance de ses passions et 
de seç vices ^. Le remède que ce système offrait aux esclaves 
consistait dans le conseil de s'élever au-dessus de leur con- 
dition en ne Tenvisageant que comme un accident , indiffé- 
rent eh soi-même et indigne d'émouvoir un homme ; le sage 
se soumet sans murmure, il ne sent pas le joug, qui n'est 
dur que pour celui qui le supporte avec répugnapqe. .C'était 



^ Fragm, d*Euripide^ chez Stob , lit. G2, p. 237. 
3Diog. Laerl., I. VII, c. I, n» 64, t. II, p. 784. 



86 CHAPITRE m. 

Ih une théorie impraticable et inféeomle; elle n'empêchait 
pas céiix qui ta professaient de continuerd'atvoir déses^hifves 
et dé leur contester les facultés intellectueUes qurfoot têphi^ 
ibsôphe et le citoyen ; et elle n'était qïi'unf^cénsdlMtoU^^u^ 
sbîre pour' ceux qui avaient à subir lotrte lâf Inisèfû dfe Isl'yér- 
Hritùde/""' *' ' '■ '-' *''«"'^:'l -'^^! ' 

^' fia toi n'était pas plus bumainequeIes$ystëiiié^^Wf)ÏÏUbL 
sopTies ; h son tour, elle n'était que l'expressîoi^M fi ëfitlcÙ^M 
du fait. Pour elle aussi, l'esclave n'est pas un hotund^è; WWlafe 
voit en lui qu'une chose, un corps*;elle lui refuse tôHt'di'dit 
civil , elle n'a pour lui que des rigueurs iniques ôâ t!mèiiû()fr^ 
féréncéliunliliante, et Ih-même où, commet ÂtK^e^, ëliîa fui 
oflré^ù^^ques faibles garanties, elle le soumet k(6Uttis T^ 
dispositions qui règlent ta possession et Isl tràthsmf^sfdd des 
choses ;\es esclaves font partie dupatrîmoine,'îïé f)àSèé^lf^afr 
héritage d'un maître a l'autre 5 ils sont vendus, p>êiéy^'tl(Wàé!i, 
iéîgùés, comme s'ils n'étaient pas des hommes; îfe'hë^pëlii^t 
'ni acquérir ni posséder; mariés, ils n'ont pàèlè d^Wftfë se 
plaindre si le maître vit avec leurs femmes , ce ftWwWi 
^adultère pour eux-mêmes ni pour le propriétaifé^l'^i^^d^ 
disposer de ses esclaves pour tous ses usages; leùfé Jii*ofii»ës 
enfants naissent pour la servitude; avant de leur stjjpfâi'tetfif, 
ils sont au maître, dont ils augmentent la richesse! ou qui 
s'en débarrasse s'il ne veut pas les nourrir 2. 

Cet état légal des esclaves est le même à Rome comme en 
Gj^oca^ Topinion publique, corroborée par celle des philo- 
sophe!^, les considère a Rome absolument de la mépûip ipqq- 
nière qiie dans les républiques grecques. Si, pour le citoyen 

romain, l'esclave est un homme, c'est tout àtf pittis un 

■il».». \. -. ' . ... 



^ IkouLatcx oix&Tixot. iEschiri., Adv. Timarchum^ § 16, t. IIl , p-. âSS. 
— lîiofxaàvopeTov, •^yioay.zio^ , Bœckh , Corp. inscriptt. grœd. , i. I, 
n^imil pV'îgO î 'no 1(599, p. 825. ' 

2Comp. M." Wâîlorî, t. I, p. 288 et siiiv. " ' ' ^' ' 



LES CLASSES LABORIEUSES. 87 

houRina t)Q la oa^ure la plus basse, et comme une seconde 
^£ipèc;ep^9^ 1^. g^aqre huinaiD^; il est un des trois genres 
4'i!0pMqm$!K(^ iM^f^^i^ifes pour exploiter une propriété ,. et 
muiif^mmmf^^^^rm m^truments se distiqguenjl : l'iiflest 
flWtffeJ ^e§4oj3|rf;ti|ir^««^i la voilure , tout le train dç |î^/^«r 
rage 5 l'autre rend des sons inarticulés , c'est le bœuf' qii ip 
4hRRffej>fc%i¥ft'S|èiftt5 parle , c'est l'esclave 2. On ne se jlpn- 
#*ffoB*§ A? *«W* d<û ^ souvenir que le langage spppps^ la 
fàW9 ;>^;Qf)§'<^i'6~<^ ^^^ inséparable de la liberté. Cicéçon, 
Âb^gijHi^it parle, comme les stoïciens, d'un esclavage rno- 
J!4f)iH^4iéiieloppe la proposi^op que le sage s^ul e$t libre, 
é^qn^ lû;i^t,)lQD[ime(léi*aisoiinable est esclave^; mai^^^.^^^P 
fd^ gi^ip^fs^QX^^ comipe il l'appelle lui-méa|â , il iiidinti^t 
Mpm'k\9^fi^\^^'^ ^t distingue soigneusement eptrp'ies i?^- 
ig(|i^^ltiy^t^s{^^ipn$ et peux qui le sont de fajt çtde droit; 
efefiïftJfi^.yfiWfifqwJ^i^'e i^^ aux premiers, en l|?sme}.tant 
j$jui>i)§nig^ij|fç rattg.qpe les seconds^. Nous relfppvoq.s ici le 
^Sl^)^f(^v§gi)e qq'^iljeurs déjà nous avons dû attribuer S^ Ja 
fj^q/^\^4^ ipiçéroQ. H appelle servitude l'obéissance d'ijuie 
^fUAil^J^f^:? privée de sqn libre arbitre^; l'homme qui.p'a 
S%^o4^ y^i^lqnté est de droit esclave ; il n'y a d'injuste que 
/H^lf^^Yjlgevde l'homme libre ^. Mais quels sont ceux qui ont 
. p^r^Ji^ leur liberté, c'est-a-dire la puissance de se détermini^r 
eux-mêmes , et que cette absence de volonté condamne à la 



* Homo vilissimus, v 0. c, 1. 1, p. 189. — « Quasi secundum fuMà- 
nUin genus.T^ Flôrus, I. HI, c. 20, éd. Lemaire , p. 262. 

^ Varro, Ds ¥$ rust., 1. I , c. H 5 ♦« Scriptt. r$irusf.j t. 4i.7.. . 
. 3^drpd.r,V.X^n,^P 360. ^^^^ 

* (( Non enim ita dicunt esse servos ut mancipia , quœ sunt domino - 
rum factanexu, aut aliquo jure civili,» 0, c, p. 262. 

^ nEtt enin^ S'^^^*^ injii^t4i^ servitutis, quum hi sunt alteriusy ç^i sui 
possuntesse; quum autem hi famulaniur qui sibi mod^rari nequeunl, 
nuUa injuria est.n De Rep.^ \. 111 , c. 19, éd. Lomaire, p^ 315! 



88 CHAPITRE lil. 

servitude? SonUce les méchants, les Iftêhes-, lès hommes 
aYfiH/t)ar.4a déhsmtibe et le Yice?^Gicén«i ii8ti«^?|iiq«eHses 
è0hime&^idevisàQS'te& esctayes de li^rs'{lssiMob»;idM4idn(¥d«ia 
9mA tegiçsetsJviés de ceox qui isiiàt' Mtt^iéfiltjii^itf^âki- 
méîiiâs?* (.oÎQ de là , il laisse 'ddasIkMNr^ liberté iê60»<iq^' 
«MKtonéS' ingénus, et admet à prii^(y'l(sclm|tiétitoi<faïil^^ 
«oiitestabte^ que ceux qui naissent .e$cia4es^okidi|tqjp«û(* 
xsehmié^e, manquer aussi de volonté ; il éûtcMétë^iftfftttfvil- 
^mefit wnséquenl , si, comme Aristote,âhatait dirqttiè chu 
:par h^k* nature même que les esclaves scmt pr^éé â^ttiiHe 
oirbitf^' Il justifie d'ailleurs la nécessité dsê ia serafwA$>f})âr 
le» niêfries raisons que Platon et Aristoie, etappén&iy^ eiK- 
,et9tvékila'deii!Mère classe des( hommes*^ I^neles iroilr'pteieâih 
-paihjës^dsais^étever au-dessus des borûbé>^Qrtal0s^d^ miûiob»- 
oàiti^^^il'y>^ a qui , par des ialenU^«i um^ê^l^idïïm^ 
4âesfcaUêi^^ pourraient s'acquitta avec- éucc6s<'ée:Kiî(it^nb 
emplois , réservés par I-usagéaux tii»niike9^librefe,iilc|n^p(l^ 
pas qu'il faille les leur confler, a6n d'éviter le blâme ; ce se- 
rait une chose honteuse âevaptrQpiuipQpMl^liqiie, et le sage, 
esclave lui-même du déconim, évite de choquer même les 
préjugés de la foule*. ' '\' / ' *^'^*^ ^J 

' Ces préjugés conservent leur force pendant ibiirëîaf (fiiHfe 
àe'ïa société romaine. De temps à autre se rertcôhtretift <îife 
Wphistes et des rhéteurs qui, malgré leur iiîcréduïîfê rélf- 
gîènse ou leur hostilité contre les idées nouvelles, répêteHl 
que la servitude extérieure n'est qu'un accident dans la ^ie, 
soit parce que tous les hommes peuvent être libres s% 
'ipebvént être philosophes , soit parce que tous sont également 
'^e^clâves, les uns de despotes, d'autres de leurs viôesy'ét 
^It^iiè; plus ou moins des événements, des circonstances^. 



ii^ 



* /}e 0/7*., 1. I, c. 13, t. XII, |). 21. ^ ...v^^ 

<^AS^^&mumfié'f^tipemi I. I, ep. 1, l. IS^ p. ftJO. ^ " : 

l. Il, p. 642 elsuiv. * - k, * t " ■ . 



LES CLASSES LABORIEUSES. 89 

M^:^ ddcI^QigiUiins , p^u sérieuses au fond;, demeuraient 
^^sp\t^mù9i stnà^éffet: Les. anciennes idées sur Vescla- 
JHI^i%^iji;»iei^jilp^régn6r dans la soéiiéiéqifflbnBei; eltes 
J^^^i^MJiiiàavbiHiJi offiH^sde eeus des plittbsophefl et des 
i^pi^nmrâJ9U«ijIsw$!l*in£Uieneedu chrisiiaéisiiie î tftehm^iH 
4fiI|ftlnAdiâiifl(e(l)!d'^4^iiteir le sort des esçlareè. ËnebuesM» 
lôliqepipeQtfDbStOlirÊtîena. on mesurait ies richesses id^os 
^itikï^abiiioiûJ^iËi so^Yenl énorme de ses esclaves; eicém 
l}9i::idii[>itfdieii,tki passivement qui entraînait le jodondevers 
ié$n%{Ctart$t^ d^g^nmient attachés aux anciens cult^ , ne 
m^^^mni pas ikonfâus à leur ancien mépris fromî la cia^ae 
^m*isiil^^ifEb|^i8iiM«ji; l'ami de Julien, n'avait ^ue^ndédait) 
{idtm)i|isi$fiaY^i<auEt4ilels il ajoute les artisans, etdooti'jMnb, 
^s$doièlni^4 «Ù^iiieaipa&le de vertu et d'idées pi«s liâmes^ y^ 
-tmêiSiJ^MeâmB lèëelet beaucoup de gen$ préleiUlaiefléqite 
^âfe«Hdi»x.^'oaVjnuksoyer des: esclaves, et que le sages^d^ 
dte8qçfiGipBrJo^jti«t*Mwt cQinroerce avec eux ^ > : .10 

e98fi8 0! Jo --.^ i. 'manière de iToiter les esclaves. 'ici 

Le li*aiteraent de ces êtres méprisés, de ces instrutpppjj^js 

#lia)\i?'9!*^^i''f|^l?9^42^^^ n ridée qu'on s'en faisait dan^ la 
j^qifj^;paujtTètre dirait-on plus exactement que Tçipipii^,, 
-^ïH^?^ paf les philosophes et passée dans les lois, n'jé|;)it 
jïjpjjm argument inventé par l'égoisme antique pour jg5li(içr 
l^jjngpièrqdppt l'homme libre, le conquérant, roppre^s^^Çp 
j^f^ljijt.fqn. esclave. Si, k Athènes, le sort des e?claves,pjir 
aj^j^^,\pitqlé,inoins dur que dans le reste de la Grèce, .^^!i^l^ 
j; trp^,i(^if n^ (|uelques garanties légales contre des iraitp.in|eqjts 
^ipji.j,|)<^rj^r^,^ si leur meurtre était puni co9ime jçelqi„diî 

* Orat, 21, p. 300 el suiv. j J . :^ ,(, i 

2 «...Quasi verô fiutient dl/inna de servis; aut S€tpi€n0^pmqfiffm:4iomi 

âum oûnfiMne^àitn iam fmiai societatis admittcu l w Mucro^.^ S^lmnml. , 

I. I, c. il, t. I, p. 2W. 



90 CHAMfRK irK-: 

rhomme Timbre S s'ils afaîem le droitélasilc) damk l&mple 
de Thésée, s^ils pouvaient même se racheter pour. à'siflGfairf 
cMr, H m faut pas y voir la i^ecowaisâalcefdîfa^difôlinartu- 
rel, lereëpeet'derindiyidiiaiiié' hoîhajnaadaEaBi boqurooruiô 
d^M^er^MeWB; C«r c'est b Aijiècîesu sdasféoqiceéd^aestmr 
tltiUibnd etderopinioo ^bliquô desêsibàhilBOls ^JipJè Bbit 
Ion et' Ariatote ont trouvé les éUiiimiirijde^MurxAbâ&niasI; jj 
ne fhtit cb^reher la cause de la modériitidin devla>b)iaqli]p dam 
le cdfâfôtère du peuple athénien, plus bumai^(|uii)tes'Dot 
riei!^s^è Sparte , et peut-Ôtre dan& lacraîflteiaspHrûe>t)ap \e 
grand nombre des esclaves de rAiliqtfe^. DuBlsafaciin fittit 
grée, les èsbiaves n'étaient traités ptusduireiiqeiiiqii^àlSparie-^ 
là , odèudêf^^osilton légate, aucim]asiie<'Da-l6B^{inîtégaait 
cont¥èr>lks> 'cruautés de leurs maltMst^.TTdtileroisiGlk ehafse 
atiK fiitoteft^s dont on a tant parié m iaêétprétonli inotoolef 
raeiitTinstiVotidn de la cryptie. metiliionoaié&ïpa'iifiidtap^uû^j, 
doU^ être retranchée de Thistoire df^sinsititiiltosiBBhfcadéiiKil* 
niemM»; les ^recherches de M. Walton étisiblisseot clairenaleQ't 
qu'il 'Hèr fooi entendre |a cryptie que de ki défensiediaiile^iiï 
HïNiites tb sortir de leurs habitations pendant la iiniity'Stiu^ 
peine^de mort. C'était une des nécessités d&la pofiiHoâ é^ 
Spai^te^ Ib raoequi avaîl conquis le soine pouvait Jei^tOMesf 
ter 'que pafrroppressiot) des habitants primiii£i^ eu de^ sm/- 
n^l^ttatMi.à lâcsorveillapce la plus rigoureuse et en les frap^ 



1 Xenoph , De Rep, Àthen., 1. I, c. 10, t. VI, p. iO\. 
^ î Ôir^dH quil y en avait 400,000. Hermaon , Grieohische Staàts-]ilter- 
thUmer. 2eédit., Heidelb. 1836, p. 245. — Becker, Charikleê^^tAh, 
p. 32. —Sur l'exagération de ce chiffre, voy. le mémoire de Mi Letrdrihe, 
iU^Hd populiition de fÀtiique, Mémoires dêl'AeadémiB dtêfinnrip'' 
lions , t. VI (nouvelle série), p. 465 et suiv. j et M. WaUon, i: *; p.iSâ^ 
et suiv. ' - ' • ' 0. '^ * 

3Xenoph., De Republ, Àthen,, I. I; c. U^ li'Vi, p. iO*. i^PlMdreli., 



LES CI4ASSB& I.AQ0R1EUSES. 91 

pdpt (le ibnadr pàir<fè8jlaii$iinguïii9ire$, couiHie celle de la 
c*y|illiet^.aio(i isK' -j .\ ...... - „■ - 

-ni^iiRoiiiifa^ida[ns^l0^.lejiip$>aneleft0, quand ragpifpKar^ 
étmvempvé iHiabc»ji{fiitiort honoiée ét4rgne du cH^^ ^ |§§ 
tm)s«es)GaéGdMpii^'t)dBde de la flimille domestique ;jte«ir po^^ 
itàtl étqit moîiiklidtdlérabld *, le maître, père de famiJteiM 
b)îli«iin<iDdÉiB';uteisoiidiiieUail à ses repas, et ilsf.lasenvpi^nt 
«febfdpsiodditzèteieiida fidélité^. Plus tard, le^ i>f03f(^ idii 
toikcetldejfiëgtàimâ séparent de plus en plus le maUrj^-d^iso^ 
sbnvrlettrsq/àifMaÉre qu'il s'élotgne d'eux , il les iraîfbR^^ve^ 
^flbaik .deiiifasiriiffl^. Oa les assimile a la béte de sqmoiej^. (^ 
^flacq^ahi^»]a puayqtie ta limite que les {héùlêicii^S/J\^WJ^t' 
iaisi^é^nlisaièr enite -ces deux sortes d'instriim^i^tfitdfini)^^ 
liquda. iia^lol^elléi^mêHie prend ce caractère ; ell<^pinMl^idiï 
la^mâmeileidèçckiî qui fueTesclave d'autrui el,.eelli|i q^i 
(ifuBi^nibiârfon.MDcbBvaH, tandis que si on^mâUrei e^t^it^ 
{lanUèsUses^serviieurs, la loi ne se donne pas )e p6rpc^(4? 
teofaartfaéf le^oupable, elle fbit périr en masse tous UâiQ&r 
tbxKoiidb ia maison ^. Dans les campagnes commâ d^H li)^ 
'ViUdaji ion leur impose les travaux les plus rudes ^Hiptè^ 
aVoiP)êlbii8é de leurs forces pendant la journée.. on;.le$k<enf 
fetrawi^la «ait dans des cachots souterrains ^ bumidiss etipfi^ 
viée^d'air.^. L'esclave portier est enchaioé a là porte ; fl iO^i 
vi^odiïaVec la maison, comme faisant partie en qnelqne.^f>rAiî 
de la muraille^. On punit non-seulement les fautes, les ou- 

\ >^vM.v^alk>ii). J^plicaiion d'un passage de Pltitarque sur MU^Jçi de 
ljfcurgu0^ nommée ia eryptie, Paris 1850. <. ^ , .^^^^^ 

..^iSoieba./ ep. i7, 4. lU, p. 131 ,. , . c^.. ,j 

^^c...JVco/an4ûtw?iA9m<m6ttj quidem, sAd tanq^çm y/vmf^H)^%(^ 
^^rn,{écil.sm^ù^L,c. ^ , . ,. i/,, ^^,,,,^^ 

4Z>.iy.,l.IX,tit.2,1.2. ,,i^,j.^ 

.'^Taoiii^ Muai, l. XI», c. 32, t. U, p. ^0. . . ,.. ^ ..i.,....,/^. 
^^ColumeUa, De re rust., l. I, c. 6 ; in Scripit^. feir^i^i., t tJi,^p,,3^?, 
' ttJanitor {indignum!) dura religaie catenà ...» Ovië., ^ff^f^iffl*> ,1. I, 



92 CHAPITRE III. 

blisvnnais jtisqu^au moindre mouvement, jusqu'au plus lé- 
ger bruit involontaire, pourvu qu'il déplaise à ^ jTantaisie 
m'ôiïiènlanée du maître*. Souvent le châtiment est un sup- 
pliée atroce^; il arrive même que le maître ne s'arrête pas a 
chéreber tin prétexte, lorsqu'il veut dicter une sentence de 
Aib^t ; son caprice, sa volonté suffisent : que faut-il de plus 
^Tir tuer un être qui ne s'est rendu coupable de rien , niais 
q(i\ n'est pas un homme ^? Des empereurs*, des fepimes 
mènîe donnent l'exemple de cette cruauté froidement san- 
guinaire. En Grèce déjà, dans ce pays de mœurs plus douces, 
il y avait eu des femmes maltraitant leurs esclaves, les fati- 
guant jusqu'à la mort, leur refusant la nourriture ^ faisant 
côiilèr leur sang sous des coups furieux*; mais c'est chez 
le^ dames romaines de la décadence qu'il faut clîercher lés 
cxfemplés les plus révoltants de cet endurcissêmQfit'du cœiir 
fétnînih et de cet odieux mépris de la nature humaine^ (Jii 
seul Irait suffira pour les peindre : pendant leur toîleite^ elles' 
sont armées de grandes épingles qu'elles enfoncent dans les 
membres de leurs esclaves, si elles négligent quelque détail 
de ce service compliqué, et, pour que ces coups, portes sans 
cofère par des femmes habituées à la vue du sartg , fassent 
plus sûrement de plus larges blessures, les malheureuses 



ele{^. Yl,, v->,l, l- i, p. 151. — «A,. 0, Pilitus servisse dicitur atque 
etiam ostarius vetere more in catenà fuisse.» Sueton., De Claris rhetùr, , 
c. 3, p. 416. 
''î«'iSeiieca, ep. 47, 1.111, p 132. - Plio.,!. III, ep^ 14, t. l, p. 97. 
-*%éik^â,-Z>ec/tfm., I. l,c. 18, t. Il, p. 26 ; — />« ir4 , 1.111,^40, 
i. I, p. ^03. - Dio Cassius, l. 54, c. 23, t. Il, p. 68. 
t$i«iQ'i«bnttHM^ iiaêervus homa est ? nil fecerit , estù ;; ■ 

Hoc volo, sic jwkfo (de Je luer), sii pro ratione^mêuntiM:» Juvèfi., 
sat. 6,v.222,223, p. 71. v. '' '^'-^ '='' '•'"* 

^Macrinus, Aurélien, elc. Voy. JttL.CapiftôS:.,.:«f<]r«tlhtt») );^4«?^>ffav. 
\0sa,^iuM{Uui) ç.li9 ^^iwScripU. MsUtttfff , *: *,^|)\ »« «^fe^^J v 
^Theaoo ctd Callistonem; inMulierum grœc. fragm,, p. 232. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 93 

servantes sont jusqu'à la çeinlpre dépouillées de leurs véle- 

'Quand I^a^'e ou^es infiriniiés rendent pnesc|arV€5.^fl\pri9pi;e 
aV'servjce^ la dureté ronaaine rabandQnne-, le nw|î^fie<,fl'si^ 
çius aucun enj^aeement vis-h-vis de lui ; que faireip ^flig^^j, 
(fun instrument cassé qui ne sert plus à rien? C^iton , ffui 
djabbrd avait ^te plus huniain envers ses esclave^ , ipais-âu/^ 
les Vichisse^ q^'jl s était acquises dans ses carrières çi,vi^ 
et militaires avaient endurci, prit la coutume.de i^e dgÇsMTi^'f 
dé ses çscTaves a^aiblis par Tâge; il ne voulait pas uoumr 
des gens devenus inutiles,; s'il trouvait des ainateurs , jl l|S^, 
vendait à vil prix coran^e de vieux meubles hors, d'^^^S^ î^ 




prier; celait encore de l'humanité, car beaucoup de. niaîtr^es. 
nèiprénaient pas même cette peine , ils se hâtaient de fa^riÇ;. 
luer. l'es esclaves qgi ne leur servaient plus ^. Les hommej^j 
les plus distingués ne s'élevaient pas au-dessus de cette in;!, 
ciiflerénce qui froisse nos idées d'humanité les plps ordir. 
naires ^ Ciceron , en parlant du préteur Doinitien qui avaijt 
fait crucifier un esclave pour s'être trop empressé de tuer 
un sanglier à la chasse, se borne à dire «que cela paraîtra 
peuit^être dur^» ; et quand un serviteur pour lequel il avait 
quët(]ue affection lui est enlevé par la mort, il se défend 
comme de quelque chose de malhonnête, de contraire au 
décorum, d'avoir éprouvé de la tristesse: «je suis plusaf- 

^ Corn p. Bôttiger, Sabinay oder Morgenszenen in dem Putxzimmer 
«f'îWÇ/fiV'^iA.W Mmerin, I^ipz. 1^06, 1. 1, p. 40 et siii?. 

2p|utarch., Cat. Maj\, c. 4, t. II, p. 391. 

.^Sfielon., Claudiuty c. 25, p. 238. 

* *(,.,Duruimhoe fortasse videatnr,» in Verrem , H , I. V, c. t^JL ÎV^ 
p, 85. . ' ^^ 



9-4 CHAPITRE m. ' '• 

fligé, dit-il, qu'on tic devrait , ce itte sèhlble, retire de la 
mort d'un esclave*.» •" ' • ^ *" " •'•;!• • 

Ort flous dira peut-être que cetliô Indtffftrèirtc^ pbyt'iÉ'àies- 
élaves et ces traitements si barbares étaîêrtl'défî -exceptions, 
et que généralement on recoiflmandaitaTyx tfvatèk*èd PAuma^- 
ttilié envers leurs serviteurs. Oui , oîfj leuf* con^âëi'nètt latno»- 
dératîôrt, on les engageait à ne pas se rtcHifrër tt^bj) 'fliirs', 
îttaîs Voyons pour quels molifs. Si Platon Ae'Veut pîte'ijtt'M 
sôll inhumain envers les esclaves, c'est parce que^ lé Sage 
è'abstténl de traiter injustement ceux envers lesquieîsllhju^w 
lice est si facile, et que l'homme bien élevé dédaigne d* S:'ii<- 
ritër contre ceux qu'il méprise ; c'est en outre parce qu'unie 
'(iêrtaine bonté est avant tout dans les in(é^êts du maili^é Itti'- 
ibéme^. Aristote est du même avis 5 le maître, séloriltfï, 
n'a pas besoin d'aimer son esclave, et (ieïuî-cî ri'a frotdhéJt 
conli*e son maître*-, le devoir, ou pout ^ienx dire l%t^rêt 
dé èeluî-ci, lui commande d'élever ses esclaves îl^lèflVë^lfJ, 
c'est-à-dire à la vertu servile, consistant dans rèbéisédttéè 
absolue, dans l'abdication de toute volonté contl'alrë'îl ciSfc 
(lii maître ; par la modération, on atteint plus fètcifètili^tit' (?e 
but que par la violence et la dureté*. On le voit doin<?,'4%ô- 
manité n'est inspirée que par la grandeur d'âme qufr^^iftïér- 
dil la colère contre un ttre placé si bas, ou par l'inlIérêit^Weh 
entehdu qui tnénage ses instruments afin de pouvoi^^^^ëti 
servir plus longtemps 5 près de quatre siècles après AriHWte, 
"un éconottîîste romain l'a formellement répété : il fadi'êllie 
bon envers les esclaves, afin de les trouver plus docites^-,i'tl 
'lïiut s'abstenir de les maltraiter, afin de ne pas les rendre. 



. * «SQSitheus decesserai, meque plus, quàm servi mors debere vide 
batur^ commoverat,» Ad Ait., lib. I, ep. -12, t. Vill, p. 93. 

2 De Rep., 1. VilI, p. 448 -, — De Leg., I. VI, p. 378 ' ' ' ' 

^Ethic. Nicom,,l VIII, c. ^0, p.^61. 

* Polit. y l.<ï)!, €> 3s p. 24ei^saiv4 . . ..,,..» 



LES CLASSES LABORIEUSES. 95 

par sa propre, fa^iô, :,iiPBrppçefi ?iO Irj^vail , et de leur ôter 
lout prétexte de murmure et de révolte*. , , 
-<iQ^M\i(.ki K^p^-j^Usemedt qui devait êtra en ,quç)qun 
.sciribÇilp)q9çr^ç(jfjdere3clav;^e;.'C-était un remède bjenr^jble 
pç^f.jfq §l^f/iff(i/aà»U On $ait de combien de di%ultjé^ il 
4Wrtt£;Psii^fii)è,v.Ç««.#fficuJt4s vaincues, il ne rendais j^fjf 
»fiffl€i|^cl%v«,^J^ liberté véritable, il ne lui dqnnait,qM^;i^i;>ç 
ii^^^é^^nli^^e,l^l méprisée ; il ne le mettait pas en, po^^^ 
l^n d^ U^ ks. droits de Thomme libre , il ne lui çonci|i£|^t 
p^^Je respect qu'on n'accordait qu'au citoyeu de n.aissancp 
ipgéi^ft^e^Taffrancbi demeurait dans un état inférieur) il, (Iç;- 
venaUoif bien un artisan peu estimé ou bien le favori , dp 
qj^eliiup: .grand seigneur; s'il lui arrivait de s'élever p|p 
^M|i^J[/estait,.^o^]jpur$ devant l'opinion publique soi^iUé di) 
tte'teqfeft ^igiftefle ^e la servitude. 

JÔTfclfiflpiînpWl^blp rie la condition que la morale sociale de 
.U^fgvq^jlg feisait aux esclaves et aux affranchis eux-mêmes, 
r^flt^gd^i.lqs avilir, de pervertir profondément leur sens n?o- 
./f4«) É^B IfîW l'épétait sans cesse qu'ils n'étaient que des iaç- 
Jtf flflWfiV* , ,ri^ corps sans volonté et incapables de yçrtn : 
.j|^ppçQ9p.d'ten(re eux ne devaient-ils pas finir par accepter 
j^^fi^iiionte peitte situation et à y conformer leur conduite? 
,|QiyQt]^{4as mépris de leurs maîtres, de la loi, de toute la so- 
iCJéjtâHHs d^vepaient lâches, trompeurs, cruels ; toutes leurs 
Jpr^i^Pf Mc^lî^clnelles et morales étaient paralysées , et ils ne 
jn^tîftji^nt que trop souvent par la bassesse de leurs m(;eq^s 
lia baS8^6e40 leur condition. Chez ceux qui gardaient quel- 
que 3€^niijnepl de la dignité humaine , resclavage produisait 
ces haines ardentes, ces vengeances , ces révoltes dont l'his- 
toire de l'antiquité offre tant d'exemples. La barbarie des 
maîtres poussait au désespoir les esclaves qui n'étaiehl pas 
lout à fait ahrt^lis ; ,i(s .exerçaient contre leurs oppresseurs 

* ColuineUa, 1. 1, c. 7; in Scriptt. reirust.j t. Il, p. 46.1 . mv.'I - 



96 CHAPITRE III. 

les crnautés qu*ils avaient apprises d'eux* ; Fancien rapport 
entre le père de famille et ses serviteurs n'était plus qn'un 
rapport d'hostilité réciproque et permanente ; sous Tl^mpire, 
il y avait un proverbe : autant d'esclaves « autant d'adver- 
saires^ Aussi , lorsqu'un jour on fit dans Iç sénat Ja^pro^o- 
sitîon dedislinguer par les vêtements les esclavesd^e^ fioif|tfiies 
libres , n'y donna-t-on pas suite ; on prévoyjvt av^ç eiproî le 
danger qui menacerait la société, si les esclavesj ppp^aîent 
se compter et se sentir plus nombreux et plus rori§.quç|eurs 
maîtres^. , ^ 

' .-' ^ ' ' ' 
§ 5. OccupcUions des esclaves, — Histrions, — GloàMtimr». 

Primitivement les esclaves s'occupaient, sous lès. ordres 
du maître , des soins de l'agriculture, ou, sous la direction 
de l épouse, des nécessites de la vie domestique. A inesuçé 
que chez les riches l'amour du luxe et la corruption ton toes 
progrès, des services nouveaux sont demandés aux esclaves ; 
la toilette, la cuisine, les festins, les bains, les promenades 
en public, les mille besoins d'une vie molle et débauchée, 
réclament des serviteurs particuliers qui , aussi avilis, que 
leurs maîtres, se prêtent à tous leurs désirs*. D'un'aîilre 
côté, le mépris du travail chez les artisans libres fait reton^-^ 
ber sur les esclaves les occupations professionnelles que le 
citoyen croit au-dessous de sa dignité; chaque maison riche 
finit par avoir parmi ses nombreux domestiques des ouvriers 
de tout genre , et l'industrie , déshonorée comme travail ser- 
vile, ne tarde pas à se trouver presque exclusivement entre 

* vÀliquando... perfidiam et impietatem , et feritatem et quidquid 
ab mis didieerant^in ipso» exercuerunt.t Seneca, De Clem.^ 1. I, c. 26, 
t. Il, p. 33 î - ep. 107, t. IV, p. 52. — Plin., 1. IV, ep. 14, 1. 1, p. 97. 

^ • Totidêm êsse hottes , quot servos.^ Seoeca, ep. 47, t. Hl, p. 132. 

Md., De Clem., 1 I, c. 24, l II, p. 31. 

« Seneca, ep. 47, t. III, p. 132 et su'tv. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 97 

les mains des esclaves. Sous FEmpire , on leur abandonnait 
ménie tes travaux de rintelligence; on ne leur demandait 
pKis'sèulenièrit des services matériels : tout en les mépri- 
sant , lé' màitre réclamait d'eux les connaissances gui [ui 
maïi(|tiaiènt à tui-même; si , en présence de ses amis /jivou- 
laifîipftfër par TèspriC , il forçait ses esclaves d'en avoir pour 
ttii^f t^lvisiùs^ Sabînus acheta à grands frais des esclave^ 
ÂBî^ l^tit) savait Homère , un autre Hésiode , un troisFème 
Fi^^'tyrî^esV lorsque, dans ses banquets, il voulait citer 
quelque vers, il le demandait à ses gens placés derrière son 
siégea Ces mêmes esclaves lettrés étaient chargés de Tédu- 
etttiD* àé6 enfanis , éducation dépourvue de toute direction 
morale , tçurnée tout au plus vers le développement de^fa- 
cuiœs' iateliecluelles. Plus haut nous avons méoie vq^^d^f» 
pères chçisir, pour être les pédagogues de leurs âls, lek^esr; 
cfaves Incapables dé travaux plus importants k leurs y^ujs^?^ 

lifais ce né sont pas la les seuls services qu'on deiçandl^ii 
h ceâe race méprisée: elle servait aussi à ramusemei)t4u 
maul*eV^ ses plaisirs les plus honteux à la fois et les^pliis 
barbaries. Ici va se présenter un des côtés les plus afllige^nts 
die la*^ civilisation antique. / . : 

t/èst parmi les esclaves qu'on prenait les histrions ^ les 
I^Xiéùrs et les joueuses de flûte ou de lyre , les danseurs et 
les clanseuses , chargés d'embellir les festins des richés^,, 
troupe impudique, excitant k la volupté les convives/ de ces 
orgies scandaleuses^. Les mimes et lesacteurs de tout genre, 
quiy au théâtre, amusaient le peuple et Jes grands, appar- 
téhàiehi également k la classe servilè. Jadis, en Grèce, l'art 
dramatique avait été un art libre et sérieux ; l'artiste, ét^it 
estimé de ses^çojïcitoyens, parce qu'il rie représentait quiC, 

i SkûécL^, ft, tf ïrf, p 87. 

^hiéuÛ dr«*6WôW« , c. 29. In opp. Tac, t. IV, 480. — Plutar,c|ï., 
De liberU educandiêy c. 7, t. VU, p. 13. 
«Comp. Clem. Alex., Pœdag.y 1. ÏII, c. 4, 1. 1, 270. • « *"" ^^ 



7 



98 CHAPITRE m. 

les grandes œuvres de poêles immortels ; Eschyle , après 
avoir été acteur et poète, avait participé au gouvernement 
d'Athènes ; le tragédien Aristodème avait été envoyé conaoïe 
ambassadeur auprès du roi Philippe^ ; Sophocle avait été à 
la fi)is pbëte et prêtre , acteur et capitaine. Ce temps .n'exis- 
lait plus ; la décadence rapide et profonde de l.a,^C|rèce avait 
entraîné l'art et la considération des artistes dpnç, la ruine 
commune de tout ce qui avait fait la gloire de ce.,pouple, A 
l'époque où parut le christianisme, l'ancien ihéâlre^, çivec 
ses tragédies grandioses et ses spirituelles comédies j,^ a.vait 
disparu -, le goût pour les représentations scénique^ n'avait 
pas diminué , mais l'art était devenu profondément i||nino- 
rai. Depuis Auguste , et pendant toute la durée de l'Empire, 
l'obscénité domine sur le théâtre ; il n'est plus une école de 
patriotisme rappelant les traditions des héros des^ pj émiers 
âges , ou critiquant les travers des contemporain^^, il est un 
foyer de vices et de corruption. pour les acteurs comme pour 
les spectateurs 5 on n'y représente plus que des aventures de 
maris trompés, des adultères, des intrigues de libertins, 
des scènes de lupanar; on n'y voit que des femmes impu- 
diques et dès hommes efféminés; on y étale les choses les 
plus honteuses 5 on y avilit tout ce qui aurait dû être res- 
pecté, on s'y moque de la vertu et on y raille les dieux 2. 
L'acteur fait passer le goût du mal dans l'âme du specta- 
teur, \l allume des passions ignobles ou criminelles 3, et, 
toui familiarisé qu'il est avec le vice , il rougit quelquefois 

« Augusl., De civit, Dei , l. ÏI, c. 41, t. VU, 32. 

^l^tian., Or, contra Grœcos , c. 22 , p. 263. — Clem. Alex., Pœdag.^ 
1. m, c. H,t.I, p. 298. 

<<feat Y^P ^^^ (Ji-oiX^ï^i» ^"'^ Ya[xo)v ixsï xXoirai , xai Y^vaixeç ixet 
7ropveuof;.evai, xai ofvSpÊÇ ^xaipYjxoTSç , xal vsot [xaXqtxi^OfAsvQi , Tuotvxa 
iTa(?ovo{iLia< [xeçxà, icàvTa T£paT0D$i6tç, Tuavxa atçyuvY);.» Chrysost., 
Hom. 37 in Mat., § 6, t. VU, p. 423. 

3 Min. Félix, c. 37, p. 140. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 99 

du rôle honteux qu'il est forcé de jouer aux regards de la 
foulée 

Ces tdrpitudes n'empêchaient pas la société pa'iepne dé- 
pravée cie conserver aux représentations théâtrales leur ca- , 
racfèrè'de èérémopies du culte ^; les acteurs continuent de 
former, en Grèce et en Italie , des corporations qui opt leurs 
privilége's et qui affectent un caractère pontifical ? ; encore 
au qualirième siècle, Symmaque soutient que donner des 
jeux et y présider est une des fonctions des prêtres*, et Liba- 
nius le païen, toujours épris de la beauté physique et voué 
au culte de la forme , défend et exalte la danse , au point de 
vue de Tart, pour le charme de l'esprit, pourvu que le a^tïT | 
seur en sépare ce qui pourrait choquer les mœurs f: distinc- .. 
lion sophistique, iinpossible à pratiquer au milieu d'une 
décadence morale aussi profonde que Tétait alors celle du ' 
robridfé païen! 

'liés rôles qu'avaient à jouer les acteurs , les paroles qu'ils . 
prononçaient, leurs danses, leurs pantomin^es lascives, de- 
vaieiit complètement éteindre en eux les dernières lueurs de 
la conscience morale; et, par un contraste étrange, mais 
naturel au caractère antique, ces espèces de pontifes étaient 
livrés au mépris de ceux mêmes qui ne pouvaient se passer 
d'eux. Horace déjà les compte parmi les gens les plus in- 

^ et Ipta etiam prostibula publicœ Ubidinis hostiœ in scenà profetun- 
tur, plus nUsêrcB inprœsentià feminarum quibus solis latebant, perque 
omnis œtatis , omnis dignitatis ora iransducuntur, locus , ttipes, elo- 
gium , etiam quibus opus non est prœdicatur, Taseo de reliquis,*. » 
TertuU., De Spect., c. 47^ p, 80. — » Erubescunt vûjleri etiam qw»pi**- 
dorem vendiderunt.9 Cypr., De Spect,^ p. 34^. i r r , ,111 / 

2 Selon Varron, chez Augusu, Decivit.Dei, 1. IV, c 3|,jl.Yy^ Pr^7- 
Voy. aussi 1. VI, c. 9, p. 124 . , . * ,' . , , 

3 M. Wallon , t. III, p. 236 et suiv. ' ^ ^ ' 

* 91 Insigne ducitur sacerdotii vacare munepbtts.n^ L. X, ep.. 54^ 
p. 289. ' V 

5 Or. 19, pro saltatoribus , t. II, p 474 et suiv. 

7. 



100 CHAPITRE m. 

flmes,des mœurs les plus suspectes^ Aussi ne se recrutaieni- 
ils que dans les plus basses classes de If^^ociéié, e| surtout 
parmi les esclaves. Quelque entrepreneur les p(fl]p,lait pour 
ce service 5 il les vouait, à son profit^ ^p.grosçlçijjÇi^ipf^eipent 
d^ la ibule, aussi peu inquiet de la p^te de ^ç;jijr^^e§;qi]ie 
(J^ jiMafamie où il retenait leurs pei:§Çjqne^^^ ^ BÇf^P'jÇiB^?'; 
^âUk leurs jeux avec une curiosité qui ne se^i^t^^s^ 
il Jes recherchait, il les couvrait dç ses s^p^laiy^^^j^^^t^ 
imais ne voyait en eux que des êtres destin^p^ ç/eiila. p^f, la 
natqre, par la bassesse de leur condition ^ çn .n'oyait, [pouir 
ei^x ni.uoe estime que sans doute leur conduilep^.pofjfp/orr 
Uitpa^,, joi la pitié dont ces victimes de l'ordre soçi^^J^ ap- 
li^i^^ eus^nt été dignes ; on les voyait pas^r ^ l^j^jèpe a 
l9,wi^<l ou au tombeau, sans çpjnpassipp^çQjpmç;^]^^rp7 
jlM}r4$5 31 le maître élevait une pierre. fHïffirsirfici. ïmM^ 
flifi l' PiSfr.sa danse, avait égayé les spectajl,ç^irs,i j^^ i|^e ^Ifi^ig 
$^t que pour se vanter du plajsixque sof^^euue^pja^^ç.^^)^ 
fM^^curé à la foule 2. ^. , .„, . ,„.,, ^^,,^ 

;l.a iofi elle-même est dure pour celte classe .9yii|iftWfifi?l?fj 
)oio de tenter un effort pour la relever en^lui ôtf^t ^'^çca^jog 
4u yicQ , elle la foule aux pieds, elle la retient J|(}f:^^eqt ay 
4béâJlr«j> elle l'enchaîne k ses turpitudes. II e^^iv|erdJLt apj 
acteurs et aux actrices de se soustraire à leur devoir de ser- 
vir aux plaisirs du peuple; leurs enfants mémies naissent 
miDUes ou histrions , car ils naissent esclaves ^malgréiëur 
caractère pontifical, la loi les appelle des personnes dé^hôrf- 
^PÇj^e§.5, plie qualifie leur profession de métier honteux ^jl eiïp 
lejirv défepd.jje porter certains vêtements de |we 5 elj(ç Jfif 

MiVSkt.plA,i^tiÀ. 2, ?. 1 et 2, p. 208. - ■ . ^ i. 

« A Amibes , 00 a trouvé rinscriplion suivante : j 1 | 1 . ..v . . 

D. M. I Pueri Septentri \ onis anmr, Xlî qui \ ^f^^ippH m Sk^étro 
I biduo saltavit et pla \ cuit, Orelli, t, I, p. 467, no^3^Q7«,'\ , ! 

3 Persane inhâMstiBs. Munus turp^. Cod* Theod.^ Iv^XV, Ui. 7, 1. 4 
et 12. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 101 

prive des droits dont jouissaient les hommes libres ^ (dis 
sont condamnés, ditTertuirien, à rignominié; on les éloigne 
de là èlirfe, flelâ frïtliriiè , dû sénat, de Tordre é^tfe'éti^è*, oii 
fëW^itlVèi'dltrâfcèèè^aHous lès honneurs et rusa^é'de plu- 
si-éut^^liï'tfMè^fél'Iâiiêllë perversité! les pàîerts aîtoiit éfeui 
^tiMli ^^tfnrsséïr^t,^lè'tfët)l-é^^^ ceux qu'ils appronVertt,^ il's 
ëi^Viét^WiM lersrliHî^tes sont notés d'infamîe^i* A^^l«-i 
siëM^Têliffi^ësl''c^t^iS sont chassés de Rt)me , taritôt ifrarcé 
q^^te*èfé%Ti'é'pî(i^*!eùr nombre des embarras k des despotes 3; 
ranïÔUà'câàée déleurs désordres, dans l'intérêt de là mora- 
Wê'flu péù{ile:*ï)omitïén leur défendit la scène publiqlief*'^ 
Tî^Jâti vbdlùtsapptimèr éotoplétement l'exercice dé létfrlart 
efîëmfeé^: 'inàis, à peine expulsés, ils reparaissent; -^y 
àp|41àiïdiS qiiie 5tfma)s 5 ni la populace ni les grands né pîéW-^ 
t%1dïl^^iVf6%hs fetix ; fa société païenne s'ennuyait pféftri^ 
iFJ^^i ^^WtâiHéU dés plus grands périls, elfe démablMl 
a^'Arè!,'iï ihi faWaî% des jeux et des danses pour égayer Wi 
^ëifilnêif^ fitfubes qui la séparaient de sa chute. Mais cè!ti^ésï 
pas tout; ces représentations immorales, ces dansée ë^^ëi 
pâWioWittiés^ Voluptueuses, ces femmes nues nageant dtofrôes 
Baè^aS^iàonMIlea de Tam phi théâtre, en présence dé mi?llfë(4 
Hê ifJêflîafeîrfs de tout sexe et de tout âge®, ne sùfflsaiteîïïiiJfe 
âW^jJéttplèftoniiaiii, aussi peu que les riches paTtrcuffèrs-Sè 

-m;- ob ,•'/•'■• /, . . r:',j]:)B 

.n^idfii'ti.^ l. ♦ôt'Saiv. ! =( .'-îna 

.if^^^w 0àf{f marte iqua magnifaciunt y deponunl^ iri%mft.mfif^^fff 
cU]i^p,qnt igi}4mfnià et capitis minutione , arcentes auriàyrostrfis^ se- 
natUj équité, ceterisque honorions omnibus simulac ornameniïs qut- 
ôusdam. Quanta perversitas! Amant quos multant ,' âèp¥ecicfnt^qniis 
probant ; artém magnificant , artificem notant. » • Téitufc. J ^1^ «S^l^l, 
c. 22, p. 82 ; — De coronà, c. 6, p. 104, 

3 Sous Tibère et Néron. Tac, Ann., 1. IV, c. 14, t. ly;p.iia8i;ii?JtlU, 
c. 25 , l. Il, p.•^^o. — Suelôn;, if^ro, c. 16, p. 265.. iihiA A s 
*Sltetmi.>, mWt.,c. 7,pv 38i» < v, ,H i M A 

spiin , Pan0ffyr.f c. 46^ 1. 11^ p. 185. i •> ' " î ov onr i 

6Chrysost^/Hbm!'6 t>î Kp. i ad, Thens.^ c, 4, t*/Xilv pt 4fié>?A^' ^' 



102 CHAPITRE 111, 

conteniaieDl dans leurs orgies du jeu lascif des histrious et 
des musiciennes. Il fallait quelque chose de plu;^ à celte dure 
race de Rome , avide de guerre, habituée ,2^« sa^g èft abusant 
sanS' remords de ceux qu'elle méprisai^ v^pvs yç^u^^as par- 
ler des spectacles des gladiateurs. Riç^p qqieça^jmiçflîc res- 
^qr^tir toute la barbarie du monde ^onj^ifl^, inn <r )i ' «i: » 
, .Ce n'est pas à la décadence qu'il, faijtçtjlr^f^i^j; Ijprigiqe 
,de ces spectacles ; ils ont été introduite JQng/^pifis.i^p^^- 
^ vant -, il en est fait mention dès la premi^a.gWif re,.fmniqp^*. 
Us.devaient être alors, commeencore plus t'ar^spi^s T^ii^ptre, 
un moyen d'apprendre le courage à ces .soldats roni^ns,'que 
les historiens représentent comme animés du patriptiime le 
plus intrépide. Pour les habituer à la vue du s^ag, ^ppur les 
former au mépris delà douleur et de la n^ort^^n neçop^ais- 
saîipas de moyen plus efÇcacequedeles,fair0a3sîstçi|,,^vapt 
leur entrée en campagne, à des combat, de glfjdi^^q^rs,^. 
Ces exei'cices sanglants ne tardèrent pas s) dçvenjf;, jip. 4p^ 
amusements les plus chers au peuple. C'étaient t^lQt^^s 
combats d'hommes contre des hommes, tafltpt d!J^^(fa}^s 
contre des bêtes féroces, ce qu'on appelait des cha^^es^. Ij^a 
pgssion pour ces luttes était ardente et universelle ; 4^ns;fu- 
cune circonstance le peuple ne se réunissait en pluf , gpçd 
nombre; il n'y avait pas de solennité qui lui inspirât plfis 
d'intérêt, pas de récréation qui lui procurât plus de jpie*. 
Ennuyé de roisiveté,.quoique méprisant le travail, le citoyen 
romain passait ses journées au cirque , assistant aux combats 
des ours et des lions , et faisant remplir les intervalles entre 
ces chasses par des combats de gladiateurs , pour qu'il n|y. eût 

1 Gçmpt. Val- Max., l U, c. Â, § 7, p, 97. ^ . 

..v^J^uCa^k^, Vita Maximi , c, 8. ; in ScripiL hùt, aug^^^U U, 

\r-^ûlcerj^J>irâ^», LU, c. 45, t. XII, p. 95; ^ProSfiaûUùi aM, i.V, 
p. 431. ». ^ ^ 

4Cicer., Pro Sextio, c. 59, t, V, p. 425. ' 



LES CLASSES LABORIEUSES. 103 

pas de temps de perdu^ ; préoceupé , il se rendait h Tamphi- 

théâtre pburbhhnrr tes pensées qui l'obsédaient ^ triste , \\ 

âhaït voîH-ftïéfâès Tiômtnes pai^orme de distraction'^'. Avec 

là pd()iilà<i)è , b^ Y voyait les grands , les chefaHèfe ,' lés sé- 

hal€(tfi^'("lés'''|)ëi46tïn'âges les pins considérabM y prësî^ 

daient'; les empePénrs enx-mêmes réclamaient éet tiomreiir 

'côiiîiÔefttf'aè!^iéà/.V j^rrvîléges. Non-sealcment dés t^ans, 

" cbiiiiife^ëfôirf tlommode, Gallien, sont de ce nombre , mais 

des prîteèi^ reirommëë pour leur vertu, les Vespaëîen , les 

Tilë, ptéhnent plaisir aux combats du cirque. Et ce ^û'6n 

a le ()ttrs de peine à comprendre, les femmes de tons les rangs 

y accourent avec une avidité qui ne le cède en rien à celle 

du^uérrieif le pinsendnrci ; les vestales mêmes y ont une'Ioge 

d'horiiieùr.-Chèz tous ces spectateurs, il n'y avait ndlté()r(ié 

pour les Combattants ^ le moindre sentiment d'humanité eût 

j^titfFl^^Ufes éloigner de l'amphithéâtre, mais ce Sentiment 

"^'ir eïlfeliît' pas ; tis assistaient aux jeux avec une cur'fôsUë fé- 

^ më V^yÀ jiigëait l'adresse des coups avec rintérêt qtf on ttiet- 

"^tBW iaii]burd'hui i suivre deux joueurs d'échecs; atdënt*à 

* exciter les combattants et insensible aux douleurs des Wés- 
i^^/'ôh éclatait en applaudissements enthousiastes quartd 

■ fdirdf^eux succombait dans une lutte savante, et on jetait 

dèls^ris de fureur quand ils n'y mettaient pas autant de pas- 

*slbfi que les spectateurs , quand ils semblaient vouloir s'é- 

piargner et se soustraire pour ainsi dire à leur devoir 5 c'était 

\(i..Jnterim jugulantur hominesy ne nihil agatur,^ ScBeca, ep. 7, 

* Lrti';p. 46. 

^«Volumtis eum {scil. dolorem] intérim obruere , et devorare gemi- 
tits^ per ipsum tamen composiium fictumquB vulium lacrin^^ptàfun- 
ëtuiitur^ tudiê intérim wit ^adidtoribug animum oecujMunfpti^ aiBlum 
inter ipsa, quitus avocatur, spectacula, levis aliqua desiderM^inata 
sttàét^t. Id»ù tMléas eH illitmvMeeré , -^àm fttUerû^a^Sétk^ctD^yCckisot. 
ad Helviam, c. ^6, t. ï, p. 138. ISt ..< 

3Tacil., Ann., 1. 1, c. 76, U l, p. 62. -- t'V loj.j* 



104 CHAPITRE IH. 

mépriser le peuple souverain que d%ésHer h s'entfetuer 

pour ëûp atbiîsehaent ^ Les femiiiesi^ifs'Jmi^s eMsacrées 

aâxHdi^t^âwàisttliten^ioë iei(%odrmiÉMsV a«0teBllesîi|»gme$ 

«tc^ ^fq^ fei^bomnies po«r oetuî Ipn^ortaitilesijpItelQ^ 

l^smrèMm^ûi tombail avec le^plas âe^>b:Ma^iBélaileiii> 

elles d'ordinaire qui, en élevant f radeusMpeMlUBuqyRl/jdiay- 

nalëitt^lô y^ai du cotp qui devait id^^èk*^ mMta'iJces 

(FwKllAesâà'éteiida a terre *^. . ?. ?sa\ Jibioilo! ox 

- 'be^bdnde iienre tes aiabilieus de R€f«ie"C»mipl*ërâ)tî qite 

MéaâsfiMUi k celle soir de sang devait être un^nK^ëh i^imipu- 

eterfCil plus paissant que les distribotiomi dHijuiteûMBdediiëH 

inriv le&oombats de gladiateurs devinneiift*ils)desnbtrgeé$cifs 

teSvf^iès^éfileaees^. Déjk, dans les demioRi (pmfpside (sgRé^ 

^lîttUîqw^r 'tes cbef» des différents pajrtlBiBBif Deohtajabbs bi 

^rsDàdi^qu^l 'falM songer k y apporte^hn•e^c8^(àiM^elnlre$; 

fîiçâ^ fil rendre la loi Tullia, pour'déMilBeis^ ^ttiP4dî 

^brignerarîl metfaarge publique de dopnërid^stiéDObaUièle 

giadiâieurs^; ce n'est pas dans riBiéiiîiidtt-'I^uifaaan^iqiie 

ttw<iaid*e eette loi, le législaiem* ifèi^vaqkiianrâqsi?^tié<]ds 

))ri^u«a^ et enlever aux ambitieux ilemc^ip ^te/ffi^ffiBârée 

gsgtiër bi piopuiace. Auguste défendit de laii«{a3piMxalir$<& 

^Uifdis phs de cent vingt bomnes^Geiâécrei^Qcafutrpba plïs 

^Mvi que la loi de Cicëron ^ Tièènr oixl(mna^niè»e que tifils 

te» ans M y e6t un grand speetacle de gladiatenrs, ^x Friiis 



^ a Quid ? giadiatoribus quare populus irascitur, et tam iniqtte , ùt 
ihjuriam pmtet , quôd non libenter pereunt ? Contemni uejudicat , et 
énttH , gestù , ùrdore, de spectatore in adversarium vertittir.» Sèaeta, 
Dtftréjiiib. i, c. % t. I; p. 6. 

.^ JPri|^epVi i»%»»»wcAMm, 1. lï, v. 1095et suiv., p. 483. — T^Uaii., 
Or. contra Grœeos , c.23, p. 264. — Lactant., Div, instU.j 1. Yl, c, 20, 
t. 1, p. 490. : , { 

' scicer., Pro SexHo, c. 64, t. V, p. 4^0, JWe Qff..iX,lU ^ ^^> *• XH, 
p. 95. — Fers., sat. 6, v. 48 et suîtw; p. SSif;. ., , * 

♦Cicero, VroSextio, /. c; — in VaHniun^fX.Ab^ U V; p, 4£»7. 



LES GLISSES LABORIEUSES. 105 

des citoyens. Douvellemeot nommés àJa questure^ ; si Né- 
rciki .ieaA%'deciçenieiyrfii en vigaeiir ialof TQHia^ H{»'y fut pas 
porti6f »4t8*m88i4éi^oos faYorahle^ainm 
desiBlsMll^oirtiDCr;: Ami ce qviik^màmi^ <f^ ^ifif^M 
{)ùlî»f6fàçi>oMff)le8 fa^aufs dv peuple ; tovtes clicis09ii«gAA- 
Tai6^li4apeddh»3VKr:dd:liii aeuU ' •> ^beslb 

: ii'^Qtttmr éœ fiMâkis poor tes cwtbals de .^istemskiie 
se rerroidit pas aassi longtemps que rEoipke^reïteAiliNiVs 
dlp aiâéiaitnéniecîiidqii'aiix derniers momenOs de.biisQdété 
mi(î)ViiH) déj^ coDviani ati christiarnsme , mtomé , ^^aÔide 
tdtai^rieaieôtés par les barbares, le peuple 420oirt^(|ctoîiKi, 
paimitina 608 mœnra ^Quoigae cbréden é» imnii^aVîilatd^ 
-^fU^i 0iais<:lmp iâobe poar donner le sien fawtutodéSpmto 
id«ildijpaÉrie;i6itpiEaBiiâj;I)ès Tëpoque oà;te;Biilnd$u|M)idk(M|Q 
.enlrcDidaMiiJnipéBiaiQ'ileoia décadence jitsquli (a phbtei^e 
iUpmpîre lileaUHifiKide J«Ciiat «l&ploilie^ instÎQietsrJMjpbts 
alépradé8€éu^pbupifiq^;lea)|elix::du eir§oe.^ntMiiii dea.^^iids 
diq0yenfisdQfmbiiileiiîr!Ja[rt)opnlâce dans Tordre; ; elle étàit^^jB- 
atibgéie ^j)0my t. qu'ion jbi .^onâl des gladiateurs <id«L>p9În ; 
o4e9)â3itkel^itifsi(p^ a^ont pasiété des monatres, Trai}aii|,Bbi- 
ijippaj^^jGonstsntjn ,;atant d'avoir embrassé le ^hrHmifim^ 
2Th|£od9si3ikDâmev wt: fait oo^abaltre dans les eirquôaidâs 
r^tnaupa^ nombreuses: de prisonniers de guerre; les.QQQiNris 
étiies^^uesteors, diafae fois qu'ils antraieai ep foiiQlîQiid, 
étaient tenus, en vertu de la loi de Tibère, de donner des 
jeux de gladiateurs ; c'était une sorte de droit de joyeux avè- 
nement qu'ils devaient au peuple \ Domilien , pour ypfjiçr 
le spectacle, lit uiéme un jour combattre des femmes i^Q'^- 
tait de plus un moyen de recommander son sau.vistMrâb^la 
Ibule reconnaissante : des particuliers ordonnaientfiâfi^ tes- 

*Tacit., Ann.y 1. XI, c. 22, t. H, p. 20. ^' 4- ([ \ i 

2 a. €., h xm, Q. »*, p. im. ^ wr^^ 

^Symmach., 1. II, ep. 40, p^ 50. I - ''A i 



106 GHAPITBE Ui.. . t 

tament de faire combattre à leurs frai^ides gladiateurs pour 
qua1e.peii|>bboit(iràt laur iioin^ ; iaiiléitte'»fi8ii^0DS£e.rap- 
port, était telle qu'un riche Romain vouTiit]qii;iiprè»isHEfiD<H*t 

jdnfibitdniilaHre les belles esdaTeâqûIibAi»uÉidadiii s^ inai- 
HNiiMiit'Uit'afitre, les jeunes gar(oa8i^ai')forf^eDtisks lié- 

/ikbsPf. Cémemûi qualifier une paoaUie^^diikfiKtsâlidœU'^n^ ! 
iâ'J'liieoite soiennelle de la siùrl, Ofib ksî)ki%iBieiiftaébièéfttpis 

< àffratichi^sabot leurs esdaves ellégUaârntidœiseGOfiaisi'iriix 

. îrialbeureui et aux pauvre, les païens dist^rant'fffdidi^pidnt 
dès arrêts de mort pour les tristes eréafeures<âca)fe9l8|a2«iitot 
abmé pendant leur vie, afin qu'une «ignobtek ÎNOtnA^ca^àp- 
plaudit à leur nom en voyant couler lebaugî î? »i >; )f 

Ce quff parait peut-être plus hornè^eiijeoresicdisiinifles 
oofubslts ésB «gladiateurs pendaai lesJbaoqpjétsi^ides^^idBss; 
cet uâingediaiiiarê, qui se reneovtnsi^e! itooap llttùit^ éasàspla 
Câmp3iïHë^\ ne tarda pas k se propager partoot{oùiili^fl9ait 
des Romai^^ asse:^ riches pouir saGfii8r*dc)^!b(HitalèBiaBi»q)è£i- 
sir de leui^ convives^. QueHe société., que cselteiSQaiétiéaiè- 
maine, tolérant des orgies où le sdt)g des esclavesi sériait 
au vim-des maîtres eouronnés de fteurs, o& àe^ GOliibailiLtà 
mort aUernaie&t avec des pantomimes impudiqueaî^ioàt'bn 
offrait h ses invités tour k tour les grimaces dœhidlriiotis'^Je 
carnage des gladiateurs et les baisers des courtisaos^^irà, 
en un mot, la cruauté la plus monstrueuse s'alliait au liber- 
tinage le plus éhonlé ! , 

La Grèce, de mœurs moins dures, résista longtemps, à 
l'introduction des combats du cirque ; elle ne les reçuliqtie 
par les Romains qui , après avoir renversé la liberté des 
Grecs, leur apprirent aussi à renverser l'autel de la mrséri- 

«Plin.Vl. IV, ep.22,t. I, p. ^36. '"' ' 

2 Alhen., 1. IV, c. 39, t. II, p. 100. 
' 3 Tite-Livé ,1. IX, c. 40 ; Deux-Ponts 1784, t. I, p. 417. ^ 

* Sîl. halv; P. XI, V. 51-34 -, éd. Lemarre, tM, p. G4B. — Atlit^n. , î. c. , 

p. 99. - ...^.. . 



LES GLikSâES LA.BORIEUSES. 107 

cordée Soos tes empereers , les jeux des gidâtaumi^ se ré- 
pandirent jusqu'en Orient, aussi loin que é'élfcpiéaptila 4o- 
iiiinaplieD vpineiine'^. ' >) uvAb .r: 

: Les: ivetiinies Tdués à «es combats étai^ffillidtedifféréDtes 
ôoBfbUaDs ? i^éroleiaent c'étaient des e^el^vèBv dss Iiodoks 
t^FiyésUe leltplitKufXé pour une cause qQetc<MntMui>ésiidi«ils, 
r iqiii iétàieiK; daonS'le'Csis de rechercher les suffrftges^deiM'knèl- 
f. titinde V a^ai eot parmi <leu r s esclaves des troupes^ -iies fttmttbeê 
i'de<gladiateor8^'c?ëtait à qui eu aurait le pins grand ndinbre 
et iesplnsrdbiisled; plus la position d'un honune était<éle- 
Téev plus il se taotait d'entretenir de combatlaots^. Bîeniôl 
l'exercice de Tari 4e gladiateur devint un méttép^' il}) bpt 
desi<«otrèpFffieurs'<|pAr achetaient des esclaves prbpres)!^ ce 
se^yicep;/:la^dttpl1avâti0â de la populace rdmaioë altah/jM- 
.qu'a* (jpoiûi que^dleS'^suiviresv ne voulant pas travailler J^'^^e 
fiendâiéol pourrie tâcqqe, préférant au travail les ctuaiDeès 
i(lé<pe8>l»ltQSFaahgfiÉinaites^. On eût dû penser q»e>ee¥mdl- 
<heù#ènx>»e 'Se fussent prêtés au combat qu'avec hot*rétitf:«t 
iiépugnance^ mais ie dégoût du travail et la soifdu iamng 
étaient si grianda ch«E eux, qu'ils s'y pressaient eux^métneâ ; 
^ïïi âaieot tourmentés du désir d'être applaudis ; ils yodlaieiit 
*brtHerâeit en tuant) soit en succombant avec art; leur M^- 
menr consistait à ne jamais broncher, ^ tomber sans cri^ à 

* Lorsque les Athéniens délibérèrent s'ils introduiraient les combats de 
' gMiileursr, le philosophe Démonax leur dît qu'avant d'adopter cet lisage, 
• itf dttm>Dt TeAverser l'autel de. la miséricorde. • ! ' < > 

^ Suf lâSyeii^ de gladiateurs donnés pour la première foi» k Bérjrle, sous 
Agrippa,. d'ailleurs si humain, voy. Joseph., De bellojud., 1, VU , ^ç. 3, 
t. n,p.W. 

' uFamiliœ gladiatoriœ.9 Cicer., Pro Sextio^ c. 64, t. V, p. 4^0. — 
Tatian., Or. contra Grœcot, c. 23, p. 264. 

^«...ïà fA^v scTijTÔJv xptxiov TOC eXocTTova xà oï (jLÊiCova, t(; j>mjc àv 
l$6f7Cgî,V..^VTi(jeiç>^,;,àftYifv Tiyâç tTiavTjpriîxgvoi, Biql r^ (i<itoijij;(v j^mtou; 
elç To (povEuçô^vaiTCiTTpàçxouai.» Tatian., /. c. im' .| 



108 CHAPITRE m. 

recevoir le coup mortel le sourire sur les lèvres, à saluer 
encore les spectateurs avaot dé rendre leur âme, afin d'ob- 
tenir un tombeau annonçant a la postérité combien de fois 
ils avaient vaincu dans le cirque * . Cicéron citajt qieleourage, 
avec iine secrète admiration, comme exemple de ce que pou- 
yaien|; 1 exercice çt 1 habitude *. 

Les ^aciiateurs s'engageaient an laniste par un serment 
solennel ; son devoir à lui était de les nourrir, de les dresser, 
de les exercer^. Cest lui qui en fournissait au richie qui n'en 
avait pas lui-même et qui voulait donner un spectacU a la 
foulé^ les prix étaient stipulés de manière à n^étr<j payes 
qu'après le combat, tant pour ceux qui sortiraient sains et 
saufs du cirque, et tant pour les blessés et pour les morts. 
Quelquefois ces transactions donnaient lieu à des contçsïa- 
tions; le jurisconsulte Caïus nous en a conserve un exenipîe 
précieux pour montrer la froide indifférence^ avec^ la^ueii^ 
on trafiquait du sang humain pour la récréation du peuple. 
Un faniste fournit des gladiateurs à un particulier^ à^cb^arge 
pour celui-ci de lui payer vingt deniers pour chaciin de ceux 
qui survivraient sans blessures graves , et mille devers pour 
chacun de ceux qui seraient tués ou blesses de manière^ 
devenir impropres a des combats ultérieurs ; on demandait 5Î 
c'était une vente ou un simple louage, c'est-à-dir^ si le par- 
ticulier pour lequel les gladiateurs auraient donné leur sueur 
(on ne parlait pas de leur sang) pouvait les garder poiir lui 5 
Caïus résolut la question avec la plus parfaite tranquillité 
d'âme: il est plus probable, dit-il, que pour ceux qui restent 
sains et saufs , c'est un louage, ils doivent retourner a leur 
premier maître ] quant aux autres , c'est une vente , ils ap- 

* Voy. les inscriptions chez Gruter, t. I, p. 333 et suiv. 

^Tpc. Quopst.^ l. II , c. \7j l. X, p. 435. — Epict.^ Dissert., 1. I; 
c.âO; t.lj p.'i57. ^'^ " '[ 

'^Seneca; èp. 37,1. Ill, p. 1H. — Pelron., c, 417, p. 540. ~ Comp. 
Cod. Theod!, I. XV; lit. 42, 1. 2 et 3. ' ' ; ' 



LES CLASSES LABORIEUSES. 109 

parUenaebt à celùî qui s'en est servi , car que ferait le lanisle 



dexîadavreâ ou de corps mutilés ^? 
Siles gladiateurs se battaiei 



re^regies oe 



battaient sans peur et se tuaient seloo 



3UP OC» 



fe la spience , une partie de Thonneur en revenait 



àl^erttrepreneur ; ^\\ était satisfait d'eux, irtcsgratîfiaîld'un 
tombeau avec une inscription : un certain Constance élevâ h 
ses gladiateurs une pierre pour les récompenser de s être 
tuc^ de manière a s attirer les applaudissements de la roule % 
Il y^yait aussi des gladiateurs publics, entretenus et exerces 
aux" frais dé I État et recevant une solde du Gsc: Cïilîgula- 
ajaut besoin d argent, en fit vendre un jour un certain 
nombre aux enchères^. Ces gladiateurs, joints à ceux qufien- 
tretenaient des lanisles ou de riches particuliers, otaieot si 
nombreux que plusieurs fois ils essayèrent de secouqr leurs 

chaînes, et devinrent, dangereux pour 1 existence de I Etal. 

;jTI7juj)£;L a ,0:; j,*:.'?.' n ' ^ ._ ,^ ^. .„ 'i:j>l 

La révolte de S^ arlacus fut si formidable qu elle ne put être 

vaincue qu^p^ légions de Crassus et de Pompée ; plu^ 
tita les" lactions des gladiateurs troublèrent fréquemineïJt 
fordre putiic a Rome; à plusieurs reprises, les empereurs 
IjBs enrôlèrent dans les armées, dans lesquelles ils côntr i^- 
Duerent a introdui un esprit d'indiscipline et de férocité^ 
<^uoiqué classés par la loi parmi les personnes sans tîonneur^ 
leur nombre et le sentiment qu'ils étaient indispensables 
tant au peuple qu a ceux qui le gouvernaient; leur donnaient 
juiii^ haute idée de leur importance; cet orgueil était singu- 
lièrement augmenté par les empereurs qui se mêlaient eux|- 
imémes k leurs luttes ; Commode n'était fier que de ses six 



ijfwm., l. m, § 146, p. 27i. ' 

^•Constantius munerarius gladia \ toribus suis propter^ favor^em 
n]tu \ neris munus sepulcrum dédit \ Décor ato retiàrio qui jpetemi^ \ 
Cœruieum et peremptus deci | dit ambos extincxit Su<2t« utro \ s^ue 
protegit roaus 1 Decoratus secutor pugnar, VIIIl | laterœ Ux'soh^'^dô- 
Ion prtvvmrehmiit.f Trouvé en Istne. Grut., t. l, p,^Qo3j ir 4. ,,, . ,^ 
3DioCassius,l.lX,c.J4,t.II,p.m. ' ' "' ^^ 1 < ^..1 ...o,> 



110 CHAPITRE III. ' •» 

cent vingt*sîk victc^ires d«ins le-cirqtte ;<tid dé ses.bidtoriens 
a pu diftrqbfiF était né plutôt pour êt^è gl&diatJéUrijuë pour 

Chit^ê les gladiateurs par profession ito'f^àfr^lgoflM IjiîrsÀVig, 
oB^ElSéiaAteoifÉbattre aussi des condaiiitiâsletvléiÀ*)iHébi)M4r^. 
CêM'p»altiaêrae avoir été l'usage prii»rtU^.''!)ë8*feri^%feiîts 
c*tt«dèl Wéron forçaient de descendre flanà'rèfrèBfë''(!ëî ëhef^' 
vriiërs et des sénateurs, et jusqu'à des fèranf]fès^aës''<ifïàflles 
les'j^^ïs nobles 3-, on ne sait de* qui Ton dMi^'éttthiièfr' le 
phM','du despote qui cherchait à déshonorer t6ut''éë'>qiii à 
RcfréM^ brillait encore de quelque éclat, ou de oes' lâfches Ro- 
mfiirns qui n'avaient plus assez d'énergie pour râJiitCT* à ces 
cafï^ites' sanguinaires. A l'époque des perséènlWns contre 
rÉg^Bse, oh condamnaitfréquemment les chifétîteàs'abt5tt|ae v 
o»icroyaît ajouter à la cruauté de ces sénteneefe; èrt orton- 
nak qoMIs ne reçussent pas de solde du fisc ]!»ubn(i^'e^ qifSs 
ne pussent pas apprendre à s'exercer à t'escfirte p«fiir%è'dé- 
fenâre contre les agresseurs*. Dans les derniers t^psl de 
l'Empire, c'étaient les prisonniers faits aux barbares qui f&ur- 
nïssaient le plus de gladiateurs. S'il arrivait aux armées ro- 
maines de remporter une victoire, les captifs étaient inetiés 
à Rome et livrés au cirque -, le peuple, saisi de frayeur 4 la 
vue des Germains libres, se donnait le lâche plaisir de les 
forcer de se tuer entre eux -, assis en sécurité sur les gradins 
de l'amphithéâtre , il jouissait en voyant ces géants prison- 
niers trembler, non pas de peur, mais de rage et de honte ; 
les barbares, auxquels ces spectacles féroces étaient in- 
connus , pleuraient à l'idée seule de s'entr'égorger sons les 

A^Hetèdian., l. I , c. 48 , p. 36. — J. Capitol., Ânt. PhCl., c. 19 ; in 
Stfi^tt.'Mst. aug., t. l, p. 66. 

aXSie?ôr., Tusc. Quœst., 1. Il, c. 17, t. X, p. 435. 

aÇtfïîH:, ifin., 1. XV, c. 32, i. Il, p. 2i9. — Suet., JV«ro, c. 12, 
p.\S6îr- 

*Euseb., De fnartyr Palœst., c. 7, 8, p. 328, 330. 



LBS GLA$8GS I^^BORIEUSES. 111 

yeux d'uQeipapiiiiIace^quvysevimlaiterijtiQr&d'étrie le peuple de 
Mar$,,ip«j^fl^<ipQj^4»t^i«ar ce 4ii(rev.n'%y»iiïipl(is.^fie ja 
dureté de ses ancêtres, saa§ avoir leur coqrage pgilFiirtMô:^ 
Qfl^r:Sft!^^W)jdewp^de losaiateâdnt ce que ^ml^mt^^m^ 
jeu^lc^.jiftwnfi^j.^aii'^^i^ cmx qui paasaieiH j)|OMr $^£i^. 
nofi^ fli9^§,.})0i;rieron!P,4«iitec les opinions de dftB^:lM¥BpW§:: 
quiçji^ gH?^?î 'Siècles (le dislance, peuvept être cftppyléçp^r. 
coj]}f|f^i|e|S;;,€|rg^K^)da Uesprit païen ; noqs purleroja|$ ailleurs, , 
dec^^fi.qui.,.ob^^saat soit à un mouyeaient de ieiir.ç^^s- * 
cien|çe,n;3|tui'^Ue^ soit à une secrète influence ^.cbirjstiaT'i 
nisq^,açi liant .prooQucése^mtre les gladial^eur^^ p^Hp^leq^^ 
m^ftt, iji^jnip^orie de .naoalrer que , parmi les corypfrécyst de 
la.p^ç^ç ja^ti^que , parmi ceux qui ont exp^riïp^- Ig , pl*^ . 
exagfj^fjjii^J;, l'esprit. e|; tes tendances de la spQié^érpaï^n»*;, ■ 
il j^'(^|itf(^i;9^yë des ^déTen^urs des sanglaiHs ,^f>p|t)^^s.di^^ 
ci^^Qi^ ^icéficm J9e les regardait pas eomiqe.blâfpables.; H% 
étai^^^.^q,avis une evceljleote école pour appr^r^^,^ mé^ < 
pr^^^t^^Qifimr et la niorit; quand il voulait pi^Q(i^^,cQ^^|d^., 
pe^R^plifrr^^reiee, Tbabitiide, une volonté ,réft^pbip^JJ,i^.H' 
tal^^je,.^^-froid, le courage impassible des gl%dîfte^ ei.^ 
le^lrr#WWS3^on aux ordres de la ibule ; il se born^itk ajpu^ . 
tei^fqjiiQ si.ees spectacles paraissent cruels^ quelques per^. 
SQïype$?, M était apsez disposé à trouver qip'plles.ni'avaient pa^ 
tort) dès qu'on /aisait desc^dre dans Tarèae d'autres com-^ 
baillants que,des criminels condamnés à^ort^, Geltereslric* 

* *PMsMartia.^> Symmach., Epp,, I. X, ep. 61, p. 293. 

l ^ Q^f^ fr^élioçrU gla^fitot ingemuit ? quis vultum ffwtçivit i im»-,, ^ 
quam? quis non mode steiit,verùm etiam decubuU turpUer? quis, 
cun^ demàuissef^ ferr^m r^cipeve juifw ^ çollum con4raxiti*,j/^titlim 
exercitatio, mediiatio , eonsuetudo val^t !» — KCrudehgl^^t^fjtffj^ ^ 
spectaculum et inhimai^m DOiv^u^is videri solet^ et /^fj^y^to ftn,f/a 
sit y ut nunc fi/t; cun^ ver à sentes ferro depugnabant , aur^^^^ f^ri^se 
multœ, oculis quidem nulla poterat esse fortior contra dolorepi £t ,, 
mortem disciplina.» TuscjQ^œst., 1. Il, ç. il,,hx^t P.»î4§5» nv^ , , 



112 GHAPlTREIll. 

tion est de peu de poids -, car la condition de ceux qui sont 
obligés dé ^^entrettier pour le plaisir de la foule ne change 
rten% là nature du spectacle lui-même ; et , de pins , forcer 
^â;^k;^kieis^ s'égorger les uns tes antres, c'était pr<jnver 
lîi?btf^oinpr^enaît peu le butmoral du ebâtiitient; ee^'Stait 
qu'une preuve de plus de la dureté de fa' tof et de f%fiM|ssie 
^s^nîèSîrs domaines . 

'-^^Séàs âcf nous arrêterons pas au panégyrii^de ConSàîii- 
^ttol^tti'; eti Sl3, loua cet empereur d'avoir fait ééfVir'mré 
dêffite dé barbares à la distraction du pevple, en l^irrant fes 
-^rlsoïiniyrslde celte race ingrate et perOde aur Irêtes 'du 
^*ftNjué^t 'Aafsnous devons relever les sentiments (ïe Sym- 
'Wkjfàt^^ée cte'dérùier païen , de ce membre actif du collège 
^IW^^an^-ïfeiiiSfes , qui a parlé avec tantd^éloqueheercnfaj- 
^<*Éw *tes^^irèîèhs àt^^ et qu'on â tant eéfiteflé 

^fltip »ear térWs antiques. Après une vîcloîtè de fartnoè^iP- 
^MÉËè'^tirWSarmates, dont les captifs étaient n^iéi4^s'i(i 
^#wf«é, il s*eîpf!nia avec on dédain peu sinéère suf le cotripte 
"et te» barbares , si fôriûidables dans la guerre et tniinieùiîiii 
mtàé è*«fifrèf , en se voyant obligés de verser eux-métnè jfiràfr 
pfopresiifg^.ffdonha lui-même, pendant son con;^feitv'4 
|»(uimm*s^rej)rises des jeux de gladiateurs^. Un joorfl^dféstî- 
ildit ^ udh éombat des Saxons prisonniers 5 pour y ééfiapp^, 
eeuxrei, ïlaÉsIeurscàehots, se donnèrent la mort; Syihmaque 
tseplâ^i|tiit viveiÈent de ce que «ces gens désespérée, en se 
tuaM ie leurs mains impies,» avaient frustré le peuple du 

* « Quid Koc triompha pulchrius, quôd cœdibus hostium utitur etiam 
4n| 90êftsêm omnium voiuptatèm, et pompam mtifienrm «Ke i«Nf|i4r êar- 
Mriiffl wimUt mmff$erat y tcmtanM^ capti»4mAm nrn^HtwÊ^nkm' ^mitÊê» 
io9ii9i(ymimffroti et pêr/Uti non minoê dùiorés ê9 /«iMn'iatirt^ fMlm 
60 ip9é morte patiantur.9 Incerti Paneg, Cotwf ., €^S8| inr^ikUii^ppit 
i. Il, p. 335. 

^|..X^ 1^:64, à Théodise, p. 295. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 113 

spectacle de leur mort ; pour se consoler, il ne lui fallut rien 
moins que Teieinpie de la résignation de Soçrfiite.),t9ujours 
tranquille quand méo^e le sort contrariai t^ ses dé$^*fiif,,^ IV 
venir^.dit-iit. il n$t prendrait plus pour le circpie jte^fjWjgfifg 
plu^^célérat^qneSpsurlacus; il demanderait d^,Ug9%^jla 

En Voyant les meilleurs parmi les paiei^ fPtt|iéfci4»^ 
2iiai|[^diii^|i$ delà vie buipaine, on n^ s'^tQ^n^^^lus 
de ta|;pas§ion de la foole pour les combats degia^i^ten^isi^ 
loèa}jp.tmp^, ona|tpréciera la terrible influent jqpf^fçef^glf^f;- 
tacles oiit dû exercer sur l'esprit et les mœtir&dp jpi9iu>}^. 
Lesderniers rest^ de sentiments plus faum^ina/cti^ élé.f^iiflif- 
fés ^ la feBune s'est endurcie autant que Tbomme ^j^t, ^ sb|%- 
n^ntkrampbitbéa^tre leurs enfants qui imitaient eosu^da^ 
;l^ipj(sqi];.i^s/:<WttI]^ gladiateurs^, les parents ont. piréfk^sé 
j^Jl^i^\off^Si^9f^ cr^ueUes que làcbesqni ont h&té ta fuîi^ 
j^,rf^t;^e rp^in. U est doux de distinguer, à tra^maJas 
a[p(^n(Ussei|ients dont la société païenne couvre ee&jiiaDis 
.$^^qjgj|£uit^ quelques voix très-rares qui, encore avMjL jlip 
tefpp^ /le rinllH^ce du christianisme , protestent ^Màt^gtn 
ég^i^m^t.d^^la ççnsqience humaine. Ce scmt des po$illi|^4i|i 
nousfqurnis^nt ces exemples ^ c'est Ovide, voyant dMftfit 1^ 
théâtres çt les. cirques des écoles de corruption et de hnrjb^ 
rie|do«)t îl désirait la suppression^ c'est Mantlius^expcitmiiit 
çn vçr^.4i^rgi<iu^s l'indignation qu'il éprouvait e^^tï i^i^ 
^lUapt l^s dai^ereuK effets de ces jeux au milieu. 4&||i ptîliV 
Dans cette histoire de l'égoïsme du païen libre employant 

J nfyimn ^kmm^m y H quando exctdtt cttjMrw aut âm Hmmê ^'mmi 
tOUê q mi 4Ufi^m i €Biiimiasse,.. Sequor sapierUis ^o mÊpkm «t^tm^êà^ 
nm^paNêmitmki^ quàâ Saafonmn numeruê mon$ 9miitMtmmyim0m 
suwmmm ^kwrttûm popuH mlupiatibui «fefti...» L. U, ep: Mf^^ 5iw> 
« Epict., Diuert.y 1. III, c. 15, t. I, p. 419. i^ ; • 

30vid., Triiiia, i. U, eleg. 4, v. fôO et suiv., t. III, f^ «^ , Ju.Jl[âni- 
lius, ÀMtrony 1. IV, t. 220 et suiv. ; éd. Jacob, Berlin 18^6, pi 129. 

8 



H4 CHAPITRE m. 

son enclave pour ses bèsoiss coi^pie poifr ^s pjlai&irs i sans 
son^ qu'il abusait d'un hoIn^>e qui l^i él^j^2^^^^igm^, 
natu5^lQ;..nou$ n'avons pas ^^niçoreitQ^ij.^p^i^^jit^nejjp re^i^j 
^ffl A5^i^^'.?jou^er au lableau ^ ce n'^^.jjaç,,jç.jflfii(ft,tHdfflïî^, 
^^Wi 9"owi»^ des savanls, enlraH^^i&^ij^iiolfflfoPrtbgéirl 
si?jfffi§')^^P^^^^''*^"* P^"^ l'antiquité., ^jf}W>«§tl)ïiteiBÇ|èçéh 
s^lJjîj^^jQu^ des couleurs plus belles*.. WftB^.ïflOSP;ïlîff*IPI?»?j 

i,^Ia,pff)>s .circonstanciés.. Nous ne vou^js ,BqMïaf^*n*ÇPlftT> 
vff^fi/iàfi^ la. Jeune esclave livrée, si ellea^9M'<l^f^l).^J9S^n^l 
l^ppa^^s^iqn du maître ou vendue soit ^u>4Fpaf^4r,,[$o^^(^(l0, 
spjÇÇj^ „ jpai&de cet amour pour les jeupfl^j^Wfls qi|î{M)>% 
•^fll^-^éi'^iP'l*^'d^'^^^^*^l® de la vie son^jiçMf é^W^RflmëJWli^Ji 
^s qf;/^,,l)BXïS les lemps plus aiiptèffif ^afeiiwt^h^ifWWl 
B^Hpi^i^^H d^fl^rt l'homme qui forçait.MP ^if^^à^pj^^sf^i» 
qft.pgcti^avjçp lui ; elle notait dMnfawi^^ Ifejwliffl^a'jMjJï^lte 
4f^iç^d,e.raçe libre. Cependant la pasôi^n ^ fllsscftpè^^irt^i^ife 
Iftjjfti^. fit, tomber celle-ci en désuétucj^îù^ej. jjpn^iHfpitfiniBft 
c^^t^ç ne, larda pas h régner sans cont/^s^^iAp^iài^iti^i^ 
çpipîji^e a Sparte ; il était avoué publiqwi|a^^flflj^f5«aft?! 
^^t,piaï;mi les grandes délices.de la vie \ \^MV^(^lpmk0«m 
la nation avaient leurs esclaves imberbes avec lesquels ils s'y 
livraient sans honte, les poètes le chantaient et les philo- 
sophes le prenaient pour sujet de graves dîscutssions, tiulle- 
ment destinées à le couvrir d'un blâme 2. Il s'introduisit à 
Ronjp, à la su|te de la civilisation dégénérée de la,.Grèce3. 
I)u,^0n^)s de Cicéron, la loi Scantinia leipmksait d-nne 
amaiide de 10,000 sesterces, ce qui n'empéebati pas les 

I ï^.îex. fr. Jacôhs, Die Mànnerliebe, dans se$yermmht0 Sokrificn, 

l^Xçnopl^/, QonviVt., c 8, t. V, p. 200 et guiv. m Mhen.^ h ^XHIy t. V, 
p. 177 et suiv. ; l- j i 

3PIutarch..t FUtamin^^ <?, 10, t. IV.-rCiceri, Tufn^Qumi^tJ^ l..lV^c*33, 
t.X, p.o24. ' . . ■ .. „r. M. -.,' .. •. ^ 



LES CLASSES Li^BORlEUSES. 115 

hommes les plus éminents de la République, des magistrats, 
died'èérkëân^ îOféfhé, de s^en rendre coupables^ Sons IlËm- 
pirëv (jttâfld (m rappelait les termes de cette loi, 'ce''ti*éWîi- 
ptHftl^HinM âttfe ^im pour en manifester l'impaissànee,' d^ ta^^ 
laMii^CloUtler p^es^ne aussitôt dans Toubli^ fe htHii^v^' 
atÙléi'fii^iVli'ëiiofrtnes progrès, bravant à la fois Fes ^feâëtfp^^ 
ti«^'d^»Éi^iëgUlàtion inefficace et le respect lé ptusVâl^ffê^ 
d*^+â''pn(ïéttr 'publique. Il n'y avait pas de riche Kôrfîairf* 
qâJ^tt'^tû! paÂHi Ses esclaves des « troupeaux » de garç'ôbs et-' 
fëmî&ëè**; les empereurs donnaient l'exemple de ce Vîcii' 
cdnkne de tous les autres; Adrien lui-même n'en ftîtpas' 
e^erttpt^. An deuxième siècle, il y avait à Rouie tfes MiSiC 
]^âl$Kéë,' habités par des scorta virilia, payant le même im-' 
p«^«ë^lès femmes prostituées*. Pour comble d*infetrf^ , l^i* 
<:lÈflS^ïèttîélte-mèi!ic servait de prétexle à ce crime: dafts M 
â^tkiides'^U -Liban , comme sur les bords du NîV, il'y alla?? 
dé9>t»*W^te*'ato«rt tes prêtres le pratiquaient soîfô f JnHro'cà^lbtf 
Màtidfeu^^^.'Leâ philosophes de la décadence manftêstiii^ift! 
tmèi^Àleléit^ manière de l'envisager ; Lucien dlsèiitadV^tf 
sSMIS^e'€ffi«)nfée l'origine et les avantages respectifs^del^S- 
i»W^>Wfrite femme et de celui pour Thommé^. Pfnlarqtfe 

^f\C^r.^miipp. 4, c. 6, t. VI, p. 280. . | . . 

^Ôuiolil., Instit. orat., L Vil, c. 4, t. H, p. 44. — Sueton., Domit.. 
c. É, p. 38Ï? — Juven., sat. 2, v. 43 et suiv., p. 36. 
'^8eiiéèaVeW.'47 et 98, t. ITl, p. 132, 447. ~ Colum., î.' I, pTCBt.'â 
SmpU. WiiW!i<«*;,-t. I, p. 21. — «Tito pappeifpcoV^&xeVatV^vbîAt'oiç 
^lC«À«;'fbs^â9éttiv «i^S^TâiV) ittl(fôa>v è^fti; âcrirep titînovibo^ilSbi^V 
(xuvaYetpetv aÙTcavir£tpoi>fi.év(ji>v.uTatian., Or. contra Grœeos^c.^^^ p. 267, 

4ifv^rSàét(M»., Tiber , c. 43^ p. 453. — Tacit..4wn., 1. V<, <;. ijt. 1, 
p. 259. — Lamprid., Heliog.y c. 33 ; in Seriptt. hist, aug.^ Xl l, p. "ÛâI 

^5 AilH/Vifeton- ^ Cœsar., t;. 2», p. 124. — Lamprid., Al. S^^.y è/ 24, 
/. c, t. 1, p. 274^. "'^ '•*■'"' I 

}:»Euséb.,i m€^ ebnsi.yllh c. 55; !. IV, c! 25, p. 5i2,«53t>'= i" ' 

^Dans le dialogue Amores ■ l, l, p. 873 et suiv. « -' 

8. 



116 CHAPITRE IV. 

iraita le même sujet, mais pour lémeiguer de so» aversion 
pour ce que sds contemporains n^ ^Ê^râ4i«Ét'^pâ9'J0i^ 
une honte; le sentiment de ceat^i^ eoahmeën^Igâiiéfâttdé 
tôofife l^tîditiUitiéBur cette matière , «Mi^fviBiè p«()Mdintér* 
foëà(é0r 4éÉ dialogue de Piiitarqse qai' s6iJtte|jtii|u«il0iiiia» 
iââgë^ë«M)OiipourrBtat, que les légtsllc«]lr{Bi4bÎDea otiîfliib 
àe^tëlfH(AûtnMâér}à laTouie, mais^<iueil09féiiiiiiietî'o^ûdi 
âticttie par ta i'amour véritable , ceUri-oi n'ajmftb\}(^mi'sipjék 
({ûtè^i^jmne» et beaux garçom^I ' ^ îîjjV» mn \t 



'l'y 



CHAPITRE IV. 

</((«(• ..iil' •,■ . , ■ ; '■■-. ., -...j ,5 „(> 

*" *' ' CONSÉQUENCES ET EXCEPTlONii.' ^ '' ^' * ^ '^ 

a: )§ i. Décadence de la société antiquiv ' ';o . mIùIH 

1 Ëiii()éti;iisi$ant les divers traits du tablaau.ijuçtiMomiyiioi^fk 
dles^tuisMr d'une manière imparraite sans do^te ,»flN»W^M(fn 
fisantei*0e< nous semble, pour notre but actuel j.(^a>pp^rta 
se .fiûretufile iéée di Tesprit qui animait la sociiété p9^m» 
Le prtooîpe qoi dominait Tantiquité était Tégoïsme dn^.plq^ 
fefl^ \dM{&l celui de l'État, tantôt celui de ripdjviclq,,. La 
pessodnaiytéde rbonme, sa liberté, ses droits na^nreli^ 
étaient méconnus ; TËtat ne connaissait que ^ecitoyen^j^JQ^t 
ydibsèyrbaôt toutes les forces physiques et intellectuelles :^i le 
èU9}iû^,j6n dehors de ses relations avec TËtat, ne> voj^ 
pàHtpiiiiqaejdes êtres inrérieursdoot il pouvait^etservk pour 
sa jouissance, comme l'État se servait de lui-même pour ses 
besoins politiques. On avait oublié que Thomme est respec- 

* Àmaioriusy c. IV, t. Xll, p. 5. o,. : ' ' .. 



CONSÉQUENCES ET EXCEPTIONS. H 7 

tablç par cela 3eu).qit*ll est homme, on ne TappréciaU qu'en 
prof^ÎQ^QiSapO^î^ e^t^ieureria condilipn s^Uiie était 
U nle$lw&'^^4a^iiiyb»av iiî^ivUtnelte. La familie^t^l^^niwiage 
nfétaieiitcpici âcaiii|9ëtiiiîoii$.poU tique». sansbutfmQlsMfiQur 
Iesiiidisi4u$iplafieiriiqe ^ait éesiiuiée de.aQliirMg ip^inr^i 
dwsda BMété^'Umfàiâ\n^étsiiqn'un futur €ÎitQyeD»^t}9^U'{N 
ce^qo'iliJsnliiM eo)jon|ssaDoede sesdroitSyD.éisiitJaip^r^pftéi^ 
éif <tièiiti9()eifttpvre iet^te travailleur étaient oiépmiiéf ^fd^^ 
qu'on n'était citoyen qu'en étant ri<Ae et enneitr^YaijIhiQf 
pas *, le vaincu devenait l'esclave du vainqueur, et comme 
esclave il perdait toute personnalité pour tomber au rang de 
la chose ; en un mot , l'égoïsme régnait partout en maître 
et dénaturait toutes les relations sociales par ses exigences 
despotiques. 

On a beaucoup parlé des mœurs polies et de l'humanité 
des Grecs , de lv^}0^if5i^^e7SflkQie et méiçe djs la clémence des 
citoyens de Rome : si le tableau que nous avons tracé est 
fidèle , on venra^quai eai^ii faut faire de i&m jogpments exa- 
gérés. Là où rindividu disparait dans l'État, et où la vie in- 
di¥tâtt«lf«'il<*ff<)^Ër'd'autk*e r^le de cotidutib-qûi^inDèéniSlet 
pti^^me btf^(|ue)e bonheur terrestre , il ne pfn^yifmib 
6îî1i¥tt]ef*)^i:^iiiatiité, ni vrafie justice ^€i<iérofi>lui'^méfileft^ii 
réftfMMMiI: vt nous n'avons , dit-il , du vi'aidroit , éenla'ialaâe 
jti&^tlc^^^ à^tfattoe solide et réelle représeaiîaitioii, ^lOiBiip'eii 
àvbDÀ<i]U^unë ombre, une faible ima^Jb; br , iibalij ^taîi 
pas de^ 'lustrée, parce qu'il n'y avait piB^é'àmduriÉsiâedeQâq 
pect poiirThomme. » «;^ - • "mï Ja9icJl^ 

L'égoi^e public , loin d'être tempéré'|)ar la^oîidfaîleriéeË 

individu^, y rèj^arâ^sait avec toute sàSûnùtiilme.fiSfiisài 

en êti^e autremunrt^ car la morale politique de ilifwrliqiiiAq 

' ■ ' :i ' ' . ' ' ' '^K\ù^^nlO{ sa 

* ^iNos verôjuris germànffque justitiœ solidam et eoôpressœrnéjftgièin 
nullam tenemus; umbrà et imaginibus utimur ; eas ipsas utinam se- 
queremur.» De Off., l. III, c. H, t. Xil, p. ^30. , ., 



H 8 CHAPITRE IYm ;.. . 

n'était que le fruit e4 l'expressriya 4e llèspriti de âhaouû de 
ceux qui la 0(»ap08ateût. L'iitdi vidai isrtail< foîb Ja isodtétôik 

, sôix iioagev U n-ayait pas d'idéal i)iii^6ât#t}uMkrvirjd0t]rfti. 
Q4AtftU felégiié dans les myUm^lè^'fva9ii£^.Si0tt9ltoîfS'4f'^ 

.él^tr^p^llèvr, d'un âge d'or perdui li'bqmttiQctibn» m^^»^ 
è rStM^ipareeque TÉtat était soir, oantinai^ m\%ist»^m^^^ 

fym.ffùpiiéiéi et qu'il iuigaraoiissiitlcisinio^toAJèiii^yfl^r 

s l^faonbeirr terrestre. Mais, s'il airaitdes^dbvoifi et)MliSoliÉliit, 
4( n'ien! atait pas envers rfaumanUé ; edk^Vj t^ftstiqïtiiéjie 
la cono^ssait pas ; au delà de la pairie, i) ii'j'avjib.t]il^4!^s 
barbares ou des ennemis, et en dehors des rfitatiûmpôU- 
ûqiidi q^edea personnes auxquellea on ne^i|aii!'mA:iiIl 
fiPieniiSiHt que , dan& toutes les cirGcmstancffiB éMngànasiairx 
•rapport» dli< citoyen avec la Republique , ^il étaàiimitiB)de 
^aes^atitionsiel abandonné à son égoïsme iiidiiir^Bél.dPbiKbn 
restiflHil4 rofoéifisance aux lois , la sounissiofi èltlel (térslte- 

' iiieiità'rËiat, plus on se croyait libre de âuiTmè^qias6niis 
6t<sesi désirs, là où Ton n'était pas retenu par des çoiéidéra- 
vtiQoe^politiqaes. ^"i r/ii Jaoni 

M 1. {Aussi longtemps que les vertus civiques étstiëiliTéitfs, 
eUtts mettaient un frein k Tégoïsme des hommes^V^r^^Ue 
Jtltter pour la défense de la patrie, stimufés par le é6ékiàe 
tà^rendreglorteuse et grande, les citoyens grées et irdmaios 
tfouvaient dans leur patriotisme le secret des admii^dies 
éhoses qu'ils ont accomplies. Mais il vint une épogue^Aù 
karsverlu» s'affaiblirent* A mesure qu'ils s'enrieh4ssâiêiM{et 
qu'it£( étaient entraînés sur la pente d'une civilisation fmt- 

•^nîait extérieure , ils ne demandaient pluscfik'à joitir de^tenr 
fortune ; l'intérêt public cédait la place à l'intérêt personnel -, 
Fégoïsme individuel l'emportait sur celui de l'Élat. Lé§ ins- 

' lilulions du monde païen étaient impuissantes pour arrêter 
ceitf; marche fatale^ la société antique entra ^an^^ Jsi' pc^j^iôde 
de sa décadence ^ les vices de sa morale ^çial^.tfareiatjjes 
causes de sa chute. • ) i > » 



CONSÉQUENCES ET EXCEPTIONS. 119 

Pour la Gfèee, ial décadence e<»inr»ença k une époque où 

/Home* était encore forle et grande. Les RojMtna^ tiçtiïrieux 

id^$ Gbecs^ les méprisèrent pour leur légèreté;, Mri^t'Adie, 

ftlèiUv.HUiliteBfie, leurs débauches qui devinren^fi p»i»4«rMal)és ; 

'tkétim tilëxbgéra;point en disantqu'il nYatratitfdtisoitiefpléu 

^ di^69êf(d^0oes de leur ancienne gloire^ €e]pend&iit4éil Ré- 

^lf0Én«fné»ui9d^f)tiit'pa$ li devenir leurs imiuieursfàl^éffo^tte 

'JÉfèMe^iiit(^il9 se» vaillatent d'eux, ilsdescendaîeBt<lëjà>lfl^nte 

^•«apidei'defld déeadéDce morale et de la dissakitioA.de^la'Sd- 

-^éféUK'tlÂiS^^ertm politiques, ébranlées par les guerre» civileb, 

disparoiâsént €on4)létement sous l'Empire ; l§s riohëS' Ae 

prenéent' plâs aacuo intérêt aux affaires publiques^^ to>4eft- 

poUsmi^ides efliperâUFs paralyse toute énergie^, ûmnKfùi 

'isonâercenfttquelques restes de pairtotisme cherobentuMiqsile 

(idamd^iéBigBaition de la philosophie stoïcieftiie>et'!l£Bs»nit 

-attiTiè laldériroile iveôsseau de la République , en^sèÎMÔtm- 

<AiiiEfôidp<;:géodr des périls qui le menacent ;, ohieks'léJgend 

-mofaitee; une indifférence absolue remplace ranoieiibdÉeolffi- 

ment civique; dans la société païenne, chaoonpne'iof^tipilis 

"^brolôtitéetaux plaisirs du moment; rintérétsèul^aontnme 

ldil'!fif»etète, devient le père, le frère, le parent,} ImpeeUîe, 

olaDîeu des liommes''^. Beaucoup de Romains Vont ^qhoddibr 

lUBiûliment el un prétexte pour leur égoïamei ^ânsfihiiphiifr- 

'Sophle^matérialiste-d'ÉpicuFe qu'ils enbbrassenlave^flméitë. 

Ce.sjstème, sans principe moral, ne connaissant |i'ftua»lloi 

qneJa^ jouissance et indifférent aux malheurs paUm6«;i8oè- 

vm\ auftigens du monde h une époque oùt&égaaienloàdï D^- 

. rol)}(>u.des:HéHogabale; de tous les côtés on rinvo^aèbkda 



Sat.^ lih. n, sal. 2, v. ^0 et 11, p. 248. - Cicer., f^?,9."*>*^"^§|f£^f • 
liB'. I, ep! iX IX, p. >ISO ; —/nKerrem, 2, lib. \]c, 26, t. Hï, p. 261. 



f, 



«iïf tUioo 



- Plid., ffi*/. nat.,l XV, c. 8, éd. Lemaire, l. V,'p.'38'2! 'ii.fuven., 
sat.'^; Vi^eô^'ét suiv., p. "48^. ■ " " '^ ''<^ ^'> 

^Disêert,j I. Il, c. 22, t. I, p. 3U. ■• • • «< iU r.'jrjïifi'j 



120 • Clf APITRG IV. ' 

fois pour justiâar les plos vils esdè^-êl^pdiAf 6e^%btrs(raire 
làchenieaDau»4éro»^s dit éwyèà^^fëi^ ^i»fimth'^È^i' 
cure )i. étaient' ufiîsii)€f de méfiris p6tt^k§^VlAe^bi ^i^ étë^ 

paréi^Btaîlieniëriilé l'État amii}ue^) « baonidtitffriMltibmiËldt *' 
e^anoinfaôcpltles. liens qui tesy vailacIfeiiéfltfi^éHMifbrtt^il 
poD1(^«^^la)a)tleIldre de la populaoe deb ^iità^^iWifff$Htù\f\ 
atiiiev«épi»isaiit le travail autant qu'elle était dgpftsèe^Hte^'^ 
méinev vivMfl de dislribittions journalières, <rOMafitut^ur¥ 
twf ^u«4ttiMtes ou aux jeux du cirque y elle^ ptédpiltàt < 
dàfi^t^ibimeiavèola même ine^Mknee^e t^4lifae^i^K^Ei^^4 
ptoi»éibiedfVfé^apk tyrtind ou aux trMpés èé»fè(K^i&ik ^-^âP^ 
laiofc tii^lm^sièmes des philosophéS'nii pM<fyieôi:»ftn)iittei^^^ 
dàiil$^>l«â'^oéears la force nécessaire' pour saufëi<idiirAdfa9«f<i 
qyi' s'en àl(«« ; Rome n'était ptos, ^ni<n^ «âll^^8<«Bn[ip$'l 
pfimil^, lè^ourde toutes les^^veîrtâsarit!qjjfèé'^^lcër<^l<^l> 
lus avaient disparu; celles du citoyen , aussrbl^tf^qéé'cfénèiP' 
deroibmîffiëj^vé, avaient péti dans la r«iin&^«[riVèr&ënf^; 
re^oîâmfei sous les formes les plus diversesf et^lé^^ffMfsf teicM*'^ 
lensesj GiVeief sa K^cbeté et sa dureté, son RbeHiM^ et 'éttti ' 
indiffértltfccJî ataît tout envôM; il devait en êtréf^ainsi : iîéft^ 
é^biktaë ê^ih PAtim de la morale antique ;iT ne pouvait' 
pt*éd^iW flttalemfent que la mort de la société. ' * • 

i?! ' . .' I > ^ i; Opinions plus pures. ' ' ■ ' 

,^\^,5(qçiiw dira-l-on, il n'y avait donc riefl.dç ljon,daa% 
ce(jffp9^ ti\^^3W^^i sans la copnaissance duquel iiVi^ éd\i(;a- 
tijQi n)i9)4grQe.gstJ.ugéB incomplète? la coQsci^n^,t)uiQaine 

* Cicer., De fin. bon, et mal,, 1. 1, c. 7; 1. II, c. 44, t. X, p. 148, 192. 
. «Horat., Epp., I. I, ep. 40; dernier. vers, p. 298, « * . • i 

'^ M Virtutum omnium domicilium,i> Âmm. Marc. /L XiV!, c. 6, talf p. 21 . 



CONSÉQUENCES ET EXCEPTIONS. lâl 

n'#Tfe1Slkc»W»fo^t :,§ni6Bdre m voix ? oe rônc0nlre*t-on 
â^Çp[%i4!ïftM989tf ^'él^v^ii,|[iattri>fl0S9Us id«(ml»»ij0ahe3ise] ? 

tetiant que Tesprit général était. é$|mlU6ltesl^nbégIfi[!ite^aMs'J 
re^6tfjilha«9i!HemAiVîP&ur l'bQmnie , Bmt^)iwiimi8ysi]&s 
aififSbtôlfifiif H|niii>|Fifr ôii des^ges priant lèiira le^âidsFpira^ 
h^h^iSdMr^^ldiEdiMv^aas^'eii rendre QôiBfftêcpèciliétre^c 
P9dttfei^$MÎI^HUa6 deiiaiixorale paieone^ éi^piiitestalît:^ auc^ 
m«H^96»ftlJ8iteJft^6y içtiotre tes teadaoci» qoî d^HMb^îèbl i: 
cI|sfij|^urgcP6^f 1^- ^Gb^ piu^^rs t^mmtiÊt émmnfBiiÊkA. 
trif«)K)k)$ur ^(dtJiré|*fMiteâ:f (Valions $^al6%4^iîéée84)ltt^i 
pufl$!StIi)^§#l0p i^ j^ofiimtkilaî^i i'opiàiml^aii^iqyûijcr^ipriftii 
sQt^a|^liMl¥V^I^ l^ll$r1:éllPÎl*ons iGii^tPQiqs^SHti(i9[di^Qei$(t 

P«qft«»08|Ç^ife«B» §^ftr»'a,v^pa$ v(Hii«îde gaîl^idQi^^iIflp 

çÇB9éÇ9VS»eftt W3; ï^^^ opiaic|[|%^i^«»fliyc!yi ab 

sufiteifell^pâi'^ te «^ idées pliii^ rapprQftyeït;^^ I 

c«}|^j9»«^^te'pfe^i*'ap*s?ûe 81 fait iriowpteK f4u5^,4v(j,SQr,î 
^5%^ 4éfiteï*%fl«1€i5 jar.sa patare, h (mmM^^Wmé^^Pry 
y'W^èif^^mr^i^m^r si elle mapqjuejte j^ïiîm%(¥i4§j 
force, ilest du devoir.de rhofiaa^^e rélejy^iîliîsflH'ysijeft,: 
rinstruisant ^ Platon , malgré ses erreurs sur la position et 
la destination de la femme dans la République, parait entre- 
voir pour le mariage un but plus élevé que le but politique^ 
càf^,^&it4lVM'dWt servir aussi ^ procréer des serfHcHw^^'èès 
dieux^/ Â#l5lète a uh Sèntlrnebi plus vif encbr^du Wà**^^- 
raf d« ttlhrfà^e' -, il'pàffe dtf devoir des époux de s'IaÉêPî ^ 



122 GHàPITRE IV. •■ . , 

se compléter réciproquement , cliac*oo aya^ld^jdons^qul lui 
soqt propres ; les curants surtout Ipi parftf99^ti^tf)itMres>- 
^^£er 1^ lidDS CQtre le père et la mère ^.liQâl^i^de ^n* ma- 
riage comme d'une union de serviee&'iipmn^lsdit^ttd^iodm- 
.mm^ié de Revoirs, placée soua la prote^Qid^jdtoit^ se 
.rptr-ouYechezquelques poétes^^ potttXfaé0g{)b«!i6i^@l^lflipte, 
■Jq^boi^beur le plus pur consiste iw^Um^^imli^^^ffi 
mf^ boope épouse*. . j 7/; > gnoiou v 

. , AiiSfsi y avait-il , même après les âges hét^m^h ^S^fif^ 
et,2à fiome, des mariages où régnaient la 00BiC^€|fe^Je>^- 
vpuemeut, fondés sur une estime récipro^i^ç^f ^ilâ^llaiûliAe 
^t^if<4^hast^, modeste, heureuse de ne présider q^I^i^Qn^si^- 
MS^^ plôîqede déférence pour son rn^ô i^ detjl^JîdiWife 
4^jr^es,eniants: on connaît le bçl élog^ 4Ji^|%lâ§tàmia ^ 
fmt des. vBi^tus de Tépouse dlschomacbus^^; 1^ ^oa^l^jâ^jan^i 
kis mUrones romaines des temps de la Kâpubli^iK^/jd^iKliiB 
inpble type s'est perpétué jusqu'au mili«B d^jhvA^bàùMii^ 
dfmsides Temmes comme Helvia, la mèiredQiS^«#q«^«nod 
Daas ces familles, l'enfant n'était pas traité^a^^c^lll^dillitl^ 
^^l'autorisaient les mœurs et les lois ; 00 m ftalpp^'id$( mir 
Aristotelui-méitte^ qui conseille l'avortementgU'^fipotliiiM^ 
demander qvie les pères aiment leurs enfanis ^ et j^^f^Qi^miâe 
ainsi les ideyoir^ de l'affection naturelle'* Ua ban jpèt^ile 
s'irrite ppiot contre son fils, et la bienveillance esi-to.i^eil- 
l^r moyen d^j^diication , dit Ménandre dans un fragm^t 
d'iMiede ses coméiUes^. Ce sentiment était poussé ip^elqui^- 

* Ethic. Nicom., 1. VIII, c. >I2, p. 463. 

2Stob.,t. 67, p.272. •' f 

. ?«f)bmtc»\ p. 49, V. 4177 elsuiv. . . » 

^Colum., l. XII, pmf.; in Scripit. rei ruit.^ U il, p. 407.: .\ n' {/ 
5 OEcon., c. 7, t. V, p. 40 et suiv. ■ . \f . ; i / 

. 1 A^oeefli). CmÊfili^ q4. Uelviam, c. 14 et suiv., t. I, \\ iâlriét smf. 
T &hi^,,mpn>i-Wy c. 12, p, 462. . . . ,.. 

^ «...uioç S' àf#^i^vtay effuv eùvoia Tçaipoç;» rP» -'W^- . , .... .,)" 



CONSÉQUENCES ET EXCEPTIONS. 123 

foisjiisqirh la faiblesse', et , taèdiéque Kantiquil^ nous offre 

de>tooehdliit9<exëmpl6s d*uM piété filiale vraie et téèonnaîs- 

^nmi\ il^ avtiit àuà^i 4^ fils qui abusaient de lafHrtftlj^ânde 

todttlgeflcteëe''tettM «pères». ' j^raîo^ »jiî 

v' rSwr^iheis^te^tfgi&'i^ë r^ également é)^lp4ë^WiKd les 

ob|mig#siâ«s^tlëteflM quelques opinions pfMâ'J«iiàl£fsfV''^s 

^é^dil($ll^ipËiè ^Ié*de ta théorie purement spécdfàtIVéWs 

stoïciens, car, pour protester contre l'esclavage, îl né'soBS- 

'>ràl^)ptt& d^asiiirrèr quMI est un accident digne du méprit des 

séfg^ ; il foKavt proclamer la nécessité et la dignité du ttav^il 

•èil^égatité lïàf «relie de l'esclave et du maître; or, c'eiét^tetle 

idée^eH^ttiémë, si étrangère au génie antique, qui aét^'éif- 

priiîée^pâr c|«elq«e$ philosophes. Socrate demande s^K^èt 

^'bcu^fâbie^ p(lUr des hommes libres d'être plus inutifei^^y^ 

>(iiMOe«ii$ltti^ed,reti^tt*eist plus digne de rêver, dans llàstkltfâ, 

iulKiièo)}!^!!!^ 'd&>ivivre que de les chercher en iravàtHli^. 

.âelofat^tè'témor^age d^Aristote, il y avait de son tetnpMâHs 

homâi€»s! prétendant que c'est la loi , et non la naiu^e^/i^hi 

'4Mtlbgiie'Fhomme libre eU'esclave, que le pouvoir dc^ntiltre 

'ëêl )èi résultat d'une violence, que par conséquent là sel#ttifle 

mvuneiojiiâtice^. Aristote lui-même n'adopte pas cette <>|p4- 

•nlott'^ «ans doute parce qu'elle lui paraissait dangereuse p'Ofîfr 

le^tosniiuiions de la Grèce. Elle se retrouve chez Piiiléttfèifi, 

lecomique: quelqu'un est-il esclave, il n'en est pasMèins 

'fbftné de la même chair que le maître, car nul t^'est^sêlèfVe 

par nàfture , c^'est le corps seul qu'une mauvaise fori^ftnefW (ki 

réduire en servitude ^5 Théano, l'épouse de Pythagore, veut 

. . . .^.,\ ' 

* Val. Maxim., 1. V, c. 4 et 5, p. 264 et suiv. ' ^'»i'< ^ 

^P. ex. dans le Heautoniimoroumenos de TéreiMie. Consp^^^xV^àint- 
Marc-Girardin , Ço^rs de lin, dram., t. I, p. 242 et â*iv. 'J!«-«.J* 
3Xenoph., Memor,^ l. II, c. 7, t. IV, p. US. .- m ' \0 • 

Siaçspeiv. Sioirep oùSâ §ixaiov, pUiov yotp.w PoHt., \. l; (i^.'%pi^^ ' 
sPhileni., Fragih,, éd. Meioeke. Berl. 1823, p. 440\ " ' ' ' 



124 CHAPITRE IV. 

qu'on traite les esclaves avec bienveillance , parce que , par 
leur nature , ils sont hommes comme nous ^« 

Un fa'it non moin» doux à constater, cWt q|ûe fidee de la 
Slëdraisatiçe commençait à poindre dans quélqués-uns des 
e^rits^lôéjplus distingués ; Socrate, quî,^ sôus^ce rapport 
comme sous tant d'autres, devançait son' ^po(|ûe^Q^'afgrele3 
écîtitradictions dans ses vues morales, Socrate voufaU q^^^ 
fîi du bien aux pauvres, non par intérêt personnel, ma^s 
pour les empêcher de faillir^-, après lui , ArTstote éxprfmef la 
belle pensée, sans toutefois en deviner encore toute la pro- 
fondeur, que distribuer des bienfaits rend plus nteùreux que 
d'en recîevoir^. Il disait aussi que le bonheur îàe IVmour* 
ne consiste pas dans la possession de robj^tainie, mais dahs 
ractemême de l'amour, parce qu'il est unéëneVgieâe l^è^^ 
il^ 'sentait qu*il existe une bienveillance moins restreinte 
l'amitié, un amour qu'on doit aussi à rinconnu^! dette îa^è 
d*un lien plus universel entre les hommes avail été irague- 
ment entrevue par Socrate qui , interroge un jour sur ça pa- 
tïie, avait répondu : je suis citoyen du mondes Sous àisons] 
vâguemenl entrevue ; car nous ne pensons pas que cette ex- 
pression ait eu dans la bouche du philosophe 1^ même seps 
qu'elle aurait dans celle d'un chrétien. C'est 'une protesiaV 
tion de l'individualité qui sent ses droits contre légoîsme 
oppresseur de TÉtat antique. Cicéron , en la rapprochant de 
la pensée que la patrie est partout où Ton se troiiVe bien^, 
révèle le sens qu'attachaient à ces paroles beaucoup de ceux 
q^i le$ répétaient ; les vertus politiques s'étaient relà^Me^r^ 
rûudivîdu dierchait à se soustraire aux devoirs envers iapa^ 

2Xenoph., Conviv., c. 4, l. V, p. 474. *- - y . 

"*»MV*#clJm:,i.IX, C.7, p. 177. " ';/ " ' * 

* C'est-à-dire de Tamitié, de rattachement polir ijfn hiirime? '^ 

5 Eth. Nicom., 1. c." ; '" ''■' " " ;''^''' '^^'"' ■"■ " 

GCicer., TuscréuHst., I. V, c. 37, t. X, pl^."- ^Z:'c; '' 



CONSÉQUENCES ET EXCEPTIONS. 1 25 

trie pour vivre pour lui seul 5, il^e considérait comme chez 
lui partout où îl §e trouvait à s^^ aisç. L'amo^ dqj^, patrie, 







flO up JJçmoY OJG.» .o<: ." •. .^ , 'Mij,'gffonoa»jnmu;î 

éprouvé les mouvements instinctifs de ce sentiment nins nur, 
eîfiin Jpnnoaioo <in:^ ^ -^ ■ » ') ;' 

et plus numain auquel nous venons de mire allqsion. uce- 
Gl Snirinxo^oJu 1 /. jf ,■ ^1 

ron , a.sôn tour, n'y a pas ete étranger ; il a entrevu une çité^ 

alus^ haute que la cite terrestre, une communauté naturelle, 



enibrassant tous les hpmmes de la terre, et jI a cte le premier 
aprpnoncerje mot de chante pour destgner le hen d amour 
qui. dans cette cite, doit unir tout le genre humain*/ , ,,,^11 
ilnous sera permis auss| de citer comme témoignage d qt^^ 
mol^W ^s^it , a I éjipque de la décadence de la socîdl^fjqt-i 
mainè, Ja/trjstesse de'Ta^^^ Tindignalion de JuvépaJ 

■"OlJSd/ lut) JiiîyG '^' "* r- "'*^ :«' ' 'iH iiT? r> 

sur ilmmense corruption de leur temps. L'historien,, aiii 
avait Jepiuavjj^entimept des fortes vertus romaines et que 
lesDassesses de ses contemporains remplissaient d'une Aou- 
leur sans esppir, ainsi que le poète qui plaçait la pureté mo- 
raie au cœur au-dessus de I apparente honnêteté de laiConT 
duile^ (]U^ savait que la pensée mauvaise est coupable ^ l^ff 
menpe c^u^elle ne se traduit pas en acte extérieur^, et qui fla- 
gçllaitjimpitoyablement toutes les turpitudes de son siècle ^ 

^«Ndmcum animus, cognitis perceptisque hirtutibus.,. societatem 
eiJMtatis eo^Hê vum suis, omnesque naturà conjunetos , suoé "^aftàkiHil' 
cuitumque deorum et puram religionem susceperit, ,.,qûiàjeù iêHihâmil 
cogitari poterii beatitM? Idemque cum.., sese non unius circumdatum 
mcenibus loci, sed civem totius mundi y quasi unius ur^,,^gnii^e^.t.it 
De Leg., 1. 1, c. 23, t. XI, p. 360. ^ '] „3X ^ 

n „,Coinmunitas cum hqminum génère, caritas, €inficif^€f.^j^iu^i^^^.)) 

2 « Nam solus intra se tacitum qui cogitât ullum, j j^^^,^, ^. , , ^ 
iiFacti crim^kabet^ïï Sat. <3, v. 209 et 2i0, p. 14S. , 



126 GHAPITRB IV. .1 . » 

ces deux nobles espi^ils, qitoi()u<il8 fiMSait^èstés^ Ëtramgers 
à ri^fliiene^i du ehrisliaoisfiie, $e>s<int^éM8SiàslBtDg£aDdfe 
h^ufietiri' nMrdedsiiS de là société pâïeioediégéoëDéenoo Jifii- v 
-J^^flenrs , quelle preuve plus éolataiite ^ipiibiytëvlaH'jéès' 
£^9llfAiilK^iUeiire$, au milieu mème^dlt iiil:dédadbfHiéi3nphile' 
du inonde romain , que la conversion de tanl^imaoïmed^li 
ohfÂHtianîsmePLe spectacle du relàcheflMDttdQBaaBfoeHrp dàms 
ioifH^, les classes de la société les remplf ssaitËkleiitrogdUe 
t^p.4is quQ la conviction de rimpuîssanoedos^lois/^iates/sijr^ 
tgines philosophiques et des cultes païens pdor«habger'le 
ipoAâiaen améliorant les individus, les rendaijb aitenljifsà 
l^ucpj^opre' faiblesse et les amenait k TÉvangiié: &His>«et 
É«;li(«gila, las uns seraient tombés daftsle'doqtfiiet^liand^le. 
d^^^Ifpâr ; les autres, pour s'éUmrdir^ se Beinièiit enfcooési 
d^plu3 ea plus dans les jouissances* matérieHesfvli^^^iiKiétq' 
sfi sortit dissoilte , l'humanité aurait péii' sajMifèlcMrtdaftti 
an abimesans fond. _, , -' ^ i^i j- > j' ^nfîb 

itJLes idées plus humaines sur les rapports. e^Ies'^deii^cmr 
sociaux que Ym trouve exprimées chez de6,aoteair9'flnoîei»\l 
^lissibien que les exemples de générosité et de^dëTifinsnlsniil 
que l'histoire nous offre et qui n'étaient pas iii6p}réB'>par4a^ 
patriotisme ou par l'intérêt personnel, sont k regardeneMumé' 
des faits isolés. Ce sont des exceptions dans lâ> vif) des hsh 
UoQs ou dans celles des individus, dictées parades motifs «eo^' 
vont très-difficiles à démêler, et ne découlant pas d'une sonrc» 
unique, d'un principe moral dominant toute l'existence». Les> 
opinions manifestées par les philosophes ne sont ëgalemenb 
que des exceptions dans leurs systèmes moraux et politiques ^ 
ejljesivSonl; en contraste avec les prémisses de ces systèmes, 
bk» toiud'en être des conséquences rigoureuses ou des dé- 
veloppements naturels^ plus d'une fois le même homme ex^ 
pï^lme^ sur le même objet les idées les plus cbniradicioires, 
suivant qu'il obéissait k sa conscience ou k sa politique. Les 
meilleurs esprits sont ceux chez lesquels ces .cQatrQdictipns 



CONSÉQUENCES ET EXCEPTIONS. 127 

senties plus >feéqijeaèes:<; rions^ ea avons signâilë plu.<«ieurs 
cHaZiSgcfale^tchckQioéfoii. G^éldil la consci^(^iqtii pro- 
testait conl^œJeÀiièiulMSrid'Moe r^éAeuon faasséé'pâf l^esprit 
{çéÉéivÉ/du^ téd^)s ;• ies anciensi eo^-méin^ élaiem >thap^s 
(plelqmfoiaidb'lariiiffêraice entre les principes 4'ûki^mtûù^ 
eA&e»aaamtàfjiï'*i '« . • ' ' '«Inf-p». h 

<i(£b quemoiHDfaebois Redire surractinié de la eonsefeneë' 
mehiicD'fttteUalifsepqïenie n'avait pas entièremeîH ^tfaitilièf,'' 
pmksediR^&^jlwkmB'BeaMe , que nous ne partageons pa«' 
l^vÉsgdeilsaÎDt Àngoslin . quand il ne voit dans les vertnd' 
djBstipa'9dftB <l[iuiè l'apparence du bien ou des vieed splendîée^^^ 
ebsittaid! ilvpcétend Iqé'ui» «toyant péchenr est plus agrésMé^ 
sbDisiBlqci^unipaleDiveitit^ux^. Pour nous , le» op(nion$ ptcl^l 
poMBD'kmiiuiieurjdupagclxmaie sont des luèurs^dë la tfitnYèré> 
(|ûèbaÉucèlleinëntéahnretool bomme^ elles font: <iïoiVi, eomm^ 
dîÉfiiainbfiaidiV'H^iuejceiqui^t prescrit par la loî était éérit" 
dans le cœur des gentils, comme leur conscience en rend të*^ 
mN^nbgef^: par lad^-versité des réflexions et des pensées ^ui 
iâaismiiseBÉ ouqui Ie$ dérendent au jour où Dieu jugerade^ 
IKittfri»ifni>bs«xslolié dans le cœur des hommes^» Dieu, cHt^ 
b^QB<|oar-QrigèBe, a imprimé aux âmes dete^s tes bomme^* 
di8acMrii0n& et. des règles morales pour les diriger dans 4a 
vifi^ afin qi>*iii n'aient pas , au jour du |ugement , rexcnse 
d'9<v®irigiiioné'ia tei^. Les notions de ces règles, quand elles 
aË>ti»8vent ^exprimëes^ chez des auteurs païens, ne leur ont 
étélinspifées ni par le polythéisme, ni par les institutions 
diidtesl^.enes Bont le résultat des élans de la conscience , ibi- 

^tSot^ti) ^ {>arUiil 'd*Ëpfcure dont la vie a été meiltenre que sort s^s- 
\^f aûli '4!H**^»(i0 inff€nio ^usinMs dUputationibuê , nùn dé iMo^Wëà 
gtjffri<|tfj^,^/U. àm^H n^L, L U, c. 2o, p. âÔ9. . : ,oPj7 

^^ (^çnfra JtàUanum P^lagianumy \. IV, c. 3; — .Cfn<ra,^t«W;^P|^j^ff^ 
lagianorum.l il(, c. 5, t. X, p. 391, 30r , . 

■ ' L-r n,"ii. k'ie. • • ''"'■'",""'' 

'i'ëoHthmUMn, i.-i,'c: :*. '"'i'- <i"3ll''"" 



128 . . ^ CHAPITRE V. '* ...-;.. 

safit des ^BQti& pour manifesler sa ?oii. Mdki ,. Mttuiiie.opi- 
njOPI M^vî4^^ je^ isotée$, e|J^ir«'«lm^ db- 

>m9f^«liPCé«n)te»gâiiiffaw pWM^J<|»aéié4iit?t>Mf-nwiif> 

d^l^ri^ftWUie» coiBiBe étant d orîgigictiidiiiMdUta^ibf^ 
auppîS^ldd; reacoAlrer leur plus fwM 9p|Kif y'ëUk mlttm^ 
▼#Wfci8«ft4<?s obstacles: la reUgîoa ii^âlaî«|i«$^«Mr^in!i^ Mi 
1^4ejt^ ouvrir de son aatorilé Mprêiw, iij|c^;4émm^^^ 
U|îjt c^s^Gtioanant les abus et en iavomam^ piii^llMenifri^ 
^^à\^imté$, les vices qu'elle aurak dû eomiimtp^^fUiai'' 
pi^Q^do^ d'es^miner encore d'une mmiè^Q^8i»ée^^]im\ 
Q^ifem mr^^ que, par sa naiure, le pagarnsflË a idfli 

.ùnn'jii.i 4'^:' . : *' .. i^Ju^ 'fUiî-; .r---itir. 

CHAPITREV. ■ "'"i'^"'''^"^'^"" 

'"' ttk^POlRfÉB BE LA MORALE ANTIQUE AVEd L^ PJH^^i&MM! ) **'> 

■^.:f/ . s f ♦ Jmptimance worak du poflf^ni^wftAîi » .}. »niJ 

^'^Nôus sommes loin de dire, comme beaucoup dëdft^én^* 
déSî^rèràîérs temps-, que les religions pâ1ieritiés'b1>ttl; étê'qtfé? 
dëé' iàveiitions du démon pour perdre lés( lïOnttnés en fë^ 
retenant dans Terreur et dans le mal. Quelqtié' imparfaife^ 
qu'elle^ aient été, on doit y reconnaître un pàlé l^eflet^dé 1^ 
vérité éternelle ; elles ont été des manifestations dû bësoinf 
religieux' inné au cœur de Thomme. Chèî^ lès géhîes sùpé- 

^ \Gidipk.M. S'^&smk^J>upolythéiime dm^'l$ premm $Hçhiéf notre 
ètBifmfÈtf^fméUu^ea , P«r. 1^7, p. 201 et si)iv.| -^ Vt^^m^ Mp^ait^ 
naulfdttxtMmorai'H ttligiitux du la sçi^éU.irm{oM^i^i\épffq^ dfiiti^ 
pw/dùkmiduioltHêêêaniÊme, Mém^ 4e Vàcadt,.d(m ffitencu-mé^,^ ^t pQiU,, 
SfMfi^ ééNmgBTw , 1. 1 , p. 769 et sniv. •?*- IkcHiH^f ^jlM^ev. 4tmiW0$m 

digkeiien aus der Gesckiehte des Chriâtenthums, Bex\mà98R^ki h 



RAPPORT DE LA MORALE ANTIQUE, ETC. 129 

rteorsudel'aftliqttité , ^losopbe» ou poètes, on reneoBtre çk 
etlli êtfétÊimiinmmtÊkMi pi^at ^ des aspirâ^nsirérs Dieu 

déoipiMBeiftl lié«iiit«:s* vie en proctàToatlt dëfr'^Miëéi^' 
lastfHÉftiéJ^ab^ s^^iBfttiteitait aussi e& eiUrehmyMAW^^il^ 
s«dM«i£lifiSeMt«ll|iMs populaires elt6S'^éi^y%èîW^ 
tfliiBMifelM9Mmit$iëâtdu <trai rapport entfë'PliëAMttëWtl»'^ 
éiaitA^^^yWcfiûm, que sonMl5i, en effet, sf ee it^#é^3 
2a)H«vlé&krtgtlaât<)<l besoin d'expiation et du 'éês# dé^ 
IHmnIUhe pMiëtfr dé k réconcilier avec Dieu? Mâii^^è^^'qtfl- 
mâti)|Oë }k oes TèKgimis , outre (a vérité complète sW^'^sPéÂ^! 
tàhedeMeuv ç^^treffiéaeilé moitié, Fautorilé McésëâAf^ 
pour conduire les hommes au bien et les secours indfspenP 
sables pour subvenir a leur faiblesse. La religion païenne, 
dit Montesquieu , ne défendait que quelques crimes grossiers, 
arrêtait la main et abandonnait le cœur ^. 

Cette impuissance morale était fondée dans la nature même 
du po|slt|)#W.^- ,^'i|)j79 pluralité de dieux , il ne p^,Ïja|]iroir 
ni unité ni énergie dans la croyance religieuse ; la vie in- 
time de l'àJne'^i^ partagée ; cette division devient due cause 
4Çii9JW*?R^PW^tte^fsprits plus sérieux, et 4'iA4|ff4refice 
%Q|4çj8iu^rçii^i;a^ pour la multitude friyple^if i^joi^r^t^. 
4ffl^ 4^iÇl^d^iix.de puissance inégale et Jalopx les uns 
4^f j^ti;^^ faut^il ^dresser ses prières? est-on çisrtaip d'êtr^ 
|j|U^q|^lp.i) pjrotégépar celui qu'on invoque? cpnvieotnl (je; 
^l^(§WP}Mrl(H)!^^ la fois, ou n'est-il pas plus sinptpl^<le .^ç 
Pg&|^^;jLous? Ces questions ont dû maintes fpis^j^e pré- 

at*^«ij*rir iWâT»», !. XXIV, c. -fS. - Swifant Benj. tmAuH^^O' 
9g9Mt9ike ràmain\ t. I , p. 85), oette asseriiôo n'est psâ omaifkésSêOÈnA 
etlR;ie,^>cftr, « tèi^^uele^ polythéisme est parvenu à un eeilsim «Ul^ttélpon 
teéèlMij'H ^wilirMM* le» mmi^^mmits du cœur, aussi bien 4iieile»«jttlion| 
«xiérîèiJP«â.» Celtei ^nsâe nous parait moins vraie ffVR. otUft destllâfl^ 
tetiquîMi, qiHèst;roin(iè^4ur'«iie««iMiàissance phi^ appnfettdifodcbla^imt 
tare da polytlM^me. .- .• . »• . .\ "^j^ ^,«.1» w :»a ;. 

9 



130 CHipiTitEv:* 

ayec lB^*Vftiié&. ' II j 'à i^M^, ^cà '^UM'^'i mêîfm^nr 

-i^leb^'^ttHvfclH^V trop rapprochés rfef rhoèméVil^faf'Wfeèfm- 

-^>4lâiéflP'<ftfpl'dans ses iitoperfedïôés. LêilfMriHaeéfèy^tfWale 

^'ifftiéF^èWtéitlVtenc pas être irèà-éfficace ; ott pAtffeiW^faftWre 

^^lëi^ii^èlëiFèë, mais on devait les tësrpëcft^Wt^i^ii'^ëngâ jii'&er 

«^^^lïé^éitiïâirhs. Ils n'étaient en général que dë^f efëëifiMca- 

-"«ft/is^eSi ftM»ces et des phénomènes de la natùté^;^(jtf'«ê^déi- 

^-^Utëè!6mk des facultés ou des affections* de l%èmtier;%l|îi(|a- 

""-'^idiiie ébthdlnait ainsi Thomme & la nature/^ Uk4%liVait 

«^'^^slsrtttk'Jdèssus de lui-même; il ne lui mmi'MUtpiUf^^^lk 

des choses tisibles, un monde supérieur', 1I^^he'i($(Hft/ais!éaît 

"^sif^ttfmorfatité de l'àme ou n'en atâH^qtflâé ^fà^bk im- 

''^mâi^. Il s'ensuit que la vie sur la leH^êf^ffilt l^u^«^^6ut 

f^^ikfflidtùt&e, et la rediercbe du bofhhebh fërHéyitf^^ «l^le 

^'^^prëcMièbpâlion pendant une existence '^ûg?fiV€f^,^^iflK^'l|ïar 

^^^'femort. Chez les Grecs surtout, cette race «ttft4l8Illé^1éflV^e. 

*''l1iomme se perdait dans la nature extétfé'bW}V''ff'sè^'Jêiait 

^ '^dàfèsSes bras avec délices, la beauté ph^y(|d*'^éiaW^ri»jet 

^'^^ isiôh culte enthousiaste, et la jouiss^ttèé^'ilHjrsI^yef^'iàon 

^' 'bbribèiïr suprême. Nul principe vraiment' /elî^feîiftinfileire- 

tertaît'dâtts cette voie-, la religion, au confraftrë', ^'y^flWrsëait 

'par Fefxeraple même dés dieux. Ce qui aie plbsf'lertitïêch'é le 

pâgaiifértie d' exercer une influence morafê , «'est 1é earàc- 

• lère'tfesWdtvinités. Il n'offre pas k ses croyànWiidSdéïïlI de 

' perfection , la myAologie n'a pas de type dd liisà^ëté, de 

la pureté ^ de l'amour parfaits ; les dieux , semblables aux 

^ hodiiAes, se haïssent, se combattent, se ron^ent^te m^lpour 

le mal: ils n'ont pas de pardon pour leurs égaux, comment 

en auraient-ils pour les hommes, a moins que ceux-ci ne 

(,J'a(iWitem^tpar difis ;oirandes,?,.û^'9ft -fm^^àof^^i^i leurs 

amours, leurs passions désorddttfié^ftv^i^^'^^t^s^il^'^ns 

frein , leurs adultères avec les 4^éeis èbmmewt^^fèïbmes 



RAPPORT DÇ LA H0RA|^K ANTIQUE, ETC. 131 

-E'jnfittiBêÏ9ir»fi<J^,i » i\f *vait des Uiva^a»] d<^mïPfi-ma4^» 
-i6h^lffft>o«i)-hM>S jïJ'ee l'impôt qu'elles, maim k,^M»a- 

iir.tei6YftH>»tjHniP''H^'^?^-4e% Wys|^«8 iiopH^fl<è8%oif3 eob 
-mi JWftïfo S«W^8R«^«oiîJH?»ri© de^re>»«J<W8.^«?SfflRB«P«(Sf n- 

•ic^^^Wi^tt' Wra^»:«WUa COflt^i^plat^ii <te^ 
.^A»B»^^l9!CTH«eP.K^Ç^^)>e>J?té idéale d'ApQ%flî5)d§.Â^^u- 

jiP.l^pt4^h3rinpiDiefl^«^,4e%f!Qr)aie8 de Vén«s oiu.^ef^%âÇ8^ 
ioilW*PWgP»<V?Ssei»Ui^eflts, aaalogues et forlifier Ifï ^%/|i|f)ral 

t,o)?tt,fl[^(Jt?tflMe seps epthéiique*. D'autre» p'p^^;,yy fjîigSf^rt 
-sfl>IPteB'"i9<i»«ld'uBe imagination ardeateçJiÇfj^^^éjjp^fifijJpnt 
);c!^lPi^|^4'^'aoe mauièrç aJbsolue parmi les ffiu^ç^^f^ il^HSijac- 
c>! tWf^j<}§ja décadence de la religion et dç l^ oa^irf|lj^f h(^.les 
..jGjfecsi*.. Nous n'irons pas jusque-là^ .n<H)s,«e,f}pijj^(jB%(pas 
^^;.q)i;'^;i)',]j9it eu de beaox et de nobles seoit^v^M é^^J'^îP^'' 
^[JaKut^d^M^hefs^d'œuvre, enrantés eus-n^|^e§ p^f;^^/g^ies 

•II) ' :' VfB.'fln^re m[tes tout le ProtrepHw* d«» Qléitv.d'^lex^.DAf Aïofl- ^ 

;.#..^^- ,• Xi-; i'-'ii.h,kmai 

2 Aihen., 1. XIII, c. 33, t. V, p. 72, où se trouve aussi le fragment de 
'"^ 'l'ode ' ''' "'"'■ ''' ' '' ■' ' '' ' ■' ' ' ■'' •^•:"J"^"'"Jfi 19 

>,(!Bes.ff«bitt«lMaifcrliAe«q'tf]B*J)iOf '' -n- >. .[ ^■iirA ,8'ioora6 
''/■i».4i'^«M'»én*»«MlfiJè«S9é8^l^? .f y./,: v.T>) lu b6 81091 ,ni9il 

9* 



132 CHAPITRE V. 

• 1 ;, ■ 'j .l'i i'J' Il 

noblement inspires ; mais cela dépendait du sujet représenté, 
àutafii qpë'dé'h disposition iaûMM^iWV^èM\:kt ^ ce 
n'est pas l'art ïtoîVênie qui ^Èt' t>ii 'ili«<èd^H W W^céL' 
àyjfôilfiiriè Ih «'ù elles n'existaient' pis f 'fô Vi'*«^lpà's'î'U V' 
m'^'^è^^ëhes hommes, et ceîâ''â'aûfâhi''^Mfljtie",' 
nimé'aafl^'^riiéfiode la plus belle ,"if meiàh }Pul"^^f\^ 
ël^mfafsdlidè et sûr. La décadente yfeltol{?vit.^cèfie 
âëHrf'iè^erierdès !6rs les artistes chôisiVsàibÂ^'^tiëV^fêrénce 
é<i8"éWj^tè"lasèife, les amours des dieux',' iétifs'^aêHlâ'|cHes^ 
féiiW (Querelles; les peintures, les yasès, leSCobpe^,'leé'liài*- 
fëBêf^ né Représentaient plus que deà scènes myth'ologiq'ues 
râ^6VëIèé',"èxc(lantk la volupté'. ' " ' ■' ' '" "'*' 

''TOn^l'ttîèine', la religion des Rtfmains'iiVàït éii uti''cirâc'-' 
tëi^è 'pfmiMéiik ; il y avait chez ce përipïi' pluB'aë"Mntei' 
Pis lië"¥fe|ibcl dès dieux que chez le^ Gfec^'railsif,' cl^ns 
l^è''^éitilërsrtéi!ips, n'avaient-ils pas dhdôïes-;' ifs''s^"iJoS'': 
tfàièiin'èÔnsacrer à leurs divinités dbs' teÏAplés'y'ifelWis^.' 
Bîé'lli àiissi plus de gravité dans la vie, 'plus 'ae^v8^lM'*éxiîl- 
rJë^yë-Hhiâ, outre les causes de décàden(éëiUhWèiiiëk^^t&! 
fiàlblie'tn'émé du paganisme, la décadence àé ti3i''/ë)i'|ii>'^''r'o- 
ia^rfé' ftil Mtéè par l'invasion de l'art et'dekV^ilie^''â^â* 
Gre<îs,' eî'la bh'nie morale marcha de pair'aviicçèïlé'âu cûftël' 
Mè^Ëndnè"parTes poètes et les artistes, la myt'h6l%iè'grécque 
^xérif a â' Rbùje 'son influence pernicieuse suf lés mœiirs.' 
Dans lés' 'rfenx derniers siècles de la République^ lés |)einireS 
rdiiiains oinoiaient Tintérieur des maisons de séèiies vofùb- 
tueuses dé rhistoiredesdieux^, et donnaient aux déesses lès 
iràiîls^ de leurs propres courtisanes^; au Capitole mSn se te- 

•»l Pihi«, *>lf. nat,, I. XXXV, c. 36, § 4 et 24 V M: Lèihaifé , t. IX, 

p. 326, 342. — Comp. aussi Grûneisen , Ueber das Sittudè in àer bil- 

âmàê^ Ké^t éer Griechen ; dans la Zeitsckfift ^fU^'Hièï^rigèïié "Âeo- 

Ui^, 4l. |ÎI,'»lNr. 2, p: i et suiv. - >' -• -"-^ ' ■ '^^' '^ . ' ' ''''' ' 

2 Tefeûtiy ^^iMuchms,' act. 3, se. 5, t. U et ètiWr.7-1. IJ p:ï*»(l .^ ^'''^ 

' miéiiy Suiiiick., % XXXY, c. 37, § 6, t. PX^ ^.5565^/''^ * '"*''* ' 



RAPPORTS DE LA SOCIÉTÉ ANTIQUE, ETC. Î33 

ngieu|,fJ^^^jRP,ç^tre^*e^ impudiques, çoiis J^jpyélçMe„jÇ9paie 

i^k%VMi^0 son essence cotfifXKe.f^Xmh^^Â 

^ik^nh^^^^^^ d'éveiller et dftsalisf^ijr!î,l^,^)çsf !ftft 

™"il(.4) IlÉW^^^ ^" ^^"""^ '' ^^''^^ ^^''P^}>^^ummn 

eWîivmi^f.î^f P?s^'^»s égoïstes; le 8pectfJolç.diçsi^()ni,çs 
desdieiix devait produire la licence des aiœurs, t^dj^^qi^f; 
celui dejpi|rs^uerres était peu fait pour inspirer aux, bpjpfpiçi^ 
fe gpptjde la paix. L'histoire de la Grèce et de Ron^e iÇouç^i^l 
mille preuves a l'appui de cette conclusion. L|e.^ o^^yj^^ge^i^ 
des anciens abondent en passages où non-$eul^q])ei>;{^,lç^ 
dp§(^r(Jr^(p^^ (Jesdie^ux sont allégués comme e;^puf^§j(fcj,gflux 
^çinte ^fi^^^'l'f^i? P^ ceux-ci sont représenfp^ ,qpIJ;^^^^ iÇîtTi 
^nfife P^îJ?'*^ diçfl^^ux-rmémes^. L'homme, j^m.mpvn] .^^q^ 
vovg^nj^^l^i^j fa^l^^^ ses divinités reprodqjt(?s,SQ}}fi.,jppiJlfl 
formpi.Dac le^s ^ptç, retrouvait toujours sous rharmpqm,4V\ 
vers ou spus U ^râce de la statue des êtres dont la, cpn^pi|^ 
ne v^ajj nps piieux que la sienne v loin de se sqntir^mé|ij()/?^, 
il éiai^ijUfjrlé à pécher avec plus d'assurance, en nf)içft^f^^,gf^ 
cgnsçiençe.^ l'abri sous l'exemple des .vices de ses iji^u^^»^ 
que devait éprouver une âme encore chaste au rçfi)..des.d^ 
^îrs^'^^s jalousies des habitants de l'Olympe, 9U. l)\ la yufl 
de^ia nudité de leurs images voluptueuses? L'im^giqatiQ^ çl^ 
le sens moral étaient profondément altérés., et^ fujiei^, dj^q 
répandre 1^ calme dans Pâme, les faits mû'tholgg^flp^^j,,^-, 
cijpent le§ orages des passions les plus violen^^a^l, ,,^i^, (,i 
Ces dangers n'échappaient pas à ratteQtiop.d|^sï|h9(9j^ 

y^Seneca.,.2?e<SMper««t., chez August., De civit. i?«i^, fctKI,.£ï^'H0, 
Cy(t,p-A23, . . . ) ^- ^:.'.\cic-f: .q 

^.2|;u|rip.^ Bip»pL^^\.A^i et §giv,, t. I, p- 349. t-« feo^j^u^^ |fetoiw> 
Encom.j $ 46 etsuiv.; in OratU att,, i, II, ^. WA. tr-.^thçW, h J^HJ^ 
c. 20, t.jy, p,^4f j~ Jf^Ual,., l. XI, epjgp, 4a^t^ ll^i^tsy» çUftswT * 

3 Terenl., Èutf.-^/: ^.j ^l« 7. ^ Win», iSfiy«/iqr..,.ife*lVvTll. ,2Ki<J^3, 
i. V, p. 362. 



134 CHAPITRE V. ^ ' -^^ ' ' ' " 

plus sages. Platon se raîTlaît âés ' fables ei (liés g^ 
des^çfieijxl'iriilimailteà poelesd^ lés àvt)li^ïfiy^rlt^^ e^^' ' 
lafroâiaflir les rites immoraox de sa RëpbMîqti^'fâeal^^*^;''^^ 
Ai^^li)t^'V|i!us pratique, désirait qfalïs ûassèfit ^êïfë'àfcr^-*' ' 
ml»s^ la République existante, malsll cfûï^^è'feWÏ'' 
AMijà^ pi^ti él6i%n!d au moins des ^Fè^Vîlg «tf^É^jêr^ 
nâs^;'1es statues, les images, les cèrénioniis ^fei^8oî^^ 
mèïtaiëni les mœurs ^. Des poètes mêûotes'^è^Vl^i^ï^efil És^ 
fu&esteà eliets delà mythologie 5 OsîdQ^é'étpM^'è^ 
irès-iôrVsur les dangers de fréquente'rliés t^b^leso&'f 8h'*^* 
n'àpprebâif que les scandales des diebx^Vï'ro^éry ^^È^^^^^ 
soVgeaiil'à' là main qui la première av^ït jifefriî tfes 'tatJlêiWi * 
ob^ferie^^pobr èorrômpre les ch'asté's'Vég'^fcls'Hiéd Viéi^py^^!''* 
VarWH'^dëdarà que le culte et ïa il^V^ne'Pà' fel^^^^ 
loilgtëkfjiqiï'in'aïlorè des dieux ïnVisiiflèW^* (^éUx^lMP W^ 
pi^i^rs^dnt* formé des images,' ont d^ïrtlif ; Mhâ','W" 
ré^é'cï-dô ia dïvînitëen la rapeWèsanVdi'eW lili^^^^ 
peôpféàdfâhs'd'és erreurs funestes^.' ir'aVa'it ¥éèiifii\i"<(iifl^ 
rittie rèiïgîeuse n*est vivement saisie que parM^iOTiklblS^èTÎ ^ 
rfi'flilîiWn^aîëu réprésenté ne sera jamais^ robjéï^W'ai iPïi^" 
mi)(iF iii.dé là "crainte; Thomme instruit n'y' vë^â'^fe^iië*^ 
bèHë'fetWué sàris <éb/re au dieu , Phomme grciksiéHêrà Wt}'-" 
duit à la superstition 6ti raffermi dans le vice/ '' "^* " "^' "^ * 
Ce n'est pas tout; les rites païens contribuaient aussi, au 
liQ{i d'%4<^4Qij;r,lj^^n?6s, à les endurcir. Ct^ez les^^om^ifiç, 

** buiicp.; 1% p. ^08 et suîv.; — Eutypht., c. 6. t. Vltl, p.'eï^ — 
De Leg., 1. XII, p. 365. ^' '' 

2PoKf., 1. VU , c. iS, p. 244 et suiv. ' * ^ ' 

3rri*rffl, 1. li, deg. 1, V. 287 et suîv., t. Ilï, p. 222/ " " ' 

^Eleg.2, 5,v.19etsuiv.,p. 206. ' \ ' ' "'/ iu.rv i-^ 

^Chez August., De civ, Dei, 1. TV, c. 31, § 2, t. Vïl, p;'87.' ''*" " 
€ Quid altud est vitia nostfa incendere , quàm auctdf^ei iltikihàcri'' 
iefe'Aoi%titaremor6oj exemplo divinititis^ exhusatafh'ttc&n'tiarii ^ô^ 
Seneca, Défôrwtï. t?f£a?,c. I6,t. II,p. 68. ''^' '• ' ' '*• 



RAPPORTS DE LA SOCIÉTÉ AISTIQUE , ETC. 135 

les je^^j45^cir(yfj^^é|^ ^e 

sacrijffces ^ a'^^ait fai^l'l^çn soqs j'iiivocaliou desdiau^ 

qu'oDifaisail ccM|,er le^ang ()esgU^^ des belQsfér < 

roces. Donpjçr ,dç pareil^ jpiuf élaii une des foiictiotis (|e^ . 
pojBtjffj^ r(^maii||^. [1 rauf ajouter à cet eridroit les ËacriOcejB 
hunfSLin^qifi u'étaieaipa^s usités seulement cliez les tïaiiQQs ,. 
de rÀsic ei dt^ TÂfi ique ou chez les peuples de la Germaïij^ 
ou de )a Gaule ^ mais (ju'offraieni à leurs divinités \^^ Pfl^<fS^ 
etJes RoiKains dans la période de leur civilisation la plus , 
av^jn^^^^ije o'étaieut pas toujours des ex[jiaUons solfiç- , 
nqUes^ ou des moyens suprêmes d'apaiser des dîetix irrilés^^ ^ 
c'étaient des actes de hajae ns^iionale contre des pfisQupiçrjs^ 
dé^arfiç§f; P.^p^rfi^''^ ?f^W dtî simples prétextes pour se dé-. 
bî||;r^^ec,j^opme^ pu djepfants dont on ae sa vaitq ue fair^f ,/ 
Qg^ q^'fip^jjiï^t^leJbut, ç'é^^^^ des actes dune barbï^rit* | 
ii^til^p((|ji}^ rite^.ifl^fips^s, prouvant une Ibis de plus le peti 
d^^jB^Ç^ctctu'ajV^ient les^nd pour l'homm^e ejt le pje^t^, d^^^ 
ca^x|Uj'ji^l^^ faisaient deJa vie des vaincus et des jnïériçufs. 
Sjlo|a|^i^oj-ptypp les sacrifices humains furent abolis P^lQWir 
sq^^ Tj^n^per^ur Adrien^; mais encore au cominencefneni i 
d||^^|a^tri|a)e siècle, les Romains rendaient, se}on le téi^^i- 
gn^g.e |(1|$ Lj9çt^nce , un culte sanglant au Jupiter du Latii;ii)^j 
en lui immolant tous les ans un homme ^. , ,,^,{^ 

*^^rphyrius, De abstin/ab esu animaliunif 1. II. Venise i54Y, fA-^»*/' 
f« 51. — Clem. Alex., Protrept,, c. 3, l. l, p. 36. 
2S^^toq.,jflc/av., c 15, p. 63. — Dio Çassius, I. ^^8,^ c. i4^^.;^l, 

3 Dio Cass., 1. 48, c. 48, l. I, p. 462. ' ^\u i vZ^i^ 

*Plutarch., Ari^L.c. ?, l. Il, p. 352. ^, , ;;^^.^^g 

«TerluU., Apolog,, c. 9, p. 34 et 35. , „, [^ ^ [^ ^^j^, 

^Porphyr^/.^c.,^lf ^J. ,;. /, , , , . ^ . ,, \y^'l\,,i:^ . 

c.2i, t. î, p. 92. y.^ ^ ,. , ,j , .^^^^ ïrj9tôaa .ijoo.îo': 



136 CHÂPlTHVVi" <-'"rj'i:-;i 

'saiènt, leurs réflexions les él9i]§ii?iieOjt^^^^r^^gu^^{]es 

, p^ogr^sd^ la ciyilisationamenèreQtldi^^ 

^ jfeH^^^^ rincrédulité remplaça Vanej/çp3;fttyi^f>v/jf|^(aux 

^ diyjnjjiçsj i»ais elle ne rendit pas l.e3 hpfp;jj^j.mcij||çjfj^ 

.eu^l,es mêmes effets moraux que la supef:$.U()9i) î^uf^^ait 

^, tout aussi bien abandonné au péché, eu ne p^aç pf^^jf^j^^ux 

dié^Xp ^^M'en lenanl Ieur$ fables pour yraiç^ ^^•^ft,S>Ç9?fe'*" 

piant sa yie.^^^^^ première impression a, i^)^ êM[Pifli^îÇfif ^F'" 

.nités^ bornées dans leur pouvoir^^l tfî^Jftt^J^jjç^çiuflflg^Bde 

leurs rival.iiés et de leurs intrigueji a(if}pjif;a^sg|^, iJi^Jgifjpu- 

^ çient^ué fort peu des affaires du j|en^fi,^{fB|sjjgx|^^fprs 

d'Ejnniivs, '.exprimant cette V^P^Ç^é[df^u\^if^^\\^j^,J^^e 

] aiix grands applaudissements du p^uplel, ,^!|lfly(d^<gigjt>n5 

^ Iç j)9ëte Lucilius, se moqua des dieux et dç cwj^,atji^fgjp«)s- 

• ternaieut devant leurs vains simulaçreSj^, Çf«9J38tjig)^V y 

avait^e. la vie dans leurs statues d'airain \ ÇjÇf ^JP%\^fé- 

pandit dans toutes les classes de la société; trois siècles plus 

tard ^ au temps du déclin de l'ancien mqndi^^/.^ ^fl^va un 

. interprète dans Lucien, dont les dialogues de^^die^?^^^ P^"» 

vspir|tne|s que lesi saiires de Lucilius, sont aussi pl,«[s|ia£dis, 

--percô^qï^B rincrédulilé avait fait des progrès plus ^randsv Les 

Adittux étaiecil livrés à la risée de la foule da&s dé^ «oméflies 

grossières^; après avoir fait de leur ciel un théâtihe'M se 

^ Cbez CicéroD, De divinat., 1. U, c. 50, t. Xl^.p.r^Sl^. (Jiçkan.i^fatilc : 
^ ^i^mf^fi^^^pj^fQ^su , astentiente populo. i% t :■ ,;,....;. m.î 

^«...F«ri nihil, omnia ficta.i* Fragm. ex sat. /t^,i80 ^ (iîtoîj* B$r§i et 
Juven., p. 2145^ ^, » .». •.';.-> ,\ ,..v-iiii<' 

3T. I, p. 184 etSUiV. .y , . , y^y^ y\ ^.lOlJ 



RAPPORTS DB'LA S0GIÉ1IÉ ANTIQUE , ETC. 137 

jouaie^y^f^^^l^^igW^, jg^jioW^ iRO^uaient de 

leur propre œuvre, en la transportanl sur la scène et en fai- 
^'^ttï fë^àti^lki''^tlr'des histrions lés rôïés'^JeS^tffêuK^ Au- 
''^^WM'fxiMe^iXoiii en se conduîsarit'eiftéfîeuyenie^^ 
-«Ùfeh'i«Vffg\i^'feult0, parodiait les avehiorW de tbÇ^^pe 
^^tiàrf^^iîfeiJr^^ fesses courtisanes*^ ^ "' ' !''^'^^ 

^^^mmë^^m'U'\i6meut de ne plus croire s'ccllMle 
^"foèfW^^'âiélftt^«; les fables n'inspiraient plus de respect à 
'^''peSéféflléP/pafe Ai'iêtiie aux enfants et aux femmes *$ les hommes 
Ji^féfe^é gWiltfeiîts^ afffchaîent celte incrédulité 5 César etêa- 
^"fotftfîi^bteti plein sénat et avec le plus grand calnâe qii'ils 
'^i^'éi^o^stfëiït pash Pimmortatitéde Tâme^. Depuis Tongtemps 
"' lil* jpKîfôiBph'és propageaient ces principes ; déjh Iroîs sVecles 
•^^a^'àîttt"léâi^-«Hrfst-, 'Sttfpon de Mégare avait affirme que la 
-"MiièrVë da-PàrtHéfron n'était pas une divinité, iioiaïs Cou- 
'"'^^ii^mmÂtàë^ fe vie de ce philosophe répondait V$on 
»"M]^h(5ë*tië ïbï': î1 àîmaît le tin et le^ femmes». A peu près 
^"^léK?^'ito6tiïe lemps, Eiihémérus avait écrit un livre 'peur 
"^WèôvëHiluéîè^ dieux n'avaient été que des hommes, dcAiion 
"i vdj^it" encore les sépulcres, et qui par conséquent hè^mèri- 
'^lâfeift' pas un respect extraordinaire''. Ce livre, traduit par 

no BygfêiîDf. (TAlex., s'adressant anx païens, s* écrie : « otfAoi tyÎç àSeorjrjToç, 
^"<&»ÏV'}i^'iteicotiqxaTé xbv oOpavov, xal to ôeÏov ôfAÏv ^pSixa Y^ysy^if «*» 
.^'JcdVi^ d[yiov irpoffWTfeioiç ^«tjjtov(wv xexojjxtp^i^xaTe , t^ à'hfiii ô^ae- 
^D.jlaAii»â«iâBi$<w{jLOv((ç craTuptVtfVTSç. » Pro^rcpf., c. 4, t. I,» p; »5iîl-- 
^')il^l!ric^i^terjiiu$, c* -13, p. 28, dii aussi : aScetèam 'êe milhfe- 

^Sueton., Octav., c. 70, p. 100. 

^algnohilis deorum turba,9 Seneca, De Superst,^ chez August., De 
jî4fmt.iiDiiyh Vf;-c;d4, t.VH, p. 122. ' -'"^-^ ^ 

* Ju?en., sat. 6, y. 149 et âtrit., i>. 40. — LTC0r:/!l^iid.^ ÇttftSf.^f. I, 

Ï-» 0i-i*^ iïi'XJ> pj>8i6*;^ •^- ' ^ • ^''' >' ' '"' ■• ' '"^ ■• ^'"^ ^ ■ •*> 

5 SaUust., De hello Catil., c 51 et S2, 1. 1, p. 80, s¥r '' •"'*'"* 
«Cicer., De fato , c. 5, t. XI, p. 313. ' ''"■ ^^ ^'^'^ '« ' -^ 

Md., J5c naf. deor., I. I, ç. 42, ¥. XI, p^. S2. Vlii^^iBhettyë-ri«^«''o, 



138 ,Q^m^m?^f.A An 8Tfloqq/.« 

croyance aux fables ineptes inventées par les poètes et|j$t|j^i 

p€Îiilij|Sç,fi^^ 4^ réserve pow*»»M 
ps^l^ïrfôr I0»ipstiiuiion««t le$fiiitp*iiâqsj^i»%?eïîfeMgfîife'! 
ceiw?rç(WM &«te par rhoifli!^4'Étef> <|PwMifoi!P8Jiï$^ 
roto^j^.haàVÊoiip ^nfribué , par «ea ou vip^^g^â^^kî^^ij^ii^ 4^,0, 
cr^atBC©8(.de/8#<j çoacitayeii* 5 pla^tôlWfS/deidtip tçlialji^S^ief ^ 

niJé;<iMi*,tpc»*rtftjneMin<^<:«ce^ J);^ 
auQuit r^«ét|ag6iiim»/9^e JtH i; I^ci^9r4pi^ttt»ffiMt]>r^/Me >^ 
àm^'immimsyoviéQ M détruire l«( j»jljgiRo„ ^^teB^rJ^IWfeîq 
il ««y^tïla.teft»«>de ioUB les ma«x *v^^»WI*fiBhw »^«jp 
elei»l^flia;)i$Slilgj^ indifférents aw «ialh0wr&,.BuJb!lp#§ f^P^ifti^j'i 
taiwf Mafii^Miyie^ et iûiîi>qei«nts àf la r4ii«j9;(j§^ffi^iwfft(feli> 
b^r^a; Q'fféi 4is^U LiMirèee, undiJ^uxapeetoQle pftijrj|%fi88fio^ 
a^qî^«)lMPA'0a.ia.ii^r^4e voir u^ navireJfttt^ulticpistyftf^Q 
fl§l^irfti|é^^ft dp jGOftï^Wpler san/s danger i0Sjmpfe\6ffi^*Rn. 
d©»dW]|i«tf■*i(^.•s,l^' jM9;C^amp de, bataUle,?,. hmi^ mW^/. 
à li/i^«§8î:d^i$MPerj5iiJi^§ qnMU combatlaiefttiî^lia^.f)^(,pli>B 
PHC^, ^a*te|ufille:fel ^Qîiscienqe morale et la .veribi*.aftiiqu«j 
eussent retrempé leur énergie éteinte , les philosophes se 



c/ta8,vffc BOÔvetvSwy. r- Glm. Alex., Prqtrept,, c â , ,t., J , p* JO. t-r- 

..iiBe^fmenUfU I, c^aa* t. ï, p. 170. .> ... r 

. )^F9t» £lmm$iQ ,.<?> 6i , t. IV> p, âpâ; r- J^« »a^. ^^^r^ , 1, !!>>.«,, ^, 
t. XI, p. 60; — Ttwc. Quœst., 1. 1, c. 5, 6, t. X, p. ^G^i.^p^^<Ummi^ 
1. 11, c. 72, t. XI, p. 3021 r , , ..l . . 

, oayQy*5lli^¥iltap»tt ^s^H'PqlU^h^^ ,.^.UP*^2jDa,«ttwy> oo. n . , 
*L. I, Y. 93^, p.Sîîl.t '■:..' I.i lîh'i'^-.i» la-uHr/t .- ^ - 
^ L, fl, V. -1-6, p. 44. ::. If . , I j ,^i» .j n 1 .jîh-îi a«i'«*' ' 



RAPPORTS DE LA SOCIÉTÉ A!<TIQUE , ETC. 139 

rei^aiMr^e|(M8ift)liëeH^ dès Jtbêr- 

9toArfâs^4i4)]i$ësM'Mayëx^ M'^giimiAi^ 

^r^^ïkX%mwit*k!méQ^lmt ùu^eiMié, et Wâ mmi^'ièikJ'J 
pl«lfcMèit^l^e]ééM»l^téUn^^k^^ 1^ tldt»iiieiPâtÉtd.Q]ifiLV^ 

pi^h»9êéwU^, é^i^M-^&m, ne tfoyvAiptUdmkmtiïés^èi^' 

{erâmei^/kk^m^Vm^dmj mm sép(araâ«%4ft foî«>li^^ 
éIéiiK«ii»iM^«Ko4d^i^M6 fÀ h ispécQlftlhm qtilvi^&ti hli V<v^ ' 
coâSêâ^'t^itâl ulP'^éiïple. Yarfdn {K)tik*stii«$l^i«^ lAdtile b«it^'< 
p<âl^lMii|%1P^'<#>Uë^ric&ii^ d^tibdses ^i^kl^'^iiè^te [lèKi^le- 
dc^fpOf'ét'i^et^kUteOlii^ (te eho^s ftas^es qb 

iilëtiti^éi$%M^ ; defvèât âtre maittlMtie^ ffiiniJlhNMisei^e son 

0<i ;^;)jtn', "V . ' î ^ ,^ . .' ■ \! fh; '• •- >: j.:./-'^»^ 

^ Sénèque (ep. 29, t. III, p. 92) dit qu'il désespère d'amener un certain 
MarcetfthuS à 'la philosophie, et Toici pidurquoi : ^ Si^mtiibitwr seMas > 
noâtrtUy et obJi(net^ilo9ophis cbnffiaHa, amicM,' giiiiamr\ofPm4M/l' 
miki alium in adulterio, alium ih phpinà, uHutn in' aàlà\ï\ H^'^tàÛii 
citimPatSes^ quf'j^k^'Otophiam HtnmHU» 'neffieMisént'^ivém^ôeWijknty 
infttd(én^ih}sferBUi^ . ' ' " <- '' .» • ; jm. l - - Oîj ,q 1/ j 

Voy. aussi Juven., sat, 2, v. i et suiv., p. 3^.' >" q ^^ i ^^V .o ^11 .1 

s uSomno <È9etn^r'f^CiïMamni'\'^Mén\4ii^)^k^^ 
ann. IXIII,» etc. Chez Orelli , 1. 1, p. 262, no i.fga,q , KX» .v ^ I . J * 

3 Dion. Halic, I. U, c 68, t. I, p. 123. i^^ q A ^ -^ J» ï ' 



qaei4àkTeKgidiPéit>«tiei'iiiéin«W^tiU>^(/<âifé''fhTyiiifô%''^M^' 

saoBveiiraielit p» aux m^.•^m>ëo^\m'm'i^^fmi^i^ 

pe«tit]k6SidateuUe, «pareë <]dé feè'lbij' H^Vése(^flïit°<^P 
B«n^am« «ftt'on les dit agréaMe» ëiii ài'^»^^^ i^ékîSS^ 
leèohoéaewtiié'asage k «toute cèttë^Ifë'^^fly^ëtie!^^^ 
qtteilàisopeeititioa de plusieoKi^'Hiëëtè^'i/^rifléât'^ei^ëilWtl^'' 
qignâir«piiuiis!<«is n'était q«e pôtfl'*se''«tfMdi^A(è^ atk ëW-' 
Mttosiriatioiihles''. Oo pr0tégéà"«bâ'li^iU6sr'P m'hoié? 
dâkndBfdJréxëvciee des rengidttë'n^h 4)^i<^>^^»^^'ëW 
peMnnPéUi^^giiands-pODtîRiir/i» i<eèllJtt»e»t%llAyig()â?(îlHP 
pi9atfiéai>->iiiéM0i <fe8 faODnetfrs\l^iWÉ'|>D<>iâmdfl^^â}t^é(MP-' 
iii«Bèi>riii«8idé(tf0te par ces iridt^ ^HJHe>eâ>fé>¥êlètKg8ëte^ 
S;aeiyu»let>0bu«; fléliogaba!e'p!iréoW^klif1>d^ i<tlei#I«9J(fô,S 

s«q]*ieÉ«A-aité1«de-iions ou dèll^V^ fêt)i^pyc^S;'iaif^ 
à-tonfjc««i«fl0i6j«îchws ou cotolilé Ikiàif^ Sà'kmi^}^"' f ' 
: <Sift6«i)p(ilUiqiie hypocrite «t'ëèttè'dmt^iiidtPsiiefttégê^â^ 
seè*aiëot)lrflén'f'dfl culte effléièr/Téti\itt'à'd^â!^i'Si^.l^s'^ 
on ne croyait plus, était un triste nio^'dë''^^mbi)èRS^lA}fê'' 
à'ibi/r«i;de*bebipèire8; la rèligièii^ , i^dnhe 'zH^èirë'WM^- 
pé^tipoufiriietix opprimet^'fé peuple , dettiit' pèrt)VèPlo|/t'l 
çeeifae^ \ià mf&H d'influence ; iioyant ies ■dîèûît''raiflS';iîtf ' 
thëMre(^ 'tsépB^és dés hdmmes du inond«r, ah^n^ciHHéi^âëP 

-IWp.oiî; nui ■.. • ■ ■ :. l-n.l! 'jI. JO OIÏJ 

'«tlikk{*upl.,D» ■«•»<». DH, \: IV, c. 27-3Î', l/Vrtl ■p;'éielHiufv.'"3| 

Ch*lt?lD«Mj<nttf.y I. II, c. 38, l'.'«l, p'. 9ti»." '"*•'"■ li'"'""-»'^ >"«^''' 

«Cicer., De nat. deor., I. I, c. 42, t. XI, p. 52. , i ■ 

•••Sèneca', Ûk^upèrst., chez Augusl.,l/e cim't. i>«», I. Vl, c.,!^, S 3, 

1. VII, p. 123. *'" 7 ', 

*ML%-hc^iy-,é.y,py^-fl'' •"' ^ '■' "• '^;•■'"'^' 



RAPPORTS DE Lf SQCD^JÉ j4NTIQUE, ETC. 141 

^î»'fWÎé^iJé^/ï^*î^ 4P.gHUeM;dq^ttfttîwrwl(Mlilé'(péri 
^i^^lfjJSflSîfliPi^p F»?«re |'.bomme ^n..f<itelît)i£4v/»odefa 
ftWîâ%58%fÇfiSÇ6K'^P^ ''^^i^We* 36 fit 66fttir îdeiMiNniDg 

?|P°jfîS^fi32%'f(|'*H ^'sll^r il la.&oarce vive qM6JjélM»té{Hiîsq 
^Wt^éèi W^'<^\^^ ^ iB.monà^r on s.'a<jl»5fW ttsqliirM 
i)^)^{jl§fyQiS^|ipp;$.4^^'^^^^ vOn eut recours %twleai»ilcé»l 
ri^i^g43<))n içoiU6HUa.des:iii9g6&^ des devins v (ibQS«^mfidvf> 
^?BtfS J^^^Mttfj^W^^»^^'^^ ^' initier k iiî*i* te» ipyilHwiji 
eyoPgSK tfftywinéJÉ^fîP^ftljàsQû aiâ6 ^t^mïïmntàtêotm 
^WJ^âSF.^fi^f M^i<f ^S^^^iffP^ ^n i»lf oéiiiisit/ à iBoobsid^ 
^^i()Sfd(^S^JÛ9R)W^)4^ Wys orieniauK* Les)feÉiièeBiiflii»c| 
^?ibS^ji«^E¥P^''WfitiW4 Wfi #ns celte voie * ; mM^ice^qoêâBÎt) 
iy*ft)#8BS?/M[ Wff'lfto^Jfl^fl'^ çle ypif des hoiMi^ iB^niilii»ti 
8'^^9Îf!^'J?iP'^*^»êÇff^»^'^'^^«^ riniin#ftaMléd«il'4isfe^ ^ 
e|j^p4^,^;}qws le»^ p^ïio&tics^. {^ps empeneQr«:u'étejteQÉ(plB^ 
les moii^^pdujef^ ^.lesiuus défc^^irent^q ^séNmofm^jéiiaii-fi 
^jje§^jjfft\j^ en J^j^pral^uant secrètement «UK^fdwàaia; 
d^^ri^,pi^vrirep^ a.I^imç des lefiaplesi à toute^les dîviratés^ 

_.j^jj|[p^i[pe teiQps, des philosophes essa$èr(^iU.de'irart\viri; 
p^,Jc;ur$. spéculations ou leurs fantaisies Uifoinapiffil^l 
tljij^s{pe^ Apollonius de Thyane, cootemporai» d^lJéBfisd'j 
C^^st, offrit aux âme^ altérées un siagulier.tpé^ngi^ fbnittëdJ 
gie et de tlîéosophie ; il fut révéré à l'égal d'un dieu par 
quelques ^mper^urs du troisième siècle, mais ^QAuJiy.^tàpB 
bizarre demeura sans influence sur les hommes^. Xiea»e£M^^ 

^ Juven,, sat, 6, v. 510 et suiv., p. Si . — ?\in., Hist. nqf^, j^^Jln^S, 

t. I, p.^à4.' ' ' ^(-j ,j iiy , 

« Plin., /. c, et 1. VII, c. 56, t. III, p,221 j I. JJ, c 8fi,,f,i, p^^ife * 

3 Carac^alJ^ lui ^leya un sanctuaire^ ^ Pîp Casjws , 1^, ^^,^^ c.j|^^ J», 



142 (H»9aibii«iiPN. 

DoMQ^râffrt^vir'lâs 4r(wr»f.0iiâfD^j0 ^lieèviiwMi^l m^tà^s 

^aidiw^r,>'U$^idapér»tept réveiller la /E^iaflfe ikw m glMie- 

ui aantlft oiyjibalôgîe ^ eeqa'îU ^99e\^jm»^Wf^9»imikite. 

oiifiur^stèfttH B0«Y»oft profond ^tmgMM9^4«r^ote(>4fr- 

i,iiier9igoeide «vie; Au pagaaimp avuMlLMOfeUtaiot^Q isoler 

ii^l^icfi^deiiiiqiàretiliiîkie parât!|^9|uf#i^.pi|éM |j|'ét«MMire 

<j)pi9iifu^D0tisk ,LeiiT/ratboaaiaBMeii4é|itiate' m/g9g^ 

^iiimoiàd^ viîl nefpODvaU pc^ s'^#irQr1 ^A^^nMSfdl^atfeiMie^de 

> ^-Ic^ptiirâapbïAÎqDa , d'autdo44)|il^4ni^i44«n^eo(«'$B«)ft'«c- 

^ cupait moins des questions antr^li^ai^jl^ *M^^^«I^Wiïfls- 

n .|wM(ipQu« la^eltottger et ia^tf^ver.^ îUiihfaHiiHffM^^ 
>. i^rîMip^^^ Cm et unnimyeau^pisinaififâ^e vieou[> , o i'IjIo:) 



U''.ur n :«i: = . .: ■,. I CONCLUSION. . .'.t. • . M ,wJ 

^JAprèsavoir cherchéa connaître l'esprit qui^daqs le monde 
ancien .animait tes hommes dans leurs relations. entre eqx, 
nous ayons fait voir que la religion païenne était incapable 
dé ciïànger cet esprit et par conséquent d'arrêter l'a ruine 
universelle. Le monde romain a du périr et se dissoudre 

^^j!.^bj ^iiléxi*évère plaça son buste d'anfe ia chapelle' tidùiëii i<itie, 
Lamprid., i4/. Sev., c. 29; tu Srrip». hist, aug.^ t. II, p. 278. ^ Jalia 



-dtfms Mte im^ ëltePaii^^erfiérés et'de» |>€«âs^rs:€ligatfébde 
•d^iàîti(il^â^iâiti$%%my rinais pour }m làii^'Hle ûljKmffni 
'i^o9icW^fb\ «liliMà80f f^àtfr les lAâilrmv^Ht^fàâi^^uimlo- 
idisii^ ^|)otfliild^i»é(Amf&^i^ de véritôblé'frdboSsi^roina- 

33talftQifiii|0Svl«| ^ây^^l^Dieu, Si travurs le^âmbîutB^qns 

'i9)iif6iimM^4i^1iR]^ pu B'êimt»^ff^b ifk^msémks, 

obsi^mi^mmiinêéaiké te^wàil Die« les gitiildli kv sbà^iôOD- 
-9W«h»li^'«f|o»V^N^i^ârïkflâ Bôciëléa dû ^'ann$|éi|^^laiforce 
-8ïffi^«l^lfctoir4l»te^IplÉi8'toîti. 5' ^iuouuuiqiit) 

JndifiQ^|^^^tië^lMl(li^6lii»n qoe iiouâ ayoïiSftiélilratMitM^ilé 
»«iW)|^o«ilt>^ pouvcms pas liive^ «itëenfii hfetMen 

célèbre, quediësdtré^tfbl](}ye& antiénDêé^ êttit protlnAJi^es 
hommes dont la grandeur morale ne fut peut-être jamais 
surpassée sur la terre ^ ; car cette grandeur des anciens a été 
orgueilleuse et Troide. Pour la grandeur dans le sens an- 
tique , l'amour, le pafdon.des injures* rhumilité, n'étaient 
, pas dejs éléments essentiels ; il lui manquait son principe le 
plus profond et Je plus intime, le principe religieux.. Dans 
, la periocle dé la décadence de la société païenne , personne 
ne S élève plus même a la grandeur des premiers âges : ,on 
n ava^ete grand que comme citoyen, et il n y a plus que des 
sujets avilis sous des empereurs despotiques; le patriotisme 
,4^im^T^Ai^mkP^l^9 souffle glacial de rintçjrgt Je i^|^.|jas 

^Sismondi, Histoire (i<n»rf<cHttife^<W'rB«^rf'rW»iblHqnv€,«pml«M 




144 GOKCLUSIW. 

et le plus égoïsia; les hofluaMs ae^ 

ils se flMqpeirt de leurs dieiut ^ ils «e se-] 

jptrABS liens exiérietrs, et ces I 

qte le ■wMh dioeiiiMt les j 

àMW€e»aMK?rslbii4i)e^ 

4mm les prkMifes sociavxde Yê 

tiMiew élaîeot esëes , et ces 

« MWMltfH'? décadence wiivefieBe^ 

Ml fîiil nijuste , c'est *ii-dire sar le 

iMMttifie, M'^pUttvaiit èire saratée^ 

Cs Ijnm^ eoDiemporaiD de Jétos-Ckût, ifitès i 

iê m l à^M éàÊte des lots contre lesfH^ogfèi^^'câiW^ 

MrtWMiMif'IttHaiéflie le pitis lionf èÉx^ékëMjiN!^fhiâH|pP 

kÊHÊÊÊài&à prèles méntora^féii 'é lt'â^rfm»|iPfc#> 

réÊktik nkmé , H fallait régéiiéfei'^Ri'éAita^ lÛ^ 
4MlKb.«^<ir cèti , le inonde ava»1>êsold'«%(i^fêr^<^| 
e»ÊiÊà^)?tmàtii8t»is Néron, qttôftiii^M^n'iiâfrl'r 

cf>afcj|ai^.fi(|«tt/i •!.■ - « : .1 f ,iif«*;qmi>bèa au b 

^'Vrt^Hhi*?; •!. ii.i' •• ..^'Myiii'j'jn'joiBi 

-Imu 'ib >-..iii.Jî i • , ' ^"1-jI b'Jo.oléba 

.i^MVH\y^->U }'.i > • .^^ — -.t •'. ;,"ioi il <i»o^ û'j'Iaioï 

♦)b cl f>b ù ni «aï • ' j : 'j^ii'ji'i luob'ic no< 

el Jicvob iifj) i;^ - - "-"-' '>« '^^^^ ,0'>ni>bnT 

otMi^uip cl ^ti*.(» r- . ■ • '■•* > j-Hj. r•.^•»;'^'. •• »» * • 




.KiiS^^y^ 







g#8WqM fti»i < ti*l > l| 8W«M 






«lÂîftTREI. 





.aumm^ 



^i&E LA MOR Atè- socïlîfe vmttÊÊSfi^ 

ésus-Christ parut au milieu d^uDe^i^^H^ Btf\i$9MUMt lU 
méprisée de ceux qui la connaissaient ; mais elle avait coq- 

d'un Rédempteur. Du grand législateur lui avsdl|)n^ki:il Afle^ 
iQttale ,pbst pore^ et ^sarsépie dHioffiiiies'Mfnf Ms^^r^^ardli 
ramenée à Tobéissance chaque fois qu'elle était dei^mii^m- ' 
fidèle , et k l'espoir chaque fois qu'elle était frappée de mal- 
heurs publics. A l'époque où naquit Jésus-Christ, elle était 
tombée sous le joug romain ;,ses.. mœurs étaient dégénérées, 
son ardeur pieuse s'était refroidie ; mais , au milieu de la dé- 
cadence, elle ne cessait d'attendre le Messie qui devait la 

^ Go comprend que nous ne pouvons pas entrer ici dans U queslion 
théologiqoe proprement dite -, notre sujet nous oblige k ne pa» quitler le 
terrain de ThisbiMTO. 



relever et rétablir toutes i^?^^, A» f9fîWRfïi9Hi.^s^nï?iJ>P- 
parenj^ puissance malérielle d^ la ?*o^ipJl^,flpiiçfl.ç^^ f(e,.(ijj(^ 
^m^^ià^^ les synaptôoiçs d'qnft (i^^^Jl^^j«p.i*^é?ii|?fr)^^T«ce^ 
*^ftp^0'"P sauveur, se maniMaU.Yiaguqpi^p,t,(l?Da^Çjf^qi¥)^ 
u;ije^^^fluiqtude mystérieuse iownD\epfaU ,rhij|ai^i)ii\é^ jine 
^|*^jîi(;lion , qu'on disait ancienne d^h^y éi^jt^^rij^^Jij^ç^^} 
les peuples : on croyait que TOrienl sp ^^lèyer^i^,>çt xy}/|UB\Ê 
p^n's^ance nouvelle, sortie de la Judée,,, s'€i!pp|^f*|^r^|ii)jd]^ 
?î?ndei. . , , .j, .,: .j..,t,ol 

Il est vrai que, Juifs et païens , ayant t^utes^lp^ç^p^g^j. 
cupations tournées vers l'intérêt du mow.ejQt et vprs la ^çp- 
deurderÉlat terrestre, ne songeaient qu'à pr|ç^pyçif^t|jpj5f, 
pofelp à un roi puissant, à un conqqéranl vijctjOfjfe^îjj,)}^^ 
ce n'est pas là ce qu'il fallait à rhuma^Ufi^,SjppÇ[iffji^^e|jj^^ 
ch|^ : ^i|le avait passé par toutes les pb^^eç ^f-.^^f'S^.d^^^^ 
le^ formes de la puissance terrestre, sans ^9H^pc^flj({îbii$|ÇB^ 
ni la paix , et surtout sans trouver; le l?QnJt\Ç,?ïr,Yj^f^tg{j^§jHjjpfj 
lésâmes. La chose nécessaire ét^it d'app^^dT^^jlJ^gipfi^) 
à aipier son frère et à se dévouer pour.lu^ '^ s^fîijpij^ljgr jgjfr, 
mêpae.pour mieux respecter les autres walgfé |çfjjçi^y)j^^ 
extérieure ou rinfèriorilé de leur raag^ P'^^i^fl^/fPPliSFiÀ 
tpus jC|u'ils sont tous égaux en ipjspr^ ^e^,^gau;x,ea;^ (JîffllJ^^» 
^arce c^u'ils sont tous également péohe^^\y^.^t ^g^W^^.fîs^r» 
tiné s au salut éternel ; c'était de leur montrer ré^ljjSiçj(ç,j^gçi 
parla\l dç l'apour et de la pureté morale qi]'ilsçspj[a^^f,jïfl7. 
possjbles i c'était de les ramener à la crainte d'i\q.p^f^.^G 
justice ejl à jja confiance en sa miséricorde ^P'^^^i^i ^ ^^ftfWfq 
de fonder un autre règne que ceux du monde, ,pp r^jvj4ft 
Dieu , ayant d'autres caractères, d'autres lois, (ji'aquesi.poj^- 
ditfons que ceux de la terre. C'est pour cela que l'existence 

tetrestre de Jésus-Christ , commencée ^ans nnt^ici^èehé et 

' .,. s ,.. ./ . ; •.! 

^ M II) h.lr ' 
<Tac., H«^, 1. V, c. 13, l. lll, p. 399. - Suet., l^esj^.^é^. 4, 
p. 348. . ,,_/ 



PRINCIPES* FÔiNtlAlilfélJTAUX, ETC. 147 

B9étt*f«'aitftttt*»iibafl^ 

*îéel'^feH8%flfeti/èlVr6lil Wfte^ë un contraste ^ïpMSM 

'>"A fe^i!SfflHl!^dfemtfé«^«hrist, des bergers eritéMlP 
i«if'*^»à'»qyf 'àmfiiîitient une grande joie pour WlS 
pétfpW>:^SgfiÇ?l^^'méli in plus haut des cieux , éï'piu's1?J 
fi^efe^TfiBTOiàméSiJé bonne volonté^» Sur lès borcfs'edi 
Jourdain, dans le désert de la Judée, un homme de inoeurs 
aâSlêftS''^[fai^é'tés'voies a celui qui, plus puissant que fui, 
«tfétfâf'ïftJttô^ér^'parfeitement son aire et amassef'sorP^i)le 
da'è*^^ïjiyè^>; ÎI dit aux hommes de lousMUfan|s : 
ûHÙfieiWîiëàké^.'c^t le royaume des cieux ésïprWe*?!) 
dèSful'*(rtfPffè^attrfdrtdet Ce royaume, et être pû'isààlil^^n pa- 
^Sfé^VtbàfRMiWès comme jadis Moïse ^ naquft'VïunM'j 
à^3îlfi'hftklflé*3^ittîsans, pauvre, mais de descendance VAyafé^; 
imftHiêfriS^âlkéi 'dfâïïs sa personne les deux extrême^ (incisés 
(«ïWSdSfté'^ttWqiiè. Ému à la vue de la misèpe el'ilës ^1-' 
disi '^âyi'^lrfmes , voyant leurs haines, leùVs^'ranAVÀfel' 
fSfty^Vftlièttcb^ét les maux qu'ils se préparent JeS 'Un Wx 
^ïi'fe'l^tf'Vëtft lés délivrer du joug sous lequel ifsgemïs§<èn4^ 
eP^lïM' fe'fôWleau" est trop lourd pour qu*ifs pufâsê'tli l^ën 
lîêBflsIf^éV eux-riiêmes. Mais d'abord il éprouve comtiie euîJ 
I^'ieiitatîbhs dé Pégoïsme et de Torgueil^ ce n'est qu'après 
efl'h^îr' rWèmphé^ qu'il dit aux hommes, commcj liahf sÔrJ 
^llétursériè*:^'<( faites pénitence, car le royaunaè de* cïé'ù]^'Mi 
phwibe^^v il^iTêche TÉvangile, la bonne nouvelle àùVé^ni 
fli^Dîteu^^uoique tt'ayanl pas où reposer sa IW''ÏP(b8^^^ 
iîéS^eaTec.'rutorîlé, étonne le peuple, confônVVÏes ^a^s. 

t-jii .. ...,|. ..:.-. . '» ••" 'iU() cfllOlJlb 

j if l^MCt U , 1 0| ] A4 ^ rtr. HHom noua «ervons généralenaent > de^ b srnltoliUÉj 
clé Le Maistre de Sacy. 
2 Mat. 111, 1 i , 12. - 3 Mat V, 2. — * Act. Vil, 22. ^ 
'sMat. IV, i eikui. - «Mat. ÎV, 17.— ^Mal. IV, 2^. '"^^ 'l'' ' 
«Mat Vni,20. '^ '^ 

10. 



1.48 ■ CHAPITREI."^ '''•"' '' 

commande aux vents et' k'ïâ''iûé^'«r-Vôtc3"ië'^d'H"trfi'îi ses 
contëlUpdl-àînàpour les învite«'ïëritWl''lHihy*WWfaififle«fffH 
Véï^^yitt '. iry règne un botiheb^^ Ji^rf^Pf IfcM^jdPyiBflJA 
âBfoîi'jè'ùl^er^t ffane paix loi«^'ftréWëftt"l^flfe «P aftWWt 
pJJiltti'iffaê donne le monde «iofl'^tovi ^^ëWgiVftflfe 
!atitrié'"ët', diïns le' monde lai-Wiêraè',"ll'H'f t pî^fflfllT^fe- 
Wlî^agë'ftel'qbé celui du pécW;' |lb -Té^K^fe^skli^rtaM^ 
cëlfê aU'balqni règne dans le cœurdethyydi«è9?<L¥r&^lâ% 
de'Biéii ne tient pas avec nn éclat Biiéneai>l^6màe'W^ 
iïïfêà'rfe fâ' terre, fondés sur l'e'é'oïyii 'él' ttI'dll^tëH6^'^iy^ 
ï4'fôWe*;'il est intérieur et spirll\lt*, d'ilrié'tf</fé««ià?'ift 
îftiî'rè' i>ï)M feh opposition à ce rb^biiifaé;- JéstféeCMi^fêft 
Mmavm vices et les mîsèrérdtf'ttô'ndëi piMHim 
'^êr a'u"p^hë' toute excuse V il 7éM"t^rii3lgtt9feé'^i¥^Hë 
illënà'edont les œuvres sbritmaâvlaisë^''i'^él',"t)»ïfr^ëï8âff 
fe'rfèsîf A'éntrer dans la paix du'rè'giieîdii'ïfiéli', ïi>mfh^sâ 
par éveiller dans Tâme fati^u'éié'ët ^A!àrgék téf cdtll^fôinrà^ 
î)Ma tju^elle porte en elle-mêriié et dU liaàl'I(in''éliW^étt\Srre 

ici-'ks'. ■ ' "'■' ■"'"'"'■ •f'«»J''oq 

' ' tfechefdu royaume nouveau n'est pîCs'uii 'ridttfriiié'SfixW- 
lônték arbitraires et capricieuses; c'est' Dieb'', éisrWHifiSfh 
duquel Jésus-Christ donne les ehseîgnémétiii' il lé'%i%'"f@l 
l^lijs profonds et le§ plus simples : Bien 'èkt"tin' éb|ll-ft^'n 
if'ési pas un être visible, borné, imparfait; ce' n'est piëHil) 
Dieu jaloux et enclin à des passions mauvaises,' if 'ëèi té 
Pèi'è des hommes, de tous sans distinction'^.' Aus^i fés^l^ 
pél(è-t-il tous dans son royaume ; ils y sont admis h cdfaëè/die 
ïeui''vâléiir individuelle, non en vertu de lelir pésitîdlll W- 
ciale j c'est dans l'âme que réside la dignité, car « que servi- 

« Mat. VII, «é; 2é; Vin , 27. , • i / / • i,.l ...i,,. 

^Mt ^, 'îét sW.i'VI, 33; XI, 29. - 'liuc 'Xl,"'88.' — Ifein XlV} S7. 
3 Jean Vill, 32-34. - *Loc XVII, 20. - «Jean ti, i^. ' ' " I"'" ' 
« Jeaii' Vrf,' ?."i- IHàt'. XI, 28-3Ô. ii' i ieiA {V^UJ ' ' ^ "" ' 
«Mat. VI,9;XXMÏ,"8.' ' ' ' i"" ' ''- •- '•'/ J'" 



PRINCIPES, FONDAMENTAUX, ETC. 149 

Mes w ênê§\'Mm»m%^^^'^^^^ tf^iMm^i'iMQr, 

€eSTffll«B^q gn/HPlR^^^rt ^ leur valeur..p$i;^^q^IlQ/,^J^ji 
dWf^Y^^fihl^^i^ va^andonnés de r*pçiçp,,ip|)fl(^,g^^^if 
IS»ifl?f*i¥j'r««ïiiiW;;*é$<JS-Christ, qui leur profnç.^pflfi sm 
^ygPaéWfiBS'l^um^l l'Évangile est arinoncé a.uf J^iHîtrâs^j, 
%'yH5)lîfêÇ«>'^ |jfi,^fi?».q"i viennent lui ,«|e?9aj^ç;i,s'J^m 
^'?è|9«».^t Jfifi'Bi.'ll r^Wi g'«»re ^Dieu de (^e^u'il^a^^^ç 
fig\#ffif«)3ftfea«ge§ffiyf^. pr^'depts, et W^ .^e^,^jï>^fifl|j 
â5H,i>eHf8q*- HfitfmW Pfltjeur place é^^^,s^^T^!^^^ 
3Pmi^%^^h^9Wmi Jésus-Christ \^»r,^^%^\^ ^^ 
mm§mH'',%'^ïHM.iBftm h'^éme sal,ui5f ll^Belk'if.gR,- 
feftfefflto^ ïtfbfif«JfJ>ftf,.Ç^<tlHs.lw lui. U ^^,i>^J?H ^#9^ 

oiTÏftftt^i^flfillifWf flg ft'-^ pas qu'il ait ççi^gç-^/^^^^ 
portes de son royaume aux sages , aux puissants , auiT|E,Ùît>f)^} 
-WviB'-SftiteBh'rrg'Vî^flV^ «J^^fs le,'ir,orjg,.|eij,,,,^^y^j et 
9mmt^ IW.fr ip/^i^^rs,,, étaient, aus§j^.,{|e^iJ^(^nggjggj 
teFââPW fi'^yflJ.Çfl'.fîas wpins ^e prix^ue^<îçfJ^4(J^ç,|)a^ypj 
fi^#fi'-ill4i«n9«jP S¥V^^ passe plu? gj^épjeg^jp^J^ |[;<^^ 
rfÎF8ig(fllJ^e.9«'«?'fil^ein'e«tfedap8i^e,ço|^nj^d|!|gCJ||}i^ 
è* y^!iS}?»ftteWPt «"endre attentir aq?i ^sl^cl^g^g^ ç;§^ 
J^m\ mi^sirneljgjeujç de rhompi^,at^(j|^ç^./f Jgs^^^ 
ifb^Jid i'«MW'«:9ie.ce qui paraît ii^^pgssi^l^^i^jjjj ]^^v^^^ 
-^ilW^MÇl^ftf Pl^, par. Jçsus-Chriçf y,«ut,^ij^^^^^ 

* Mat. XVI, 26. — 2 Mat. XXV, 3i etsuiV. - 3 Mat. V, 3-^. -L Voy. 
aussi Luc XVI, 19 etsuiv.. — *Mat. XI, 5» t— j^^iy; ^«^^^g ^y j^j^ ^ 

Comp. Mat. X]^|, ^^ „,,,l _. „,_, , j / , . , ... j^g.gg j,jy ^^^^ « 
«Mai. XIX, 13-l^*-y^HRoïVIlI, ^^1- rr Ç;^P--l^»tïïlV^§e9l.» 
' Mat. XiX, 23-26. — Comp. Luc XIV, 49 el S",ifSixZ ,0 IV Je'l " 




150 CHAPITRE!. 

qui est porçlu ^ 

j^ou§jÇ(çp|t,qui s'en étaient éloijgnes^ lujus Içs nomitae^ 
^^çeçtion sont dans ce cas; tous sont pecneùrâf|4^'s en 
jjprliÇfliJ Iç joug et la peine ; riches et paùirres""{{ïili^yanïs él 
,^^j|;|ç^^soi)^ sous Tempiredu mal, înais '(ôus ^^^âveiJt léti'e 
jS^py^s j itpus sont égaux dans le péché él daîis sà'Vnlsei'é , 'et 
^.jtQji^ peuvent aspirer au même salut , 
.^,,C(f pîest pas seulement aux hommes de sa nation que s'a- 
dressent ces appels de Jésus-Christ; franchissatit tes bar> 
^j'f.^rM étroites de la patrie antique, il côiivîe*^ entrer dans 
.son rovauipe spirituel tous les peuples de ta le^ry,' ëahs dis- 
^^^^nctio^n, les Juifs et les Samaritains^, li^s [iaîfeà'i'dc! IHfJHènt 

fi.^d'lOfiC!|clenl^; ils doivent être un en i)îêiret'étù1lii*,i*Kb- 
jmanité ne doit former qu'un seul troupeau sous un'ééul 

^.P^m'- .,,. I. 

^j .^ }^^}o\ de ce royaume devait être le contraire dé lai îôî âfn- 

, , ti(|i)(^ qui, fondée sur Tégoisme. se résumait clans le tafion 

j.^tj(|^ps le droit du plus fort. La loi juive elfe-mémê j plus 

^j m(j.fî^l.e.que pelle des païens et prescrivant d'aimer le pro- 

^ ,/^])ia,iD ,, ne connaissait d'autre mesure dé cet amour que 

^ jî^mpur du moi , et ne considérait comme prochain que 

, J^'^omnie.qui ne nous fait pas de mal ou tout au plus le com 

patriote^; elle réduisait les obligations morales au conseil 

' : ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te 

) ; le talion même était sanctionné sous sa forme la plus 



ï^a't. XVIÏl, 11. — Jean III, 17; XII, 47. 
2 Mat. XVIll, 42-14. 

3 Les pa^r?ibo|.es de La brebis perdue et de L* enfant prodigue. 

, . ,fjJ[e^n ly, 21 et^uiv. - » Mat. Vlll, 11. — Jean X, 16.' " 

ejean XVII, 21. - 7 Jean X, jjS, ' |^ ^ ' ' 

«3 Moïse XIX, 18. '" *' ' '" ' ' '' 



PRINCIPES FONDAMEnTAUX, ETC. 151 

dur^3,^tu aUn^as ton prochain et tu haïras lou ennemi' ; 
^^^Ijj^^r œil^ /lent^pour' deni^. Aussi Jfésns-Christ dit-il 
4i4(J'4^^^?(fH^^ t^P^P?*^ ''"^"^ nouveau^. Ce corÉid^nfd'é- 

amimT^âsfé''! «'' '^^'»' ^^ '''""<*"'' '^f.^^^r 

8\fiJ§%4ftiÇ?Pf? >H ^^ sacrifier rinlérêt personnel poirr?e Breii 

i/JWinBÇr§ftnn^ avant lui n'avait donné rexempfe 5 "nlénrOTs 

oÇ}^ j«e7fi8Jf?î?(?^?°^^°^ °^"^^^" ^"' ^^^ ^"« "". .t V^H' 
jjni^jp^teyjps les autres, et que vous vous entr'aimiez ùoinme 

Je vous ai aimés^.» Ce commandement est le plus gr^lfiâ, 

-i^?^oèi95J't^f^^^'™^'^"?^'?"^' l'observer fidèlement | '%'PPia 

fP^^9SPih '^^^^"^ 9^ reconnaît qu'on est disci|)i6 uë Mus* 

-ilfl'l^ J'^a^r^ sentent intime et spontané, ne s impose 

loS?'ft\i' jPjOMT(][uoi donc Jésus-Christ le coramande-t-îl ^ L'aii- 

cien ordre de choses avait sa loi fondamentale, son prin£^e 

^ujauel. pouvaient se ramener toute sa morale et toutes 'fees 

insiilutio^sv l'ordre nouveau devait avoir à son^our son 

^j^m'înçioe et sa loi; mais ce n'est pas une loi comme celle de 

^]ïlatterresjtre ,' c'est une condition qu'on s'engagea rem- 

^j Diir libremjent, c'est une vertu de Tâme; c'est à ce litre (Jue 

^^^j^urie chrétien l'amour est un devoir; on n'est chrétien 

(ju'en aimant; celui qui ne veut pas aimer, celui qui reftise 

Ij^ «rpbeir h ce commandement suprême ne sera pas métobre 

, ilu royaume de Dieu. ' ' 

, Tout se rattache à cette loi de l'amour; car, quand on 

aime, tout est facile; renseignement moral tout etitier de 

Jésus-Christ se résume dans l'amour: s'il entre danspeu de 



* Mat. V;,,py— 5 ^Mat. V, 38-40. - 2 Moïse XXI, 2 i-55'. ' ' 

3 Jean Xlll , 3l'l' ^ * Jean X'ïll , 31 j XV, 12-17. — ^ icah ^iltl , 3i. 

<iMal. XXH, 37-40. - ^ Jean Xlll, 35. '''' ''' ' 



^dffti^âffrt^vir'lâs «flmif^f.Alfâfii^J^ ^lieèviWiMifîl m^^és 

')ridi^«^r,;<il«r«apér»0Q| réveille»* l^i/B^ioailte ^iow ^ glMie- 

in QftPklft oiS^bâilôgi^ è eaqu'iU appebiJGifM^^'iHimtôAtimJAire. 

-olfaiir^stèfttH B0«Y«H}*>pr<ifaod^t mgMhM» j«(^ote()4fr- 

£^ièri9îgï)eiâe «vie; dUipaganUia^ aiiiftMI)i%<^|i^o4^ isoler 

^npi9Bfu^D»Ë9t iLeiiT/ratbooaiaBQieii4é|iti8te' pivgag^^ 

iimmèi$ vtît Uefiio^vait pas â'^#irQrt ^^^k^m9icm»glmll§^àe 

cupait moins des questions mûrilfi&l^M'm^^A^^ÏMW iW- 
bn\9^Vfmii4^lt^xOu in^rédai^.; ;i^â.P0ieMi^niiL4€(c)^lllÂ8f|ajent 

^/j^rm\ffy4ehè et U)».np»ye2w>ppînCftP|è^ep¥Je<)îjp ^ fndùlbù 

"D;; ^fî^' oî -i.rJi iî« •; . v • • : '^ •• )-^Ji •!!•■. u:ii<^ 

jr-^l/ij'^ n :.îii^a :n 1 ; CONCLUSION. . ' . • .uîlI -. hj,.ij 

^4 lîr ^n: il» -j.-;^ i. m,.. ' ... .. . -i , .^|f, '.;,.• 

;;Après avoir cherché a connaître l'esprit qui.dansle monde 
ancien, animait les hommes dans leurs relations. entre eax. 
nous aVôns fait voir que la religion païenne était ipcat)âDle 
dé changer cet esprit et par conséquent d'arrêter la ruine 
universelle. Le monde romain a du périr et se dissoudre 

^^i!.^bl ^^îîéî^i Révère plaça sod Wste dLi^ k 'chd|)éllë' lïdùicin<itie, 
Lamprid., Al. Sev,, c. 29 j t'A Scriptt. hist. aug,^ t. II, p. 278. --r Julia 



<€0lf6l»U^toN. 143 



'dg^s m W^k ëltePa-^^eSliérôs ef de» f^s^fsdrifis^bde 
dviiàitiJl^âMiâit^^iièm^'riâais pour )06l^^ 
-ifd^oUJcèttk) t)î «UlÉfàSAt fpoor les lAdltraireuifea^i^uimlo- 
idisti^ p|)otf|iild^iâé(Amf&^iis de vériiafble^frdbioSsieiiàlrfta- 
oiMîlJâf âtë M^VetoiètfJdêgné'dè récheâ^ da |^m^(|QtPl!6a 

'^"msi^ i^lAdi^Méêd />V^ll€(ti6^ sa p}os^g9d|féeig^irt^^Bftwque 
'i9ii'iptdf»IWli(f0el4i^lïbd pu ^'êt6v^<)ttb MiMGDëiiftks, 

9bsâM^#(lta%lsM0«é(^^ Ië>Trài Dièil les piddU kv sbû^iôon- 
-*9W«t»li^«f|o»V^ffi'i^lkf le $ô6iëtéa dû ^'ann$|éiii^^la<9rce 

JndifiQ^l^^^tië^lHMiAlâlimi qm nous ayoosi^lr'ItMiii^ilé 

célèbre, que^iës^^éfiabliques aneiënnèâ^ ««A protinAJi^es 
hommes dont la grandeur morale ne fut peut-étrejamais 
surpassée sur la terre ^; car cette grandeur des anciens a été 
orgueilleuse et Troide. Pour la grandeur dans le sens an- 
tique , l'amour, le pafdott.des injures T Thumilité, n'étaient 

. pas des éléments essentiels ; il lui manquait son prindpe le 
plus proiond et le plus intime, le principe rebgieux. Dans 

,1a période delà décadence de la société païenne , personne 

ue s eleve plus même a la grandeur des premiers âs^es ; on 

n avait ete grand que comme citoyen, et il n'y a plus que des 

sujets avilis sous des empereurs despotiques ; le patriotisme 

, a/^,jfeparu4j^çÂ9^.paç. Jç souffle glacial de rintçjçgtie j^}^ jjas 

1 Sismondi, Histoire dé^iêmvât^dèVm9kpiré^¥(^»Uaw)^\n,R^nV^ 



'Ȕ 



z 



'34 « ' GflAPITRB l^4'u;)/:ujq 

^«aottoir mCralé^ila servJligéQ eéti^tnèilMâ^^^^d hmb- 

^dl lbliâstei»p delnkr>|«$ à: faira d.if ^li^Hoq «Kûidmfiqrdf' 

i»to aftîftène^ )W8is4i»-t-il jii8qWà,m«)tfctoik ^id^înlD^ 
-?atoir^;|\ftHfi5Qi«crifier pwr sa paM^^^^ miisiil ri^)ldi^lfdèt 
J9mp6m}^thûmme$; oty iésn&^hm^^m^9^v^f(^fw^^'d^ 
J ti§mmt\kMmQc^ diè la vie , ûoq. pâ» poen .w iÉftti*Q««eftH« 
iil^îitiaaid ,JiBai3 |¥Hir rime tnudorMIe id'toiipreïôfl^oljfiy I 
ote âitiiodeèc^ toi terre; « pe^ti^stfinôrfeQlidiYQÎf ilN9iJ|^qs 
-gHadâiaind«QK]Wii(tei)too sa.. Via fMJugi^efti^gii^^îiï^^q^^ 
/.9miÀl^ (fie toptiMujSiit^s hom«iediip^s^Q^4afld6r<^n«I|)^jyo 
i(H9i«cpiftir*3jfe»pJe.<leî Jféaus-^Gbmi tofcttêmftobfisi » : eliol 

.^sriHAoïmewIires^de soô irayduafc^eiicliil l'dm^Çdl^viloJA- 
-Aifa^^^tfU 8iippDiiae.lei&idevoimçtoi* léf «0l£iik#^|^^è^.§94- 

ê f0Mre4ilfiiciioi»teeli)ei]|^ ;par. Ve^ii,jm^*^\mifi%lftiè^i 

-ibi-WêM&JÏIufciiittp ItoMî>éd(^0â piré&eii<^ teiHQfif »4e:4;ftKi, 
^'f^teUMééi ^ imibità tilteursqûe le mariage e&i^d'iB^mûïn 
'j^imteisi^a saMtifi^iatii$t Tunioa et les affeçMor^ çQ#|j#'- 
n^^rStf^lt^i^^mmik^. Ikùs du mariai qu^-4)Qftff^yi9<)s 
^ATftq^fe ^1 if^âfiîiés qhea les païens, ei q^u »e. )'4iaienJî(P?s 
fiimgi^â^lblm'ii^fe^^it a été ia preoiier k4éï^im Jd/^i- 
J^v%9«ftt{iî6ôP«^Pô devafti pas ^arer c«i qi^ftiDje^ia j^ipj(/ 5 

^ Mat. XX, 26-27 } XXIII, H. - Jean XHI, U. 

^ Jean XV, 43. ;! ' ' • /i/ tK / ;« 1/ 

^La loi de Moïse nëfaîsiïit'ftQarsi duinaHagéqéHiâe itiiSti.(Uiii6nipoUUque. 

iMat. XïX, 6. Ti- .1'. »;. ^.. ; .... is ri- |(// j,,|/ 



PRINCIPES FONDAMENTAUX , ETC . ISS 

de ntômèqiidH ekde/ppeifaàer Itfat^ aiHnédiiU te0 mmifo dô se- 

ebâ^it«i^(mdl«tfbfifiiiet;qtte 80r» mari tasè tmmjpé^^^ 

server »wilt)db3^0i|»Atd9 WinMibiiitéicU ë^fftoraeiMff lûrr 
^eipdAbniâ» Dâh^ite irëpemir de fwim Liii qaiaîabëri} les 
^ftfeiii^<(t( ^oibisrtti^ tes proposer coomiie modèles^ ta$iM- 
^nSâÉmén s^rt^oiiok^jmioiufr des parents ^ tties^iîliiili tàifr 
Motlt«iuld%f) lilaltm q^^m les reç^ve ed seit^^dfflr^^^eftiù^if- 

ailM^O$»Mé(ÀseftCiet><|0î ,. en les scandâiisaiitv)toBaérimM«'ilt 
i tnlJ^éebdimcpë^bt 4éirtH âmes ^ Liii iff« ^irstt ^ fi^B^aoïir 
^f^tifiuli«i^podf»a9)âiï(ii8evpie JeaB^ e6'q«li wëpfcibai^flk fée 
^^9p(ftet*r' Wte#ifio^iuttf] âAAîHe de BélbililimpaPMfmi&âfiKs- 
oMifi<qi«0l^ii6iv^fcô0sBto<ptaftpur; Eafilk^nMiJqin aa>dttmix 

Juifs: « rende^fiiî>(ji)ésiii* ^« qui a»i ^ Gésabiei^Oiaii^l^ftiifCii 
-m^9iéfà^?f^àbXd0mè^pwm8 pareleB', «opilile ^8<)son 
-é!ieiif/4e'/fqmôdiUifayÀ lufî^mâiiie les irîlHMa piMIèi:^, 
'if^M^gmt^i^^^ {Afas^eMpiiciie Sior l^^de^qm Uaf(SQS)qlU- 

«i^Sfëif^m^ldipakirm terruBtre) il ai iniiqiiécffaliqelveiihBies 
:'Hlf»])<Ar«|iëDl«^'^otf ir«ty«u«ie elceos )ièiiailef»teaui4é6|'«ebu 
<4t>i^^I^â'^è|9iéi«f|riraiiei ck)iii te ti«wieiaâ»M>ft>iitit)aiÉi«^ ; 
^^%ll^^tlë^liHtfiW<^ des^HM» , en éépib'Àtti(t)!kvMf!^l^m6ts 
MP^ièi^'tmioiié on 'e«itf€i ks «svscas^'^i qwipdnEliUmM-iiië- 
I1MMÀ6 s'iN$t>roi ) il répond t « voui; laidi^eb fi je^'^M^dt^» 
"Mtti^ii^oti «^yàuine n'e^i pas de c^iimMWè;^) C;e^eidiKftiee 
^'l«;^6uWèf({)étitlsili)3^ster au milieu durdOiH^^llili'bsç^^n 
^^iHWivéké^^ïH avec rÉiat terrestre ^^ (ili-to li^ ^pp^Kie 

^1; tëi^'dloyefis du royaume de DieairestemldlMi>^Aiiâ0ila 

*tèVtièi/îM''k^t<|}dserilte«prs 4^tifaliOUs «lv^^ilëibâMC!6Vel 

M >■'/ • . ■ . /' :ti)t,rAMU^ 

'Mat. V, 32; XIX, 9. - SMat. XVIII, 2-«0. .KF ,VX iiboIî^ 

-iM'^Jeqni&lIiyiâSipXIXii-?.. ^. AMal. XXII,*i7«t<2iii '.^lol/i ofi iol cJ' 

SMal. XVII, 23 et suiv. - «lean XVIII, 36-37. à) JAl .inU * 



156 '" ' 'CBA'W«»Bi/. «'«î'^'J»'» 

4iie£lésiir]imige oeiq»viielÉioifipai1)ïdi[lcrp^^ 

toyibsihiJrâjiitiffle^ déleste ^oiMe kifl$) MètMioii &^m q^ 
a|ipMfliecit âffiieHitonl setl et lui obéir(ilili6t^^4n)îtitâé^l 
c /Dtlii^'sodtltpsfioiB muYeites^dtt i^i^^ttatte p#léstty-élih%l 
«•biHMiiurcinter pour rb«imaiti€é; Ptoôdr- âëolBièuSëlqd^ 
Mpsqesiffli .est ilabâse , tandis q^e raitiù^f^tfi] ItiO^i^lStlUlàHé 
d$ UlsoxââéiaïKîqoe. Mais il ne suffisait pi4,ti^i^r>li£^vw 
bo^BhoiiinreS':, de leor donner une loi ju^Qe^tÂ^tâ^liiii^f iêl 
desteniiscnoiander un amour concrailr6^1'é«#d(pS^iyë<ët 
^befBfe.HtxBBTs: ii fallait leur en proa*t«rifo'^|]fô^iAinU^,^èM 
lénT^iSsUjmxmWml ia réalisation viiranflê^^HUifeHiiit^'lipJ^ 
sen^YcmlypG^f parfait que l'antiiquité »éiè<$AQàtisâ(VifÀâ^<ëi 
qiédtfôàuarbit xàmtiié en vain j Ce iype*d'tf«i^firi#pp»éps«tolt^ 
MMÎteUdJanurtun et de dévoaeniMt, «'ëtfl'Jédô^^CKl'Jlét^^lU^ 
mémei) il Ipapcoort son pays, plé^h de'Ooâip§â(^d^§dV%«^èb 
tâaoiiiisèDeS) tfguérissant toutes^ les lk)g»iéiih'ii(t«éu^ Uk 
floauladiBsi^apini<A6 peuple^» gfisant daéidnlâ^li^i^ittMMI 
negandôrà rdpparente des hetn»ies^,> siltts^4Md#âSër^^É«<N 
tiatitnii>«Oidti>iciiitie, auxquels appartienil<et)lifi|lélikl ^^W^ 
ptoneiitisesi$ècoui'^^^'It ne fuit pas, il redkeiI^tt^Wb«»iM^a$i« 
kiK^iétâ des pau9flie»s, des nofépi^sës, des'^ë^HliâV^bft^g; 
paveàicItievdit^tVie^iont les malades qirif ottt<>)Mâ'(iiilin^S^iiJ 
fûéàe^iti\ié% ^i^ikfiv 11 montre que la juE^fiëè-dé^Wéci 'ëè% 
9^ui«iqdei'<;cdte'd^$uh<mimes, et il exercev'a<i!it<^^Midé^ 
9ir6f dâtigf✠m\é^ le pécheur repentant, q«i<é(l^^^ sëii^ 
(HB6SB»e»'d0iéa eobdilion extérieure-, il pard^tf6f<litâ fMWè 
ttcpmaiDmrittedvîe»', »p^ès qu'elle eutiarrosé'seS'pilsâS^^^é'èS 
larmes \ il dit à la femme adultère, après qu'il eut confondu 
ses accusateurs: «je ne vous conf|2(|[nnerai,jTi3\Sj^,a|J9z^jjpt à 

n; jii// .. ■ • s } .1. .1. - ..-i ni (II// mkI^' 

' Act. V, 29. -2 Mat. IV, 23; IX, 35. - niàr.XMt/ie'/'' ''''^^' 
*P. ex.Mat.VlU,XV,elc.--SMat/l)^;^/0-'l3'. • '' ^'^^^ '''^' 



PIUNGIPES FONDAMENTAUX, ETC. 157 

ra^eaif<>ifq n^écbwfi^^i, ^^ ao autiev des souffrances de la 
cAfijxy îJ[idfiAne>^ y^lkmt oi^dié a^vee loi. et mptoraiit sa 
gi!è@toii|9^8iiftitt)t|9fpt>iàe]Hrena atec liniautsé^tté tétesié ^ 
Idp P9i)$^l j^efiiiHétiieqttfii é(a»l facile k Jésu&^jtfrristuteiitii^^! 
j«feSfftlH^(flfP<teif«^^ Mf% «eo^qoi ne lui avaiébt fosrJiiqfjfi 
l8Ahà~biMlQnip i.Wdbil iait plus, H^comiilitieeiqiirMly a 
top]9s^jâi(|cilPr<d& 'fdus élooaant, ce qa'a(T4«t.luitm/nfa^ 
9HybiifKI^$<imiMal[gré ses témoignages d'anio«D,>sD«)pM|M 
l^tel*e^^ait pas ^; la -foule acceptait ses bienfaits , elhel ^ 
J^içs^i^.nasaasier par lui, elle se pressait ssr son ptaésgi 
I^iinii|û^aipQQ«v<die& malades, elle Tadmirait, mais elle liesU 
(f^t sourdia à s^s.^ppels les plus tendres ; les grands, les Jén 
p^t^ir^Mdei yatitprité et de Tinfluence, les gandicnsfidri 
r^n^ni^ig^lO^iA^baïssateni comme un daagereqx novatôue^ 
^ràif'.Qb^qil^iiKMftYei^u miraele de son ani0irr,>>ihi'l;eilh)0i|i 
c(U|s^yt pOtr.oti^l:cber ^ le perdre. Ëh bien, malgivé detts^iiiM 
^fl^^<Ptfe.]du. peuple et cette haine des g^altds^i il tieoceàse 
^ ^ [jaunes tous 9 il renouvelle tous les jours ses >eioBtid 
^iM*»r9S8^mbl0r les enfants de Jérusalem, (ceommbi^ksw 
ppi^,r,^sep[ible ses petits sous ses ailes ^v» il pankbfutesà 
<^fN^ 4^ l'abandonnent comme à ceux qui le perséoiMentiinil 
9]A>W'^n '^^prd ^^ tristesse pour Tamiqui, dan^tuiicaiOr^ 
n)gpf(ide faiblesse, le renie, et ne lui demande qu'un* radou.4 
blep^^t. d'amour, lorsqu'il s'est repenti de sa laule^^dlipioufq 
i^jur ÇA. patrie malheureuse qui tue les prophètes eiqnirs^fh 
\jj^ k nepoint reconnaître ce qui peut lui produi!ei^ti|>p»iia^ 
bpUu^ conspué, couronné d'épines, pas un mtiiattliÇdiM 
sw( à» sa Jboucbe : attaché k la croix et pré4À rdi^asfiii'âsl 
prit entre le§ mains de Dieu , H prie peur sesèemiQeaiiiKpli 

■ ^ Luc Vil, aret-suhr. - Jean VIII, 3-11. ^MJjJi;r.ijj:ji:. fejr 

2 Luc XXIIl, 40-43. — 3 Jean, I, H. — *Mat. XXIII, 37. 
»JeanXXI^^,1^,e;|uiy,^, . ^,. „ ., ... y ^ ., . 

6 Mat. XXIIl, 37. - U}c?fIX, 41-41 , y, ,„, ,,„ „. n . 



158 CHAPITRE I. ' •"• 

ajoutent riD9ah^^li«'sâippHee>i 'i<Pèi^V''^t^>)' pikéamëï^ 

^[i^lHhNiltdldiUQsaTie il est dni8r<K)tixJeft%(^iiii>iétfë^eœ^^V 
itos'iSKiégbfiniiique coDire les profanéfëtipâ ^li'A^iik^l^im^^W 
dsfatitanulbeur qcr^Qux hypocriK» qù\ fi^mikM^lA^ÀkhémW 
qfii mni^ààm sont pleins de rapine! el â*ibip^ëtë^> né^H»^' 
&teBlipfîili &a gloire de la (mrt ded h^mmei^l>h^dliè&¥uW^ 
(|wteii«ide faire la volonté de son Pè^ë») «^ëfa^Ûititm^ 
iiiciifee,'»bMiB9rat jusqu'à la mort de la mh^: HpreSsIVoD^ 
décdaréviue celui qui veut être le plus graUd'^èfrfiii yèftfi^étW' 
doit Êlne -l^r serviteur, il dit de lui^tnêtne qu'il 'U^yt^jià'sf 
vefiuifNMJréire servi, mais pour servir les autres^ ;fl y^jèîttf, 
p<H»f.âe8t4}iseiples, le plus louchant exetti|îfe^ il leliki^^k^ebtf 
uu ^nyîee réservé aux esclaves , il leur'ftftf^è les^lpil(<^<> lëïlr^ 
HM^ptffant, par cet acte synaboiique, qdè t1simnih^<>fltiIttiétM* 
pvéi ailx services les plus humbles^. E«Mu , a|M*è^ aiWmfT 
qu'il )D. y a pas de plus grand aoiourquedeiaissëi* itt<V(e^ii¥' 
q«)H^: qu-on aime, il confirme ces pai^lèis en tÉ^M4tïi^ëi^ 
s^diois* liais ces amis, qui étaienl-its? Ce Wé^éil^^^ 
ses disciples seulement, c'étaient au^si ceux qui ïë hS^Mëtti 
eX te perséeutsdent, les pécheurs, ^ un mbt^éti^Jes 
l*Qiiiltt«$6. Tous sont «e$ brebis; il est le bod bei^Kljili''^si^ 
à la; recherche de la brebis égarée^ et qui n'âf^â^'dè'tiè^ôi^^ 
avDint qu'il Tait ramenée au bercail; différefil^^dii ihiérce- 
nairequi^j à rapproche du danger, abandonne ses IfreUs et 
ftîit, il donne sa vie pour les préserver^. San^'d^ute, H'au- 
rait pu* s'échapper^ se soustraire par la f«ite à tébx'ii)n) mé- 
ditaies^t sa. mort et dont il connaissait les prefefts ^iiii^tres ; 
mais c'eût été agir en meroenaire, c'eût été préféi^r sa 
prqprre vie au salut des hommes, et il avait dit l^i-hiéhie 
.h • .' • ' "'" ' ''' " ' 

» Luc XXlll, 34. - 2 Mat. Xf, 29. - 3Mal. XXIIÏ, 23 el suiv, 
* Jean V, 41 ; VIII, 50. - s jean IV, 34; VI, 38. - «Phil. Il, 8. 
" Mat. XX, 28. ^ ♦ J4âh XIIl, 3 et saW. '• ^ - " ' '^ 

» Jean X, H et sniv. - Luc XV, 4 el sim. - 1 ' ■ ^ 



PRINCIPES FONDAMENTAUX, ETC. 159 

qï>^nrfWWfe*j qRl«ftudF>^/fliuvep.8^ vie^ U petdmli;» c'eèl été 
de régoïsme, et ^dy^cfli^; était iotii{ 9m(¥]i^, ien.iAaijN^^ 
Pâ!pïlA^.«AjV^(fAY^iW*f'7^i4i<^^^ enQeiniSvDOi)'. pafltunjfaiialitfine 
^•Ï9H^RfteiPkjftrwfl9?fei^;«Bais par .l'effetidnïiilQibçraHi* 
^9^%46fl^^^^Hn<!Pk9În^ ou leur indifféreoceriilianiiditftei) 
b^9^ ^9i9¥i^l^ili^g ^W^ du.péché qui élaii IdiibHise vkp 
l£m*aMW}ld>fflWtfi#»uJ^l»M pour <îela, ilialèaidipq'ilgwl^) 
la|^Aljj^iAgai!|] pDfiii$M6ide ce péebé^ ei qoe l.'àioniiitiéiart»^» 
4|^ç^l^^ji'iisyi^^Wmj3ttraieQt en tuant rinnoeenisl ieaaiiitM 
<^!#{9^%li^iM^^iW^de Tamour et du pardon t)D!tiv>i^x!y.)rë4^ 
^l^y^pfi f;^^gJ€m€B.ei produisit un repentir! qui qpM 60^ 
\WSM Roini..dl$uiié|lar^ d'une vie nouvelle, ii'^stféipsieiy 
^lïHfe^Wèbl^f i ^.^{Sf^jv^^ que Dieu cons^t àifm^lsamftdf^ti 
^§S\ f>H^i(f%yi P^fr^vicUme des péchés de son pewplig^^ i$u 
4HiS"Jl9A"^fi^tffl^4l<tes ^;spie et les efface^, c'esit ^mm)(pi6î 
^mft0B W^l^^r âflbl^dn^ preuve de son ànaour^ est ie c(3m 
iH)Rf^9t9^ l^iF^e.) .indispensable de (otite spfifsuW^l' 
4K<$^§ri^i§ftt Ifboçw^^ti Ksalut pour ceux qui en^pét(ètr^#^t> 
l|$^]i;jL${ig^i^*i^Jt qii'il.aecomplit sa parole : « leFiis4k l^ntâivi^ 
4ft9H#S%iViç| Wi^ï Ja réderaplion de plusieurs^.» i' -^ l> <^')^ 
^cyÇe^t^^n^Ai^ ^psi que ia vie tout entière de Jés«s^ÇbHisll;> 
4j^tj[g|f^^nH§nie temps un exemple à suivre pai^lds m^Mviii^i 
%,r^awil^.,j|le,Dieu. Il dit expressément: ajev(n]6>aûdoiii)é^ 
r^i^^a^le^^afin.qae , pensant a ce que je vous nisfaip, vm/^ 
(^^^t,^}|is^\ de même ^',)) son commandewieat nou^^u» êilt] 
iY^\n^pT jifmjxm lui a aimé^, en allant jusqu'à donner Itaftiél 
V^ pçf)x,qu'on aime. Aimer tous les hommpçf domnmMllâ^i 
6^9i^o|r/.$e^. sacrifier peureux comme lui ^ c'estiAàM<tet»«è^> 
qipn^ Ji^,p^qvel am^our, inconnu de Tancien mondetui» ^^ii^m 
,^f^„|[)jrfir^oj3^ illut était facite d'aimcrrMainsÊ,^j&/l0ii(fpfirf 
était sans péché et un avec le Père^. Mais nous? tant,de 

,., . . : 1. . . - i^Jir// oikU 

y. Il ,|. r,. ' ■ "...!M7 .r^,Vnr/)L^ 

^Mai. XVf, 23. - 2Mat. XX, 38. -r- «Jean XUl^J5,- Xi .// m.U • 

*76., 34; XV, 12. - 5 Jean VIU, 46: 1 mw lo ^^ ,X nc^.l'^ 



160 CHAPITRE I. 

choses } la fajblesse de noire nalore, les drcomlsuiee^, les 
préjiJgép de poire peuple ou de noire siècâe. .âiMn4Mi^ji|M 
p^phé^ pous opposent des obstacles ioëiurawiitufejBa^. ootn- 
m^t doue suivre ses traces? L'œuvre 4e JàM#-ChB*»t.#É{& 
ét^.iaçopaiplèle^ s'il n'avait pas indiiiiKé à ripHM fiéelMW 
ie^^.ji^jeiis de Timiter, et de devenir p»r VjstÊfif^ m ^iMyiH' 
de^^^pp TQyaume. Il déclare lui-même ce qfâ (aiad^MliéJlii 
ptpi^ss^neç d'aimer les hommes : il les aime, pince lyfc^il flMAt 
les cpmmandements de son Père et qu'il d^aenre4aMa^ 
aqftour^ Ainsi Tamour de Dieu est la conditioii^ k smtm 
de Tamour des hommes; le principe reltgieox le |iii|i 4^ 
est misa la base de Tordre social nouveau/ Mais ainOT Pwi 
n'est pas aisé au cœur égoïste. Pour y parvenir, Jiés^Sç-iC^irîst 
répète sans cesse : amendez-vous , quittez h cben^Qi 4?.iV* 
gueil et du vice qui conduit a la mortdo K^oies q^pfM9|C4K-pu 
service du monde, car vous ne pouvez, |M |e|v^f,|dfiw 
Biaitres à la fois^; placez l'amour d^ Dieu et.«çS|^xiiB9i^!i 
an-dessus de l'attachement aux biens -et aux r^a^ppfl.l^i;-. 
restres^; humiliez-vous, ne vous tenez. pfts, pqur ^||fj[^s<,. 
n'oubliez pas qu'il « n'y a que Dieu seul qui soit.|>ç;i^f/i^M^. 
de nouveaux, obstacles s'élèvent danfi le cœur : q^^^ \ç ài^fx. 
du bien , mais on n'en sent pas la force { on voudija^ ^ .;gi^f 
on prétend qu'on ne peut pas. Jésus-Christ uo^qs^ppfe^ 
encore à vaincre ces prétextes; le moyen de la victpire, c'cist 
encore la puissance de l'amour, et cette foia c'est, l'amçur 
pour lui-même , amour qui produit la confiance.et la iidé- 
lité , en un mot la foi^. Rien n'est plus efficace pour a^umer 
dans une àme le feu de l'amour, que Tamour qp'ifp autre lui 
témoigne; or, quel plus grand acte d'amour qqe I9,.rn0ft/Je 
Jésus-Christ? Qui pourrait ne pas^e sentir attiré ver^ lui ? 

«leàttHV, Ôj'iO.' - *Mat. VI, 24 et suiv. 

3 Mat. XIX, 46 et suiv. ; X, 37. - *Mai. XVIII, 4-, XIX, 17. - Luc 
XVni, iO et suit., la parabole du Pkarisieti^at d^ péagef^ ,;. ,. • 
SLemgt jjjo^tç^aceççjleqxsjgnificjitions. j, .. 4 . .; j! / 



PRINCIPES FONDAMENTAUX, ETC. 161 

En se représetilant ses souffrances et sa mort innocente, 
p«il-e« s%nipêcber de faire comme fa multitude de deux 
qiâ^ft'efl é^fent ïrètournésdu Calvaire, en se frappaiit fâl^Boî- 
ii4lie**P fcaisÈifmcieitce se téveille et se trouble, on^è'^recï^p-' 
lUHIf^emifAif^Ae cetle mort du juste, car qui pourrait' 'dir'ë^ 
^W^ se serait pas sfssocté à la foule qui a crié : crucffifez-' 
>i,^5i*»d#ez-le*? Ce sentimem de- culpabilité, qûïacbona- 
féfÉe ta re^éomaissance de Tamour et de la sainteté de Jé- 
Mn^^rrst, conduit au désir d'obtenir son pardon et sa 
gf9ee, et de rentrer ainsi, par le bienfait de son sacrifice, 
dâffe la réconciliation avec Dieu ; Jésus-Christ veut que ceux 
qui raimeik soient là où il est aussi ; il est leur avocat au< 
près rfa Père, et celui-ci les tient pour justifiés, parce qu'ils 
(micro a son Fils*. 

'<£» déscetidant au fond de sa conscience, l'homme ne tar- 
d(^â' pas Jt se coiivaîncresqae celui qui a été capable de tant 
d^illiMnii^rïi dû "êiïe réellement sans erreur et sans péché, 
&éÉi"i^dM qu'il n'a pas pu être un simple homme comme 
Ic^'àtitHes.' Ce n'est pas du cœur humain, égoïste, orgueil- 
léth^i vinfficatif , qii'auraîl pu venir un amour si pur, si dé- 
vWé', i\ humble, si prêt à pardonner; toute l'histoire an- 
cîètfùfe t3^l Ih [Jonr le prouver, et notre propre expérience in- 
tiito**lé'cfonstàte tous les jours, pour peu que nous soyons 
siifëèfesj on û'héëitera plus à proclamer qu'il a fallu que 
Dlëtt 'se montrât lui-même dans un second Adam ; et ce 
qiîH i lieaùcdup d^esprîls, paraît contraire à la raison, se 
pi^etltefra comme parfaitement nécessaire et rationnel. Dès 
qà'ièn se séhtlâttirè, vaincu par l'amour divin manifesté en 
Jé^fii-Christ, on est forcé de reconnaître avec les apôtres ' 
que li Pai^ofë éternelle a été faite chair en lui , pleine de vé- 
rite et de grâce, qu'il est j.'image du Dieu invisible dont la 

* Luc xxin, jcsi'-^'^ii:;^i, . . • 

3 Jean XVII, 24, — 1 Jean II, 1 . — Rora. X, 4. iO. - Gai. 11*1/24, elc. 

11 



A62 , ,.,,çij^ç<T^y,,i,-,,,„,„j,., 

^I^fljf^4ft3.hahilé en Iuivqn'i).3.^*ufiaia9fl; ri'PP.fPRPjwa!» 
jt^épigij^e de ses œuvres et de (^ir/^^fl^^^^m-^mimm 
M) We,,le Père Taime el qu'ils ne^Qa5|qjij;^,flii'g|,fl§t)8iH^|i 
4H.^'^i^^^^^ P^"*" ^^"^^^ '^^ homrTre§,,jy)^r.A^,^&HPçir„lp 
^jjf|hp,Mrei la paix, que lui seul m\ j^mi^ff^W^mm^^nM 
M\^^- ^^ '^ ^'^- P'^"^ ^^ ^^*^^ QW^icijîçlfiia ftflj î^ifairftyijp 
^jp^fie-vakqui irions-nous, Seigneur? ^^^}m^m^^}4f^ 
Jj^i;\{iç éternelle , nous croyons et pous ^v^q^.flj^iç \M^)ifi 
Christ, leFilsde Dieu*.» .. ,; , , ,i..;,iiî j,j 

., Alors aussi, pour lui témoigner ramojia^,qU'Oiij„%ppjijî,lfli 
et la reconnaissance dont on est pénétré pour .sci^;iji^QJ^jjts 
et pour son sacrifice , on demeurera en ^l^i , oqu pprsjy^J^r^ 
d^nssad9ctrine, on obéira à ses (^mmandçimeni^^^n^ai^^l, 
(fpmvfi^ lui 1 les hommes ; on fera les mêo^f s œ!|vr,^s /^a^^^r 
que Iqj, f^ s^era vraiment libre, on au^a,lia cpi^ti^^^l^ifii 
.aimé 4e Dieu , on possédera le si\lm, o«i.)iiivra ili^jifij^gj^ 
la viq éternelle 2. , .i/o unin of» 

Ce jsqnt (à des actes et des états individuels, ;yi^i|i[v;ff|,4e 
Jési^s-Çhnst a pour premier but et pour premJ6i:,gÉpftt,l%^fl- 
généraUon de. Tindividu. Cest k la conscience dq^r^ndij^i^ 
qu'il. s'adresse pour éveiller le sentimenldu péçlj^ vjfr>bff- 
soin 4u pardoï^.et le désir de la nouvelle vie. Le.repiftprjiféi/ja 
conversipn, )a,foi, l'amour pour Jésus*Çbrist,ra4fP9^ien 
dans le royaume spirituel de Dieu , intéressent essentielle- 
ment l'individualité , rétablie ainsi dans sa dignité et dans 
ses droits. Ttocrtefois Jésus-Christ ne tend pas à diviser les 
hommes ; il ne les isole pas les uns des autres ; dans la so- 
ciété païenne , malgré le despotisme de l'État i^ehdqué! ci- 

'Wyen ne vivait que pour lui , ne consultait que èôii îètérêt 

h .. • ■ • I . . .« • ' »i " . ' 

... 1 Vi0.,Wi ^6. - Jean I, i 5.111, iby V, 20^.VÏ, 39.eti!juiv*{,X, 25 
*et siji^j. î^Xiy, 6-^0î XVII, 21. - ^Cor., IV, 4. - Col.jl,^.,^^^; 

lî/k '""' ' ■" ' ' ' ' ' ' ' 

2 Jean V, 24; VI, 47; VIII, 3I-3G; X, 9. 28; XIV, 12 et suiv ; XV, 4; 

XVI, 27. M // u\J 



PRINCIPES FONDAMENTAUX, ETC. 163 

'fiart>lftH(er,»ët IfdVàît nuî feouici de cfe'qili arVlVârflïiui'atUres; 
•èWèWîMûS-CHHslV an cbiilràîrè, ù'hacuff abif^iVèf'Mi 
»(ftg»c!èÛ[Jëflù^àTir! déson prochain que du sien \^f60] ctlf', 
lin'ftWaèrfifeAl W ïM-écepte'fet l'exemple de râto6iir,'lë*Sytf- 
^4etfFBWïf léè^(^f»6Vattte| (TaMé^ liens les plus forts et y'puA 
Wfefëfe dhfe sWfé'fatfMle de frères. Si lui-même à ^itîfai^é 
'!ferf*te¥Hdttï!ïiwis'tligri6s de sa conversation et surtout dlgtie^ 
'^(?'èdH ââWtrflëèj'fe cht^étien qui suit ses traces n*aurrf'jllti!s 
ni mépris ni haine pour qui que ce soit ] humble, il reàpetf- 
^yrâ^fehl ^Al hdmme; à quelque rang qu'il appartienne", une 
''4Hi!é»î*ifnïortene, objet de la sollicitude divine; et pléiVè^a- 
tl4ëttV^,'m se dévouera pour son prochain , sans s'infoUïiet ni 
-flWIOTF'Vlëirt; nî'dèf'tetïn'il vaut. Jésus-Christ veiît^fëfo'nWè'r 
««ïffi'^fe'^^éélëléhtfittaine sur une basenouvelléV'sUl'^îe 
'fl^èll^i'é^ëétel9''tfft amour réciproques. La réggnérâtîbri'tfe 
'^âffiMâfa^^t ta'éénahida de celle de la société ; lé i^iyatfWfe 
de Dieu extérieur n'est possible que si chacun devîéïiHftOT- 
'4îdtfaiftb^nt'iafaht de Dieu; à mesure que les hoflïfhîés^ re- 
-fl*i¥i^|iarf jieèhë', en acceptant l'œuvre de Jésus-CJhVM^Hin 
'jftéii'yflèilaPlplas durable que ceux qu'ont imaginas lfes^i*(^8- 
-fiAeôWé^i^lèàf philosophes , les unit entre euK,'ét 11^ téialJsféBt 
fi[)a»'l^i»flflér*efelt£i Église contre laquelle , selon les prothëè^és 
"dtfîÎBfe^', Ite portes de l'enfer ne prévaudront t^oint^V' '^ 
-(^\hhnii^?/j h. . ; •i i - »j i 

'^.ficb lo oJinu.h ..- ' 'i' ' ' * •'» 

^.ol iv.i/il» i?»:./^^ apôtres et VËglise apo8tçliique..]un\> - k 

-ox ni <inX^ " . • . •» '■ ^ •(nnii.»' 

10 Ç9piî^RftSî¥';s^ principes et pour contiuu^r,M>«(f»fl3[r^, 
j;^^-fîJ^j*i^^,jicjiQi$il .quelques disciples plus ,i,mlwe»opi, 

dans le commerce journalier avec lui , puisèrent une con- 
•'fiaAceieHèmfentUnébrafalable en sa personne, qu'iKlcii^dgea 

(iî^nfes b'ëti^e se^^ap'dlres. Ils reconnurent qu^il est le Christ, 

* Mal. XVI, 18. Aï// 

11. 



164 CHAPÎTKEI. 

-83 801) J'j ^'j'i/Hnj "«h . ';iîr:-î Jiinj -A) ^')[\{\{u.Vi{\ y.'A) Jfi'.; '. 
l€^Fi|&idef Dieu qui seul a les ps^roles de la vie elerjielie^ 

Qumqiie differents.d lodivinuakle el de caraclerev ils demeu- 

nerenlji accord en celte foi: elle devjpl pour ainsi djre leur 



mondef^afin de^montrer que la rénovation de Ta, société n'a- 




ilprouva ainsi que tout homme est capable de la vie divine. 




,_ - aisqu î._. 

gf^lj^mlp^.de, la .terre*. Il ne leur caçhapoinlau ils auraient 
àfi^ persécutions à souffrir pour son nom , mais il leur pro- 
Sf'hteW^.^Pf? ^9 Saint-Esprit, du Consolateur, et h coijj 

.^o(^*ff|fjimïï ^^Ç»^ ^^"^ *^»^ "»^?"^^. >9V.f?. ^rafeà if) 
§î^î%fePFiit^ leur enseigna toute vérité çt (juiles^rya^^^ 
ff^yjîflrfîl^^ ^'iÇ'îïfR^W ^^ '^"'^ Maître un témoijgpag;e él^rnelle- 
fflêî\^lSff}V lç.s pjj^Qtres se répandent dans le inonde^ proGiaT 
jl^g^jP^j^p;j(l^que Jçsus-Christ crucifié est le Sei^r^eur et le 

fil^fi^^iflS'^^P"'' P^."^ sauver les hommes du péché et de seç 
suites^^; ils guérissent les maladies par la foi en lui ^^, et lui 

Uean VI, 68. 69. - «Gai. Il, 20.-3 Jean XVII, 83î" ../:,, M 
^Mat. IX, 17} Sa, 25.-- «Jean XV, 14.. 15. — l*auXfl,i4ftt ^4 
i\èMii^,^m^m. 4^?MaL X, 7. — ^Aa. I».8>. .. , M... x'sX J r,/ 
î^Mat. X, 16 et suiv. — Jean XIV, 16-^8; XV, 20 ; ML^li^^. e 
^ojeaiiaCVÏMa. -H/Acl. II, 36; IIIy:*^j.iy.y42. ^r i 11//^.. 
i*Acl. 111,^6. 



PRINCIPES FONDAMENTAUX, RTC. 165 

amènent ^es personnes de tout rang, des pauvres et des es- 
claves^, aussi, Bien qne ae$ seigneurs etrangerSY ^^s'ôfii- 
ciers rop3ms^,ciés femmes de qualité*; ils fonieniS^è^Wm' 




re1)uient;[ amour ae Christ les rend vainqueurs cffe foBlM^ 

jCeiax.des smot^^ nous ont laissé des" eèrfts W^%% 
montre a cnaque' page Taction du Saint-'Espm*^d(?nf'Sfi 
étaient lOîspirés,' sont lés plus fidèles et les plus'sûP^lnl^- 
p|etes,de la pensée dîvfTiede Jésus-Christ. Il imporie^l^? 
èommisnt ifs prit cor^servé et développé le principe cle'l^nfoïÇ 
qui devait iranslbrmer le monde en changeaiil les^ ^offiSfts! 
sfa%ntÎPterre\ qui, après avoir renié son !iia?fî*e qa^sPiïH 



— lufent de faiblesse,^ I^ 

aûfeirièiïn^ point a égard aux diverses cbiidtlfôA^â^^p^* 
onjnes, mais qu^'çn loutë nation celui qui lié cràînt ,"êi nom 



moiolsiii de faiblesse, le confessa par sa prérJÎcatlmlTlbnsIe 

S''nncmafis%1ies^dé^^^^ et par iiitt^nSïft^^^lt 

[ome, avait"reconriu que le christianisme ^sV^uîrlwfâSF,* 
«Wiie Bîép irai pomTd'egàrd aux diverses cbiidtlfôA^â^^p 



lés œuvres. scrntju'sibs, lui est agréable^.» f\ ènéeigrii^'iftHâ 
vaietir înlerféure. seule donne h l'homme sa 'alPiTfftFî' ^^^^ 
Dieu ne juge chacun que selon ses œuvres,* èï^iioî/'^orl'fB 
rang Qu'il occupe dans le monde, qu^encbmfi^rsliëBn^âd^ittë 
He éfirèlfêrl'; tous les honneurs et privilèges i/é'feytit'j^ïft^les 
vanVlîes'^ passagères , attendu que les chrétiens' Wills^sônV*™ 
race 'choisie ^Tordre des prétres-rois , l'a naïioW 'silfnl!é^*>{ 
liiîis eiitrè eux par le lien d'un amour frâtei^nèr, éffljJli^âfft 
ckacyn 'lès dons qu'il a reçus de Dieu'auyWlfey^*Hè"§gS 
frères,^ ne rendant pas le mal pour le m&r',"lés'%Rr^^îëiti 



*P. ex. Acl. ni; 1 4li^i<iv., et ép. dfe S. Paul à PhitéfiwHa .17 tiBol^ 
2Aèk; Vttijaif et'ifciT., r^umifciuefde k reiae Gàjdàée,:r JA .jnï/> 
3Act. X, i et suiv., le cefitdrid»' Corneille j XllI', 7 et stfBr.^ .j^Mcôn- 
sulSei^à&f^alYuè. ''i^' //--»•!. ; . /.... î, OKX .isW'^ 
^Act. XVII, 5-12. .i'^R()b.'Xlllj!37-89.?— •fMet. i|^?ï/:eS^ol^f 

(H ,111 joA»^ 



166 fi / 1/ OHWPiTOi:)!. ^ l'iij/iiîi'i 

doiseqtiunèfiir^'au DiilieHide la <^orifnpl»iii)iohiiiiÉ0iidë^^'{Mte^^^^ 
laM^iriffîf ikai^ let'pleine d'iamour, 'afiniifveiKiMs^qoiiii^c ûOti*^ 
BèioBCDi paoieDcqrele Christ, stpftmneniQiYmttetm'^^)»^ 
Fi%n(pi0taàioaiuae»des bonnes œiirisea de aeqdiscrpièiiktq -:! 
3àiiwpûltei\sa^%tJacqt^s appelle là laî'ide 'U Vanité datikii 
roplè^^ojur aKSSi proclame le gvand prinjQf^^aë ^idditelq 
nijaàmie de Diea , on ne doit point fairei a^èeplMi réc^fper^ 
aQqnia&^.iiesictoëiiens, dit-^il, n'estimeét pasiJeshMmsq 
$eloibrl6ith>cmidilion extérieure, ils ne préfèÉent'«pa8>'las 
mhss^BBz «pauvres, car ils savent que eeuH^nd iSondiaoBsi 
leum fvèrasi II insiste sur la nécessité de mamfeste^ isar bi 
pari ulieijrharité incessante et active, de ne^pas" jbger le» 
autitssr'viâe sfâbsleoir de la colère , et de morilrer' qu'on iat)la 
3lig«fise[d>ejD{hauft, en étant chaste, ami delà pak.,«nlodéarë^ 
éqoitableMdociite, plein de miséricorde. Pourf)<niviijr>pciileq 
€eâ((firDitsdela:juslice,» il faut dompter s^idésJBsidérëglé»] 
oat >C6 n'i^t que de là , de ce qu'on ne p09sàéft''pad) çeiipiB 
Yon désire, que naissent les dissensions Qt lesiliakmB^rtpicMt 
triompher des passions et du péché , il faut s'humiliénjiloet 
laprés^nçe du Seigneur, )x et recevoir sa pamle aTOoâiiifeii j 
:Ledi$ciple, «que le Seigneur aimait,» sadntJméiépimneà 
tobcàaaiÉee épitres , de même que dans son £vm»^ileV^ sfap^ 
plique à montrer la connexion intime et profonde'entrèii'^ 
Blodif^ da iÇieu et celui des hommes. Le point de départ) de 
tont^scMii emeiignement , c'est que Dieu est amour^; >€el 
amont de Dieé a paru <(en ce qu'il a envoyé son Fils uaiqQQ 
daÉsileimonde^ afln que nous vivions par lui.» Pour milMix 
laire 'ressortir la grandeur de l'amour divin, que ranliqiiitë 
iie->èbf]lnal$sait pas et qu'au pointde vue de la ju^tiDe^huU 

, il fil. il ..I : '. . -■! llîA .[ 

'^Èp.V,y7j'ii,9.i2; m, 8. 9; IV, 3^0. ..,'«"•« ^ 

'1, 19 et suiv. j^ll, 1 et suiv. ; 111, 17-18; IV, 1 et sniv. 

H Ép.IV, 8. 16. II. 



PRINCIPES rOBOAlIGKTAUX, ETC. 167 

J^ftO» a^fep (yodbasifuriàonjsisrfifeo iae qitàcd n 
q«li^^l»)a9MÉiêlBfm»i[dDiaip;que c'est luiqiri neoq ânwDëfi 
le ptémbfpàbqmnbeawajémn Fils pour <fanreiku<f>rQ(BH 
ibftiob sdèiaibB 4iéebéà^() ^emuqoDr de Dieu pour Dbqnidie 
pédMibr^dojlo(tpgagBriûcdin-oi à aimer Dieo- à ^oii^ 'ifauEios 
(^«ipaÉsikMi^dfiieu'^ipbiBque c'est lai qui boqb ib aimi^to 
pnwM>Bl>^dLftflg|ii>é^eai qui aime Dieu gardera aussi V'P^^ 
aoloBfiq)aliK)lRil/is^SreoiiimaiideQieDts suprêmes d'tfitherJe» 
ImuBiinc^^K beméo parple , »i de langue , mais par œuvrtë at 
eof vérilÉçdiftkimBnJiéfia <( comme Jésus-Christ a marthé<;')i 
e*'dstieQ(Jfésas^Gfarisi «qu'on a vu ce que peut la fo^ee ds HiH 
Bdoano'iKphaidonnéisa vie pour nous, novs devtes^dofne 
aànbcdoQueEcpotré «Mie t pour nos frèces.» Un-fpafëil-aaiiQpr 
patro^eipvustqirniiiitira 4a preuve éclatante die notre' aitiop» 
pfiëigi&iéuf^t'^pbuar^sao Fils : » quiconque demeure dan^ l^a^^ 
fflipispAanfenlrs^niDien, et Dieu en luip> c< celui qui D^aime 
poài|t^Bcr«oàD5il;poînt Dieu, car Dieu est amour ;)>'e^flL^si 
fuelqn^iibcditft j'aime Dieu, et ne laisse pas de haïr smijfirBne/ 
c'esftiitojm«)ieiir. Car, comment celui qui n'aim«i|>asi9od 
firimriq^ii'ilivvèit, peut-il aimer Dieu qu'il ne vbitplis'PŒt 
c'f»1^ de Die» même que nous avons reçu oe cwmmÉode^ 
métai tque>celui qui aime Dieu doit aussi aimer son £ràre/t;^ 
Celui qui. a développé le plus complètement le principe du 
raiiour dans ses applications diverses, c'est iedernieâ^ \^wi 
parmi .les apôtres , saint Paul, après que, de persécaéMr 
violent^ il fut devenu, par sa foi et sou amour, l'égdl^jAeë 
disciples qiû avaient eu le bonheur de vivre dafts rioiimilié 
de leur Mai Ire. Arrêtons-nous un instant k ceUeiib^osi 
grande figure de Paul; elle nous révélera ce dont Tâme de- 
vient capable par l'amour du Christ. Celte nature ^vive el fir- 
dente, une fois illuminée par la grâce, est irapp^Q^^^joir 

H Ép. I, 4 el suiv.j III, 1G elsuiv., IV, 8 elsûiwr y, /l .qH f» 



168 Cli|APlTi!6 K/<M r/ . 

le vioe et T^oiquiM^ régiiei ii^n^ tq MMéHïdlMIgré 4à loi po- 

siiiv|^ 941e pieu avait doii»#.a)isiffUs,9iMriiBt)8i)éibiJoi'()ttô 

J^jj^^nsi possédaient 4ai)8ileur;C^)09iiii«irlee.^^;ie8iJudSi£Hinne 

j^^^jrefi se sont détournés de,DiMf)iittr.tliim)eibep eomvU 

Jjg|$^|d^ l^urs cœurs^; Paul voit. Ie8i)bân)me9{divtséif(0èt>^ 

r^^Di^j^, remplis de haine et de mailv^t6éé&jrB,{il{nlé OnhiKé 

(P^^ji eux Di affectjon oaturelle, ni miaéricQid^^^ etii fiànp 

j^njiangage énergique, il trace de la aociélé despaiépoqop 

jl^n^porir^it , confirmé trait pour trait par le léodbignagHjraa'» 

Ifjfi^e des historiens: «Dieu a livré les hommes krittslpofsfi 

,^jCMQs honteuses^ car les femmes, parmi eux, oniicllaB^i 

J^Msa^e qui esi selon la nature en un autre qui est dcajtrcila 

^^ure, Les hommes, de même, rejetaat l'aHipooe de3Alàuo( 

^^ç^, qjuiest selon la jialure, ont été emèfftséi dedtimfès 

u^$.eny^ra les autres, l'homme commettant >aiifx;zl!toiinDé 

^i^^ insf^mie , et recevant ainsi en eux-Q^me^ida^uste^MioDiâ 

qui était due à leur aveuglement. Et, eoomebibifttepiÉqiaft 

v^aiflu reconnaître Dieu , Dieu les a livrés^à ua^imdapcq^ * 

ea sorte qu'ils ont fait des actions indigoes^iqniilaûbtcaiK 

i^l^ji^ de toutes sortes d'injustices , de méeiioflQdtéi^db fat^ 

,^çf(|jpA , d'avarice , de malignité ; jls ooiét^eOitiiaipLf^iiiesiF 

tf[i^/ç$<i^ .querelleurs, trompeurs^ ils ont été eoiPfûiflpitfi)daiis 

J^^ujr;| mœurs, semeurs de faux rapports, caloïkiniateRitoâÉl 

epr)|^mi$ de Dieu^ iJ^ ont été outrageux, âuperhes^^ atticnri^ 

iq,yept,9urs de nouveaux moyens de faire le mal , désobéis^ 

s^nts .a. li^Mrs pères et à leurs mères , sans prudence, saq) 

ippdestie, sans affection, sans foi, sans miséricorde^» i > 

^., fi^iai^ Paul voit aussi que (c la créature » souffrante saupii^ 

après la délivrance a de cet asservissement à la corruption^. » 

Éoiqi par ce spectacle, plein d'amour pour les hommes, ses 

iRoni. II, ^5. - 2Rom. I, 24; II, 9; III, 12, -- 3RonK h 34. . 
,,^^^I}<jinj.j.,26-3l.-Ç9mp. Gai. V, 19-21,. . .. • ' 

"^«Rom. VIIl, 19etsuiv. . ; y / . . 



PRINCIPES ^FONDAMENTAUX, ETC. 169 

CrèTâSi^ilk^èietlkirianièiief à TÉvangile oà il a tronvé lui-même 
hvfbrobdœet^aniMr, aitisi que h bonheur et la f»aix>' ftVsf- 
dnsseÀ'tomiiaôs'âistifH^ioi); affranchi de ranl!iiëri^lrtt(^îil- 
tif lame ipli-wytift un tmémii dans tout étranger, flP èàff 4^h 
«•fiÎKu fmhH)ffOiQV^fiëcëpi\éû^ des personnes,» qtî'ieiïiésfây- 
fiimati î)k<%B plifeiii G¥^o ni Juif, ni barbare ili Se^ffl'e , 
qa£& p]^ ^{ihidiiî^naUoii privilégiée, ni «gens da delÂ^.i) 
qapo<|ôiB^^^rà i^àtntot, sont concitoyens, cohëntlërs 1d!i 
Pûf^uva^B'ÛBMeh^l C'est pourquoi il se doit «aui ûree^ et 
aasqha^bsres^,)»' peur leur prêcher h tous la bonne nouTléllë. 
i^âftt'Tràf, il n'ignord pas que TÉvangiie est «un scandale 
Abxiihii&'^i une folie aux Grecs ^*,)> mais cela ne le rebute 
poèètryil nh pashOfkte de cet Évangile, car il sait par sdh 
esjpnmBcé) îotHiie qu'il est «la vertu de Dieu pout' sauver 
èoiui«éux «fuiciti^ni , la force et la sagesse de Wten^y^âéé^- 
tkâétpih «aincm te monde^. Armé de cette force, qui lé'réM 
iiipiHpbanl dan^ toutes les afllictions^, il s'en va atlaqâ^l^tè 
{GB^paqii^me' et ses mœurs dans ses centres les plus ctdlètlli'âs^, 
jÉàoi(Aa savante Athènes , dans Corinthe Timpudiqoé,' èV]8$' 
quâ dhqsjla capitale Ju monde et dans le palais deé 'Cé^^Sr^. 
Imdis^iprefes stoïciens, également frappés de la cor¥(l|ft?M 
«nâbemelle, s'enveloppent fièrement dans leurverfa'é^'^lèf, 
Jâapèdcflde iésos-Christ va de ville en ville et dé dîltfgéFeA 
dBDgër pour conjurer les hommes, au nom du Clirr'st!,**9ë'fe'è 
fécoherUer avec Dieu^. Il leur ouvre les yeux sur ïétrt^i^iWV- 
qaâlés, d veul qu'ils commencent par se recoriribttir^-'^- 
chettrs*, puis i' les adresse à Jésus-Christ qui est nibfl'tottV 
-eu^y^ auprès duquel ils trouveront la grâce s'il^ éréîêtn en 

., } RomtiH,. i< . ^ Col. HI, H . — Gai. III, 28, ^ i Coït 1HH mà- 
Éph.li, ^9; III, 6. 

2Rom. I, 14. — 31 Cor. I, 21. 

*Rold* r, ^^6. i- 1 Cor; I, 25. —5 Rom. VHI, 35 et suîy." ^"^^^ j 

«Act. XVII, 45et suiv.; XVÏII, -I et suiv. — I Côr. V, 6.— plirf."îi^,'22. 

72 Cor. V, 20. - «Rom. III, 9-12. ' '''^ "'''^*' 



lui. Le$distinctk)Q3 60ciMe«n^réUi)iiiQ^ lilçaiaitj^é 

dn |^pl0vl6.$fivaût comme rigMiiftDt, (Sonltt^asi^pilsndwfc 
l6 jM^i^hé.et 4das, la respo&sabilitë davadt^Drdil^iKJbbfiéqiûiItfaii) 
3'il^j$e^ convertissent, ils seront tous ^toRudansrialr^èopdii-l 
li£^ti§h>^t daos le salut« Paul veutq«teiifS'ÀcMmfSûie^ijprfH> 
Qà4rçr)P(le ees idées, afin qu'en s'huftitfitiil;idM»Yilerf»i&t]ili- 
Megi âe Jeur misère commune, ils appnâane^ifl^ ^ tofj^eûieq 
et i'b,s!aimer les uns les autres comme égaUm^niiibfipi^^)!) 
LasjlJtifrté des enfants de Dieu 2. hj ,^ iiç, * /., 

.(^mme. tous les autres apôtres, il insiste 6Uit l'bupiiiîfté^ 
qji:i^|qiie^trange que cette idée ait dû.pafailn^ffti^lis^^MDide 
pKï^a> Gmi là un des principaux caraotène^ ((|tit>^iâij)npk$^nl 
l^iiiKOPai^ ^u christianisme de celle die .k )SiQqiéfé'mtÂqM^> 
L'bliteilité, eoni^idérée par le païen comité jurte^ii^i^ffôftrjî»! 
digi|e.de Tbomme libre , est pour Paul , mc^jpp^rvtneoAégîrdt 
dation.de la nature humaine, mais le prafetidt6eiAimp9&ito 
laiidépendance de Dieu , joint à celai de.Vin^iïffîsïibcanâM 
C^QSôs extérieures et passagères; c'est la canseif^Qcç qM'/çfQ 
n^t rii^ et qu'on ne peut rien, si ce o'es4f|>f^r|Djf>^|3;*f^fi 
^entimenh qui abaisse Thomme dans son orgueil,} ^^hUék^ 
compag^^ d'un autre qui l'élève à la hauteur, ^lessf^tdigpi^f^ 
vériit^bie i si Tbomme ne peut rien sans Dieu*,,. il peut) (^M 
tà\m lui *, par l'amour de Jésus-Christ, il rentre ,dan($ ïmiflm 
av<eçiDien, il recouvre sa liberté, enchaînée d'abord 4>a€ 
l'égoïsme^ il acquiert une puissance dont l'orgueil, ^oiiqq^^ 
aiiiei9:taute sa vertu virile, était incapable. En mémie lemp^) 
il Ae tei>d plus à s'élever au-dessus de ses frères , ilnla jl4ff$ 
p^ur eux, Di mépris ni haine ; humble envers Dieu , ,il;^st.ino- 
deste envers son prochain , il le respecte jusque dans ses fai- 

.. . - 1 /! . j 
H Cor. XU, <3. - Gai. III, 28. - Roin. I, 24; 11,^^^ XlV^.lîf. - 
Ad. XXIV, 2.5. -....,..( ..,/ . . i 

2Rom. VIII, l.j. 2i -H Cor. IV, 1^ -t, «lui. «^ i^rW/ ... i 



PRINCIPES FONDAMENTAUX, ETC. 171 

blesscB^tilibsuppcMe avec patience, parce qu^HTiaime^ 
Gie9ti<aibbi'>4iie KhumHité devient le principe dilréé^6»^)^i' 
q«eiceltï^«i s'allie il ramoar. L'amour do prodhâpld^'é^tlé' 
moi)enipap<0i|ijél'le^: chrétiens témoignent l«iirâW9iii*>à''eie(^ 
loi^quiv dahS'$a mîsérieofde , et malgré leurs pëéhé» ;'le^ar 
SiivÊ^Siie^ptmÊMt^ m leur rendant la vie en JéiâUB-Chrtet^.ii 
-iA/â«iOhr'i(Mi^'la'ebarité^ dans son sens le pliis vaste, est 
potuo^^tt fa pUil» excellente des vertus , elle est le lieii &ê'\» 
pefShfHl^ ^' tm^ les dons de l'esprit ne sont rien sans elle,* 
c'est elle seule qui leur donne leur prix , c'est elle seutef qui 
diArë qusind toutes les autres vertus passent*. Panè'pM- 
olamMtldf rand principe que c'est l'amour qui établira lajw^H 
lieeiJ0l»p^ieo0$éqiient la paix dans le monde : «celui, diCMilg 
q^[)â^tiie 'le prochain accomplit la loi, parce que eesoiimM 
niàndéf»ïeAtis delM^éu : vous ne commettrez point d'acItiUè^el 
V01W èe ioerez point, vous ne déroberez point, vous ne^pei* 
vk4t>'pëiM de faux témoignage, vous ne désirerez rien^deb 
Mfens 'de-^votre prochain, et s'il y en a quelqn'antreisènfJ 
btàMe V'I<>^18 ces commandements sont compris enabl^é^é 
diatas'dèttfei parole : vous aimerez votre prochain comi1(ïé»v^yt*s" 
lâétn^v' L'amour qu'on a pour le prochain ne souHVe'f)Mnl 
qli^ociNiri fasse du mal; et ainsi l'amour est l'accomp^lisëof^ 
ittêhi^t'de la loi^» C'est Tamour qui rapprochera les diffé^etltë^ 
(JIalà6»és de la société, séparées par l'orgueil et laîviolèBf<«^ 
é'esHui qui unira les individus, affranchis par JésUS-^Chh'^ 
cfl'restîlués chacun dans sa valeur f)ersonnette v fidète^h soiil 
Mâttref, Paul ajoute qu'une soumission libre esl të^'é^mMê 
delfamotir; plus les chrétiens se sentiront atfrâdclMsi| f^ib 
aoi^r ils se sentiront pressés de s'assujettir les ffns>aux)aatt<è^ 

'-.' •' ■« . .' ' - i: 'H • 'jid'jh 

lEph. IV, 2. - Col. III, 12-13. 

2ÉJ)h/tf, 4^5." ^ : . ■ \ 11/ lo) I' 

H Cor. XIII, 1 etsuiv. — Col. ill, U. ' î- '^^^^ i'/ 

iRom. Xïrt,*ltt -i^tîal. V, U. ' -I 111/ .moiV- 



172 .... :€ttéPlTOB«I^"H ,/iM-» 

par la.QIH|Tiia^ A toate ocoasi/f^a 0t ao(Hl.t&qt^il^j (0«ii$0^. 
iU/e^qf9VP»aii»de<ceU« cbariié que Ie3 mQP$|lre«f;4"^^^9«^ 
^§ $^)i«^ àmymi comme frères ^.CQm^»>^Tlii^nilr4«i^ 
iSftPWfiW^ps^ fJ^n^ Jésus-Chrisi est.lejehrf. Bi)te$rtiidtdnteiS( 
fiê^'M^ .^R^gwd^r à leurs propres intérêtftilffliîfe^jC^esrtj^le^ 
^W^f^i^ se supporter mutuellement 9^ac!iQ40^Tlci(,]ài«e 
£)ji;er<)^S: concessions dans les chases mmmum^tmim^ 
^4^:mp^s scandaliser les faibles ; à é^ihmWjimimmj^^ 
fy^pjHhiser avec les autres dans leurs dooleitra^^&miWidaw 
l^Mr$. joies, à être unis entre eux et à yivite..^}».|p^^ ikiilaDi 
qq?il est en eux , avec tout le monde. Sui:(o^|;iiiBi^]tttefi^ pasi 
deile^r rappeler que Tamour est toujoun3iprêt>à<pafrdotBner 
c^impe^DiôU pardonne aux pécheurs pou«:Kim^Wf>(k{^uaT 
Qjkri^t) KAdTeadez à personne le mal pi^ivhl^'ffiftlr'béQisBëz; 
Q^ï^jflui.vqus persécutent, ne vous «it^eapi .p<ân* Y^u^ 
méotes^ au contraire, si votre ennemi ;if0li)it»,^driM0la!»zH^ À 
Qiaçgiarf et s'il a soif, donnez-lui à boim^;^^)» l > \iv)\i . u -'« 
; Tels sont, dans leurs traits les plus giénéfÂitxiv te^ipvior^ 
cipQS qui devaient servir de base à la sQmki UQu^f&lejelidé* 
tèrdp^iner les relations entre les membres duiiKO)l|iunKe/d^ 
Diqu. On le voit, les apôtres les ont propage f^cmiil^uns 
G|Qolfm|M>rainset transmis a la postérité, aussi purste(:a^$fii 
féconds qu'ils les avaient reçus de Jésus-Cbj^islc Ils s'ar 
dressent , comme leur Maître , à l'homme individuel pour 
soumettre sa coosf^eaace à la foi et sa volonté au commande- 
meut suprême de la charité. Mais ils ne s'arrêtent pas k des 
exhortations générales; ils développent, ils élaborent les 
principes fondamentaux ; ils ont des enseignemenis directs, 
sur l'influence sociale de l'esprit évangélique. Les conaé- 

'•■tdâl. V; f3. ^ £>h. V, 21. — Phil. II, 6 et suiv. '""• 
«R<itti.<Xlïii|^'èt'smv.; XIV, 1 et soiv.; XV, ^ et suiv/^I^Cor. 1; 10; 
V«BHfflHi«l»iî>1i»HM W- — Éph. 1, Êi-a3î IV, liet«iiv<: -HiPèiK Uii 



PRINCIPES FONDAMENTAUX, ETC. 173 

qnmiù^ èt^V^\ipnt^m âes priftciped'd'àmbui^^iAë Respect 
pm<3tomiés"(iai^'f^bs^Gbrist' et sed'8ft)ô(i^â^^ëViKtWe?i^'^6n 
géé^rS^iTèiiraAre^sement de toate^ ib9iD}«À(i#k^cffinâ §e 
HaiM6toii^fii«^dlé, fe*^éhabillta(R)HVle l^Ql4'l«è'))éfëUtttaél$4àP 
p^béHic^ii aèâiftionDéës k' \dcSsmtM d^aii êtiiéf ^'HB^Se^sdH 
nii%.tefl}fléubvr«nfani Tendu à {a tendr6sëèr^(KfsfipQA«l/ft^ 
(efit(0did<|iieurflm<M0s leur autorité, le ti^ar«}PëPIé%t^a93i0 
léui^imtrvj^ ja«ys l^eui^ dignité , le pauvre^ëtf^e^loâaABétt^^ri^ 
tmkûmmdés^i^h solliditude du riche, Tittl&it^^ïAi? 
ioui»e r€%pl(tflatiot)'par le supérieur, Vedéh^eWfiiHW^ 
B^ %ttttu)y8iisfet» impatients auraient deaiaiHMfp(flA*JèêslllpP 
pri0«tidti«lUD^. féati^a<ioff immédiate, sans :s^'«S§%il#d|]ë& 
fssalHékiii^qif'miiràimf!^ tm b6ulevér8enaê^è'8iiU}(ë^^«<Sd^ 
miés^'^is. tofffaidd«'p«oV4qué tes changeniebfâf léè^f^lû^^VilP 
tMWs àtitâ^^balâr^MiiMMe, daas l'unique buf^âë^niiëRré^ 
pir&aiqiieiteMk^s rAiéok*fes tfbsoiues; pour réhâMH^fMi fëMMév 
ils auraient tué sels irerlbs «ks plus douee^; *pbur^^t9MW^IV 
iriiiiHii^ié ett'égalltà eâfire le riche et le paû^tirci ^ iRPjfiAiâInt 
aM4ii'le'iAroi»ii me'profiriiélé piersoniieUê','pM(<^b(AW^ëN^ 
l»bi^^'%>auràient cbéYohépeut-^tre^le r^ndi^blli^ 
^ui^lraineoes^s^l'eselarage, ils auraieht ronfpd fl^nSêi/if 
<fd^t«|]» toi liens enive te serviteur ei \^miUi^\ wm}^^é>f» 
r^Ksi$k^ce(^proj^; ilb auraient fait appèià^ld TéK^ë^ 6^!i§Éil 
rè^ipflék«<è 4}^intr^utre dans le mondef tb ^6pë^e HlM^^ 
ePâëlaipato^ ils auraient déchaîné une futSeu$é'j^éei^è!,JHmU^ 
rl^iynî détrditta sociétéen lâchant le frein >ll t(ki94èÀ'J^^fi^ 
itidii^idtfekJMais les apôtres n'étaient 'pa»idôsî^e9è^f$<^Sb^ 
Hiouilaslès, uniquement préoccupés cltf'étt«bès>td^ai^#^ 
ttois utopiste; le d)?i&ttanisme n'est pa^ «rne^ohlt&A^ij 90^ 
cialiste, imaginée pour renouveler les formes du monde, 
avant d'avoir changé, les individus; si l^^fapôtj^fs^i^ipfit 
pm l'ieqyisiiger ^ioai ,t il», auraieni au^si fm Ç«>ippîi^ .teôiin- 
tentiobdidu Sauvecfr 4ie<4esJ)e6oiii»s de b^QlslIljreiiliiimhiUèV 
Rien n'eût été plus contraire à la loi de1'rfmoufÇïàe^otf%-' 



'm^^Mmesl lÂbrov^^pMtoaév iiidiirvidiHl{>iîil JsKclub la-dori^ 
JBabito^îtoq s'iimpoae pasparbrforœiilpBÉs^^lbnHttiif^ê&r^, 
6$l|;fà9îi^Oi«r;i4iti<|oe<80D fègtie:n'e8ÉfdBlde «binunidè,'ii(fQk 
ifSdi9«l^n^i'A^nidkiciple, trop àrdeodite 
#QtlrfèsOji ét>étt:claRs ie fourreau vloî^yHuaifô^àiBieii^Ismttff 
ii^iloPpctktteoBlem^ sans éolat €MérieiiriK(»ii)iaHsl)sâteâ^ 
-aittiifmti^iil^ doflibre de àes iMmbk*eé)sfaugiiiàvi<r|arnitoe>- 
.Qt^onrvotoMatrô des âmes converties-^ VU o^êitiisq tëaKsfi* 
'Pai^Aa/fonetiid'altraeimii de ramour deiJd9(iswCtadbli,oét%ei^^ 
)iiMrûd)SfMerQ6 d'abord sur les iodiTidob ',i\\à^vi%étïér$i\cmoH\ 
4e^^ii^\mckéei'tfAle de la société v dont ^dlhsoei^Jtîqidisf^êfiii^ 
^hbrCilHiBlilioDi C'est pour ceid quêlBslapôlresçrtoobeâdiicU 
4i%9lrm^iti'fermâtéies prindpesi^Eolu^èaiistisii'i dbsokètei^ms 
;#f}^te^j<^^fl^;r<^yBuni6 de Dieu, respeadèèM àïoiràùk altrifji 
^biof^flÂUtNi^r/Ms chréiieos de set soéstiaioêJaiéèleflpMvlqh 
4f^*;^n4i|iQn'terpe»4re. . « .. iO »[> fimucyoi uho-inJ 

((Soyez ^Mftiis^ écrit i'apôtfePiesrlBif^ib'.'ibèffifôqaèfaimt 
;j§p|is^'j${^^a,:la)«iaiii pour défendre âoiDMivtreiMGJojrexâou- 
inûfl i^ ,t§fite9)t séries de personnes, aMra» l'riBiidAHHiiécia) 
jifHJ^jei^lQf^^ilt ^^x pnverneurs eomlnsil^ifleMx'lqjiBqsoBlidq- 
oWfe 4îl>S^rpftrt;pour. punir ceua quhÏ09Aiitï9\4tilf.pmB{i)i^' 
4f^?f^1prS!d^km^\^ omx^ qui font bîeo^viià^eefleelhoBtaitiens 
;jWl9n^^)te$Mi(^i'l)0tnl tes sienaes de neipasliédstehiask 
^44$^0âes qUe)S)ieu' a instituées pour mainteéici 4'<arldfeoet 
r^lj|U^^^^diQS l&iMiOde, de payer tes. tribuli^-, deipi^ieclpobr 
rl()$}ir^t^(f4rte$(!m(tgistrat8. Lui et Pierre^ il&freuleiitiquBilbs 
jfljlltïitèwâ?S)QSOU«iaUent k l'ordre établiviibitip2»^c9kinièi>d|[i 
T^^ilitel^H maispar devoir de conscience fpoiat)KBiiMifieaie 
-Qi^^l^')^0)|inle des chréiienstropsétés, frois^'ë pbR)iaicHo- 
^f9^^^^ms»>S9/tiéié corroDipuefQiiraienl piiJseiorolraJsn- 



PHINCIPES FOMDAVBNTAUX , ETC. 175 

i^î{mràcslemlsépiireri,''itiiilletik*'iraft^e teUfntâgliPii^n^:. 
4mbs j;I iiiiteui kim'ihiévvfiéni} de»8a>8wifilef>ptifi^ lnowàimsftdè 

liof br^ébmiûoste ^^iil ^m^ qii^iis devienoept ti^âvl^éoipte 
^libr.^fdjsaiMesii charitable^ un élément édité^inSmi^ 
{U^is^laidittiéiéiaiiiafiMireQ'ite laquelle &% tiifetrl<1 j 0d^llP4è 
Ib^^UerHteibiiiiaffmiHiDatttë chrélirane surtolèni^ ^q)]t^'ê^ 
-QOttQ^ninfianHBD^.del'haïaanité, destiné à Ibi ^nMUfiftf^ 
içsiJcët peiQcit>elféeoDd et indestructible d^uneiv4^f)0i}vdte, 
y9Mi)^j|0Miiûl^)mleniiDentaux institotio»s éiaWitarioÂPfleflqs 
(tPWDibfcidûb^^shin deb individus, \es apôlres^iaUftBcteitNilt 
-^l^iinpatÎKioofslllejreiiouvellement des formé» simjate^^iJAs 
-^ba9doon9ssnl6a[i.r^dtiiHi du tempç et ^ la'>(]tàl$09niaè(lb^ 
ymisiiM&iàk Vtt8priiiid«ilé6i>s*Cbrist. T6ui€ftoisvâ'i)^<A)N#^ 
i^té AeMoK midtaqtes, ils^ ont indiqué en ikèttânëtAfk^^ 
liptîmipesidëfitMitokiiifts^ modifier, en les (MifoUmth'^Wàê^ 
turedu royaume de Dieu. Ces principes ne sbnt^t|ii«filè%'0^ 
JséqnénpeKBldes^épptittatioùs de Tamour chréll}eto.v>/o^» 
-noBae^obeui9(ÈttM*6 'de réforme sociale ptfr la ^>c^k(^,'^iFes 
iqpôtnanmtiiiû leoiMiienoer par rébabtiitet lârféiiiM^, §i bWt 
ptataeëpkrii'Biieinpteides saintes femmes de rMstoira^Kb^ 
-8âiqRK^|]!fai$l^>doiiv de 'demander une 'éfi|att6it)tfi^éè ëètlWé 
^natiHia9dls>peooAnaiclseni qoe les femmes ifon)¥eW0^tèi>)sè^% 
^(;p4o^JBbIe^NC8.•n'âst que sur lé terraiti^ritlfdl^Ufëll^ 
J900tljtesiégated<de*Pbomme, elles sonDaH^èc^lui ^d^lèVâs 
ideijla^wgiiàob qui donne la vie;» en (i%«ist<,''Utf>i^yJaf<^l6ls 
ad!h0ipmc)kii>de;femme^.)> En présence* 4etils>tié|f>f^^ât}dh 
i|irQfiHië»)(k'ilaifemnhe païenne, les apAt»8<reeé^mfi$Âik)élÉrt 
niesflwiitny dmciesafedouobantesqui fobtlafbe»itë46ito^?éi|^ 
4)aniHleid4 transe, isi modeslie, ladoueeitr^lu^pi^lé^^fif^tf- 
iBiéïluioœHn^] ces ifievtus doivent rendfetk'4eiaffi#'4<t^|)(èl)^ 

<2 Cor. V, 40. — 2 Thess. III ,6. - H lép^i cWiJBIerïd)^') T.* — 



176 GfiAUtiflliR I. 

t&bte aux yeux de rbêimtte, €âle mdoil ph» é^ tetil jooet 
de «68 pftssioas bratai^ ; jailiaie l'mtjq«ilé ne sHitait expiî*- 
mée avec attiant de vigueur que Paul conCKee«x qui se 
limobt à QB eommeree bo&iMx avec de tMlbefifeoses près- 
tifinéd»'. Le mariage n'est plii6 une simpie uiAM ci>fHe, 
cmHractëe dans un but polîlique An terrestre ; îl dt^ient nnè 
uofoii des âmes, représentée sous le type de Tunion do 
Cbrbc avee aon Église; les apôtres , il est vrai , rantinuent 
de 4eiiiaBder la soumission de la remnie an mari , mais ee 
n^esl phts une dépendance serVile, c'est une obéisssince 
libre 5 par Tamour *, Thomme est le cher, le protecteur de la 
femme, comme Jésus-Christ est le chef de TÉglise, et h 
femme esi la gloire de Thomme , car il n'est rien sans elle, 
Ciomme elle n'est rienf sans lui ; elle peut exercer sur lui Vin- 
fl«e»ce ia plus salutaire. Le mari doit donc aimer sa femme, 
comme Jésus-Christ aime son Église , en la sanctifiant; t! fa 
traitera «avec honneur et avec discrétion^.» H est k peine 
nécessaire, après' cela , de dire que les apôtres insistent sur 
le devoir de la Odélité réciproque, et qu'ils considèrent une 
union aussi sacrée que le mariage comme indissoluble. A 
cette époqne déjh il y avait des époux chrëliensqui croyaient 
devoir se séparer, afin de vivre , comme ils le prétendaient, 
uniquement pour Dieu. Paul ne l'approuve pa$; il ne veni 
pas qu'cm se sépare pour des motifs ascétiques , si ce n'est 
par consentement mutuel, et seulement « pour un temps,» 
afin de ne pas s'exposer a la tentation ; si les époux se sont 
séparés pour des motifs plus graves , ils ne doivent pas con- 
clure d'antres mariages, mais chercher plutôt^ se réconci- 
lier. P»«rl défend même de se séparer, si Tun des époux est 
païen, pourvn qu1l consente à demeurer avec l'autre ; car 



H Cor. VI, 15-46. 

2| Cor. XI, 3 et sttiv. — Éph. V, 22 et suiv. — Col* HI, 18-19. — 
\ Tim. H, 42. —1 ép. de Pierre, III, 7. 



, ETC. 177 

il e^ k espéf^ qn^ le «bréiieii anène au saisi Kinfid^é et 
qu'il le sanctilia^ A la mort 4a mari, la femme redefient 
^|)re; (((p'elle sa marte a qui elle voudra, pourvu que «en 
soiiselou le SaigMur;» cependant Paul la juge plus hai** 
refi^^ si .^ siîtjreater veove^. Les veuves, ed géaéral*^ 
$(mt eotourées d'an respect et d'une sollieilude inconniis 
4e la société païenne ^. Il est vrai qu'il y a aussi des pàssafpB» 
où Paulpcéfere le célibat au mariage ; mais cela s'explicfue, 
p;ir ce qu'il ajoute sur les dangers et les afflictions de so» 
temps ^. ^.'ailleurs cette idée elle-même était un pre^gvès de 
plus ; plus le mariage était sanctifié par le christta^isiM^ 
plus il importait d'en proclamer la liberté vis*à*vis du m»« 
térialisme politiqUie.de TÉtat païen qui punissait le céiib«t. 

.j^e même e^priVoouveau se manifeste dans les préceptes 
su^r, les relaiio?;^ entre les parents .et les enfants. Si, à ces 
(j^friiiers, 9P, pre^rit d'honorer ceux qui leur ont donné le 
j^yr, d^leyj; qbéir, d'apprendre à exercer la piété enverseux, 
0^. dit aiji^laux pères : n'aigrissez pas vos enfants , de peur 
qjf 'ijs ne pçrdent, courage^ mais élevez-les «en les corrigeaniet 
ejji les instruisant selqn le Seigneur. » Le père qui n'a passMn 
dç,sa faipille «esit pire qu'un iofldèle^.» La famille est aîtsi 
cqpstituée sui; upe-base nouvelle, sur celle du respect de e^ 
cjffUl y a dlmmoriel dans l'âme, et les membres en 8ont|ié& 
eptre,eux par un lien nouveau, par celui de l'amour réci*- 
proqu^,; tous les devoirs spéciaux dans la famille ne sont que 
des mapifestations diverses de cet amour unique. 

Sinoi^s passons .^Mx classes méprisées, à celles des pauvres 
et des p^albeureu;^,, Jes apôtres, à la vérité, ne proclament 
pasî J'^llQlitioqxl^ }t| propriété dn ricbe pour mettre à saaaise 



* 1 Cor. VIÏ, 3 et suiv. 

H Cor. VIÏ, 39.40. - i Tim. V, 44. 

31 ,Tfnj*jV,.3 ej. spiy. -7,?J jCqTj VII, 7-9. 26 el auiy. 

5Eph. VI, \ el suiv. - Col. III,. 20;.— i Tim. V, 4.«. 

r2 



i78 »M , / utmiimnabi.^.imrafvi 

p^Ml^mël^W^^ b^itieP'dp cièk^ P|f>iir!(lencHré6eB^Q(p9 
^rti^U^Won^i^ei qiHine sooge^ipaf ik)aii»saici£U88pteftoG$ 

liQflcistfiFi6(ieQ[^;)Paii| sait a tîvi^ paiitiiBpâiittbilwf ëâtoii 
|[Ab{»[^a$^eiO(ii ifeftt fait à lotit, ate km tdaitfifidiâseilnkiti 
fiiiJMBi»flQirc«^it àiBppm km conteotee^da lîédtsaiBEkseiiDtnQd^ 
tto^llb({(^ âbi:i^^mqm[lQ foriîie V)}i((kltoè oettQfihBciw db 
f|)iaAifl^Blk$«i[| (i^Qée^u& pau¥re9^^[ dwroé àiisdnasIqQi-floiit 
!tM^[lUit9$e<te{préi(mpAede raamSnai^^ toktùàétUdeàBfi 
d^iMéjfito^fi^iiafns le corpsde HbofÉam^ èasitipeialosoinlBiÇ 
I^KâiilllIplètûmiiKuin l>«ilFle el coiiotéfeali èoénraioas! n^êfmg 
but, de même aussi, das^ yÉglisfî^,^l)esflAirét«eÉ!i9J8qxii Bont 
^ii|§l|fbni^(0VÈf0Qrpaide4]hrJs(l. saidmisni'iBlasaiffaDalèkl ; 
lfMOffi^tegbB^îftitji;elklJe«i^ Odonbâsrideodg pudtpnifessrasfldèqs 
j^sii^d^^dtsti^ ,^;de gaeoirriiiiaDs4ewb)œ^^ 
KM^A<i^i9SBlJ)i)«âiS0jift^ tof&fasiaiilréfl sjtntfeèntsdbveelui^d 
SË^n^ J^bci^Hbâte» yx'esl>ays iticfaes<Qiqup|[)léifqà 

âirç iito»Qttf9)tj/nMià6ta)'^t^ ,; tpltr «^TiÉé^sTàciè^qi^^ee 
jH^ fmnikae^i xBilq)arnoontnaâite(^(|pah aj^okfmipsitaiée 
pMlïJié^^-QhidstMsq^uiy^tanl iiieèei^r8'd£tmUdJ£)Hihsr^âf 
V'ftlOôls'Idôjiom^aBaqud voBS«de«lnstf«iiJfnbti9']^i^ 
ir^^cfB <ëib$ ti imasii qile fiaul teaè à étatdir^ati dlafioi^ V^ 
glilit^ ftttjBQnte -pailjèiâi»! ieriebe; ii oeiàHiimidapâkJe pa^^ 
è^fi(!^p${£^b^i<:«»:ntt Blenteadpaâ qnp lasiutosoibik^urdfaard 
g^p$»llèttofli^gfi^/le6 attires.^ mais^ il i5Qqtt«pDie)t?ad»ii)deakp 

du riche supplée par charité libre à l'iDdigence du pauvre, 

n ï'r ,n\f aoD s» 

9ii9iq 9b .qè f - «t ^' .( - i - /n.. I'. KHI/ .10:) r^ 

iRom. II, 41.— aphil. iv, ii-i3. v.n. 1 î;l lï poiil - .8 ,111 
3 I Cor. XIÏ, 12 et suiv. - Gai. VI, 2 - Rom. XII, M: ,fôX .Jo/. ^ 
*2Cor. VIÏÏ, 9;.(JJ„m .-.sil V 8îr /> riq.i^ tl^ ,/Z Jd/v * 



PRINCIPES FaoiiiJ»fimrAux , etc. i^ 

iiièràdapU ^onl dans tedicsomvo'teDOiVf^yeri (tri tfmij^kéBï^ 
giffigesdèikbiBbaficfti'obia $(ii)Qf IMeii ^p)u»(lédaB4î;ifl4il^ 
èaoAaiqBetJaisBisteecIfD {laiiv^^iest oneec^^ltaiiPtll^^iiië 
poaltnE!i«liiaiqln(Be 9ftnter&<i)eat de leur foi ^.^ d^^^dSt)M? 
4idHS)à ISàoinéDç , Oes^ftftms joigàent la iwofaâttiiiittoiéh'llô 
lra5tBë'^vBéfari)iKtéipnpLaur «Keinple«t pai*leiiCB4ôf«itljP^PlOÎt 
fiturnissbiëqialirjâ titaVaM de ses mains « ji toQD:di^iq«idRjt 
^lari*GnéeeslsaKeiieJt>k eëux- qoi étaient avec lui ^fv>)^(Pia«^alHifâ 
db MOsçniaî»lâà) deibéhnes eboses , disait-^il , «ate 4e){)dtf^iy 
Hfn^sepIsmjenÈ' àineioà) |M*opire8 besoins; ma»i* {itiliW^AWil^^ 
aBfanoiêsèËuUed ebpouni donner aux indif epts ; >lildtiajbâi$ft 
^t»aInioail«do^ili aie yeMipntofl (ravailten, iiii^ldQili^ffimfib 
gfflpè^ laiflclffiiîtlé diBdwëtiei ne doil pôiDUétrèiûtt^igillI^^lam 
pom IkpsjMbBJdwkneoâiaiitiparéss^fx^; ^^^^ oimai sb , Jud 
^[dlJnansiiDestBJàninèaltref t'iipplkal^ieQ desil|)rkid}p§in^ 
apétfeafËBdbneplMS] gi»iide:de8itoi^Hés sat)iisiIes'^ë^>t)àH)a)«ri 
iBon3(]^is^dl'sBBGiw9^eiji>Làii encore »oÛ6 »eviir00^6il^i«iii§i 
eu^uieavdeiiiéefimfô b» idenbrtafiie ^ iÉiaîd^tim'i^g0i[j^$lf}eiw'^ 
8H^i&niteiipfièl(|qi]pIoa''âénieBMLde9:véi^kUy$>X]f^^^ 
yiuneniebeèâ ii&idi^tBjtk iplw vlv».; MaaàM^i» tmiii^gtdriiâè 
^aîét^9«feillasèlâf9^ étqit si profoiidéÉ(NnuJ(cairQ»iiil^i^ 
daattdfiieiito^iw -ifiiippsâcfisi^^ qui^ cbezJbssHomatftfei^ ^i$i 
90aq^àdM)atbdf«n)xfareiiée&it s ik pqépa^ietolâ-^#gàii0l!i%q 
sftâqeBdn^Qiliinatiif el V fondé' bqf t»JiuBtteQa9togiû{)|'mâcn^i 
On himrcAcffcfkip'irËilinache^ singulier dB) n'^amiti'pià ap^èH^H 
ncq eidâ^fe^biumafrancbissenieni; iinQiédiQ<[;U()n3aJ4il ^iâs 
RifiiiDfiâ^jétéiiBeâilBitcëqne tesstotoiens Auipdg^ûAi^^dgi^ 
qiiàsbdifitedœnpiipw lei^ ebaiqes des ei^dâsei^oH^i^s^ 

r9i7ucq ijffa ;i3ij[j;u;... ! r • > ; v«j^(jij^ Bdaii ub 

*2Cor. VÏII, 13. Ï4. 

21 Cor. XIIÏ, ^ et suiv. — 1 ép. de Jean II, 17.-4 ép. de Pierre 
III, 8. — Jacq. II, 13 et suiv. < ' • f ' J 'i^ — .tK ,IJ .mofl » 

. 3Act. "m^M M mnll - S^^ .«/ !. OUA J9£r JIX .loO |f- 

* Acl. XX, 35. - Eph. IV, 28. - 2 Thess. m,,ÏO.; « J"^ -loOS* 

12. 



e0oiâBtë&de1efilr*eiid€i9iier ooe liM[*té>lbéonUp|ielsfénte^tH| 
eàhqltéiîiMiqii'à les accuser d'tiDe iàcfae cèndpsjdeiidancftaiito 
^irfdéJléBldes (puissants du inoode, aïxiiqUbviiHiiiqaMifqDnGâe 
figue àiflfi^fiKi-deSTérilés qai leur ééf^blfleMHU.^ mf i8iiKi|A)èso 
j^mfe^'PiîBoas^.les lorttiresel'iasnoTft.Mi'ji !>; uh iibncYDcl 
i('fMliis^^'il$ avaient agi avec la vioreooeidecimialmrsdlnpafl 
^mt^fidiâ^'avratent pas été les dîsciplefl deii^M iq^iî^al^il 
(^^Oft^ègoa n'est pas de ce mondes éritelu'àiuifQnt tfténm 
df§gpkîlQA»plies^ ils n'auraient pas faildieila^desl^todAnpblèe 
)di8^il^jdegré.6iiprénie de Tamour ebfféti«ni( ji'$al^(]i^fainq^è( 
popQ)ôu& comme pour les slotoiens!, k ivérit&bleion^B^ 
eètii'ttldsB^agie. moral du péché; maiisy'siiiYtttIréuKUHbDaiinaË 
iteiS'eD'ïtffeiolibit pas par un simpleieffiafli^ftb «éftexiMBBaè 
duo») vpl(intéi;^it n'en est délivré que^pairiJUsK-iGlirtisànJcfiSi 
lâ'£i/3n«iiiis^a»eten liberté^ avait dil oehJi^ôivJiBoiife^seitebëi 
c^fablftoieât Hbres;)) «où est l'esprit diF.JSdigbeHiri, dilpBaabç 
Uitsltiliiésiiianberté^)» Affranchi do:jaBg:dn(pÉ£i)d^l^'heiiâna 
rântjreaûTOl -obéissance de la justice ^ iNéhaagezoniaGnBelTfsv 
ftude QuiL^nviKt contre une autre qui rennofoHt!:>lfi)Ol)rdtiefl 
liJHoail^Niâttt Serviteur de Dieu , et parlaehaeilféljeiisât^eiiil 
âi;$çsifrètiea^; A^ssi les apôtres aioioiiit-iisjkt^Sf'nppe^mtiâ 
tenviteiirja 4i» Dieu et de Christ , les fiervHôors deb nhiiéHâns 
fi|o|]r:nainour de leur Maître^. Tous les Qhmiîetts>^ isaiisidiëri 
iinoltûBvfimt aippelés à la liberté; mais île deivMÉ séganMi 
dficila^u^Bdin pour prétexte de vivre selon la chaîoou>de<'âifi9ai 
servir comme d'un voile pour couvrir leurs actions mau- 
.^s^'.tqve. chacun, au contraire, ((demeure dansiliétat^où 
il était quand Dieu l'a appelé.)) Que l'esclave d)péti^n'ne 
•^értè^doiie poiat t(Son état avec peine;» eariul diÉssiQ]^ëut 

--* Jean Vffl, 36. — 2 Cor. III, 47. J . » ^ î 

^' '2ft<ytn. vï, n. 18; Vin, 21. - Gai. !V, 4^7. — i'^. iite Pîèttè 
11;40. ' ■ — î . . '. . • 

, * ^Jftft»v-ï/ 1. — €al. ï, 40. — Phil. I, i. — • Jacq. 1^4; — ^é^v'dè 
Pierre I, 4. — 2 Cor. IV, 5. • .■. .-../ . . - ..., ,. ... . 



PRINCIPES FQiarASfiDrrAUK , ETC. 981 

paryeàh*jàif'J»igkrô6risé;Ktoté des «0^ 
drâ9einebi)'ittt'4l0ohé;> batte iitêrtëest bienaubrpfli^Àllprl^ 
6fieni|SfioeCi;pbu^ré6U0m€i>i possible à Tesolaw qaeltlaàKèehlé 
iHéta|Ml96i<|ae iel(i84Mé»b>^€» L'esdave cbvAteû ^ 

l'affranchi du Seigoedr, ^e même que rfaomin64rbr^^bntH 
lieQ(4ë«M»l£toc)$e9i»i^eiirdeJésus-ChrisL En Œtkl^^MWy 
ii^lûsiup infaîireb ni! serviteurs, ni esclaine9«iiibi^s/'lil»il 
MQtàld l^iDkfîd.nDe^là ces recommandations rëitâréei'ôiii^ 
sé^(au3d>e^c}flve9;(l^ètre soumis à leurs maUre&).^>léi^isêi^I^ 
^r^nimvpjleac^faiiîtes. nnis « avec affection , regarâafat^i^iiM 
b^ei^i^ji^l btldon ks bommes,» de les bcmom^^ «^afimqQf 
bBnnomldtrlauioèinfiedeDien ne soient pas exp08é9îk)to'idéd 
iisafMfi'.aAés iboièiities/V< d'obéir enfin, non*4eutetbe0t>'^u 
i]S!aMr^8i,if|idhaMmlib(iqs jet doux, mais mémê>à.èâofilq«iii»)tib 
FBde9Ad£@iKmM*gititd9t>de croire que les apdttfas^^^^âlrld 
^dnsdqkib fiMi)(i];ibtessb on : pour se concilier Id 4imHi#(idbs 
maAtared^UËKlDeepnfaaîss^ieDtparfiiitementqaeiréCàt^b 
vàiitoaQ[Heaxr>i|aGfil^€âelavage; asi un esckive <3hiiki«nv(fdit 
Batftv^{(ealIétrd'biiB!eii liberté, qu'il en profita ^^ii.nkâiq^ ûbni 
i9i96p6md^dbàVBp&ti€s n'ont pas pu touicir )Falffeanthi«8éil 
mkxfV^f^^t^Miréi moytaa que par la charité. D'ailtei<rs^«'ili 
eibbèoubt^lebesotarres à la soumission , ils e&bèrteoUjaoBid 
tesbttaUfes^if ti^tâ0 leurs serviteurs avec huibanitéiv Paulolf 
Mnagdte iséaie au oom de la justice : a rennieeik^osoBâm^ 
teuKS'^beiqne réquitéet la justice demandent ddflrau^v'sab 

***^éSi;iii; 2S; V, i3. — l Cor. YII, 20-22; Xïî, 13. ^ «ôl. Bl; 4V. 
i*ttlf^;«telKettpell5'16. : ';M ii 

in^ï*.^ML »tP.^r-r Col. IIÏ, 22. -.1 Tim. VI, I. %. ^j;mi,,%i^^ 
— 1 ép. de Pierre II, <8 et suiv. 

3i Cor. VII, 21. La traduction de Sacy, quoiqu'elle ail ppf? ^]te^|}*au- 
Wri^d^.plv^lefir&jincieps commentateurs, ne nousparaU pfi^ e^ç^«:Le 
texte original porte : « ci xa\ Suva^ai IXsuôspoç ^EvécrÔai, fJiaXXov Xp.%^(^^ 
^elfppiÊs xonimantjkt6Urs suppléent t9) SouXetqp, d'antms r?^ llXtuâdfiCa ; 
nous croyons devoir adopter ce dernier sens. r I m i n'I 



didDpqoe iM)ii8 avea, aussi bien ^il'eyïV tfâ Màim^Mlsr^té^ 
delf:>»fiqnldant son séjour h RoiDe,k gratidiépdiré^4|é«e<9fltrd 
ûofeiiDDe»^ esclave fugitif de Phitémod , «iit(de6^d$^ëliWl^id@ 
polessfisç il le cooTenit à rÉvangilë ei^l'e&gia^a^Mli^ii^d 
DorjRipirèstde son maître; en même ifetnfift^ >il'ttKli(mQ>é6ihll4 
eiikife receveur de nouveau , «c non plob comanb Moeèitav^b 
fliai8(£oimne un frère en Jésos-Cbrist^r^L/^ptnre deofeitlfft 
SUilémon fol conservée dans les égliseiÉijHpauif^irtjpal^sDeé 
«SMH afK)stolique b ia fois aux esclaves eiaiisiiiilifies!/ , fl<]t>'' 
^ Tous les principes sociaux que nonsJvêiidbsi'^nûfeiiiioiii: 
neri d'après tes écrits des apôtres, son^l rëtfliséii^'fdwsl 4eà 
^Udes primitives, types éternels dé ta s^oiâté^iiAnétifèÂntè 
dans sapureftë^ unissant tous ses méfi^Mi^ pfi» tmifflfilo)^ 
Mtif ein&efoi sincère et vive. Après qaq Jèsu^tirisiiiiEMtt 
Quitté se& disciples, ils demeurèreut à Jëtti6aldiiil,i tep dpdtto^ 
«levée. tes femmes, et Marie , mèrei de^lésusit^ euims f^^èrenq^ 
persévérant «tous dans un mémeespilt^» IllsHiût(|Ql6$ir^ 
nibas Créqnaites, des repas fratended^^ a6o0tfi]^gbéi^ de 
firiènBSi) à la suite desquels se disiiibuele^prftfiiiièt^et^viiit'JBlb 
àiuveiiir de la dernière cène de Jésus Chrisi^iiCkbiifoeitepds 
«si ainsi sanctifié et devient à la fois un H]iiilbiDlë'de>rÂïiqi|^ 
ftjiternel des clirétiens et un souvenir ée'iaioévttéQ'^Sei^ 
^eur. Gelie coulusie se répandit bientôt dtnsttontesi'ies 
communsiutés fondées par les apôtres et unies écd^eeippie et 
-de^cœur» entre elles* Ce qui ressort avec le plas^d'éclatée 
l'bisloiFe'deQes Églises , c'est la charité envers- toi frétés 
iddigents; jaittaisseUe n'a été plus vigilante, plils empressée, 
;p^Ufi dévouée; Les premiers chrétiens deiérusatem npossé^ 
f 4^lit ioutes relises en commun ; ils venaient lenrsrterreis 
Gâtnleui^s biens, et les distribuaient k tous, selon le besoin 

tCol. IV, i.-Eph. VI,9. 

2Philém., 40-^8. - 3Act. I, U. • * » • /— ot n* ,11 J ./ 

*Act. 11,42. ' /!./.•- Tî: .or. s^^ 



PRINCIPES. Fpmâmif TAUX , ETG . 183 

(}«e>Q||i^n{i6|f a«aiL^» (b n'étaieol poBsaiiisiodiseittqiiiiib 
0Q9¥i^^'<]iu'.mr6iaib« , «t «ul ne coDsidémîtioe iiu^ilnpSsséUail 
fMlisicffëUlitàluii en 'particulier, mais loiKestcAosesnëlmtfl 
cQflumaeaanirâ ebx* Il n'y avait aucan pattvteipanni^einQ 
pi»rt^q»^>t(Mtfi'>ceuK'q«i possédaient des fottdside>t4i»ei6a 
des7«l»isQM <l0&<vendaiQDt et en apportaient* le firix ^{iih 
tbtàti^nh a«&t(ipidd« <ks apôtres; et on leidistriboBitoenBiQltt 
^bfteub^fsehmiqu'ii en avait besoin^.» C'est âiÉ9i<x|iièl3tfi 
seph, sumuttiaié: Barnabe, originaire de Tile 4ftf G^pne;^ 
Vj9fiAH^t9ot) foQds>de'terre.et en apparia le pris anx^pètrïs^. 
]^ boiiomo^ itotnméAnanie, eisafemmeSapliip6^rp3$t)inait 
^iVbMnfeup d^étoe.eitiis pour leur bienfaisaiurovi^B*^^ 
tgatement we^pn^^iété, mais n'en remîreflftraui^fiEEpétneb 
iiu^uoeipartio^ft pnîx yen assurant que c-éiait fleMtoulf>âfiM 
pg^âqtq«fitotab -retenaient le reste pour eua^t^mâmesi^Clkiit 
po»ri6eiiQânfi0Pge.^'4ue Pierre leur reproehaiBnitenhesvsé^ 
<Mè^9'i^l4Utitel(lreol>punisdeDîeu^ snf^iomvjii 

oh Qi) A ptçneéiqaelqiiefois que ce qui est papiMutéi idaBfidBs 
iA^teM$(sjApêftr^6ur 'PÉglise de JérusalemKioittâtfie iaùmif 
^'i|«et>eiqftiitnliinaiQtéde biens absolue) destibée ^k» sminiéB 
't|rpe[ik todsdasi'ltfnp»; des esprits maliéelainé^'SssoÎBliliatàB 
«ni^ce^^lhî^pottr^sayer de réaliser nne ^'otamfnbnlsMité) J|mA- 
pcille ; maiscbacune de leurs expérieAees n'a-iàbiobtiifoU^ 
jdésordre e4 àtla confusion. Si Ton svoulËiit'ëiepiiquBnieiKce 
«dtus^le passage du livre des Actes, on^stè ^hËtlitepaitieod^ 
46$diffioQl tés psychologiques et bistoriquei knsuffaioiiabiësl; 
ob^seraitréfiité. autant par la nature biumaîiieiqadfpi^UBs 
Mt& positîb contradictoires. Les prenriers k;bréli^3t)^ â^i^t 
-pas forméidne association ascétique, se séf^rantéAtadtiie 
et reneÉçûot kt la propriété personnelle v ils ^nt( eouttnfâé 
de vivre dans la société , ils n'ont pas rompu les relations 

*Acl. lï, 41. 45. — 2Act. IV, 32. ÎU. 35. .. >-. (..<)} , .noliil*!^ 
3 25., 36. 37. — * Act. V, 1 et suiv. l-j, ^jï jjA* 



cjY^ 4??^ Jeequel|e$ iU se trouvaient wan^ Je^k^r , fioowr- 

$]9^^j^sil'ainonr du prochaip éidi\l:K\9\l^^"&^^if^mn^ 

ig^fl^pipçflt. pour, eux, les apôtres, d'un ^U:^eô{é^.)i>'mt 

ja§g^js,.^i^g^ à leur imposer, coRipie Hfîi^i.pMigltJtQQ^léi) 

CQjggyiei, Jp sacrifice de tous leurs tiçii^ a^,prQ()t,itle jaji5«piq 

iggn^^^. jRien ne le démonire mieu^,qwiJ^si,cjQ||0Wçfl:jV%i 

Igpijijrej^.,, les eîjiortalions fréquenlcis à^l'iawwORô ftt leaiffti 

r,p^f9^ff|filles de Pierre à Aoapie : «VoUr-e fy^ d^ii»*tl*)9tt 

^çjpi^jjf^t-il pas toujours à vous, si vûi|ç V^yi^? y04rfttïg«H 

<l^f>,p^ ?prè8 roéme IVoir vendu, le. prix p'ffli étaîtrUlpaa 

encore à vous 9» Y a-t-il une consécration plus catégociqji0| 

c^^^foi|^Jd|e propriété?. . , y., ..a 

_^|^',€ixgpjp^,e.de l'Église de Jjérusaleiïm';j^ttje^t*,âii>»fltt;utï0^- 

cljft^e^ ip^is une chose digne de servir, dq mo^è^^ raiî^iiiCttotto 

tjçp^^deifofl^ |pa âges j il prouve le profond s^|i«ieql d^«haH 

iy,lç, jçt de j^éyouemenl qui animait le*,praf»i^r(^ jûdèlf « pjr«i 

v^r de J.ésus-Cbrist avait vaiaçu ct|ez Qui^.lout 'ég<ttâniQ/ 

ils envisageaient leur fortune comme apparlen^qt, ^yiA$(î'^ 

leji^ji^s. frères plus pauvres, et ils apportaient. i^ax apoèt^idâft 

dons, souvent très-considérables, m^is tpqjpurs viotonUini^ 

qti ^pi^tapés. Plusieurs des plus.rîcheâ, poMSsé^i Qacjitne 

q|^ai;it^ ardente, vendirent à cet effet leurs biens , en partie 

Q^ ep Jot^lité^ mais ce n'était pas une r^le pour (ptifi-yto 

christianisme ne tend pas k abolir le droit k la pvopoiéfeé)^ 

et, fil .est permis de se figurer un état idéal où chaicQD .aiit; 

raft4e qéqessa^iire ) sans distinction d'indigent ou de rititic^ 

i^if^pti^j^b^ter d'^outer que cet état ne peut pas être véalisé 

pair dçi^ institutions extérieures ] il ne peut s'établir que pan 

la puissance de Tamour et par la régénération des cœurs, 

aussi bien des pauvres que des riches. 

^Act. V, 1. — Comp. Mosheim, De verà naturà communionis bono- 
rum in Ecclesià HierosoL, in Dissert, ad hist. eccles, pertin,y 1743, 
t. II, p. 1 et suiv. — M. Sudre, Histoire du communismey 3^ éd. (1850), 
p. 43 et suiv. 



PRINCIPES BOaWlMOrPAUX , ETC. 1^ 

ute'XJaib^^tiàttitin^ pour les besoîDs dès É^filses*/ Ôh 'v69^''^ 
9âii««[ua»l<'daffi^'î^tte baisse le produit des collédt^fè^'^A^ 
ddiiMsd^dôiillfiuMtitéfifqui souvent élaieat ellôs-mélife^i^-l' 
p«l(^6^.'^fté]tt','1dr& d'une famine sous VemfefeÀ)c'Œ&^^ 
hfi^cli^ëlWb^dfcAhtWfebe envoyèrent des secôors'k dè^^HP 
J^^dletft^;i^qèe<siinnées plus tard, cenx d'A!èb^iè^^^Bê' 
Mac(»teih%M'ÉWilgr^ leur profonde pauvreté, >)flHèfii4Vc)to^ 
)€isP93fébiè%ti«e^<iuéte' abondante, en donnant, 'côt»iUi'ë^?{^ 
SaQ|ij-4JâMîa4ll(}iy Ils- pouvaient et même an delà de t^e^i^n'll^^ 

Dans les Églises de la Galatie, ainsi qu'à C(yHnt^À';'!^h# 
sftflU(^|ak^ïi<îête9%ée cotiser pour leurs frères aé^'rà^^dAi- 
marfdui:é«lrèfe'»^UVr*è de Jérusalem ; pour or^àiilisèir'léei^ëBl-^ 
toteiS>[> l|i^»i^t- aux Corinthiens : «que chabtiriaë'Vôlïâ'' 
B9fëlte^îf^i*l)k;l[eiJ«iw^ Je premier jour de la semaine, ô^e'eJrfW 
vooitvip^^l^abiiii^saat peu k peu , selon sa bonne vblontê^l»'Dè!^^ 
9%è%^V^0Voyés> pa^les apôtres ou par les Églisei^, pafbbu-^ 
ftSbrttPJéS'provlèéés pour recueillir les dons ; Paufâe llés''f!iî-^ 
âart*«éttiiéttreb'luj-même[)endant ses voyages. * • -^.^»i'i^ 
ouljeâi pauvres qu'on entretenait par les ressouriceâ 'de" ik* 
écils^ô(^mnne étaîenl ceux qui ne trouvaient pas par lënk"' 
trlavaîldes^' moyens suffisants pour vivre ; c'étaient siiHoèft' 
IfiiBé weqviftg âgées , qui n'avaient été mariées qu'nùè foie, qni^ 
aviâeût; mené une vie charitable et sainte , et à(mX léà h^^ 
V»ill£»élirienl trop pauvres pour les entretenir^. Eti'otlttié,' 
àBtnnvoyail des secours aux chrétiens prisonnières t)ôl!iif^lèh^* 
foii) on.ponifvoyait auK besoins des apôtres, envers'lëst|(ieLV,l 

.,. .... ' -I ^J 

iEn44. Act. IX, 28-30. Comp. Joseph., Antiquit. Jud.y l 20, c. 2, 
§ 6, t. I, p. 960. • / ' 

22 Cor. VIII, 2. 3. - Rora. XV, 25-27. . . u . 

.31.Çor. Xyi, 2,. ^ ' .. .i î 

H Tim. V, 9. 10. 46. —Act. VI, l. . ..; .j 



i#m«if|toi4f;s fré^iiettfis vo^tgeoi^ oonâMestaîtipbrtoilidUieitiittfu 
^é^M^Vi»^ empressée et la pltt9^itespecl!iuiiMi^i^.l ëncb ubisq 
sol^mjrd/adintDietpation dé tahgaissSuiitoniimlMi'dt.-to 
4^:piki^y«fea<) a» choisit, dM3L'égltte()âb dléfhs&déBl:]^(|^ 
diicj^Sfn lee» tninisires devakntjêlirik^d'iibèiHieipûteçciiijGdfteié') 
4éHquée: comme iis élaieot cbaitgéd dlachÉabffliBèiah^ilifRM 
90|>éid»t«D quelque sorte le patriinorne des palivofs^pn^Citi 
tmimmnA^ii la plus sévère probîjlél «qit'jif)aË)Qbérâi^id 
fiml de gain honteux,» écrit Pierre è TmiDObéœfiotLwff 
Imunesks assistaient dans leariniDislàre'fifi 7) si^ajUâiëbll!^ 
dëj^'deodiaconesses proprement diie&^.'ti •> ) u^^ é b<.2« 

iDeimâme qne ces servitems de ta ebarhéuHefe faHldOtn 
m ^péval) sous les yeux desquels 11s«f9iiistioaiiNyiBtil<^iii)0û(« 
9imvà raxmple de la vie nouvelle , àeittyàiàritb, dis\ teiifia^ 
tience, de Tamour de la paix ^. En uaîniot^J4sakifei|rtoeBt)ilBéfi|> 
fiaauii étoimiient par leurs moeurs les paîe9iB^qifra{ipi$£de 
«e «jiangeipent , au lieu d'en pénétrei! laianBfeQ^ti{6i(ytM|ii 
plui^ facile^ de railler et de haïr ce qsWik sefimoB^reumeaii 
j>os ï'alls trouvent maintenant étraa^ , i]it)RÛ8rreip'qâèiR0t«;i 
1^6 0purriez.plus avec eux , comme vouS'faiaiezi^^àatèaadibart 
^esn^ts de embauche et d'intempéranoe -^MiHû çitàfmeaaiij^ 
Ht sujièl de vousidiarger d'exécration fi. ï^jiiGiii./ vKpn r^M n^q 

G^Bi ainsi <]u-un nouveau principe db ^ne^^iè'iàmciBn^ feb 
préseaié d^ttS'.soii type le plus parlait eiil^léstts-dGbsisDv'^ 
itéaHsé dana Isi société chrétienne pr!mitiviej<eBt ntis^dans le 
^onde^ On fatti par amour, c'est-a-dirq- UbmBeBl etr avec 
îoie^ ce qu'<]Hi iSsiisait à peine par contnaiotB'^ 0Difatl;faîen 
^lu/s^ on fait ce qu,e nulle loi ne pouvait.ipeeici'ioe, oni a^la 
ptii^aBce du sacrifice. La condition exténie[uiiûiO'est»t)luâJa 

'^phv, XIll, 3, - 2 Cor. XI, 8. 9. - 3 ép. à^f^nf^,^ , ,.. 
*Âcl. VL -i et suiv. — i Tira. 111, 8 et suiv. i 

''^mm. m, 41. -Rom. XVI, 1. ' "^ '"''''''' ^^" "' 

H Tira, m, 1-5. - 2 Tim. Il, 24. 25. — Tile I, 6-9. 
«1 ép. dePiift'reIV,.4. Jll// «i.'» ^siA^'V 



PRINCIPES rONDJIlifitKTAUX , ETC. 4<lt 

perdu dans la nature mi absorbé par TÉlat, 0«t i^îiia&^tà 
y^fnéaHA;)l?iiidmdaaiîté, d'abord humiliée par )âlootis<(îiéfcce 
i^féfibéjBirAtl^ dépendance de Dieu, reprend sadîgiritjé^ 
fèt^teif^n Uegalitédu salut promis k tous les^ bomiuesi^Dit 
btiii^dBlésii»4(i]tei6t^ (a société ancienne faisait denx(qnefe(> 
iiOifen»a»9aeUeq elle ne savait pas répondre: qn'estMoè'qyp 
kiidirÊrilél^)etii^i«si leiH'ocbain^ La réponse h tmiÉ&»t 
^flimâottsMh'imayée : la vérité ^ c'est TÉvangile de^l^aÉfMf 
df^J^iâU V et. te prochain , c'est tout homme queleon^ae^Gonè 
égard h sa position sociale. L'amour est le fondement [dii 
ff^atw^ de Dien; ce royaume ne s'établit ni^psunOontiAfité 
deftinslhQliom' temporelles) ni par la force tle»'ariotâiiv^ M 
^nli pas du' dehors ^ il ne devient visible 4attd/lel àionde 
^piôaatnot](|Ki'ilie|s:i9te(daiis les âmes. '>> < '^> '>')ii'>iJ 

obKopsi vteponS'desTQlp ses commencements idms'VÉgti^ï 
afkfttisoiîqiie^ ils^onl humbles, mais sublimes et' puys/iNo» 
deMonailp^-soivre maioienant dans son dév^ilopipemeot pv^ 
gressif^à^câtédela société païenne en déeâfdôheè', NdVl^t 
rmikeLeatiracée ^ nouS' aurons îi montrer itana la «06iélé)i^^ 
i^innaei lia charité enseignée dans toutes se» a^eoiltotis 
par les représentants de la pensée chrétkeatne-yet'réalMe'pai 
dirs institutions et des faits qui forment leplqs pfidfond ebn- 
iraste avec cens du paganisme. Nous conaaitroné^iAsletie 
ifystème die morale sociale des chrétiens^et leur vie; Nous 
odieions sj^sième , quoique aucun des auteurs des prémi^ïf^ 
fsîèeles n'ait formulé, dans un ensemble logique, ;les:>conâéj- 
quences sociales de la charité ; cependant il noossera^ih 
mis de réunir leurs idées sous quelques chefs prineipiiwiqi; 
rien ne sera plus facile à la fois et plus légitime que de mon- 
trer que toutes ces idées reposent sur les grands ptincipes 
mis en évidence par le christianisme, sur ceux^^u r^Sjpect 

. i ni umI »' 

iPilate. Jean XVIII, 38. » Le docteur de la loi. Luc&^'fidl) <{) r 



(ji^çJaTiature bumaioe et d^ la .cbd,rité4\Li.^a e$t ia^ép^raWe. 
Ç|a,respeqt et cette charité, que wu^ n'avons, fe^x^onirés 
^H\lt part dans Paatiquité, qqus allons les t]:Quiff!|i^(|>^|ctout., 
^^aç, la doctrine des Pères sur toutes les relaiic(9^soi^^f^<el 
s^i^r loutf^ les classes de rhumanité., abusai j)ip!^,qMe'i)^p$i )^9 
ijf^^itutioDs de rÉglise et dans la cooduiteiqdl^iiduell^fd^'SW 
?JjÇ^bfes, .. .:. .u >.\Hi) H'u: 

1. • • . MJll j') ^"\\.: 

■i • . , - ilJ'i (» >-.:» • 

CHAPITRE II. . ! » 

) 1.- .^ • • 

M.SQQIÉTÉ GBHÉTIENNE EN GÉNÉRAL iïT UiiNS'SBSfBAMOHTS.- 
AVEC l'ÉTAT. ' ' ' -îM"» n ;.■•■■•* ' 

§ i. Égalité. — Amour frwt&^néL.\\ :♦/ « • • '1^ 

JL'ordre social antique reposait sur rioégblitBtçiKéieiidifie 
naAure^le des hommes. Les plus sages mâme jparoii les aort 
cieq^D'ont pu s'élever au-dessus de cette injusûce fondar 
Hieot^le. Le christianisme seul éclaire de sa lumière c^esèe 
la doctrine si longtemps obscurcie de l'égalîiéj Nou£i avoof 
de Ja,peine aujourd'hui à comprendre camment mqm nous 
parait si élémentaire et si simple ait pu rester caché aux 
yeus des Platon etdes Aristote, et qu'il ait fallu une interven- 
tion divine pour en persuader le genre humain. La procla- 
mation de l'égalité a été une révolution dans le domaine des 
esprits 9 qui a dû amener progressivement la moditicationde 
l'ordre social tout entier. Les écrivains de l'Église, inter- 
prètes de la pensée chrétienne, expriment unanimement 
cette idée, ils la soutiennent, non-seulenient par les argu- 
ments nouveaux de la religion, mais par ceux mêmes que 
découvre la raison dès qu'elle s'affranchit de la servitude des 
faits extérieurs. 



LA SOCIÉTÉ GHRÉ^rkk^^^lèh^ GÉNÉRAL, ETC. i'ÉQ 

^'âh^vtillîiéVt ttë f*pif>ressïôn et de la persëctttibtt,' comme 
pWé'tafM';'fcpfe*'1è tHôrhphe de TÉglise, les Pères éns^eigrienl 
W"i^iH*fcùtre(tité^ d^ôrigine et de destination de loos kM 
J%ilttteâS*1étf<^'é^lré naturelle. Sortis de la main dn mêmêf 
€*lB*ttftft-,^Hiti8 1L4 "bortimes sont formés h la même image âë 
B)ëii^i^i1^'dë^éiidëDt'd'tik)n^éme premier parent, leurs cot'p^' 
sont faits de la même matière, ils naissent tous également 
faibles et nus, et la même mort leur esl réservée ; ils sont 
doués d'âmes également immortelles, capables de recevoir 
le Saint-Esprit . ils sont sans exception les objets de la mi- 
séricorde de Dieu^ S'il y a des distinctions dans le monde, 
elles ne sont pas fondées en nature, elles sont accidentelles 
etHov^écs^causes^porement extérieures. Ce n'est pasla t^sfié- 
sance qui ennoblit-, la seule noblesse vraie est celle de Tàme ; 
les bommes ne se distinguent que par les degrés de leur foi, 
de leur vertu, deileor piété; aussi peu que la bassesse de la 
condition extérieure est un obstacle h la valeur morale, aussi 
puLè» Aignité de cette condition est pour elle seule tm'^^iif 
d6)graaideiir véritable^. <(Tu dis que ton père est con^l,''^é^ 
t6Btnèrë est sainte et bonne , dit Chrysostome , què'WIttii^ 
pckriè?' montre*- moi la propre vie, ce n'est que dlapffed^W 
<foe je puis juger de ta noblesse^.» -'^'^ ^' 

<'uM même où la vertu et la foi ne se trouvent pasf ^tlc^ël^ 

M'; '^ --'l 

. JÇypr,, Ad Demetr., p. 218; ep. 59, p. 98. — Laclant,, !)►>, #*/t7%/ 
I. V, c. 15, 1. 1, p. 399. — Greg. Nyss., Dehominis opificioy ç, If, t ^,j 
p. 89. — Ambros., Sermo 8 in Ps. 118, § 57, t. l, p. 1077, — «jEqua- 
Itter omnes nasctmury et imperatores et pauperes ; œqualiter et mort- 
mur' omnes; œqualis enim conditio est.» Breviarium in Psnil,\^n* 
ei>piHieron., l. Il, p. 333. «'' • ' 

: *Min, Félix, c. 37, p. 139. — «..«iVetno deniqu$ Eifre^ius,^ nÀ$i]qvi{ 
bonus et innocens fuerit ; nemo ClarissimuSj nisi qui opéra tn^^^ripfiiT.jTy 
diœ largiter fecerit] nemo Perfectissimus, nisi qui omnes gradus vir- 
tutis impîeverit,^ Làctant., Div instit.^ 1. V, c. 15, t. I, p 399. 

3 Or. in terrœ motum et Lazarum , § 6, t. î, p. 782. — Àmbrosl^' 
Exhort. virginit., c. 1,§3, l. H, p! 278. ' ' '• '^' ' "J^^' 



l^mture h^iDftine doit éktefespaortée j oaii^ t^omAièrést (oUi- 
jûitriftitfUfkegrandecbose^)) loua méritant' nâliittdlëidenl'ië 
0iqiTOTeâpect3; à qiielque natrônoub quelquè^cwllé'^tf^ltsf 
ippa«liefin6»t , le lien d'une patenté originelle lès ilrï]f ehli'ci 
tiif(9>l^ païen et le juif sont frères du ehrélien, ^^rc^Jn betrf 
quitte sont hommes ; ils sont ses proéhaim tnêniei vîdht d^élVë 
OfMivertis, car, comme lui, ils appartiennent ^D^ti ;if*^ 
peiil^qoe tel dont nous nous raillons, parce qu^H ^épH)^-- 
terne devant des pierres, adore un jour Dieu avec plài^'db 
ferveur que nous^. Le monde, en un mot, est , conoihé'tli^ 
TertuUien, une vaste république, une grande fômiilei tf'eh^ 
fonts de Dieu*. ' ' 

n La) conscience de celte parenté natirrelle né prbdditpàtv^ 
seulement le respect, elle donne naissance k un* sferiti'triekit 
phiâ iniilme eneore: comme frères, tous lesiîotniiië^'^'âlt' 
pOK^léa.ras'aiitier entre eux 5 les chrétiens suiHoulî'ddlVfenfl' 
épDO<ttTer cet amour universel envers les mauvais 'eoirtée'fefiS^ 
vers les bons; sans égard h la condition extérieure V'riî^fe' 
dinpositien de l'âme, ils embrassent tous les'hèmttiiés'^tïes 
birasdeleur charité^. La description et la recôm'm^hfl'àïîSrf 
de'Celle^ci se retrouvent sous mille formes chë2 léfe*l*otitêHi^à' 
do christianisme. Dans toutes les occasions, on rt)i)|)oil^'k^ 
l'i^'iame du monde païen ; on est pénétré de la èotatici$6ï)' 

'^HMEYot afvOpcoTtoç.» Basil., Hom, in P*. 48, § 8, t. î, p. IS'I^ — 
n Magnum opus Dei es, homo.^ Ambr., Sermo lOtn P«. H8, § H, l. l, 

2 Basil., ep. 262, t. IIÏ, p. 403. i^-i. >. 

3Ainbr., De Noe et arca, c. 26, § 94, t. I, p. 267. — Aiigitel., 
Enarr. 2 in Ps. 25, § 2, t. TV, p. 82; — Sermo Z^y § 9, l. V, p. 979. 

^« Unam omnium rempublicam agno$cimu9 munfium.*» Fratra» au- 
temetiaTi(^ ^estri sumusjure naturœ, matris untuf, etei f}Q8 (les pâleâs) 
parumkMmifi,es , guia malt fratres.t Apol. c. 38 et 39, p. 117 et 1^21 « 

^Ignat., Ad Magnes., c. 6 , p. 19. — Macanv9> Ve^ cçttUatf ^ «. ,6, 



LA SOCIÉTÉ GHRâTtlWNB/BKj GÉNÉRAL, ETC. V6t 

^\ifç^\^f^ç|^X^àim.iiomnt jaillir u6e iiutDièra et umfjohston 
%f[^|?'^ftioI^<>U^ les PôrnsMeaprimeot la vérité pnqfon^iifW 
^l^li(^€i$iila:nQière dejtonfees. les vertus, le'tpfttid^i^qQl 
f^4 ë\^ iV^ciQf^mpyaseiileBl de tous les devoirs^ vQ^thM^i 
^î^l)i^it,Po)j[C$^fpe^ és4 loin de tout péobé^ etiyi'eoilirnp 
^fjle 4u^gp$tiip.vjl. suit.àla fois ce qui est clair et c^tfùvvt&t 
^^^y^rL;d'p^j^oil&dans laParolede Dieu^. Le tout éopHrisq 
tjgDJgme,.e^l pliKôt 4aiis la charité que dans Fespér^tnceueD 
^^s^^loi^; elle est plus excellente notammeiitijqfaeitdVMit 
ai|jpp^jqq€i^.£lhrysostome.lui donne la prérérence. sUrtlei 
jeûnes, les abstinences, les pénitences solitaif6fi^4l uteTtiud 
P^&q|i}'bf) 'Çuie.le monde, en se retirant dans les déseri^bu 
S}]^t{jg$ifPpnf^gQes, mais qu'on vive au mé)ipu»ideila(&ooMté\^ 
Ij^i^^q^j^r(ipii6 vie chaste, pure etcharîtabiev caoi'amcAui^I 
lj^9n^i^,eU?auinône sont. pkis grands, dit^ily qBeiJe'iM^l^ 
hîfe^oSÂAVï^jÇFoit di^v.oir se livrer h la vie soUlaire^ ibfawtilp 
^r^^tfierrg^^ramour, elle o'a pas de prix «msiur^l '^ >i ^.'\yr 
^r^^a^^s^^lJe cette charité active et dévouée vie'eeiJleQq»^) 
t^g|fj^ff}^fj^igj:andeur de l'amour de Jéstts-rGlrristi;:llelb6nkl 
I|^ggj4',4fr^., arrivé p^r cet amour k la réGoncfiliaitiesilayexi) 
Qi^(),|â^pp^vjctian que, dans Tunion spiritueUeiaivBfvieiSBiMi 
V|Ç^,,. 91} , participe de sa vie divine. Ce^te.vÂe^làjimBSi^J 
qu'elle pénètre l'homme, se manifeste par une conduite 
sainte .et pleine d'amour. On se sent pressé de mdrcbj^f sur 

*Clem. Rom , Ep. -i ad Cor., c. 49, p. 176. — Hieron., ep. 8^^3-4;< 

p. 521. ..j'.iijr- 

f^pùà., e. 3^ p. 187. ' "'^'' 

^»>Sfenj»io33îl,'§ 2, t. V, p. 940. - "^'^^^^ 

i^Zeno Vert)n ,4, l, tract, 2, p. ^11 et suiv. '^ '^* 

•^«T> Y^p jiiéyitrtov â'^éin\ x.(x\ imtixtttx. xat IXgyjfjLOcruvy,,'^ M^^Trao-^ 

ôe^feèv 'Ô7f£|)ri)c4vTft\T6v> Bom, i in Matth,, § 7; et tt<m.' iB^%n')dait)i!^ 

S4,t.VIIip.116'et486. ■^•' '' ' '''^^' ^ 

sPetrus Chrysol., Sermo 42, p. -177. ^^ 



192 GflAPinv it. 

jk^lraces de Jésus-Christ, dioHler sa bMléMiefeUe, sa 
i^Mceui*. mer veilleuse; on aime cooQBie loi ^ m se etorge 
Gfwme lui du fardeau du prochains ei o» le r»iipHriei mo* 
tifs les plus purs, sans se préoccaper nît^.prQiily ÉMimat s» 
n^. même de récompenses dans le ptel ^. PtrjvaftrtelÎMiia* 
t;Orelle , cet amour des hommes da««ml >mi stiMslMf de 
plus pour faire des progrès dans rameur es IHm^ tdoatfin- 
jBJtivementil part^. ^ • .. •. . 

Si le chrétien voit dans tout homme son procKaioatqnei 
il doit respect et amour, une union pins mtime t^«iiit h «es 
frères dans la foi ; aux motifs généraux viMU^ét Rajouter 
des raisons particulières , tirées de la ni^ave 'même du 
royaume de Dieu. La participation au jnâffie S^iihflâprtc , la 
communauté du salut, Tespoir assuré deiie heitoàneif après 
ci^tle vie, établissent entre les cbrétiâis unsifr^mralléifurî- 
tii^lQ c^i , lors même qu'elle n'apparaît jias^ sduttvtiedbnMe 
extérieure, les réunit néanmoins en no^acflijicotp^'.idcint 
Christ est le chef ^. Â cette idée se lie ceBe^dùfMélikKéhiiti* 
versel de tous les chrétiens , exprimée pîar^iquélqukfnPèi^es 
d^ premiers siècles : en opposition aux »paâiiiB>et(Ëiu!l>ADT9, 
fihm desquels le privilège pontifical était rémr^'bde«itteisées 
ou à des familles particulières , les chrétiens forment une 
Église dont tous les membres sont prétres^eeten f esprit, 

égaux en dignité spirituelle^. C'est pour cela qiîete^'ehfé- 

1 >.. • . 

*Clem. Rom., Ep. i ad Cor,, c. 49, p. 176. — Ep, adDiogn,,'<i. 10, 
p. 239. 

20rig., Contra Cels., I. ï, c. 67, t. T, p. 382. -' «^ : 

3«c...rn Dei caritatem de caritate hominumtransi$uri,^i Htl^r. Pîctav., 
Comm. inMattk., c. 4, § 18, p. 626. .. ' ' 

^Glera* Alex.,Sfrow., I. Il, c. 9, t. I, p. 43». -^ Mm.'^Felfx,''c. 31, 
p. 1^2. -* TertuU , De monog., c. 11 , p. 534. — August, '^etmo 38, 
§ 2, t. V, p. 236. f ' 

.^A.^^OfMMS enim justi sacerdotalem hàèent otdlnem:^ \rèn.;'Adv, 
Aw«^ l,JV\ Ct 8. p. 237. — « Nonne et iaini iû^erdôteê suik\i8?.., dif- 
ferentiam inter ordinem et plebem eonstitvU-Eoêiêsim auetm'Hëê , et 




LA SOCIÉTÉ cmiiiiliime en généraji , etc. 493 

\ mt sattFes^ ; nous sooraies tMsmidaRM 
r, ék Grégoire ée Nazhi&se , le riche et te pM^«M, 
^H i^èoflitte Kbi^e, rbomme robuste et rinilrme^, 
mÈÊe eh^, diiq«d tout procède, Jésas-Clivisl'; 
les mmÊkftm 4a corps les uns pour les autres ^ 
d'ortre «M» Pett pour ses frères , et tous ie sont 
pour cfaacoo^. Cet amour fraternel, qui devait porter tes 
i^fcjélk»! il vhre^ à totter, k souffrir ensemble, étaH l^ob- 
J6l 4ei cMstaotes i^eeommandations des chefs et des doc* 
ieorsdtl'Égtisè^-, ilo'était parfait, selon eux, que lorsqu^il 
suirsét ater }iM^ :à cette charité suprême de mourir pour tes 
firèm$<|4oa* JésoSî^Cfarist avait donné le divin exempte^. H 
é(tîf> 8|fmbo)t9é diaoé les repas appelés agapes et dM^ ta 
^tiftrtiCtHini i\m, outre qu'elle est le sacrement de la eom* 
wmiOOiKfMil&SeigBeur, est aussi pour ceux qui y partie 
fiipènV(P»i)tâMHgaage de leur communauté d'amour et dé 
C»À4iQMI»Potîfiile, TEucharistie et Tagape étaient réunies^*, 
f^|il$'tap4i;0ll6A nefurent plus célébrées que séparément, «Kril 
^CMlsi^idU'OOttbve croissant des fidèles, soit pour éviter tes 
(9aidiiMii6$( rdes/ païens qui, au sujet des agapes, flaiisaient k 

AMMf Ji0lr ordùvU-tonseêtum sancH/icatus adeo ubi teclesioitici ordinii 
ti^i^l: dipt^^w, $t offert et tingui$, et smiârdot et tihi iolu$. Sed 
ubi très y Ecelesia estj lieet laici.yt Tertall., De exhortât, castit. , c. 1, 

^Athenag., Leg,, c. 32, p. 310. — Lactant., Div, instit., 1. V, c. 16^ 
t. I, p. 400. 

2Gre|;.Nût.,or. 46, t.I,p. 243. 

^Hermas, 1. Il, mand. 8, p. 96. — Ignat., Âd Polye,, c. 6, p. 41. 

^TertuJI., Apoli, c. 30, p. 121. — Augusl., Tract, m 4n Ioh.,%'i% 
t. in, P. H, p. 463. — Ambr., De excessu fratrie , 1. U , § 41 el sylv.,. 
t. II, p. 1145. 

^Voy. Ad. II, 4â. 46. -- Piiiie, dans sa lettre à Trajan , parait y feire 
alhisîon : « ihfem eièi fuisee rursus coëundi ad oapienêum dàumj pt»- 
mùcuumUÊmémeiifm»9inm,%h. X, ep. 97, t. Il, p. 128. 

13 



V^\k U reprôches'lë^* plifd'dâiëUx é('H^tfl«î^'âb«tMéd<. 
~È%é'à^a{^es devinrent' un nidyë^ Ué 'i\èmmmë^}m;Abgtie 
'ffiliife feà'lbrme aiix largesses dû pàganîètt^'J» â<àfcV èô^ttî^po- 
^ifedh^iik banquets qne les Romains aiiAîtfl6isi'^*ètoé(îëttl*à 
^WtH\i\è ôHivé dontils captivafiébt les'èb»bgèé,r(«è^«lA«i«hs 
'^WMtiitiieè réunissaient h de certaibèâ'6è(5i»iéHâ4<!<S'^éu^ès 
dans des repas fraternels, Simqweh fthVSiSfefitWpi€të^éi^le 
recueillement 2. Cependant, comme il ft'^ët'slïPptoHdttjburs 
faéîte d'éviter tous les désordres datas des' ^Wlftfloos^afeJèe 
géhré, et comme on cherchait même 'sôtîivéW'aMeé^tiëiWft'- 
nér de leur but, elles finirent par lôitrber 'efa'désUiëttItlb, 
désapprouvées par TÉglise. Il est à regreWef ^ii^ lai fàîWè^e 
huniâîrie ait empêché de se perpétuer •'uffté^'ifealflttAi6iV*;^*si 
bëite dans son origine- '•' ''•^^^'' J^» <"lf"î 

'' liMdéal de Tunion fraternelle ddhr'IéS'!a^à»^éS ^tntfllffes 
avaient été le symbole , devait être rtàWéë't*à'f Jl'kttiilié'caïffi- 
tienne et dans les monastères. On botti(if^tffl^t()ii'ëû'^fé^al 
les Pères parlent peu de Tamitié, dirtiV'lësPjih^feSotihiiâ'^âlî- 
ciens avaient eu tant a dire. Ils g*élèven^'k Pi*lrié\îr tiftWM*- 
sel , qui n'empêche ni n'exclut Tarnîtiié ,' iclàlS^iî^liel feHfe%- 
meure subordonnée, en ce sens que î'aïfdWié^if ^r^lflPàftoi 
personnel ne dlspetise pas des devoir^' ^ébëftrtlS'tfe fe'^'èVa- 
rîté envers totis;' seulement celle arûîtW ^Vi^^'p^êSl^n 
doit Servir en quelque sorte de type K Pttriioti'yvèc léA#'les 
fidèles dans le royâbme de Dieu. L'amifiè ChéiTîefe PèifeS'^ést 
toujours, comme chez les philosophes du ïiibifde'païen^'iihe 
communauté de mœurs et de sentiments,' cirhéhiéë j^dr des 



*Alhenag., Leg., c. 3^ , p. 308. — Tertull., AduxaPêni, l. lï; c. 4, 
p. tes.' -« Orig., €, Cels., I. I, c. 4, p. 3J9. . . i.. » . w 

^Constit, apost., 1. lï, c. 28, p. 243. — teTiull^ApotjyCa^êyp, 423. 
^ CfcYtt. Alex., PUBdag , I. Il , c. 4 , t. !, p: d«^ »4e«. m>/Aiigust., 
5èt^» 47)8, § 4, t. V) p. 59^ 5 — Contra Fttimtwm/ l^XXv lA^ao, t.VIII, 

p'.'B*6:'''''-^ " \ V • • • - .«...UNO w jx. 



L4 SOCIÉTÉ GH^|Êi;ipj«fIf^,E^ GÉNÉRAL, ETC. 195 

.,^4frfi9,innHiftioD de.Ja foi e^ un mêmfi Sauy.wr^.^t^^fef 

.g(|r|»n6€i d!jjijfte mwe vie éteroelle- Celle mili^piPH^^Jl^ffi}' 
fiftk**(fiWfÇtiaé<9',.fSî seule vraîpient désiiitéi[fi$s^;5f^ftRîi>|e 
aâ§i»ArUic^î UDç|i$,iïueJ>mitîé philosophique, ipje.$;^jgyaifl 
f^*flfti%ï|-49s?HSi4e.l!uUlilé et de l'ialérêt, dfipieure.jtçi^pjifjfs 
^pJ^s,<î^\^,f^flia^ ^8W?^*- . ,;, .„. i. 

^'itifJH?8ii9Pff^Çt^r,ejÇvÇonforiiiémentà l'esprit de leyrs.fop^d?- 
o4e<|ps,j(|^,aiepi qtre.des écoles et des asiles de cette ^itié 

'PfK'^P^<i»9i.type de la. sainte et fraternelle harmonie de^^^qn^es. 

jÇjg^pfesjçriv^it» au?. moines d'une manière plus.spé.çjia^e }e 
.)MWT> dp Jl'an^o.ur, de la concorde, de la commjunau^é,.çjes 
^^u\^J^ffff,fff ,4p$,^Çintiment$. La communauté même .^^lljfp, 

impossible dans la grande société humaine, ét^|t<réf|lisée 
^.£49flh}f^ ïf^^.ciatiops monastiques, mais elle o,e.r)^^^it|que 

'iHfôl$i]ikf^ iCÇfi^efitw^nt de ceux qui s'y faisaient rjÇpc|yQir , 
îfci^fi^mVgjÇQîWliMop pour être admis, mais p^sopn^fl'é.^^it 

SS^^^^f^^f^ admettre. En entrant au monastère^^.|^^u)is 

A4PI?^ÇiV^^.l^^ dignités dont ils avaient été revêtus. ÛVO{^}q 

.,lp$f^Q.)(lQ^ autres étaient relevés de la bassesse dje l^ur pon* 
.frtytjftPiSeiyye ou inférieure ^ on ne conservait qi\e Iq jÇ3ra|c- 

>%^i4'hfpmme et de chrétien, sous un régiii^ é,gai p()|ir tqqs. 

.,(^,p^§oçia lions présentaient ainsi une im.ag^ 4e |',égalité.et 
. td^'j^i^fr^vornilé chrétiennes ^ elles étaieM de;s,f)^ile§ tantppur 
, 1/e^ J^oipu^ies désabusés des grandeurs du ipi^i^ç,. que pour 
. des esclaves. affranchis, des artisans, des labpureur^^ rédqjts 
^ $1 \^ ifïmve et ne trouvant plus une place hon^r^^^^ç .^u xni- 

lieu d'une société en décadence^. En se retirant du monde, 

i iGtem. AfeK., Stram , l. U, c. 9 et 19, l. I, p. 450, 483,^^^ CfcryRosi., 
Hôm. i inCoL, § 3, t. XI, p. 3t5. — August., ep. 25$!^ t^^hm ^9. 
. ^ Hietfon., ep- 53, 1. 1, p. 270. ^. . o v. \v 

,^9iNuncmeniimt plerumque ad hanc profesHonem se^tt^pei et 

1 eéD conditioner serviH ,* vei etiam liberti, vel propier hpoa ffpppf^^ibe- 

rati sive liber andi , et ex vità rjusticanà , et ex opificum exerç^^i/^ej 

13. 



196 CHAPITRE II. 

1 5 ' j ' ' • i !• ■ ■ Il j I • I n »"'' / I 

pour vivre dans une amitié sainte, à Tabri de tous les 
iToiiïrîèsJ les moines s'exposaient au reproche (le ne fuir lés 
fièmclfeî^'quë par égoïsme; car le chrétien ne sè/(ïoit pas' 
sSélîllettiënt à son ami , il se doit à tous ses fréres^^ Vest pour^ 
(^l&^t(tl*'bri prescrivait aux moines d'une mani^i^ si formelle* 
ly^rè^le d'exercer la charité sous toutes les tornies 'envers 
lëy%t/vres du dehors. En un mot, les monsjstères devaient 
éfré polir leurs habitants des écoles d'amour fraternel^, pour 
lë^'itiiîlheureux qui frappaient à leurs portes i des loyers ^e^ 
clfefit'é, et pour l'Église entière un type de la communiob 
cWMîeritie dans sa perfection ^ ' ' 

,J,. ., ... -•: ^'y -.'• '!M 

^^,^..fiajppjxrt$ de la société chrétienne ctim VJ^iatsniiqv^i^^^l 

La communion chrétienne , basée sur jun rjespeç| SirftR) 
ailiour réciproques , doit former, de tous lès chçéUenSjÇépanr- - 
dûi dans le monde , une société dont les membres, tout en n& 
se conriâissant pas, sont unis par des lien^ intérieurs j ç'ept^ 
s^Ion' Augustin, une république spirituelle au milieu dp j^, 
sociéiî! païenne*-^: c'est la cité de Dieu sur la terre. Celte 
Cite, nous I avons dit plus haut, ne s'établît pas par lebrusq^^e . 
ef violent renversement de l'ancien ordre de chosep; ell^j 
respecte et demande a chacun de ses membres de ;*espec^r 
les formes établies. Comme la vie chrétienne peut se mani^! 
féstër dans toutes les positions sociales et dans toutes les^ 
circonstances, l'Église ne toucha pas aux institutions civiles, 
et politiques-, elle en prépara la transformation en commen; 
çaril par pénétrer les individus d'un esprit nouveau. C'est 

et plebeio labore, tanto uiique felieiw , quanto fortins educati. Qui si 
non admittantur, grave delictum est: infirma mundi elegit Deus,» 
Axi^ûàV.'^ Éè opère monack., c. 24, t. VI, p. 360; - iè., c. 25, p. 362. 
*Comp. Cassian., Collât. Patrum^ coll. 16, ci et suiv., p. 476. , 
^% Omnium ckrîstianorum Respublica est.» De opère monach,j c, 15, 
t. VI, p. 363. 



Il Ir'l •. ' M > 
LA SOCIÉTÉ CHRÉTIENNE EN GÉNÉRAL, ETC. 197 

en ce sens que , des le coramencement du (fÇ|ixiepe,^(fg|^ 
un auteur ecclésiastique a pu dire : « Les chrétieqs n§,^^jj 
linguent'dés autres nations ni par leur langagi^.,^ji^^g^J|Ç|yE;, 
cQstumep nî par leurs habitudes -, ils ne s'enferaienf,j^&^g|^ 
des villes particulières > ils restent au miliçu des Gr^fiSi^oui 
des barpares ou ils sont nés : mais, tout en ne $Q,ai^ï9âï 
guant pas sous Je rapport exteneur de celle des p||ïçnf^„i^ijif, 
vie est topt autre^.» Ils obéissaient aux lois, ils p^y||j€ïj|filê§| 
triDiits et les injpôts avec un empressement qui pouj^vai^^j^^f, 
vir de modèle aux païens, plus intéressés qu'eui^ ftHiSîftjflb 
tien des anciennes formes^; ils honoraient les magistrats 
qu'ils considéraient comme institués pour le maintien de 
rordteckmis'biéocléié civile; ils priaient pour éax ëè^^rSxEit 




iiin'f hïç»j V 



5 armées courageuses, des conseils fidèles, des peuples 
)Des et garnis de la paix*. Ces prières, ils les faisaient a^J^ 

irsili J -."_''j. .^-^ * .'iî !-._ _iî i-_ _i ï_ '__ * ■" 



fil Ol' *■'!'' - • " ' :*J/ iiiii'j< 

milieu des persécutions: les supplices les plus cruels même 
ne pouvaient les empêcher de recommander les enttjpereui;s 
à^y protection de Dieu. Dans toute cette période , si nleîne 
dé séditions et de révoltes, provoquées souvent sous les 
preiexles les plus frivoles, il n'y en a pas une qui ait été ten- , 
teepar les chrétiens opprimes; quoiqu on les trg^itat denne^. 
mis publics, de rebelles aux Césars, ils pe cessaient 09s 
d^étre éoumis et résignés, te christianisme sa'nclifiej| tout 
ordre établi, aussi longtemps que celui-ci n|est pas ep con- 
tradiction ouverte avec la loi de Dieu 5 il veut même que ses 

^Ep. ad Diogn,, c. 3, p. 237. .. , ^ ^^^ 

?Just. Mart., Apol. 1, c. 17, p. 54. — Tatian., Or. ^'^ontrc^ Gf^pç»^^^^ 
c. 4, p. ?46. - Constit, apost., 1. IV, c. 13, p. 30?.' ^,, J^^^ . ^^^^^'^-^^ 
spolyc.^^Ep., c. 12, p. 191, - Just. M., /. c, Aiheoaft.^ km\i^\-\^^y 

^TerlulL, i4po/.,.c. 3'), p. 401. 



» f! » lï I' in^ 




198 CHAPITRE H 

disciples se soumettent à ce qui est Wratiorînel''è!t''l*ànx , 

Traiiquilies et désireux de la paix, lés clirétlëh's né^'iSH-^ 
geaient pas à exciter les autorités contre êiix par là'^âfesfif' 
béissaoce aux lois : ils ne refusaient la souniission diié^si ëBe 
comproroeltail leur foi en Jésus-Christ^. C^èst'âinsf cjlîili^ 
ne consentaient pas h rendre aux empereurs leà HhH^em^ 
divins, k les adorer en se prosternant et en sacrilîanrJie^m 
leurs statues, à jurer par leur génie ^ car c'eût été Wtffé^riy 
seul vrai Dieu. Ils ne voyaient dans rempereur'qu''un'W(iipif^^ 
comme tous les autres, inférieur k Dieu, institua ^fâV^IS? 
pour gouverner les choses terrestres , mais"n6n potft^'fëîiêS 
voir un culte qui ne revient qu'au Créateur et a ^'Àifïlfê*? 
Sous ce rapport, ils montraient une fermeie muèmfé'; ^e 
vieillard Polycarpe, sommé parle proconsul qui^ayiii?'Pftî8 
de son grand âge, de jurer par le génie de Cesàr^li ÎSfâSS 
en se déclarant prêt à obéir en toute autre choie j'uaiïenâfi? 
dit-il , que nous avons appris à honorer les màgistrats"|âS 
Dieu a institués *.)x Les païens ne comprenaient rieii a^.ce'ft? 
obstination qui, selon eux, avait été bonne jadis ^ aahs^cfei 
temps plus austères, exigeant des caractères plus vigijureuxj 
mais qu'ils trouvaient déplacée à une époque plusi douce!, 
c'est-a-dire plus molle et plus indifférente^. 

■•..i^,:.,>.,| 

iG. 3, p.237. ;■ "'l""*'/''*! 

2brig., C, Cels,, I. VIII, c. 65, p. 790. - Les Constit, apost, pres- 
crivent d'obéir aux puissances terrestres «ev oïç dpedxei 6ç(o!» L'.' IV, 

3Tat,^ Or, c. Grœcos, c. 4, p. 246. — Theoph., Ad Au^oL^LJ^fi, H, 
p. 344. — Terlull., De idol.y c. 1 5, p. 95 ; -- Ad Scapulam^(^À^^^,pf ; 
— Ad nation., 1. ï, c. -17, p. 5i. ^ . , . ' 

*Euseb.,m>|...^cc/., I. IV, c. -15, p. 132. ," ^ ' ^^^| 'T'I'l 
STerlull., Adnat., 1. I, c. -18, p. 52. — Plus tard, il est vrai, sous 



LA SOCIÉTÉ CHRÉTIENNE EN GÉNÉRAL, ETC. 190 

I^ai^s uiL État, où les citoyens et surtout les foDCtionnaires 
^^1^%^}}^^-^^^ rendre à l'empereur de pareils honneurs, 
^é^ê^àhià^i^^^ intimement liée à ^»'^o^ 
P^aï/enne, ôartout présente avec ses rites et ses sacrifices, on 
^-^P?P^ SH^^^^ "^^'^^"^ aient dû se refuser au:^ emplois 
ggW^Sijrexercice d^ fonction les eût exposés àî l*oJ)Iigà- 
ymde nartici^ér^^^^^ du paganisme, c'est-a-ïïîrl 

^1^^ ^rém9nie^ réprouvées par leur conscience*. Cek a 
^iîfo%ft'(W hfs^^n^" célèbre appelle cette aversion d'es cfhre- 
Ijfi^^^lKw^ les charges civiles ou militaires une indifieréncp 
y^àf^ffj^^ pu même criminelle pour le bien public^, d^e^iï 
Ulji^^ti^ent naturel et légitime, suffisamment |ustilûé par Ta 
Pjjpîl^ma des chrétiens vis-à-vis de l'intolérance de l'a soci 
p^][|$j:|n|^, Plus tard, ses dispositions durent se modiâer 



>,.Wïnrui:> 



;ï 



m^f^jr^^^uè rÉglise s'étendait et que rÉyangile trouvait pju^i 
^p.[^i^^^isaj;isdans toutes les classes de l'Empire, le pagâ- 
j^l^e devenait moins exigeant et ne faisait plus 'avec ta 
gQ|^e ;:|gueur aux fonctionnaires chrétiens la condition clé 
sacrifier aux en^pereurs ou aux dieux. C'est ainsi que des^ 



rèene de Dioclétien , des chrétiens occupent des empiQis 
consiaerables , soit dans l'armée, soit dans la maison imne- 
riale/. Lorsque, par l'influence croissante du chrîstianisnle, 
des^mpereurs eux-mêmes s'entourent de chrétiens aoni Tes 
principes et la vie leur inspirent plus de confiance q^iééeux 

les empereurs chréliens , il y a eu des chrétiens qui rendaient aux statues 
des' empereurs un culte superstitieux \ les païens eux-mêmes leur rappe- 
laient alors le contraste entre cette conduite et leurs principe. VEglise 
dl^sapprouvait hautement ce reste d'habitudes païennes. Voy. X^6\fisulta- 
tiones Zachœi* Christiani et Apollonii philosophie 1. ï, c. ^S'| 'fldils 
d*Achéry, Siptcf/., 1. 1 (cd. not?a), p. 12. ' ' ' 

'1 *TerluU.';i>e idol, c. M et 18, p. 96. — Orig., C. Ceîs.;t mi, c. 5 
èî' 6,'p.-747.=' ' "^ « 

«Gibbon, c. XV, trad. de M. Guizot, t. IIl, p. 84.' "'*' '^ 

3Euseb., Hist, eccl., 1. VIII, c. I et 6, p. 269 et 292. *' ^ ""* * 



^§§(fiS^\^iBMs. de$ aocienâ dieux , 4es^éMlieBrb délfÉglibè nt 
^isjTQjQqnQeii^ plus coQlre raceeptatioir d^emploîscpuèlicd;^ 
Usff v^^eoA au contraire un moy^n de jghndfieeittiiiQiil <U iéh 
f8§TfÇftria^ et donnent aux oi&eiersinlpéii^usohré^ieûk^es* 
cgqsçiJI^ pleins de sagesse et de cteiitë. /Db^as^^èv^quo 
4îlMfi(dQdfÎ3i exhorta Lucien , qui ^ôesUpaâbifinipbsaètélèrnf' 
^gg^ J9 inaison de Constance Chlore v'ittiéxrilep'jtDfKliiBsg^uJi 
p§prpait; jeter une ombre sur le nom!efaniiten/ii^praftN||(iei^ 
l^dlluaMricte justice envers tous, qu'ils soL&ntipamrieàièu^ 
rÂçbeSy à ne pas vendre pour de l'argstit r<aco^Jlaaiprè3 itei 
llfMpereur, à se montrer en toute ocicasionbibni^ëfltapi^iaf^ 
y]Aei>mqdest6, a obéir à remperesir^et 'a ld)sè«9i]it»tédfiééi4 
\i\^^ len bout ce qui ne blesse pas laloi^JGeifiaritcrfmar^cpifilbtaii 
4\f»iqp6r(9un$ pa'i^s , préférant de 6t coi^ei iiIdw]cbtHtietcs| 
plAiôi.qii'lk leurs propres coreligioBiHHres,pdoo«çq<uNbtBefl^ 
talQKt. confusément la puissance dd cheistiflidinfieJf^cAfidite 
^)Mt 4e$. hommes et pour celui de* la sàciété^iiltooftAiwedet 
yéi^t^ d'une conviction qui, avauLmôme Lsitrftfmpb^dè^'fi^ 
gU^e^ ^remplissait les chrétiens de courage^ àa6»i?0(vqiid,^pKh 
|^n£i»pi>it d'amour et de paix^ ils étaient pfaiBUlilèiiq(tê^ilêsl 
p§ïpj^.b la République, mieux protégée pxri\l»'ù^t\i»>^fy^ 
charité que par celle des armes ^. Tout âm se; 8oUlK(llâa&(ii 
l'ordre établi , sans murmure et sans révolte , ils avaient la 
f#iiie assurance que le royaume de Dieu, Ta dite' teéle&le, 
ô6tii le principe est l'amour de Dieu et celui des Hommes; 
doît remplacer un jour la cilé terrestre, dont la ha^ç éA4i!^, 
^çloi) Te^pression d'Augustin , l'amour 4Uvm^i^.pottSséHjus^ 
qf^^àu mépris, de Dieu ^. Us déclaraient haiiiomeiit que t'ét»t 
social antique était inique et violent, parce qu^il-Mlà^'tbndé 

^Theonas, Ep. ad Lucianum prwpo$itumicti6ict^arA)ruÀ,^ôskii^ la 
tt&l. BP,l£0mnéU, l. IV, p. 09 €ft 70* ^ - '^^^^^ ^^^^^ ^ ^ ^ ' 

20rig., C. Cels., I. VÏII, c. 74, t. ï, p. 793. 

3(c...iÉmor sui usque ad contemptum Dei,n August., De civit. Dei, 
I. XÏV, c. 28, t. VH, p. 286. 



LÀ SOCIÉTÉ GHRÉTlEHim^lK GÉNÉRAL, ETC. 201 

(li(oUiid^»Qe)|(inioilt po ieli$enei' la justice . pàydêi(}ue>H^ 
eM bte bamtales iiaàmi divisés m beaocoup deelMSëè', tië^ 
p^oteJûsifumVrevviIesilnnBtdes, les sujets, jasqti'abnirfdhëHf 
aw|)|>i9s^2iits^')âdx èivb^ là où toas ne sont pag éi^ai^^^PA^ 
^&ii)fôQqteipaB;^llfniégalUé exclut la justice, d^fti^itêlliyi'si^ 
littfssantoiJiésiilé^tcela qu'elle considère comme ëgfatik Wêb 
feaj^^cABnie^^.n'AÙJgilsliii exprima la différence '^trë' •là'? ëo^ 
aiété'jpaittOQôtet la société renouvelée par le chrislÂariiâlôb^/ 
pir eê mot <j[UJ dit; tout: la justice est impossible 4^ ^^yiiéf 
règn^'PdB laichaiûté^ Le rétablissement de la justtee4,*i)i|i^ 
£r^ebmfiiemei»l dâs bommes retenus dans une^dëp0idtfbtô 
iAijÔ»qH)D)BipoBYaieDt Teair que de la chanié^i (l6tit'6$t<((tièf 
f!»tbtiUti\.f»f\\ù leslpectffit IcKtévouement deJ>V)^miaê«ip^> 
l^boBoiiiièij,p9ueulfif .sjaases* €t: les personnes iffiéprte06&>U<[i4 
i!4ie»iA)(ftG«[irandJ£èsiià tehiDdîgntté. Dans lai^tiféod ébtié^ 
lifeBQeùiA'dafluçnfiifiad» eèt -esprit nouveau -set mftriifeifcaJtiitS^ 
UÙrt^b^iitfoniTormléoiBnl} aux enseigiM»i«nrt)$ apii^tctliqbëè^ 
dtqs^l$u}»ân»èrei d'C^visagei^ et de crakeDîie8peti}mt9es^t/g 
ëlUliîqpifaéiaivaMj'raléguées à unnog inféviewr^) t]if)6t]«^'V^ 
aftaidoonaeSb avec mépris on regarder 4XM9mk'battfri3llëq 
ftônkiiMlilos au citoyen j - . > " . f' - i «b 

cl Jirjiii/;* "1; - >\ i • • . ^ . ./■•■/» 1 

,^\j^^^ue Romani, «wguc Grc^ciJtfsUiiam ^n^^p^tMer^fii,qui9ilVsi 
pares multis gradibus homines habuerunt^ q paujferiàus ad ,fiyi$ii^^ 
ah humilibus ad patentes , a privatis denique usque ' ad rjegum si^bli- 
mïSmncls potestates. Ubi enim non sunt univetsï pares , ceqùitas non 
eiiif^et*^â)ètuiiit inœ^alitas ipêa justitiam , àujùs'vis ontnù ïn èh'es'H 
pf pfire$\ faciat ^90 j q^ ad hujU9 vUœ conâitionMi^at^ sorm w^àe^i^M^J^ 

PfVtJnMiM^y 1. V, C. 1S, t. J, pv.399.. • . ..;. M.,. liAl)^)^ 

^ c Ubi caritas non est y justitia non essepotest.n De serm, domini in 
mont.^.l I, g 43, l. m, p. il, p. 422. . \ , . - il J > 

^uLex libertatis, lex caritafis. ett.i^ August.^ â^oi(n):]g.<iâ,.tiMt, 
p. 457. .■ ' i .,;> .0 ,.c;i»U- 

'/ir .] .11/ J ,Hir » VI/ .1 



mz 


CHAPITRE ,IM. 


il,-:!. S.. . 


CHAPITRE HIJ. 


'iU no'*. 




'jiUirij\- ' ' 


tA FAMILLE. 



'iZ/y- 



§ 1. Les femmes. — Le mariage. ' * ' ' '"' 

GfEi «ébabiKtation de la femme, proclamée en. pftinç^j^^ 
li^d^tres, fut achevée dans rËglise. Au mil'iWi^ }Xffff^^i 
ps^en, ou la femme était abaissée par les lois e|t^YiUç<.n?^ 
9Û$ piTopres mœurs, le christianisme lui tendit )a.p99ia,g9^ 
lapetever d'une dégradation dontlesPères^ue s^^ûuvejistiff)jL 
q»0 po^ la combattre de toute leur énergie- Il ^§iUr^flflj>p 
Imdâf, chercher la cause de celte infériorité dap^ lifigfl!?!^^^. 
Q^r^i^lifite de l'État et dans l'orgueil de rhç^qme.v^iffi^Siit 
folH*a^^^ r^nvisageait quelquefois comme m^cof^^^fffif^c^ 
de la malédiction de la femme après la chutç^ ^onuPK^ MB^^^"/ 
Xvm^i dont Jésus-Christ est vepu détruire |ps ç^^[^J[^]Ç|^tes^ . 
ËP: e?iprimant cette opinion , Chrysoslopie etAugu^i^ijjfljç^ 
pas soâgé à expliquer pourquoi la femme seule^ui^^it éj^^{j 
efc pl^éa, pour expier sa faute, sous la d^pençj^ïfgç^i^g 
qlii avait; péché tout autant qu'elle. Cette fi^^\f^\jm ^^^r 
tÂ$faU «i- l'esprit ni la foi ; hâtons-nous de difjeig^^ ^ jlf?.7 
part dô$« Pères ont élargi sous ce rapport la sp|)prq.()e lef|f;$ 
idifii; Ambroise dit expressément qu'on a. tort. d'accf]ser.)9 
6^ipiiQi«ei!^eule d'avoir été cause de la chule ; si elle est Joo}- 
i4^,^ l'iomme, plus fort qu'elle, n'aurait-il pas dû résister 
6|. ppi^ser^var sa compagne plus faible? La chmi^ 4e l'homme 
.a|^4^tjiaii quelque sorte celle de la femme ; aus§i Diçu ^-t-il 
voulu que ce fut par sa semence k elle que le salut vint dans 
le monde^. , • 

* Chrysost,, Hom. 13 m Eph., §3, t. XI, p. 10p.— Augi^at.p De Genesi 
.i^m^rQmi 1. IX, § 50, l. III, p. II, p. 220, ......' 

{\i((^M\iUer ^pcusationem habet in peccatq, vir non fi(fbet.)y Ambr., 
De institutione virginis y c. 4, §25, t. II, p. 255.— Comp. Gen. lU, 15. 



LA FAMILLE. 203 

C'est à ce point de vue qu'il fallait se placer pour relever 
réellement la femme de âon ancienne infériorité, que d'ail- 
leurs ni Chrysostome ni Augustin n'avaient l'intention de 
maintenir. Jésus-Christ â été le libérateur de l'humanité 
tout entière, dans le royaume de Dieu il n'y a plus de sexe 
préféré; tous les Pères sont unanimes sur ce point; ils en- 
sëîgiVèHt'Wù^ qiiWy à égalité parfaite entre rfcoMfteê èdia 
félU\U%V^li*it^^ot)( formés tous deux de la même podà^i<^l 
â^^vèé h même imiage de Dieu , qu'ils ont k praliquétofesi 
iMêcUéà Tîertiis d'obéissance, de chasteté, de clla^ttl$lpf»'ite 
(iUï'k soutenir le^mê'mes luttes contre les méiM^temn^fi^l 
étqtfîfs ressusciteront un jour pour paraître' dêîv^tfi teQtfbnp 
hifilu' même jugë^, qui les jugera «sans'dvOlt^ad^é^^ml 
f érsbrinés^ )) tèar^ natures sont donc égalèihfefll»HdftiiPJrt$lte9 
ftP'^SailV^i!i'r,'dlt"Augustin, le prouva soi^é^ilIfe'ifiMemviWÏ 
V*dfeai*Ôàïfffe d'une femme 2. " MoiroiLMiimcl ob 

^^ûàï rfe plus inique par conséquent que lès lôîb'pte'étJft«lii| 
âfè'^tthëe^ 'h retenir iès feôlmes dans un ët^ ittKMëbtoaHÏ 
â(Miii'é^,''èn les excluant des droits les plM d^tUf^t^^Bl 
^ê'^ê^brmais la femme élte-méme ne prétexte plo^'^I^rald 
blessiél, quand on liiï demande des vertus diJB8e*teé!:€teE<ê feîp 
blessé' n^est que dan^'^a chair; dans son fimier', ^hf H^àM 
piiissance aussi énergique que dans celle defl^iAntiieiffit 
liiéu lui a donné une douceur qui cède plus ftwilleihenlfidk 
itiipressîons que la volonté virile, il l'a fait ^oÛ!» 'm*éyilïftâ 
disposer a la compassion , a la sympatlrle^ d'snilëtrrlB^, d^^ 
les circonstances qui réclament du courage, ^lë'^Piii^léU 
iiôntrer souvent plus encore que l'homme; quel «èfdtf^étèttftî, 

' ■ » «uj) iilnov 

* Clem. Alex., Pœdag.^ 1. I, c. 4, t. î, p. 103. — Greg. NaiiMOmîll, 
1. 1, p. Î502. — Greg. Nyss., Or, i in verba fac. hom.y l. I, p. 151. 

^Sermo -190, §2, t. V, p. 621 ; '- Sermobi, § 3, f.'Ai^i'^r'^^ ) ' 

3 Augustin, en parlant de la loi'Voconla, dît': <• ./'^wJ /tfj^i? *^èMi VW- 
quius dici aut cogitari possit ignorù.M De civtt. 'Z?rfV'liW, 6;'*^\'^t'.Vn, 

p.' 63.' ■' ■ ' ' -1 '• '. Mvvu . .u\V)Ovi\SÎl5U i'\ 




20* CHAPITRE m. 

^6it^ë(à W^}i6)mimrzhoû avec elle et qui égale ^â-vDiétç^ m 

^^Ties ensérgnemenls durent avojr une influence inainense 
stirKSTCmineft. Tous les sentinaentSi camprjiBé§^cl3jj%lj^jjf 
àttê^TftlBflërlaîurés par l'ordre social apliaue , i>SJ''69y|/>«^fi," 
«èiî^^ê^aftîîhérpar le christianisme^/Lês feipirij^^ 
ttflflïei MMfferènt dès l'origine une clàariié, iine douceur, 
um Tnwelstlé^ que le paganisme n avait jamais connue^ ^ on 
etlfPml^ue'/séntant plus vivemeot encore" que les hommes 
l^M8âfiîif*iïe''f affranchissement spirituel par Jésus-Christ, 
eMë ^tffilïïfelit' témoigner leur reconnaissance X leur Sau- 
vetfF^lî^ôb^dëvouement plus absolu/L Eglise ^ dans 1^ 
ftftHf ^tflîïûetit de la retenue qui sied aux feinmes , mainl€- 
naï?1ePpr^iééple apostolique qu'elles ne doi vont, pas prendre 
^''^àrble^dàns l'assemblée publique dé ûd^èjes*^; mais c^ette 
eîéKr^6d dé la prédication ne les empêcïiaît pas d'exercer 
dliWï%' société une mission conforme à leur carawjièçe.iNous 
véirbtik' plus bas que l'Église ancienne a su leur, a^igneir des 
folfiftrBfak hulh'bles et douces, en harmonie avçç^Jeurs ver- 
tt^lïitur'éîïes ; ' bornons-nous ici à rappeler quei.(^an& les 
t^'JJS'dé persécution, elles étaient des miodèlescîe charité 
e^8ïi%urâgé, qu'elles consolaient les prîsonnj^rSjjpansaient 
leâ'plaies dés torturés, priaient avec les martyrs^ ç|ue, plus 
coéSfàgéïises que dès lions, selon l'expression dejChrjsos- 
tonfié^, elles subîâsaîent elles-mêmes les plus cruels sup- 
plices avec un tranquille héroïsme qui, mieux que tout le 
re'sle, prouve la supériorité de la femme ohrétie^fiç^ sur la 

*0r. 1 inverbafac. hom., t. I, p. -151. ^ , ., 

^TertuII ,De virg. vel.y c. 9, p. 178. — Cj^pPj., r^fwi^ ad^r,,'/^4^y 
1. m, c. 46, p. 318. — Chrysost., Uom. 37 in | Cor,, § 4^ et suiv,^ l. X, 

p-343. ^ . "; ;„,,,.. :. 

3« AsovTOJv ÔspfxoTcpai.» Hom. 29 in Kow., § 2, l. IX, p. 747. 



LA FAMILLE. 205 




gâ8FJ)SV'ïin^ piéieplus vive; tandis que les hçfg^gp j^çj^j^ 
jfiietïiWfSfiimoi} couraient aux jeux du cijjgge ^^^^^g^ 

lâlKuns urie vie consacrée b Jésus-Christ î ChTJ^S/§??Sl%8 
iàBtr^fés^é'ît81''er{* exemple aux hommes • .^llfjf j;(',Çflpij|flf tgglg 
siB^TioA§^^^feiaii-il, en amour du Sauyei}r,|<eflg^s^j(, 
en'^ilotlipâ^^èVon pour les malheureux ^ L'hîstoirjejjijiijiy^ ioÇfiftiJ 
seW'^^è'Wote'àe plusieurs de ces saintes fem^Ç^jîjg^rf'^o 
riypèrtèFiins'que quelques-unes des derniers le^p^jje jjÇqifg 
pîr^^pburlnûonli^èr surtout ïe contraste ^"^rç l^s^^ç^-j^jjf^l 
deïraîgs^ïês p/ùy élevés et les païennes ^Piwlfinaft^ *Hllq 
métties classes. « , Ta jeune , qui avqit^.j^v^gt^qprjjgy 
pff^lfe'^ (fans * fbuteS' lés, parties de l'Empire .^ Ififk/Jflfmft WS^i 
egfr^es^potir les pauvres-, elje se consacra ejle-menMLaïuparicn 
vriré aes^ malheureux , elle parcourut les R^f ^'^flpgs^ijifl^-gl 




emiP^iii^^^^ vèiive de Toxotiu?, cjul^^^^^^^q^n^^^ 
J^îfes^''6i'tbbrà^ la famille des F?l)iu§.^^^ji^ç[ij^^ 
exëmpî^^;^ elfes aîoutêrehl à la renomnp^^e^ide^J^^fy^jg^^j 
uSe'indstfatîori'nouvelle^ plus douce que, jÇfJîlf^,|p|ffgggi'gi^ 
dônV eilès^^déscêndalent. ÎV la même épcviuç. l^,,gi{'j^gQ^e,jj 
Pfàcilîà'Viéitâît les hôpitaux où, de ses prqprp.^ j|^^ip^^|dlg^l 
renilait iàux malades tes services les p'us h^mb)£s^.^^§&^jjij-ç^3 
pératrïcésVûlcherie et Éudoxie n'étaient pap^çniQijijp^dièjlj^Qj 

.,,... i in j'jvfi 29oilq 

^Chrysist:; 'kom. 42 in cap. XVIII Gen , § 7, t. ^^,0.^.^3.^^^^,^ 

H(m. i^iH^ith., % %, t. Xî, p. 100. — August., Sermo 9, \ ^2* l. V, 
2Palladius, Hist. Lausiaca, c. tlO. p. 226. ,, ir « .t*? 

SThéodoret., Hist. eccL, 1. V, c. i9, p. 223. , . . y 



2Q6 ç^m7^^ f"- 

^.àoiH»mbi U.pi^reië de ieiiEs a)fBus$|. |. ,.;,<; ». ii-:! i ir.| 

La réhabilitation de la femme et la subordinalifui^jf)^ jqjbç- 

-d*âf 8 ftf^Mreai «de • l*£tat., où ]e^ b^wmp^ ji^, §Q9itf i è>9^^ ) que 

-f)0pftâ9s^beswi>$temporairesyaux intérêt^ s;pj[rj)p€)|^^df] r^e 

.jd^B^if^iOtt Us le soQl par l'amour et pftqi;j;^t^;qi)té^,p|iVf)â 

^m&éhSi^ jpj^îmiéaxeni les idées&ur le i^firi^gA^^^ ^YHjVi* 

iidi^iipiaYaU assigné 800 vrai caractère, ^,Jf),f;Çj>jf4^^pt 

it6|iii<iQe;44n6'iostitution divine et coi^ith^ up^M<f!]i <l^)|ii^- 

j£é^ grands principes reçurent dans l'Égli$/etimPidé,ve)f^ppç- 

iiBl^iiqui a^menta le contraste profond. entre la civilisjiUvn 

chféjti^nneei celle du paganisme. Selon l<^, Pères ^ l§ima- 

» .ridgei'itii^Qei une seule femma, instUué p^ JQjt^ luÂp^êw^ 

-hu^s(pV oséai le premier coièple, n'est.pas we uniqqipp^a- 

gèfeipiâift iB'Satisfaclâon momentanée 4esi,d^irs ct^/iiq^lsç^u 

> ides jieioiiiside rÉta4 ^ il est une $k$s(M}iafioA PJ«>3 ç^f^q^ejclps 

riiiKs que ides corps , destinée^ gtorifiep Diiei) qt ^(^d^ri^çj^n 

'éflkic|e (tetftevie^^ il est un mjfstère, carile^t.J^,]^gei(de 

• i'jÉnion de Jésus-Christ avec son Ëglise^. Ainsi^pçti^v il 

I >dêfft6nt' une école de vertus et de devoirs ^euiUre ^s $pwx 

ipnuri leur propre éducation , eommepour«ceJIqtdiei:tQiiQ$i en- 

ddtsv à!la vie él^^nelle. Ghai(|ue maison <» ebaqu^,<^ipjlle 

' iijoit âlve nne image ide rÉglise^ car la a.ù deuk:mi .t'VtdgisiHït 

(.iiéuiiifil>»É nom de Jésus-Christ ^ il est prëfieqttfturriiyUeu 

uidiaufi A cause de cette signification plus ba)]lQ;^.d04inée 

par le christianisme au mariage , il reçoit dès les premiers 

iifefnp^jijpi^ sanction de l'Église; béni par le prêtre^ en, pré- 

Msence.de la communauté, il devient un desacie^ rpl^ieux 

. M •■ ,^-.. 
, >' I i . ■ I 

^Athenag., Leg., c. 33. p. 341. — Asleipus, Hom, anlicefit cl>^fiittere 
uxorem, p. 64. . ^^ j» 

.^ /iJ^QIwryso^t., Hom. 42 m Col., §5, t. XI, p. 4(9,,p-lpai^iq], NoI., 
(-poé^w^gfî, |),.J24 et s«îv. / . f . I i \ 

3Clem, Alex.5 Sfrom., 1. II, t. I, p. 502. „j^ , Il ; ^ 



Lk'PkviftlLt. '207 

-leë'p tl^l([y^âë(â^^ V Leâ'itibri^g^ ètMdeèlMffi:, «ictcfi^ifilùit^s 
par l'Église , élaieul presque regardés ecttoinftè tdei^iimiobs 

'JuPlMë^uV^ëtotlëéqueoeeda sens reKgieiudo ottftfi^elu'é- 

'^«Sè^SMJ^e^^liii'fttest rèfldû libre. Le pA^^mm^ii^^bliXfSff^-- 

'^baM't)a^^èëHd liberiéi; il infligeait des peines k eelui^i^vofu- 

^nUt^è^'sdi/strairë àti éevt^ir de fournir à TÉtot de$ levIcitfMfè. 

^ISé'^rïéDânikrtie, en basant le mariage ^ non sur^lsi^tlaiéj^ibn 

^^''sifr'rititérél', maïs sur l'amour \érilffble*,'«ét -dèirtici 

"étant ùry'^èïitiïneni! libre, a dû afl^anchir aussi te ti^HMt. 

^'Oèsr quef lésf droits dé rindividualité sont rec<MMiiQfi»ij'lèi4é9ir 

^de ne pas eobrrslcter les liens du mariage doit étmit^ptdoé, 

tt lie pëùt^'^luk èfne |!mtii comme contraire aui&iiMérÊts^ da 

»Miibtffl<ftfè/><A^ëëiith)uVons-nous de bonne beuKeUe^ielurë- 

'^«ieîië ()«i^^i^fèyèint ée gak>der te célibat ^ ils mità m6u|e)lS[4)- 

''^lit^a'âH^ ^èlflrt^'t^artlcfilière, comme sdcbabtrivéMdtèeoAix 

<^9ë§fiVs dé la «liÈ(it>^l Dâtis le principe, ceftte^ebtimp «^iticin 

^^^hdkhiiiaf^ëi^tldli'^ la liberté chrétienne ; plu6 Uké^ s^uelliées 

''Pérès, tëts'q^'AmbiDise et Augustin, croydttl^qlieilermBTn^e 

' hHc ses i^étis^est un obstacle à la sain télé valtacbèffÀnAfau 

^(5élîb&t^la^l^>ei^rée d'une vertu plus» piurf^itejpi Isiimp- 

' siddtirefitbiiiïi ^4^l^l»er<(y«eie matiagit^eulétnel hon^ilak)- 

' wafrâble, mai^'îlsiiaufifaient voulu qu'on ^ljri«ûiliieo«lirS((i}ne 

si^l'on ne peuVf^s^vivife dan&la c0ntijieiite^i'«Métiic)diiifiVJpâ- 

nëgyriste enthousiaste' de la virginitévaiHHrde/cefpendtat 

."•..'/ liilj Ol 'U]{\ 

' Ugnat, 7Sp'. ad Pdîyc,,c. 5, p. 41. — Clem.'Àlex.; 1^M4%^H\], 
c, H; t. I, p. 291. —TertnlI., Ad uœôrem, I. Wyc.'Sy'^'Al^'^^^^De 
monog,, c. il, p. 531. 
2TerlulI., Depudic, c. 4, p. 557. 

3August., Sêrmo 5i; § 21, t. V, p^. 205. '' -:..'ni!iA • 

*Athenag., Leg,, c. 33, p. 310. » ' •) w^-^ox^ 

«August., De Ôôno conjugali y U Vf, p. 233 et ^W\ -^W^i]^his et 
concup,, 1. I, c. i et suiv., l. X , p. 487. — Ambr:,- t)e'à)fSS«r«^^2, 
§ 72, t. II, p. 205. ' ■' ' ' ^^^"^'' ••^'♦'^ -f"^''-*^ 



208 CHAPITRE III. 

que le mariage ne doit pas être aboli, caf , bîep j^lar^J^v 
à laquelle il compare le célibal, sqit P,^$t|gr^)|i^,i3f^^>^ 
autres étoiles , elle n'empêche pas cdle^ci^dçL^é^nd^^^^i}}^ 
certaine lumière dans le cieP. A côté de Ç^|Ç^}f^i/^tffi^ 
c|tj^ue se perpétue l'idée plus vraie, PlosÀ^/Jej^fc 
mariage ne saurait être un obstacle \ ^J>jé,l^J,jSk»fflîfiIfiW>. 
conséquent il n'est pas moins exceUent (mi^^^û[g^gU4^e^ 
célibat. C'est là surtout l'opinion de Cb/j^^os^i|()i(^-Qpf jg(;2U^ 
esprit tâche fréquemment de prouver q^ i]^^fiQJ|fyréf^f|J 
mariage, loin d'être un empêchement^ à la.{)e£(epjl^^.j^, 
pour les époux chrétiens un moyen de s'aicjef fl^u||i^lein§|it. 
à avancer dans la vie spirituelle; les.soif^s^^c^^^|((jj,|e§g I0 
gouvernement de la maison , réducatiqp ^c^ ^Q)^^»^^^^ WS^'^' 
no{)les Revoirs; comme tels, et s'ils. &o^^|>^ l^Bf^'jftwïi)?! 

^?^^^%^ }^j^^^' ^^^^^^^^ ^ d^»»^^^ iç.^$^Wîte êjpmm 

P.'!?? ¥^f^^^^ '^^ habitants de maint ujoi^fjfÇi^jIl^ftrByaJ^,. 
^.?r?Pr.^"'"" ^^^ époux demandait à^^,^^^6y§HHfti 
P.ii?''i?hi^?P^''^'^ vie ascétique ; Chrj^^ps^om^^f^^rgsssfe^^ 
\nP.tte^^ ^'"^^ Piélé irréfléchi^, q41Ç^^.iç45^^J/B%l 
aDStinpces ne servent à rien, si ie,)^ejQ ^^ç^ V(?!^W^r.(P^ 
roinpa^j c'est d'ailleurs exposer \^^^^^^^}f^%\'ji(^fS^^^, 
ne se sent pas de yj)C3tion pour l'ascélji^fl^e^r^l'flfygnj^lf/çjfi. 
mari et la femmé^^^t si sainte qu'elle cj:^e ee^reJ3^l^;l^;^ft)Sft^.^ 
lidaiité, une responsabilité réciproque,. qui 1^& .^p^jjge. J^j^e: 
garder la fidélité la plus inviolable^ ^ ^ ,, , .^^^p .^ 

Dans cei^e qnion libre et intime du marjage pb{*4[^gn))i)a 

^Convivium decem virginum, or. 2 ; dans Combefis., Bibl. grœc, PP. 
aUCtaHûm 4iof3iss.\ t. ï, p. li et suiv. . i » ; . ï v 

^CWj^^i.lÈSht. i in Bom. XVI, 3, t. Ht, pi iîHj — (îre^; Kax., 

or. H, 1. 1, p. 180. ^ _,.,.< ^,^' L r. V. 

'*Ti'PrVi>bcEpSc(ç t9)<; vv)(îT£iaç xai Ttjç èyxpaTeiàçjlaYocTnjçôie^frjY/Aéyrj;; 
o^^y9Vbm\ f9 in Cir., § t , t. X, p. lèO. '"'' ' " ^ ^ ' ". .' 

*Augusl., Deconj. adult, 1. I, c. 1, t. VJ, p.^2,8^. ^^^^^ , . , 



i^ 



m FAMILLE. 209 

fettfik^aVilii^i»^ ati premier coup d^œil, qq^^j^IU^^^^ 
iSkf^S6ïikSi^ -anaTogoe à celle que lui assîgnaFt fà ^soi^leie 
païëirtë*>^tt esf vrai , les Pères répèlent avec ÎIÊct^ùi^^^ 
Kfifatè idtel^cfen et du Nouveau Testament, queia%min^' 
«à^yWiiilRë%i^\nâri b cause de sa faiblesse; mais c^eii' W 
sWIfaMKotr IHyt^, car Tépouse est égale à Tépoux j^Wll^ 
fSirif%i!^àtië1ràiïg qù'e!Ie occupe dans l'union conju^ile^ sV 
i^MiHesâH'îÎ!', c'€St dans le sens chrétien du mot, en ra|î? 
dlWt^.^lBfië dtilt'étre pour lui comme une sœur, placée a'scin^ 
é^â^d flàéè U mémêf condition que l'Église vîs-à-vîs dp son" 
(?Hëf".*EHè^nrè terme pas avec son mari deux êtres sépara,', 
ifij ne i^ètféttènt ensemble qu'une seule personne,^ (^ontie** 
rilkri'iéft<&^îéte*/Ce n'est plus 1^ l'esclavage antique' de lif 
ftbiiifë'(!ë){@ iSt tâém, elle est Tégale du mari en ^ignil^f 
tdy«%D%'fê66htta(te^n( pour le chef de la maison e\^ei% 
fMilflft^è ëiViliïtllifisi!ûe li^a pas pu proclamer une' émanci|- 
pfifiM'^fl^^a féliiiôtefi cibmme la pratiquaient les damés ro-^ 
lâ'élHëi? âef fë^â^è'à^eâée , ou comme l'enseigne le sôciaïïsme 
ièiSâë?fiiè\^àn^*lsiï merveilleuse intelligence des besoins «ej 
lii^Mifê'éVéet^ vie , il laisse subsister deux ddm^2uines^|ui 
s^^^a'H^nC entré les deux époux, de manière h réclamer' 
téftfe^»!ifetîVité soit du mari soit de la femme. La vie'tfu-* 
lâiiiS^'éèil'douWe , tour h tour publique ou privée; lÔfieiî a" 
m&rqfié'k chaque sexe ses limites d'où nul ne sort iihpun^- 
nSênfifHhortimé otl la femme ne quittent leur sphère respec- 
tive que pour blesser aussitôt la conscience unîversèlte du^ 
gëbrd' humain. A l'homme reviennent, selon les t^res ,** les 

Uugust., Quœsi, in Gen., 1. l, quœstio 453, t. III, PrJJl,)Jp«3A4»tTOî) 
Chiy^t., Hom. 26 1> 4 Cor.^ % 2, t. X, p. 229. — HiçfWi.^ (ÏWWWD*» 
2Vf.;c.2,t.III,p.427. . . .. i.iK 10 

«Hermas, 1. I, vis. 2, c. 2 et 3, p. 77. — Paul, Nol,^ ©°»W^' 
▼. '167 el suiv., p. 128. — Âsterius, Hom, an lieeaf dim^teretuDorefn^^ 
p. 64. " ' ' \^^' ,.»,..„/ 1 ' 

3Chrysost., Hom. 12 inVoL, § 5, t. XI, p. 419. ' * """ 

U 



210 dHAl4Ti%4ll. 

BeaitiPéës^, -nfi'àâinidi^lrer la^dotoi^im^ç iiiQklkQliefîaMrii»^]* 

IStl^sf^ld^estîqdês , gouverDèr^so^ ^tn^iagecetD; »|iititeiB> 
tW9re^,' siirveiRer les serviteurs et^élen/^ei^tepiéiiftiûtsqimbqqniB 
-sÀj^ë Ësbtôeaiion spéciale; Dieu n'u' pasodbrniéndiitfàiyi) 
^éiil, 'il W sagement partagée Ce$l'âiDsi^>^Jè'4'^époÛs^^toîn 
V^éire là serrante du mari , est sa co^pa^di^^iaids^ielte 
est, ^ëldti'Tà belle idée des Pèresy-Bo^^aÂHiiitéibedC^dJ»- 
pê^sàblè/^e n'est que par elle q^'^ d0v)eiitt l«f|ii>ice>l}uiil 
éÔil^'ëlW ièonformément aux inieniidfts^dk i)|eu<!^:iC?d8Éita 
téttikte qbi ^nsole le mari et qtfî hi^'ndtié le cdora^ edde 
'<jJifmèVVien, dit encore Chrysosiki^mé,-^l«iiiâë?fiii^tû«iièM 
Mm^rThommé qu'une femme pièéM ebm^'^^iUm^é ^Sfe 
"Ifèiaaconp dThommes violents, ^flfrsrv*pa«fei0dnésf)uaat^l^ 
'auïenés 'a des sentiments plus ^oit ^r't^'ïnfluéiïèe.d'eilêiiifi 
'é^èusés'.Rectonaissani combim^k^ei&tàe est .ph»Jpqr^ 
^ttéVhùmmeUh pitié et h la c(Mipe(^^tl V'tèrsflèreg^1lri^»»- 
^ii^nënt , ontpè i^s soins de rîfHériedt^j' dne ini$i9loiis soèéé- 
ttdt^ ;^ H^ tie-rëftl^ent pas d'ag^ffnOtf» l%^phèrë^éel^tiifetii«iië, 
itï^Èf eenf^t pas p<)Ur la mêler 'a^àx''lutie$des^'Ii«knaaés»u 
pom Fïi'ppèler^a Aès occupations cdritl^airès au gécrie^ënsmi 
«eite;'d*ést^^()ui» Isl charger d'une oédvi*e de eonsetaftniiff'et^^ 
■éSfà¥Il8>,'(iu soin 4ês pbuvres, de lattoife desimtetedefifjaiu 
^^bûbgéttiênt des affligés*. L'épmiâe êbi^iennei/Hette^qoeila 

«Clem. Rom.,rp: i ad Cor., c. i, p. 14»?. »u. i^\ém:\^m}^Pêâà^,, 
L III, c. H , l. l, p. 288. — Ambr., De paradiso, c. 11 , S 50, l. ï, 
p. 167, — Chrysost., QuaUs ducendip fini uxor)B8^ l. U\\ p. an. 
.,, 2Chrjsost., i.c; — Sermo in Gen., ^ 1, l." iV, p. 6^. '^^Âfnbr., 

''yê«:i;w';c. 3/322, i. n, p.m, -^ ^ -----^ 



jrfepféseçfciB* M Pèrw^ mode$te,:pi«usevfvj»nfti>l€ifo§Mafë- 
^4sml!i|Hue!rK'9)i| b»ipba£e& d» pagapisme^ n^ iQmH^AS? 
-iwâniieiiÉi^insdvQQ v^^ ^^ lie» d'admettr^idd^rfl^i^i^sjfiy 
dmihifiliftriiil^elteji'dccord^îi rhospiulHé qn'^ j^s^^y^gy^ 

faâ9ailiip»*^crsDQ^iignâr(^'une troupe d'esclave&idj^^^l]^ 
«ttppdmpctfaifiicir^iie!^» au bain , mais elle se,nQD(js|i^jgf^ 
mrfeJrif^fiÀfivQite^i a lléglise ou dans la demeura j^^'ug v^ 
(geftt^j>iOQBi|iiMai(f^G raison de dire^qu'elle form ^ n^u^il^ 
£dta^0isolidi»aQ^nmarî et la joie de ^a famille, qu^t^y^^ie^i^^qy 
-«rfciiîiofc^iiHiteffhosd admirable^. Qu'on npVf V^r^ç^ 4^ 
lj()qier)leripfrtmil qtf'ea iait un écrivain de la (yi # AWftTé^ 
diàebé.vr^Yêq(le Astâpiustd'Amasée: aËtletOS^.dw 9i^)|g|^, 
'ibte «sottr«'^ 40<l(a*de dan? tes épreuves da h Mip;ofl!Aft4P 
}»^iiejfeqsdft iftaladieyeHe t« soolagedans t'afflifi^io^àifil? 
H88jkKfifi)gflsg{içdyî^deta«<foyer5 le déposîtaicfr ^ie^i^cp^l^. 
aaieiftoufrrtfd^ftwêfies maux que toi^'eUeiafrît4^§(f9i^gjfp 
^Wkifb. »ElteiDO«$er.ve ta «ichesse, si lu en po^ftè^^hltoyï 
nàS'ipqmutei, J9He sait même tirer parti des.]^yff}fat|î^j^§- 
«»iflffe8<)iétte résiste avec habileté et courage ^ ^SfiàW^%%^' 
-6bàwa»>IioÂ^oiVunit à toi, elle sHppoFVl^Jl^^îM§a^^- 
.ë£i»lilde rédufeatîon de^enranis. Si t^ ff(i^n9il9flP^%ffH)A^ 
utaefa8Siééco«imgé, tes faim amjs^ doni,|raffi^c)iaE^fVai)i^i^ 
ritanl^lea vicissitud^Mu 3ort, disparaissent;, t4Qi§^#^%|)^- 
'>bîiodoniKlnt<.£kutey la femo^ reste, ç,omm^i\f^*fpf^^fA'ôiP 
(itorpsFiofakdev» comme la servaate^di^s «i^ii^,^%p^(^fllfl^t 
fiflesipoitlaiqn'il'réolaRie. C'est elle qi^i e^Q^^i^^l^jf^g^i 
panse ses plaies lorsqu'il a été maltraité; c'est elle enfin qui 
.JJaBftftnpil^gePI^-lOWsqw'Hi^stîC^^duil (yi çaplji^^yté.f^Y, ^^^^^^ 

^\ J AYc. * , ft ) .w^v^.•'. : ' . • / ' «i I J Yt o lïl A 

..SdMif' 8> h^i *l^,-l 9i«'?»V ,?P;54vSl.-P-.2^9^ , «I 

c. ii, t. I, p. 293. ^^T^t,^),;:^^ yr., ^^Çh^'^'v^^^^^^^ 



14. 



212 GHAPITRB m. 

«të^, dl^qftfÀëllë'iclépendetit le:cdnt«tt«ii«rcfmngi0l6tifiaItoMi 
sd'Hlta^'ia^l^/iIfe veulent qtie lè'^èii<^s;itidi<$*i$è(»f«a&aqii^ 
flâë â^iedâe^Meilon. Avant toaf v ébium^leotnàvlagel^lfrëi 
iMi^%f^ttne=^Utito^ des àirnes, ajfant'p^up (i^|^l/iafiQ)iato<]i(^ 
syi^CbKéi avéerÉgIfêé, il fauiq^ll jf^n o(»pmÉMÉiér>dd 
sëfifllMebt'sur 'ce qu'il y a de plus essefitiël ysii» h^ flài;.^Oa 
éé'ji^tfèitça âo^e eorftreles mariages miïi^edtirb ebvdtiieaii 
ët^feu^v^of) commença par rendre â^Uetitif^abrjins^oâfwét 
û^eikè ^(H^ devaient résulter iiëcessaireméiH: d'hÉibQS^^de^oe 
genre , où le mari païen empêchait son épouse cWrëtletliié 
dëPsé^Wt^i^^Sk^ëes prières et de tioivre IK^ iéb^i^aiîopSildé sa 
eliâi^të^. "Oâ 'nëi^arda pas à lesin&grdhrèvVefiUuJIlieûuifëjàiles 
rëtfi^'tà (x)iAm« illégitimes ^ ^' ptèsitard^ iie^Rèftaf ilreiA W8> 
Wimes à'tes condamner, et les oonollès^eomaiiuqîèvpnldes 
(ràretlt^ qui' y èbnsentaient^ ToiJ^{b(bi0,^*t*xt0dedeti]àépQifi( 
p^èm dérren^l chrétien , lu niàriafe ne dèvaki;^^ éli^ 
rompd^ît^^^l ètresanctifiéaaieontrairé pardesJeffi»(s$li 
la pai^tie dijrdrïènfie pMr amener <aa SaiitetiD^lp.qU9rûCail 
eiïcôi'e'dans Vfdolàtiie^. A la feinme eonrTértiepofï^'ftiGQfiiif 
mandait tf%l^r0'â%ulallt plus 4ouee, plus bumbièi, fdbsslime 
de la pal^v'qtt'eile àftait plus à eraindre des «m^rtemeùls 
de'sOn ffijaripaieo^. « i r . .^ 

UdlpaYlAa Tou avôpwTcivou piou xecpaXatov.» Asterius, /. c , p. 62. 
* îTèrtulir, Àdux., I.'Il, c' 4 et 6, p. 468. HO. '^ ^■' ^- ' 

30. c.j c. 3, p. 168; — De coronà , c. 13, p. 409; — De Miinô^r.., 
'c.ïï;p.''B3l ■ ''-''"»•■ 

*Cypr., Testim, adv. Jud., 1. lïl, c' 62, p. 323. — Atnbf.J Ekp:'E^. 
Luc, 1. VIII. § 2, l. ï, p. U10, elc^ — Concile 'd'Eleir)^, d^'; dtfB*. 45; 
dMWM, 314^ can.HI ; Mansi, t. Il, p. "8 éi 472.'^ ' ^niii . ......y 

S'^lrW.'/'Uei! tij?., 1. 11^ c. 7, p. hl. -^U'ugtîPèl^,'î>e<^/l^î^l'^(*i/^, 



LA FAmiLLB. 213 

AfirpB^ViohDsf oaé[«c0fnme première fH;M(Hl^k)M'(M%în)êr;Î9g6 
heo'n^^l^'moifmHii^ula de foi, on âjanidUfenqQr^^^'Ailtefi^ 
€An$bite^t/einpp^iii$ (|ô,sag69sa et de çbarjté())^;%9q^^Qf^yi^ 
iMHrtl^àiliilmgueiirvfiQua dispenser deJe8iJii^p)Â9AP%I> s^l^ 
8^fipdofi]^eiitp08'UDe différence de plus m\verVi^jsfitfffhf§p 
ilaiti$lDqeliiiide)ilaf If iivilisalioD païenne. Il fwut.çf^pff^^gf) 
é|t)iite(&atorég&itli h la beauté ou aux r\ck^$^^^fitk;^fi,f^^ 
eheUfàMà ftmtMei que les vertus et la grâce d*up JM^ni nu^y? 
n<)*9à»cet ^el, il convient<le s'informer de sa /cof^^j^^p^u.- 
kééiamà4 d^fldamnière surtout dont elle a reiqpli^^y^j^|S^$ 
f^nisi le» devoirs de la pîété filiale^^ une Jeuqj$;f]|U},s;ïg^ ei 
f»eiis9^.diAiCbr{is^t<»ine, est plus précieuse (^f, i^ ^çi^.à^ 
tetorrtrfdi .v-fc; . m • m •)[ no . '.rn • , 

r,^ Mi^4^ïimi(pik m disait de ne preDdra^pqurp^uj^^qm^ 
e$iuâi')(|)Uô9lÉliiiiteffUevaJt son père^^ c'était. uu^^rf^ de l'an- 
dmdroîliftatertlel^! cependant on le mitigée 4Mi»i<recw.04i^r 
8ahi(iqiriï(ii|ionit> que l'union soit heureuse, U,&ut,quQ«,^ 
ittUfl|èftU6l»iibci:celi»J qui la recherche, qu'elle m Tépo^^ 
ftiA m04g0é\etfe^; Augustin veut même qu'arrivée à VS^^ 
ifc difidi^tion ^>.qlle ait le droit de se choisir ^on époux ^e^^r 
lÏBâèrie^c '{Ibogoèa immense sur les mœwrstantiq^iies. Ëufin^ 
fOHr'reâserrer davantage les liens de l'amour daqs W Jar 
inilfeifiJb^PàdcB demandaient que le mariage etUre pi^rfiivH^ 
lùteiiilsrdit, mi du moms qu'on augmentât' le oombr^^e^ cfl^ 
d'empêchement pour cause de parenté iii;é$ parla loi çqr 



^ iGratia bonœ indoHs^n Ambr. , De Abr.^ l-.l,.c. 9, § 85,,jtf I, 

«Clem. Alex., Strom., t IV, c. 20, t. I, p. 621. — Chrysost.. Qffles 
dw:ei^4af sim^fpores, t. iïl^ p. 211 etsuiv. ^ / )* 

,j3(;;j^,ysQ^^ .^W^fi W^pA., s 8, t. XI, p. J5^. . , î:I/T, ,,,a 

^Nauroachius, in Gnam^^ p. .422. , ^ .1 k-w 

; ^^^.f;^ff^.,^^.^,§tT^^:, .V. ïl, c, 23, 1. IV, c. 20, l.J,"pi;,S*0^inS^ 

6 « ...i^^|f:|pa(ffM|l .1)"^^ <^ •édem œtate f^frit^ u(^^jure ïifenliorej 
êibi ipsaeligat quod velit.» AugueV^, ep. ?;5^,.t.^Ij p^,6^8. 5^^,^"^^. 



214 CHAPITRE iii 

màîne*."Ce n'était pas \\k uné'eHirà^è'bfliiliBd^^^^ 
au Wipetldii christianisme pour leé"drôibWf ilfdîVidtfiin^ 
à^SBëllie;' c'àait une conséquence 'MaibyèAe' flU ptitié\pe 
â'amSfir^ on voulait que la famille, qiii ihÀpiêiëtdy'ëiï Pïhïue 
sorté'f ë^li^è âe Dieu et qui, dans h S(^ëië(ë'p^tétint!;'^i^Mlf 
perdu son importance par le relâchëm'élit tlWlîeiK'igS'plus 
sslW; fji't unie plus intimement pir'iïSïé é^àûiê p'M^èe 
toûVcfâsir personnel. Ambroise a voulu 'hlt^lift-JflftfWfifei.' 
menthes prohibitions à une loi divine ex{)V^kN('^oîlffcite 
c?élle-cî soit muette à cet égard ^ elles n'6n^btflî1^yér^Ai6îôè 
conformes à la nature spirituelle du roya'ùtnétié'ï^etiV' ''^"' ) 
^'ï^'unïori conclue, TÉglise, contra?rement1àti|ih^s(l!i^ë', 
n^liàposair seulement des devoir^' li'U'miSëYHStkm 
prèscriviait aussi au mari ; que l'épouse, dfsâtW^llr,'WrebHë 
ajmibte par sa chasteté, par la d6uceu^''dïi^*Seâ^tiffitfftP,'^îk8? 
la ^slnipVJcité dé son caractère, par sa chMc^îVgft^mi 
Bat^ia'souiiiissiôn à celui auquel ènfe'é'gst'^feKMftsflWHftlft 
doilîl'ée'clevatit Dieu; qu^elle le vénéré et Aë'éemSS^t^lim 
qul'lui*. tJn poëte chrétien du quàti^ème Mlè'WimM^iii 
conseils à' une jeune fille dans desvdrs ^lemâë^m^m^ 
àfctèsse*; D'un tautre côté, les iPëre^ UehiSttagtfP^** 
marrypecte sa femme, qu'il Tentoiire tfé^^gi'iéSn^^'^Sl 
(raue avec douceur et bonté celle qdî est là'icottjia^iKpW?^ 

vie,"fa mèrède ses enfants^; qu'il l'arme plùfe'cjliéké^ ^tf^^i^ 

hi-n: 1- =....• -j . / . ,.. ,. .; / j, ^ iMi'ifjnïf 

«Ppîeo, t. II,p. 1017. 1 i.« n ... .n£Mi 

'"^August.,7. c, noie î. " ' » "* " '^ '*' > HiiVi. 

*Clera. Rom., Ep, 4 ad Cor., c. 21, p. 164. — Constit. apost., l I, 
c.^8W9,i. VI,x. 29, pi 209. 360. . v -'^ v^^ . ■• >>,\i » 

^Naumachius, in Gnom,, p. 122 et s«iv.^— Ce pk^è,fpeilt£odlMl))'^^est 
d'une époque incertaine. Erasme, Scaligfef; Vdss'rtd^ut^l^ne^tfewWt^as 
^(^u^I iie ^àît'èftrélîài. Cest aussi Popin}on'<ife M. Sbb«»<, '^^isiMitititt, 
grecque, 2« éd., t. VI, p. 76. ^'i^î \ ,^!^ 

^Aslerius, Hom. an liceat dimittétë vktfohehj'^r^. »"^^toxn vr 



^m ffl^^fem^liy^ {E^«^ip.fi'?f4.« >.f.^a8§iilf .'iSB^is'ft 

4iTêiè#f«te5 É"W ï^f°^^- C'est p<Mir,pf4^g MMMÎ 
p\i>shws^^iPSfmf&iW^^ sont pronop^çpi g^ftlf^Jgg 




marier, s'il venait a mourir avant elle; cependant il avait 
ajouté que, si elle ne s'en sentait pas la force , un second 
mariase n'était pas contraire à là foi'de'Di^u'^? tl^tt(fK|(fâion 
avait ete celle des apôtres ; elle se basai|t sur 1 la^e guè^q^ns 

,1 .1 ,.Uoqn .\iV.M<>> - ' ! . > .jA ..rnofl .fljoD» 

« Ignat., Ad Polyc, c. S, p. 4J. -. Cfinit, ap^st^i l.,I,ii^,?,(p,^83^ 

aB(fA*J»«Wg8fl*«ko#fc??»,<Bv3i1.. , ^ , , .....imnioupoqàsnn'b 

suiv., p. 519. .,r () ,17 .J ,.by »S , auçoOTVï 



216 CHAPITRE III. 

le moade céleste Famour p^rf^^^^jjçg^ J}lHlrfftf!?!/4par fa 
difiTérèncè (Ks sexes, conforméroe^lj^^îfylijïîfl^clft 
Christ: « Aj^rèsla résurrçcliop>,[p%§|9pijï#giP^ 
"âfe fetfimes, ni les femmes dQ,ipgpa)^5s|}i|^[fy8efB©h<lOltop<î 
'les aDgesdeDieu dans le ciel (jiiIalt.^g^B^}f»t^îrtJtfïd<M5- 
^Iriûe plus indulgente, profes^^ip d^àjpa%ggrs8|fe(Çt^affï(îl^ 
'ment d'Alexandrie*, qui finit paf.pr^^j^r^Ifll^JiRjJilfe^ 
conseillait au V veiifs et aux van ve$j(^ 9$ Q^tft^IMP^i 
a ces dernières , on les rendait a^gff^ljj^6^i^L4i|B§0^^iii^ 
k^parables d'un second maria^ç., pt.^p^tagl^ftrfQlUàlÉr- 
^Cation d'enfants de deux mèr^;$ di^^i^^j|^f^^(,g^lp,^^§gu>li^^ 
'mrs que Tépoux garde de la fe«\pj^ft q/fc i^^^r^^^^ qm 
^péévent troubler la sérénité de ^^fliçp^|f)fty^jg^oA^§^JVlWî^ 
•*et surtout Chrysostome traitç;il^^,Çj§uî^t^gt{j^|aB^(J§«/îtel- 
^fiïè* que de^ (iélicatesse^. Toutçfpjs jU^^i^ij^ieg jjii^^^ 
^ui (lonDent la préférence à jUjn.yjÇiffy^gQîyglggtaflg^àijI^i^Pr 
(Pamnent ïes secondes noce^,î,iljij|^ l§^5|f|9g{y^nj[t*îlP(Aîte*- 
"llues par la loi de Dieu, et^|(çç^^^}j^j;^gf^u^ 
^^'f T'P.^.^ pécher que dejS'^,fiï\g^(^,j[^9gjj^}<)B^^ 
''(JfôWeni être coiiseillées,: ^elop^ ^vç|lp^^^^x^^\^JffG Î9IHM# 
ïicîie /exposée à'railie séd»|C^9pSj^j^ji^.^fj^ f^^^rm^^^ 
^nje|\! jias sûre d^eîje-in^m^^^ ,€^ir3«ft^fi???pipWï«gfl#sfcflr^ 
je^able'a iinevie d^^^^^^ ^Oftçf^j^îA (»î YBO^ 

soiinietienllejs veufs^qui se fjeparipfltj^^jJeftjp^ii^MfflcIî^iWt 
porâires, mais 'ai^ moins il3 pe les excojmn{fcuqi^ip9ft^»|tdil 

c. |2, 1. 1, p. 548.^^^ -^ ^- • ■ ■' '"'*'' ' '^^ f)^ ; )«r ' 

^/iCÉrysost.; Hpm. de vidui^ , i, lll, j^. ^^^Ç^fS A^^Ki /^f 'tH^i^* 

y. éi'^%m,ic. a, §'6!j; c. 15, § ss, t. n; p. -iss. 203. 2«o. — 

Âugust., De ôono viduitatis, c. 4 , t. VI, p. 273. — Hieron., ep. 54, 

^^Mlférolî.; ep. "tÔ, t. i, p. 507. ^^ . ,. ^i \ Il 

*Conc. de Néocé^rée, 315^ can. ^^ ti^ L2i0^\cé^y^4^j^,^icfc%, 4.ii,)!!piisi, 

\-.. "'.§i '.r*. ?^*-0S .n%''V,fP- ^^^î^l'' ''''.f.'.»'"' ^'^'^'^ - >^> 



LA FAMILLE. 217 

^ liaî'ttiêWe^tÉnfftf^îtréetl^ la sainieie dti manage quejiia- 
^ipitiotiittttè^aivtifaS'téléb^'afe faire ressorlir, pfeideala doç- 
wtoeJttés^^hFfeliéb^ siiflll divorce , si (réquei/l el^i facile 
idâhi^tt'^a^Mi^k^è. L^è^lise condamnait sans r^aerve. ces 
ii4èp«^lîdiib^Wië^ëâtï^è^'Jionl la sociélo païenne offnut tant 
JBfcï^e^i'Biîltedtfl^xtîiétoplns^, Une stiparatiou n'tStaa ail- 
Hnise^^tfôi^t*ki# èattsèld^dalière. En prescrivant la chasteté 
-dttèsilè^l^gé, ét'^ faisant de la fidélité récjpç^oij^ue^pn 
^^dè¥^^'€^njûgaiik^ les pins saints , les Pères rappelaient 
m bléMi^'^tlMpS àù liioâde que l'adultère est^ùne dés plus 



•Jgr^^èSï^olâlfetisde'lk'lbideDieu. Les conciles fiy[jfiiiit>ut 

-toè-^obj^SBlè^ d^bne^excom m u iiica tî on dont il^ pe pou va îif p^t 

^î^àWf^^'Sift^iprès'ttbé 'longue pénitence*/ i^por^^ 

^të>gëhéWFf ëéfi^étàSt'ïâ que renaeltreen vigueur ]fa rénr*^- 

iltt^^tfébïfâdaltèîîré était l'objet dans la société pajenlf^e 

^lé^éftiéVinâts oA'é&ilque dans cette société on adinetta^t 

^b^eiëèptlotis pour le ciotomerce des hommes avèç^ cerUiincs 

^MIKët;' (iés éteeptidtis ; IVËglise ne pouvait pas les laiî>ser 

^déi»âf6tèr.^€)ô<iirâiréméiiC aux mœurs et w^ lois [jaieunes, 

ta pamn efiWVIu i*èèpeçi chrétien pour la femme réliabili- 

lë©,* èe ti'estplà.^ la fenime seulemeûl! qu^on croit capable 

és ebn^tniattre on adultère; les docteurs de I Eglise com- 

battent tiVement rorgueî! païen qui voulait que la femme 

seule pût en être accusée, tandis que le mari se prétendait 

libre. Q^ésiMrniaisf le mari infidèle est toutf'âli^sPcèu^61i^ue 

réponse qui viole ses devoirs ; il est même ptuâ blân|^ple 

q«k^elte; car^'iPfk'a pas comme elle rexcu$ed^|ia|â^€^s€^ i) 



le, carirn a pas comme eue rexcuseaeja jr '^' " 

II s ■ . '■ 1 '^«OiS 

' .les .q .1 i 

*August., De hœres.^ c. 28, t. VIII, p. 85 — Pe ^tV, D^^^^q^yi, 

c. 34, t. VII, p. 338. ' . //.b.o..,3* 

•'«^^fencf. é^lTilre**305, canon8; Mansi, t. II, p^. 7. , ,^. ^^^, , p , 
3iô., can. %ï'r&è\ - Cônî. d'Ancyre, 315, can. 20, '//c, p. 1^.519. 



218 :<îttA»lTR^in. 

f^ékrnihMbAOibp^ tes P^r)^^M<}^«^«@ni;zSB§%pièb-yinM 

éntiK U cowfriMwrel. la femme pfQmi§^[ lèSWàtfmy^yk 

çtil^àiilaqiiâHmoo&'aciaeJiait eom«^ic^^t)M«^^ SH ^MMA» 
Miiif9'ifMBdi6^ji$Qk>ii Ai%U8tiQ, daqs k^i^^miim4m%mfyi 
loëesl^ otoleiifoninerce av^adtB ^s^ji^iil^im^^j^Q^ei; 
Mifi^aghillidleRi. Jérôme AilhmstyAï : ^ibr^l/p»;^^^»» 
i(AVi:aasi9ésfii|ieifceHes de Jé^us^hrtall^jQft qi^jM^oiA^H 
filDÎim)(|Ëâèie de ise <pi'»ea8di^i<!l)tiri9rCteft}«^ <ww > W0 

k}nssndeipii«popr vJol.at(pc«^ 

a9eeJ(£àqesblai»ffioti dans k li^pmmhAtmm^'^hifi^bi^édflSt 
dé^bndi^tg)aB»deite Yotoolé dek'iiHliyîâufqtf^l^iglQe «#ip ^ 
la position de la persoôneâvieo^lai^u^ U^i^frJ'^Skaai^^ 
aDoooBÀlaiffa^>û6 quk nielt^p^si, pdvmfa<^Rintei|jMfi$(¥)i^«9U^st 
fhsdnaapdni8Danxhoitoi0»^,)^ i < i. « l'o . :?/jv]^ gob glid^f. 
-Iayâl]idlàm,'i0tapl ido{faf44il«9 v^timiàf^Mi^àé^ SSI^I 

générale des Pères, celle-ci ne devait pas être absolue , c'est- 
à-dire au'elle.ne devait pas aller jusqu'au divorce. Il n'y a eu 
que des Voix isolées en laveur du.divorçe.a^res adujtere. 
Ë(]ÂpJ^.Qi^ii9ûutieiit qu§ répp«$eMnoç^bl^, ;i;^flVQj[^^,^j^ 
cause par son mari, ou forcée de le qiB|ter parfiâicpi'fil JHÂtfi^ 

^Ep. 77, ann. 399, l. I, p. 451>i.; ^ .t i /j .<:(!g o«,,^?. j^„., /. ^. 



ë}é<è|«A0ilifÉféV'ë^Vè«()^ la gr«fM ««fifiàlgi^ 

mifiS^W^iê^2liûihA^iAén^^^ celte «KâtiftéBfu^ètocofc^ 
mmê^fm^ tmtmmi ma^'m tm pé«hëi^ow té «im 

a^av^l^^A%^%(rà ëpobse inâdèk, i»<sbfii^9ifaa<yfeçlM« 

tiiSbliJP^NitofiPtePpIto fur : ia salntËtëiliBqKirttigiisaivfDl 
p^rB«$fei4tlérf^Qs9ii*4U()k90iobtK sî ah aléffiiipaiaiaiii 
4i§Mff^ Û^^m2iif^'mpm^ssi faute par là isëpaonâioM ^dai^ 
ëetl^^^éttfitq^ky^^géb que^coQlme temporamgiohrBiiiiipl 
Mf^i^pcle^^niârûAâ^eidilpable, et au rdutait^iâika^sHndfil 
Hbdtt^ePie^â^iifisIliîei^avee ïà partie offeosBée^JadpâiîteBte 
^4i%ff ei^Ib>]p%rtlOnî^âe rMire dev^tietit â4rafl€»giglî^d^ 
«tMMBMla^bir&^éctiim et de fidéHté. «< i ^ <1) ooiiigoq al 
^^^^«oo^te^ëiInlifoâtiôreQt pqr leurs -iféoiBkaHfiléaoooafi 
seiis des Pères; celui d'Elvire/ dédiai escsniiqnmagdf 
féûlâè ^«i',''iàpyès a1fdi^ quittésôn màr} pdùr.eaélbjHÈàdul- 
Wéë\^éi ëpotiiMt u& autre; elle ne devait i#eeeUiiiisboieiii^ 
"jéïo'o f •».«'?, ,m1{; . . . • -1 - ,;-;riy*l ^lib slfiiànèg 

1 Epiph., 4dv. Hœr., 1. 11, t. I, hœr. 59, § 45 et l/lfirt. l^*fexpoitf. 

j^^l ihiUàmj^^i '4y§âfi, pi 6â7. i mai no^ ifiq agufirj 

3 L. II, mand. 4, c. 1, p. 87. 
^^^^^Gfttti^y^r., sWWn.j l.ilI,'o,^, 1. 1, p. 607^/^fertwill.,ci>w*wdai?., 
</r«f%l^p.-^8e.^iii-e^i^I^W<M^m/^JfeiflA.^'i^Xl^^^ 

— Lactent., Dtu. t>wftï., 1. VI, c, 23, t. i;i^*<COÏ..i-r^«|fi)lS*zâ 

— August., Scrmo 392, § 2, t. V, p. i<^. j ^ » 008 mub TV .q?!'' 



220 enAPrriVE/iai. 

soinUoé tftt^kute'ci^rtiite^^ctai'pi^ épcKRthdi^glqiie^Bi]' 
tiâiè diM^/#^l nmif le>po«diteii^^iièsi^@9b(]riuB,;^ODs: 

MieittistoteiûreS'') à fie pas se ivtaÉerierpdansiliesptBidsIeJse 
0ÉéâitiliQ0^«v^ieites^; eepfirfantte. AÉC9HB>iififtaidb pajacà 
éi^€^iii]ttolovlgà]él'ale'de F'^Ksa^'jrK.aiBi ù\ luoq .iddoB-i-)!: 
'iOMAs iidàlndiMs pas: tout dirsi^ 

^tàà% pbtoek]lu'eii$e9gnatl l'ÉgiiseiSBc )egiffijd«iaèlQfiilHfa»^ 
DfufP«6léif eltè iii6i$cait aoriterdetoIryfiës.taÉBB^ 
ebi4iesUo4Ml4i40snQlérêt4âJèiirpTO{irfijn<}rati^ 
a0iisirakè(>^ iteur paision >les femitHra qbalJ 'ét§rmè6ti^k^mn 
knrébnfàfèffftmàélBmB. Au militvtdtuiéAngauàti^eéà^eféàT^ 
fiieife aièd6«9ée)F£iHpire, lesdPèresitœSJàssaBeiBi psbsàriaiiiliinnô 
occaèitufiaarri&faprésenter Tinip^atéBéuiiiaieBbfliifrHnedcaélDe 
Dieu, souillant ses créatures les plus nobles, perdant Tâine et 
dénaturant la beauté du corps,. j^^n^Je prix consiste dans la 
pureté virginale*. D'un aiUre côté, rÉglise ne repoussait 
pAêil^têÊiïm^ë tiMilkées ^ 'à^lteidlffplrMlaiSààTëoriiffâaàJai t 
f^dlÂû)^ iflaiit îi te fcanine #iiittâ*eQJ eHeiQ^qBhliteii|«iQfBern 
l^sf ftli!lb&lilr€fti9êf^'qfie te» p»^DisiQalaTilistsaDifilt«|fflii ksirsH 
^iMi(dlM%ll&vid«i;»ëtte tesp«N|fké(,irUeieav<rëattrikU parUoi» 



téme ou excommuniées aussi longtemps qu'eUebfiËraeceDl 

qu^,vtbI^^âi<^^Tle«9 prorpsMfi'^ eiljBs)dotiisentilesi|)miTS&» 
d&^p(^iukïiê% llë$6i^rÉg|isr<Q-t-dl8 nroi!ité»{lminii!)^tl^s des 

08 9finoi.(U| )ï'.,M • i " • « . /;* i ' \,pm| -n.'Hi.q qoî: 

0#£ÉHtog'*^*/^l<*.-</ricM.iîaij, 102-, l^^c^nhlViv^^'i^^w^^ cffjun » 

fi August;, Dfi fide et opp., c. 18, t. VI, p. 13^. ~ Conc. dTlvire,^<)5, 
can. \^) Mansi, t. II, p. 7. 

«August., 0. c, c. 15 el 19, p. 43<.4Ôè. 'K.GwMj.iXJîfilviiVjWài 44, 



LA FAVILLE. 22i 

iiiarl^mpigldjrieU9ftfi3qàfrarMMif iihp àduugs- 

boDBg .aaieo>deft4rai^isMf vaMosrquî)| Zftth V^dfdir ^9sê^t i%ê^ 

arracher, pour la ramener, en vertu' deft Ioi8)^iiot«kïp$i0v«fc 
M^iËtB ;»cMe possa >Ie i^ste de sa viedânft ^a^ iMovAêii, «ÉéiK)i- 
^ttWlikDXéemfCihra»! sa recoDûâissaoce parnli'tomildi; piâlà 
dt>sM)coinhÉteP. Gfts faits preuir^t à la fois kl pui#Mi«cfiiila 
otaniUapisÙe^ipaurrle TéTttii dfls àfioes e» apiianoure Jesffitfs 
mo0tpéi^> l(én«T^ie de^la naiure de. la faoïaiet ^pafaia; idajM 
retdyafrbk^la'lHtt^'de JéilisHShiibt d'une ehn\Aiprptooit\M 
bnefanfirté^éei tai aeeîéfcé xfafétienne , rou^TâiHt^tesDhâit à.^)lfi 
pédM»eai8t)ueiJe>ffiond)eL^mfpfi8e, «près eniatoirGabiidéfiooo 

JôdOiK 1 .t,u . 'h; . /. - • j î jnt;niu(v. .usiQ 

fil entb iO.i.MP. * / g.g. Les enfants, ' ^ ' ^^^«^^"Jcnob 

Jifiôaiioqs'i ."^m .!>••. i; : .(/ îu.o'iuq 

JiefcàeiffiliofarétieDvai nsievant la feomreete^dMiQlIfil^ 
hssHian^e^tÉiisuasforjnala iamiUeqw josqtie-JlàGflî^MsÉbiflM 
qflriimè fflmfmrlaiiiSBkiéif ile^. eo une iogstiluUoBjrtfiJî^iMM ^éi 
aoHîfiqlââffiËlaiii^aseotre.lfs purenU^t ie^r^jQrlâmtft^iMi^ 
ai^liÉ)i»FiaalOTiléde8pitâmkt») nileoeyp^ 
dadomxmési. t - ' . fù ao ciniùJ 

^^^Dan» nôtre première partie , noas' avoifô. Yii:ldîp$i6iP9AM 
fi^ampter son enfant qu'autant qu'il protneHaàt.iiiôidtX^up 
«H» eitb^euiTobuste et uUle, et qurilinl^jt p^iMnhldqnifi 
trop pauvre pour l'élever; de.son côté, la mère païenne se 
débarrassait par l'avortement ou par Teicf psiti^i^uef^niMt àe 
ses amours trop souvent criminelles. Lescbrétiôaa^dàà)les 
premiers temps ^'^^rôprbuvent ces coutnmes b^rbarteS^âfiWi^ée 
d^une sollicitude louchante. l'Église Bénît et' ffriitégé^P^Aen- 

. I II i ,.^iikM i&l .iibj 
2(.hrysost., Hom. 67 in Mai., § 3, t. VU, p. 665. {ij , 



332 €HAwni9Jii 

0*€i^|^soieBhnDqture biMHitike>guqqiie(d9ii%lve8faHik)«|(ëofiî8 BW 
^mac«ne .wiicrfcmr^ loratu?i^eaA.pév41»iPP»h ^k^mUaà'^^ 
jAehutindradsë^de ses' parants, 4iii^(K]^.#<ip$ il§B 4NaBbS^ 

4ianUBBUtit qbte éu|idI renfBntiv«ipu<M^iaMllAtor(^'^ A^^ 
^e èmakeinerépUipe qm est (^^k rofajieilideoifubitnlâjf^BtPdi; 
fiMiipifqî iite|)aS'égAvd aaac per6oiinite<^ri4oiri»^j|^90lilli 
tfdtM-èsikiioapfiftreiice excërietire< nÎMd'apoèt'JeMr/âgtfQiqstnte 
ip^idëft^t^rvi^f qae)qi]eiBCOii)piàte)if«'Bili^ 
)ès'i(j)($àbâU]tj(uis:ap09(oliques'eoinf^^ 
ililiHfOfnièfâe^^oqHi quri «s'en n^ndianbeimpaljlesniïmtbutajtl^ 
'jiou^ilfo d«»v^9 lati3ommbnfon;it^ 
n(ifeSM6piiitt48e(pas)eaeor8Ge4}nÉiei?Jtqii<r3 ikio?. iup f)T4q 
noCiPOdutmbeid^esposerles enSnnÊ&m'itMpàktasÀos^ 
i^ifr^lioiientîÉgiîse^i les cbrétîew4a!tepradtfa[it'bYâ^vj|i«)«^ 
i^ijaiserpiété flaiepile; JosiiaHortljnrij^fif^ibiigleoâefn^f^f^ 
'ita(lteiidii90issMfenl' des ooMirâ fNapvftfidolAti^^sl^gre'Ahi^ 
ifi^stttapitt VMér les ^nlânta k/Ia^nortv'O'^^^^ Mi ^oinmstôJlr 
-IHPUsiiiVC^hûfimmei, aUendo «^qM CRtma|iH(Uipiiibmilimiysitle 
leofoiiiilë qdoslBMteit ^qoe pnqr étren^esUoi^jy ai^qâte'Ou 
^Q'esctviage^i .fîcot •liwqiiaiitû.apa'éfd^ai^^ qj^plioçe 
isfftxpriiDe aveoriiDtioHgoiirjeiisâ ^toqiHaififc^tft^cpëjWAgi, 
'^{^'(tfcFCidéttieRtif onaernéc^ aAliqintoSdriciiJMûfi^h 

sonne ne s'imagine qu'il puisse être accordé que kes^fèMs 
-«ttii^ dbdAroib^ëe^fotre inDorir l^ura)6li&gterilf#9$sitl^és; 
ol) Jnoî)!(»7i',' '' ^•.'' •' • • . - • • xmI> f)lhnT9J(î(| 9onr,^ 

^<J. nat., 1. 1, c. 16, p. 51. — Cypr., cp. 59, p. 88. 

3Conit. apoêt., 1. VII, c. 3, p. 366. 
M.^t^^(*I,i^H«>^to'^^*..<v 27 ai.?9,,p<69 ^^1,. jf^.^%ï^g>i^^ *. 3, 
p. 236. - Min. Félix, c. 30, p. \U,rr ArnJtb.i, >.|H»«/7.^, t.>,U^1<l5- 



lèâ fiifiekfp(Alt>^lfl^lei«€it)Oti|fioiir ia ami. iiëpendaribâ^^'B 

ié4flDt<^^ dëS éli^&>iè(>|bi4|e fdraiés ia vieifji^ifaDifaiteuriaii 
f^a«AM<ierW%9péTtÉ2^â«'gil'ite épai^iieraDtfle'BBâ|gâv|NB- 
^K>iemi fJif^n^épdrgHêdt pà>s leur proprosÈalglë^a^saciâSt 
^éltil^ ^1)OtihiyMidMiK)pv0fondé0iem{u»rv^ 
rj@Rfëi^iàff^liidc;ifa*SBé dfifeelioii porteiittiqiaseEklttui^ etih 
ilkifl|9ù[^t^W'04M)$idtf»r comme îniioeenis.peâx <p|ÎQffi»ft 
^Di^oto^tambbiens i^urs propres eotoaiHes.^' eAitikè^'i^iU 
fhx^cvhéiiemàm ^csoir^ que s'ils lesëtranglaittil^jQbi^iâqt 
lèMierifiy'ilIrte i^ottnii|ff^^ celui qui se fift ^ta;piiiâdàiiûOlrm( 
^(iutidïffiâme'iiI'>QrriT6raii.qae l'eiiranl esposf ifibinioifëKi 
flifQ|odl9U)iiûtqûi^» obar^àt de ]e<nourmrvie'«oi^ «ibQia)ip 
père qui serait coupable d'é^r livré sonpoepcnu^angàrla 
^l$)«(iiKKtoi<uii|i 4â<iprQBtita«ioii !» .. Autant yâbt lènmi^uerJson 
^«Mt'^qifiâr^'lispèsfir; il esl vrai; ces père^;li(imMJUe»i^^ 
^tef^itnioâe 'leur pauvreté et prétexlent qu'ils ^nbi'pmtbii 
^fiSre'iifuSIev^ une Famiitev comme si les kimsideitf&iaîbiide 
iiiliileii^iiâns 4e peuvoirde ceux qui les posfcèéMi/, <xqiif&ff0i 
dDieiilfittilMssiit'ifâs lomfaer Uws lesjoufs i«!ffuri1edal)aJli(p^la' 
uA*éMç>rkl;:^^ëfl6vaU )t^as Je pmiTce^à i'alMHlaDbf blSii^èoelc 
'^flilqâ-bo tQilLiAmpéopfaé pair sua* iadi^coce de>;fimitfk& fl<$s 
'iSAwi^'^ qallKS^abslîemi^ pt»t6tidjK2S0»i épouse ^^cnhtjirdUt 
-«^ûfi^J^eée: détruire parades m8ii»iamfim)iHàto^'i^ 
«MéH^îiiï '"!• 'î- • ^ ; ;;, . . M)ii ^ off oano8 

' ^^^D}dtf'«MI6Dis4ef luiter contre les erads «dèsidedh poBh 
sance paternelle chez les païens , les Pères s'efforcent de 
âèbéliS^f^les fientiments'd'afection que le clirisihinjsiif^ ne 
^^ôiàprtîîiiepîtrsCdànS le^ cœurs. Dès ses prèmier^1buii*Sff9'^n- 
fant est introdùitjdans le royaume de Dieu ; il est àdmis^tfe 

'^' ^DttÇ^tt&te/t^Vt, <IM '<:i,'p: 491. - Gomp}^yatg!Hl«i5^4)el^fm 




224 CHAPITRE III. 

VÈg\m,ii%i le baptême; il ne < 

doote le facremeot laî a$8tire la 

dN^ I AU Cyprieo , soat recw < 

taenae, i^ l^ombien plus forte \ 

voir repfanl nouveau-né, qui n'a | 

CeMe aottieiiode ne s^étend pas i 

lifieji; lea Mfouls naturela, noémecewi 

éfaieifieiil. 4ea eréatures de Dieu , Hs i 

pMemellt ^ dîpies, par conaéqueoi, ëe te 

fKae^ 

Les wtmU sont des âmes coirfiées 
•Ofii responsables ; c'est sur les pi»ieiM i|«e i 
l^oehet tî les enfants se perdent'. Sî éom Im I 
ra^aeliest k cas derniers sont resserné», èe M 
ienr proeurar quelques jouissances de pfaw^ e'Mt.fÉw iMnr 
MimwttaiMler plus vîvanènt leurs deipomwuicfftlavp u»^ 
teHn^ leurs coocitoy^s dans le royaMMiéeWoit L?i 
et iiii«»ible dureté du père roottîo doil imfmaÊk 
tme place 2i une autorité uEiitigée psur Tamiar; ie 
eonaidéper son fils comme lui étant égal i 
et oouraie destiné k continuer sur la terre mie cacei^ 
de I>ie«. Saaa doute, il faut lui attendre leieifmBt ea^Ni^^ 
bétsaaMe ^ mais non pas en le traitant * 
c'est en lui faisa&t connaitre et aimer la ioi de Bieu^ 
M iffrendni aun» à.se soumettre^ la voloiilé des pavMiu^. 
Cm^ éducal^Mi rdigîeuse est l'objet de fré(|ueiriiSS^iLhefta'" 

*«^. ^w <Wi t J mmffêê p^oMeri non débet infam^ quireeen^tMmmii^ 
kU peeeen^a.^ Cypr., ep. 59, p. 99. 

^Ifetlie^Kits, Con/viv. X virginum , or. 2 , dans Comliettft,, JUN/M^* 
prmeor, PP. muetar. novùs., t. I, p. 75. 

^Attbr., De hone mortis, c. 8, § 35, t. I, p. 404. 

* « Pairee fmo^pte asperoê esse circa filiçt non oportere,» Cypr., 
Itefttei. mêt>, Jud.y l III, c. 7\, p. 324. 

sOhTsmI., JIm». fi in Epk., g 1 , U XI, p. 159. 



LÀ FAMILLE. 225 

iîônà*^s*èr«s Wiferfflbtrt de Ghtysostoine. Cê'gtaitrf ÉfèiiAme, 
inte^[»*te'#&q[iieni fle* l'esprit chrétien, atisài bien '|}iaè''dès 
misèées: Wéti^ te^oin» de Phiimanîté , voyait Bhtïâ l^àteéùce 
d'-éi«waî>««îr^Hgî^ii8^Ia cause de h décadencé^clii àionde -, 
orf 8^^ifcpfe,^î^^'l,^acqaérif des honneurs et deS richesses, 
peisr Iatê0i)^«-^ âié&eaflifttsde la réputation iet de la fortune, 
nMismirn'îif'«èl»^a#de feurâme ; c'est se rendre coupable 
<ttmlg0Mâ| pêche-, car c'est vouer ses enfants à la mort étèr- 
n«flèleli%èlitKAtid(^^aiâ riiifife de la société ; ce qui fait que 
le monde entier est bouleversé , c'est qu'on ne se soucie pliis 
dat«e»îpi«lpfe$ ^tfâDts^ Chrysostome , et tous les autres 
Pères av0&4iii , ôe voient de salut que dans l'éducation relî- 
gieéaffi ^ y rêviattHient sans cesse et dans les termes les 
pkii»i|)f8l|siaits ; ils veulent qu'à un âge , où la volonté est 
e«Bri*6ifl^lMe, le» enfants soient amenés dans la bonne 
vMK fti^rde*' bofine heure on leur donne des impressions 
pi«tt»e»^riqd'on les forme , par la crainte de Dieu , par l'a- 
niMi;d^a<dbS«i^£hrist, à la sagesse^ à la foi , à l'humilité, à 
]aMbaftl^,aea&n mot qu'on leur imprime dès les premiers 
aiÉi tn%«2É«l8 et simples principes de là vie chrétienne^. A 
C4r*8eii^,1e»pafeftts doivent feire eux-mêmes l'éducation de 
leurs «n&fl^, âH lieu de les livrer h des esclaves souvent 
igWF0nt»(!uMQi^s^. C'est surtout aut mères que l'Église 
reieonpoaiKrie^ le soin de la première éducation religieuse 5 le 
père-^î ocKupé au dehors , ne peut pas toujours consacrer à 
ce»dwûir«te«l« l'aiiention qu'il réclame 5 d'ailleurs, par' sa 
nature plus douce, plus patiente , plus aimante, la mère est 

plii^^d^Ma a<éj«^Her da&s rame enfantine les sentiments pieui! 

■ ^" 1 ■ ■ 

*«rKà\toî>f4'l(fTtv,8 r?iv oîxoufiLévyiv àvaTpéTrsi iradav, ^ti twv o'dcsiwv 
àtxeXoîîfxev Tcaiôwv.» Hom. de viduis , t. I!I, p. 317. 

^Barn., Ep., c. 49, p. 51. — Polyc, Ep., c. 4, p. 187. — Clem. Rom., 
Ep. 1 ad Cor.^c. 21, p. 161. — Constit. apost., V, IV, c. 11 ,.p. 301. 
— Chrysost., Hom. de viduis^ l. lïT, p. 319. 

3Chrysost., Hom. 9 in C.ot., % 2, t. XI, p. 392. 

, 15 



L^jnor^lj^^ païens n'oot guère. connu^ celte ipiflyoï^od 4e 
liSoisfèmçiÂtei. n'ont pas parlé davantage fk IlédacutiloAide^ 
Sy^fiâtirt laquelle les docteurs du christiaflieni^ s^nijlestprj^ti 
illîl^>a^dir(gerla sollicitude maternelle^ Cbrjisoi^tQter^iât^ién 
«ytebi»H$tf»i sur le devoir des «nères dléleYf^r.itemrsi fiUô€| 
iim àb^mo^un pieuses et simples , afin d'ieD^f^ro^tif n^oup 
(kfttoQiK^ épouses , capables de diriger urra mf iaod ebdléèeet 
y^Aiteon*Qur des enfants pour le cieP. Cealiiitireftfôtarpfè 
silf ^egiiiilâi^ue la mère chrétîeiineôseiQBt$i(Hi»i«flodiiQe)9 
tandiâjQiie ^.dana Ja société païenne , 2efila)e$b âc^b^m^ heunel 
aombtaiti&fsaiiiière, confinée daja(s.swgpéDé<èi[^^n»npiH] 
pé^lpQtlpjte/¥iie6, nous levoyoDsdaijiscrÉglifieiKxinfiéiài te 
tcNifreteeumdtenielle qui, dè& Ies:.pre«(iè8ê»/dlinà;s)^t tlnb 
QOtabuoiqueJes germes de la v»eiffeligidufie^ Plusieurs ides 
phBsâltasare&dpnteujrs le sontdôMep«àiprfiadpaleménbi|lâd[ed 
qo'dteahtieBi'des.iaères pieuses»: l%iâtfnreJQ(g^rdéil(SfiH)uiuM>9 
Binid^tMonJii)(»ey mtee d'Augustip'f>d[ei9}ntQa>,'mè9i^,âeijlnréH 
gotîreidttJ^laDzeyd'AjfithuBe ; mèreifleKGbyrpoiËtc Jdfui; i 
£; Deiis'JBfe premiers tenopside IfÉglise^ilesiënÊuDteçbt^^iètisi 
uelrieneraientiletff iàuc^tion^et; leur ipremièraânsbtcetion riEh\ 
HgîéiiseiiGBuei.duis l'intérieur djss sfamillesQ beâsMongtbiqm 
queillajaMÎébé ehfiétiènne n'avait qo'unejscDistècicelpDédlâna^ 
entx)QD$e'jdë/d«igers et de pers&îistioDS ,iii^n^.6ir>tioe9hi( qoaâ 
èln&autreiEi6nti.i On s'est demandé sileschitéliehaieDisQ^aiqBê 
leûk*sjienfaiitaiâafiâ ks écoles païennes, ou:9'il6 sfâdtaèsfe^ 
iKifi9»fjp0it>8$niputô de conscience^. Les motl«»ôntfi)l]isli»h 
ri^ueseli'efi.diâeat rien ; mais il est permis de^^Siippâsemqoe 
ceux qui fuyaient les emplois publics , afiç defse^^^oiislffairejb 
la participation aux rites idolâtres, devaient se garder aussi 

* Chrysost., Qmles, dwiendœ sint ucbot^^ , t, ttl^ ,^ 327., h^^HÂOnm., 
6€immmTH.,Ui. 2, t. Ul, p. 427; ^Ep.Aûl,i3i9^i\kf^ j584M*f61. 
ir^£k)mpf ^o^\iaÏ9HliBe.y Jhfluence des Férw^ée4^É$ii99^^iM^i^iliumtion 
publique. Par. 4850, p. 7. . « , » .ir j .ouiii i U M) ,j 



LA l^AHWLt/t:. îSIf 

àë eotifiëf(1<eâl^'^iiftiits à des maîtres quiv €ftf^ëâio0ii^ 
gûum'léâ^ftlblels^a paganisme, tes auraient (hndiliari^edf 
mdqie'jfeifip^ ;[i^eo seë foœnrs. A mesure que 'tes' Églisé^Hé 
eofasklmoteM; 4è4^ ne doutons pas qu'il n'y âil ou dë^éet^l^Sf 
poUit lêiiiigilfâfûrss aussi bim qu'il y en atait pMrîte^iàdlMéSi 
qui) ^0ipvépttr^i<iti4 -soit âu baptême, soit^ Vexerctoe^db^iiiil^ 
vAiàëféo Lesifiiyemières traces d'écoles, que nous pmi^tiittb 
âfqtcda!ifâ1uiàii^as, Vie se rencontrent qu'auquatDîème'si&tef 
ç^tfeolèdi élUMent>i6iiues par des prêtres ^^ lesien^titr^Jr ilfê 
UeBddèBii^àgédeKHkiq ans^. Les moines, doleur o^téjlmîtf 
a<iqQâ{iteigrâ»dsimiér«les par leurs efforts ^pmp à^éâmi^HOt^ 
^ ISit9in$otioii<id^ I» jetmesse; Basile, dattsisa'i^ègU^^lId^ 
0aifajtP4tnidev<»ir>diii$> plus essentiels-, il leur dotme^alô-iitféw 
eîdHiiBoiisQlU 8Uifta)(iiaBrère de traiter les enratupietidctile^ 
babitpdnèaijateibi|iei<difidpline^. De plus am(U68>diéliEk^dq 
eetlea&ai(iètev4)0iaiii]iient sur les établisscmciiits-dlinsâluof) 
^6ikl*eli^eu8e.oarlîiilfërâire' pour les adultes, fimsieutralInB^ 
raient lanriDfl&^inolie^ sujet pirdoit nous suffire dWûirtcoiis^ 
tatéilpidv ^MtS'il^influence du €biîstian!sme>, Ppdncatîoti a 
pris iiiDJ6ardetàr8')r)sHgîeiiX!et par eonséffueii itifirameaiitfilwf 
BipndJ|]uei(iaBBi]'aBÊien ononde^. En ne séparftniifdu&Uniçti 
traè[tnki<|d6'Viédii<a)tifHi:, et en y ÎDtroduisanlirétéaMBtalhfét^ 
lieip)if]«8(l)dreatont rendo à l'bumaibtéuQ'Bedrvibe'qaeudes 
èspn^aneuglëg ont seuls pu refiiserde reconnaitoe^eBCDifé 
aQJeéfdlhtti il y a des bommes qui voudf ai«iit bamiiniiŒlJc^i 
doi^ticttl'iûiKtëtémeiït qui les gêne^ il ne faut, reeutevidOTâot 
aofui^^^apriÉce^'pour lui conserver son ifittuenoe^ il&^^lut 
iut'nmk^ifôtiècefMrix. .mu 

*«4>iXi7nroç ô àffXYiT^iç, xai irpeff^uTepoç twv ff^^wXwv.» Palladius, 
Vita Chrys.; in 0pp., t. Xlïl, p. 77. 

.^*6hi*Jsost.vlte «M<(tt«onc nominumy 2, t. III, p. 409: , î-- [nO ' 
^^%AÏÏ.\ Meffulà fÛstiMWact,, interrog, 15 et 53, t. M, .^.'Mh «ty«w^ 
f ^9w>5MhméU»*»Kr^ï^éctficmiû%, attribuée ^ €hry»08loihel/ vqjafTOi- 
vrage de M Lalanne, p. 209et suiv. i '^« ' F tg*T .f>v$v>U(Jw«| 

15 



2S8 CnAPtTRE ÎV. 



CHAPITRE IV. 

-'.'-••■ ■■; ■ •■ ■ "•'■•** ; •■■' 

x- 1511 ;• f- - ) i ■/. '■.-•! I 1 .,.,/ 

LES CLASSES LABORIEUSES. 

Ol ^'s . . ■ , . ,1 «îr.u,.;;-:;.^ /''i '» 

' ' ' ' § 1 . le rravaiL — l'ârrtstor^ Umi'' '^^"^'«^^ ' 

Leehristianisme, religion tout intérieivre et is^ltM^në) 
m dô'raît pas offrir li ceux qu'il conviait à devenir èîtej^hé 
âii royaume de Dieu des moyens matériels de prtHpéritë'lè^ 
réstfé: Il n'était pas dans sa nature de fôurm^ruti rlstièdë 
eitlériBur à ta misère qui accablait la' société ^païèunt^ , ét'^nt 
n'était qu€^ la conséquence fatale du mépris'du^tra+aSI'^Udë 
c^s qui s'en occupaient. La charité chrétienne ,'U(>llt'»ëtt 
couvrant de sa protection les malheurs^ et les (féW^ffif^dè 
tout genre , avait autre chose à faire qtied^iftdïquer*ii èftè- 
min pbUf faire fortune a cette multitude aviltèVqÀMlè^âe^ 
mandait qu'à être nourrie et amusée aux frais publlcàl 'L'É'- 
vftngile devait avant tout relever l'homme de son àbjiettioi,' 
en brisant l'orgueil oisif des uns et les chaîna ^MIefi^>Aels 
auii^eB 5 bien différents de ces utopistes qui bouleversai la 
société en inscrivant sur leur drapeau le droSt miMéaih 
les Pères la transformaient en proclamant le devoir* dw if a- 
vaih Mais ce n'est plus le travail dans le sens antique, in- 
digne de l'homme qui veut être respecté, c'est le travail ré- 
habilité et déclaré digne des hommes de tous les rangs. Par 
cette réhabilitation du travail, le christianisme a relevé* les 
classes laborieuses, jadis méprisées et appauvries^, mieux 
qu'il n'aurait pu le faire par des largesses ou par le partage 
de la propriété; il a pénétré la société d'un esprit nouveau 
qui est devenu pour la civilisation moderne la condition pre- 
mière des progrès de son industrie. 

Les chrétiens des premiers siècles ne consiééraient pas le 



LES GL4S8EB I,ii.pOBlEUSES. S39 

travail manuel comme une ignominie ; ils ne se regardaient 
ni comme misérables, ni comme déshonorés, parce qu'ils 
étaient obligés de gagner leur vie k la sueur de leur front ^ \ 
ils protestaient contre le mépris dont les païens les poursui- 
vaient, lorsqu'ils exerçaient une profession ; leurs docteurs 
représentaient le travail comme la loi commune de tous les 
hommes , coiQ^ie la condition de leur existence sur la terre ; 
si Dieu ne Tavait pas voulu ainsi, il aurait fait venir spon- 
t^ném^t, tQut ee qui est nécessaire et utile à hYm-^ Uiest 
yxai^iie v^^ion les Pères, le travail est un châtim^n(:QM^ipittr 
tçtjunp e^pîatjon de la chute de l'homme^ j maii^ ilsi(}4cl|tfQQt 
aMSsiigfi'ii a reçijt une signification nouvelle , pai;Q? qp'iL«j§tô 
\i9i^9^é p^r Jés^sr-Christ , fils d'un artisan , et p9^ tes jp^^r^isi 
qui çp,\i travailla de kprs propres mains ^^ le, jtr^v^il,.9Ûi$î 
i$9nqb|i n'e^jLpIiis m^ peiine, il est un honneur .pçmrj'bqn^^^i 
^t.esl.^Ug^'didSi plys giirapds éloges^. Toutes les {M*ofi^Qpa 
^ft îfVg^^§:b!P'<P>opables, à la seule exception de Ailles; qui 
pftrd^ptji'âmeetlecorps; nul travail n'est réputé vil^ quelg^fi 
hipmble qu'il soit, pourvu qu'on puisse s'y livirer sftpSiftfe 
ché^ ^$gli9^)ne.Lend• à supprimer que les iQdufityi(9S:d^ftT 
d^iiite^QQ criminelles ^ . d i.. 

L^s pon^équences de cette doctrine sont la p^irescrip^PP 
c|}i.ti;^v^U comme devoir et la réprobation énergvqji^ de l'ol* 
sÂveté* La suppression de l'esclavage doit égaleioâ^nt en.êtce 



* «^Atff^^uveaOat âl oôx ôpOw; ï'/èi , (xt^ tiç dfpa $i3t tV autoupY{otv', 
èffkioxjçiiiiB^ x«\ «Poyiôi^touç ÔTco^dt^Ti.» J?p. ad Zenamet3erenutn;t,'i^, 
in àpp. Just. Uart.^ p. -446. 

«Gen. m, 47-49. 

3Ai»hr., D$ Jacob et vità beatà^ L I, c. 6, § 24, t. 1, p. 4^ ,77 
Chrysost., Eom, 33 et 66 in Mat., t. VII, p. 378 et 655. — Au^usU, be 
opère monach., § 3, t. Vï, p. 349. 

*Voy. Véloge dû travail, chez Theodoret., or. 7, t. ÏV, P. i', ]J.'8éS 
et suiv. 1 ^ ^* '-'• ''*'^ 

&ai«ytt)aL^ tt&m A inRotn, XVI, 3, t. III, p. 178. ' «I • <fK\ 



230 CHAPITRE IV. 

l5,^,^ilpj,i! iipporte de consacrer à celle (jueslio/i un ar^îcle 
à Pîurt,: h.cet endroit, nous devons nous borner à ce qui 
çffM^ffieyhçmme libre. 



1 

) 



.jj^ Jra,Y|fj||ez;de vos mains, écrit déjà Barnab^ aux ct^rétî^^^^ 
fH^ftfl^Jft jL^idresse son épître^^ les Conslilutiofis aposlb 
J^^^ (jprppiandent de ne pas se mêler h la fouje (^isjive Im^^ 
jpur,s,.pr^ie au mal , mais de s'occuper de travaux honnêtes • 
^/^a^ajjjl l'âme tournée vers Dieu ; les riqûeç eux-mêm^s^^ 
^Hi,Cf;Qionl, ne pas avoir besoin de trayaiJIer pour Y/,\pf}> f^^ï^f 
^3jji9j;).p3 a éviter l'inaction et à profiter de lejir position ç^ur 
^',iastfmTp|»ar l'étude et par le commerce ayçc, )e3 hiom^jçiçs 
WpViffr îifi'ÇS^ surtout la jeunesse qui doit fui,ir r(jisiyet,é| 
cçimiflej contraire à la nature humaine ft à.lfi yplijfjl^ ^e 
JBfjÇ(|.,,Çbifyso.ç,tome regarde ce vice ço^^m,9,urje^i3a\ij5e4^^jd^^^^ 
c^degqejCt de ruine pour l'individu comme p^oyr. la [^mJ.^lQj 
^l laurait pu ajouter qu'il devient perpicie,ux, jpjour i^^ §Pf^^^ 
tftu^nl^ère^. On insistait par conséquent siiç 1^| néçess^ilp^jd^ 
i^T^ apprendre aux enfants des métiers utiles ^,;|^a^,$|^|e^ 
j^^olçs des monastères on leur enseignait les professions ^çjui 
jç'içj^erçaient sur le bois, sur la pierre, sur les métaux| et jle 
.préférence, ragficulture , à laquelle on rendit. sojji a^ti^j^ejel 
y^Qrijfabl9;4igmté^ / ... ; i. m .1 

..j.Ççï u'iç&t.p^s seulement dans Tintérêl personnel, du ,lrjï- 
ij^lleur Q|ïe le travail est réhabilité par les Pères ^e l'IÇgljs^; 
;U$ p[ieU<Mit aussi en lumière sa connexion avecja cbapit^. 
Cette idée, qui n'appartient qu'au christianisme, est un des 
arguments les plus forts en faveur de la dignité du travail. 
D'un côté, on fait un appel à la sympathie du pauvre va,ti(}e 

lEp., c. 19, p. S2. ' '■■' 

«L: ï/c. 4; ï. Il, c. 63-, 1. IV, c. H, p. 20S?. 275. SOI.' ' 

'"' «Chrjrstfsl., Hom. 4 in Rom, XVI, 3, t. III, p. «78 et sùtv. " ^ * ' "• 

* ^'^Unstà-'àpo'st,, 1. IV, c. 11, p. 301. ;^^ -''' ' ^ " 

s Basil., Régula fus. tract. ^ interrog, 15, t. II, p. 3S5. • ^' '' "* 



LES CLASSES LABORIEUSES. 231 

... .... . oKîr 

e^ robuste pour des j^ens plus malheureux que lui ; on lui 

dil de iravaillier poiir ne pas tomber à la charge dé ^es frél^ël 

et pour ne pas pnver ceux qui sont faibles et infitiùes dei^ 

aumônes qui ne sont dues qu'à eux* ; d'autre partj'Btf yVè- 

clame le gra'nci principe de Paul qu'il faut travaiKëV^pour 

avoir las moyens àê faire du bien^. Rien ne pouvatrIifiiHS 

relever Te Yra\ ai I que de le présenter aux riches, àîW^? (fâ^im 

pauvres eux-mêmes , comme un moyen de charhè.' {!*fe^[J3t 

le'^merne respect pour les occupations honnêtes que fei^èffè 

ne véulfeAl pàs'^ue la bienfaisance soit un enc6\iih^^iiSeiH}}x 

ifa ïafen&titisi :'nie vous bornez pas, disent-ils , ^^(ïoîiriètf^aek 

âûîlifi'ànes aiix na^ les môylérisWisî^^Vd^- 

curèr eûx-iiémes leiir" subsistance^ donnez-l^âï ou trà^SIIÎ', 

ék Ï^Ui^''àf)iJiyant ^rhonorer par leur drôittiVé'glf igffPSt'î. 

iM^^imAs'UWïûé intention, les fondateur^ «fé'lnxMP- 

i^rlWfitelà'tt qbi recherchent une ti^t^^taS^- 

ï^a'rt^'lô (i^aVàrtlelf Surtout Tagriculture*. Les riîoinefs Hèîï^afeilt 

j\t6u\^t i la fois des ressources pour pouvoir ét'ftf ^cJriM- 

5aDlè§% hospitaliers, et un préservatif contre' ïésCÔànj^é^ 

Wiix^iiëls^expose iine vie solitaire passée dans tthàaldtf. Â!ii 

quatrième siècle déjà certains chrétiens voulîfieïi't'VëtïSâéér 

au îbô'ù'â'e jiour se soustraire au travail , éôus prétëïttel^ë % 

livrer à la vie contemplative 5 Augustin leur adriéfeë'aèi^W- 

montrànces sévèi-es 5 il leur rappelle Jéspréc'epitey' dé? Jfè^s- 

Christ et de ses apôtres, la nécessité univeirséllë'ÔuW'àVàïF, 

le devoir non moins général de la charité el'la Thôniii qili 

' ■ ' ■ • ' " 'JJÎ'" '(^ 

, ^Constit, aposU^ 1. IV, c. 2, p. 295. — Ambr., De offlc.^ 1. Il, c. 46, 

g 76, t. li, p. 88. - Cassian., Collatio 24, c. 12, p. 6i7. ' ' '" ' 
^Conttit. apost., 1. VII, c. 12, p. 369. 

^Chrysost., Hom, de eleemosyna, t. III, p. 259. ^ . , 

^Cassian., Dûinsfitutis eœnobiorum, 1. II, c. 3, 1. X^^.c. 8|pt fi^iv., 

p. 14. 160. — Hiore^i., ep. 125, 1. 1, p. 939. — Basil., ^iif^ti/i^/w*. 

tract, y interrog. 37 et 38, t. U, p. 381 et suiv.; — Constit, monfst.j 

c. 23, t. II, p. 574. . : '"''\. ' rV 



232 cfupnas.iv. 

s'att^cl^e k celui qui veut vivre moUemefit du'^ produit des 
peurs de s^s frères ^ A la même époque, desiprétreset des 
éyéques illustres conrondaieDi par leur exemple ees nuAnes 
paresseux ; Hilaire d'Arles , un des prélats les plus piensiet 
Jes .plus savauts de TÉglise des Gaulea»^ i^au d/ohe'feaiuUe 
.considérable, travaillait lui-même dafts les champs ^^id'ftiitf>è6 
exerçaient d'autres professions compatibles dt\éol&w\nûm^ 
tière.) afin de pouvoir secourir les pauvres, sans tomber eus- 
memes à la charge des fidèles^. En donnast ee oobk efiâmtite 
h 4es chrétiens égoïstes , aussi bien qu'à U société f^aidniie 
corrompue , ces prêtres montraient que le travaii.d^iomiols 
ne nuit pas à la dignité de Thomme, et que la charité «ssmc- 
tifie ce que méprise l'orgueil du monde. .m •' 

• - i Jî ■ 

^% Les esclaves K • ' ' '^''•' i' 

, ■ ' ■. .'f<| ].\ o: »-. 

Dans une société qui a réhabilité le\trafvâil let quiièstiAHiH 
dée sur le respect de la personnalité humaine «taqrtlai^fi^ 
rité^ il ne peut plus y avoir de place pour TesckiiVagev iljoil»- 
tefois le christianisme ne pouvait pas abolir d'iun^sieuhdoap 
i|ne institution aussi étroitement liéeaux loi» el^aiii^^MiuW 
tûmes de J'ancien mondes en proclansant un afijraQchjssftt- 
ment immédiat des esclaves, les représentan(si de l'Église 
auraient empiété sur le droit de propriété des maHres, duok 
fondé , il est vrai , sur un fait injuste , mais cooforme k l'es- 
prit général de Tantiquité ; en outre , ils auraient }eté an mi>- 
lieu de la société des milliers d'hommes peu préparés à la 

* Augustin écrit à ce sujet son traité De opère monachorum^ t. VI, p. 797 
et suiv. 

2Gennad., De viris illustr,^ c, 69, p. 32. 

SEpiph., Àdv. hœr., 1. III, t. I, hœr. 80, n» 6, t. I, p. 1072. 

^Voy., outre le 3« vol. de M. Wallon, Môhler» Br^chstUcks ctus der 
Geschichte der Aufhebung der Sclaverey durch dos Chris^enthum. ThmfL 
QuartaUchrift. Tùbing. 1834, p. 61 et suiv. , 



LES CLASSES LABORIEUSES. ^33 

ëbertéi L'émâtidpation ne s'est pas faite et n'a pas pu ée 
Mre par un acte éclatant et brusque , par une revendication 
T^îalente des droits de rhomme; conformément à la nature 
«spirtlu^Ue de la religion de Jésus-Christ, elle s'est opér^ 
daw kouievér^eflient, uniquement par l'influence tëiite'^et 
éoiice de ta chbrttë. La chose urgente avant lout^ C^^àît 
d^affiraiMthir les âmes ^ il fallait les élever à la liberté In^é- 
meoneècioiontrer que, ce qui divisait les hommes dans ta 
fiité>terj*eétre>'^ n'était pas un motif de division dans là cité 
de'I>ie« , dû tous doivent être unis par le même respect et 
k Blême amour. 

C'est poulr cette raison que la doctrine chrétienne de Te- 
galité naturelle de totis les hommes a été appliquée spécià* 
lement à l'esclavage. A toutes les occasions et à toutes les 
époques de la période qui nous occupe , les Pères de l'Église 
se sont prononcés contre la théorie antique de l'infériorité 
■afibi^le'de l'esi^tave. Déjà Barnabe, exprimant la pensée 
apbstolique , dit que Dieu n'est pas venu appeler les hommes 
diaprés leur condition de serviteur ou de maître^ Nul n'est 
esclate par nature, disent Clément d'Alexandrie et Basile^; 
^Gbrysostome , examinant l'origine de l'esclavage, remonte 
jwsqu'à celle du genre humain , et rappelle que Dieu , qui a 
Oféé les deux premiers hommes libres et égaux, n'a point 
créé d'esclaves pour les servir^. L'esclave, dit-il ailleurs, a 
la même noblesse naturelle que le maître, la même àme, 
les mêmes grâces de Dieu^. Augustin proclame à son tour 
que fliaitre et serviteur ne sont que des noms divers, et que 



^Ep., c.^9, p.52. 

*Clem. Alex., Pœdag., \. IIÏ, c. ^2, t. I, p. 307. — Basil., De Spir. 
«., c. 21, t. lïl, p. 42. — Lactant., Dtv. instit., 1. V, c. 15, t. ï, p. 399. 

^Or. in terrœ motum et Laz., § 7, t. I, p. 782 j — Hom, 22 in Eph , 
§ 2, t. XI, p. ^67. 

*Hom. 15 in Eph,, § 3, t. XI, p. 114. v , . • 



^94- .. çHAl»lTsç.^v,, .... 

1§P imfflïpe^'qwi te portent sojïtwgiii^r.weoft^gW?^jHfi^ 
(Jftttl'Pèr^.qQe nous Yenons de cilar eoM^^çriP^fl, lipq,iqfjji^ 
^u|lui jvauxfQr que l'esclavage esl upe conséqii^npej(dft'J^?i 
c])pA^43,f.'hofî[iine, un châtiment du maqv^iSiiis^ÇjpJil,,^^ 
f^t diç,j^a.libierté^. Mais cette opinion étpitjQXiRo^^^ W^Mh 
jeiîjiipj^iMr^sngrave : si la servitude ê%\érm^fi,f^h\\^^9^j 
igi^ri^ft^.jp?^ puite du péché originel, Diejp. |i;^np5if^,^pi]fj^ 
plupiB pa^ liie du genre humain ; pourquoi leis.J^ç^pi^^ j|bçg^ 
^(ipjj^ .exempts de la peine? Chrysoslomeiç^^if^,^ 
^ifà^&^l^i de cette objection , en soutens^nt/qui^.jcjs^ 
n^.-sçintr pas moins esclaves que leurs. ,seryite^r3j,}p^^f(rj(jij 
q,\i,'i\s J^rSOQH de leurs passions et de leuB^.vjjce^f.. .Ç^.j^Vjr^ 
™Wi<!f ^flR'JS Mraît pas avoir beaucoqpflÇjfoRç^^jç^iî)^/^ 
^liKf,ait,,fpjfi/ift<*6 que les maîtres s^m,.f^y9r,i^q„.,|)^:|H;jig5 
raiejrt àt,pfl,cff gu'un seul joug,. tandi^iqjyfp„^^rs^sc|^^^Sj^ 
sqbiraifiotuPifioHble, celui de la servitude €i?j^çfli|ipj^çi,,/5g- 
l\ii du pftç^^é.^'ils partagent avec leur^s n}p\Çf,es^j.,y^pjn^ 
dp^PèreSj n'est vraie qu'en un sens \ s'ih Sié^iqp/^^tjpfijij^f^^ 
vftmeni^ l'esclavage, comme toutes les autrpSi jqiqyji^jjj^ 
t'ainpieii.moinde ., àja chute de J'homme p^r ^qitiç iif^jf^h^^ 
s^Ds vouloir y trouver un châtiment pour qne^^u^çr^ç^g^ 
de, rhiunanijtéj.nous nous serions abst^n]u.de.%ire'flï)jç^p^f^ 
^rvafiw ?^vir mie doctrine qui nous aurait 'paj:u, ia.çofi^^e§;| 

, A,jc6t4 de cette idée, un peu confuse de l'esclaya^ejrffjfç^ 
sente comme châtiment , se rencontre chez les Pères l'idée 
pl^s clair.e, plus historique , que la distinction entre inaitres 
et serviteurs est le fait de la tyrannie, de l'égoïsme des 
hommes ; Augustin lui-même déclare que la cafuse de laiser-r 

*Enarr.ùiF4t.A2Ây §7, l. IV, p, 1058. -^.Gx)mpwvGlç«>^ Alexv^ 
Pdidag.) h IH, c. 6^ 1. 1, p. 274 ...,-'- i ' « 

. L2Ghry3ost„ Serm. é et ^ in Gen., t. IV, p. e§9. 665.. rr-.AugUf*j/ D(^ 
«*vt/lJDiet\lHX, c. 15, t. Vlï, p. 423. . ., ;; , 

^Hatti, iS^M^Eph,, g 1, t, XI, p. 163. ... ... . ,.,„... 



LES CLASSES LÀBiorRiEUSES. ^^ 

^kiiàé'âMè^ë 'fermée dans l'iniquité des unsrëPfltfttfe 4ël 
lUiilhëUl^ dfeS'àblVe*'*. Dans cette condition extérte^ëVl'âttd» 
fèutirefetëi''l}brie^, ^e n*estque le corps qui est âs$feff|r'ilJ!lJ6sr 
docteurs ilé PÉgliéé parlent , comme les stoïdéiis,' (Ée'l^éèWâ!^ 
vage dti èo^ps'et dé la liberté des âmes, et, tandli^qâ^ lél^ 
pMtoioJiHfe^léii'r^-ètoproritent, à leur propre insu pebti-<êtl^,L 
qUyt^uyéftdëéèdhi^tiennes, ils s'emparent, ^ leerritcWriidëf 
lPai^^limèîiM'<yn'et des- termes des philosophes ^ màfai, étt^lët 
s(()(^î'qtlkrii'ktt christianisme, ils leur donnent unsen's^W!^ 
^WlytfO éi'^pWs vhiî. Ambroise dit dans un langage 'atWte^iife 
â^iéëliiîd'Èplîctète: ce n'est pas la nature, mais -lé rilkttqûtf 
dfe' sà^^e qû! ï^end l'homme esclave, de mêniié qtfW^rfé^ 
(ïèVïeilt'tràs Iftfë paf la manumission , mais pai* fi'dfèélpiVè'i' 
c&îiMieut'ésV'^t^imenl litre qui l'est en ltfî-tttêriie!;^xliafe' 
éëh'ïfcîi^f4)fi'à'{y|)èll'é libre l'homme que rieff 1t^>ttJ^êché^•aè' 
sôftVté s^dHftilxrtitè fie sage est donc libre, car il h^erist^'iaili^ 
élftl^bByclé qtCil 'aft- à craindre 2. Le christianisme 'élêVë' 
Mte' tyoWë dfe'là liberté intérieure à une plus graiàdë hsfu^ 
rèhi^qtië'lisl' philosophie, en montrant que ce n'est paë >Pftn! 
oW'Pà'it'i^fe diôs'vicefe qui retient dans la servitude lefï OU' 'tel 
îiirdl^Mà !, iiiafs que tous les hommes sont également esclaves 
dH'|)iébKé ëtl génébî. II n'y a pas d'autre œuvre serV4lë' que 
WpéWêr'^ é^esi là le seul esclavage réel , uûrrerse! , '*6tiiriiUfl 
au maître et au serviteur; la liberté civile n'en exempte -et 
rémapcîpatîon n'en affranchit personne^. Dans ce srfns, 

'»•.!■ • •■ ' • ' ■ . .,r,. 

"^ '^QÙœst. in Gen., I. I, quœstio 153, l. III, p. Il, p. 3H. — Cre^! N'aii.l 
Carm, varia, carm. 52, v. 29 et saiy., t. II , p. 127; — or. 16^ et 24] 
t.iï,'p.'25B. yfâ». '........i 

2Ep. 37, § 9 et suiv., t. Il, p. 932; — De Joseph patr., c. 4, § 20; 
Dé Juca^ët^viià bêoté, \. If, c. 3, § 12, t. I, p. 4Î>0. 462. . , v 

3Tatian., Or. c. Grœcos, c. 44, p. 253. — TeutulL, I>»<;«Hofi4,v.oi48^ 
p; i99v>^'.Cypr., De.npere et eleem,, p. 244. — Ambr., ep*.37>»g)24, 
t. Il , p. 936. — Chrysost., Sermo 4 in Gen., g 2 , i, iV, pi ê6(X» n^ 
August., Sermo 134, § 3, t. V, p. 455. — Hilar.,\^i>a«*.'ito Jrt!^vtf35, 



3S6 CaAPITRBIV. 

l'ièsdairef s'il a vaincu le péché, sera plus 'liiiee"qiie ^on 
maflre ^ si celui-ci est encore dominé par sto égoiame ; j'9^ 
peUf^ oqUe et seigneur, s'écrie Gbrysostome ^ r0sclav6.€oii^ 
yurtdfechdlfies, si je vois sa vie-, j'appelle bas et Jgmyble 
eelqi-quii, au milieu des dignités, conserve ufiësâibe'^eovileAi 
j 1. Mais ioompent arriver à cet affranchiasemieni/éoipéclié^ 
^iiet est celui qui peut nous en délivrer? c^esLJé^irstClfarist: 
Poiir'8|Q!$efttir vraiment libre, il faut-commencëripoinpebom 
nâjtre qu'on est dans la servitude du mal , il fauc ^'ikumiM 
dans la eonscience de sa misère et entrer dans le seriicedë 
JésHSrChrist qui seul est notre libérateur, notre patmo y 
aoIreTédeuipteur^. C'est ainsi que l'esclavage efitémor lui^^ 
médie est détruit dans sa nature par Jésus-Chcist ^qunid il 
aiNobt les suites du péché; lui, le Seigneur, a: pris lja,&ir4në 
de serviteur, pour que le serviteur soit réfaafoilitéj^ éieNdikif 
dignité du maître^; affranchis par lui, les •homBieei.sant 
^aux en lui ; en lui, il n'y a plus de différence edtre)teimailaro 
ell'jesclave*. ..;»;. 

Dans l'Église, l'esclavage n'existe donc plus que de nooi^^ 
c'est une condition extérieure, accidentelle, Battsinflaende 
^r la valeur morale de l'homme. Uû chrétien &e saurait 
être esclave 4ans le sens antique du mot ; ceux que le momie 
sépafe et subordonne les uns aux autres, sont rapprochés, 
unis par la fraternité^. Il n'y a plus de honte attachée k la 
qualité d'esclave^ ; ce n'est pas même un opprobre de serw 



§"6, p. 4^5. — Paul. NoL, ep. 9, p. 44. — Macarius, De liber tatemen'*- 
tis, c. 31, p. 222. 

^ Or. in terrœ motum et Laz,, § 7, t. 1, p. 782. 

2Jésu*-Christ est notre nmanumissor,» Ambr., DeJaooit, e^c, 1. I. 

^Attgust., Sermo 374, § 1, t. V, p. 1020. 

^Anibr., Exhortât: virginit,, c. 1, g 3, t. Il, p. 278. 

5 Chrysost., Hom. 29 in cap. IX Gen,, § 77, t. IV, p. 29#» 

«Id„ Hom. 22 in Epk., § 2; - Hom. \ in Philem., § 1 , U XI, 
p. 166. 774. 



LES GLASS6S'i'À0»BlEUSES. S3T 

sons tt«iinay!¥Ëis maître ^^ le ehréttèa sapportela servihKlé 
SS0SS muitmcice ^ ëe même que, s'il est libre, il nes'etfifsât 
pa&nD siijjet d'orgueil ^. Dans le royaume de Dieu itiya ffloq 
ehbiNri^'; 'fiOin-^settleîQeQt servir n'est plus un désbonhévr^ 
liais c-jest>itt pins haut degré de la charhé. C'esl Ibleiplas 
grabd (reèvér^meut des idées antiques. Si le panen^dcîiait 
sfélcdiileiiid'jânteudre les chrétiens proclamer qui& le trdvarit 
estrbamHTfiblev combien plus ne devait-il pas êtresurprisied 
leslàoletidaut^ parler de la dignité de la condition dipseivi^ 
téur! Tmis ie& hommes, créatures finies et bcMmées^ «ofi!l 
égdem^nt dépendants de Dieu , nul n'est libre absolbmieiitl, 
tétf^ jCMCOureni aui fins de Dieu qui, seul libre^ est^lèm 
iniiinreipni versée, ayant sur eux tous un drmtaaprdme. iiour 
destiàaliofr el;lenr glaire consistent à reconnallre^tleldéi^ 
pieiidaffiide el ^ l'iauebepter en servant Dieu , non par contrainte 
lïO'Saaststo i'endre compte, mais par amour et aVec pleine 
e«)Aisoîeiicejd&ee^ qu'ils font^. Cette libre soumissionna Dieii^ 
qui est la plénitude de la perfection humaine , a été refré^ 
seotëe par iésus-Christ ; il a donné l'exemple de lai parfaite 
obéissance^. Il relève ainsi ceux qui étaient (ccouehés'îi 
terre:,» en même temps qu'il enseigne que le plus graa»â 
abiouF consiste a obéir ^ Dieu , en se consacrant librement 
au Service des hommes. Rien peut-être n'a contribué darranr 
tage à réhabiliter les esclaves , que cette idée si profondéh 
ment chrétienne de la charité consistant a sermr les ati(ires^ 
idée personnifiée en quelque sorte dans la vie et dans la 
mort de Jésus-Christ^. Jésus-Christ demande qu'on l'aime 

^Theodoret., or. 8, t. IV, P. I, p. 604. 

2Tatian., Or. e. Grœcos, c. H, p. 253. 

3August., Enarr. 3 in Ps. 103, § 3, t. IV, p. 867; — Sem» 21, § 6, 
t. V, p. 79. — Bas., De Spir, *., c. 21 , t. III, p. 43. 

Umbr., Be fide, 1. V, c. 8, § 109, t. II, p. 570. 

51d., ep. 37, § 23, t. Il, p. 936; — De Joseph patr.^ c. 4, § 19y l. ï, 
p. 490. 



frt^^)(|iiai<ii)iaritfnoor poui^ lot, on obéisse ë«lses')Qainin[amie- 
lii6i^st',>^te 'plus gpand ainoor poar luioon-sôgiiiMra^dbpeiâ^HsîSf 
ànle^<S6rMir en le recotinaissant pour mâitPet c'est )lkv ta ernsfiq 
Itiferi^éiatérieiire, la dignité la plasgraode-, la<seiil«dcMÉ»iûû^ 
Uk»DfiédUef. Tertullien a pa dire<}uel6dtt()»ée'a (Mnal(iré4é 
senos des; mots, en appelant libertétun étatrquifi-éHpifôidifl 
féDepHetFeactevage, et servîtade coiquiiesi laitepMitiDniâti 
TiéifttaUe iUfiTafnchisseinent^. Aussi eebowcdeisèriiriteeièijOasd 
thépri^é ib la société païenne, est-^l poiir Ie9f)$(ti|élnéiis)1b 
(iipe le plus honorable ; ils ne veulent piasiêtreiappelëfiroiicvëi 
menil^quefserviieQrs de Dieu et de Jésus^brifi^t^i^Grtiiirifiri) 
par leurs fonctions dans l'Église, octsttporijco^ijesipveintoié 
ïaQgB\^)'p[i9mt'àe prétérence ce iilre,<ieJ»^)ajDalKiif)d>^d'ils 
étàiûxïlénymièfBe lemps les serTftetttsdebiaMiimeaicBDbfisej 
de toiui%U$6f}^ Car servir les hoanneç,^ domnMDJésas^^êrst 
r^Ybit< ^f<t , *étaic le moyen suprême dis lé-^orviir'lfiH-aBËnaef 
efétftitiun'don deDieu, et les chrétiens devaîesiittlse'iglieriéied 
deisdiooiinmer, h cause du Christ, les servitBurstid»itJ9u$ihi9 
hbiBln^Si^-. { . ' Mj rt-'iiit JuJ 

jfi'-' u'' ', '<■'- . :.; ■; : ' ' •'.'■... .j) :'»nuMïl()0 

jf « ^st scfpiei}ti.€t servire libertas.» ïd., ep. ,37, .§,24}^ f^ 93Çlj j~ 

Paul. NoI., ep- 8, v. 33, et suiv., p. 41, — Pelr. Chrysol., Serma 115^ 

pvm"' '• ' • '■" "-'^"-'-f' 

"^IM cotdriâ, c.' 13, p. 109. ' - • '" ' ■■'■''••■^ ' 

i ^Ouà^ IpAtiâét quelquefois que ce nom ne désignait q^e les ^^^rës'fulefi) 
mçplr^st} xî'est.una- erreur'. Herma s appelle tous les ' chrél*i<^q[S ideç 9nTté\ 
i;»^ (^ I ,. \{is. i, c. 2, p. 76). Tertullien, en parlant de Tépouçe cl^;^- 
lienne d*un mari païen , l'appelle ancillaDei {Àdux,, 1. Il, c. 6, p. 470]|f, 
les chrétiens en général sont pour lui des servi Dei (p. ex. De spect.. 
ci', p!'72). Les chrétiens de Vienne et de Lyon, écrivant à ceiiX^tl*Àsié, 
s'feipplôlfeiil ôôi5Xoiypt<rtou (Euseb., Hist,eccl., l. V,- (r.'4,''p,'*54)i/Ob« 
a^pélairt >aib9i des enfants et des femmes. Voy. les înscriptioBSchcZ'Mu^r 
ratori, t. IV, p. 1834, no40; p. 4856,no3; p. 1892, n» 7, etc. j et chez 
RÎittfesiiïs", p. 1O04, no 449. 

^Cetle coutume s'introduit dès le quatrième siècle. Voy. August., epM J5.'> 
22!trf,= t.'lï/p. 406y6S|8. ' ' • ' 1^ - «' 

SaAouXouç TÊ TtavTO)^ Svôpwïcwv iauTobç 'sivat^ôY^ovtôtt.M ^MtibtfriUs, 



LES CLASSES EABORIEUSES. 939 

^ËDDprëseocertdeà principes* que nom venoM^'espfymt^pcki 
i»&t8era(plb9;sftiiP(Mrfs>de de que les premiers chpé<ieds.i^^d0t 
pa^!piro\i€l(|iié ('abolition immédiate de('esclatage:ii]&snsuiné 
sooiéÉéfeàitQUSfks hommes sont égaux par natupeiet €ki'ië4 
St^Gbnièlj) etM6ii<)ar66rviAude libre est le plus haâtiAegrédé 
lliiiiMf >l4bB£ctayag3 n!est plus qu'un accident, dans^ub sens 
irtfiDinietnkcpIuii vratiquepour les stoïciens. A hiéjké^m\ 
tecjdciiliiiB^mfiiiieitdoii disparaître, car il est' le Hsoltat 
dtum^idàjflbiieei, ^oq manque de respect et d'amoufi ))p«t 
ri)0inaB6l;.Mp[)8i8il!Églîse peut abandonner a tu ctiaritë >qu) 
trÎKpmpfaetdeitout.ke/soin de faire cesser un jourimeiîpsttoiu 
4ioôntiififi iuk^Mipai^ie avec le royaume deDieu;^>. " ni i i\,n 
^Mh^àmnQiipUmsùctM cette charité devait) ts'fcKfCfS'jiuap 
lasifdtlantesltitMiiÉieisiir'^les maîtres, en les napivradiântiteè 
tHisitIè«eaiilbesû[i&ic»lespP6iBiers chrétiens contiKdaiënAcd'a^ 
Toianâe^fittlTTiitaiffisS il ne faut pas les accuser de oof^tradie-i 
tioiiiiieA^rerldiinKDcmduiteetleur théorie; cettae oontnadicitloQ) 
étditijcffadée'pafr la charité. La distinction eitéricoiie snbsisi^ 
tait, mais ce n'était pour ainsi dire que par un effetideild 
coutume; dans le fait, l'amour fraternel du maître pour son 
esclàVe et de i'esclave pour son maître devait Tannuler : ils 
devaient se considérer tous comme frères en esprit, et comme 
également serviteurs de Christ'-^. Fidèles au prée^Apte ajjps- 
toliquevqtte>ohaeun doit rester dans la condition où Dieu^l'a 
placé j et pleins de la pensée que la liberté spirituelle est plns' 
pfétieuse que tous les avantages terrestres, les prémiey^ 
Pères déjà ne veulent pas que les esclaves chrétiens se hâtènij 
d^ demander leur émancipation , afin de ne pas paraître 9s-, 
oloves de .leurs propres désirs ; qu'ils continuent de ^^;v'\r^ 
saWs murnure, écrit Ignace, et Dieu leur accordera uqe' 

Decarit.y c. 3, p. 138. — Ambr., De paradiso, c, 44, § 7^,, ,^,1,) 

Uust. Marl.,4po/. 2, c. 12, p. 96. — Athenag., Çf^., ,p. 35jp.3^#., 
*Laot*|ït., Viv, imtit.^ 1. IV, c. «6, 1. 1, p. 401, ^ 



240 CHAPITRE IV. 

liberté meilleure que celle des bomoies^ Quelques «ièeies 
plus tard, le synode de Gangra , en Paphlagcrnie, prononça 
Tanathème contre ceux qui enseigneraient aux eaclâvet. seos 
prétexte de piété, de chercher k s'aflfranchir et de^^ne pins 
servir leurs maîtres avec un respectueux empresaenienl^. 
Sans doute, il arrivait aussi que des eselave»chré^e&s se 
récriassent soit contre la dureté de leurs maîtres, rak.eoBtre 
la servitude en général; il yenavaitqui préteiufoîeiii^ii'ayaBt 
reconnu leur Seigneur véritable , ils ne devaieol plus en avoir 
d'autre^. Maison les rappelait a l'obéissance pur lesroonsîdé- 
rations les plus fortes : resclave. est-il dans la maisottd'un 
maître chrétien, il l'aimera comme ua père^; i\ kà sera 
doublement attaché, par sa qualité d'esclave popr ietiemps 
et par le lien spirituel de la charité pour réternjté^.^ 'k maître 
est-il païen , et d'autant plus dur peut-être envers iS^aiservi- 
teurs que ceux-ci croient en Jésus-Christ, le deviWr de l'o- 
béissance reste le même , sauf le cas où le msâtre veut les 
forcer ii des actes contraires à leur conscience ou a leur foi^. 
On les exhortait en général à la douceur, au support , a la 
soumission ; ils devaient montrer par leur conduite e^^iabien 
la vertu inspirée par le christianisme est différente de oelie 
des philosophes "^ ; on leur recommandait de supporter la 
servitude sur cette terre d'exil et de passage, où uuUè créa- 
ture n'est libre , et au delà de laquelle le chrétien attend la 
délivrance et la gloire céleste ^ A ces exhortations, qui, dans 

* ÂdPolyc, c. 4, p. M. 

2Can. 3. Mansi, t II, p. HOL 

3Chrysost., Hom. 4 in fit., § 3, t. XI, p. 753. 

*ComtU. dpost,j 1. IV, c. 12, p. 301. — Gypr«, TeUim. m{i>. Jud., 
I. m, c. 72, p. 3-24. 

5 Hier., Comm. in Phil , t. 111, p. 451. 

eid., Comm. in Tit. % t. III, p. 429. 

•îChrysost., Hom, 22 in Eph., § 4, t. XI, p. 166. 

8 Âugust., De agone christiano, c. 7, t. VI, p. 18< y.^r- De eivii. Dei, 
1. XIX, c. 15,1. VII, p. 423. . , 



LES CLASSES LABORIEUSES. 211 

Tanarc^ie des derniers siècles de TEmpire, n'étaîenf peut- 
être pas toujours éeoutées, on joignait des défenses qui 
prouvent combien le christianisme savait allier le respect 
des droits acquis h ses doctrines d'affranchissement intérieur. 
C'est 2àm\ qu'en 45Me concile de Chalcédoine défendit anx 
CGGvents de recevoir des esclaves sans le consentement de 
lairs maîtres, « ttinque le nom de Dieu ne soit point désho- 
BUrë,» c'est* b-dîre que le christianisme ne soit pas accusé de 
prêcher la désobéissance ^ Ce n'est pas que les Pères n'aient 
pas reconnu ce qu'il y a de triste dans la condition servile ; 
c'est on dur office, dit Hilaire de Poitiers , et Augustin dé- 
cla»re que toute servitude est pleine d'amertume*, mais ils 
apprennent k l'esclave k s'affranchir intérieurement , à s'hu- 
ntriier d'abord pour triompher du désir d'être émancipé . et 
à s'élever ensuite au-dessus de son état qui , en lui-même, 
n'est pas un opprobre , pour parvenir à la vraie noblesse de 
rftme-, car, disent-ils, la servitude de l'âme est infiniment 
plus dure et plus misérable que celle du corps ^. 

En ne consultant que les désirs de l'homme naturel , on 
serait tenté de croire qu'à cause de ces exhortations à l'obéis- 
sance , le christianisme n'eût pas dû trouver beaucoup de 
partisans parmi la race esclave. Cependant il en a été autre- 
ment. Nous savons que , dès le deuxième siècle , de nom- 
breux serviteurs de grandes maisons avaient adopté l'Évan- 
gile^. A coté de la dépravation païenne, ces esclaves, affran- 
chis par Jésus-Christ, ne cherchant pas à rompre violemment 

^Can. 4; Mansi, t. Vïï, p. 360. 

* « Officium quidem durum , tamen homini non omnino miserabile . . 
At verô animœ captiviias quant infelix est.» Hilar., Tract, in Ps, 1^5, 
§ 4, p. 408. — € Omnis servitus amaritudine plena est,)) Âugust., 
Enarr. in Ps. 99, § 7, t. IV, p. 806. — Orig., C. Cels., 1. lîl, c. 54, 
p. 483. 

^Acta Martyrii Justini, c. 3; in 0pp. Just. Uart.^ p. 586. — Orig., 
C. Cels , I. in, c. 55, p. 484. 

16 



242 CHAPITRE IV. 

leur jou^, restant esclaves sur la terre, parce,qii'il^ se sa- 
vaient citoyens du royaume de Dieu , présentaient Iç j^p^c;- 
tacle touchant d'un des plus beaux effets du chi^j^tiani^^^. 
tin fait appartenant à cette première époqpq nqu;; réy^|iç les 
sentiments que la Toi inspirait aux esclaves. £u^lp,i,sMf{^, $j&i[- 
viteur de la maison impériale, conduit avec ffus(jji;i et^d'^nf;:^ 
devant le tribunal du préfet Rusticus, et inteirf*^é.P|^^^- 
*lui-ci sur sa condition, s'écria : «Je suis esclayç.dejl'^ijjij- 
pereur, mais je suis chrétien , et c'est de Jésus-C^ij;i\st.i({i|e 
j'ai reçu la liberté, par sa grâce j'ai le même esjpoj^f.qgi^yinfîs 
^rères^» La résignation stpïque d'Epictète est ad^îrf\h|e|, 
mais la liberté d'esprit de cet esclave chrétien ,e&( plu§ i^^ 
encore , car elle est plus sainte et plus pure. Çet^e; .ra^çi; qié* 
prisée, que l'antiquité croyait incapable de tQu,te^pr,tuyjifj|^, 
a fourni à l'Église beaucoup de ses pliïs glorfe^jt.pjuçjtjjrjs 
préférant la mort, plutôt que de consentir apjfjt^fln^fifiçp 
propositions de leurs maîtres, ou de renoncer ,^le,Uj^',foj},,|çs 
I^otamiaena, les Eutychès, les Victorin, les M^f:9Ç(.,jJeSj.]Mjér 
rée ", les Vital et tant d'autres ont rendu ainsi Iç jt^^jgn,^gp 
lé plus éclatant de l'affranchissement de Fàme jpaf ^ç^^Sf- 
thrist, et de leur amour pour leur divin libérajteur.^. ^ .. 

L'Église ne donnait pas seulement des cqnspm djÇ pj^- 
tîence aux esclaves , elle avait aussi des précepte^ d'^iip^f^- 
nité et de douceur pour les maîtres. Si elle n'a pas pu dii;^ 
aux uns de s'affranchir eux-mêmes par la force , elle n'a pas 
non plus exigé des autres de renvoyer brusquement leurs ^efr 
vîteurs. Pour nous servir des expressions du savant lii^jpripp 
de l'esclavage, «ce n'était point l'esclavequ'il semblait urgent 
d'ôter au maître , c'était le maître qu'il fallait sqrtput déti^ber 
de l'esclavage, par le sentiment de la dignité de l!hQmiiie^,'> 



^Acta Mart. Just.y l. c. 

^Cypr., De laude martyrii , p, 345. 

3 M. Wallon, i. ÏII, p. 318. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 243 

^ i, .1, • . 1. . . f ■ , U« »' 

èf, coinmë nous Croyons devoir ajouter, par le sentiment de 
la cfiarité eriVérs Tesclave , respecté dans sa qualité d'horpme 
ël démembre du royaume de Dieu. Dans l'Église , les ser- 
"Vttéurs'nè sont plus de ces instruments sans volonté, dont 
Pâîîlfiiiitté'flerinettail au maître d'user et d'abuser selon ses 
''volontés?,' ce sont des bommes , qu'une tyrannie détruisant 
TégfàWté tiâturélle a réduits en servitude, et qui par cela 
«îféj^'niWtént notre sympathie* ; il y a plus, ils ont un droit 
îl'feiJti^é'Ws'pect même , parce que , si une dure fortune les a 
'liKVéS''(ïe Jeur liberté extérieure, une volonté énergîqiie 
ÎKllbt'Iétit conserver leur liberté spirituelle^; ce sont,, en un 
^frrcrtV^l^sr frères, appelés au même salut, à la même pariîci- 
patibû brir grâces du royaume de Dieu que les hommes 
'Hbrèè:'-0^ôn lie croie donc pas qu'on puisse les mépriser'^ 
Wlé^^lràltér'comme des bêtes de somme*, ou qu''on puisse 
lètir'fBfUkef le dffÔTt et la justice^. Chrysostome s'écrie : «Ne 
vous "jmàêi'ï'^z pas que ce que l'on fait contre les escfaves 
siéra' pardonné comme étant indifférent , parce que ce n'est 
fett'qnè contre des esclaves; les lois du monde connaissent 
fô'dméreAce de deux races, mais la loi commune de Dieu 
l'ignore^.» Les maîtres doivent se souvenir qu'ils sopt és- 
. clivée tout autant que leurs serviteurs, que, pour être libres 
(éi^iiement, îls n'en subissent pas moins le joug du péché, 
qu'ils ti'en'sont rachetés par Jésus-Christ que pour entrer à 
son service, et que ce divin Rédempteur s'^est fait humble 
liiî-mëme pour servir les hommes , pour leur donner un 
êiiemple à Suivre'. Qu'on ne dédaigne pas d'avoir pour 

' '*Nilus, Perîst., sect. X, c. 6, p. i6S. 
3tei(j-.!p^|us., i. I, ep. 306, p. 68. 
^Igoat., Ad Polyc.j c. 4, p. 41. 
* Clem. Alex , Pœdag., I. III, c, H , 1. 1, p. 295. 
^Nilus, l. c, note 1. 

« Chrysost., Hom. 22 in Eph., $ 2, t. XI, p. 167. ' , ^^ ' ^^ 
7 Ambr , De Jacob, etc., I. I, c. 3, $ 12, t. l, p". 448. 

16. 



244 CHAPITRE IV. 

frères ceux que le Seigneur lui-même honore de ce litre * ; 
%^'m les aime comme ses égaux , comme des 6Is auxquels 
Qp.^si uoi par la foi^; qu'on leur montre cet amour en les 
tf 2^tai(it sans la dureté païenne , avec douceur et bienyeil- 
lance:, en reconnaissant les services qu'ils rendent et en leur 
pardonnant volontiers leurs fautes^. Contre les maîtres qui, 
^^urda 11 ces conseils, méconnaissaient les principes^ de^l'É- 
v^figite, rÉglise prenait des mesures non moins sçyèr|{s que 
contre les esclaves qui se refusaient à leur devoir ^, elle Içs 
déclarait indignes d'être ses membres ; elle refusait les of- 
frandes du maitre qui maltraitait ses esclaves par de^ coups, 
par la faim ou par des travaux trop durs^,; la femme, gui, 
d9^9s.,la< colère, battait sa servante de manière à cau$ep. sa 
mort ,. était exclue de la communion des fidèles^. 

On voulait établir dans son vrai sens la famille q^ue Rpine 
ancienne n'avait cherché ^ réaliser que par la subordination 
rigonreuse de tous les membres k la puissance du p^re etdu 
chef;; dans l'Église, elle devait être unie par la chai;ité réci- 
proque. Le maître, dit Ambroise, est appelé père de famine, 
^n qu'il gouverne ses esclaves comme s'ils étaient ses fîls.^- 
Augustin demande qu'ils soient dans la demeure du xnaitre 
comme dans la maison paternelle , qu'ils soient traités , 
comme les fils, sauf les droits de l'héritage ^. De là décou- 
laient pour les propriétaires des devoirs dont l'antiquité n'a- 
vait eu aucune idée^ elle n'avait connu que des devoirs de 
l'esclave, sans en imposer aussi au maitre. Désormais, le 



Uugust., Sermo 58, g 2, t. V, p. 236. 
^CQHStit. apost,, I. IV, c. 12, p. 302. 

3Barn., c. 19, p. 52. — Basil., U&ralia, reg. 75, t. Il, p. 3M, 
Petr. Chrysol., Sermo 26, p. Hl. 
*Constit. apost,y\. ÏV, c. 6, p. 197. 
^Conc. d*Elvire, 305, can. 5; Mansi, t. U, p. 6. 
^Ep. 2, §31, t. Il, p. 762. ,, , . 

7August., De civit. Dei, 1. XIX, c. 16, t. VU, p. 424. 



LES CLASSES LABORIEUSES. 245 

serviteur étant frère du maître, celui-ci doit avoir soin de 
son âme , il est rendu responsable en quelque sorte de son 
safut, il doit le surveiller, le corriger, et surtout juî dôtew* 
l'exemple d'une conduite fidèle, grave, modeste, ()1èiHe 
d'amour : en un mot , il est tenu de l'élever à la vertu et èr h 
pieté*. Dans les premiers siècles de l'Église il y a eu dé cé^ 
maisons oîi' inaîtres et serviteurs ne formaient qu'une fe- 
ndille ^daiis îa signification chrétienne du mot ^. Lors^tfé 
fiiectë est citée devant le tribunal , cinquante de sïes es- 
éfàvési' poussés par la reconnaissance, accourent pour renSte 
tembîgriagé en sa faveur^. Paulla, la descendante deià Paol- 
Éii'ile-, léa ^ Pabiolli , sont citées comme ayant 'fté'jjltflôt'leà 
doilàéstiques que les maîtresses de leurs femimefe**; * - • • 
^"^llYestait encore tin pas à faire : il fallait arriVet* îi l^nààn^ 
cipation civile.'Aussî ïeè Pères ne se bornenr-Hépa's^'>ef^ 
5^8l8ââ'r/é*er àak ifaaîtres la douceur et Ffruihâfririté ; H^*ne 
S'égfî^ènï rîen poilr les convaincre que Tesclavagie est cott*- 
{raîre Vfâ i^atiirè de l'homme et à celle du royaume de Dieà, 
et pour lés engager ainsi a aflFranchir leurs serviteur: Cé^ 
par Ta persuasion qu'ils veulent obtenir ce résultat ; ràUVart* 
chissénient doit être un acte libre de la charité; un eBfet'àte 
îa veflu communiquée à l'homme par le chrislianisitié. "î^î 
tes docteurs de PÉglise insistent tant sur le devoir dés mâllrèè 
d^eléver leurs esclaves à la piété, c'est parce qu'à leui*Sf yéiil 
c'^ést le moyen le plus sûr de préparer leur ëmaticipaUon ék 
les en rendant dignes^. Grégoire de Nazianze représente 'aux 
maîtres qu'affranchir les esclaves, ce n'est que rétablilr F ôrdi'e 



^Clem. Alex., Pœdag., 1. Ilî, c, il, U I, p.âOÔ. — Chryeost., !!<>»*. 40 
in 1 'Ûor.,$ 5, t. X, p. 385. — Hieron., ep. 130, t. I, p. 989. ' ' ' 
2 M. Wallon, t. III, p. 339, et les inscriptions qa'il crie. 
3iicfaSS., Janv.^ t. I, p. 604. ' ^ .i, w 

*Hieron., ep 23 et 108, t. l, p. Hl. 705. • ^ 

SNilus, Perist., secl. X, c. 6, p. 165. ' '. '■ *■ 



246 CHAWTRBIV. • 

de la naturel Ghrysosiome surlont déploie éaoscQ but bms- 
le& moyens de son éloquence , malgré le$ miirmurfs^dei 
qq^lqoes aembres de son église. Il veut qu'on se restFosgota- 
s^ipi «^rviteors les plus indispensables, qu'on afihmchi^elesi. 
aiitm^^ après leur avoir fait apprendre des métiitits «uliles ,*. 
(|il'pQ*n'eii âcbèle de nouveaux que pour les ioalruirevafivt-' 
def.ka.rendseà leur tour à la liberté^. Il ei^pt^ime-ledéliri 
qfjf^l'ie^avage disparaisse par les services mutuels iqueMliéat 
Qâ^lesserendeniparcharité ; la vraie communauté cbilétà^nie.^ 
doi| être une famille de frères, également libres et égdt^UleiM' 
seçyileufs les uns des autres; «qu'il y ait un mi|tuial:éfsbdfigej 
de services et de soumission , s'écrie-t-il , et il» n'y au^aiplusi. 
d'esclavage ; que l'un ne prenne pas rang parmi les^liJpifesi 
et l'autre parmijes esclaves , il vaut, mieux que iDftiU)e«.ët| 
esclaves se servent les uns les autres , une telle serviNide^ 
sera biett préférable à une autre liberté^.» . >.'.i.; l 

Ces idées ne demeuraient pas sans effet»: Dôibomtenbeuffei 
déjk, longtemps avant que Chrysostome eût, élevé l$a'Wi)i» 
en £iveur des esclaves, il y avait eu de glorieux «semploadie) 
ipiiilres cbréliens affranchissant leurs serviteurs^ Lepremiër. 
connu de ces faits est celui d'Hermès, préfet de BbooRessous! 
Tral^an, qui embrassa le christianisme avec sa femme^ fiw 
eafants et ses 1250 esclaves. Le jour de Pâques^ jourde leun " 
t>aptôme y Hermès donna à ces derniers la liberté et, de riûb6$t 
secours pour pouvoir s'établir. Peu de temps après , il suèit^ 
le martyre avec Tévêque Alexandre qui l'avait consyerliMJiii 
autre préfet de Rome , sous Dioclétien , Chromatius , célèbre 
dans l'Église par sa charité et par son zèle, affranchit. ses 



*0r. 16, 1. 1, p. 236. 

2Fom. 40ml Cor.^ §5, t. X, p. 385} — ffo». iiinÀet., g3,LlX, 
p. 93. 
.. 3 açm. ^9 in Eph., § 5 ; - Hom. 1 in Philem. , § i , t. XI, p. 144* 775. 

^Acta SS., Mai, 1. 1, p. 374. 



LES GLASSBS LABORIEUSES. 247 

1400 esclaves V ^disant qee ceux qui commencent h ai^îr 
Diën pour père,' ne doÎTent plus être les serviteurs 'kieâ- 
bommes; lui-amsi leur donna d'abondants secours ^.MélfiP 
née d^nna^ du consentement de son mari Pinius, la liberté' 
à 8000 esclave»; Ovinins, martyr des Gaules, à 5000^. €iê^' 
grands" exemples étaient suivis par des chrétiens tn^iil^' 
riches. 'Dans Iqspnemières années du quatrième siècle, ttbid' 
(rète»itélri9thmnt leurs 73 esclaves^. Augustin amnôntjH 
a«ip^tii|p^teV dans une de ses homélies, que ptusiéurs cië^ë^ 
de» l'église d^Hippone allaient émanciper les <]uelqoe^'èf^ 
dates -quUte' possédaient*. ïl n'est pas à douterqti'HhY 
ait'eu beaucoup' d'actes de ce genre; mais les bi«l6ri6ilS'j 
feap(|bds^sëulem«Dt de ce qui présentait des pr^Hlio^é' 
plus'^stes , «V>at pas tenu compte de ces faits mbitii écla'^ 
tahCâi/'i •" '"' ■' • '•■■ ' • ' : .^^ 

Tandis que de rïehes païens ordonnaient partestaftaent-de 
faiie}(k)«itfr en leur mémoire le sang de leurs esclaves datas 
de&>eom(bàls>du cirque, FÉglise enseignait aux maStresl chné^ 
tiéifft dp (faire des testaments pour les affranchir et p^of iéur* 
aBsnnrerideslegts^. L'affiranchissement luî^-méme revêtit' y fi' 
earaetèieeècléslaistique solennel ; dès le troisième siècle, ùû' 
tok defi^tfnalti^ émanciper leurs esclaves, sans iesformd-^ 
' lité^ ahcii^nnes, dans Téglise, en préseoce du clergé et"des 
8dëles®'}'pour régulariser cette coutume pieuse, dès concSles' 
sifricains, tenus au commencement du quatrième -siècle^ de** 
mandèrent k l'empereur de décréter que les affranchisse^ 

• *iicfaSSf., Jant?., t. Il, p. 275. 

^Pignorius, Comm. de servis, Padoue 1674, in-4", prœf, — Palladius, 
Hist. Laus., c. H9, p 226. 

^ActaSS., Mai, l. VI, p. 777. 

^germo 396, § 3, t. V, p. 966. 

» Chrysost., Nom. i3 tn Matth., § 6, t. VU, p. 176. ) 

^Cefi8t»DUQ'(roa?â cet usage depuis longtemps étabJK : HJam éUdum 
placuit ut, etc,i> 316. Corp. Jur,, 1. 1, lit. 13, l. !. ^ ' 



248 CHAPfTIlE IV. 

meots se fissent toujours à l'église^ Ceittî q« vodaîl affrom- 
chir un esclave , le conduisait par ia main devant i'dttlël ; ta 
on donnait lecture de Pacte de Biannraîssion , pat* \e(fm\ 'te 
maître rendait son serviteur à la liberté, parce qo'éti «otilc^ 
choses il Tavait trouvé fidèle^; le prêtre y aJMiaif sa'bétf9- 
diction , et Tacte , élevé ainsi b la hanteur d-umaelttPOligiêUï, 
avait un sens plus profond et une valet p. plus irëelleiqoë Vfè- 
iiiancipation civile dans la société paiieiina; 'L?e8€fk|W4^)<iiii)é- 
tien affranchi retrouvait une liberté cofioplètc einhoàwimbli'; 
il entrait dans la communauté de ses frênes^ eutcniiiénfi'diu*- 
tantde respect que s'il n'avait jamais éiéea servitude»)' ' 

. . ' i ' M, ". r'.i; ..-, 
, ^ d. Les gladiateurs ei l€$ hi^ri^VL^i' . .ii-j:/ 

I .fl'ïi.ït; .j J'f. < A\ Kl . 

L'Église prenait encore un autrech<^ni'Pbtir;âorihreBà 
l'abolition de Tesclavage; c'était en .ienda«t s^ iii Aarâmitiii 
du nombre des personnes vouées a la.seftvitiuk^iàioet'^eftol, 
elle rappelait, les maîtres cjbrétiena il anetvietpkisisimt^, 
elle blâmait énergiquement le lu^^e.païen d'a^oirunUrop giGMld 
nombre d'esclaves inutiles ou dangerens. poulr les^mpeaiisi, 
elle luttait pour la suppression des occupatiiNM bentmwdb 
pour lesquelles on abusait de la race servite.'Cléiiif»tid1à>- 
lexandrie, bien qu'il ne désapprouvât pas forcdelletnent d!a^ 
voir des esclaves, trouvait blâmable d'en avoir pour.ks 
moindres services, pour tous les besoins du plaiisir ou en 
luxe^. « Pourquoi tant d'esclaves , dit plus tard Chrysostame 
dans une de ses homélies adressées aux chrétiens de Ckms»- 
tantinople; de niéme que pour les vêtements et la table, 
on doit , en fait d'esclaves , se borner au nécessaire. Et où 



* Can. £ccl. i/rtc, can.645 Mansi, t. III, p. 770. 
\2August,, Sermo 2i, § 6, t. V, p. 79. 
3Clem. Alex., J^œdag., 1. III, c. 4, t. I, p. 268. 



LES GLASSBS ^BORIEUSES. 340 

Q$i:tai teMitosspire'? je ne Je vois pas. Ud maftre deWàSt^be 
}feoqjt0Qtértdtim!.senvileor; bien plus, un serviteur deVf M t 
:^„ufSi^^ (te^x ou trois maîtres. Si cela vous paraît dur, sètf- 
^fPi .1(0^11^ qnî.ii'e]!' oot pas, et qui ne s'en séftétVt'^ 
Q^0dXi ^tpiiKS'ivile ; car Dieu nous a créés capsrbleiâ dë'^^s 
,9Ql^fijl^liloui6i«(iéniëS'etjde servir encore les autres... 9/i îfdës 
^ dopt6i3v'jQGiiiilçz)PauV : («nés mains suffisent kiMèf ikftifiv 
4tii^$usAfti<â0dtaveemi».» Ainsi ce docteurdu motidé,ifi|^ 
.éWacuMv 'msi arôugissail point de servir tant de miHfé^s 
4^b<Naimjas;^;et TOUS, tous vous croiriez ilétris , s} tous' né 
trainietà!iv>QÉi%satie*d«6 troupes d'esclaves, ignorflht qtte 
c'est là ce qui vous déshonore. Car Dieu nous a donné des 
pieds et des mains pour que nous n'ayons pas besoin de ser- 
viteurs... Que veulent ces essaims d'esclaves? On voit les 
riches se promener comme des pasteurs de brebis ou des 
t^Tonclenes td^pmmes^^^daos les bains et sur lëi pface^ pu- 
jhliçncaniHaci jeMvéfUX pas m'en tenir au droit slWct : ayez 
^MisefioDàsetviteur; sîvousen réunissez davantage, vous 
a6^itifait«6*poiBt par amour pour eux, vous ne le fikiies ^ue 
(dacu^ tfifitërét' de votre luxe^» Pendant toute Fà d'urée de 
i^!Ëffipn'&,rËgljse' lutte avec une énergique sévéri lé coUfrë 
(l^iabue ^ aonquiela la société païenne destiofàit leè éi^élavës ; 
^lâ^dombal avant tout les vices et les passions des m^itt^es^, 
<kinsf 'le 'double -intérêt de leur propre salùt, et de celui' des 
auilbeiireux qu'elle veut arracher de leurs m'aîns: Non-seu- 
tlaneni elle condamne avec la dernière rigueur le vice de là 
:itiii$tpa<nr{âc , en excommuniant sans espoir de féconciliatidh 
^oeux qui s'y livrent^; mais elle s'élève aussi contre ceux qui 



\ 



^Hom, 40 in \ Cor., $ 5, t. X, p. 384. 

^Barn., Ep.j c. 19, p. 5i. — Athenag., Leg., c. 34, p. 3ii. — 
Constit. apost., 1. VI, c. 28, p. 359. — Arnob., 1. I, c. 64, t. î, p. 44. 
— Chrysost., Hom. 42 tn 1 Cor., § 5, t. X, p. 4 03, — Éom, 5 in Tit., 
§ 4, l. XI, p . 762. — Conc. d'Elvire . 305. can. 7\ ; Mansi , 1. 11, p. 47. 



2o0 CHAPITRE IV. 

ODl à leur service des gladiateurs el des bislrioii», ou qui 
fréquentent les spectacles el les cirques. ËnmiUeoeoafiidos, 
les docteurs et les prédicateurs chrétiens reprësantenl sIceoB- 
qpi aspirent h être citoyens du royaume de Dieu les dftngejrs^ 
de^ j^i^x publics^ les combats de gladiateurs ou^de bêles. ickior* 
inspirant une horreur profonde ; ils ne voient f>as;ée diffé^ 
reujce.eqtre un homicide et le spectaïaurqui assistes la^vidai 
el ipiipitioydble, à une lutte à mort; s'asseoir suirlesi gradins- 
de l'apnpfaitbéâtre, c'est se rendre complice éo sang vierfeëih 
Le cbréiien, ^^i siim^ tout homme comme ua ftfère!et'>qai'> 
respecte la vie comme un don de Dieu que lui seul a 1er 4f oit 
de repirendre, doit fuir ces spectacles sanguiQaims> ^ui n^, 
sont que des écoles de barbarie, ou , comme Tatie&iksap^/ 
pelle éœrgiquement , des festins horribles ou r&weiSeirât • 
pail de sa^^.atde chair humaine^. Les Pères oetpou.ycpentL 
comprendre que des magistrats pussent auloriser e^Si«<pfnA'> 
bats, et dies hommes civilisés les admirer^. A oeuK^qjui <$- 
sayaient de les justifier, en disant qu'on ne faisait ûombattfdv 
que des criminels condamnés, on répondait ^ueoe D^i 
plus de la justice quand, au lieu depunireile^méme JerOQijKl 
pable, la loi le force tl'ajouter à son premier crime tm^ite^i 
cond, en versant le sang de son prochain pour le «duvage^i 
plaisir de )a, foule *, si le châtiment doit corriger, queHeo^vii 
rection que d'être obligé de tuer un homme^I Maid cetde^exff^ 



*Athenag., Leg., c. 35, p. 312. — Theoph., Ad AutoL, 1. 111, c. 15, 
p. 38S. — Mid. Félîi, c. 30 et 37, p. H7. 140. — Arnob., 1. Il, c. 41 , 
t. I, p. 78. 

2Tatian., Or. c. Grœcos, c. 23, p. 264. — Cypr., ep. 1, p. 3. 

^Terlull., De spect,, c. 18, p. 81. — Laclant., Dtv. imtiL^ 1. YI, 
c. 20, t. I, p. 490. — Chrysost., Hom. 12 m 1 Cor, y $ 5, t. X, p. 103, 

^ aBonum est cum puniuntur nocentes. Quis hoc nisi nocens negahit ? 
Et tamen innocens de supplicio alterius lœtari non potest. . . Etiam qui 
damnantur in ludum, qualeett ut de leviore delieto inhvmicidM etden" 
datione proficiant? )) Tertull., De spect.^ c. 18 et 19^ p. 81» ^ 



LES GLASSËI» LABORIEUSES. 234 

ciis^ des païeDâ flf'étaU pas sincère; car on ne faisait pas 
combaure^dâiemeiit des criminels, on sait qu'il y aVait 
aussi xlei gladiateurs de profession. L'Église tendait k fàfre 
dispsurattre ce métier barbare^, elle repoussait les gladraleurs 
diiil)àptâmë, k moins d'une sérieuse pénitence et de Fén^a-^" 
gesnkiebt^ remcftioer k leur étal^; d'un autre côté, elleéx- 
bdrtait leè iridied k consacrer à des œuvres de cbarilëlés 
seminieis^qtt'ilssdépensaient pour l'entretien des combattants : 
<( dùiiôa d^aiefaeter et de nourrir des bêtes féroces , dit'Lac- 
tanpevracliiétee'des prisonniers et nourrissez des pauvres;' 
au Iteo-de réunir des hommes destinés a s'entretuer, alie^' 
eiMevâHr des morts-innocents; quel avantage y a-t-îl pour 
volpr^ M^te d'énricbir des gladiateurs et de les dresser an 
crimei^el0ploye!z b de grands sacrifices vos biens périssables, < 
afltt^quréi, fiotif vos vrais bienfaits , Dieu vous accorde une ré- • 
ceffif^»^ éterudte ^. >> 

n y^»dés personnes qui , tout en approuvant rÉglise d'a- 
voir agi' avec tant de vigueur contre ces jeux homicides, 
l'tmttt^làmëe de s'être prononcée avec la même énergie contre 
le^^^mti^B 8peetacles, les danses, les représentations tfaéâ- 
tratesi.'- C'était, dit-jon, un excès de rigorisme , c'était mé- 
primer 'les arts et répandre sur la vie une teinte sombre et 
trififte, en 'la privant de distractions légitimes et en compri- 
mant tes élans du génie. Mais ce reproche est loin d-étre 
fondé; si, dans ces spectacles , on ne tuait pas le corps, on 
y tuait les âmes , celles des acteurs comme celles des spec- 
tateurs. Nous ne reviendrons pas ici sur la profonde immo- 
ralité qui s'étalait sans pudeur sur la scène romaine , dans 
les siècles de la décadence. Si l'on se rappelle le tableau que 
nous en avons esquissé dans notre premier livre, on trou- 
vera que rien n'a été plus fondé que l'aversion des docteurs 

^ Aia^m^j'De fidâ et opp,, c. 48, t. VI, p. i36. 
^Div. imtit^j 1. VI, c. 12, t. I, p. 470. 



W% CHAPITRE lY. 

dyrétieQg pour les spectacles de& danseurs ouiles histnoBft; 
Pour préserver d'uoe corruption preaque înéiviliafeler leâ 
mfli9()res..dâ rËglise, ils les engageul par les eabortaliûiis 
les plus vives à Tuir la scène, où leurs yeux n'sturstieiitîimfk'r 
conltré qoQ des tableaux d'une volupté effémioéâv'Ot'^l'rs 
<^ii^ill(eâ que des paroles lascives ou erimkieireâ v Hs ieurtfo^ 
ir|iç^ntja> funeste influence que la vue d68r'i4wpititdfis^4efi 
h^ipflo^^.^t des dieux exerçait sur les OKi^sa^; 4i$(|cldala3riiik$ 
ifi4ig0i9S de la communion chrétienne ceux. qi^^ m^\0éiQû9 
av^rtiss^me^is, fréquentent les tbéâtresfdetentisr^estJiieoxi 
ÛHP^fsf i ifieux qui sont avides de .spêotael^syîtelle^iitoH 
YfO^enttttw-sèujement aux grandes-âoènesidBilatBfUe/j^ài^ 
ante/Anf^ififionoe du m(Hide, au ie^viSPialrdtt^eoiiQhfliDtiWf 
9fA$ii ^ 1. tu i^iâl resplendissant d'éiQito>^aà)IUi«iMKèasi^dd 
l'fiK^éan ) :a«!s Jbeâutes des mootagnësiieti £le^(fleii:v)6s/:> IjiKf» 
Ihéà^e •codslrnJt de main d'hodoomey^fiieri^i l^iiutiMpndlafB 
tisélé ;SU]*'ileJ^ speetades, peut égaler tGedimiâPvcfilebx^is 
OÉéatoW^^? . • .' : -i ,; .* ^0 11 îi'{ -^inoJ 

1 iSÂ ûe|s exhorlalions ne sitfSsaieni pa$ ^ l'Égihsi&HVkriRèiiafil 
par èmâ» défenses formelles ^ elle aurait comproitii^ilfaiveiiie 
dd^Jaf^oeîététobpéiieiine, si elle n'avait pasi'joiffitJafiévéeità 
^tlaipersuasioo dans la mesure que compoirtail fiàtnàisffliHË 
(ieiiépaadre un non v^ esprit d'amour dans. lexmofld«!.'>G'6taifi 
lébf^aiéntqfu'o&^en trait dans l'Église, mais une fois 'ad:flkis[^ 
onid«(Tait sessumettre aux conditions qu'elle aTait le àraife 
dfiiii|i0^ef^.: ^lie availi raison par conséquent d?ioierdire ïmb 
chrétiens la fréquentation des spectacles , au moins les di- 

«Taiîanj, Or. c. Grœcos, c. 22, p. 263. •^Jkûoph.^AdSAutei^ikM, 
c. 15, p. 389. — Clem. Alex., Pœdag., 1. Ill, e. H , t. Vp.. 288;. o « 
TMollJ, ÏMiBpect.j p. ,72 et suiv. ■— LactanU, Div. ^w6iÉ.,ii.:Vly.c.-)20, 
t. ï, p. 492. — Ambr., Sermo 5 in Ps, U8, t. I,<^.i10?5i -^ Ba^U; 

Cotrknxïn^^i^, o. 5, § ^S6, t. I, p. 490. - I 

^Clï^yiost-, .tfoms cùntta îudos et theatra, %: VI, p* 2S7B et siJlv.' 
^ Tract, de spect. in 0pp. Cypr., p. 312 -•. . 



LES CLASSAS LABORIEUSES. 2S3 

iBaD€be8ie('tes'fét€s^ ; aux catëchnmèQeB et aux prêtres, elfe 
h défcMaît d'une manière absolue ; ces derniers devaient 
tnéitief quitter tes festins, auxquels ils étaient invités, avant- 
rieHtrée âeB'bimriofis^. 

J^cfde-tà'iious n^avons vu qtie les efforts faits pour él^oi- 
gn^ndeé (béàdres lesMspectateurs; c'était en même tem]^stm 
H%6ûidë dvMlnudr te nombre des acteurs eux-méme^. L/^ 
gliye>>fi6ijpU«s éncDre*, elle ne voulait pas seulemetit étiÉ^é*^ 
ebdrtesiâdèle&de se corrompre h la vue de tableaux ift^toefi^ 
an ab 'céutam d'hommes pervertis, elle tendait aussi à dé^ 
tacher d'tiiie profession devenue honteuse les malbetrreti)i^ 
qtnr^s'y Uvtoient par bassesse de cœur o« qui, vettdbSïiini 
tUëâlrre.^iy>étatôilt retenus par la fatalité de leur cooditidnu 
fille >to«l««iQ| le' métier d'histrion , en esconliiiinvsnt ^\î» 
<|H(rexep?aiebt^^:erï même temps, elle tâchait deles eii âr^ 
]EHitieripat"ial persuasion , en leur représentant les dasgerfi» 
aÉx^6ds!Jiis/s'6Xip6sai0ci( eux-mêmes ainsi que leurs.' speeia^ 
teurs^ rien n'est plus pernicieux, disaient les Pères, qo^ da 
IsiiKhBiteB tfcês ; on 6nit par s'y habituer au poinlde{M%iidre 
sm^éihe te curactère des personnages dont on joué* laa 
Kâies veti»e4e'ferâtt-^n pas ^ la fiction, q»} est un mensonge; 
serait àieite seuke déjk condamnable^. A e^te eonsidëradion, 
tes -prddîfÀteufss «chrétiens joignaient des ' appelé pressants à 
la'iéî^ité de ceux qui jouaient sur la scène : qtioi de^plus' 
désUooènant, dit Chrysosiome, pour im homme et sirrtoat 
f&êv ane femme , que de se donner en spectacle au public^ 

^Can. Eccl. Àfr., can 64 ; Mansi, t. III, p. 767. 
'^AHigàBl.A De'êymbolo, sermo ad eatechum., § 5, t. Vf, pi 4S7i ï— 
Goncr^ Ldodicée, 4" s., can. 54; Mansi, t. II, p. 573. 

'i^Gônc; d'ELvire, 305, can. 62; Maosi, t. II, p. 46; -^Coii«. d'Arles, 
3U, (an. 5, ^). 472. . 

*Tatian , Or. c, Grcecos, c 22, p. 263. — August., Enarr. in Ps, 147, 
§ 7, t. IV, p. 4233-, - SêTfM 54, § 42, t. V, p. 197} Sêrtm} 49&, § 3, 
p. 632. 



2S4 GHAPPTRB IV ' 

ll(9 $6.tiv;rer à la risëe delafoaie^ â^exiiîiér lesm^iiYaises 
jasâÎQas d'hommes impurs ! C'est atilî^ ta nàlniid'bUfbsiitte, 
:G'e»i mooirer qu'on s'esl dépouille detont néspâcfl'pè^ot* ddti 

r.<Si, tQiiehés de ces motifs ^ les acteurs Gonsentàieot^ ve- 
jmmm à. leur profession, rÉglise, plm oiiaritableqtfe'Ja'ëd- 
<^ié païenne qui les retenait sans pitié dans (ewr é^ttldRliOÉi 
alifit^^ô^ leur ouvrait ses bras; les ooncileS'déCidèi^f'^Hl^ 
devaient être admis au baptême, à condition de quitter leur 
élat*^. Si l'exercice de cet état avait été pour eux le seul 
moyen de gagner leur vie, ils trouvaient dans la charité des 
chrétiens des ressources suffisantes pour commencer une 
existence nouvelle plus honorable. Cyprien écrivit à Euchra- 
tius qu'on devait fournir à un histribn converti des secours 
sur les revenus de l'Église 3. Régénérés par la foi, ces 
hommes, si indignement exploités tl&f^s la ëodété païenne, 
parvenaient quelquefois jusqu'aux fonctions cléricales; tel 
ce vieillard Gardamas , ancien mime, adonné à l'ivrognerie, 
qui , devenu sobre et humble après sa conversion , fut reçu 
prêtre «t honoré de l'estime de Paulin ée Nole*»^ Enflfif ^^ de 
0èm€i que l'Ëgiise trouva des martyres parfni dlaMièii^^ 
ooortisBnes^ elle en eut parmi les histTians. Génié^)(is^,^^iii 
90its:Dif$)Qlftien devait jouer à Rome dans une pièce ^aâri^ùé 
CMtnlfâtecfafistiaoiéme, sentit son àmeëclairëô par la^j^i^àvfé 
a^imidinedt môme où dans son rôle il devait detiiattder le 
bapiémâ* Ilae^convertit, et, comme il refusa de contirvuet 
vm mélier auquel il devait rester attaché par la loi païenne, 
il Sttbit la mort, en glorifiant son libérateur^* 
i'] <■ •• ..»...«,--. 

i^^ffom. 37.1» Matth., § 6 et 7, t. VU, p. 422 et saiv, > . 

2Conc, d'E)vire, 305, can. 62; d'Arles, 314, can. 5j Mansi, t. (l, 
p. ï 6. 472; — Can. Eccl. Afr., can. 63, t. Ill, p. 767. 

*Êp.'6î, ^Z>e histrions, p. ^(M. 
• '*Pâùlffi;- Ndart:, ëp. 45. 49. 21, p. 87. lOS. 115. 
. siUiiiiatl^ itftoaaktr*., p. 2-70. 



,» '.Il .)' / . 
CHAPITRE V. .1, i. .,.in 



LES PAUVRES BT LBS MALHEUREUX. 2S5 

, Co^.pj^uxes d'affranehisseoient spiriluel soDt le plos^puid- 
>Ant'.^TgP<B^4 ea faveur des idées que nous avoi^ émises 
(^ii; (^i^pie^nçaot oe chapitre sur les esclaves; noas> avons «dit 
que rémancipatipn n'a pas dû se faire par un renversétnent 
4^ |^'(w;dr»^ (établi, et l'on vient de voir qu'elle a pu slacecim- 
pliiiJa^? l'iqtjârieur des âmes. Lk, comme dans toutes s^s 
lîéfç^m^ ^q^Iqç, le cbristianisme n'est arrivé à la itran^ 
Jiriip^^P' 5)q la.sociétéque par la régénération desindividia^. 
iiS >! ;;."-»i • •■■ ' '"• ' '"' 

ii, «-'.',.•»•• ■ • * • -■' 

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^•i;» i-.i ô '.] ■ • .. .- .; .'. 

.M.ui.;.«| *fr'^s P^uyass et les malheureuk-. i »f:v i 

1:1 Ml;-' 1 /î i S ^ • i^ nafe^wej «t lapauorM. ., . , / -^ 

;)L'<)te0fvalion par laquelle noos venons de terminerais 
iitt9#itr.€k. précédent fournit aussi la soloiîôo de Isi gnanéft 
n^stipii di9S. richesses et de la pauvreté dansia société chré^ 
lÂ^e. Jésus-Christ avait dit: rÉvangilf» est préohié «m 
pajuvre^ ; l'Église , héritière de celte paroteyet t(mhrmémëia 
à son pripcipe de l'égalité et de l'union spirituelle de tous les 
IjKMmuj^s ) appelle et reçoit en son sein les hommes dettoUidé 
le^ coBditions. Tandis que dans rÉtat païen le pauvmi est 
relégué à une position inférieure et déshonorée, iechrisiâaM 
nisme lui assure dans le royaume de Dieu une place aussi 
éminente qu'au riche ; car, comme nous l'avons dit & (Plu- 
sieurs reprises, il ne mesure pas la valeur de l'homme aux 
circonstances fortuites de la condition extérieure.. P9urcfux 
qu'une fausse civilisation avait trompés^, pour ie^ riches et 
les savants incertains de leur avenir et cherchaet en. vain la 



256 CHAPITRE V. 

solution de leurs doutes^, comme pour ceux que cette civi- 
lisation dédaignait a cause de leur indigence, TÉvangile est 
devenu la source de la vérité et de la paix. La sagesse divine 
du Sauveur était accessible à tous; différente de celle des 
philosophes qui, réclamant les loisirs d'une vie opulente, 
n'était le privilège que d'un petit nombre d'hommes désœu- 
vrés , elle pouvait être saisie de tous , des plus pauvres et des 
moins lettrés, des femmes et des enfants même; car, comme 
le ditTalien dans son discours aux Grecs , l'énergie de l'âme 
est la même, quels que soient la faiblesse ou le dénuement 
du corps qu'elle habite'^. Le philosophe païen ne descendait 
pas jusqu'au peuple, tandis que celui qui , parmi les chré- 
tiens, aspirait a la sagesse, s'approchait des ignorants et des 
pécheurs pour les amener, par la connaissance de la vérité, 
à une vie plus pure. Dieu a fait les hommes pour vivre en 
société, ils ont besoin de s'aider les uns les autres; cette 
considération sufiSsait-aux Pères pour prouver la nécessité 
d'accorder cette aide avant tout à ceux qui en ont le plus 
besoin ; le chrétien , animé de la charité de Jésus-Christ, de- 
vait s'approcher de ceux qui extérieurement étaient au-des- 
sous de lui, pour les élever au rang qui leur est réservé dans 
le royaume de Dieu. Nous sommes séparés, dit Origène en 
répondant à un des représentants de l'égoïsme païen, nous 
sommes séparés des animaux privés d'intelligence, mais nous 
ne le sommes pas des hommes de condition inférieure; ils 
sont tout aussi bien nos frères que ceux qui occupent un 
rang plus distingué^. Les Pères répètent fréquemment que 
le pauvre est fait k la même image de Dieu que le riche, il 

iTertuU., ApoL, c. 2i, p. 78. — Orig., C. Cels,, 1. III, c. 74, t. I, 
p. 496. — Arnob., 1. II, c. ^5, t. I, p. 49. 

2Just. Mart., Apol I, c. 60, p. 79; — Apol. 2, c. 10, p. 95. — Ta!., 
Or. c. Grœcos, c. 32, p. 296. — Athenag., Leg.^ c. 41, p. 288. 

30rig., C. Cels.y 1. VIII, c. 50, p. 778. - Lactant., Div. instit.j l.VI, 
c. 10, t. I, p. 456. 



LES PAUVRES ET LES MALHEUREUX. 257 

a Tespoir du méim héritage céleste ; qu'aux regards du Juge 
suprême, le mendiant n'est pas moindre que l'empereur; 
que, pour le prouver visiblement aux yeux des hommes, 
Jésus-Christ a vécu pauvre et humble, sans avoir eu où re- 
poser sa tête; qu*il a envoyé ses disciples à la conquête du 
monde , en leur disant de ne point se mettre en peine d'a- 
voir de l'argent ou de l'or^ ; qu'il a ennobli de cette manière, 
en sa personne et en celle de ses apôtres, ce qui avait été 
pour le monde antique le sujet d'un mépris profond. Le 
pauvre est donc digne du même respect, et doit être em- 
brassé du même amour que ceux qui n'ont pas à lutter contre 
la misère; celui qui le dédaigne, dédaigne et offense Dieu^. 
Ainsi, de même que nous l'avons vu pour les esclaves , 
le christianisme tend à relever les pauvres, en représen- 
tant la pauvreté et les richesses comme des conditions ex- 
térieures, indifférentes en elles-mêmes, et dont la valeur 
personnelle de l'homme est indépendante. Les stoïciens ont 
professé une théorie analogue, mais moins complète que 
celle de l'Église; car celle-ci seule enseigne qu'il y a des tré- 
sors impérissables, supérieurs à ceux de la terre^. Le riche 
et le pauvre naissent et meurent dans la même nudité^; la 
richesse n'est que prêtée par Dieu , elle demeure en sa puis- 
sance, il peut l'enlever en un instant et abaisser ceux qui 
s'en étaient glorifiés^. La pauvreté n'est pas plus un mal que 
la richesse n'est an bien ; selon l'usage qu'on en Tait , elles 

«Mat. X, 9. 

*Grcg. Naz., or. 16, t. I, p. 247. ^--Greg. Nyss., Or.^depauperibm 
amandii, t. tl, p. 53. — Augusi., Serwo 23% § 6, t. V, p. 696. — 
Ambp., ep. 63, § 87, t. il, p. 1043. 

^Ep, adZenam et Serenum^ c. 14, p. 415. - Clem. Alex., Quis clives 
salvetur^ t. II, p. 935. 

* Ambr., Hexaëm,^ l, VI, c. 8, §51, 1. 1, p. 133.— Augusl , Sermo 61, 
§ 9, t. V, p. 247. 

^Lactant., D»v. imtit., 1. V, c. 16, 1. 1, p. 402. 

17 



288 / ■ t CHAPITBE V>' ' . 

peaiieÉiVflfavemr l'une et l'anire' «gaiement .hoMnifoles ou 

iégMèÉÉent'Oiéprisables^ Il n'y a<)evraiei»oh4sse<6t>4le^iffaie 

^fnwmfté que celles de r&me; personne^ 'diiiL«ç$Mee:^>iiféit 

^^atrô devant Diett que celQi qai tmnqn&i&^siAmiieXipi»' 

s^niiei n'est riche q&e eeloi qui abonde en vartusi^^r'i^ni^, 

'eômmes^exprîme Ambroîse, ce n'est pas lèieeDsiyKiaisiJoe 

mtn les»«4«dlitës de râiDe<|oi fone le ricJie^w - * • ;^ 

'it iMai»\ a-'t an demandé, t'Ëvangile n'a-t^'il ëlé précâié^aii^ 

<pàmté»kiiw pour lenr offrir lesieonsalàtions dérisoîye^d^uiie 

-^^^lUâfifie'lbâiyrils? L'homme, en proie aus âMflVanoêg ^>ih 

<^4ii«èlr<(^VdevaiM^l se contenter d'une égnKtéàpëOutBCt^è^tsaftls 

^tékrliks'râeiâ^pour lui^nièmeP Quel Boulagetbooi ^^«aiiiil 

<^WQmeè daba Fidée abstraite de l^indifféreoceîdela'pautveié 

-0tt'd€9ia ticJtôsse ? On pimôt les chrëtifios n^awbitht^iitopas 

J^ft^ëe'Mtèi^^o redresser les torts, de l'ordre sMb^leé fmtiD- 

j^tenUtifte répartition plus égaie des biens idë Ja^cefie^JcTedi- 

à^ijse^n eoletanlaiix nns leur soperflnjvPiur'iainâliaraD'Ja 

t:pf«i^U(^ dis^^Qires? Il y a^ chez les Pènig;)'4iielqiieec)ias- 

iBtfgeb kfijî V en^appanenee , pourraient prètenr aïo^iappublkioes 

^^idded'^ ituetqûefihunades docteurs leapk» câèteé» aedibieiit 

-{Kli4e^> de t^i()uité de ta proprijété.pec^mveHekiideilâ job- 

^«tceldeila^iceiiiv^ilnaiitétles biena; meîsii;,.eqipe8iaà leanr>p|i- 

-teteii^îeti4mofMraltra^sans peine danfifqHébseii8<(lt0fi[>dèiffbnt 

être entendues. Barnabe, poqr reconimeh(liiPlieoi(iijRifiniieot 

ileidëvôir de ja^charité , dit ^ue floufi)hfatAB9Qsegaâefir|ca$âiidé- 

vrmrœotmqe nbi» appartenant a noaei sdidsp maiawairiii})Lit 

«aifcomitton' airec notre prochain ;»'QaF)(Js'dby(ff«e(Hniiilà^en 

idlamilei» ebosesà s[ûrituelleaiet'întpéfissfdiilès(/o^4ilti9iiiiNtte 

}psîiftffi^lieidoiii»i^er ém% le8;ciMiieffi|iirisgii^esA JMein 

^ Clem. Alex., Quis dives salvetur, t. Il, p. 935. — ChrysosL, Hom. 
m Jw»45v"7,l. Tl, p. 4S0. -^ TheèlototvV oit? S, l>iV,v^P.ri/vpj663. 
''i»««if.'i*i##*r»,'l. V, c. 18, l. ï, p. 899:''. i ' .^..v.i.>. \, ..• 
3Ep. 63, §89, t. II, p. 1044. ««.!(,, î = 

*C. 19, p. 52. !. , î. • ; i • 



LES PAUVRBS^BT LES MALHEUREUX. 2S9 

! d'eaihbàsibsdiei ipum • l'exemple ' des pretiiievs > chrâieiis ^e 

JémsifleK» ^(«('pdpinMesiiDèls il n'y avaîl [ier$ouneqaf liHi4i0s 

il'ibdi95iNd$.')a>Jpâ|ic6>que a toutes choses étaient c^mnefs 

-wtr&>(îiia^»,C])iTjrsostoa»e esprime le dé$ir que les fidètes^^e 

,<uOQ9laaliiui4)le imitent eelti; <( réptiblique digne destasge^^» 

)6ivioiffoxbri8mn pa?mi eux h comoiunattté des (ûene'^ mhûs 

et pauvres en sènaient p|Q3 hetreui^vtouspoiirfmeiit m^re 

-très^msénieitilv'ce aerart une grande bés^ietioni» jp^ outrait 

)le!idel 8iir ta tbm^vBt^ (Hii^^ant tnoj^ii dlati^rarje^t^^s 

(4^ ^w^mtié^ oùilMerraient r^iier tant ii'fri90pr:^;%»Ks 

jA,;Bi^0>époq4|^v Ambroisé, vc Milan , e«aai^ rdeiipQfiM^iAâ 

iqiiteiitiiNe(3nB.)e terrain du di^oit n»iurel : la mum^fHAMhi^ 

oiovlion^époiir ruIiiUécommtiQe^ $i donc il ya.d/^ l^$mtm$ 

^.eqdiisJdfria jbniasanûe des biens de la terrei,j'e'etti!(;on- 

(iraÎKf àfîlaiôiftnrev le partage inégal de ces^ hïewiMlj\lelSkt 

-tk»15ég9ïsfli6 iBi'dela violence; la nature est la mèffudjiîdpfit 

i^kaBnnAÈn^iru&iirpatiofi est celle du droit, privé ^rA^git^t^i 

-raij^ooBpkai^reaient pour arriver à un but:par9il[) tfijâ^jà 

^^lndlôlfifqmnli6 ipiei^ fidèle $eul possède ju^eaieMtfit dipd- 

Jiniiekil[eie$iwé{i6}^> eac «on n^a im droit ^«e[{Siii^(|pl^>b|e9iM0lit 

ioi| fifit>htii)oU fiiia&ge:;'la posseasîoo des înfiflM^î) ^L dd^iiff- 

fijesittst IflfBSijpv p^MToe q.o'ils s'en servent immih J^imftl^^liss 

) idnêéliendlpkaDe de» paéent donc posséder tMÉ y e^ 
iîi;««wtibieBrfeaDtpi6iie0^.-j ,,.... - v • > .. ^.'tM sri'^ 

'M)i6er>pasgages>«€hnblrat très^^xplictos; tsepënflanoîlfeiotis 
tLi^ïlnto^ident qabjfae feroe^B^n est que dans FesprBsràottii^t 
H^itone^sant dësiinés^qn)'^ dépeindi^e un étal idéaifaoiifex- 

ilMi^ldiiillssricbréUlBaisiplqsi vifemeUtà la pffaliqde detlaroiâ- 
•MfK^. Ba^n^faiifiBôaMi^tped avant lepassageleitfjplwinmt, 

2/?6 off, ministr., 1. I, c. 28, g 138, H. II, p* 35-, — SemMi» wiPv: 118, 
§22,1. I, p. 1064. . . , . .. . 

•iEp. 453, t. II, p. 403. ..... 

II. 



260 CHAPITRE V. 

recommande àe ne jpas convoiter tèis biens du prochain'^ cela 
suppose que le procbain a' te plus grand droit (te lés possé- 
der. Comment expliquer ta contradiction l^ntre ce précepte 
et celui de partager avedes pauvres , si ce dërnîer n'était 
pas un simple conseil adressé 'à la charité, eltui fâissant sa' 
liberté tout entière? Ghrysostome se borné à souhaiter qiié 
ridéal que son imagination s'est foi^mé dé la fraternité chré- 
tienne, puisse se réalise^ un jour, et Augustin Vempresse 
de déclarer lui-même que ce qu'il croit vrai n'est' pas appli- 
cable en pratique^ il ajoute que Tinjusticede là propriété 
des inipies doit être tolérée en ce mondé, k can^è du droU 
civil qui la garantit et qui doit être observé n^ême par les d^ 
loyensdu royaume de Dieu; les principes du c^i^éllien lui 
interdisent d'enlever même ii un impie ce qii*il' possède 'a 
quelque titre que ce soit. Âmbroisé enfin n'ar pas d^àutre in- 
tention que d'inspirer aux fidèles le plus entier dévouement 
pour les pauvres; en leur représentant que'^tout est crél^ 
pour servir h tous, et que le pauvre a un droit naturel sur 
ce qui est nécessaire à la vie , il veut que nul n'envisage sa 
propriété comme n'étant absolument qu'à liti ; Il Veut que 1a 
charité soit regardée comme un devoir dé Juétïce envers U 
procbain. D'ailleurs , les fréquentes ei^'hortatiotis à l'àumônil 
que ces mêmes Pères ont adressées aui métnbtés'ptus aiséS 
de leurs Églises, sont la prenve la pfu^ sû^é qùllsh^ènt pas 
voulu réaliser des utopies; engager qu^lcftiSin à dbtiher pàV 
charité, c'est-à-dire à praliqil^r utie^\eTrttf1ft)rë et volon- 
taire, c'est reconnaître que ce qil'if ^onnéluf^appàrtienii 
qu'il est le maître d'en disposer. Dè'rtêiii^ qûcî'esclavagè 
n'a pas dû être aboli par la violence, ni la femme émancipée 
psir il» biwsque renversement ^J'^dra^i^pc^al^, de même 
aussi les pauvres n'ont pas dû être enrichis parlarspoliaiioD 
dl^-ficheé. Aà cotitraira^ la pp^priété^anssi fev^ement ga- 
rantie par les lois de Moïse que pSf*céilesf de ftomè , n'est 
jamais contestée par flÊglise ; ni par ses institutions , ni par 



LES PAUVRES ET LES MALHEUREUX. 261 

ses principes j, j elle ne p^r^le. ^Ueiote au dr^it ^e chaque 
tiomme dje jjjip^çécier ce qu'il acquiert par des, moyens légi- 
limes. De;^f;^j|ç, ^positifs et de npmJbreux passages des Pères^ 
de ceux pp^é^^ dont nous venons de citer des expressions en 
fippareoci) (:9|n^radictoires » attestent ce respect du christia- 
nisme poyi;, la propriété. Les Pères ne savent rien de Fan- 
cieone distiuç^o^n romaine entre la propriété des res man^ 
cipi, censée jifpyenir de l'État, et celle des m non fwanctpi, 
qu'on ppssjè,de^par droit naturel d'appropriat^oq. Pour les 
chrétien^, if qjy a qu'une espèce de propriété^ la propriété 
vraie , patftji;elle ^individuelle , des choses qu'on -possède légi- 
timemeni*, {ija^'cç, qu'on lésa acquises par des mpyenp justesf ; 
j'Éta.t et.^'jl^ljssij n'y sont pour rien; le christianisme , qui a 
l*«mis enhpnneur les droits de la personnalité libre, ne fa-* 
«lène pa^^rpip|me du droit de propriété à une prétendue 
f|[^nçessig9..dj^la société qui serait au-dessus des individus, 
i|, la nam^ijiçi^k.pieu seul, au Créateur de tout, qui,. s,elon 
^pgustii^,, e^l^^n quelque sorte le père de famille, dont nous 
^^nimes Içs ^^nfanis et les setwiteurs; ce que nous possédons', 
gje^t qM'^ç fjécnle dont il nous laisse J'usufrujt^^ il npiîs le 
gfêtp pour^^uei jjïQjiJs en fass^^ns un usage canforme à sfijY^- 
^(^iç.-, ch^<5yn^ de*nous est responsable de ce q^'il, a jreçy,^ 
ll^fl^nne n'a do^cje droit de nous en conteaier la propxjéié^. 
,^. |iipus avon§,y^^|us haut qu'en elle-même cette possession 
^^8 biens tier^^l^r^ est capsi^lérée parle christianisme jcp^^.nji,^ 
i^ffér€»it^, jq^ij^jx^ n'ajou|ant rien au mérite, réel 4^^prf^7 
jjçfé^re; oç\,p^.^tjètre:pitoyen du royaume (}e Diju^spgp 
l^^éder la. mqjp^reijCl^osej; le pauvre est mép^^j ^pu^ iffi 

•'"*(l6tnp. M.'TtèfpfoDgi be k'infl, dû ekHst, suf iatèifiifâ^ eMle^ài 
^Comp. L\K XIX, 12 et suiv.^ la parabpledç^ 10 loajjcs^. 



262 CHAPITRE V. 

certaM Wppofl, exposé kittol ris tïd rôtilatibns<îfoe le riche; 
il'cIbU avôif ttiôîns de peine à se détdeber de 4â ferre." De 
Itotîhte hfeurfe ii y eut ées chrétiens èîagék^Wtîés^ idées éf 
pMèiidkrrt qne les richesses sont un absbetëan ëàfrii^'^éz' 
WS'Utts, <^eîa n^accosait qu'un man<Jue d^*tèirrg£*éfeèéli^'W 
d€àîV^'aiteitrft*e, par un rétioncemefnl îAstlIUi i merpûf^^^ 
Sètf'plus haute*, chez d'auttes,' c'était jtftotfèië'tbUWfe'lërf 
pr<5hes:'Bès que ees tendances eémtnéttcènéttt% ^^rè(^g*i' 
lef^Pit^es lè^^Dttiballîrent en leor opposant TéteWieHè'Vërtlâ 
iïèfe'ptWtil^é* d^i^ÉfaiïgîJè. DéJ^ Clértàfififill à'Atè5lài**«è^éet 
ë«tire>îsriï^ti»3lîtë spécial pour pfôiïvér que pôU'^lêli*iM<s«Wé«B 
ft^éël^as- ihdi^ensable d'élre paUvre , qfîèles*nfcb^8ès>ï^ 
elfiefee 'pei*sonne du royaume de Dieir, qu1l'^e!«4ît^pfeiaira*j 
ëè^âfbtéf'dé soutenir que le chW8tiât)ism0 6^tgeagirèn<$A«ê^ 
ttrëË(^3»l»>pf^flété, parce qu'en ce cas WûepMi^^ûm^miim 
^Ms^ serait le meilleur des fidèles , ce qui ë»i MAmÊ\i pao 
PëtpMehoe^ Augustin , Ambroise, Jérôme ,î|PatJl%iileiMôte 
eP beaucoup d'autres écrivains de TÉglise ^ensfei^rioflt qyfe 
teè'^hèise^ en elles-mêmes sont si peu ■cmA^n&^M^ 
qtfëllëi'pieuveni? devenir très-utiles, selom l^Usa^ge^uJoâii^l 
feltlf^'âftitré'part, ce n'est pas la paûfifetè'q«iiV'pl^<î#tte 
simuler; rertdVbomme saint et agréable â Dieu»; fôW'pj^tf^^ 
fi'eàtîpiîilëte, icomme tout riche n'est pa^ dalilnë'f' t'hl^ 
^èîfe^^eïe'ienoncelment au^x rîchessey ne dêrrWnrltfrtëte,^Si 
l%i/g^«éï(fe$'Viceâ2. ' -' ^ '^'-( f. 'p iobq.|n ob 

ufE^ÉgnèiS' À^enseigne donc ni que 'lesriehèfe^e^'JSWt-^ïeftil- 

■ ibsiî lîjol Tji «■' . " . , 'i^ Ki'fUÏ tib omifO^^oT 

'^^tifës^é^$dmiur\ U II, p. 9S6v • ' "■^."' ' i «iM. yv/i: :>j«5>ji 

commendabiliorem facit, si inter sordes et inopiam peccata non ca- 
veat,y> Hieron., ep. 79, t. ï, p. 498. — «"Outeouv ttSç tctw/oç Sixaioç,.. 
^uTs ira; TcXoudioç àiceyvwfffjif'voç.» Asleriusy^J^oiil. ïé^ divUPi'^i iXiUdro, 

4^4! ^ 5iinW.;'ét>.^3,f 9Î, u Ii;'p.'i*ii. ^i>atfl5 Nbl.; V^iî 40,^5;' Î54. 
— Petr. Chrysol., Sermo 28 et i2l , p. -H9. 521 . * ^ : 



LES PAUVRES.ET If^ ]yiAJ.HEUREUX. ^63 

cfeep.^bq,a.l^ Agl^i§er>^ détaclwpt les âme^cte l*4eftfe./?MM 
l.^,lu^DÎ$§l^#pl|rP^j^lf^ par rawauc. Les ebréUeoÉi ^f*4)F%| 
m^r^ ^H^sî iUf»!M^ "pWin^ de^ ce^^ peiisées , m se s^taîflf^l^f Vf^ 

mrJ^»^ii^i^m^U^f^fiW^MrM^ie \ «N^^s .j>€j.sa?wtiiçS(Pîïs 

BIH5çe§n.i?^)Aaufk D'^yo»)S k^m cte rifi^ft {^^(^^^^e^q^nq^ 
!flfisé»fiA%J4fii 4'%«rtw, »ou3i|OB(ïmes wbft«,ei»,^fl[^(^^ 

pt«M^«fPiVi^qft€b»t>it$ri.>hj&lii^; tor4i H egtîi^r.^î|.9r^.iijriBèvs 
pîwirad^sjti)fétiWtô.dç$ib((ïii^ d* $mH9iP(i^9ifl|ff^ 

iîiitoriA''^iOii^m&» ^^^ l-envie rôpatuneoi; i^Yfrmt,i^mdfi^§ 
PDUrfiI^ii^MëS; .Qt 4e^ paiHv^res répétant avec^^fhnpftivMH^c^ 
«c^ i)i«ftJea), i$i; fcepvent reproduit^ de oos jotir^ ;.^fiifft 
nhnr§Hf^9i.4f^ fkm des pauvres, il ne devrait f«^^)¥r.)q8q 
dr^p lîi^h^^^îv Cet» esprit mauvais fut énergiqusmenfcçônig 
)»tt(ftsflPdftiU». dopleurs de l'Église. yis-à-^i% de.te.i^iért 
PBmi\f{h')^k^^) pcés^Dce de la misère et.d<^r)'/ajy?pièWl§5W5p 
«tf©ntï«irpiy&rpetev.la jt^nlaiion était grande. de :ppu^§^ïij»isgji'ii 
ir^^fmm Jç^ (iforls pour protéger les pwiYrps[îii84a|%Wl2 
glfeôyqii^i(,ft€idQv^it réaliser la justice que par jlft,[c|M^ijg,yft 
mi.^iôOf Rrfs^v,^^ j^aécrivîajps et ses prédi<ja^^uçsj(i§îpfi^!ftf^ 
de rappeler aux pauvres, outre les considératioi>j|^iÂim^tf^t 
Ài»(jï^yf^^j\mm}^m^fi\^ l^urs deyoirg^ft cjjtflj^epgdu 
royaume de Dieu ; ils sont exhortés à supporter leur indi- 
gence avec une résignation courageuse et à jQ^p^^;4^?liiÀ$»er 
«Alfainervà^lexeimpiedes païens, à des criinefi^ ooniDe^ jia ij^o- 

P- S9. Il: ^ «': t >•'.;* • . . ^ I... /:.l > .v^q 



264 CHAPITRE ¥. . . 

priété^; la fMÎ0 eu tktéiko /^itdk^iéiim.danLimffide ses 
boméliei», ne doH 8'éHu)dreiqiieftottc^i£e!4et«rtidèi]e8l, ja^ 
mais pour s'emparer de ce qui ne lui appartient pasvâifMÉI 
piDtfég^r sa propre forloiie , mais il ae5tQmfaflri)paBib fillle 
d'aiimrui^. Pour(|aoi vws plaîn<)xei»idiAiAmke*iw,ièDéB8tq 
d^ Taîr n'est-il pas plus pauvre ^dmvwiiillqtfffttailaotdiiflnl 
jojf^u$, il ne se dàsM}spèr^ 4)as., itiélBfrtai, ic^ra&îpifipr«ë 
soin d4 lui; sojas doaci oomom liâ>:aaQi(ic»i6i62aii9iajti> 
d(^ volro euistepee, #cii«fg(»Hr«uft4QifoaMboffiiii]rr^ 
diviqo?. CeHe4^onfi0nceepDii^D dfay»ite Mt > i8^ o^*^'W^*^^l 
k 4t|io ieonients de leur soit. 'PeaîtfièakéedIeèiHnjlonsadd 
vriri» V om Jes exborUit w.tcatvaibgpfi^ietialBâfctialiisÉièra 
r^liaiaiîblévcA^ leurs Itt^urSiélâneiiÉJaèaflkaDUiâwsi^^^ 
lâfli&j^u la vieittesse affaibliasateali bairaunia^'^daieiKifîiô 
Otaill^ {HNir combler les laMoes» : u^ 1 1; ^ bhiùiMna ^^il^ 
» . . , ,MiS Xi ft çBilqoioi'iJ 

§ ?. la bienfaisance chrétienne envm ^<o*^^IBft<f*luB 

LTigliSie , comme nous venons de le jpin, ne Xfi?(KP^fvl'î|b 
bolilion de la propriété; elle honore rhomme dans toutes lesi 
conditions, elle respecte sa personnalité avec tout ce âiii s'y. 



ra(tachê, elfe ne Tavorise pas des prétenUpnsdiu cauiseraient' 
le renversement de la société. Cependant la fraternité dpit 
se réaliser, les nommes, sépares par la différences de. leursi 
positions dans le monde, sont appelés 'k se r^pproAer j^^^ 
uns des autres ; mais cela ne doit pas se Caire oar la lofce, 

.... . . ■■•.•:•{; ,7ifq of> aniJOioo3 9nu 

^Hom. du œconomo iniq , p. 23. 

^Hexaëm.y 1. V, c. 17, § 57, t. I, p. ^02. — Lactant., Dtt?. insiit., 
1. Vï, c. 12, t. 1, p. 469. /oZ A] ,0 .:- ^ ï04>4nv.itv^ hk* 

incomplet). Inopp,, Col. 473J.t,fc^, ^>.i(,4>..tt,^ojà»#k«iimH(. ^a- 



LES PAUVRES ET LES MALHEUREUX. 265 

c'est la^'CàaRlésealeqèiiésltfa^li^ ^mt leB (lonu 
sar .tes ârbtiiieft ^ui , daBS* le jnottdb 'âÉeieii , ^épaiiKi^ti'Ies 
ÉàMpte^oi.^ 'r ' : ^-^ ' •. :' -î 

oUiA cbnqté octite atseooorable , 1* bîeofiiisance eil?ers \H 
paMvéfe^eettes malMureiix est re|^ësétiiée par les f^ës 
lsmlfai0iini4eB:pl»sfnadif déiM>iiKi(to ^rétlen ; elle est wtie 
A»i9a9qilés par lolM|i»èNés les^ )/«ilis membres 4n' rojkùtùt 
4^iKea£s6;dfito9aeBt du monde, car, comme àk Igaûte^ 
kisipdieîmatiaiidaiiiiMttes^pttfrsoAftes qiri tie peovenf t^as i»é 
pfot60qr^elles*i»$»eBy ito a'otit mil souci de céok ((yf^édl 
66mnel{iBHr^w besécrnraiiie ètles^Ofateoft^ de rÉgli«d dé>^ 
|ifeîtmlftoiilesjJèBJ)essaflireerdeUettrs talests et de tedi^lbi 
pMi^nsiaer lesE cbséUeis d'éire efaariUibles dams toutes lèft 
âUfOilstaûcas^ à tontes lesjëpoques, dans les jours de l*É^ 
glise naissante, au milieu des persécutions coimiie après le 
triomphe, aux temps où le monde romain est encore puis- 
sant et riche, comme lorsqu'il est tombé, appauvri, livré 
aulbarbarés , c^est la charité qui forme Tobjet de leurs sol- 
licitations les plus vives; ils sont tous, sans distinction, les 
apôtres de l'aumône, et si plusieurs parmi eux, cfionpie 
Clii^iôâtbmé bu Augustin , méritent k un plus haut degré ce 
t1tré;,^c*estque, placés au milieu de circonstances spécialeSj^ 
ils onïeu des occasions plus fréquentes d'exhorter lem*s w^ * 
aîleurs à la charité^. , .• 

La bienfaisance, dit Cyprien dans son éloquent traité de 
ràùmône^, est la vraie richesse-, c'est une grande bénédic- 
tion de t)!éû d'être en position de faire du bien aui^ autres : 
c'est une chose divine, une consolation de grand prix, 
une couronne de paix , de pouvoir soulager des misères 
et sécher des larmes. L'homme bienfaisant est une image 



^Ad Smyrnœoiy c. G, p. 36. 

^hk^ VfyenMîn, Tèbtéa»^ r^iloq, ehtit, au 4« siècle, p. 4^4 . 

^De opereBtelêemosyvià, p. '237 et suiv. 



266 GHAFITRE V. 

vivantef de Dieu sor la terre^ ; c'^Bt'Iiiixqui niod'a Btèu 
le c^ile: loi filas agréaMe^vovr faire la^ehariléii/iaiiltaRÎeiix' 
qyed'omei' des églises oa les enrichir par' dés>(va£mit)ré^i 

Ci^X^*' ■■•'-.. .•'} .-.'.'{ }; n 

' Les exhortations des Pères s'adressent avant tout ii%eéU 
aq«i'Dieu a donné des biens* Cestpar^lailibfecbirfiéiiefl 
riohesy venantten aide au trav^ail des paovures^ qireiè^^HK^aitlé 
des foridoes doit insensibiemeoi disparaître. Le liobë eiiil«j, 
fbr|:^^ dit«n>' poète cbfétien du treisiène siàoke y iéoituètretiq 
somidh du pa^f re et du faible, oooiHieèWUelsofitieat^bl 
vlgntté.iiiNoiis avons vu> Ambreiée représenter ^lancblgisilé 
eoipibeiwidei/oirde jt4sfK«; Ghrysostomeék dansiikinié^ 
sen^qoedesl raohes ne sont que les adminîsiirateuiisdds iÀÉB% 
des pauvres; refusera ceux-ci le nécessaire y c'^fst^iès^àpott 
UsD, e^est les'f»river de ce qui devraitieur reTenin Balanélle- 
oiefltteCde drdit; partant de Tidée qu'ils nous sont lunisnpa^ 
led lij0iis>dUi»e parenté spirituelle, il voudraitqu^itoéntiiasttBttt 
pour :nneipart dans l'héritage que chaque pèreiJiaîsfie '^M-A^ 
nnlle^: Salvien va encore plus loin ; envisageant ilrâ i4cbtnfe9 
eomole ua obstacle au salut, il dit qu'on a toHtJb vimloif 
i^: ùraoïsmellire à des hommes qui potprnaieoit.eh tfsdqfQTon 
fl9auyaiB<i|saga^> 1^ père ne doit laisser a «ses enfàftlsiqlèteoe 
jpmif^Hé ses biens, ^t encore à la condition qu'ils ëcâffifl pieim 
et'OchaHuttleâ, t^ut le reste doit revenir de didit auî paiBfnasR] 

.il".JÎ ',!• .-:!.. . • . : • -.î! ,• "M') f^iij,^. 'iî><i,>i| 

h» i.M »'',.''. ■■• '.'-•. Ml' M îU i; j'i'jiî JnOj 

«Clem. Alex., 5from., 1. Il, c. 19. t. I, p. 483, — Grée. Nvss/, OrA 

tn verbafac. hom.j l. 1, p. 151. 

'■^ î^dfe%VlMai;, 0^. 16, t. 1, p. 242. ' ' ' »• '=" »'!' . ln...<.!n.| 

3Hieron., ep. 130, t. l, p. 991. — Chrysost., Hom. 80 m Hatth., § 2, 

t. VII, p. 768. 

^ ^'A(5oïbbodîftiiûs-, ^, 460. 461, p. 631. ' \\ . -: « •• • ► / . M ' 

èk^pm^fifàibenteé etmdetn sp(r„ § 9, t RI, (Il ^8>v^WèréÀ.^<.«|ki 66, 

t. I, p. 399. >'••'. .'1 ^^ •• il^ .1 : Vu'v 

^De avaritià , I. lll, c. 2, p;'^6^. I; ' ; < -; am .\( .,» r i'^^^\\< 



LES PAUVRES ET LES MALHEUREUX. 267 

C'étdit lU'Qflre demande -eKagérée^ conforme au tafticlère de* 
récriivaiiiiqiii Yz&frmiJi\étii coHime elle mécoiiOfiU :à M«foi6i 
les^i()rdi(a;d&'là-f«iiiH6tet:|a nature libre de iadiamté^ ëkf' 
n'a pas pu devenir une règle générale pour TÉglise. -hm- 
Pères V i^'J^sOirrai, n'hésitent pas h deinandc»r^u'oo> aactie 
mdt jsàcciBieD'pQnr mirer da la misère un fcère abandons ^ 
tsÉaisiJ^enéksn^&y vojqQeaiedt inspiré par Tamonr, sera tou*^ 
jdufsiibDèi fi'SlAe devait past l'être, ka Pères «'auraient 
pi&'docnbaAti^ dvéc laftt de vigueur les prét6i(e«t (petlirai^nCi 
)dsiRiobes^de3ial oécessiléde soutenir leur i}aag>Qu,detlai$a6P 
ùlieffitotudeàleufs famiiks; ces consiéératiojiâH]u!o»f^l¥ 
làgufiR peur se idfepenser ^'étre bienfiiisant^ doiyMt<*diitiQ^ 
tnaifé émmhïïmtpérimx dei^oir de seeottrrtdesi hoiniiips^fts^ 
poqéscàisfr perdre*. i- m • | ^^ I» 

-f'iBaDJes mém^motife^ les Pères se pronooceot avec U9ié 
grqndeuitaoHécontre l'usure^ un des fléaux destructeurs de 
lues0ééiéifitmiûB, Selon Gbrysostome, eliQestdn^'doubtà 
pkbiéf} -e^tOtûte le pauvre dont elle augmente Ia'^iis6re;^<et 
aoiftrëideicihe'toi-méfme dont elle nourrit Tavamé^.. ii'wf 
sioiierf dlk-Jiloailleurs^ ne secourt le-pauv.fe<i|oè poun«leffni^ 
flerpp»^eil'àtteliiî qui ne tendrait les maifia hmnmwA2^ 
S0idéil^l^âat<daBSklésil^8^ que pou? te plonge- pleB^sûce» 
miaîti tewt^ahime?. Dans l'opinion desidoeteuits^e ll%liae| 
ptocéa^eq feioe'd'ttû monde plein d'abus aiuxqiiel&ili£iHaitj)|^ 
poser sans cesse la perfection idéale du royaume de Dieu , 
tout prét^à intérêt était une usure , un gain illicite; s'il faut 
prêter de l'argent à un frère pour le secourir da^s un besoin 
pressant, qu'on le fasse sans intérêt; c^r.Cie n'es(,p^[u$.,(}^ la 

v.»: .| îl/ .> 

iP. ex. Clem. Kom., Ep. i ad Cor., c. 3^. p. IGS^.-^^^ifJr-,. ft^'/(?pcr« 

e<i«/«lwt, puâ(37, -^i^SiSà^.j Hom. in.divaw , t..il^ p. .tjl ^tfSui-yi^j. 

^^'^^mMMiGeni'^H, l$f 3, t. IV, p, Ud.^ r^.Qm^^i'^S'Mm^^^V^^ 

Jud,, l. IIÎ,c. 48, p. 318. ...' ,, I x 

^Hom. 5 in Matth,, $ 5, l. VU, p^ i82., iiî i -sx.. .... ..\ 



268 CHAPITRE V, 

px u^if|ers,jijp^ dç ne p2j3.jE!ijp^qîper,,jpqr!itfirJ.é|^^^ 
nelle par des obligalions.aprd|^$.^^,(|Vj^frâjjrfir(;^^^^ qu'ils 
pourvoient à leur subsistaiiçp «par, 4^ tr^y^ij ^,f|^C,ii'pcp<)0* 
mie^. Si, malgré ces exbprl^aMpqs eVflrgssçs j]^^r,fp;be5piD, 
il^ se sont livrés à ^es.M^^jfi/ecs, c'6fii|tau:i( pbr^|jcin3 plus 
riches à les eu affranchir ;payçi: la <lftll^ du pagjiçre^^eist.uae 
des plus belles oeuvres d^ la. ,çl>arit4 ^ ^ ? v . 

Ce ne sont pas les riches seul^qgq les Pj^re§ :exhojrtent à 
secourir, les indigents et lei^^ial^eurej^x; ^Isve^j^tquii^ tpqs 
downent, chacun selon s^js^môj:^.^.;. la fraferijftç ^pjjcjjjuçlle 
du royaume de Dieu imposçi^^ toi>3 des pblig;^;tipA? ég^.^^s.s; 
la misère du meudiant accuse la diireté de qjuiconqiiejios- 
sède quelque chose \ elle est commçi un ayerti9sçmpi}|lj f^¥^ r 
destiué à nous rappeler la yolonté de Di^u^> ^ ^|^pthie 
pour le malheur ne doit pas dépendre du degré.^i^ jff/^r^^nç; 
c'est à tous les chrétiens que les prédicateur^ dç ǧt^l!^ 
présentent leurs touchants tablç aui^ de Is^ misèrj^ dt^ p^yres., 
pour les exciter lotis ipdistinpfement à la bif3p(kij§|q[^^..Que 
chacun doijne, qn^que.p{au .p^ pe soU; pr Iii ^^rjjp.réu- 
uie de plusieurs.v,(y)j59Ml^j^^.jdes |njsères^^iv;(p^^Jf5S un 
seul ne suffirait pas^, celui qui n'a pas d'argent à donner, 
qu'il ue s'a,feaii^nf}e pa«^^,,j)^r.i^sseï,Jjiante , ide^H^vjr. des 

.'i . }- : t- . • -A .\'r:j.\..t' -"- : ,^\ ,j .:\;^3\5 »â .'•• : 

1 Lactanl., Div, insfit,, 1. VI, ç. 18,J. I, j^ 483. — , Ambj;., De J^qHà, 
c. 3, t. L p. 593. --- BasiL ' Jffom. in partexi PL X\Y] î. t, p;11}7. — 
€reg. Nyss., Or. contra usurarios, t. H, p. 225. — August., ^^arr. in 
PS. 54, § U, t. IV, p. 380 ; - Sermo 239, S 5, t. y,^^.^696.^^',^ ,j / 

2 Basil, Hom. in partent Ps, XIV, l. l, p. i09. ^!^ '[ ' \ 

3Ambr., De off., 1. II, c. 45, § 71, t. Il, ^,^87, ^ Au^ûsu/e^^ 
t. II, p. 683. — Nilus, PerUt., secU^?, c Ç^.pi. ^' ' ^^ 

*(tPlerumqu$ mendicus. unum nummum petens, ad^ostium tibi 
prœcej^ta Dei cant^t.n Augusl., Sermo 32. § 23, t. V,^p. Îjl6. — 
. Chysosl., Hom! 30 m Ep.\ ad Cor.y$ 4, t.*X, p.' 274. * , ^ 



LES PAUVRES ET LES MALHEUREUX. 269 

frères aussi dénaés goeléi^'b défaut de àefcours ihatérîels, 
il a dés couseîls îi'létir (Iffrii', il petit les i^elever^p^r ses lé- 
ràbïgTnâges d'^aflectîôri ' et sdt'lpui par Texeitopte dé éâ pfoprè 
ré^i^ation dans la volonté de Dieu ^ 

'fifàtis la jpfatique dc^ cfeitè' eharlté tiniVerseHe, les prêtres 
dëvaieht liiarcher en tê^é de leurs troupeaux , comme ayant 
Ta riiissidn dé èervîr d^èxfemt)lô de Ce qu'ils énsèigûaîent. On 
V6tfUrt qdHls se èori^îdéràsséht comme leé protettfeùrs , les 
curateurs des pauvres et de to'us les mâ[hetireux''()onr 'les- 
quels là société païenné'étaft resiée èans erilrâîfi^à^l Astréiîiis 
Si ijrie vie Simple et sobVé,' pour pôilvôfr'ftrèpïuà charitables^, 
lè^ir T^iâisôn et leur table dèVslîènt être ouverte^ aux pauvres 
èé t6ote espèce^; ils (dévalent lestraiter sans aigreur, sanè 
af àHcë , sans distinction de personnes , avec une egaïe dou- 
eëur'pôû!* tous^. Les évêques surtout étaient appelés à ser- 
vît todè'lés chrétiens , leurs frères ; il ne devait y avoir pour 
éôî îaî'ÏÏauvrès ni riches^^ leur gloire consistait k être la pro-* 
tïdeflCe dés Indigents , tandis qu'aspirera s'enrichir, était' 
finfe' ij^^mfnré pour eux*^. Les Constitutions apostolique^ 
fèïÂ^pPè'sënténl leurs devoirs en ces mots : «Aux orphelins/ 
tclJrèz Hfll de pères ; aux terivè's, accordez la protection qiré? 
féttr déVâfentîetirs mari^; assistez de vos conseils les jeuneif 

^'^^^règ'. Wfss.,~Of. I depanpemusàlhiandigy t. II, p. 239.-Chfysosi.-^ 
Hom. de e/eem., t. III , p. 2!13. — August., Enarr. 2 in Fs, 36, g 43, 
l, IV, p. 203.^ — Ambr., De of^ I. Il, c. i5, § 73, t. II, p. 87. 
'^Wîyc!, ijp.J c. jî, p. iB8f. — îgnat., id Po/yc, c. ^, p. 40.— 
Const, apêst,. 1. itf c. ^25 et sUÎv.,'d. 238. — Cypr." ep. t et 36^' 

p;4\î:ig. ■■;•'-' - •• - , ^■^'^'';T^-'":' 

3Hieron. f ep.%2, C [, p! 203, ' . ' ' ^ ' ' " '" 

'ïiPoly^i'p., c. 6, D. i^: ;' ' ' / '\" ' 

«Con««f.oiio*f.,f.n, 3.8, p.2ll ' ' ' ^ • ' 

^*Glorta Ep%scop%^esX^,pi^uperum tnopiœprovtdere, Jgfiqmima om- 
nium scLcètdùtum e$i , ^ràpriirsiuderé diviiiis.» ïlieron., ep. SÎ2, t. f, 

p. ZDl. 



270 «GflAPlTRB VL • 

g^îtisiqui'iïésirene se marier ^^ proconeB de ronvrageà i'iirli- 
^ti en layë£ -de lar raiéérîoarde fioilr l'ûiT&lide ; reicenrez tes 
écrangei^ sous votre tdil ^ donnez à boire et à mangera oeuk 
iqui oui soif et faim ^ et des véienieols à ceuK qui Mnf nas^ 
Yîsîtez tes malades, etveiiez^n aideaui prisoiHiiers4<^ ;,:,., 
€6 que nous avons dit josqv'ici àur la bienraisanc6<ebné- 
i4Qnl»e en général pourrait sùflElr e pour caràetiérisor» souac^ 
rapport Tesprii nouveau que lecbristiaoisnie tendafità nmiWè 
à'ia fMuo^d^ Piégoïsme a«tique« Gepeadant H!eBi«nGdre/<(«ei- 
^oés traits que noos éevons ajonlior pour mâit^ueff plUsiiVjfH 
nremontilpcUfféreBèe entre la diarilé cbréUeilo^.etrJi'iéspint 
idu/paigaDisme. Axi pmen , on apprenait à repousser} l[^>paiiMQe 
^afrimiun mépris qu'on prenait pour de ia granée(in4'iiM|; 
^11 Jacanrivflit d'accorder un secours, il<tolc|isait!:av6Ct iiAe 
secnète répugnance ei presque toujours par ft]ue)q«f)imoiif 
existe; Je chrétien, au contraire, devait donaenavi^cûfH^, 
saiÉs lÉurmure et sans regret, il devait se sxsUlr^ujrjinii^iâe 
pdovoEr âpponeruQ soulagement à un firèrë^.r4ieipeIanfi|aVi 
donnait, ne donnait que ce dont il pouvait se passer sans 
nuire à ses propres intérêts 5 le chrétien devait donner, non- 
seujejn^nt de son superflu, maïs même de son néièessiàYre^. 
i(-Q^fi^ïSft,W 'dosait qu'à ceux dont il pouvait e§pçï;çf;,pejijfle 
âivanlagô>pottr lui-même , ou qui avaient^ besoin .^e i^ecMM's 
fiovr yelëvertear position devant le mondes ions iles>3Ût>os, 
'cëttx'fetittdut tfu'il jugeait inutiles &TÉlàr; él^afîônt'tfidfgfles 
cle sa bienfaisance égoïste et potîlîquè; LëcKi'ièïïeV},''ail ë^H- 
o^r^Çt ,dj^vaif (Jonner a tous ceux qui lui Rendaient la pja^^^^ 
.rsans^iôlinietion , sans se demander «'ils.^n,§p*t digi^e^, ftn^l 
usage ils en feront , ou s'ils sont ^Morei ulilasikk sneiélé^. 

.« <^fO:W; è; îj'p. 295. ' ^- ' '■\' ^ ^'^'n- > a: •.- ,u- .1 

• '«Bffrn.j.c.^, f, S3. — Clem. Alex:, ¥mda§.^ h «^ ofÔ^ l; i, ^ÔT6. 
— thrysost., Uom. de eleem.^ i. IH, p.'ÎK*. ' i 'i'. * 1' «.». - - 
" 3 AlAbr.,'^b o/f.v 1. 11; c. 28,; § 486, if il, p. iMi :;......:' 

' ^BaM., c: *iD, p. 52. -— « Omnilms inopUms da È{mpliciter, nlhil fiu- 



LKS PAUVRES ET fiRS MALHEUREUX. 271 

Le pâïéa «sifiB ne doimaiiteplu»8(mv.eQtqu« poroj^tenU- 
4Î0Q OU' jpar aibbirïofB ^ |Hmr gagoer tes faveurs de^Jaipopu^ 
>iaeQ fil liii'faisaii des largesses qui le ruiiBaient liiî^méniâ, 
saii0 tirafiter ni<à' la feule dont la misère augmentait a^vee sa 
paresse^^nitamirTr^is maliueureux qui périssaient abandooDés 
^'ious^ tes Pèffes'del^Ëgiises'éleTaieiit aviec énergie contre 
)(^8mscèsi<le la bassesse :et de Torgneiir païeo6^^ oe fi'est pas 
iiil idtf* ta: bienRàrsame inspirée par la eompassien pour les 
Éairvx^du^'prochâin; c'est pi^esqne un sacrilège d^dooBfer oie 
*^ii<ddit ven^ir.'aiis p^uTres à eeuxqui »e4e sQntpasç ilDfy 
^<fi'4|e^ulnè'SiiMii)^urale bieniaisaiite ^ e'e8tdenourtir){}afiaiii0ifr 
'Jdém iqdict^mqnetit de loiit^ quand nféme ilsftne.finivefai 
;^lesiendrè service^.' Levsque des cbréiîens enoorerindyvs 
-)d# t3oyguëil'p&ïcfn croient paraître frfns saints devant ^les 
^tiOfiiiM$^ènidistfibvant des largesses aux pauvres, ooen.fi»- 
^Mi^pènrtux ides agapes ou des repas en mëniQire<ées 
'4fi(lfrsv'^^t>^<^ i^ l^ur reproebent sévèrement (^< ils toir 
irâppdient c|ne l-'anmône n'est rien sans la grâce jdei la ;obq> 

-li(>sl .10. un I ' . • . • .. .; .- { • ,tti 

Mtans, eut des. Omnibus da. Qui ergo accipiunt, reddent îrationem 

Deo , quare acceperunt , et ad quid. Qui autem accipiunt ficta necessi- 

^(itê■\^èiliiêAt'taiionern; quïàutemdat, innocetis erCe!i>Whi^kYU6*i\, 

^MMl;>%f I». 6e>, ^D.r, Vis. s, e. 9y p. 81. - LiictMMMîdUljf^fltÀ- 

. umi ûlCérofa 'f '• J9i' pskiuimum Màu^y a g«io nihiii, tg^rs$%/Q{^ 'Wty^' 

quù ideo preçatut^ quia te honùnem ^uiet,., Largite cœçis, debilibus, 

claudis ^ destit^tis ; quibus y nisi largiare^ moriendum est, Inutiies 

' sunt)iomtmius y sea uUles Deo, quï eos retinet in vità\ qv^^spifièk^o- 

*'4W*/^*iife'AV^dlilK:i l^ui'^eeurrére peritufo ]pWé«^| »>!«(' bo^Tâic- 

^Le riche païen nquœrit honores ab hominibus vanos; ut autem 
adipiscatuTy exhibetUlis ludicramalœ cupiditati^i lufl<^ et^ iff^os\emit, 
'déoiaf ¥eâ siéas^ bmiâriUff \tmrieme. Ckristo in p«suf ^fi^«f.»,]^Atf^st., 
Sermo 32, §20, t. V, p. AÏS. .„. ^ ,.;,,i.. - 

«Lactant., IHv. tlum.vl.'VI^ (x Ifl^^â^ t. I^p.i4e^o46p. -riflieron., 
«p* 66) l. \\ p. 999.^ Ambf., De^^.,.à, Jl, c. t<, grtpO, t. H^.p^ 96. 



27â GBiPvrnE V. 

riié^ Daas le mjoooie'de Hmm^ l^cMvte ^Ékémùn n'a pas 
de valeur par eUe-méaie: l^'anow p^. dMi être mis k la 
plaoe de l'égoisrae \ on aura -beau rMMcer ii ses Mens , les 
dîfitribiier aux pauvres, aOrascbîr se» esclaves: si en ne le 
iaU4)ue pour être honoré des bomaies, ee ne sera pas de la 
e^arîié. Il esl pins focile de se dépomller de ses riebesse^qne 
ddji'orgo^h l'homme r^énéré par ta foi en Jéaus^Ghrisl 
syt seul être eharîtabie, car ini seul sait être h«inUeet 
diiimiênessé^. 

-'Paos.la fioçiéiéeiiréiteiiiie, eette chariién'esipas deneu*- 
rée îk l'état d'une théorie, belle mais stérile^ elle esl passée 
dins: les faits, elle a animé les fidèles efribs pasietrB; les 
Q^WBittnajutés et les individus cm rivatfsé d*amoor et de 
bifnfaîsanee envers les pauvres. Dans la niaère des temps 
de.'la décadence, les chrétiens ont trMvé «iUle occasions 
d'exercer leur charité *, jamais période de l'ÉgKee n'a mon- 
tré d'aussi nombreux et d'aussi touchants exemptes de l'a* 
mour le plus dévoué. Ce qu'on n'avait jamais vu éêms l'antî* 
quité , parce que cela était profondément incompatible avec 
9/W esprit , fut réalisé par le christianisme. Le» Églises 
créèrent une administration spéciale pour l'enlrelién de 
Itirs pauvres ; elles régularisèrent la bienfoisaU^, tout en 
laiasa&t à la charité individuelle sa libre spontanéité. 

De bonne heure, la coutume s'introduisit de faire des obla- 
tiens pour le^ pauvres ; c'étaient des offrandes, déposées sur 
l'autel après les services religieux, ou apportées tous les 
mois au prêtre^ elles étaient tout à fait volontaires, ebacnn 
y contribuait dans la mesure de sea ressoureea^. Qsand 
celles-ci n'y suffisaient pas , on s'imposait volontiers des 



t Ambr., De pcmit,, 1. Il, c. 9, § 83, t. Il, p. 434. 
«August., Tract, 5i inJoh., $ ^2, t. IIF, P. ïl, p. 4«3. — Hieron., 
ep.TT, 1. 1, p 458. - Macarius, ffùm, 27, § 14, p. 383. 

Uusl. Mail., Apol, I, c. 67, p. 83. — Tertull.^ Apot., c. 30, p. i20. 



LES PAUVRES ET LES MALHEUREUX. 273 

privations <|ue n«l règleineQl'në presdrtVâfrlvJj^ÂtM Martyr 
a d^à pu^ii'è que ceux qui ^ avant leur conterfshm , avaient 
^é les richesses, faisaient avec joie des sact4fi€es pour )e^ 
puvres^ On consacrait h l'offrande ce qu'on aurait dépensé 
^ jour de jeûne^; beaucoup de chrétiens se soumettaient 
même à cet effet à des jeûnes volontaires^. Après la mort de 
quelque membre d'une famille, les survivants continuaienl^ 
d'apporter des oblations ou de faire des aumônes au nom êa^ 
mort ; celui-ci n'était pas considéré comme absent , il faisait 
toujours encore partie de la cofinâunauté spîrilueUe kiu 
royaume de Dieu ^. 

Toutefois l'Eglise n'acceptait p^s les (Grandes de tout le 
monde; elle refusait celles qui ne partaient pas d'un cèeur 
pur, elle voulait que contribuer à l'entretien des pauvres, fût 
autant un honneur qu'un devoir; elle repoussait par consé- 
quent les oblations et les aumônes des hommes qui avaient 
acquis lewa biens par des moyens injustes, ou qui étaient 
connus pour la dureté de leur caractère; elle refusait celles 
des excommuniés ou des pénitents^. 

Parles oblations, se forma un fonds spécial^, augmenté 
bientôt par des legs en faveur des églises^, et destiné à se^^ 
courir les pauvres. Selon les anciens Pères, cefondsé^itto 
patrimoine des indi^nts et des malheureux^. Le spolier ou 



^Apoî. i, c. U, p. 5i. 

^Constit. aposi., î. V, c. 20, p. 331. 

^Onsèiie dtie el ispptëilvé le pacage apocryphe : a Beatus est qui etiam 
jejunat pro «o u$ MkUpauperem.iù Hoth. 40 in Le^ii., t. Il, p. %êê, 

*Termll., De cçrcmàj c. 3, p. 402; —De manog.^ c. 40, p, 53t. 

^Constit. apost.y l. IV, c. 6 el suiv., p. 297. — August., Sermo 478, 
§4,t. V, p.591. 

^Constit, apost., LUI, c. 4, p. 279. * - 

^Greg. Naz., ep. 80, t. I, p. 833. 

^aPossessio Ecclesiœ sumptuê est egenorum,» Âmbr<, Ep, -18 ad Va^ 
lentinianum, t. Il, g, 837. ^ 

u 



274 ^ CHAPITaEY.^ 

]e.4Haw(ljei:»,élait considéré comme un sacrilège ,, c'était sui;- 
^^Btçr CD crpauié les voleurs de grawd çhemip , ç'é\^\} J^çf| 
legpi^uyres^ Aussi l'Église proflODçail-ôlle.l>9iîislh^ïflpf:içi^^^j5^ 
]^ jpr^tre , infidèle ou Thomme puissant cqupal)|e^|de,,ç|^ 
crio^e.^. Pour soustraire le palrimoine.des,pauyrç^ p^^,çx;\- 
gçpçei5 çt aux déprédations de seigneur^ rap^ce§.,, ^(f^ 
de.fli^nda et obtint des empereurs, ch.^é^i^^s de& a\)9caâ§.p3iV7. 
tiçul^frs, chargés de défendre les intérêts dea( biiîps^.çjç|ç|pjj 
sias^ticiues^.. L'administration supréme/le ces biep^^ppp^^r, 
n^if.^^ux:évéques, tuteurs nés des pauvres*, si?l\^s.lp;^f\,ç^ajr^ 
vej/Ii^ç^, les dons étaient reçus etdistribuési p^.Je^.djfjcrfif^ 
cjffjrg^s de tenir des registres des indigents , l^^.j!P*iVÂwWfi 
d,ç s'ir^fqrwf.<çr<Je leurs besoins et desurveillearlçvir <\epdijj^^^ 
Le service des femmes pauvres était confié à,.d^,{f))|^gp-g 
q^ss^s, iastitulion touchante, conforme au g4pi^b(î^9%ifgnt 
et^ ^^mjpathique de la femme chrétienne çt diçiç.(^ ^)?f^i^E 
u^p grande délicatesse : on ne pouvait pas.eiivoyjCr j^<^<f^i^ 
ebiez .les femmes, afin de ne pas fournir de, jVjej^^^t^jjjgi^ 
c^l^o^ies dqs païens ; la diaconesse seule eiL^*^[,t Jj)pi;çç{^gi( 
a^ij^;Ç^rjéçée pour porter des secours et des .C.^P^fllîrtJfiï^^ffÇg 
scçjijfjÇ^^.p^j^fdiqaire et conformen^ent à wn jU^^jaçflsJl^^q 
Ijîlj^^^op choisissait ces servantes de Jésus7Chr^sï pap^^g^ 
veuves d'un seul mari , âgées au moins de soixante ans ; on 
asi|ijj^é,cet,te double condition , k.caflçe # r^péflifiçflpfet 

itfieron., ep. S2, t. I, p. 269. ^, ^^ jj. ., 

^, 2Ç,jnç^ Vasense, 442, can. 4 j Maiisi f l. VI, p. 440; , ., ,, ^ j^,), 
"3 Conc.' de Carihage', 404 el 407 î Cm. 'Bcc^. Jfric,^, can! 7j5^''^Mans^^ 

^\Çonsti^. ^poft., 1. U, c. 25, p. 238. ~ AugU8l.,.^d^poni(;.,ep,. 185, 

c. 9,1. lI,"p,ÇOO. ^ . -■' ! 5 .. I// i vo.u 

, .n.^ffm^'- fVo*?.> >r"' ""' 2^ ^* ^2.5 1. m, f. 19, p. 2^;. 246. ^92. 

- C;^P*-;,.eR-..:*>..P-. ^- „,..,. .| ,..;,: 

. ^Cçn9.tiiy apo^t.y l. HI , c. 15, p. 290. — Epiph., Adv.hœr., 1. III, 
U II, /iir.^,79, § ^.p. 4060. — ïlxposit, fidef^ càth., §21^ p.' 1103^^ 



LES PAUVRES ET LlESMALHEUREUX. 27S 

du caVafctèfe (ïlub sérîelîx des' veuves payant éprôàVié^t(*âïl- 
leurs lidooletir'dè perdre le compagnon de' lèu^ Vib , '^fé^ 
ëi^zïeùi plus ponées àî sjTnpalhîser avec les âlÉlictîôhs' d^îiu- 
lHii*';"CepiendâlÂt, comme le dévouement et la coinpasyion' 
nè'^oijt-pâi^éuîénacrit le privilège de veuves âgées,* onpfè-^ 
nfÂît aussî't)out diaconesses des femmes non mariées et {il'tis 
je(fbfe§*;iT arrivait" même qu'on confiait ce ministère '^â 'fiés' 
féttiràès'iïiïlrfëèé,' encore du vivant de leurs épouk*^ TCfia- 
râlt^'éW'gérie^arqu'ilnV avait pas, à ce' sujet, 'Aans'^tôiiîës 
lé^'égllëes'uné règïé unifofme*. Nous ignorons qûèlé'liioiïti' 
ofet^frii^'cfétertnlner les conciles de la Gaule à supprî&èt'fëfe' 
pfiêîfaiyriS tiné fonction aussi utile à TÉglise^ et aussi xbrf- 
for^ë'kf efsprit de douce charité que le Sauveur côàimuniqu'e 
aW^toîne^' - - . î 

^"Sï^téS laïques devaient pratiquer la charité indistînctemerit 
â¥1é|àV|yrfe tous ceux qui venaient l'implorer, Tévèque ^t' 
le* ISàbî^ ,' Responsables du patrimoine des pauvres, ne dë- 
^ifïèEftM'èiértîer qu'avec discernement. Ils étaient tenue rfe 
f yWSefrfés yumôhés aux personnes qui avaient dé quoi'Wrè,* 
éVnfelâfttftirent'a ceux qui étaient dans ritfdigencè'pâi^^feii'/' 
pi-'ipi'é'faWë. Ceux que leur âge ou leurs inflrmilés'eïàii¥-^ 
cHbîèttt*'de^(i^âvailIer, ou qui, par des maladies lenijibr^yy 

' ^^mtîAtl'ÏUtkrff. v^landié, c. 9, p. 178, — ntft*(i,'^'iÇpicV^nt^ftP 
quemmeDt synonymes de diaconesse. Hieron., ep. 1213, t. I, p. 904. 
^Constit, apost.y 1. Vï, c. 17, p. 350. — Comp. Ignat., AdSmvrn,^ 

c. 13, p. 38. ^.., , , ' '";'"! 

3 On a trouvé à Vérone Pepitaphe d'une diaconesse'mariéè. 'morte a? rage 
d[e'quaraite-cihqabl drertî^ ïï, p. 362, n» 4872. -*'"^ •^•^•^'foJ ^ 

♦ En 390, Théodose et Valentinien fixent Tâge des diaconesse? ^à âottl^l^ 
à\is; J'àsCîiJïèh'V fixe b^'qùaranle/c^^^ Jur., X.A M't'^}'V^}^^'Vod, 
Theod,,\, XVI, til. 2, 1. 27. --Justin. Novella ^23, c!''îf3;^ " '^ ^^ *" 
• 'sco'nè. d^O^nge, ^âM ,-can: 26; d'Epaone, ^^7* cal)?^i j^Mî^ns, 
553, can. 18. Cependant il paraît qu'encore après ceÙe*ép(Jquie^J^^ élit 
des diaconesses dans lés Gaules j Radegonde , femme ifé Lothàife't ] fut 
consacrée diaconesse par îiïédàrd (Acta S5., Àug.^ t." Ht, 'p.' 70)!"*' ' 

18. 



276 dàAWfTRév.' 

ou {(ar ië grand nombre dé lènrs èiïf2lhts,l£(sfî^ir réduite âir 
diSnbemènt, devaient seuls recevoirflès sec6ttiri*;'LëhëJÉlbrë 
de ces pàuVres était très-considérable; WdliffrteS (jtti li&^é 
Èohl connus, en montrant la grandetfiP fli'li iniSèW,''fé- 
inoignent en même temps de la grandeur fie 1àtliâf4té'^()èâ 
chrétiens de ces temps. Sous révéqûe'CorhèîIlte, v^rs'le mi^ 
îîëu du troisième siècle, TÉglisief'^ Rf6nflè;'c^?tebr(?é*déji|Wif 
Ignace pour sa bonté et son hbmhài^iié V éiUr^ëténait>1û^ de 
IBÔO Ipâùvres^ ; celle d'Antîocbé'; drf tkAt)i'^è eUry^lOlrie'v 
en ftoùrrisisail plus de 300d*:"tû <*aVî(é des É^îi^és ne se 
bornait pas h leurs propres pauvres f uriiêë entre i^es parte 
fièn spirituel d'une foi et d'un améfir commune, ceflli^s qui 
êtiïeïii plus prospères envoyaient d^àbondaDté secours à 
fPiautresplos malheureuses. L^Égli^edeBome, tt)ttsrévëqué 
Sôter, dans la seconde moitié du deuxième sië^lef;'CDnniffè 
cent ans plus tard sous Tévéque Etienne, envoyât ^èiift^^b 
collectes dans des provinces éloignées, tantôt f)iè%p'^e^ftr 
les populations éprouvées par des famines, taiil$t>fjk)ilrèfdoà'- 
cir le sort des Églises et des fidèles perséctiMte.^'ïlysèbef 1^^ 
conte que de son temps elle suivait encorerCcit ii^agé^^ Ati 
cïnqtilème siècle, Attîcus, évêque de Ckinéttintinople , eti^ 
'voya* 300 pièces d'or k l'Église de Nîcéë pour venir '^ aide 
ï-'si' pauvreté*. Baiisdes cas pressants J quand te^fèftdsieci- 
cfé^iâstlqtre ' était épuisé , les évoques' fi^'adr^saieril auK 
Mêles pour faire des collectes qui manquident rarement 
d'être âbohd&iiit^s''. Des prélats pîeux aB&iêfttf 86Ïuvi0»i jtts>- 

*' '^, J .'iJ.« '•:•■.•' « I. ' ;»;» '■ " .( -, ;• 

' 'ièonsiit.âpoii., 1. U, c. 4, I. IV, c. 3, p. âlt/SÎdO.'' '^ ' 1 ^ 
^Ep. ad Rom.j c. 3, p. 26. 
3Euseb., Hist. eccL, 1. Vl, c. 43, p. 244. ' 
^Chrysost., Hom, 66 m Matth,, § 3, l. Vtl,'p! 6tl8. '' ^' 
^Hist. eecL, 1. IV, c. 23 , I. Vil, c. 5, p. 445. 25i. ' ' ' 
eSocrat., Hitt. eccL, 1. VII, c. 25, p. 363. -'' ' ; ' ' 
7Just. Mart.,i4por lj c;14, p. 5!.--(îjpr., ép.'4, p. 9.'-^ï*os^îdras, 

Vita Auguêt., c. 4, '§'48*^ ^ Àct. SS., Àu'g.y t. VI, p: ^5.' ^ 



LES PAUVRES. KT LES MALHEUREUX. 277 

q^\ -^epdr^l^^ses j^f-flçs of p^çp^fU^ d^i ,l^f:$^ églises j..p'e^ 

gp^i, 4srêqufl.4^A«P|ide,?; Déogratias, évoque de Cartbs^ge^jjj 
A,«gu3tia^) 4Mi!i'<H$^^v,pour. racheter des captifs empi^^^ 
^.eselav»ga-69ft j^^jçi le^ barbares , soit par les Romains €;H]i;Y 
n^ê^m^s. Des fllir^jens , plus soucieux de la splendeur^e^ 
l'^uxe du cuJjte.qM^ d;u sort de leurs frères, blâmaifiif^tçp^f 
^jçtesque^ âjiliy^OJ^etiXi, la nécessité même ne justifiaji;^} 
A.iQbrôisQ;^ripfJt la{déÇçnseav,ec toute Tardeur d^^a^^fV 
4riié;ftSi TifeUi^, diHl, pcwssàdederor, ce n'e?t pf ^jg^j^r^/^ 
^OïDsarvcir, mm PQ\^^ ^'^^ spryir daas les néces^t^^j^g,^ 
lipniibres^; àqi^oi bon garder ce. quf en soi-mèfmiPi'^ p.^ 
^ rien ? Le Sejgpeur ne dira-l-il pas un jour i.poqfMiuqiiavgf; 
^/^sjaissç périr de faim tant d'indigents? Vous ayi^z Jç. l'or, 
4^<g^q<ioi.^ileiir avez-vous pas fourni de quoi se j^oi^^rrir^ 
^gojurquCM 4vç^7yous laissé emmener tant de captif ^^ \çs 
t^çbeter^^i^n ide les préserver de l'esclavage oh <|e Ja m<M*t? 
K'cCfôirihfjaséjté plus charitable de conserver l^j^ses y^r 
i^tsif^luti&t qiie ceux qui sont faits d'un mjp^|ppi;i|s^()l^.? 
JV^n^y^auiî^lpus de réponse à ces reprx)çh^.. 03^1, ^çj^ (jjf^r 
yms : j'ftiiflraw^ qu^ te temple de Diep ne fiÇkt dppouf:xu,<^',9[rr 
;l{eKiei%ts?;jL«e. Seigneur vous répliquer^;; jo^s s^f^nj^^))^ 
p<eii,v?en| s^ Bfa^^r d'or, car ce n'eal pa^^vee d^J'çi'.flu'oiti 

Jeft acbète^^^iw le^orpe, c'est la rédemption .d^ cgj^J^fS- 
ilj^ily adfii¥ftif«5>çéciewxque ceux qui servent; a arjrs^Jtiçf 
de^âttiesjyîiWQft^, c'est Ik de l'or qui résiste a l;épg^viy«^, 
de l'or utile, de l'or de Jésus-Christ^.» Jérôme dit à son 
tour qu'avant ;,ii'eipheIHr les églises, il faut soulager Jes 

^Sozom., Bist. eccL, 1. IV, c. 25, p. 583. ' '^ ' ^ !. 

2Socr., Hist. ecek^ l:,V|fvC, 21, p. 359. . . ^^ 
3 Victor Vit., 1. 1, c. 8, p! li. . ' ^r i^^l•^\![û ^ 

^Possidius, Ftta iu^., I, c. 
,„j!iAçtl»T-^A» «if;* lv|U. Cf. 28, S ^36, l. U, p.' 102. ' T ,'', 

«i)« off., i^-,«; <;, ^ i i'3§, jPt S)HV..X U, p,, 402,' , , , ^ 



278 CHAPITRE V. ' 

pauvres; car, après loul, si le lemple est sans parure , on 
iést (e mal? celle pauvreté a été consacrée par cefle de Jëèûs^ 
éhrist (ui-même*. ' " ' '* '• 

A la bienfaisance exercée par les commudatité^ Wt^- 
tiennes, il faut ajouter celle que pratiquaient les a^feôfeîsfti'ôfefe 
monastiques. Les couvents de cette période étaieiït'flélsfeyët^ 
de charité, surtout dans des contrées pauvres et àëàértèk. 
On raconte des moines de TÉgyple que,' pârta^feant 'lèft/r 
temps entre la prière et les travaux de ragrictrttufe'l'ïfs''^ 
procuraient les moyens de nourrir les nombrèi/xîiïdi|îitite 
(les pays d'alentour^. Ils envoyaient dés secorirs danS fés 

] cpntrées stériles de la Lybîe, et faisaient partir ' dés' nWïVës 
cftargés de vivres pour les provinces visitées par^liéâ fôiiiffliïs 
si lré(jîientes dans ces siècles malheureux*.' ' - ''' '^'^ "^^^ 

/Cette charité collective des Églises et deS'môAàstWës'tf^- 

' tait possible que par la charité individuelle àès édiles. ï5WAs 
n^aiirions donc pas besoin d'autres preuves poiÏT'iiitttfflftr 
combien celle-ci était dévouée -, cependant on hôns'jïëHiiBl- 
iri^ de citer encqre quelques exemples afin de failré^vijlf'àit&i 

I §ouç ce rapport la différence entre l'esprit qiiî ahttnàfft' fes 
citoyens du royaume de Dieu et celui dés païens *à'ï''é^é/e 
ou ^ le paganisme et toute sa civilisation s'ïippi^éliSli^iftf'à 
grîjniîs p^^^ leur chute. Nous devrions cïté^k^a'^ri^iiè(l^ 
loils les noms dont l'antiquité chrétienne nous à tMih^iâÙ'le 

. sou vénirV tous les Père3, illustrés par h sciénc6i,"'Wirfe^^fes 
màrly^^^^^ prêtres, honimés ou fémihfes!',' 'Shi-^^é 

!des mod^^^^ Nous n'en ferons' rè'és^ài^Hî Q&^ii 

petit^norïibre;Hèi rendront témoignage' polir ï6ttsM'a(ufrléb; 
ils feront voir qu'en Orient comme en Occident, en Afrique 

1Ep.52, t. I, p.26S. ^ ., '^''' ' -'1 

2Chrysost., Homls in Matth,, k 6, t. VIlJ'p' isk — AUgiisl., De 
moribus eccl. cath., 1. 1, c. 3J, 1. 1, p. 5^9. 
3Palladius, //w^ iCM*., c. 76, p. n9. 



LES PAUVRES ET LES MALHEUREUX. 279 

^.comniïje.en Italie, et ej^ Gaule., un même esprit animait les 

ipçiH^rjl^.^t les^cljefs.d^e TÉglise. Cyprien consacrVune îargfe 

part de son patrimoine au soulagement des pauvres; sa n^ai- 

jg^p^jj^^i'jgjlj^ljl^ f^jP^ pou personne, nul malheureux n'en sor- 

^^^^n^4|(rQ (foijisplé ou secouru ^ dans un cas extraordinaire 

^^^^/qp^^epcilésiastique se trouva insuffisant, il écrivit, 

^ ,fpjqf| ^ ^jCjQ.^xjl, a ses prêtres de combler la lacune ^u 

^yçfl, d^t^p? revenus personnels*. Le martyr Laurent, 

^^r^^que^^çi^JijiYçrBjeujr païen lui demanda les .trésors de son 

^^gj^q^,jlijij.^n^9i)lr2> ses pauvres^.Basile-lé-GJrand, voulant 

^s^if rj^ffjfprj.^pqore jeune , dans la sojilude, distribua son hé- 

^çijija^, p^jljçrflel au^. indigents; plus tard , lors d'une grande 

^'(^IWffW ^^ ÇfipRadoce , il parvint , par ses exhortations et par 

son exemple, àieng^ger les riches à ouvrir leurs greniers 

_^x^j3|a,ijy,rç^;,, pendant toute sa carrière, la simplicité aûs- 

r*fi^^ ^^îflÇA tio^nme, célèbr,e par son éloquence et par son 

.,^,^(jlfj&{i,Y^jir^ égalait l'abondance magnifique de ses au- 

_jij/^§&^5^p jçputemporain, Ephrem, qui avait profère la vie 

j^)jjt^jf,(^'^JJppii^opat, quitta sa retraite lors d'une tlisçite pt 

^^'qç\^j^j^éfl)|e gui désolaient Edesse; il. fit un appel a la 

,,]|pjiç;i;^foi^a^C(e,(||es.^^ plus aisés de cette Égliiie ; a Taide 

^;dj^jlj^lif|s,^9ps,, Jl disposa un hospice sous un portique. de la 

..ville.;, il exhorta les pauvres encore valides à servir, sous sa 

..îûKefttwat ACi^rSjreres malades, fournissaat ainsi nn^alaife 

^.^u^,^ps(:|(^^r,,s,e ^r^jntir de la famine, et ^ux autres un sou- 

'jjl?gfiWent^iifiHr,if ^m^.*,Jjl e$t inutile de parier (Jjé la|c|ia^^^^ 

iifr'fiP ÇflWJl^t'e^i^fefysostçme, des Augustin., de^^^mbroj^^e; 

.^M^nmh^ ^P9fres. de l'aumône n'auraient jas^^i^m^ 

*Jii|.' i\/ 11» h^ ,lnr>i M; ..,,,, ,,0/ tiun^l ^Ji 

*Ep. 36, p. 49. — Pontius, Vita Cypr., g 3} in 0pp. Cypr.y 
p. CXXXVÏ. 



2Ambr^, De off,^ 1. \\,^^j 28, § 140, t. II, p. 404.' " 



p. 1U4.' 

^Greg. Naz., or. 2d, t. \^ p. 340 et suiv. 

*Sozom., HUt, eccl, 1. IH, clB, p. 527. ' ^ ' ' ^ '^ '"''^' '^'"^ 



280 (OHAPlfW^X^owi, cj ^ ' 

Xd^U^j^m iQQH«f^ce^ s'il8i.n/9Mi^ir^^$i(MHttéiiuiil6ilr<.()ai?oIe 

dj^WjiijQQClireDt leiirs vastes dimdiPâiffiQiiUP^lûilpam^^^^ 
Martin de Tours se dépouillait de ses habil^afiftOHsJoUaal^ , 
l'évéque Exupère de Toulouse souffrait la faim et renfermait 
le pain et le vjn de TEucharistie dans des vases d^osier et de 
verre ^, pour veoir au seeoar$ de k»ps :iâdi(^^ts. 

Ces nobles exemples des évêqu%s étaient suivis par des 
la^ijifç» p4aétrés comme e^?^4e^raiqour,d#f4lltiiii-^bp^^ A 
l'ép.QfIuedu déclin du mond^ramaÎQ, il f a to^datnahs niasses 
les,,pl,us^ élevées de la 3aci4l4<^étieiNQ€j[ dâ^mmiuis kt des 
fcjfpiçeS) vivant siqaplemeot avec leu^rs ^HldSf afiii de 
poiiyoir. rçpandre plus de biei^faits autour $|!Q|x..fiNdus avons 
cité p|u^ haut les noms de quelques-uq^M^J^tti^f^ «femmes* 
modèles -, nqus nous bornerons à ne mes^imi9f^(|^qtt€d^x 
ou trqis hommes d'un rang illustre, djstîii^h^'|)^4ft«r iné- 
puisable charité. Pammachius, après avwi^éiâipfîâOMâul^ 
dépensa sa grande fortune en aumônes .^vQulMitpiïi Siî oÉii- 
son fpt considérée comme un hospice janveiri'Hkiteus les 
pauvres^; ^ébridius, fils du profit du ppiiloirw dôil^fimpire 
d'Qriiçnt et. d'une sœur de TépoASQ de ThéoâQs9<) |u>o6ta de 
sa.position à|a cour pour protéger les oppirini^s^ijâl eoasa- 
cra jçpn revenu à secourir les ^ndigqnts etj&*rq|[îhfter ëea pri* 
sonpîer^^i Pierre le collecteur, de r4pB<lW^'5l^*;^«slittien , , 
expi^ la.(^ureté que, dans l'exercice d^/j^s^/Q^ati^u» y U savait 
montrée; envers les pauvres, en se 1^-yi*^0& lutmémô à leur 
profilk uinjaarchand d'esclaves^. ,., ^inn» ; u • / * 

9 Sulp. Severus, Dial. de vità B. Mart, , c. 2 j in 0pp., Le^de 1 654, p. 488. 
3Hieron.,ep. 124, 1. 1, p. 947. . JS ,.; ^ o J' 

^J>^jiliy. jjfo]^,, ,^ 13, p. 73. -t;Hicro«.sifH^i 66,cri U, pOS9S,.ir. 
îfHieron., ep. 79, U I, p. 901,. n \j \ ,ium . iC , .ïn;;i . " 
^Acta S5., Janv,j t. II, p. 506. ^ .\ ,. u 



LBS PAUVRE^ ET LES MALHEUREUX. 281 

qm'IoUsJtes^IrafsobneitiedtsY fy^feàïi^ du iibd^èl']e£|)At 
qi^-iésfw4::hiist4e<«fi^ua ^ tetii cfCrî «è'doÀHéiit'Ii Wi^ 

î». » nolaai 1 • n« c l'i'"-- ■ -'' -' •■ ' '-" 

.'• ^j'idigc'i ^' • •' ;•-■ '='^'- ' : •• .^ "^^ . ^ 

" s-^xsq ^iM»-. •: ^' 'v' 3.." :'''vj >■ -i • ^ ::..•. ■•.« î 
/ Tèrâded ««Iheo^éiil /W^s^^trÉction , devaîen t être )^>b - 
jfttdsliaiiiarifë deê5;hnélién^:'SMr ]f avait des pèrsotinès- 
qii'ôiJi«tiar8i5«b<nandà!l d^«frè manière plus spéciale', î'est; 
qiAittài avfti^flt besoM d'un genre parlicolîer de secours fcV 
de pmtteoii6n. C'dla1ëiit'd'ai)ord lés veuves el les orphelîhy.' ' 
Par nnaâlfèi4lu êentiffient d^mîon fraternelle entre tous leâ^ 
bo«ibvi!B(<k)[)é{tie|^^es«enti parTanliquité, la veuve, prïv^^'^ 
de>aiiiHûif*,reDfiinl, privé de ses parents, devaient rett'bit-' 
ver>uwDfotf|îflè*dâkiséeH« de la communauté chrétienne. Se- < 
parés (te tours 'SOUlîelfis naturels , ils étaient entourés dé ^\M^ 
de Boin6J:qàe}to^i««tlf*es malheureux auxquels sufii^aiétit H8^ 
plûsisoilileab rfes^isecours matériels ou temporal res( Wtfè^^ 
vaieiili,)'«ic^Qa*^t^bxpr6tssf0ri des Constitutions aposto^flfèW,^ 
oceafet Une>ptaCfe ét^ëe dans le temple de Dîéu*?ïl^1lê^ 
préceptes idtoli^à^ t)lus sonvent et d'une Ttitli^9^6P 
presflaiileu^dlcélUi'd'Javoir soin des veuves et dek orf)ti)éHH^^^ 
el'de«8tiçôdsûfeiiévVl0ur protection^. Pendant lés jjett^ilï^ 
tionà,ibût«|dQiiAi ilii' tfnotifi^ généraux la cônsid^àt(6'^^j[ji^ 
répoux ou les parents peuvent subir le martyi^é'iVcfè^'pflft/ffflî^ 
courage, sachant que ceux qu'ils aiment ne seront pas aban- 
donnéS'^.-te^^dèl^sqdi admettaient dans leôfFâ^i^^U 

*L. H, c. 26, p. 242. - . ^ t * iSt .qd ..noisilie 

« Barn.,ii<;i2aj pi 83.^ Hôrmlis , I: 'IÏ7mand.' 8; 1. nt^M:V!f%, 
103. Laclant., Div. instit., 1. Vï, c. 42, t. ï, pi. M.^^' ''P ..floiôiH? 
3Lactant.., /. c. - '" 'i r'» ' i^«^»^ r^^^' ^^^^^ 



orplvëlriiiéidiefi< exhoiDésà les. marier aivôc leurs, propre 6q^ 
'fôéls'pllutôt qu'^aveo d'autres^, afio de>ieiur«réecfMâ]&6ttei»^t 
Mè\fôftà\\h nouyeWe^ . Cest aux préUfCA/^aïuiiié^Yéfluf&i^iiifr 
^durque Vàdfêssait la recomraandacUm de'<9'0oaup|B[*>dasfxpr 
^heiins 61 des veuves; ils devaient les, entrqtoofi^filii.iQOtiâp 
diifonds ées Églilsesou du produit de8 eolledlpâ^ii Llé^qtt^ 
'vk^illait'à ee qùû les edrants privés de Jatir«jf^ftr9n(^i:A»^tit 
'^lëvé^damls la Toi okrëtienneetâttsIriiitedanftdi^sjMriyïT^tai^^ 
afin de pouvoir gagner un jour leur viâio» .^e-^iimAfam 
marier honorablement, sans rester plus longtemps à charge 
aux Églises^. Il prenait la défense des orphelins et des veuves 
qui avaient delafoftude; il les prolégeaft isoit contre 'les 
prétentions de leurs familles, soit contre des adversaires 
puissants, tentés de profiler de leur position pôiirfe'iil^ieter 
sur leurs droits*. «Votre ministère, dit Ambrôise aux jàiërhllFés 
du clergé, votre ministère brillera d'un bel ^cliï,^ *si,^"|jâr 
vos efforts , vous empêchez un homme haut placé' tl^6()pïï- 
mer une veuve ou un orphelin, si vous faites' vdf^'^ïué'Mës 
préceptes de Oieu valent plus chez vous que l'a Î2(véirr^d8s 
Jiommes.)) Il leur rappelle , pour les encourager,' lèy^rattés 
quil^a soutenues lui-même contre Fempéreur, pôurii^féiUfre 
les dépôts que des veuves lui avaient conÔéà^. Lèy'moJTOS 
eiâienï tenus de recevoir dans les monastères 4f^ ot^itièfiàs 
pauvres, de les nourrir et de les ' élever gràtùuèîàèmî *ën 

les considérant comme les enfants commun's''ld*el6i/s fàs 

"<*'^ «■■' ■''• - ' :•»• ^ -HMi M/ t'Ai lifrJm; 

-L-» {, n :..-iîi . .. .1,= -.. .1:, j ^Ihiil ;f)l|]ia 

^ConsHt. apost., 1. IV, c. «, p. 295. , , 

, sPolyc, c. 6, p. 188. — Just. Mart., Apol. 1 , c. 67, p. 8f. J— 

"'Tertiili:; Apot, c. 39, p. i^O. -- Cypv:, é^.^é/^i^Âk'-^'^ëoLut. 

' '^Ûs^.', 1. W; c. 1 et sDiv., p. 277. — ChTpast.j'Bàtàl kiéWldiiJi^ihmi, 
p. 311. 
^Constit. apost^ L IV, c. 4 et 2,,p.,395.» .,^-. ,,.^ y ,vt .ii..-il f 
^Conc. deS^iîdique,.347, «an. 10 f M9Qli, tp, mr'Pv.28.,-:T: ^ngust., 

;5^r/«<K^17a^.§^, t.,y, p.584 , ,. j ^,.. .V.V. -v 

^De o[f., 1. II, c. 29, § 149, t. ïï, p. <06. , J ,' T ■ J 



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.i./i: u:[» 



LES PAUVRES %^ tiSS MALHEUREUX 283 

Trères^ A p»rlk dut quatrième aièd<e, la ckavité dirélM^e 
isréâ'des ëUèlisS6iAenl& publies pour ces membi^e» do.liÉgitEi^ 
tttgoes>c|e>tatit>de^syiopathie'^ révéqueËleusius^ d^%di(|}l6, 
éBl ^oUé< ppiir 'aroii^' établi^ avee les dépouilles dos ^oipl^ 
'paie0«,ides!ho^pié6&poui des veuves pauvre»^; les prei|ii^i!€)s 
mtrtôoiisl dVpheiins paraissent dater de ta mèfae époqua.-, 
léttie^iétai^at $W9 la direetioD de prêlres, chargée plji^ \^à 
té^àiigmiôttit^d'éire les tnteors e4 les enratdovs desi eÂidn|ii3 
iêOflte^'leohsisoiûs*. 

<A j tH ,. § "*• ^^* opprimés et les captifs 

j^^iPap^ni les personnes malheureuses, recomqaandées a la 
^$((j|}i^ilu.de,des Églises et des fidèles, il faul mentionner en- 
jguite^les captifs et les hommes injustement opprimés. Sous 
çp^,Tf|[|pQrt , les _ occasions n'ont pas manqué à la chanté 
^qjirç^lj^çc^pç des premiers siècles. Malgré des lois protectrices, 
j>^filg5*é,lejs ^tjentatives faites pour rendre plus de vigueur à 
^)'fj^[pi.j[ijstratipn de TEmpire, la liherté personnelle était sans 
.^garjî^qtjje.^^elle était livrée au bon plaisir des empereurs et de 
^Içjijrs jOfficjers^ à la cupidité des soldats et des agents du fisc, 
^u caprice tyran nique des hommes puissants et riches ou à 
,j|a r^ide^^pe^ brutale des barbares; jamais peut-être 1 arbitraire 
et k Yjojence n^oiit régné sous autant de formes et n'ont fait 
autant de victimes que dans ces temps de dissolution so- 
ciale; mais jamais aussi la bienfaisance chrétienne n'a dé- 
j)lq;^é une. plus ingénieuse persévérance. ' ^ ^ .* > » 
, ,,^)P€inààr\l.le^ persécutions, les chrétiens, jetés dans |es 
joa.ah(rt^,Au,\iei|vc\yés, ai^x. carrières, étaient jvîsîitfl^ papjiç^rs 

.11^ .,, 

* Basil., Reg. fus, tract., intefr, 15, t. II, p, 355.'' ' ^ • ^ '^ ' 
2'X7ifiôTptf(pia..S(Jlbiri., W*K eccg., I. V, c. 45, p^m». •'• "' • > ' 
^Orphanotrophi, Lois de Léon et Anlhémius, 469 j -Cérpl* J'i^n»^ '4f I, 
lit. 3, L 32 et 35. ' '• ' . ^ ^v 



$itiiJi9ii!i)fti8aiicpour€ii}(^Je»eoll^GA^s^éeifiiNi; le^ pMYff^^ 
8«i)#rtj«^ftieot d'un |oinr de nouftitttMj afin (î«îpoiiyftf'jo§flUT 
ifë^m^h,, on prenaU sur le fof#»^d^ Églises, dejqnqir^^phier 
ler J^frèreâ condamnés auiL travaux j^Miu AH(9H4Mf(4^'^4 
w s'exposait à tous tes dangers pour, venir k If^i^Ti^X^K (L^ 
loi du lyran Liciniu^ iofli|^nt à emn W yk^^J^le^WÎc 
soaoiers.ebrétiena la méoie.peiQeiiii'à ces»i)^r»îeriSi;^jA'^f9r 
péchait pas les femmes elle^mév^es de |^^^yie,r<^tOMfi Iq$> j^ç^*^ 
rils^t pour les opusoler ^t pour pt^f^er lQ^r%ipl8iqsV or <) 
.,.Po«yr les viMiiAes du despfitàsine &^ifii^i\\fitmf\^é[A9^ 
gtaodi» ou.daila foreur populaire, s'intçft(faiHîj[(ipeiii# pffRiJ^ 
droàtid'asileriéans les églises., d'après VoD^lfigi^idfftjfeij^l^e^ 
païens. Di^jmkMstrtis ou des fonctiouii^if/e^f^) pirq§q^^'ip^ 
\m empereurs ou chassés par la fottl^?4.j'df^>^|ivg%.fjp^>j^^ 
exposées a«x obsessions d'honomas pij^i$SftpfS:ftb9^f^6$i1^Kl^ 
pauvres, poursuivis par leurs Gxé^mmf^1\?.û^^t§^\M6^^ 
maitraités par leurs maîtres ou me^ud^é^rdaf^^uf f^sjieltfiçiûb 
voient ébtm les églises ou dan;» .le^ .mopi^tèi^f ^ i(]to ^si^<tj^ 
€ontre!J[esjpi»mtèfes violence^ de leviraf 9i^é«@)éau;(§li È^^r 

'iCofiité^: %08t., 1. V, c. 1,'^! 304,^ Wst? ^ii\ »pimM^kl 
p. Bljy^'miAi., Apoi.y c. 39, p. ^20fî ^'nmmmt!i,^}e. t, |e i^a^ 
ImmvWrnojiePeregr., l. H, fi.Mhx^^ JiïOaiîiJanÎ!;' 8t)ni(noi" 

^CfHffS^, ogpst., l IV, c. 9, 9-mUa.. Ub . iU>mq ^l sh . II'. 
^ 3J6., l.V^c. 3, j). 305. , . . ,.* 

■^Ëusçl):. Jïtéf. icc/., 1. X, c. '8, p. ^6^- M'%on*^';4Pl'*"è? B^f, 
p. 435r^tomp: Terlall., id'«*o»^m, tilli ^Wîl>^«'î3;^"9q9'î f'»'^ 

^Ëutrope, le ministre d'Arcadius ; comp. M. Villemain, Tableau de 
Véloq. chrét., p. 197. — La femme et la fille (teîlvvfi^7 SS^ifl/pJ.' V, 
c. 8, p. 256; voy. aus^i 1. IV, c. 40, p. 222. -- Amu^pit^^liyi, ly(3fâ^V!, 
c. 3, t. Il, p. 74. ■; : ' .' J , \ A ,'i^^ .^s/n ^y\ ..j.ir^ii. 

'«Grèfe. ^a^,J or. 20, ^ î,".p. 35»o. ;J ,11' .) .11 .1 .y\^ > i .Mur 

Uugust., ep. 26S, tqlIjlpjÇ8S»i.,»/ „(•[ nrj .TIC ,î.up/( ^^.)h . .- 

«Basil., Reg.fus. «rac^tj i^ilfrjfJ Hy<îll|,4Wt3Êai>^*^d^PelMfe.,^^^ 
1. 1, ep. 142, p. 36. Wî ^ I . M\ .;. 



LES PAUVRES Et tl^lTÀLHEUREUX. 385 

Ce t^ t>a^'vte^(|(ri*dyerel]fftTt à se' k)A^mi»e'Si: là dili^ é'm^ 
jAÈfiT\^t\ Df^ lélibërsH en pàyântsad^rie au mo^feû^Winm 
cSdëOe fditmblek Mè\e^^ \ êx^h^ce uît eâete\e , <^ïi l'exhar'* 
t^i¥la psfliéiy^é; eu meniez temps qb^on (iDgâg^ail son inisieiw 
à'^MiUt^^f'ptàSîl^iÎDitariité; ob lie te retenait qne lofsqé'eil 
fe're^ant S^lâ seNîttIdë, onr eût é^tposé sa conscienee a dés 
p^Ië giiaves^.' Les bartmipes eiu-mémes respectaient ieé 
d¥bit d'aèlle ; après la prise de Rome, Alaric épargna les iya^^ 
Mtèrftd qttî s¥tôîèiit réfegfés dans les êglise^s^ - j ' ^ ^i 
Outre cet asile qo-ils traovaient dans les^mainonâ reli'^ 
gîëuSès , iës opprimés de tonte espèce avaient ttn*rdfiîf(i»flon 
tttdlh% iat auprès des évêques, dont ht charité prôiebtrttg 
â^^iift'jaiMais implorée en vain par un innoe^t Ao mAieb 
éRfll'Stfëïthîef universelle, eux seuls élevaient encore hviA% 
^h^ëie^et en faveur de Thumanité oulragéei' C'était? iriî 
iflïfléôfs "devoirs^ particuliers d^arracher des mains d'opp^is^ 
sëtltë^ptfissiliits les hommes qui manquaient de défenscmvs^ 
d>%lbrcéâét^'pbur eux auprès des empereurs et des mBfgis^ 
i)^m^ tfeWarîlPê à cet effet des voyages lointains el^dë bii^er 
tbélé te^^êfétères , ponrvu que la cause de c^ux^ii&qualsiils 
s'intéressaient fût juste^. La personne de la condition la 
pl|P&,hi|ii)li4çi étaijir sûr^ de trouyer son évéque ,prêt à .|^- 
tenâmr e\ h se.ooosacrer à sa défense. Tantôt>ûe:sonkde§ 
hommes injustement condamnés qu'Ambroise délivre de 
l'exil , de la prison , du supplice*; tantôt c'est u* sôMat dé- 
serteur, que Grégoire de Nazianze recommandé, accuse de 
son repentirvfia,pardon de sou chef^; tantôt, ce sont d^ çs- 
V »" -^ \ .....c. ! / y . . , ^.„; , :(i 

J '*Voylndte«/'pv«84. '-^i.^ u i '^ ' ^ij / - ■ ^ .t> 
3August., De civit. Dei, 1. î, c. i, t. VU, p. 3. ' T , ^U • l' > 

Umbr., De off., I. H, c. 21, § 102} c.'^% $ ^49, L Jl,.|£. i^. J*16 
Conc. deSardique, 347, can. iO; Maast , tj>lll^ pii 36. ,j .^ 

f^,.M/àdbme0dèêïùm-,ii^, t. Il, p. 953. 
«Ep. 78, t. ï,p. 832. i . 



286- ' . • t . ' cttApitRB v: " ' 

cUtiifê^' têmlKês , en ftfteor d^sc|ttel8 ftaistle rtitereède auprès» 
ddleord'taaliTesV Le pi as sOTtent c'étaient deà haWtâHl*! 
d^'t^atnpagnes, e^cposés^ fà rapacité de^ageot^ fi^etfntv^»^ 
Paitarice rcrineuse des usuriers ei surloot à i'oppfesfsioft déi^ 
gfMd$ propriétaires. Ces derniers , représenta p^r^l^s^pl^^ 
dî^ateurs éo temps comme pires que leB ba^tofe^,* qb(^i'<!|f«itd 
ctn^tiens^ de nom , laissaient périr dans la mUèîrë^esptfysëiÉis^ 
qui culliTaient leurs vastes domaines. Anssî irtdf<Kk«ttlslâi^ft' 
destinée hiorale de oes malbeuretiif qu'k leur •sort iierrist^e, 
ils'le») retenaient à dessein tians le pagatiisttmvptf^^^'^^i^^ 
lei/iâieÉC un imp6t sur l^s lempies ^. Sn plusieutts bit^dwi'-^ 
tancfeev Givrysostome et Augustin ont parlé ^tec>^fl«ér^iUfi» 
faveur des eolons opprimés ; ifs ont fait aux hommêfs'ÉiëBé^' 
qtli les exploitaient les remontrances les plos sérè^bëV^'^^ 
leur rappelant combien leur dureté était indigne deidhMtfëit^ 
q«^' craignent la colère de Dieu et qui désireiH'^btèâtP^lfl 
giftcel^ <Juand des populations entières, p4>»ssé€>$>'îf^bèW 
pardes exactions intolérables, serévoltofierft'êoiitée^e^idi]^ 
ciêNf^'impériBOK , les évéques, sans- se faire 4eë'détMMSëutkdi| 
de'la ëéditton m de la tyrannie , savaient se fdaeiftr'8sbetr1liiul> 
pobri'rapj^ler au peuple son devoir d-obéiisàtaaé('»bi>^<titti3 
a^mé^'âeirâutorifé celui de Pbumanilé. ^Gi^^oiiicl l)ê<f<tiHi 
zrât^';i<dê^9U}ii' discours prononcé on '{iré^eiîiîe4lU»âl|;^J^^ 
vé^èëtti<'¥ouytfîiA'vetiu pour cMii\0pmfeétdttm\'miÈiiimmë^ 
psA^'Sip^isi^r' 4^ peuple et donne enduiie^'autigo«vetnèitit]iii^i 
coVk>dëHs^ (t%dulgence et de pardM^. LoiisqHefla ^pfaMtotfi 
dl'ISriti^htej exaspérée par une tale'n(Ui^eU<é<) mi/mititîâU^ 
les ofiBciers de Théodose et renversé ses statues , et que ce- 
lai-cî'eut envoyé des commissaires pour fe^jr coiîtrè l'es iîoîi- 

^Ep. 73, t. m, p. ^67. j ;' '' ' *' - 

^ZenoVef'on., l, 1, tract. 15, p. 130. " ' 

sÀugùst.j, ep. 247, t. Il, p. 663. ~ Clirysôsl./îf/ôm.GO tf» Ifaf^, §3, 

i.Vn, p. GÛ'.' ^'' ' ' ' •"•-'■ 

*0r. 17, t. (, p. 265. ^ '" " 



LES PAUVRES BT. iiEÇ .MALHEUREUX. 287 

\ab\mn r^c^e?^êq»e- f lavi^n piEirtit malgré w»,^wàA%^, 

^Hhryi^^Wpn^iproponca des difioowrs célèbres pf>ur,raoiii)w, 
I^ipeii|^^^i%f^i'0OQ9(erD4 maiolenant qu'il avait éié pitonH^t; 
à^^,pév/i^U9^ 49&iermite^ du. voisinage âccoururem i^qnt.imp.. 
pj^^rjf^ cléH)^fM;.eide^comiBi$saire$j à GcwstantîiH)pl6vF)4irt. 
\îi;0^a4f^.sAa.â.Tbéodo$e d«$ exportations ai chaleuri^yBj^^i 
(ifQ;Ucff|^9net]i;9 éwiU/,^ coosentit à pardonner à la rpui^^ ,|. 
.'>$(î'k9JPteN^âidr>$ deu^euraientsanseièt, rÉgl[is^.iij)i9T^, 
t;ein?pt .^i^ée.cleiVQir k$.eSbrls âe sa charitéiméeiQnfMiS'^ 
ft^M^ÎMit '^p^a à déotarerJes hommes durs ett vio|eiA$,iton] 
dtgn^^ 4e( la.ieû9kfDimîon ehrétienne. Atbaoase esteotr^nimiAi 
\i^)g§Vk^mf^\\v de)a Lybie à cause de ses cruautés ^ d^^e^: 
d^auol^^wAui empereurs euxHSiêines, on rappelait (}c), 
QM^iWA9i^r.e, solennité que la possession du pouvoir; ^h*,; 
pr^mf^.QQrdip^eAse pas de rhumanité. Tbéodose aya^t^J^» 
i|^^af;r^r^.49ASt un mouvement de colère, 70QQ hablt^rrOj 
d4}rIEI](^ls9VMl44U0i) Ambroise lui adressa une épllr«^.< insfliré^i 
[¥irJ«dp«tâ^tdevotr un empereur chrétien ordonner) toîn^f^ji^) 
d)9ii9M()d^liomebf y s^« discerner les iaDdcent^d?air^>|ef(, 
c0U9^hie$i^iA<im annoâfa que, souillé de ce.$ft|}jg]£fiK(P^ 
patfTrih pliiâfeipréafDteff devant les autels; c^u^Iî^iIoitm^ 
Thégrfoftô(FotiJttt entrer» d»w l'église 4e Milao.fl^ffiaMra^HSx 
éy^«j«il'««cêfMrtburte seuil ^Juiimpowrm tM«ftRépite9<?*i/ 
l^pfirfnfvitwgnnai^iintîSQn .crime, n'bésii»;^ piisiàft^l^^^ 
m€i««l^tj<l\ e$lj»f^ivJom»h><UtM. Villemaifl!vi,ft|i^yftipW(r> 
ilote«ito»\w»t aji»i§éid«fcei.exei»ple*5 mai^. ee .quii^jÎjKç^^^ 

ad Theodosium, § 32, t. Il, p. 955. — Villemain, TabL de Véloq. chrét., 

p. ^64 et suiv, 
2Bas.,ep. 6i,t.in, p.i55. ] 'Vn'w 'v" 

«Ambr.. JFp. 5< ad Theodosium , a. 390, t. Il, p. 09^. -^ Iflieo^ôret, 

Hisi. eccL, l! V, c. 17, p. 219. —Sozom., Hisi. eccl.\ 1. Vfî, 'L 2^', p; ^43. 
* Tableau de Véloq, chrét., p. 327. ' . .' 



288 CHAPITRE V. 

aussi, c'est qu'k la fin du quatrième sièele, c'était un grand 
^ctacle de voir ud évéque chrétien dâaidre seul contre 
lemaitre du monde les droits de la ju$tice et de la charité. 
, Les guerres qui ont rempli toute la durée de TEmpire ro- 
maia, les troubles civils, les luttes entre les compéfiteurs à 
la couronne , et surtout les invasions des peuples barbares, 
ont souvent mis la charité chrétienne k Fépreuve. Outre les 
prisonniers faits dans les batailles, des populations entières 
étaient emmenées en captivité , après avoir vu ruiner leurs 
demeures et dévaster leurs champs. Racheter ces malheu* 
r^x était représenté par les Pères comme une preuve de 
Charité suprême , comme une grande œuvre de justice, pour 
laquelle il fallait être prêt ^ tous les sacrifices; car il s'agis- 
sait d'arracher des frères , non-seulement a la mort ou k Tes- 
çlavâ^, mais au danger de retomber dans Tidolâtrie; il s'a- 
gissait de rendre des enfants à leurs parents et des citoyens 
k la patrie, ou de soustraire des femmes chrétiennes aux 
passions brutales des barbares^ Les sommes nécessaire 
étaient fournies par des chrétiens riches, ou prises sur les 
fonds d^s Églises ; souvent aussi on faisait des coHectes spé- 
ciales dans ce but. Il arriva mvime que des hommes , animés 
d'une charité ardente, sacrifièrent leur propre liberté pour 
reodre k sa famille un époux ou un fils. De bonne lierre déjk 
il y eut des exemples de ce dévouement snblinse. Clément 
de Rome écrit k TÉglise de Corinthe : «Nous connaissons 
beaucoup parmi nous qui se sont mis en servitude pour que 
d'autres fussent rendus a la liberté^.» L'évéq^e .Deiiis e&- 

*LacUiit., Div, imtit.y 1. VI, c. 12, t. 1, p. 4Q&. - Ambr., I>è ô/f., 
1. Il, c. ^5, § 70. 71, c. 28, § ^38, t. II, p. 86. 103. 

^Ep. i ad Cor,^ c. 5o, p. 178. — La tradition a rapporté «ti fait ana- 
logue sur Paulin de Noie. Grégoire-le-Grand raconte (dans ses iHalogi de 
viêà 6« nUracuUt Patrum italicorumy 1. III, c. I, tn 0pp. ^ éd. Bened., 
Ptr. 1705, fol., t. 11, p. 127) qu'ayant épuisé toutes ses ressources pour 
racheter des habitants emmenés en Afrique par les* Vandales , Paulin s'est 



LES PAUVRES KT LES MALHEUREUX. 289 

voya, au nom de l'Église de Rome, de rargént en'Cappa- 
doce , pçur racheter des captifs d^tinés à résclavage^. Des 
hordes de jNumidiens ayant envahi TAfrique romaine et em- 
mené beaucoup de prisonniers, les évéqnes dé la province 
s'adressèrent k l'Église de Carthage pour implorer des se- 
cours -, Cyprien fit alors «ne collecle , à laquelle les pauvres 
comme les riches s'empressèrent de contribuer^. Les captifs 
que les Goths faisaient en Italie, étaient rachetés par lès com- 
munautés chrétiennes du pays; Ambroise employa k cet ef- 
fet les vases sacrés de son église, convaincu qu'H était plus 
évangélique d'arracher des malheureux à la mort, à ta mi- 
sère, k la honte, que de conserver quelques ornements*. Au- 
gustin donna le même exemple^ ^ il fut suivi à son tour, vers 
le milieu du cinquième siècle, par l'évéque de Carthage 
Déogratias qui , lors des invasions des Vandales , racheta les 
prisonniers en consacrant à cette œuvre le prix de ses vases 
^€f es ; lorsque ces inalheureux furent rentrés k Carthage et 
goe La place manqua pour les loger, il fit mettre à leur dis- 
{^Qsi^ian deux églises, où il présida lui-même aux soins que 
r^Iiamait leur état^. Ajoutons que ce n'étaient pas toujours 
deS; frères sç^JeB^ent quej'on rachetait ainsi de la cafiftivité ; 

Uvr^ Iuî*i|iéd|eà me pauvre veuve qui lui demandait une ratiçon'poifr son 
fils ; la veuve ^cce^a^ et tous les deu& se rendirent en Afrique, k>ù Pau- 
lin , après s*être concilié Testinie du roi des Vandales , obtint de lui la . 
grâce de tous ses compatriotes captits. Ce fait n'est constaté par aucun 
docuhiént historique contemporain. «Tout, dans les écrits de Paulin, té- 
moigne''qtt^ ne qjDtCtà pas l'Italie ; et Augustin , qui célèbre sa vertu et 
rinvite plusieurs fois à venir en Afrique , n'aurait pas oublié Un dévoue- 
meot sembliibj^.» Villeoi^in , Tubl, de Véloq. ohrét.^ p. 371. 

1 Basil., ep. 70, t. Itt, p. 1^. » 

2Cypr., ep. 60, p* 400. 

3Voy. notes 5 et 6, p. 277. ,>. 

^Possidius, Yita é^ffoêt., c. 4, § 48j in Aet. «5., Aug., t. VI, 
p. 435. 

sVicllpi: Yit.,1. l, c. 8, p. 40. 

19 



290 CHAPITRB V. . . . 

I - .• • 

compatissant à tous les maux, respectant la liberté ide tpus 
les hommes, les chrétiens savaient s'imposer les mémes^a- 
crifices pour rendre à leur patrie, des étrangers , des païenj^, 
Taits prisonniers par les Romains eux-mêmes. A.caçiiis^ 
évéque d'Amide , vers 420, vendit des vases sacrés pour, ra- 
cheter et renvoyer libres à peu près 7000 Perses, tombés au 
pouvoir de l'armée romaine^ 

M. . ^ ^ ^. Les malades. ' m 

Le païep , attaché à la terre et n'espérant p^ une vie; fu- 
ture , redoutait la maladie et évitait les malades ] c'£js,t ^ ppjïfft 
s'^1 soignait les membres de sa famille; d^ns les ép^.d^mjes, 
saisi de frayeur, inquiet pour sa propre existence , .il sesé-^ 
parait d'^ux sans scrupule. Quant aux malades, j)auyres,^il^ 
fiaient abandonnés des particuliers comme de Ip so,ç/étéj, la 
ipaladie était pour eux une incapacité de plus 4f f^pd,re df^Çt 
services à TÉlat; elle les rendait plus inutiles epcoi;e qu^aUf; 
parayant , elle était comme un surcroît d'oppr9l)jre ajouté.ap 
^é8l|pnneur de la pauvreté. Dans la société qhrj^tiepe, rien 
de gareil.: la maladie n'est pas considérée ,cop[^^e étant un 
malheur par elle-même, on l'envisage çpp^^i^ne épfeifv^ 
pour celui gu'elle atteint, et comme un ^vectissen^çiptpourpes 
frèr^ç de redoubler de charité et de con^ps^^siopj ^ésus-Chfjst 
ay^it nommé parmi les bénis de. son P.^rp.jq^njjppsséderoo^ 
çn, h|rilagé je royaume des cieux^ c^^Xl^q^i,le.yisitçr|^e^| 
^ijjand il. ^sç, trouverait malade dans |a ppri^gnqj^j^'uncjefjgju^ 
j^çljlsdÇjSes, frères'^; l'Église en fit un ^evjçi^Jpipérieuîii^pçarj 
seulement aux évêques et aux prêtres, mais à tous les chré- 
tkAS'iwOttiioJiommes comme aux femmes ?u^^lGft devoir\étiait 

^Socrat., Hist. eccL, 1. Vil, ç. 2^,.p..J359. , .^.>, \. . •. . » 

3 « 'EvtoXyjç Yap è(jTi tYJç fxsviaTrjc; , ^ twv ^aSevouvtiov £7riŒ3Wj|*ç.» 
Basil , ep. 263, t. ni, p. 405. 



LES PAUVRES ET LES MALHEUREUX. 29! ' 

représenté comme d'autant plus grand, qu'empêchés de Ira- 
vailler, les malades pauvres étaient encore moins en état 
qu'auparavant de pourvoir à leur subsistance*. Outre les re- 
mèdes et les aliments pour le corps , on leur donnait les mo- 
tifs les pïus propres à relever leur courage ou à leur inspirer 
fi résignation ; on leur parlait de l'amour de Dieu qui ne 
veut pas qu'une seule âme se perde, de la soumission a sa 
volonté aussi sage que bienveillante, du bonheur d'être dé- 
livré par la mort des maux de b terre , de l'espoir d'une vie 
meilleure où Ton retrouve ceux qu'on a chéris ici-bas*-^. 

'ily 'avait une classe de malades pour lesquels la soUîci- 
flillê'fehrétiehne devait être particulièrement vive ; c'étaient 
ïéisVépreux, SI nombreux surtout dans les pays de TOrienl! 
C^és inafheureux, chassés de tous les lieux habités, délaissés 
niémè de leurs familles, forcés de se retirer sur des mon-' 
fegnës où dans des cavernes, n'osant se montrer nulle part 
àè ^èur d^ètré impitoyablement lapidés, étaient bien plutôt 
des objels de terreur et de haine que d'une pitié secourablé^. 
fibsîle recommande avec chaleur de ne pas les abandonner.^ 
âÏÏh'dènè pas attrister Jésus-Christ dont eux aussi sont lés 
meibbres; il veut qu'on les aiine d'autant plus qulls ^lit 
plus misérables dans leur abandon*. 

Les grandes épidémies, où les païens fuyaient saisis 'â^ 
(erreur, étaient pour les chrétiens des occasions dé mettre li 
l'épreuve leur charité; le Seigneur, dit Cyprien ,"vèuï s*as- 
ètii^èr si ceux qui sont en santé servent les malades, si'le^ 
faetabres d ùnë même famille s'aiment entre eux', 's\^%2 
iaciafire^ ont i3lliii' de feurs esclaves, si les méctecîns né^8 



û'^ÎSpUti^ùb ^kavivt^Sèlrèmim, c. il y p. 446i<^'( 

V. 1120 etsuiv., p 647. 

2 Cypr. , De mortalitate , p. S2é et sûîv. " '^ ' ' ' "" ^ 

3Greg. Naz., or. 20, i. I, p. 359. — Nilus, Perièt., 'àà.^'Vl, 

p. t48; •• - - f .^- - • ' 

*Greg. Naz., Le. i - ;. .- :» 

19. 



- ■■'./, 1 . 

292 CHAPITRE V 

«QHgtirâjept pa$ à leur devoir, si le danger de la mort ne ^ie( 
pa& i)n fi^ein à la dureié de;; hommes violents et a la (^pldiie 
ilesa^vares^. Il £aut du courage sans doute pour y;i.i^ocr|a le 
dégoiiU.e^tJa crainte de la contagion.^ ^niais la,çha|pité|Ch^^- 
li<^«ae nei se laisse pas rebuter ; que personne x^e s'exjçuse. 
^'ôiirie.u»a.uteur du deuxième sièclç , (jue nj^l pej s^.^js^Çy^ç^ 
î|i^;^viç04fis malades, sous. prétçxtejCjuMl fl'a pja^ a^pm 
les soigner ou qu'il ne peut pas supporter le^ryu^ej^goe çe- 
)j9i^^i ti6()V^ I^nga^e, sache que lui aussi peu^t <|^yenjj la 
l^ûjedaJa n^al^idie et désirer les secçur^de, spp ^frprfjf^giJ^ 
iQ^Qfp. idée a été développée en termes touçhaïug^ideux 
SièQle^ 'B'ps t^rd 5 par Grégoire de Nazianze^et G,^f §gijfjfj^| 
2îii$s^?i',iSA le pauvre, disait-on d'un autfe.,cpl^j fL^ÎÊ^P^g 
jb s0^ mal iaute d'assistance, c'est pour l6s,,chréti(^{|^^g|^^s 
^CfiUsatioDS les plus graves \ ' , ^^ //.^^^^^ .^f^^,^^ 

,Çes préceptes de charité étaient observés, pjif.^l^s ^^m^ 
du&.coam*e p;^r les Églises. Parlou.t, ,f}a;)Sj^^^^[y:^igjg 
i^mpsf Jes fidèles, surtout les femmes, i^lJ^jj^^n^ Hfl^nlffi 
mftiadps po^r les a$^ister et pour prier av^ç ^u^^^ ^ou% §^^ 
iîil^ri^Mfi^JFaWola, les Placill^ Jes.EpJ^l^'ÇlpJ^J,flql^j^ç,- 
Jfl|t<p^^>^l.^<îil^ quede grQ^siff laJJ!s^€i,|dç,fiefi^ jiî^çe^j^/^^g 
^m^mf^S #fléUen. Le soio des.malades é^gjf.;4'{^flj)^çs^^çj| 
^r^çtel«e^,pariiculièrps du diacrtÇ ^M?,l?.4i^çp9jÇfiff8bî^ 
ifeW^PPPPtteJpiît.des secopr^,pr-élf v^ ^ifj^ ¥M9^Vi^^^ 
immamd^^Wws. ... .,,-.;, | ^; ^3,, ^.^^n^^i g^^ 

» .I«iiV§:)4^ft!pe»tedeGarlh?ge, v^r^ ^vMhfM^imù^ 
^ieiivitie^ s'en^pressèrent d'obéir s^uj; i&^l^prtjitjjÇkfi^.^jj^^i^^ 

*2)tf morfar, p. 233. " ^ 

^Ep. ad Zenam af Ser , c. 17, p> *16(^ ;-^^^e^^,,| 2)^p;,^gi|tff., 
1. VI, c. 12, 1. 1, p. 467. i. /..>,... ^/a/ .Ku/K^ 

3fireg. Nasçv, or. 16, t. I, p. 244.- Greg, I^^.,-|?r^ ^^^ 2 ^,ftfty|>tfr. 
amandis, l. II, p. 56. 238. ,v i^ ., 

^Comniod., V. iJ3^, p,647. . , ,, ^ _^',ili' 

«Comp. TerluU., Ad uxorem, 1. II, c. 8, p. 172. 



LES PAUVRES ET LES MALHEUREUX. 293 

évé(]ue Gyprien , les uns en allant eux-mêmes soigner les 
mafades paiîvtes , 'l'es aïi 1res' eti apportant (îè* 'ôëttë'^ëat 
eux^. "ta rbemé abnégation se manifesta pendant- Id'pestii 
âUïexà'Adrïè'-"les prêtres , les diacres , d^ h'i^ués' titht^ 4i 
cônsidéieé/visîtaieni les malades ou portaient les tii6l^ts ait 
èÎ6ieUèrô;1es'Vîaes'îârisséB par la mort de beaucoup êët^ 
liommes^dévôu^s , victimes de letJr cbaritë , étarrènl aus^tôl 
feïïï'p^î^'pir'd'àû^^^ lé péfil't^reîftïtiô'efertaSfe 

auquel 1ll^s'expbsaîent*. • .. :,,,:. . , 

^^tà soili(^i^dile'^dè-|'Églisê pour le pauVre afeéablé^pta'îW 
feiradiè^ bu là'mîsgré c^éà de boine heure deS-inisttttiticiW 
^{{iît nàfe lie 's*^taît jarà^^^ présentée ^ resprk deb'pâïëttSf 
LT)ft"(ïefè);)ousser de son sein l'homme incapable d'fltré'btJÏë 
Ste3i?'èî à fàï-mëmé, 1a sociétë chrétiennes safél)aritt|lrê 
iffeiB^Vi^éliibi-e'ébtiîlVe; toutFe corps est en soufiVanéev p^i^k'-lë 
malade pauvre à sa charge et lui ouvrir des asii^ de tOâlé 
è^efié.^C'eit'idans les premiers temps du qnaîrrèmfe siècle 
|l8i^iftls^e*Àt;àV(ilr été fondés les premiers dé ces'étttWisSèl^ 
iSlÀ^^iA ^aétiiti des effets et une des gloires dtl' 'chriMldJ- 
ftSftfe*!''ff p'aftW dé là seconde moitié de ce§ieèîèi,^'lte••dP 
\^ëntifeffi'tfoyffii^etfi/én Orient comme en Oéejllent,^|yi4'tdirt 
ôîk'^vifi?i^''éiëW'aes maWorfs' dte fefuge potiï les'pbijPt^asJlft^ 
aPttéâ'bii fci^a1iâëfe,dès HSpttkux pourlesmal«d*s^,»TaéS*6^ 
îJités^6t!i*4èS'^^gyurfe WdfglèirtS*. Lès ntîs'éairtî«««(*fcf^ 
dié^ jfâkrliallWa, \!l^^rfefe'iyàt''aes évêques h4^^ 
des Églises ou à l'aide de collectes; d'autres s^lélttbl^êôt 
fyt^ttè^iWl(9nà^èrfe'à:'4.e^^rus^^ de ces^bdsîécêïQsJété 

«iAii^dëV^ff^^dirfiè l^^îllé <fe Césarée, où eè^gVaââiVhëtt^ 
gien a rempli les fonctions épiscopales depuis 370 jusqu'à 

.■^*PMitiiik^} Vi¥^^^-0;''^ 6pp:;p. CXXXIX. '^^^^^^^^ fc» .ci'i^ 

*Euseb., Hist. eccL, l Vil, c. 22, p. 269. ' ! 1 i c^^^ ^ JV I 
''Vih^à\'^ t^JcC^T éî'/oAl,''§f 4^, t. ÎH, P. If, p-53»/-^iï«ân., 

ep. 49, p. 89. ' . } ïl -î it\M<ï>mn 

^ IlTwyOTpocpeta , voaoxotjieîa , ^evcovsç, ÇèvôSojreîft. 



) 



V4poq«if|desa:i»ort en 379. Il le f(Mid» foo^eonani leA.d«»OB 
djesjdèles de son Église , stimidos par son éJoqtj^^qceii^t^i^^ 
^Djsparson proj^e exemple ^ Cet boçpice, qiii^ ^diï#i^ 
Xif^gQÎre de Nazianze, s'élevail comme une vill^oi|PUJi[flUe 
aux portes de Césarée, réunissait des demf^ureis,pp)^r«4^ 
voyageurs , des salles pour les malades qui yÀm^^ym^à^ 
m^d^ûi^^tdesgardtô, des ateliers pour les pfUivr^bqiM 
pouvaient travailler^. Un asile spécial y était da^pé!att|&(|^ 
preux^. L'ami de Basile, Grégoire deNazianzc^vaf^^lte^.ç^. 
i^^titp,tiou le trésor de ia piété , où la maladie deyienthun^ 
téj^le dç sagesse, où la misère se change en..féli<)it^,;fi^ilfi 
.^bari.^ 4jles chrétiens trouve sa confirmation la p}«i/9,r^|Qj- 
tante^. Elle portait encore au cinquième siècle .le .D^Pld^ 
J^milias»m mémoire de son fondateur^. UinfoligableiéMâQue 
,4e Céj^arée fit établir de semblables hospiqes dw&(§^a$t^ 
diocèse de campagne; il les recommanda, aur(t<^«tp09iI§SifII»i 
çpucernait les lépreux, aux soins des curés, et les,pl%ç$8h^0ll§ 
la surveillance des chorévéques^. Il demandai afpi:^ aiH^fiiT' 
lueurs oivils d'exempter des impôts ces maisons ço^s^flié'^ 
k !^ charité ] il les engagea à les visiter eus-m^Qii ^mi^ 
Tintention d'y intéresser l'élément laïque de la &^^iik^Qt 
iiei^f^î il eut le bonheur de trouver chez eux l'^^i^ftaièç^ la 
plus empressée"^. 
' Chry^ostome , si ardent h prêcher rattttfône; 'tefliVit 
l'exemple de Basile-, dans ses différentes' Églî^es^;'1I'fbifda 
îuï-mêtaédës hôpitaux ou en provoqua rétâblfssertiéoV' par 
ie.s'appels/a la charité des fidèles; il préposa Vce;^ jpàïsôfrs 



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^Greg, Naz., OP. 20, t. ï,p. 359. 






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2 Basil,, ep. 94, t. III, p. 487. ■ ; 


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3Greg. Naz., l. c. 


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H.c. ... ^. 


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sSozom., Hist. eccll, 1. VI, c. 34^ p. 69^. , 


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1 ,«•«.! 1 


<»Basil., ep. ^,43,.t.I^, p. 235. 


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nd., ep. 142, p. 235. 




\' 





LES PAUVREâi E^r liË^^àLHEUREUX. 395 

méAikéWmewotij^mii'^ êéia "pauvres igéssàii^ft'éiUë'èt 
^ki^'it^àlTaUyi! idtkAtài pariiîi eux les empto'yéi é^àrpfe'^tté 
«èlifl^^'^Bl^ièfti^'»:^ C'ëàt à son Toitialive sans dbutè'^^'^èA 
«deWfct^tWW'aô'f hifepice d'Antioche* , ainsi (ïùë âë cèWx 
aë^Cètfftatttiric^lèi ùùtii la fondation a été aUribuëè tfltà 
Wd^W'Wrfâitî ïîoiîcus^ Du ten»ps d^ 4'etopfetefu'r Thétf* 
^6^V>l^<|^tïp^t'dës Eglises, i^rtoùtdanë le^îgrËiAl^ii'villléy, 
*fWd8(^î«iifr'déf^ieë iWaisd^ charitàWe^*;'Mkcartus! eir ià^èfft 
îfttfde'èrtii^igétirte'li Alexandrie^; rehrilteïhàïaSWASV'Ki- 
tiiittftt.pi^è^iïl^uh vfBage , ^r les Iwrds'tfe FBùphtaïi^, liViÉ?t 
-bd(*>uô^iiailè^potir^ avebgles de la èbtftréé lïC'à'^'rfSVcliië 

ouiÊiiJôfeèi^bt, lés premiers hospîtes connût Wût^él^fb^ 
^WiP^i^'d^'rieheB partitûliers. Gallican , ancien ^àtritle'^l 
i«Qh^%Pfi6tt^«0fn^tàntrn , eu établit un k Ostte^* darr^Tésdë^- 
^ê^ei^^Ébëëi duifuàt^ièoùie siècle, Pammacbiuset s!)l reMîtiië 
i>âiilij^,/éélW femilfe des PaQl-Émile, fondèrent cèt<fi èk 
^î»W,^^ês^a^ Borne ^ et, vers le même iempfc,p2ffiS6W, 
^tà rÉ(^én^ Ffeibiùs, bâtit un hôpital, où elle sôigfrt^H ëllè- 
iâ«ifafe^*4feë'«ifaWdeS pauvres^; •'; ' - ' ' n»'j(r)jiui. 

fil $/^ >%te{iiée6 fbâdéâ^ par d^s particulier' ftiréfnt j^âiëHsilë^ 

,,[.!,Çfirjfostg,.?jt|w.;66 <^,4f^MA., § 3, t. Vil, p. 638, j .{> r^iqurv» I 

'u f^''^^îln '^^^M?'?î'^^^ "^^ '^"^ ^^"^"^* P*^ *'^^ ^?^' I *XlH^[f'Ufi-^?FP 
Trie exxXrifffaç aowpiffasvov, .ô ^evwva xaXojosv.» ChçysosL, HomAb 

tn^4cV., § â, l. IX, p. 346. — Voy. aussi Ad Stagirum, 1. IIF/c. 13, 

l. ï, p. 223. — Loi de Léon et Anthémius, 469 j Corp, Jur,^ 1. ï, til. 3, 

*Theodoret., fTw*. ceci., l.V, c. 49, p. 22^. ' ' ^ *" T' -^'<^'>^i' 
sPallad., Hist. Laus., c. 6, p. 24. ' ' '•^' '^ ^c)'^'»^ 

6Theodoret., Hist. relig., c. 22, t. II[, P. II, p. 1256. ^ -^^ 

'BaroDius, tfarfj/roi. Bom.,'pJ267. ' " '^^^^ .«k'M'^^ 

«Hieron., ep. 66, ann. 397; ep 77, t.'i, J. édi:ml " ' '^'''''* ' 
Md., ep. 77, p. 461. • " -»^ î*^ '"-'^ 



flMDÉiaJoptésipar les Églises j'ei'itégis^QêMyB céÛïf^Wik 

iD^eo desirevenas soit do fw^M Aë doi^iôh', Mt'^ië^âèf^ 
màineidesiÉglrees^. Les iisafsoo«' ellb^^iâiâinéis'étl^brybéâ 
lidiveetion de derés^^i^âeiaux^^idu tf!inp^WWé6ébtSë'W 
fimkdi, f Ë^gUfie d'AièsMiArie avjrii 'im^ |îi^'i^e^)f»&Hlctfflâ^ 
«Alangéidcb^oindioBB de- sim6doèhm^\ 1«ë hîtirtMéi^à'lifitéAlèâ 
^«aieDtinmi earactàrë! etëiftealj ils 'éîaiéil' tiëtUMëâ'Ipâf'^^SS 
éyâgutte fenfonsaientiid de^^oi^Veb^inrérïëbrâ'^b^it^Hiâr^J 

ttvrappeirtalt k reiercice de la lebavlifé; «lié i^èVèûâ^lf}! 
«fooiUe uibider'ses pfcis beaux pti«i^rlégé^ië'dH>ii!^<jl(^â%? 
^$ soiaaà }a;pafftie sooffraDte de la soéiévé'; abilë S8$Wfèâ 
altavgé^ietifeliguées , elte voutui rôtreieM'taèti^^iitep^pêdîf 
l^fiJapltHPs et les misères physiques. Maisi/^^A^ <d^>dllàii^l^Y 
40i|$e.!&oiii, elle o'en déchargea pasIes'MiÀ^iiStffèS^, M 
g^ril&dela société chrétienne n'a été «et né pcdP'éfteP^tiri 
4|fâti4/Bdiir)diiri4é individuelle; celle«eieàlttbrbii^llg^«B^ 
rail jamais être commandée par des lois,'^ >i^'é4t:|^éH§it(ië 
i$kl^ j^)toineMVial(«sprit)qni tr^nsfondeetlanltM^ëa iâ^i- 
A^^ii'fitti^i^ kw appteod bisfaiBsèr^ifarrâéiqu^il^leai^'^li^i^e^ 

n u Qil}ih^Pt»Uiefis temps de I^Égiife) iserespèctli^citi^ 
s'étendit jusqu'aux morts. Dans le cadavre même, les chré- 
tiens retrouvaient l'œuvre de J)ieu ^ i\ éla\t po}Jir.,^ux,j^|n#/de- 
meure , passagère il est vrai, mais apno^li^» ppr^fâmôiifuî y 

*Chrysost., Hom. 66 in Uatth,, § 3, t. VU, p. 6S&/iW (j J .n // .1 

t.VII,p.3Muî: .q II , . ..^..a... ,.<i..,.IA - .HIL-.q JII J 

3Pallad.>i»r,il)<iîM*^, e.l,pJl4. : ■•- ' 1/ .) w^uv^ .i>AM^o> ' 

corpora deputantur.n Corpi JUn, i-I^Iltil. 3, h'>f8J J^Coth ïlièbdî\ 
l. XVI, tit. 2, 1. 42. 43. 'M -, «'• ' «'^^ ''-^'-^''' 



LES PAUVRES SiriIiGfiHIlALUEUREUX. 967 

^V{4R4<PW^ifWfMt9ey€i'ié^it< la coutume de(j^»r>atis dmtsi 
Qff{yà^^i^if(^jp aiiK :oi$0aia. dé firoie le» eacb^re» des^paoTtes 
^fi.5}/e9r0f;çj0jve^KD4P^ teaperséomions, On traitait^ tiiiMiieB 
P9fj)$,^^M9ipi*'(F^'i':^ mépris t!insaltaBi(affligdait< lèsmbréi 
^^,^;i^t.(|u^.)j^vi^Mp#tos^^ q<iW faisait' «ob^l'ir aiitrar^ 
^^i^yji^^^i;^?^., J)^^ x«viâreûi.àMHafi(cieti afiageud^lniiiimeiinUa 
|^P^4!!qPF^tMN4iPar to fisraélilés eblés Itomains jeu^ 
^^i^ffR^HI^^ifll^i^^^fi^i^ wacâefretigiéai'^ onqtiri eiaiiiit^ 

jfflTffj'Ifl^tf^^^ta*'^ S'^tib^ qi9'iibet$eiilefa«iHlè ^ieliemeiptmvaift 
fçg^(iQ4il^Fi9ple a la {herte d'un de sèa mensbres^ etteivi:^ 
S9/ffP^%9^Vïh fMti aucimetiàrevavecdes'ipriàresiiôt ^ 
f^Ç^((t^jl^f4Mrâtne prononçait la bénédieliOD:s^t'«l^à[|^'qiii 
yg^\i^)q^\ki^Mmïmùun'àuié terrestre pour etiitbr>ldâi«fs 
1^ ci^lQKQjMirlétspiritueile du royaume eélesle*^. DMé>^ilt8U 
{fiiè^)f!Îi^Qle)^jil^<eul des clercs partieiflier^ tttek^gda'^idbs 
^!^S)(f)§lil)i^(hilOiMk)P; ils formaient, sooi tefîDodi'idheJfiifl^ 
§fa».B«^5lte'<ler«kïr.owiredii clergé^- ■ » «i»") -^ifiaifij, Jiu 
-i Al^i p£(PY4d$(iéiaîent-eoterréâ «rec les^nlényesitprlèi^l^ 
^<ip|^^9 ))6iifo^<ifiitof léaîastiifue un dies paifliiiu)iQ)*â%hàyi^ 
tablessupportaient les frais matérielsdelacérémoïkÏÉ^^im^ré 
^(^^piQr/^4Jl^rsà<Qn panifie était caosidënâ<fcmihttîéIun 

"^^^kiié^rÉe'mM;i:iXh, t. vn, p. iiV ' ' ''"'"'' '"''^ 

/ ?uîpiiûfPàiky<il^^'l'i).''S8:^' "^ ' .. * -'"jq^oiuora 

3 Les chréliens de Vienne et de Lyon à ceux d'Asie; Euseb., Hist. eccL, 
1. V, c. 'I,p. 16SL^'''> . i !■• ' ■■ -^ ' , ^'A\ ,.Uo^ni\')^ 

.-<fJlin.xFeli»,,fc4 84,^pv!iaO. -**€émp* Pliii», Fi*r: h<**^' 4*^ WOcr54, 
t. m, p. 218; - Macrob., Saturn., 1. VU, c. 7, t. II, p. 23W <1 J^^ ^ 
sCofwttt. apoi/., l. VI, c. 30; 1. VIII, c. il, [KV'aai,^4fB*.t"^!î^'i 

■ P*.1WH.' -Hi 6ûd, Tàtod., t XIII,llilL l,^4x i»\>- > -.w^^.u \vuviJ> moc^to 
^Teriall., Apol , c. 39, p. 120. ^ ' * i Si ..i.i .17/ I 



â08 €Hi>Pinft Tl. 

llégatité naturelleentre ceux qui , pendtnlla tie, étatetftbé* 
fHtrés plir kur eondiiion exiérieore ^* la iiiéinefémr(e^t>âi^èP 
llnée^ aies recouvrir, et le même salul atietidi lèâr'âwëd^i 
^ile&oni era au Sauveur eimardié sur 8e»crooe^<fWtiri lëi 
viaitBs efarétieiiaes qui élMoaient ies païe&s^V'^^^^^ pf^ 
jMiorJes inerCs et surtout pour les panvues, éiirîii uhéiidë 
odles qu'ils comprenaieiit te laoiosv^; eUe «était teuëflMf 44 
raaoiibslaûoq d'uo esprit profèaitémeiit 4ifféren<iite<ôéi(ri ^ 
fiifiai£ine;elqQaDd nous verrous Sénèqueootnpu^r'iMlr^t 
4esi iBdwres- de la vraie bienfaisance la 9épUltttvede$<k9D^ 
iiiéilies;de8 eriaiÎMls, eesera une preuve de plus^qui'Tl'ti^st 
paâ resté étranger à Tinfluenoe de ees idées now«il«s^.i )ilvt 
;»..:..... . ' . ' i \ n^i , ij 

Il II.-; • ' «f ii \'J '1911 

. ' .' . ' ■ : ) JiJ'j^ii'jlio l 

!. ., Il i'iU (iilùc 

CHAPITRE VI. ..i|-M ;>v h'ijp 

;,. \ .'^. ■ • • . ,"- i]\\ îj'i'jiKiiY 

-Cii IL» M '■ ■ ' . LÇSfiNNEMIS, ' .îi i.^. -jnïob'lfitj 

-T.jij lit .v>, ' ...;.. .^.iiii <-.')« hfc< 

-ij o SftU i£^f^,fmw%is pemjnnneU.^-r-^ X^malftitim^ i^iii 

îojAB''^'teiti>t.içeque nous avona d^Upr r^mpist^ |)!îtfraiHf5#q 
i^t^^lW [If ^eibféUens comme citqyâiïa d^ijf ojsiwii^d^Df ^1 
îls§ml'\Wiegflufl.^uperflu d'ajouter qHelqm,i9if(^^jHifljlf#w 
{W!qcie§P/^eiÇft(j^|ijîe a l'égard de.ceAx.qurilêUflj&ti^LdmisiA^ 
/^.C€>9j(rpjfl^qiielâ la morale antique) :p<^mf)M2tfA^$i9iliii$9feH' 
i/l or* ;jM)^> ••; '• •- • ■ • • ':•'. • nj» ');j£q **J'^vnv 

ef pauperum sepultura.» Lactant., Div. instit.^ 1. VI, c. i% 1. 1, p. 467. 

2JuliaD., ep. 49, p. 90. 
' '^«u'XVt edOék^t^f^ttam nûxium 9€p9liét.n D«'i/tf4ï».,M.*IF, \i;ir,'l\'lF, 



ÔtceqhQse^iiAQQflQ^iies^ coaimeQiun.homine^ aifliaiitietreat 
{^^^I(S^0 pfi^bado.» peurraiMI se laisser aller ^îs*è^visrde 
M kii^ïïomnmiJ^iiiiSiiennGnuQ ou de haine? SociBioe^t)^ 
l^t], jçosun^eeâoas, t0«fô les>auiiresvie ebmiia&iâm&aw6 
^l^ngdô m^Dde vm e»pi;it noiiive6fu que les plus safgGâ/imàiBf 
j^ïjm le^^ntim^ MVAieai à feioe pressffiiî* SoiHseiilefiièBl 
lâ^i^tl^étîi^^néiaieJii^ansoefiSieieiibofr^és à 'ne pasisÊ^dDoofir 
lôtiHf SiftUfirRiUrea des occaisiM^ d'irmtàUiMiretâiénÉBnl^f 
a^4^fyJa^a9aiptioa<, k mépris, comaie<oojQlnalrâS)iblaœii84- 
li^ieli^rhiiiiliilUé; mais; s'.il'am¥aiiàl'afiidfeotBeèiHDdfoiih 
blien^^ifk^YQiBs^anîOffeosaQl uo frère, on eagagBakcebiit 
ci , par l'exemple et les préceptes de Jésus-Christ , à pardon- 
ner et à oublier, au lieu de rendre le mal pour le mal ^ 
l'offenseur était exhorté k chercher par tous les moyens , et 
sans délai, k se réconcilier avec son adversaire. L'amour 
n'est complet que lorsqu'il embrasse aussi les ennemis, lors- 
qu'il va jusqu'à leur rendre des services , afin de les con- 
vaincre qu'on est sans haine et qu'on leur a sincèrement 
pardonné. Si quelqu'un faisait dn> tort à un chrétien en lé- 
sant ses intérêts légitimes, les Pères voulaient que ce der- 
nier sa«vifiàX\mètiie'Àe$ droits plotdt^qtie^^eil^gâgèr linë con- 
testation qui laisse toujours de la rancune après elle ; c'est 
pîWr deité -râSéôflJque' les^ prewwers ehtétîeo^'dMfeèt'^ter 
lé^'pf<>éègS''Éf|iSttrtio^t'è'«b8ienirde portei* leiBiraf filâîdtëfe'^ëi 
«lMlliuW|ilge>^ïôt|()'kQU'd<6'tirepas lui Ibtit^b^^ttfr'^éfèiWdë 
dbilei»idë'tàa¥fahi<)itr'ée la paix^ Ils dëviafètit^èvifât^piAfi 
s^mA^midà^ëùmt&hMkn^ persû^n^llë ëtt^d^ a^i«(èE^é% 
ouverte, parce qu'elle peut conduire à verser le sang de Ta- 
gves«éw,^ et (f«e fu^rVuup \hdî»me , iùtmk ètt^fee^^^éfêbflàhi, 

\ 'i q ,1 t l( .1/ ! >\\.,\« • •■• .\-'.'\vvu\D? .mvr\«i\\\\\>(\ ^a 

■' 'ï Mi .(]'i ,.nf:ilnl- 

et il, p. âSO. 288. — Cypr., Testim. adt. Judy 1. III, c. 44, p.(af8^ 



4^ji;Çgli^2 . On t^çproch^era piçiUrêtrei,fiç^,prifl€JpciS4Jj|êfc|Q 
e?ftftfieiiji(t$ d'un rigori&we4îxc(eft*jf5 iiiaiç:On.€*i ca^f^xmûm 
l^i^^cfe^ilé^ en sopgeanl siiaib£\$oin df^ rJÉglisie de ^ii^içpiiin 
U^st^l^p toutes choses au reJ^c^emeptid^ 9i<piups.€;t: desit^jg 
p^jf^pn^) les chrétiens dev^i^t^s^,disUQg|ier <|p JB9m4^ 
l£^ç vi^ideyait être eo qqel^^f ^arte um manifes^MQ^i é«)^ 
lante et continue d'un amour sans bpfpes-, en i;^ce,4fi,X^r 
g(f}^itK ^e la ^ine qQi.divi^ie^it la ^Qméiéaniiqw. J^'jiU 
lj^f^p,^prfi^ les (exops à/^ pçr^ç^iions ^ auquainièiii^f iè^ià^ 
4j^i;$tin jd^ara que le cbriéUen o^Qst»pas coup^b'^M^iiiie^ 
^It^^Sçmla^t. contre un agr^es^ur, il lui arrive de I^,(^$îrH(PH 
L^j^^qjiefla cause du crrmene doit être attribi]|^iqi^;^gj^l|ii 
qifi,„|)j^r son attaque violente, nous forcie à ie.co9)^%Hri$i?ri 
.^1), i^^fxlerait naturel que la haine des païQnjSi^t^^ j|^ 
f^rp piaraitre aux yeux des chrétiens comme idQ^jai^nif^faÂ^ 
^Y^^ )i?^qnels une réconciliation était impossilf le. rjÇ);p^l^%p|[ 
le^^{Q))^f^. ,el les prédicateurs de l'Église sayaiep^fii^Si^PÇ 
^^f .|ç3,fîdètes tout sentiment bosiUle. PendwtjteS ÇWfiWHil 
y^qs^y^u, milieu des tortura morales et;dessQu%g^C|[^,p))[j{n 
sjgjij^j, ils trouvaient Bwlle. qcca^ions soleai?eiJ^j(j§^i;at4'. 
^fteI;J§^^v,er^^.f^préme que Jéptis-Çhrist leuf j^y^tiej^eî^p^a, 
et dont, du haut de la croix, il leur avait doi^qt^^flivia 
exemple^; ils la pratiquaient, quoique méprisés pour cela 
même comme des lâches. Ils n'ignoraient pas combien il eu 
c&îileli^ èardoiiner à des persécuteurs qui véiilent%tcèr les 
consciences-, jIs savaient que cest plus mOijfile^pçupç^re 

SEp. 453, § 17, t. Il, p. 402. n q \ J [>: ) J J .do.u/. 



tfilëé^i"^i«î"léèii^-lîhrlst ri'exîge pas 4e ses VlïiëJjileé'tffô'vM*^ 
ttfé*4îtei*ësllê«''ôMifi«iires 5 ils s'élevaient àteé ftiJ jusqu^à eette 
MbUétttf^éflrffehdHté, éù l'on prie p<Wf eeax qtiî vonë tnau- 
dRQêrtfïiéï ^ P^É fnte^Vt sons leors eoàps en leur pardori- 
Hddt^.^'TërtrtHéfn a pu dire avec raisori qne si lous les 
bôteméis Httnent lenrs amis , tes chrétiens seuls savent aîmef 
\^n ë^rièMi^^;' rhi^tUire dé ttfirs I0S ihartyrs est une ccm- 
fittoii^tettiié cette partie. " ' 
l'Léfe Pêh^s étaient convaineus i]ue cet aiûônr prêt à par- 
ë%Wtifelr*^^ait' pltis èflScaeè pôrir* a|)âfser leurs adversaires éf 
|§^r'4eë dntôner h la vérftë', que'la forée matérielle ou ^k 
hf^iifë^nce logique déployée dans une discrission. Brè!n^âéi$ 
éSfelôffléfe leur avaient montré que la charité est pliiîàîtribttii** 
p1b^titeq\ié les raisonnements. Les persécuteurs étaient pdiii' 
éftivlWfVères aveuglés, infiniment plus à plaindre qtf^etlx- 
AléH^';i'^ allâfient avec amour au devant d'eux, etvl^iu de 
fe^'b^udii'e , ils désiraient qu'eux aussi pussent arriver 2i la 
ôbtiversibnét au salut en Christ ; l'exemple d^one vie doutfe,' 
bUhïbTe^ féii^née, bienraisante, leur paràfiésait le moyen 4ef 
pM'sû*' p6ui^ atteindre ce but *. Les effets ont prouvé qli^flfe! 
ûè'seisoïKt pas trompés, en comptant sur l'influence irfyètié- 
rlëUse de Pamôur qne Jésus-Cbrist'éveiHe dans le éoBuF^iè* 
ëes'diseiples. ' ' ' ' '^^ '^'"^^ ^^ 

/'•.-.' f ■: •' . i 'il . ' i!'" , .!> 

il'J ].,•'.' 1 , •'. . .!/(! • jd}'*'a 

^ iPoIyc.,c,,^^,p. 191. — Theoph, Jdf ^wfo/., 1. III^, ç..-l4,|p. fj^g^ 
— -Lactant., biv\ insHt., 1. Vï, c. -10, t. I, p. 456. -- jlist.. Mart.. 
ipDf.1,c/57,p.236. ■ ^ '' ^^'^-^'>^^^^^^^\ 

«Augusl., Sermo 90, § 9, t. V, p. 344. 
f ' 3^, itderHm' Ûis'eiplifid^iuàëmur dHigere inimicos'quo'i^e^ oiWè^pro 
«ii- qûi-no^^^sequàtitHry-ut hœe sit perfecta ^ft ph>pîMfâf^éomta;^'iîos^ 
tra, non communis, Amicos enim diligere omnnu^ èst^;UriWèiohà\^ crti-^ 
tem, soloruni- ï^rittitinori^lt AdScàp,^ c. t ,''p.(f;«.'>"-^'V03^:'tldssi 
Arnob., l. ï, c. 31, t. I, p. 21. . '» J î' » S^ K .^'i ^ -i l'' 

*Just. Mart., Apol 1, c. 57, p. 77. ^ ^,-«^ï^^^ <x(\ (!» i .i * 



3(â caA!i>iTnB n. 

>>Sii'^i«lMrMen46?0U pardonna pérsranidlIiétlièAifC' k ee- 
Uni qui 'l'attaquait dans- g»<vie ou d&rts saprapriëlé,' h'^b^^ 
ciété-cepeikidnt ne derait pas être dësarmëe 6tt'prâ?éAf(^è 
dé riiijure ou d» dommage fait h l'un de «esr inèmbt*è^ f éfHè^ 
atffil te devoir de la proteetion , et c'est îi eHe^ar'cf<]^hè^(]fil^rtti 
cf»e revenait aussi le droit de la répressrt^: SèirtiétoléAt^^iVk* 
voûtait ifoe rinfiuence de la eharité s'étendît' ausrsi^éiit*èiétVé' 
partie dea dev^a sociaux. Dans leur respect prtifôiid poUt' 
la'wieide'Uhoiiine. les Pères se probMeiefit' enlbAiiïifreiiUsr^P 
càwkmki peinedè mort; la socMté, soivatit «te,1^'^ phW 
dfdit d'èior ^ un de ses membres k Vie ddnt bkki m^'Û^^ 
maître; deplusfils ne croient |>a^ b la justice *d'M il ^cfcitf^ 
ment qui , en aWgeant les jours d'un homme, lui enlève la 
possibilité de se repentir et de s'amendera Là nécessité, où 
se trouvaient les juges de prononcer quelquefois des sen- 
tçpiÇfiÇj de mort, était, dans les premiers. temps ,.>ppi^G(tes 
ca^s^ pour lesquelles on conseillait aus^cbrét^^f^cl^inRipsi^) 
ajççepter des fonctions publiques^ ; le concilie dlEl.yfrefidfl^ftSjj 
ei^c^^t, même. les magistrats de la participation aaiç^i^e p^f^ 
d^y >pç^ où , comme duumvirs , ils éjtai|ÇpL?çpftl^ ^nJMrp 
gj^y^^deçi^ causes entraînant des condamn^tji^as^Gapjia;!^?»! 
L()rf^^^ l'fiçlminijstration de l'Empire futdev{Çi^(â,(;lU(^RqAf( 
I^Sj^opcfpif^ inapériaux hésitaient souve^t à^pf^owp^nJ^j 
Bfjp^^clç.fportj ils exposaient leurs scr,^pp|jB^:ajifl:4ftc;|ffl«i 
àj^ i;]|gji^ejqpi ^'accordaient à teurip9R§#I!ef,|l|'îw^gqftCflÈ4i 
C'jÇ&fjaipisi.qu/Ajigustin répondit k M^qç(loQipft,[.yi|çqirtti4Bi 
diocèse d'Afrique, que, pendant la vie terrestre seulement, 
les^kHmaefixpeHient corriger leursmfiBuri^f^uie^far'^olfesé- 
qnemit rïe^ooïivient pas de terminer cétwvîe^ip^^^^i^^ififp^^ 

^WLàciàM.V»*t)'.W)U«f., !. VI, c. 20, t;'ï, p'.«49V. ' '^"'^ •^'''' ''''''''■' 
^Tertull., De idol., c. 17, p. 96. ''''' ' 

•>Can.56;Matf*,t;rt, p. U. "' ^. .<m >. > ^.«'^ •.-. L-, m 1^ 
^^W.,'tiy'.'i&, adStudinfnl t. tt,'p!^. ^L^ATi^st!^, Ep'rÛ'î, 
Macedonius ad Aug.j t. Il, p. 397. ' ^ ' ' 



éi^l^afper.aiiiLipeines étepaellea^. TXans^qnDlqiieacâft^ cecpèlei/ 
g<]i^s^^|r^scèBi)(C|i^ntia lieu k deséoieules; dds*liibinipéH> 
cififl^s A^nÇfft.ii^J^^^nîr pour ampéeber qi»'dn ne déiivfr&C» 
p^^]^>Tk|)^oi3 .de$,c(mpable8 coeduils k la in<»rt^. AmMaisi»^; 
tf^f^i^^n^ji^oéd^l iM^méme pour les eo»ddi»Dés,voi)hé|> 
<)v(^;cK» ni^^Hy^MJour grâce qu'autant, que cda pouvait; se 
^W^iSf^q^-jtrpjillli^lV d«e^ Augustin 4éeUra iuinriiéRieqii'Wj 
q^r^j^i^^AtPf^ QU'M<(^oi4ia hoimae dès que^etétait! atdonnéi 
p^r^ )4)^ au,{>9rT4mt).agtorÂté iégitime^j SopaoQ Rip)pMtv> 
Vjpf^^efffi^ /i^\|>^prit.chr^UeQ oe «'eat ^emé^ ^e lenteH) 
n^^^ ililaf^r^ate^aoQore bten.d«$ eouquétés àfiiiir^L. : vin.-iu 

fil '>/'>!('•» l'f! !.' •' ■ •'•■ . ■'.'I' Ji''»ni 

iFo .'!'>-" '1^ g ' £^^5 iirangers, — La guerre. " "^* ' 

^'>6at)ëi|e^r(ifâuliiédeDieu, qui tend à unir tous lèshbmnà'ê^^ 
<»>qa*i|éfi^(?dtttîé tbus à un salut égal, il n'y a plus d^^tVan^^ 
ge^l^<y'bârïyirte', d'ennemi naturel; le méchant seii l'en es\?* 
eiKlfl;^Vh8ië»ti'*St T>ien qui prononce l'exclusion; i^h'orldtnî^/ 
qdftné îpëaCjiÈls'sottdet les consciences, doit regarder' idolrime^ 
f/èf%iflbus^séfe éieniblâbles; le chrétien surtout dbît'^sesénKl^ 
uflprim'èé*ïqfal' portent comme lui le nom de' CHrïâl';' 
jJiiui^TtflV^Î'tfy a pTws 'de barrières nationales;' afti' dèl^^deS' 
fr&ttiî8^ë^flfè'lsr patrie, îl rie voit plus des ennemis i[Jti^ri'(fiilV^ 
hâîf^a'cfcffAlBàttifeV miai^dés frères auxquels il ddît tendra (â^^ 
rilifiÉf.î'E*â' fch^ri<g;'llîttilirj^sôsl6me , unit lés fehrétièiiy'mât-* 

vitam sic finiant per supplicium eà finità non possint finire suppli- 

cium.»^ Ep. 153, t. ^t;p,.3?8.— Ep. 43a, ad 4^<ira^^mw»,,|4 M, 

p. 300. -■ . . Vi .^n Jli.tnT" 

2En 392 ei 398. Cod. Theod., I. IX, til. 40, 1^ 4$. Ifi,!^. D'r. n, . ) 

t. Il, p. 583. 'i ^, t ' u / .vA\^'^\'\i 



30]l cm^mÊim vi. 

ff«B ka^disiMeeft'^ eUentti'tnfonHe |im 4f «à Ton vient, etté 
s!>éte»d klons iftâisliacMoitiH ; de le le éefvoîr de )'b#sptta- 
Uti^ippralk|i]é ao nom de Tamour fraieniel et reemnmaâdé si 
âbwttt par les Pères a«x fidètes et aux Églises^. 

Jb'liaspitalité des anciens ne s'exerçait que dans d^ limites 
élmles; on rediercbaii Ttiéle illnstre p<Hir s'to glorifier et 
psm honorer la République , mais on repoassait le pauvre 
^^mt^oa n'espérait rien. La nfiaison do ehrécien,' au contraire, 
««^devait ps»s seolement s'^nvriranx pemdttnagesdtetingvés. 
iMis:aiM*t(Mit aui éO'angers pauvres et de aondition faimble; 
1^ pceiiiiers, dit Laetance , n'ont besoin de riéiïi ^ les antres 
WV^<)ÎB d® tout^. Lorsque lesfidèles voulaient se! dispen-' 
ser de ce devoir, en alléguant qo'on s'expose à hélierg^r des 
botnflies indignes , ou que ce serait faire doobie emploi avec 
IfiftiSacours fournis par les Églises, on leur représentait qu'il 
vaut.mieux supporter un hôte mauvais que d'en etchire un 
bq^ , et que les Églises ne peuvent jamais tout Mre, ^n'e» 
tout cas le devoir de la charité individuelle n^tsf pas sttp^ 
primé pour cela*. •' ^ ' ' ' 

. Cetle hospitalité exercée par les communaotés lArrëtlebnés 
eatt'Un beau témoignage de la communion spiWltiéNè de^ foi 
aèid'amour entre les citoyens du royaume de 0iM ; ^Ile't^t 
Que^ preuve de cette vraie solidarité , fondée snrT^améul*, et 
qiûv existe entre la société chrétienne et cbsrcon de ses 
BUNiibres^ Les Églises consacraient une par^ du fond^ 
foméipar les oblations et des c0lle(^es h l'elffiretten des élraii- 
g4N»rp»uvrasf nous avons vu àé^ qu'elfes envoyaient des 

< Eom, in Kalendas , g 1 , t. 1, p. 697 . 

*TertuU., De prœscript. hœret., c. 20, t. l, p. 209. -* Heï'mâs, !. I!, 
meta. #, p: 96. -- Just. Marc, Apol. ^ , e. 67, pv 84; -^ Clem. Alex., 
Strom., 1. U, c. 9, t. ï, p. 480. - Greg. Na«., or. 43, 1. 1, p. 701. 

3Dt«, ifutit.y 1. Vï, c. 4Î, t. ï, p. 465. ^ 

*Augu8t., ep. 38, t. îî, p. 63. — Cbrysost., Hôfk. 45 M ^er , f 3, 
UIX, p. 341. ^ ' ' 



SjpcQurs k des coaiittii0iiii4és éli^oées <|ai ae laMygiMii mt 
d^e^se ; elles o'él^ieiU pies m0ni& eterttables emrerg les pa»^ 
sjigers déoué^ de re^aurees; Glémeot de Rone louait VÉ^ 
glise de Coriotbe pour fion bosfÂlaltlé envers les étrang^cff»^. 
Ui« prêtres et surloot les évêques étaieiKt exhortés à toarner 
d^ <:e c6lé leur aoUicitude; c'était uu de leurs principaux 
devoir^ ; pareils à Auguslio, à taot d'aotres, dont la tsMe 
n'allait modeste que pour y pouvoir admettre joumettemeiit 
un i^^& grand nombre d'indigeols , ils devaient eonsidérer 
leurs maiaotts oomme les hospices commans de tons les 
vQyai^urs pauvres ; le laïque, dit Jérôme, remplit son de^ 
v^îr.en recevant autant d'hôtes qu'il peut, mais l'évoque 
^t inhumain , s'il ne les reçoit pas tous^. 
. Iii&s monastères étaient égalen^nt des asiles pour lesi 
yoj^urs y qui y étaient reçus et traités souvent aveo une 
bi;gesse que les moines se refusaient à eux-mêmes ; ta ri- 
gmei^f de la règle s'adoucissait pour ceux qui venaient im*- 
plctf^r^ l'hoispitalité des frères^. Près de la plupart des cou* 
vents, il y avait un hospice pour les étrangers, placé sous 
la.fdir/^oUon d'un des moines^. Un des plus célèbres de ces 
^s^les était celui du mont Nitria, en Egypte, au milieu d'une 
(^outrée déserte ; l'étranger pouvait y rester deux à trois ans 
de suite; pendant les premiers huit jours, on lui laissait sa 
liberté , mais s'il voulait demeurer plus longtemps, il devait 
^'engager^conformément à uoerègle empreinted*une graiid«> 
sagesse , à partager les travaux des moines dans la maiaoo' 
ou dans les champs^. Nous avons vu plus baut^fue sucaes*^ 
sivementon établit de pareils hospices près des églises des 

^Fp 1 odÇor., c. 4, p. U7. *. 

«Pwid.» Vita Mmuêt., c. 4, S 47, in Aet. SS..Aftf., %i VI,, ^. idëf 
— Hi«»QD., Cçmmmi^t, in Tit*, c i, t. III, p. 417, :♦ n- - 

SHieroo., ApoL in Rufinum, 1. III, t. III, p. Wi: 
«QmsWm X>« iMUt.cwmoli,^ L IV, c. 7, p. tt . ( 

sPallad., Uist. Laus., c. 7, p. 26. / J 

'20 



^if i^.fonjm^fli^^U^P ils re<ji}]if^i^j(,aHSsUeS W«g«W«iJfltl»r 
jgç;i^^,,]D!ft ^i^DOi^heujre il y avait<(|«&^gpp$i(iaiifle| fyi^mmm 
^^mÀ'^^?HW\ Mho§pi,tolitié„<Jlçs ^\ii^,fii.4^if^ism; 

^fib^j^i 3,^ait jp^piir^ ^ Ja, «wjféfcé, <*r,^pp#j mqm, iSP 
jfiélJJ^f îV'.^ffW^'»' possibles q*e ppr elle.',., ,|, ,,,, -iMbdcmab 
- g,jjÇi^iijij}jfî^pur le cbréiieo il o'y a plusd^^Mbafi^fW» 4i«l- 
. P^j[W,!fl»fia,çel ,. comme il doit rfis^mw-M^mAd mskWm- 
j^^^Jp-^fit^e jamais repousser le wal,p?»r,h.<|is»lioili««f ^- 
^çnj,flgç,l^§,4çl<fll.(}urs de l'Église ODt da.çpfJ^pergxgsârBe. 
Âk OTf^it.fl^'ile .question ne reptre.p;^,diw«(e«ft^yte«,1e 

sfifiSa^ ?,fiPflîW^«? B"«<iWfS.# r^Ufif^ ,fiMHP4» «RBW, 

4»P'il}Wfe<*'>;i*.*.g«''?' ■^'^ Hft«S,i;WJÇPfi«ff>i4«>xWWHFl>8iè8*- 
;^^ëi ^MfWui\%W^^ s»,f,<5e,Mlftlu! i.i-Hcl.imo,-) «onicoi 

*Epistolœ formatai. Conttit. apott., I. Il, c. 58, p. 268. - Tertull., 

(M ,» d'où il résulte qu'on donnait aux voyageurs des[tff*exœ\hq$fiifali- 

*«"»»• .Hi»f .( S:^ .'. .t^^■^ ■^<\''' 

adv.JuItanum, t. I, p. 101 ;,,, ^ ), , ^.^ mv 



'^(ï«« clétilW*efe''ét'H«'tW>lntteS ;Hâ-clîàfent''a"^'^HaP'ï* 
ijllWiri§*"«eifer cëWèrë dës'àrâiéâ'; Ils phitiiaiÉfW;'^â^ îfe 
•i«iëéVi»1ës>^è'»iif<t)les et les plus ïbrtes, 'que' t^ gnierfëf'j^à 
ftl%t|li<)|usitéef lifie tiolatioD de la loi âè Dieu qui' âfélëiill'i)^ 
i»^rèeP'lé"Éortè',''et dtt celle qùî commandé d'aimet' |uSl]a'fct 
-S4ftMWrMl^!TFètfi1Hènv'p6ur engager les chrëtlerik i'iik 
K>è*'Ji^eftftérttiel"1i glbî^è'rWKtaîre, leur représenté qiië'ïes 
>'lM«te«')l«'rtfMto|)Hë V'cê *Oht'les câdaVre^ ; 'eè"re^"piSffBin*s 
:d«:ltt'tlé(liiW^'le9 lahàièëdés'épotises etdé^hièrci^l^biïéïfeVs 

4<flttfttreHi*eflèifô'lje-aëéteftet^1e*ai'àpéa(ni^*'i'T^inlWftïi^ 
'ft HJéiebhi hftJWrtèn'â'pàrtléwfièreûiént è'ci'Viie','*^^^ BW^ 

demander qu'ils se siirVëlHëiit-poar ne Yièlà fhli'ef' p'MlIl^t 
-l»il? map^if4ét>im ', i dé contraire k la Jol"ailiriHÏ'f "<!(Jl'ils 
-m^tm. Id»ii»rt v'plttlôt que de consentir à deè aètié^V^BU- 
-vêk^^ieii^^i'i oin Iqa'îfs renoncent au service,' 's%'ëB'i6^t 
•*a'«ftaHfe''.>'II«dt vrà? que beaucoup de chrétiens ie'Sfiil Pl*!?- 
oitf^^pmtHéi armes, préférant ta dégradation' 'éilti ^àl 
eSotffiKâffièV^ (jùë léij^ C(»n8clénce condàinViàît'.' Ê^s^à'^^s 
aaeSiiflfttyW'rioiîjl^apportèttl plusieurs faits'iié'li^PiV^^^Cè- 
-^nd^fjl'ibâ&M'hMMen'ce'dës eii'coti'stan'cd'; iéétfê^ii^B/i^^n 
.\Smm Vè lilf^a pa^ i fsè tài<imét\ 'II y eiyé'tii%jii« timile 
t!|teii^i«4^'WttéiWiife'tf'ilii 'âViè'dllrérénti feonW^t^^^ 
'Mtm(im\i^>éMtak^ *il 'devoir k reib^tîr énV^r^s^taf ,.^fls 
-iië'^v^M'^^kpii^ryj ëbiiéitmé , po\)Hli'^*A^feil?'fti 
-ïéSiatf l»*él^î)tejS'ail 'léWp-^'dë Tertâllieh^'ïe4'miyfei'S'<i- 

maines comptaient be^'iicdup'de' cb retiens' il^K^Ï^^?^ ^SS^; 
»Ptiî^^>il|N>l^stë^Ji«hi-isl!fati}smes*èif<ètl)Me1llte,^our 

marquer les progrès rapides de l'Évangile dans toutes les 

■^H8l't'.>^r't>:'f9lC'''' ■^'"'■M- '•" '■'•■ •' '• """!' 9''"2y' liiio'b 9, Mi 

2De cor., c. -12, p. 108. "'"* 

■ ■ - . .uiU ,.fnoxo8* 



*Decor., c. H, p. 107. ""' '1 ' -' 



20. 



309 cfiAl>if Ait Vf . 

èAafiâ^^ela 8€ieMtë^.'8(m« Diocléiletij ey$'iprogrègiéâiiè»t 
r€fk '^(lë; \w^e cet empereur eut réBotu>4e>pér$ëoutl9t^l^ 
glise , il somma les nombreux ofiSciers chréiieDs de ^^H^ 
gf(k)S , Ide choisir emre le pag^aisme M Id^éégtttêwiohi; la 
plti^rt d'entre eux n'hësitèretit pasà sâcnfflei^lentfrs^gHidedAi 
" 'Quoique rÉgKse tolérât qu'oi resiltsolclât 'mente *èti£eûfn 
brâsisàkit' lé ebristianisme, ThMe chrétteRMsiirilfîtiîohîM 
de tb'gbei^t^'n'^ri'rui point altérée V aUQumdeè Mresùtitedbtiti 
te'bal<^i!èf^'âott%^t pâeifl^^eéerÉvatigile. flepeudâliKiv'tOTit 
è^^lé[Jlohinri les^ màlhieurs des guerres et «ii>«xfu»*iatiti1e 
fkiif^'^iitétàeù% s'ea abstenir^ ils reoooD&ibsehti^èiliifjiatt 
y^à^^'ëi^ë tfàQifbVon peutlégitimemeut pn^eadwlea^iairmëâl 
01^èhl^'s^e!tplrime sur cette mniière avec wiaèt ileÛDiliahliQr 
<)Mi dë^'siagesse; Jésus^Christ , dit-il, est v«au foitmciaok 
^obmeë kr paix ; sons ce chef, plein d'amour^ib neddiMét 
plim^cioiiabaltre les uns contre tes autne^v inlaistHpoasèvfiir 1» 
epééÉ'^étk socs et les lances en lauciHes'; ilci ^éàm lëops 
Ma$ns'*pUré8 de sang, et ne combattent fMa^ict^eupeÉ^ 
T/è^èii'M^ârft des prières pour sa prospérkéi-, pa«daisnrijaelÈ6- 
^klUs-'dte' paix,' ils sont plus utiles à« ta]<fiép«li]tiqqed<|iK 
détii Ifttïl 'pfe(r tews iiaines, suscitqnt des 'tyodrinaJè^j^do- 
vc^ï'eiif'lesiiuites saDglaiii6q^<llalfné';£eh|, JÛ^àneliiie 
^uï^sr^^èiypécher de déclarer (fu^Uiiy » imsflt^wguintfs 
iSééë^^tW^^I ji]^(esv 4udBd elles: SMtentisBqprnesB^ènrib 
i«^^i0flid^l1irf^fjité el'powr: 4»''défew«iiitdaavp«tsiBjalia^ 
^ë^?<^M^âdèi^ni« jHiHfltfémei ne^lseiipfoponoeiipafiqcenÉBB 
1^at^tWit4i4ëi> iriais'it déploP6<qU€l>l«sJ9oidM8Jsdiei8bfssfiK]^ 
m^i MJ^MMÊ^fôiplils d'inja^ltoe^'^ à»^ê'»bMMf ^DtafMoqr 
•laJqmolj Jiu/uinj I: ^, . >..•. i; Murb Hiimuh)o oâ li 

< 0. c, c. 1, p. 100; — Âpol., c. 37, p. H5. Les traditions sur les 
légions tbébaine et fulminante proirvéit'égfeilà«fent»\()teU*oçnnldn.géÉftrtile, 
parmi les chrétiens, n'était pas tontrairA ai diéSèr'd^'bnpes.'JO'jilï- 
2Euseb., Hist. ecch, 1. VIII, c. 4; 1. X} c. 8,1^. 29W3©6c^. t «1^' 
^Contra Celsum, 1. V, c ^;'lrVIII,>te. 7î,U;J,ipJ6«»a. TI7.<|.P 
*0. c.,1. IV, c. 82, p. Se'i. '• • ■ '"' '• « »'^^ M...^..^.' 



lé^ie^otiti^ àfe iptéserver des daoïgei^s <tui3B9iei^peQt((lej|r» 

d Ari'^iiKMîM^lea graDdsilëefairemenisdel'Etapire^'IorSf^^ 

iââ»i^0s^4^fbatibane8, lorsqu'il falJât défendre 1^ /sttK^ét^ 

iiiâ0afléûdfi'lmiie»^ftrt$^ 4e6 Pères n'ont piuaque dQ$,p)^iq)tes 

tHiif)46ififl)&i»i> que les; gnerfes ciyil^^a et ^Miérieui^esii^yaiqqt 

driiânf«é»)«i4 Je^nioade; ih ^ea parlant a viectUA^dot^Qr 

{urofQndteij^.fiifaii qU'^usseat^il ^ tme.^wfi ^mm^Vii^^i 

Btmm'mK/mmsiée$ «<Hftli^uaots^P hmti danowiélMtjptiiti^ 

Jl0)j]iiitiij»n(la^déf0n&ôy .c^ il ne s'agi»»ail pa^.$0|:|lMn$^(i4/^ 

IXnifMin&i^isiâiad^la.civilifiatioo et de la ^o^é^ ei^é^j^fiji^ 

'Blbl^rttéQde lAiosusUn désireût ardemment qu'UiP'y.eAJt^i^ljiif 

xhtgiitffoefs^ifliaisi jusqu'à cette haireuaeépoqueofjuuqg p^l^ 

JdMâble^étdbltroiiiSDr la base d'un amour muMif^di iii¥/9tt)^i^ 

ailidiénari|ii6ili£tat€hréUeA ne fil plu» A% guenr((iMyu4(fîf 

aqu^ii i^ilM pas R^me païenne qui n'avait dû;^a gi^^d^ 

i|B%>4ai^n|iM|leB impies, qu'il se bornât en unimpi^t^ gf 

-^6adn8iOt)ali]f3;leS' agre$9i9urs du deh^rs^; <^;gllWfflfl 4^^ 

a9ipeayiédrfiKJl>daii$ un^de^es tatti^s, sont l^fi:^ièlSsif|^iBr 

-eb^gkîiBhifav'^ n'ôsinque dans elles que k «o)d^t pR(^ ),ij^ 

at{il9ne'j«Ut .pdsaitin^œignt prot4g^: 3a eité)^t^§fSJé'àS^^ 

fUmifimltffàeïK^ eitearméni6S> ne .sqnfc M^fèifms^fUptu^ 

ûdiii0U]psiQéocp8iléa,.(anisqfiëlle^ iet» tonsne.afe r4sîgRMàq9'^)?r 

-^èeurieiiri|vel(toutaÉr^^!Ja.gl«ire.du soldai f^%ffym\m^^ 

ffliisfteDpBaq&dQonqufqiri^^) prwvîi»cea^ iO0mÀ>^^MAsses^ 

-^ik^aE^ismàsÎBiàbiifeUhïàQnmn la paKx.^.lf^R§pN^}|nHe5gj%3t- 

'ipeÉdUn^ tsMdeikné p^ti^^jT aUf^tndive^u^f^YâlAMMrfiP ffaife 

il se couvrirait d'une gloire plus pure s'il pouvait dompter 

, .l<fifliMÏ|.ii6lniifD'lfaafAiv»'§'^J«l- Vttj-P* Pjl3. . -,,.„i„t yj mkdùiU anoig-',! 
«Hieron.^'0p'if6(».bt,77>.,iv fc f^ 3M. 464,. , . , „ .a^D-ynlj ?"»I imiccï 
3Ep. 138;M§:i|,..i. \l>p di». . .;./ _, ^,,, ^,,„ ^ ^.^,,.^0 
*Ep.r4T;.ép4H&?,l§HT,Tt..n,.p.'8U..4Ô2.. ; | ,,u>.vyWvmto->^" 
5Dc civtf. Dflf, 1. IV, e. 15, t. VII, p. 1^ ., j^x /j ( ., n* 



34ft: cquAUj^iQU. 

g^^^vy^i^p pj«l.,s«.féaU6ier un jouri A. r,épftc|jne.^i>,j|l j^,é^, 
q(^f!ç(4,i ïlJ^Wre rftBiaio avaii, encori^.à çqntpp jfi:llfl^,tett^l 

y^V riiui.p|f,yî*t,r^4P^fn IPi^aftnde. ftt.«Wjl«UAS.i»J*)*yfiPSL 

Jnuliib II .1! i.l i ;.li^i'i' ' -l '-.Il (1.1 -...tuii..! I 'il. «iiJiiGlq sab 
oli'j : 'j'JJ K'"!-. H <!!•.. iM î— '!i n ■!! > iiM !• ii'i I- 1. 'I. '0(1/0 Kolq 
-uo-^ 'ii'.';i;() iiir* ■>! ii '-i '•> ■■ • m n.u'.! ■ lii iii.j-i I Jiioi/ab 
«ulq J".') ti ;l^„!lt m i irViM/^rfrct/Vv ' " ' • •''■ " »■< ''g<1 Jfsv 
DOiiiii yiiii Jf:i !i •■ • .1 ■' H li- iiii'i iioiJiiJiJanrano 

i^^mk débouterons rfen aa tableaoqaé dou^ Vè>Hbn§^R^^ 
c^ des pMd«Tpes et des mœurs de l'Églfiéaèii'liHliiâi^ 
^b(ll«sJ Quelque imparfait qu'il soit,' oUrëémtiilUtS^èxPVS' 
éttWi^Vàof avèc<îBlui de la société païenile', Ml'âHléàv/eè'ifièifi^ 
&m^ eMM r^sK^rit de l'antiquité et le nouvel' ëàpfiC^Jê^dl^ 
efyHif^.^'Tdiit beque l'antiquité ne connaîéfeifiï'iyâfe,-P«éâliB<' 
BdKifèilë'des^Mutneë'; le raëpe^edti'l^aivIdniffMl't^eâf" 
HA'^y^^<««'pi-él'!aii sacrifttë ,• tMtxJéla-èstiMl^èf'gi^é ,"ih^ï»l 
mmMi ëltoiëûX' encl&i'e ■ • Të^i^dâfos là- >Mm mcMmiié^ 
m^'é^^<mkêpêlt^ tfter'Bpipiftri^,' gà*fe-'d^wgorf'é#te 
dgâteiWi',''q«i'l'lWitoailiié' ■ëVVà'^\imié emm'i<kré>èm%d^ 

n'«f>it''<^|{i^,Jâimtï^>da^»>le'MM^tyit)MeifVW'l^^ 
âi@iM)a«V^oUlë3'<lei' forées •dèëit<itttyëny[%iriijléié^aéid^ii 
èDi^^é|lri^ipbur>eelfl&diiMlt)Hlfl>Httéi^d>ij[Jàsr\i@(%ë'i'^i^W^ 
nmg^ ^ui ^WwsMmé dé> Di«tf ^)r^>foi<èi^>{â^P^eë%^ 
H^f (ât|i6tHi»«l» dttiHKés'dés 'tnèmesci^illim^n^lna^Hl'IeSl 
-iiO(i niric(j ?,'i'jrji)ii -i.'i !'■:'-' " 'ii -'iiiiiti.iiiiol''.iii;i) <'jJ .oldi»'. 
/Haipo^aS? atiri>hrCU»»J*W»«»«yaiU». 429,1 1, ||i^^,i684.Jny«i')f;i;)Vf)i 



ifèNeë.-'l^ae' setllé<dits^« privilégiée, tie tU-amcÈii'glbÂ^i ^M 
<Ù'Js6 4^ée'^ âë «è^ ricbeësés', ne fient plU'é =lëiwàé>fiëâ 
I^hJ^^S iiHe^ëpieiid»Hce éppi^^îve^'VèU^s'léè'^i^î^ 
8Tftit<ë^^ikiii'<)èb(]irabreâVtoatr'ioiis l6è"hbittb«$'|*#'Nf)1^ 

bodheur, à celui éi^<l'âihè.'<li^féiGli«è>fi%»i'pràé^&*yè^irât<é) 
des plaisirs de l'homme ou des besoins de l'État , d'autant 
plus exposée à se pervertir qo'«iie est moins respectée : elle 
devient l'égale de l'homme en dignité, et le surpasse sou- 
. vent par sa vertu et son/^yp^ef^ÇQt.. ,Le mariage n'est plus 
une institution purement civile ou politique: il est une union 
'^P'SUfiëtKmfiW^ m h rt^gi^M».. L'ei*6wM^iR)'(Etfli pjfts^la 
<^fe#lPè«6î4w4PplMlrCJ.peul. dUffPsiei'Ik.^Wigff^ tM ^j 
m^^°^,h3m^-?Vi!l^ P?FÇnt8 pourq\i'i!8,L'#f!«R^PWI5jft 

'ïfs.C8gf^'iny(t^l||[^,^%^gi4tf;i|!f,d^yiflnft«»t^^^j^§rfJfè 

#fflft%'§sAifllfS)dnen§Wfl9ii>Jl?tw4»ti»«*%fHDofr«Bft(M 
d'?B)l^^'#jn^%Ap%Aè]9fiiRI»trH»li»yâ(j$i-)uéqn«f-rl^âP6i^lé 

<%^â»!iSfe^p6gj»y^9(fltf,^?i<}*ft*wi di^.hMBe^Pllsspjptf 9rà6%a 

sible. Ces transformations ne se sont pas opérées par un bou- 
leversement iusis^iK ijl.«&rcbsétjeost.4mtA(fiii^itQu)» i[esçe<itt)r, 
non-atntlemtnt .16 !ïr»b«b*«t>«tilB'<p>r6pMiétéilë^(ii»é ,«bà^s 



fiM0tml»liiM(eDteft contre dB$ dits Jnjwi^viJtoxquielfii'i^ 
9li9gM skéi^tilaJres avaieot donné tifie<)(Mi$éaralM«i ié^tàmpla 
Mfioflvj^tfneBl des relaUiNpsetdesTJiiMaBs^ifeilai^oiriétériîOe 
sieM'^t que par la douce influanoQde It^obajilév /«âgbsâttt 
liar^pqrMiâtton , à titre de veriu (eli0ieaaei)»u h >vh\ sinon 
; iitrëqiie^onc on disait ^DquattPÎàiirahâtièeki, ûacqu'otiMé 
mtoefrépéier encoie aujoifd'^buÎH'qwil^fdocinnib datiànn^ 
QinsÉif si! ooDUaifôau&îalérâts dfibÉlài» et;^^^ 
kirsaeiété, Augustio'a fm tépikidié AveèiraisoofieiDififGq)^* 
pitjpift'Sur las faite : crqueieeux ^tli pcéteni^atiiitaarJA rèUn 
gtoi chrétienne eat! hbsjiyft>à(iA Aépubliqiie»^ nols :UoBiMit 
Aiaiiiilitaires, des t)roviDciausVd«»époiix),idqs4>difîai8{)des 
fllt<^>d6^ maUres, des sertiieurs^ dea roii)^4léa Jugea v^dts 
adotinistraieurs pareils b ceox que formel ièebnniî»ls»ai^ 
an:» lieu de contoitre cette doctrine, ^à-ils^ionëniipkètai 
que, si elle était obéie) elle aérait pQDr/Aa^K^UiqaiBJb 
cause la^tts pinasattledesa pro8périté^>)]jAjiaiDéi6e(ët)0qiie^ 
AdPdbrotae, Kélo^tieiit ëvêque de Milanv péoélré<fled(f îHSà^ 
pmne eotre régtfiamet de b dociétë paieMre)e^toichfirMld9 
l^£iUaa, s'écrie: «Que fe paganîsnieinotia^imoblrdslbsaffiûtfi 
s^biables a ceux de l'Évangile , qulili«$»tti{rte«lea taplife 
qu'il a rachetés du rei^enu denses tetnfili^i fas^ipaiavntsiifa^t 
a nourris, les exilés qu*il a secourus^.» En Orient, Athanase, 

^ a Qui doetrinam Christi adversam dicunt esse Reipublicœ , dent 
exercitum talem quales doctrina Christi esse milites jussit, dent taies 
provinciales, taies tnaritos , taies conjuges , taies parentes, taies filios, 
taies dominos, taies serves, taies reges , taies judices , taies denique 
detitorum ipsiui fisei redditores et exactores , quales esse prœeipit 
doctrina christiana , et audeant eam dicere adversam esse Reipublicœ, 
immà verd non dubitent eam confiteri magnam , si obtemperetur, sa- 
lutem esse Reipublicœ.» Ep, 438, ad Marcellinum, $ 15, t. II, p. 315- 

^uNumerent quos redemerint templa captivas, quœ contulerint ali- 
menta pauperibus, quibus esoulibus Vivendi subsidiaministraverint.n 
Ep. 48, ad Valentinianum , $ 46, ann. 381, t. II, p. 837. 



C0«CLWSION. âïâ 

edjbrit tes eliangétnents que t'Éfvangite^ ddc ^oid«iwiiteâi 
îAmek loi miiotis de la terre, dëcHt aiftskPétôrtf»' m<^« 
ootïvefii'àiJésBs-Ohrist: «les peuples païeû8,ifrelbpHs'n(Js 
tatae, vtvaieBl entre eux dans un état d'bo^iJtUé<pérte(â^ 
nenle; personne ne pouvait, san» cbaitile , aller d^nn îpÉ(y»fii| 
l'antre ^ courte la vie se pasàaît en armes ; il n^y à^a^d^âiukre 
soutien, d'autre afypni que lé glaive. Jé8UB^Ghlri{|t)DMB)a 
appris a nous dépouiller deces faatttessiàdétitôienteigèerrë^ 
k aimer la eoneorde et la paix^Le» nations, dont .HidsisiBnci 
étkft une lutte perpéuiellq^ aetournentTers^les^InsMsailHipaiH 
tiààtA de l'agriculture; ki'ttiaiiis, jadis atméesvifce (S^ë 
leiidem plus que pour prier Dieu ; si leir^brétieim^eamljaitêtili 
emore, ce n'est plus que contre les passians et40£ ééfii^fi^^ 
avee tes armes de la foi. N'est-ce donc pas une preuve deto 
diiûiiité de JésH6€hrisl, que les peuples c»^ pu a^preildv« 
de loi éëqçiMIsn'auraient jamais appris des dieux du^pagu}^ 
imiDe^?»>lHous ajouceroDS que leurs sages enx^nevémes R^aa^ 
ràkûC pbsi'^ptf leur enseigner les principes des mœtfreiriwi'' 
velleâvet 110119 terminerons ce livre en répétant cet]tteamfi9( 
avotis dit etf le commentant : Dieu a pris pitié iie$bo«iilfitiitsi 
et kur a envoyé sen Fils polir les sauver, e»lesr<cdtifMail^ 
quant un miiivel espritd'amour et de foi. ^^ ^'^ i^ li'i^p 

;•••..-''•;• ! .xirjuofi G 

* De ineatnatione Verbi, $$ 51 et 52, t. I, P. I, p. 74. 

■' , '. . X. .. .< ' ■'\ iUM^■iot^x9 

•»• •. • \ •■ a . <'-",v\>.\'! •••. , . •,•;». /',>tt»«oVï ibl^D) 

.. vn^ :•."•." .-tu . •• >r/4'u\:> Oitrttoob 

'. ' ' 'v\,v <'.'.u »'. • . . . '. ' «o*t 6t<jcf ommt 

. . i . ■- \. >.> \..vv. .. . . ;.• "Muivî/ ,)C 

:' '• • .• . ■ ,. « V 'r<\ ,^\ 



LIVRE iir. 

TRANSFORMATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE PAR l'I|NFLUENCE 
DE l'esprit CHRÉTIEN^ 



CHAPITRE I. 

LUTTE DE l'esprit CHRÉTIEN ET DE l'eSPRIT PAÏEN. 

§ 1. Caractère général de l'influence chrèlienne sur la société 
"• païenne. » ; . 

Ikms notre second livre, nons arons essayé 'dfe taWofntrér^ 
comment la charité était enseignée et réalisée dans^fÉ^lfsev > 
avec «es différentes applications aux condiiiotVs^olèla'lès et' 
alixi relations de la vie civile. Acdtéde'PÉ^Iisè,^te'éb€$élé^ 
aniiqaeisqbsistatt avec ses mœurs, ses lois v'seslvfé^'^ en^ii-* 
imÉ,,aiYieo tout son esprit égoï)ste.'La96feiét^«Irré¥iet)ne, peû^^ 
nombrbnse d'abord , granéifisaît'av aeindn moMe^palen'^ui*' 
rettveltqspaît de toutes paris ^ dle>prêseifv»t^)se!i^fiiea]fbrés*' 
deiibf/partieipaiion aux cérémonies' et âui risa^^ ftontëti^- 
OBitorbaresi du pdjfehéiBiiie ,ii»ai^elte m led'etnpééhaii^ii^^ 
densq méier aux païens dans les rapp<M*tâ joui^ndHe^ dé MP 
vieii^LolDsque , irépaiidu dans tont^PE^re, te eh¥i§ti^isàiier^ 
eu^ifiBÎ'tpadrp'a^eclip jusque éurUciitrdffe des C^a»is^;^lfl'ii!(yi ' 
cléllé'paJiesHie^ féduiie^eo nombro et'^ptfivée> dé sà'Wi^ëé, ^- ' 
loogèakieobone 8onieKi8lelioei>aài«rti|te€riduf mc^e^dM^iMA^ 
nisé.oiues'déut; ^hëres^'^e 1(]^lè)bàlélSfl«èlt''^'>l^lM#feflt'*^b 
mHiejnànièvesv €|t dei nkêmè quJ'i^rè^ te-tri>€lllJtJMèidi^rÉglisè, 
iioiÉs» veiroos-'idçsi'^^nétîens^fiwtlèorrdiâpre M'^l^o^iàer Ûes 
mœurs antiqHiesi, ihi^amélé païennb, dans tes 'temps où h 



LUTTE DE l'esprit CHRÉTIEN , ETC. 315 

puissance et le gouvernein^nt jttifa^pprtenaieDt encore, su- 
bissait rinfluence des idées et des mœurs du christianisme. 
C'est cette influence que nous devons maintenant consla- 
teV/Nônî Tavouons, c'est là la partie la plus difficile et la 
plus délicate de notre tâche; car il né s^agitpas de Faction 
visible et complète exercée directement sur les païens qui se 
convertissaient à l'Évangile : il s'agit de l'influence plus se- 
crète à laquelle obéissaient les partisans mêmes des anciens 
cultes; il importe surtout de mqQtrer la transformation lente 
et progressive de l'esprit qui présidait au règlement des rap- 
ports de la société civilp. Cptle influence 9 été. (^tia^tée, 
de même qu'elle peut être exagérée; nous posons dès main- 
tçjl^ant.ep pjc^ncipe, qu'elle nouç paraît très-xéeUe »ei\pçut-> 
être plus efficace que ne le pensent beaucoup de ceux qui ne 
la nient pas absolument. A partir des premiers temps du 
c^^^j^^sfge , 4es paï^s éclairés , philosophes , empemmis, 
ju^^çgt|S(uJtfE(99 mapifeslent des idées profoodémeoii cqfip»^ 
sf|^s^à^[y^ç^'si^ siptfqHC; ils proclament des priaoipâs>«u8Bij 
C9ljjiffj^feg\ à.Vi)r^9Qil|eu$e dureté qu'au patriotismei^iflugifti 
d||^2^iQ|2^jQi(0^r^^. ^elonnous, ees idées et ^eeâ'peiQçiptoG 
n^r{|eaY|f^tj^r&gttril^squ'à l'action vivifiaBt»<«âu)'ckKgÉMa 
^)^i$9n;«^^il^^^b^U^> j^t<ér QOimne un germai. féeenéidaoDsn 
'%'Htoftft<}« .niftwi^Sapsidou^^ cette influbnÈft(ifipti™»»1 
^9^i9)§(^ ^û^ViOOtp^M &9i$i$aabil^; on la subit. sapisiesqvdin^b 
i9^)pfé'JQ'>t{ifl^i>^>{une inestir€t)plaa ou mfÀm gtoande^iccbao 
q^ %y |[£^$p^Q^t^Pl lOlSrmit éaussleur yiaet;dans lelkapen^b 
s^<iflfi¥ijeWlH'aSiÇ%i$ipftMlleiî&;' c'est entre} h. nupaateJacwv 
ci^ngiel^fteMI^&^i^i^j'^Ui^idattsJaqMelleje^^ 
^-^f ,%49èV'i^&tyi$êQi4C)s^ettIS^&'dé&ile$ ;Hori peraée» 
chjflMPflP), jtftttkff i)i[a«<^pten* qwôlQtws^une» *» learfifléecol 
tciHefiï'^çftiWBlecAinil^ilg^^HjigRe d'undiëc^leid* SbufcreoB^n 
toitJî,çjurrfsfe%^}i|teJ$itfla.<jilîfl|^ 

pl% «y^rgi^eo'ï^rtteiellt^^Oftïft'i^ilest'îiasiiTO rffeii 
c^&j^l4pg^|it^^bl4>; Hr(mrâif]é^é)iaîii$if;h l^qUfiBdentisnm 



vellesse répandent dans ratmospbèyev'ifiiD $^«b!^â»Ôtt^dlMâ 
$leii<NiiA|ie eomptr , dl^ saisiss^l t^^ mên^TéS qnl^l^élbnt 
yir4mmtti qmle^ eomlMittetrt) juiiqo'à ée^qa'^fiâ élIesIiiâH 
fii^eai^et ttfâwsfi^rmdm krM>détét<m i^l Jncl» 

-.1. -.: • .'^ •(• .'■! .iJ.'i.il ) >i')l èficl) 

oup >.iiï"'».î--»' «il" i •• . ' - ' ■ "j-ifp^ iî«!:nu Ofiij 

^^ 0élWiMab^Wce>éhtiMl)rfa dès rsibtA*d dè^aâd^bbâ^^^, 
Htfjy'étë'télSV'tiè^ *'dt en pàHte à éàUsWdelWif't^i^lèëfe 
^tfSb^ri dW devoir éotiiester ahfe aèliOri q«eletôil^<«e^«?îte 
flècéMWii^Mcbt«etietane fear lès philosopher eie WsIégîtftë^aSi 
pypïiiyMé. Le principal de ces obstacles ,-célùI't)tiflë^9Ïi 
Vm m'iîyùk îes attires , c'eàt l'égoïsmé tiîittiWl fltl^tto8âPffl& 
iHm ;- l^indpe de la morale et de la soé(ët«'¥M^nê§^,<l^ 
iaR?àftl'a^në cette corroption uàîver^èïtes'^tfditf^y^lfSftà 
Midu* 'allons essayé de retracer les traita lé^'^lïri^frdfptftfflftl. 
m'^éWkii^me, voulant doriipiei^alé ^mémm^^ 
Wémêlfû pl^é de Taîtiour exclusif dd i^^fllAHlfenifidï^fe 
^xommat, à'dû Béeessaiftmënt féptiglïir â^*èl%ô«fij)^ 
païens, comme il répugne encore aujourd'hui k l'homme qui 
p$6ir€i(it Fieif'^aqrifier. Ceite rép&g»9D<te's'^stv>pfcoi^it^iâl5rs 
sous différente^ ' fo^ïries , ^ke\6ri 'fa ^o^lflôfe itel^lfeftifteS ^ *ïfe 
Fmbhlprté iih'si les ôbslàcltei a iWfhj^iic^ i!le'4'^Ç|ile. 
JO'ljyg autcfj coté, tendant ^ substi|uei; le royau^me^de^^ 
iSfcl!)ri}?fi ajj;^.i6iqt*i^s dl? r^W.piîïf a, t rçjigiop ^(£^sj^ 
-ËfaBûaft ^lieûtiu^ 4»Uei ré^'isia&TûaiHMnali^l) t«)jU||tâNV(fH[\^MmAè 
•légidtoif^i^dËim'âe. ^Nouft'deff!iins 3«fterfaR^pèg6rdMS>Qr^68/crb6^ 
^l«s^fldf^ééWrét^^'leur^tàrillâti?^1ï^éï^rtaêWff^ 
'remporte {)ar la chante chrétienne sur ceu;Lmeines quTm 
combattaientdanssa source. Noj)S{V^p6psJ'h()^|[litj^^Y^^'^ 
de la populace s'allier aux préjugés (Àil^sc^bipi^e&ipoli- 
.â^iièsqdfsî^Mf^mm^^éclâSinésiet à t^lAtdéi^ance^diËs toi9(|'^dur 



LUTTE DE l'ES^IIIV tiUflÉTlEN , ETC. 347 

é]^s^r Mpe digue iaipois)9ai^<^,çafiU*e laAolqiiî moate^ol^qti^ 
riftii'ï^ peut plus arrête?. . ,»y 

\iiM^bé aii3c^ 6uper0titiW3 de ridolàtrie, le peuple y timt?» 
pjriili^4^ »'élever a l'idée d- un seul Dieu invisible, et oQÂfiMOf 
dant la religion avec lostipvfttiq^esd'un culte extérieur^ .^iq^i^ 
dans les chrétiens des ennemis des dieux, des athées, des 
hommes irréligieux et impies^ ; ils n'adorent, disait-on, 
qu'un. bpoime, né dccjpar^Jits misérables dgriMSKtw^i^dans 
une union suspecte^; ce Jésus n'ayant pour sectateurs que 
^ gens de condition basse , appelant à luj^t^g^i^p^fi^ et 
J^^,iD^Uaiteurs, ne. peut avoir ni valeur oÂ|^uMfç}t4);^4]Çs^ 
)il^e., on exposqimne peinture, r<}pr^(im9i||iiiKi)^qfe9^ 
j^l^QC une téta 4'àoo et un pied en forme de> ^^9bpt^i{t()kr^W 
j['|i^8Qription : le Dieu des chrétiens^, A cause ^e.l^^i^iip^l^l^q 
^nfqpe pour ie^ Affaires publiques , on les appelait ,d^ g^f 
^ptçs, iii^prq;)ires a tout^; parcequ'ils étaient iç&^s djfiRr 
j^)|^re|Cr|(Surs,réiunions de mystère, on les paursui,v^,df;^!9^ 
kipi^i^ i^di^u^es : non*seulement ils étaient iiae:rap^;rijityi^ 
J^ luiA^r^^ mais ils tuaient les enfanta poi^, fa^^idjE)!jf(çeggs 
^eiçhj^ir b^nsaii^te, et avaient en,(;ommttit L0iUti^^fi|;rgi;|}9^ 
de le^r.feçie^. Les calamités publiques, k8,épié^^ffff^f^.f]j^ 

• ' • ' . • I >! . î. nr-r^ çP.fiDÏGq 

<^ij[u8t. Bf., Apot:if c. 6,'p..»^i:eu Apél. B, «.9] tp/:;Wi 4*c âth»ia%(| 

iM^r p. 4,.p,88?. -^ APWb.,.jl..W,.^i .«8, t. I,..p. .iS^in-M'Vnib 8U08 

^ « Deus chrtsttanorum Onokottts.i» lerlull., Âpol.j c. lo, g. oz. — 
m, l^Btri, '61'^, p.^aS!. -il'ftft'b'^M^i utie p?éftfe'^«éC ^^iitiSt 
iM'fine; enletdppé! <flilé;aé|fépâréâ»é^4oc:séà pieidB iTêlâû^iJtfl^ éeifttiâ- 

seDlatioD de YOnokoitis.' Vqy. Epistolœ ad diverses., éd. Boissonade ; 

P 4817 ' ItV"'^ '"'^ aaii'iiHjîn S!., .r. fH' -icq onoqnisf 

*TertuH., ^pôlV;*L^'^4§;^'li:^iàÔ;''' "^»"' " r...'ar,bJaf}ifiJJBdrao^ 
'SMiii; Félix; èl'|8>,'<p|ifJsi '"»*-i'i '««l ^U'- « ► i^i. << î>Di;luqoq fil 9b 



((d^^lffi^, kBïtséoheibssès, tas'iniNidaUont^^iétâietit Misés sut 

4fijf\ rjkoaoeQr.oaAragé des dieux'. La lbiilel<érêd^l£iV tbUjéUl's 
.^^i(|^>de.ppét65t68 pour haïr ceux qui valent' itiieû^lcfilf^lV^^ 
il^a^SûH dts^ealomniea^iix persédûtions, «t'sat^rtfi^t^iî^^ 
ifl^i^liaoïQ If9 «hrëtieub qid tie iut^ op{todtfleii'('t)â^'dè^^]f^{9- 
.({^oe^A^to YÎoienoe., eHiejovgnait ta ràiNéirië V'^lii^etiiii^û^t 
.4a.ii{'é<aifl!QWie8si(m: de ses >vietifil6s'':''tàuèi<!nëif^)[]^(^1ljs 

^4iMîp)^fâttnatj testexppae 8Qxdii|if>Nitôè?f'a^l^aa]^9fâ?fê, 
,Wbliv;mqt.aneDdtt: ufi<He6aîl&^<po(ti!h|Uév 'tes'B^^ 
-i^(!iipft|d'iuivDieufqui n'«6sufait|iaa'à $69 £fè^tèké!i^^ Wfdi^- 
-M|i|« ^itegloire^* • • • "'•l'ï» -i» .^npiiiq 

. M §î IfOD uoiupread chez la foaie la tos^y^'Hle'^^t^âK- 
^ippi^te,^ lOOi aurait dû s'attendre it indh- m HbiAfâé^ ^ëÛ&{'- 
f)râs!iiéle^Yô8:<bii8 tes écoles des philosopher '/^U^fôi^^^kr 
<)ljf8péni$iiiQa^ plus accessibles h une veR^ick^i^'fiAi^ctf^ilPe 
i?p(ri4iiai0€^c^> ramenant rbemittie h Dklêi'héliîts'^éëkwAs 
^W]^trmB»B OU sur l'«tat dumonde^ ^rai^til^^eSèSïër 
jflSfjeuii'idl^ibesoiûs.eti des doutes ,'• ia«tqy6tell'É^bgftë<S8til 
'iB^%^ybT#fQdfe« Dès^es ippétaiiéjrs tei»p&;^âDi^(ldill#i^^' 
slH^lè^^l^^ibdimnes qi» iiiper^eva;!^! iêÛs'Àk ëSf^fSifaiSête 
une lumière céleste; ils s'en approchaient pour se. laisser 
.^rfétl^ei^'de^ës^raytfns , de inétaié que /|)ârm1le peujile^^ 
et misérable , les consolations offertes^ Jé^gs-CJ^jgj.f^ti- 
raient beaucoup d'âmes souffc^t^s^ I^afê j^^f^9<îâ«]i3Sf)g^ns 

y.L- u. ,emn.o.J - ■ -î . •' n-K^,i:/>J.l..dofliA^ 

— Min. Félix, c. 9 et 30, p. 27. H3. — Orig., c. Cels,, \}^;%l^4i, 

1 Terlull., iépo/., c. 40, p. -126. — Cypr., Ad Demetr,, p. 216. -^îiliîîl, 
InMatth, Commuai §39, d, lll, p. S57. ^^artid»;,>: f^'^/^WsX I, 

l.V, c. 1, p. 165. — Mint.Felixjc^ i®, l>i'3e:> ^ ' « »».-«ivv ^- 



LUTTE DE l'ESPAIV 6HRÉT1EN , ETC. ^49 

éclairés a marché bHigtemips^à^af su9terde>là'f«ute^ dHè^ 
çfXùtxe le cbrisHidnisoie et la» elirélieQ8iks<préjiig^réix^atfgés 
^qf)i.ODl élé autaot d'obaUctes à saainflaedKe.iNMS'viei {)àM- 
ipraoâ pas ici des e&prits frivoles qui D-pal Ml qQe'Irépiétéi^, 
,j^i$ exâiitten ^ les imputaiîQiis odienaes Qu'absurde^'^e^^ 
^fpiiUiUid^ : tels que le rhéteur Coroélius Froalw, prëeéptedr 
ifleMarc-AurèJe^ ou répkuriettCrvâoexus^^auBsiiii^iâefifile 
.boDteuseœ^nt débauehé^^ et qui, tous les dicii|i,'pafir|^laSi[^ 
,j^ peuples Oiit,repfocbé aux ehPélieBS} r«itbéiiiif«,t)j^- 
^piété, les repas de «Thyesie, les uoioK'iÉrceslHMWsèsV^^MJs 

ajvppsien vue des homauss^, en «ppareneé pluiigtiaysé^<)itâ&^ 
.chez lesqiiels nous.lrouvonsIaniéineabseiitiM^ide^pMiiffidèW, 
.(^t ,s4]rtoiU le méme^ orgueil. Fiers de > leurra voirt)(]M}è6([y- 

phique, ils méprisent les chrétiens comme des* gëufs' gVéfë- 
.^ers, s^ns inlellîgeMe, hostiles aux lettres^; e^ ^^^ ^ ^^' 

ligi^o n.'esl; qu'une superstition peruîcieitse^^dfaiitaâti^tës 
jdigoe 4'ètr(3 dédaignée des Romains, qu'ayant ^ifire^iori^bfe 
.,étrangè,i:€i,, elle est uiie doctrine barbare^. La f6niiie>(é),<iA^dc 
JaqjM^II^ les cbrétieps resteai kiébran(able€<dattis^)V69i^i(b]% 

c0t^s(]|çiçtfiae{):es{ regardée comme ub fena«mMi-4^^ls 
i ég^r^â^^ (d^nii \eM%p peut sourite ou dont- toolab jAbs^it^eât 

pjai^^i:eiles ^^ictii^es^ Dk'aiileqrs dette foi eliti'pri^feyi^é'par 

.t9^t>4eig4n^ de ba$ éi^i la ao^ié^ 4âiTiiti<^diie'%é>^ëèrafe 
, , « ,, ,i. 1 . .. ... î : - ' . . î . » '♦iMïtnul snu 

4 Taliaq., Or. c^ firœcos, c, ^5, p.^6«if, -r.Mm. JPMm,Ol^^m^, 

'«Tatîan'., c. 49, p. ^0. 

^Arnob., 1. I, c. 28} 1. II, c. 34, 1. 1, p. 18. 73. — Libanius, or. 25, 
^.I,.p.^lj .^.,, . .. : -.V . ^y ■• •' . ,/ibl.n.M- 

^Tacit., Ann., 1. X,V,fC.4é, t. It^ p. %^U r^.>aue]tefciEi^ayw>^^ô^l9, 
R.?^.. ,,,. ., ,.,,,, , ,., . .:î î Mi , \oqK,.IIumTï 

'Epict., Dissert., 1. IV, c. 7, t. I, p. 6<8. — M. Aur., c. ^ ^5H, 
Ben. Charterii, Par. >I679, foj., t. \U\^p,^.\f ■ Xat ,i , l »/^ I 



3S0 cHiPiras i . 

pirrioi des ala»ses si peu dignes de ratlentîoa d*im {ibUo-^ 
so^be! elle appelle h elle les pauvres, les simples^ Je^ 
ariisaos, les esclaves, les femmes! Ces geo3 veulent sp^n 
çuler sur les choses divines! eux qui ne comprennent rkq 
aux affaires de la vie civile, s'arrogent d$ parler de maUère^ 
i)ui doivent rester réservées aux s^ges^! I^'orgueil p$^ep 
s'indigne de ces prétentions, sans se donner. la peine ^Ç 
demander ni d'où vient aux chrétiens, la faculté d^ a'jijt^^ 
çuper de questions si hautes , ni ce que sont ççs questlpi^f 
elles-mêmes, Quand des hommes , coanus poqr ^tre. sagfi^i^ 
bjonuétes, embrassaient une religion ,$^u^i.iA^çQ^ée. e^,,f^- 
tmeot dans une société qui ^accueillait tant d^ .pefrsq^A«$ 
d'une condition inférieure, tant d'anciens pécb^pr^, is^nt dç 
/^mmes jadis frivoles , on s'en étonnait un instar ^otqipji^ 
fyii^ bizarres , mais on passait outre , sans y Mta^OT UAft jygif 
pprtance particulière^. L'épicurien Gelse a él^ te pnn^[0^ 
repuésentant de cet orgueil païen rejetant le cb¥i«jLianj||i^ 
p^rce qu'il s'adressait aux pécheurs, aux pauvre* aux £aî||(ff^ 
C^lse el les païens en général ne comprenaient ri^n à J'I^tlr 
milité chrétienne qui ne s'abaisse que pour retrouva UiVrft)^ 
(|jgi)ilé de l'âme, ni à Tamour qui tend ^ embrasj|f^>]l^ 
JHUAiaes de toutes les nations, comme étant dei^ frères {^gx 
dans le royaume de Dieu^ Lucien raillait les.iijt^rétien^.nopr 
S4pl^9ient de ce qu'ils croyaient à la vie éternelle ,. m^i^ sur- 
tout de ce que leur législateur leur avait persuadé de s'aimer 
entre eux, comme s'ils étaient tous des frèreis^. Comnient 
pouvait-on aimer surtout les esclaves, ces hommes de na- 



iHiD. PettK , c. 5. 8. -12, p. 12. â6. 39. 

«'EertnlL, Apol., c. 3, p. 14. 

30rig., c. Cei$., 1. III, c. 59, I. Vlïl, c. 72, p. Jm. 795. — (r... 
Htas quœ displicet pagani» , unde nobis inmltant.n Aigusl., Mnarr^4n. 
J>*. 93, 8 45, u IV, p. 759. 

^D§ morte Peregrini, l. II, p. 567. 



LUTTE DE l'ESPR!T CHRÉTIEN , ETC. SSl 

larè ififériearë dont lies dieax irë se soueient pas^ î L'ég^ilfîé 
des escla^yes avec lés hommes libres et )e detotr ée les ri* 
mer étaretit pouk' le païen une doctrine cboqoantef renversafnt 
i^ordre de la nature et exposant à un mépris profond ceux 
qui renseignaient et la pratiquaient^. Surpris et jaloux dé 
t^union dont ces hommes méprisés donnaient le spectacle a« 
milieu d'un monde rempli de discorde et de trouble , les Ro^ 
mains la leur reprocbaient comme une conspiration contre 
là société et les accusaient de haine du genre humain^. Les 
philosophes, quand ils ne pouvaient plus s^èmpëcHeirderô^ 
connaUi'e les vertus des chrétiens , assuraient que les priu'^ 
cipes en étaient connus depuis des siècles. Ceise prétebdlaiit 
^ne les préceptes de ne pas s'attacher aux richesses ëléé 
isfSibsiënir de la vengeance avaient été enseignés par Piiftbti 
baïutoup mieux que par Jésus-Christ^; les néopiatonîîcléDS 
îfM)i9térieurs soutenaient également que Jésus^-CbrisC ne pro*- 
eéBàit que de Platon , et qu« sa doctrine , qui, dans sa pureté 
prhnitîvé, atait été conforme à la leur, avait été dénaturée 
par ses dtëéi()les fanatiques^. D'autres fois , ces défenseur^ 
impnissànls du paganisme se raillaient des controversestfo^ 
ardentes dés chrétiens sur les dogmes , qui ne leur p^tmi^ 
sslieot être que des spécnfations arides ou dés supersH'tiMÀ 
peu dignes d^hommes éclairés*. 
D'un autre côté, la répugnance des chrétiens pMr les 

« i||90iQb.) Satum.^ I. 1, c. 11, t. I^ p. 244. 

20rig., c. CeU.^ 1. UI, c. 44, p. 475. 

3Tacit., Ann,, l XV, c. 44, t. Il, p. 241. — Min. Félix, c. 34, 
p. 4îi. — TertoH., àpol, c. 39, p. 125. — Orig., c, Ceh., l I, c. 1, 
I. Vm, c. 17, p. 320. 753. 

«Orig., c. CeU., 1. VI, c. 1 et 16; 1. VII, c. 61, p. 6igi.>Mfi 39ft 

«Âugust., De eivit. Dei, 1. XIX, c. 23, t. VH, p. 42»] ^ m^99mikàsu 
0^ûn^l,, \, Ij c. 7, g 14> t. !II, P. Il, p. 5; — ùêdoc^.^eftrUiis^^ If, 
c. 28, §43, t. IH, P. I, p. 28 ; - ep. 31, § 8, t. H, p. 44, 

CEuseb., nta Const., 1. II, c. 61, p. 472. — Greg. Nàz., ot, l> t. f, 
p. 34. 

21 






f 



fiQiflk]f9^)f mWqm^ dans r£Mt oftleoi, Jenrif JetfiistdeTeattniibr 
d«ïmtr)es»slat«e8>4^ emperean» % ta âîffi^RaiceTale^tatéfiqtDe 
1^0$ pfiinoîpefirelieA,l<Hs ei les oicmiirBiflunfiBiea) étedbBtapxl 
]rdui^')âi<$.:h0iiin6ft politM|«e8 dâSisujdta^deigRuies^acBbsar) 
tii^a-il^ar up effet 4e oe4 étix>ît pairiairaiei»aatHiiif jiqoi^Te'4 
P^IUs^aU lottt/ce qub panaisaiÂia'ékoigsepidfistobbtitBiqsnàaft 
tÂ9K^ak$r il& i^uf' reiprocbaieni d!ôtne.4e8 eii96tpl4 fiiiAïUo^^ 
4^ re)M^I)B$ Q€)nte6r|e$i<9iiipereiirs.,€Of)ir« l^s teta^tie^bMeitos 
pa4i^W^^^W,s'io4ignaU de Ja )îJwrt4.ave<i;te(i#eJk jU<4?piirt 
fW}qf2iiônl3U(ri la ooFruptîfMv.et la.décadeajc^. de l'£Ap»w<?q 
ehiifiP'li^n d^^bjsrcberdaB^ le poIy4béiame'ei>d9A$il)'|égmP9M 
aBiljîwiif§j()PI seules vraies causes de ila.ol^med^ \^f^^'^^f\ 
mAÎR^h .or^eDiiejetait la faute sqr les ebrétît^s^^oAlIpMMr 
iki^^^{e[t'|e «enre de îie devaient êtne Ja^iJ^attse^eittli^îi** 
^i4tfte$ft. Oo les persécutait soos ce préte]He$i|[nilérP£i^hdf» 
i$fQii|UfQeQt9^aux empereurs qui sévi8SûieDt,fiw^*e'<}e^^$t^)iifr 
ifWV^Ia République^. Lorsque la ruiuederli) s<Mif«K^{^tÂi«§ 
£^|i9Pfî^0D]mi§e, les derniers 4éfeoseurs du^fag^ai^fpiÊ 9AI^ 
»ftl*»<*fiiiftÇi^««<5ore à enaUribuerla.ii^^iiA'iïilwïldpe^ta* 
^PWPS^i^WXi-et aox progrès de l'ÉgliseA ;,iwprd«te)|ftn*î 
e«(f^)Sf^Bftvi%u'effecti.v0ntte»tIe monder^fliaJH'^rttefKSJOib^ 
^^^ te|)p^Jiyibéi«ntte ^ et celuhci disparaîtçB day;aA(f ta> <9rfflfi i 
Jiiî^l'QRgattfitetplus décidé de$ aeciifiatieQ«iie^idl^in^q«Jb^ . 

^niii^pil0|. iuiqU'iei a été remp^r^eitir Ju)ion4'Jlff3Jgr^ %^ 

-à'Ir^UÀî^ii.', c. 26135, p. ife. I08î -"•JdUoWik***, lî^rpll^^^ 

2 « ,.,Quibus prœsentia semper tempora cum enormi libertate dispîi— 
cent.» Flav. Vop., Saturn.; in Scriptt. hist, aug., t. Il,jp. 23^. ^^^.| , 

.t!' i?'i8;^«- .?,?.^,,,i.-.in,c. ^8„t. I, .p_ 456, ^^^ ■ „:,,,;,,.. 

-* Inscription en Thonneur de Dioclétien : aNomine christian^rum.de^ 
leto , qui ReT^uMipam everf^ranf.^ C^ée jp^r K[avei;camp,, note^fau 
chap.vSde Tertiilî., Apolog , p. 12. . , . 

5 AÙgtîst.', Sermo 81, § 9; 296, § 7, t V, p. 3Ô6! 837j — De.ctrtr. 
/)e<, 1. ÎI, c. 2, t. Vïî, p, 27. nr , . 



LUTTE DE L'Ëdt*»l¥l OflItÉTIEN , ETC. S38 

ëddoa)rien.bt»rdu«iiiie^ msAgfému esprit ^li^6\é^Uï»i'fii^ 
hi!tphiMffiDi|Uiie4 malgré thêflie i$e^ réft»«ii^efèti<sas^ ë^^âtigéi^ 
lîqBdsdioniA rnus^iarleransi plus tard, ce pe«il-tti&<rBti'de(Oâftt^ 
taBy]r)ré8QHteU(xriie8 les préventions, loaies tes'haibe^tder 
PoTgupil^jféfi'Canlre le christianisme et surtout cotnreseij 
pcécéptBS)^d%)uBf]iliitée('é'amMr universel. Aved utie >in^ 
crojls/U^ tigèmtiés i\ fait- au& èiirétiens^ les nepi^cbes tes' fAdi 
©êbftfàdktoiried r Illes^ppellè' de«.enîïemte'dêfs ëièux ,« defe 
tttpîeâf^ ^'«éÂie têmps' qn'iMes bille d^re-a&éezWwpléB 
pbatt'pteifeUfe Siigesisé suprême •'dans la foi;" là^'foîf^ésl'pbért 
ftKi^âëïc^lîé'; 'olie »bi9^ee de raison, ^'làiqiiiétlëfl't^b't^ni^ 
p^ôiia^riew^J H atlfl({ue rorigime' peu gltjrieuséchî'lcfii'tetttt^ 
ifî^iM^IJâsiis-Oirist est un personnage peu illustre^, cftliift'B 
f*étf fàtt <le'gr&nd , car qu'est-ce que la guérison dè^uetijfïéé 
lâèdâi^c^^lM$iiefi»x du aveugles? quel est Thomme dfslibpé 
^'V^l'^^te^^^'^w^liifrs temps , se soit converti à dette'Wjtt^ 
|t<d^/idéiiM'te^ partisans croyaient avoir fait beancoûp^n'^^ 
\Mm dëé eeèteves ou des femmes ^P Et pourtant Julien ailri^ 
teifeft^^teltîélfoïte méprisable le renversement dé faneieborft^è 
*néfc(»è^<*7'!W reproche aux chrétiens leur docfuftié^'dë^ie^ 
ptiPCtf^hà^n^llë des hommes; selon lui, ils foâ^t utië^déf)^ 
i^iGètë>ddnfftfêion de toutes les classes; une religron^iqM €ét^ 
9yi[lt''âF|nt'caUaretiers , aux pnblicains , aux histrions-^ ne [feut 
^« âïj^erid^élt^ ifooMe^ ; et pourtant itii'ignoràik"pir& 
que, parmi ses contemporains mêmes, des orateurs comme 
Bfisyetlf^-Gf^iwijçt' Qrégoire de Nazian^e, illu§»lraj|$^,irÉ- 
glise , et que xles ehipereurs eoœme GonslanliiDavbienlder 

*Greg. Naz., Or.invect. i tn Juf., l. I, p. 97. — ' Jùtiaà., èji.#'el 31, 

■ '■ 9éyr. A'Ulx'.; Conira JuT., I/Vl, t. VI, P. I, p. Î9i;^iièj '^]]_ '"^jl 
*«Atà Y^pT^v raXiXaîw» jxcupt'av, àkv^orj Seïv, à'icavra ovirpa7ti|i,..» 

Ep-7.'p-io-' " " ■■ ' ■ ;,/vr>' II" !■.'>» 

5Cyr. Alex., Contra JuL, I. VII, l. c, p. 238. 



3S4 CHAPITRE 1. 

mràTiiië Vy èiré reçus. Il prétend ^niin que le èfhriBiiirtfisrilë 
ë5;f impuisèdhl à rendre les hommes meîHetirs'^f è( j^ttis lias 
rfôite le terrons présenier&ox prêtres dti pagànfsmellèkëtttîity 
de h vie austère et charitable des cbrétieus CiVirini'd'dH'ilÂA^ 
dèîeà suivre. CTest h de telles incoùsëquencés (jtVe Viéèt^iiSS^ 
srtïer un esprit éminent, qui se cotisumaiCén'Vsfiuèl^éÀifty 
pôui-* régitober contre TaiguSIteû.» ■''•'' i*"i '^n(M^>ii4 

Un ybs^iâcfte wn moins poissant que Ife fitrttfihte *|!ïl(y^ 
làit^e eftiès prétentions des politiques et de^ pbilé^6)lik^^ 
étditfè'despôCisine de FÉtat antique intimement <l)ë^ab>%bt«é 
paîlèH. -Au p^ttiîer feoup d'oeil ; o* flenait crëlrè'^éiWftfcl^ 
Iité kvee laqMlle les Romakis admètCâfient'leè'eiiUbsl'dë§4ià^ 
tibriy^'suV^eessTVement soumises b TEmpine , anf^iUi d&l â^i» 
tëddre'iau christianisme, et que cette espèceiAcUét^lcfil 
qîH ^âûtMi k Isiis et à Mithras une place 4r>6dté>()è^l«^M»^ 
àufsitt'dé aussi en accorder une an Ditâtt4e!S'lcft¥etïè^!<1!fMâ 
K;ë'i^pt*é6entants de la société païennesèètàiebt'^gctiâfil!^ 
(â diflerenceproronde entr« ce Dieu etles^tftMMr^tlék^^^^Kl^ 
(tler^èf , its comprenaient qu1l ne se <k>n«èlUi6r^'pils^)éHfiira 
p(M€i|i^^Otéidu Jupiter, mats qu'il dei^ak ld^tditt«»€^'iëiQfàb 
lé#(U^ii¥é&>iii''pHucipes proclamée pâfrts<fedi9ci^l^(^iâb 
RlceUpiiMérâveto tout ceq^m'conâtitdàttfiiài^teisIdei^Pssnl^ 
qôhA" '^'^' ''''■'•' ' •' ■ ' > •!' ••■i» J'»..!'» tnmiaaUèhA'j 

"«Ôâfik'^^'GVèdeet h Rotlief;] oâr'<le{miful<«e^v^^liCiiftië 
^doMifÉ^t ^ tout, le^ réligîbbS'^ëiMètlt'ttUâëâftléërêli^^ 
â$fts«^««rit'eic(osrv^s; le coreetét«l'Wïetfffâferèl»i^>PÉiai,iWy 
tàl^'dèrlëeï'h^nf la religion Ibisaientparile^ iVé^i^Miè HË 
la législation civile. On sait comment les républiques grecques 
punissaient ceux qui osaient s'éôahe^ 'defe iâi*i)tSncè*^dÔî- 
cie|lps,aveè quelles précautions les phiJosojjjheVexb^^^ 
'eukoj}iJni.9nft;Bur .^es ip^lière^';^43j)flje.,VPw^ 
sous ce rappffct , jda l'esprit d^.soa\peiUp|^ „po$a«eai,priiMipe 



n.c. 



LUTTE DE L^£$I»B]T CHRÉTIEN , ETC. ^3$ 

qîiç.,nq| ne^ioW révjér^r des (Jivioilcs particulières,, éff^^ftn 
g^ne^oif ypuyeU/^^^ àivoios qu'elles ne soient piibUqjVjÇjffeQt^ 
(Vfj(;n9nu^3^i)A: i'épçque où les Romains comme^peRt^,^ 
Ol^iî^ugf, 4^tl^^ dieux , et que Tipcrédulité fait des prx)^èf 
^9Pr^.l^9iM^')iÇ^ pl^u^ses de la société , les hommes d'Étal, .ef^. 
]gr^^^4^,.^çii:,«ô..r^^aber ce qu'ils appelaient le freip dei^ 
passions populaires, s'efforcent de naintooir et. dM^fç>)^F9. 
h^^]ffimii^m\\ ils admettent po^x euva^êflnes.la'.tliép^- 
gl^jirJfS^WP»!^ yw«i suivant eux, po«rl^.|Ai^o%oiplM!;j5^f/§; 
ilfHl§r^lr:bwwr»U.tbéQJpgiei poiétiquQ . feus^e eû,,|eHfi-Jî»4fnpi 
ûlîfef we^A^n^ ^M pluft pour k théâtre , etJls 4çi^^q4f pt pq^y;, 
IftfPeSB'^ Jflrreligiou poétique, la Uiéalogie.fiivifft:^ ^'fi§itj^l 
dg^ lfifrjfe§,»ationaus: primiiife? ; ils vonlfiuj5qu'à fliftnwWFj 
bblÉ^Jf'<W Bén^le parmi les sources de cetifi; relig|pn^,î,Bij) 
s^$ig^Mlt4<,cef(({9ractèpe exclusif do polythéisme aptiqi^f^, pff) 
8W!l!pr#»4)9¥»Jefi'cultei étrangers ont dû être d^ndgf ji^ 
RWBftAiSfélsiH'lî^ U loi.de la République et d^s.p^iep^jej^ 
t^yi|^(40jf{}pp^ue^ lesdiviniiés nouvelles De^ew^j^n^r/ei 
Mi*f*S2qif'fifti^w*«i de sénat us -consultes 5. nwi^b^^a^.jjft 
déîOfàr^Oi'géfléi^M «eHcf disposUian ne. M plua-o^sgc)^^ 
4iii«>J>^^fci«lls de-iQUle espèce purent p'inirKjdjiWft «iffewï^ 
s4fiflBqu§[Ja'j|ei>(l(iliiftyioquée. centre elles. Daps.roflfig(pg^olft 
christianisme était une de ces religions nouvelles qui n^j^ip 
«&pîtoll*ÎS5)ètre:ft)Wéef r.N chrélierK formaie9lt)ug|e/8gtion 

^'jup'>'>»iJ^'»[i|n!<liM]'n-''»lin •»•" ■■*■ . • •) '.'ivrj noiJfilaigàlBl 

, ^Varren, chez TertulL, Ad, nat.. 1. Il, c. ^ et ^uiv., p. 54; et.çhez 
Augusi., ne civ. t)H, 1. \l) c. 5, t. Vil, p. ^^ 6. — Voy. auôsiPIut.. 

^ * a Factio illicita.» — nNon licet esse vos.» — •Min. Fel., c. 8, p. 26. 
— TerluU., Âpol.^ c. 4 et 38, p. i8. ii7. 



ivàlts^. 'Leur refus Ae poirticiper auit cénéaionies ^«leiMf dte*- 
tèMioû' de^ fêtes et des Bpeciacles, leur répugtiaiice fyoyi* 1^ 
tliâptoistpublibs, les rendaient suspects de eohspiret^ dëtïitt 
les lois; c'était une raison de plus de h)s^ccaser<d%nÊ>^ei 
eimèinis du peuple^; Cyprien, entre autrefe; ftii^hdlelttlMtfh 
âi^rt comme ennemi des lois et des dieux do iRoMei 'P^us 
taiHl , lorsque le christianisme eut conquis TEiMpires ^^ ' 
^n€ore ail do<i» «de lareligtoii nationale et dfr «al«e des ^^êtiefe | 
que plusiewB hommes distingués essayèrent «le ireliskté^ote j 

I 

I 
I 
I 



^gàniBftie'desa cfaute^ Forgueîl antit)«ieta«ta'jufeq«îàm4]l#it 
«onireda foi etla charité ciirétienaes ; il ne ce^saiide sema* 
^soiis tes pas de l-Évangile des obstades qui auvatottl^ii^it^ 
J^atoarobe, s'il a'avait été qu'une œuvre des botiimiesit»lfeis | 
touSiCès'obstacles réunis , la haine du peuple ^ ks^aitl^^ > 
ides philosophes, les préventions des faommeS'diÉi«t|^lâlHH|- 
lilité des lois , n'empêchèrent pas son influendasur bèiâtt|ioif|) i 
dé tevLK mêmes qui le combattaient; car il li'éiqidfia^isie 
taine îiiventîoD des^hommes , il était l'oecivre éo'DîèuPinoiBq 

' M- • ' , I j liunjjifiio 

'- :.'.,... . . ". I . » ■iI'Jl')<ilO'> 

-VuM i-.. . , ' .." ù\ :.»0llj'lIJj£ifl 

■-''^■"-'■•' • CHAPITRE lï. •■•■ i'...-u.nohB 

cj.<| JK, i\ :.' > . . , ". .' ,■! -h I-' • II) A Di'iMil 

- ifcifîÈkë' WR LÏSOCELS L'ilWLtîÉNCte {ÎHttÉ'rtEWfe'rfÉS*^i!Ë6<à8lfe. 

^l 'Pmàw^J'Évangile était une çeuyr^ 4(\ji)^ Jjg^çJtif {^ 
.i^ebfic^^tiaient pas les obstacles parades* mo$«n« Um<;^Ués« ; 
(ila^n^QppdëaieMit pas la vioienee a^la baîn&vil^ <k ial4afet)t 
\ïy^)àVéC l^^armes spiritnelles deleuï' attfôttrettfe teiA^fôi, 

2Min. Félix, c. >I2, p. 37. , " \. " >.'..>. »^...< 



MOYENS PAR LE»<»]$iâ i4)mFLUENGE , ETG . BSH 

^iili<w?v il*«répc(n^a[i0qt par ia.sQ«mi&sioftkîli'(w^r<ri§tîyWî 
#tjppte((Jl}ii«H^ §Rerf3ée envers tes ppïénsv leqr«ip(îc$qf»r 
4§plft4NlE>ï^^^lW«5^a d4osflqtrô.s€icoo4 lmn$ la posjli«fl>,fl^p 
dWtâHBii^»rW«fi^(d« Oieu m plaçait à i;^P^cl.(J<^iA^(fif>r 
m(f^ t§rwe$|rf^V» ^Jjiin^ièr^ dont rÉgfcp^^cjui^^ii r^r 
j^flrjoe i^t^wWei, ^«îbliqu^ ^tts «e i^pporli, le^W^eiftn^j- 

4oQt^$b),irâFangile veu4 qoe seSidte(^ptesi<3€)!S0iméU4qt^t)ti^ 

10HIOP e6i]it^|waiblês daos'ioiitâ&'lés ooUfdxtidDsiet sbosJiJiiiis 

^stl^vmtàuagièmB huiBain , Jeaipremifirs cbrétiei^^ile^ailœt 

^0a)âêGte;ria<)Qiél4iiMî^|naiDe qui les méprise ou quides^bail m îik^ 

"Piidd^iftildtide^ant k8>eiiiper6urs que Jésiis-Ghni^<ilîai(y(iota 

(fiioqiiMië anaploidot la Ibree ni qu'ils fuient ^ maiâ^ qiîlits 

^s$«iy^ipa^'lft douceur et la patience, en excitant /fibe^J^s 

païenaièéf Jiétî]& iide faire; le bien ei^ les aoieaanit^aiwifkfô 

foi*. Il est vrai que, forts de la vérité de leur doctrine, ils ne 

craignent pas de rappeler à leurs adversaires les droits de la 

conscience, et de demander la liberté au nom de la justice 

naturelle et de la divinité elle-même qui ne peutdésirer qu'une 

adoration spontanée^., Çepet^lanh^^"^^' longtemps que cette 

liberté leur est déniée , ils ne se révoltent pas; ce n'est pas 

A^ft SSÇap*^ la^H9^i^hil^};^l^ f «4a»?»* leur 4»:(Ht,aftj^r;Q|;| ^'jfs 

2tt Videte enim^ne et hoc ad irreligiositatis elogium concurrat.adi- 

''^e'ukriÀ^f^Wt^^ûkis^étihtérdicere.,^ optioAeln'ii&t^^AM , ut 

fiëti^Uàééùi Um^^fkft\^(ii9êm velim, $ed eog4tr, èmi^\iqdm)ii(mn, 

UNmm)$k i9A iA'vif0}!û9ikîVQmi; ifs9 h^o 9^dem\i^'iMAhç\<\phiip^k\>-, 

quod putaverit colère.- nec alii obest, aut prodest^ alterius religio, 
Sed nec religionis est, cogère r^tigiftfiBin , .q^i» ^pon,W^s^Qcjp^l'^beat, 
non vi. ,>i Id., Ad Scapulamy c. 2, p. 69. [y . ;. k , - ,^1'/^ .mU^ 



1^, J^iji^ pr^icaiion» , «oii i)9r.d^^DiDJ9^|»]<|i«b^-dt 
djj^eç, adressées aux eropcEftwit» on à i<lw.pNi»^|ifcf8 jcmU 
ep^n p^r V«*?Wle «Je Je«fr, v^e «t.paf?,|a,GftfKi^ai»Re^fftitor 

(i^ji^ ils s^seepi \» m)^s,,f:!mm}y»<m» m^m^M 

?|Mlçj^i«iS,o»t px«rflé une Ipflluençfl c9J>§i4^)»^\Hmfii^fi^ 

PBgH"J.1Pfr» ^' fonxi!ei),dra.d'fiii /^rd/)m»l«veif:ffi|0^.|gI«AWëih 
(,ep^^9n pe. p^fli jpa&êlre.d'en faiçe u«e^a\y«ei,{V^i||;l^jjsi) 
^jjij^Fai^'ao caractériser l'esprit «n Cuisant Eep«^t)|i^clir46^ 
rçpjçp«Ç (pi ^rapporte à notre sujet;sp^^„0%Af;r^aBD4 
(!§,M,,Cs9pA90Ce inébranlable avec laqfi^e,,!^, «K^j^fiMtMi^ 
^pciens. païens, défendent le cbristiani^ii^^^eA gjNWM$9l 
tel. pl.u^ souvent aux effets {woduits par.L'^^gilfhfioiê^Wq 
ai yidifi^ |èt„8Uf les relations sociale^ ; rm m Wf^W^j^W» 
iP'nfiftVJy^Weil égoïste, du païen. se 'ç,}mm\m)i^(%m 

\ÛWM^^^'-^f^ ^° ^'S^'" b»»Wp^'^fi»^M<l è 93061^010 

-çfenr/Pf'P?^®* apQlÇgIfi?. .app^rt^pfli^^p.^iigd^Mtt^ 

^Uè\(„}iM^^>\?^ opmW^ls.^fJR^Jffri *SJi^,*fl"*è.tedW8«B 

? Wi'iîoW'ftflfl'M ayai,t,eft,. j(?i^ .c^^gçsb^ 4»R6ill^fl*^ 
philosophiques^. Il s'y consacra avec une ardeur que nul 

O-g r.l ^'.Zi w f'i'\ ■ ■■■' ■ l'ii- "" ■ -ivfrttif. I^'. 01 irin'crq rJ ' 

Çr,.?^Aq~r.l<'W.'9P^.^* .QH?4PM(8. eJHf^»it,|çn|!<}rei,;»fi||HWi|in9»c«n«lrtnd0i 

^jpjièmfs^^è«1e. Pholiys, P(»<t. j|6Sî-,. ,, -,1, ..; ,,|„- !,..; m. »'• t'.v • 

'2)i'a;; cum Tryph., c. 2, p. 102. . ,, . .,i „ 



* MOYENS PAR LESlâÙEXS"t'iN'FLUENCE , ETC. 329 




eftfeM«èfit«"pfë'«'hJ ïkHîf6fe6pWë 'lié WMi -HÛWV^ 
thHi)è4iti^i^6ti^'AVeb'lé'édurâg4>ti'anq6itfe-ët'<Jéâ^^?U 

^f^^esifm dlNlit'èlt'iaims de la Science ; exanJitJë2fWc/n^y& 
M«ilm»S ëPn^ve'VIéV» si, iiialgré cet examen ; 1i^>d%'«ài^tlf 
p«tf^9ééHJâd^^f^ds^(ë, il ajoute : «vous pdiirr^f 'li^uH;' 
«WfâifflrfïftiHWiB m ïiôdrrez pas ndus nuîrei^i WJd's^rtfe^'^n- 
^«é>^^cWëtf^^'ââ l'épfoche d'athëisBie,^éi'^|i(^MPfg^i^ 
eroyance à DieaHttafiîi'estë en lésBs-Offlstat'Jt'l'ÉrfiirîSBfJ' 
êe^^mê^sifitAiGimiiii'àûJi Tagués besoitis'éi'âiJk"i)rMp. 
(iUëri>g/!ads fSim\'i\ ^fa)6lbtfe'qiië le chMHîiii)sffie%M^ 
éi^ëS!«^pHMà\rèié8','tet quèirlaëe d'iih' t^l^'iilïlfëf ^ 
i'ièftPqéPîl\Jf^¥ëJfti^r'4''Péspi'h'îdéPhoirtiafe*:'^ 



ai-.' 



smSêhf^SCtbs^mïih iâtt^û'ê^s'%tM Mé^^^iatM^ 

lofj o«p liJobiG 900 :)'j/f. f.n'.-.v.) , f II ^a'jupitlqoaolidq 







{iitôi}t$a't6$ qualHéft qui le rendenti sm\ ddotMû ;istHdQDb 
les fttnfleireurs laissent les païens invoquer eB^'lifaco^^ /des 
é^estdoDt ^n ne raconte que àes vioes ,.poiirtiiioifi|ufiEsséiitf 
44sJ6S chrétiens qui adorent on Dieu ^aîaCi<e^ ^^untUfeoY^na 
quiètes phitosi^phes, si vous savez que Ies!id0ie&lfàil£6iite 
nain .d'hofume sont vaines, pourquoi nousiiooDjèiiiiniQDjS» 
dftoas tes pejeiotis pour nous élever au vrai'DieniqÉr)èsld^£s{- 
«prii! iovifiible et.infini?» Justin représeiiteen'oelimtaDiihrsè- 
iîâflisbie ooomie TaccompiisseiBent de ce ^quèiSàcsateoék 
•P(fkl(n[)iayaftent pressenti, et comme laperreetionideiaâmdf 
'iiatei0<ideiigriëe par les stoïciens; si. dQnoontrBotDné^lluteB 
gârdpn^isde la vérité chez les sages, poorcfuoi'SéiiaiasDaiDrk 
^fMiS,iqui possédons cette vérité entière et parfaite? ii«ieHlri*k 
•pas^dans: noire plan de suivre sous ce rapporli l^ai^pBaQnfcâ- 
tiïm de Justin Martyr^ il nous imposte de.&aYiMirueoihHMw^él 
feitivoif l'influence adoucissante de la charité stir4sb xàai^ 
't460S^ afin, d'engager les empereurs à . traiter JaeùfB-àiiaimfc 
^fAusijd'equitié. Les chrétiens, dit-il, n^s^rBnftfpaBBBlàifflp 
^ràgne sternesire , ils ne veulent psus la darainatibn^deanô^ 
Adpdènti«v)9rs le royaume de Dieu; lesJaqeâ'piirBs^iimêfAral- 
tiquent Tamour et qui fuient le péché, peumDinsffpèâsfootreb 
-éanJ^ceita société spirituelle, oiiit'^n ne.d^ai!M|çojbiaqa)jI'on 
^mvKhphijoSif^ptke , a^is où Ton admet les iHettu^éfri, hià fieabmeà, 
.tor>a«(fâaiiè. C!est pour ceiai que ifis xdirélëqqs acrs^ciitaMs 
^oeitteurs duxiii&ires des empereurs î pou tului phbiuifiiibUqob. 
-ifkim \qf& ,^diian t; lettr con t erâio» v frechérchaleiii UeaiiQlaipii^s 
(4^'h ^i^iPi^M^iem mainteiiaal chastè$>ietl irQloiiéte8q oeiix 
^>(|iiii^bei€^i)aissaient rien au-dessus delà tpqssession odasoiâ- 
.tdms^t^s^^i^pelitenien commun leBrfartune^paitrrsdofaigondqs 
tpaufite^t^ioeuxqui se haïssaient , paroe^qu^i]^ s'anafiiitm^ia 
•m|îm)^ ! patrie ni tles mômes lois^ slimentt'QDtiieieux'i,; ^^/aju 
liûUideiteadre>b leurs ennemis leimal p^m Leima);)iii& pnieiit 
(îpoiir duciitfi jchefobettt pai! la perstiasioiRàrle&rsiiieiienja^^ 
^foiu FilejiiS:'d^âmour et ée respect povr l'hamnie^riU^eéD- 



HOTËf^SPÂR LESQUELS «LhMFLUENGE, ETC. 33) 

danineat tesi usttgesibarbapés 4u pag(»msin(e, cdoîmieiiielcri 
cl^x|!)0ffiBMlesieofoi^is/ei de les Imer^aÎBsi'Soitki'il^rniortl, 
ddift'èlaKfif iiHtitiilion raà l'esclavage. Ils sont- paHiieiits lais 
sn^j^orUsnlH^âinjaiiiSS Bàms oolère et se montrent prêts ir ëeèî- 
'viîrMtttiltf ihdnde»^ par l'exempte de ce dévouement, ib tmi 
exei«H(iiéÎQ'Qi>eânflueDce beurease sur beaocoop d^âniôs^ 
4ak^hé^0lfaF dduoeur et de lenr charité a oiiaDgédëj|à''bMi 
4és:fheib«Ê8» violents et t^anniques. Ils se sôumetHeÉt^li 
Ji!k)rdce')élàUiiet s'erasprâsse&t cté payer les tnibiitBfMilsiiiôài- 
<hn£Qk^iilftet vyai ytque Dien seul , mais obëidsenilàil^eiiiflèi- 
aGëufej.'teKresoimaisâani pour chef terrestre ^ et primlDieiiiâe 
dniiKCDDsepverv avec le pouvoir^ la sageëse nécesiaireificuir 
d^ieisél*; Pour teor foi oependant, ils sont pr^isià «a** 
•4rin;)firan$!ictaînte ni des tourm^ts ni de la moPt.'Jus(f|i 
lèjknsiait< «a ipr'emière apologie le tableau des services' mlii- 
-^reoitx de^ nhrëlienë , oà tout était simple et pur,*etoÀtafhal- 
d!erBité-s|Hfitaelle,'symholTsée dans les agapes, était exêveèë 
(parBl6B£(pffrHfldi^ .volontaires que chacun apportait piouïukis 
^|iaoBse^y<l^&r^raIlv!es, les orphelins, les élrafigens^ilesrsQiah 
4aiifâi^|iKa iHiooiat jmkip tous les malheureux aèandoûnébrpak* 
ia-âOMétiétpnéosetj" • ■ - . i '.-viui'iJ 

no LfapdjoglMaidiAthénai^teest également adi»essëëï>Ma^ 
.Amâteii Ort iâoi|UetitdéfeaseBrd4i christianisme feîii,tdqiji»fê 
8Msti»i/.iiB appèfiattx «^tiofests équilablesde l^em^ii^efuti, 
odoptlAjl^ufidq rabdéraMeni^t l'bnmanité. « Les^di^BewsdiîiUih 
3&ifisls)iiH^dftféi vttpnijdoBiposent r£mprre ,' pleines. d^i^Mii^ 
/lion peo^»aotnt boniéyiviveAt^thaoune sisloni/seditdis^îet^le 
inosHle eoiâeir^^pqriADlbidnfoit de votre Bdgessevj^DdlMie 
'^phiiiL jH^ofiardej ;NouB^seuls,' quoique ne faisant pas'^dè^mfa], 
jjioriis]Sûéiin£!a piensj^enlés., pourchassés, tipés^^ >UDiçi»maqt 
•fKirl» qu^ttonSiipoirtooB le nemide.obnëtien$U))')Qlxe}PjeinipB- 
.£eui* slsnqoôèrfi donc )de>la^foiiet de 'la vie de' des ihdnmei, 
peur jingef) a'jl&i Mëiâicet 'Çes' taraitenieDtsf cottuiia aoeqn 
ehrétien tnoore n'a^pu être convaincu^d'Un oriineoréd^i, mais 



U(f)(f 9l>pli$iâit;Ae /d'un prinea<|fii wneiit^ijoaliQâiûUla' fpbtl^ 
sQphie^, ii<$;|Mrétar l'oreille k ces €alofliiiites>Qt'4^(fiûf^imfii^ 
k^Qbrélieiis $an6 les avoir 6olendii«« Alhéttftgtteni^odiifi 
tm^àe pont eux^qae le 4roii commiiin } ito tednéfflUs^iMt^ 
mUï^ t}9i}ae de le«r dfdctrm^ ^% mme\ée\kwin\^ll\iti^ 
mtmib\(m<^\ià\^f^cm9mee» et leuns préetdpb^aiiopmit^ H^ 
rappelle les philosophes , noIaonineDll^letoni^teiif^taïieieo^y 
q^l^mimi'mqmlqfWB «Am ptos. |iur«8v'aitdfa)gA»^â /les 
i44ei-sc]ytr^tieiin0â»v Ji rftppQrie ^s apîfHaD6)<k« poJifDSgdvqfA 
qvlm^^ mur ta itOitité e« rimiodraliié .des. dteltxi 0t)(i|fëdiâiiii 
cKl{e,^i)ir.^fiH^r|e$ daloaioîes réf^odue^ covAra-l^i^ ^mlt^ii^ 
SR(^liP|H()«9ittiJieunohai}teté à la honteuse lieeten defc ttaaMeiifa 
^ fjsigdDtôOfe^ leur arooar fraiernel ï iaibaiti|i^«q}1tfki|iyiMte 
inmi4^^«.ilâOF respeet de l-àne homaiD&.ei' lemfuiîéjthÉi»^ 
1^9 SN^} speetaoles sanglaDis des gladiirteui^rôiïàiguttigyti 
yigr^lQttjd.'o^^paser les enfants noOT^an^néa^MPleJiïiiéeoqfiM 
U^^^m^h iusiice de « l'eœpereor |khik»0t)hfô,9uf)f bkp|àft 
^l({Mr(t(rita;ie^lpriéo^te de Jéâus-Cbriet d'aiÉim«pSGèn$^^ 
éoipilb^l ponr'^efr perfiéeuteara^ il sfédrie ^ntoi&'lclxQeiisgAè 

(|Mè(Mb«fl[cb^i^)l0a> «dngiD0side8< iniità)^^ 
bôfiU(9tjgnes:Ë( les &]fBen;Qie»^iq(iii^n8f!i0ft€|èl (^i|ife<iolôU} 
Wteflf ^^'i(fd»il|'aUr>butf*ttt^qHt,^.|ibridec^a^ dmonife^ 
gdétfiodeiS yfiiirb ie! boDb6Uflt;dè(léafkl«âiidilei9r$^)lpfeiijed8i6è 
pbîUk$ofAfi$itSil setitr^j|Q«Qnteeuarqdiiinqienl'iiiaË)isiex»q»oort 
eb^il j^^^ÉCty i)ve9Bail^$eiile«M(M il»)t}eMb^ 
v^èlUftSt*^ mg'm qniTiisi les 'aim^ isUjJesibéiâsaeiâl iA fbrÎBnft 
@(M»iint9ii:%dbeiib saBgesSeb'esl qud<Jd;anfidéuesil|DpD(ibè;èi&Dp 
^qil!fëib'^to!ifds»i;pas. Ornai tep ndifëlâeiisc; iaxiiefHitraiikio 
^9^ Uwmèdzolea^hr^temes lès plps^bople^^désiDùvreàrsiç 
des femmes, qui , s'ils ne savent pas exposer par des dis- 
cours notre doctrine , la prouvent an moins par leur cod- 
duiie -, il$ ne dècfemént ^ûè\, mm ilsf olfreni rfes Màî^tts ne 



MOYENS PAR LE8Ûllfil.S'L^inFLUËNG£, ETC. SSi 

<!AtlPfftfi(50fnitié'eto*^f»éiiieB.)) Cette pièce remiMrcfqabte s^tior^ 
nfibetfurit» pmèrë 6dres^ h l'emp^eur^ de jeten on régarrf 
btèft^eâlktmi&iitf lés cbtëtieDsqiii sippliem Dieu d« i«i mûîm 
téttii^ le^poQtridtr'ét «dl^ndre son Eiftpim : ttaccoi^z-rU)!:^ 
Aë^ltmaranpqfyilless afi^'q^^' nous ]itti6Biom' VMsobéiitiët 
vôtt»J5w»^|î'dvtec'pliië léijoiei» « 1 1. . i ■•■■i , : . 

^'^k h4Siimé^poçim\ Ya(kteécftftït «m DispourrsijimMaf etSl' 
Aptës^atiiif viéitéi beaneottpi «kfîpQ^siv ëtudïéites>ldié^'^y^ 
Ciflbbi$»|'chem5bé i!» stiges^ ii tàtthènes eMftRottle^H^tlYOUVg 
f^mbvàQ ¥^rem^4e laisof^sûtion ei:<dtetMtiitti6t^lUé,4!tf^' 
âliiPMvt>H4(i^ Imesides cbrétieuset reconnut fo^édléliiftaHii 
^miKi|Uii)as(HiAi«lKkrbafe^»^Pin8 impétaeyx que^JûiSfit ^ 
qUidkéù^m^' sDutent obscur et diffus dans soulaâ^gëV 
iiibti99tt0iâiér(giqueiiiefit les mœurs elles idée& éè sêfs> ebbJ 
MHpof^Mim nipreàM(f6SMs peioe la vaititë d^one^m^tb^loglë 
îséfqdlfne âiid^taMtf)>liiiosopiiîe pleine de €ai]itrddîorïèâf§(iM 
^9op(RffleniaRqpirn!Ééi4 la moràUté séTëre jet) t^éjléiallotiiiâlf^ 
dègineaaBbhâiBite. Ilifait ressonirle eontir|iste>«iiioe|l¥<(hq]^ 
çiiMtè^Mb^diflolpIètt jdè MfiusHChri^^ 
^lréfMll[)ditssspeçla(dtei¥lif)«irqtte; iqiiafldiiidé )]^dt^ 
l^Iosofift^) #épa«^it'isiiir}'Ie9 fnrtieans det l^vâugjtexdoil 
QsAum&ièb dUseu^sl^ iiiiQs.repviaie biJeuf: pr«|»rb)C9«e fAedfff 
(lalsb9ndqIe^i4'irôis)faUw'ikid}gn88<doni) le^ dieds; ëiabaaiiea 
bon^ux^rsrctevr^pqinndiioiiussjniiiqiie ides ùsmtttbio^éH 

ûf&nifap «i teieeniiBdreeidl» héftnires'^dveelep sages ^^liftii^ 
quidé.éiditiqDpiiaiFUDBOciiblB)! les dofiriii^ de^^d^éi «tonfi^ 
enfin; dléiaicst ^eitefituUos qU'à\iuà^eiili!n«flrtihsQiedi^l^ 
oisifià leucriebbs < )tqndffi?qiip -' k ^oondilioB jlexidmilit^ 1^^ 

--t!> >'i!) ni(| •r)^.(U|/'j -^nij in in,- *.ii ^iiV. ^ uq» . aooiniol asi) 
• l'M» !{)>! ui'j >'iii()ifi ni; im'wmm! { i.) muijkiIi oiJoii auJOD 



point fpèr&MDei viDinDtir^d^exotusîofi'dU' roy^me^de'Sfetii la 
foif)8t l'ffiWHir éoant possibles h tous lesibommes: • " - ^ 
-H.Théo|)hfilef conteiRporaiD de Talien , <eet> phis ibcigoèaM 
enecire dans &es attaques contre le pàganiâmeet^lâ-phil^së^ 
pbiek. Il défend avec beaucoup de vigoeihr le'mMtoihéteidê 
d99< chrétiens et leur doctrioe de l'iimnortalitë ^eaAVè lés'(»t^ 
jeottQDs du païen AutolyGus; comme ks^iutresGipolbgMieât^ 
Uiinstsle sur l'immoralité et la fausseté des^divinités^dd'^ 
ijjilhéifime^ Ce qui donne un caractère partJcui>i«[i*ià''$ofi l^HÏJ 
l^tnagev-efitsùnt l«a nombreux extraits d'au teursaudien^^tt^l 
gviit.intenyeuîr pour montrer ce qu'il y a d'^int^erc^U^Hl de 
Qontfadifttoîr&ctieetes philosophes, d'absutde^t dë^s^xÂldfi^ 
teuk chez les poêles, quand ils parlent des Aient, '^\l*^^<^ 
bot*De ipas> ë réfeter les bruits calomnieux répamâu^ ^9<]ë6 
moQursdes chrétiens, il attaqaedirectemeuUa m^tii\(ê^iéMk 
cAmme une source de corruption : Vous nous WfSM^ifA'^i^ 
mtorodoil la communauté des femmes, maïs c^sl PUiétt^^^ë 
pluâ gi'and de vos philosophes, qui renseigt)e,^^ndi^(](6^ 
nous; la: condamnons au moins aussi sévèroiË[<A!^('l}Uë^>v^è^| 
isùus dites que nous mangeons de la cbairt hinR0ài<itefii4ntfib 
t'JSfilndàns^ ^histoire de vos dieux qu^i['liyi>»dhel»éhë^^§ 
esûfnpfesMdetce crime, tandis que- nous.'pfofe^soDSL^c'gi 
flffandut^espeet pour la vie, que uous >n'4ssiis«0nls^a9'lËélM 
aiàx^iooraihats de vos gladiateurs ,'fl6nrd6'i]e>pii:$<dlE^ëitii't^M)Ùâl> 
pUoesidussauig versé; vous pré«€Mliez^*que4K]iùi$i^iâfUtib'fiii^^ 
l^tpeut les. hommes de notreifoisf akaisi'OOudsM^Dbsu^prti }é 
ma^ aussi nos ennemis; vou8:foilttSjdétiAouBid6âiii^blM|ë9^ 
»»tj&.lnmip iohéifisons aux lois^ noug'pridud) p0U)fild£i^«b^d^ 
reurs, nous leur rendons Thonneur qui leur est dû, quoique 
nous n'adorions que Dieu seul. Théophije est .plus fai^ble 
quand,, par des arguments et des caJculs,,Jl, yw^ pr<?^uy.ef 
çflplfi? çepx.qui reprochent au christiaûijsme'^ lUauvewitft^ 
qu.'Jl e&l aiits§i aaoien que le monde. Celle partie de 8(N)«poM 
logie est étrangère ^ notre sujet. •' » « 



MOYENS PAR LESQUBLS L' INFLUENCE, ETC. 33S 

l4^€iuteiimi4ontiQûu&avoD& parlé jm^invmAiéqTÎÊien 
grec; il existe iiiiM» apologie enJaogae kitîitô^ rédigée Sâti^ 
P0Ji impute kM mérue éfKKfue, e- est-à^dire pendaDt Je vëgne 
d0;^Mai[q-À.urèl€ï4'G'«6t le dialogue de Minucius Félix eotre^to 
§hf^â«(>0^vci ei lie païen Géeiii«iis ^ C'est une #éftttalidn 
hShy^i iniÀ$>]babiieet*bieii écrite, de& aceosatioas populaire^» 
ç^NreJeii^bniillsaoisaie. MioQ^ius s'étoni^ qoede» homiiDâa 
ii^ilMUs^ etiPûâéréa poissent ajouter foi à ces bnBite,4éiiieiiH 
û^^^fMpiimiàiA^h vîe^et de la croyano&dps chrétiens ) 'il) 
n^0|v<^ d/aiileurs les repiroebes d'aibéïsiHsietiid^minoratrië 
96 l^nd^ romain lui-même dont il. dépeint yan/iec^unëiviéniild 
âfii^^l;l^^3^^^•^«dulreté ëgoihsteet la mytholc^sifunn^ie^ooi^ 
l^oQtO^tirjs^. Yaincu par les arguaients d'Oeiare,' Oéciliuâ 
adPPfa^ (Q.Ohri^tjanisaie^ Il nous importe peu de sa^rcqr %v led 
^Q^^iil^QftQC^ttteiir&ne sont quedes personnages imaginaoreaj 
fjièv^^lMi^ndns Félix a rattaché son apologie à un faiijréei^ 
SP.Wh'piilS a d'intéressant dans ce dialogue, c'eslqu'ilomB 
^^)^in^àbSÇMi,4^ar, que, pour convertir les païens, itesxhrèi 
t^$ii^/C§(i[|Plaii^ r en grande partie et avec raisom^ surta^voe 
dn^ïi^f<^)^PMvr»u¥. (produits par la foie» iésu&tiQiKigti) Gés 
i^e^of^i^mfih di jnive i antre, pièce ^ empreinte des seodmteGts^ 
les(|4u^.(pUf^»el «pp^i^tenantprobablement k lamémfôéppqee^» 
W^»f>u^^^\9mytKimy,>m langue grecque,,. >soq&>lei)n6i| 
df£MH*^i^^i^SA^^:'^dt)aique l'auteur en soit boûoitui Agiras 
aYj^ drim^Rti^ilai^anjt^dMie^teidtis idoles^ raipitearndheDcUei 
^ §]iiq^rC)be%Qiognèlr;lâ désir d'embrass<3r i'È^tsA^i\ôimi 
l«b|Hré^ntebt<»fi)ilableattianiBiié< de la vie chrétieBBet< ^im 
cbq^nslnûj^ diatiagiianti des attires hommeslni^iftnila^p»» 
Miipioiip Jii)J^O in*)I li ! h -i '. •.. .j' -1 -i <)ii ,>iiïfji 

'Comme, dans^le Catdl. ill. vit. de Jérôme, Min. Félix est cité après 
tértlîïfièU, 'Jlî'i jlinsé (jii'iï lui était postérieur en date/ maié plùsîeurfe 
rail^É^V'^^"^P^^'^^>'^P^^l^ mention de Fronton c6thttie d'^A liÀJlîtn'e' 
viTe|«$ xW&09t*y n^nsfooC ladihettte l'opinion de ceux <|ui 'phfeèDi'CèJK)Uf 
vrage à Tépoque de MarC'Aarèle. i • • _!•. 



336 CHAPITRE II. 

trie) ni par le langage, ni par les institutions politiques. Ils 
jo'habitent pas des cités particulières , ils ne parlent pas de 
laj^^e à part, ils n'ont pas de genre de vie qui leur Boif> 
propre; ils habitent , les uns les cités grecques ^ les autr^ 
dj^s cités étrangères ; dans leur costume et dans leur mmrrvi- 
ture, ils suivent les usages de leurs cçippalriotes , e^ceffan- 
dant ils offrent le spectacle d'une vie extraordinaire et presque 
incroyable. Ils restent dans leurs pajs, mais comme s'ils 
n'y étaient que passagers ; dans la commune, il^, participent 
k tout çomm^ de^ citoyens, et supportent U^t/coqpae s'ils 
ne relaient pas. Dans chaque terre lointaine, ils reirouveat 
une,p%^rie, et chaque patrie terrestre leur e^t^eomme iin 
pays étranger. Ils se marient comme les autrei bommes, 
mais ils n'exposent pas leurs enfants. Ils ont une ta^le coai- 
mune, mais non un lit commun. Ils soqt dansia^^r^mis 
ne vivent pas selon la chair ; ils sont dans te PQi^n^i WM6 
ont leur héritage au ciel. Ils observent les lois ^ï^na^^ 0, 
trioipphent des lois par leur vie. Us aiment ipus )^s.b<mi9ef, 
quoique tous les persécutent; on ne les conaaii paji^, ^Kip 
les condamne; on les tue, mais ils renais^^trà^.)i(ie. 11^ 
^ntpauvres^ et pourtant ilsenrichisseiibeaiiiçQupdtlvotawes; 
jl3 maoauent de tout, et ont abondance de topi. Qf^}^ ^ff^ 
jlejioqfe, et à travers l'opprobrç il^ »rr^v^^,:^ l|i glflir;*. 
I^Cj^ir réputation est déchirée, et OM est forpé .d'^i^tef JiMr 
ji}^tiçe; on je^ poursuit de malédictions et. i(|tifWr^^>3>#^^ 
œ rendant que de bonnes paroles et du te^^i^^/il^ii^ le 
bj^a, etsont.punis comme des aialfaiteurs.^aujiiiUei^^es 
supplices, ils se réjouissent parce qu'ils les traversent pour 
arriver à la vie; Juifs et Grecs les persécutent, et nul de 
lei^rs ennemis ne peut dire pourquoi il les bak: En m mot, 
ce que Tâme est dans le corps , les chrétiens fe sont dans le 
îpqnde. » Plus bas , pour montrer la connexion entre l'aniour 
de Dieu etiPieiui des hommes, l'auteur syoute: «Quand tu 
commenceras à aimer Dieu , tu voudras imiter sa bonté. Ne 



MOYENS PAR LESQUELS L'iNFLUENGE, ETC. 337 

i^étonues pas d'entendre dire qu'un homme puisse devenir 
un imitateur de Dieu ; il le peut , certes , avec le secours dé 
ce Dieu. Le bonheur ne consiste pas à dominer sur ses sem- 
Ijlal^es^ ii être d'une condition supérieure, à posséder des 
richesses et à pouvoir exercer des violences sur les faibles : 
ce B'est pas Ih imiter Dieu , car ce n'est pas en cela que con- 
siste sa grandeur. Mais celui-Ik Fimite^ qui se charge du 
ftfrdeaa de son prochain , qui , s'il est supérieur à quelqu'un , 
ii'e songe qu'à eii tirer parti pour faire du bien à son'înté- 
rieur; celui enfin, qui, en partageant avec lès pâ^rivrès cfe 
que Dieu lui a donné , devient en quelque sorte tétir Pi^\fi- 
dence. C'est alors que tu reconnaîtras que c'est Dieu qui 
gouverne le monde; tu comprendras ses mystères; tu ainie^ 
tns et tt) admireras ceux qui sont punis pour n'avoir pas 
voulu le renier; tu condamneras l'erreur et l'imposture , rt 
ne Craindras plus la mort. » L'auteur termine par cette pen- 
sée qui exprime toute la différence entre le chrisriafaismë ûi 
te'l^ganisme : ta vt^aie sagesse ne saurait être sat^s cft^iité^, 
'«^est hr vie qui doit rendre témoignage de là véHVè déè 
croyances'qu'dn professe. ' ' 

Après le régne de Marc-Aurèle*, l'œuvre de là défense ffà 
chfîstlsinlismé fhl reprise, sous Septîme Sé^ètë , 'pâ(f t er- 
tailièn. L'àpofogîe de ce Père eu un des plaidoyers les plé'il 
éloquenfs et ^tes plus vigoureux en faveur de la retigioh lioti^ 
velle qui, depuis un sfêicle et demi, luttait contre lès erreufi 
et tes pochés *ssfi(*mm«s. Tertullien l'adresse adx gouver- 
neurs des "provinces, après une persécution que, sans d<mte; 

^ Les apologies «dresséesLà Marc-Aurèle par Méiiton, évfgy^.f^-^V^)^ 
et par Claade Apollinaire, évêque d'Hiéropolis, sont pe;^d^çs« Enseb.^ 
Hist. eccl.j l. IV, c. 36, p. U7. 149 etsuiv. — Hieron., Ca^al.ill.vir,j 
c. 24 et 26, p. 93 et 96. — L'apologie de Miltiade, de fa mèmie époque, 
est également perdue. Ëuseb., Hist. eecl,, \. V, c. i7, p. fS3. — BRIért)»., 
c. 39, p. il 3. 

22 



VʧH}è(^]é^ miien les dbnéUena quioe fi^aAt^^Dâ^kr^A^ W^ 
pQifq Jtfur MflD ^ .e(( auxquels (W refuse «in|»îq«i ^Q^mwte<àl 
Vac^it^M plii8.^8kpei9t , la nch^reht^MM mi9^\\^?J(J^ 

ktHte foÎMet leuriicbarilé. leisi{4reiideiiiîii)€»plibhmicM^j9nUiie§i 
(to)^09()l(^>«ooU8ei et d4^4,tetirs7ennew&.le^ 9l)MHf9)eà3iri»6^i 
m'MKjj^MUAis^ipn Je» coti^MaMi^fô^ ÇQ^Bfim^9iim^i$f»m^ 
seMflQiOili^quiciOi^e. le^ eoiitiait: paa^.ee^le.iii^n^^rPMâdQes^ 
le«fM^d^tiQiu&(ioobl€inantp4iet»96s^ aaiRQuIfa-rHIicte pbulj 
iDJA^taj^W d^^.fipBdamaer quelqu'un dooi 0iVB'9((^i*jQibiiiiib 
lasOSb^tSf ^^mkïùe ses prédécesseurs ^. TecOiUMn é0#p»sc^^ij 
s$tipfto)e$l40s^iiiea du paganiai»e^aiu(<.$imrJAc»^d)MfibaéQiiJ 
aw)ieiix4&ii9lants du cirque^ aui^ adi}liène<^{M'tixpQffitîûoi 
. Him\Vfmfilf^\àef^ eofaots, la ^ie put^e. de«tï5bi|«*i0ft399ktei 
rHSiipMifoiMr'Ia'm humaine, leurs soîais-p^bff'hi fdlnîUe^ Idl 
I»il^)id4ftiQPlil^<se font de la3aànlatédu.mmtt^^ âtt^iml 
lt)]|p^ri%pfie^idepfQfessear une religion. iHUei^^^ilaref^ ips^ 
dfbu^t^si lois défenckint de «év^er «in a«UI^Qiêb «liMeqzs 
dfôlRwif), ilifiépond.^ «M)r^eii|0indnA.fMe w% JoisisaoèJfMii 
jV«iâft]^iiaÎ4iqiie>des ieal|))er>QiMrâ plusiaquitai^^i»] l^samte 
JMi^^«é9iM/ées^!<|iii?£|Ui i^lK^^» RooisJiNso9iB(tioni)(dficre»3 

i\^(x|âfcr«eé|(»'^»ii(ïiiioê«a^ 

i\i\i^4fyëm^é^'MrHïi^^fif!»ih ^<qui«d (iieofM)ya«tiplus aubn 
r^y^imuiosioPis i£loaâir/^{^ -îlàiboèfjpei^iDfieiiflis Jlif«2f^s(aâfïi 
t^¥lMftiptf]f9$$ jiiifrep^. fi(H9f»f ^ ^ iPemHiesi^irj jt(»iadai(ieiet»ui 
'l&intKliJ^i^pjfMiqs^ds 4f»f^86t>xuDi^ 
n^fio^yode«[>m]filthas<(»aîeikSite( f)umJi>()tei^ofii eiidaotuoHiiiHsri 
-ïBJnoIo'/ J9 Jn'Hir»'(i i ♦•• <.. j.ji; jinobil') ; ^îj^uoc]*) ^on èJcpoyj 



MOYENS PAR LES^UgÛâ liiHPLUENCE , ETC. 339' 

q^'»i^«i«li^ititiër ratodienM grandeur de Ronife^t^Hêsifiel 
Ém» ^èiiAèiâ'^déiÉMs, cherchant k diviser ti ^ ^kt^m^lm 
likïi&ttmf \mï^4MHe est ce qa'il y a dé j^tus 'bm ,uilé p\m 
é^sw>ïj'd^ï^l*% cbr^uptjei»'; ite sont mépriségel Wvtéft^àDftll 
Akéa déi|iâ^<b\itê )}srr'<es païens eai-méines, taiM^ quê^to^ 
vféJ^ISil^tpet'SOti'Fils sont seuls dignes d'»dûfaffot)'^<in^éé 
Iè9f4inêutèt>(fotiti>le$^^^re^t- lèirrsi adver<aifë<^i C^e^sfiHdil 
qàë'WémiW^ <r€lnt<e4e> iatt!(;Roitaa<tt^' le do«ble>^ep)ioe&€>(d^ 
sU^é/Mtil%)â^'et>rd^'MtHriâ^ en dj^t^fïl qne^, S^lIsrti^iif^iAlftr 
fbS'4ieâM«efiâ;ileuf culte ^i \\& Ifttssent an in()4bfi})ato^i0bili^ 
tMlMl ^llbérfé ^deo)^ée'atftre(Hgi0ndp^ïènneÀt|ê^^ 
dtelfdidielQaitit !iy9!àlile6 pbilosopfaiqnes les' pluë^ eKWtMd<Kiar 
t9tes)a^|4lé)s(tti4(iis' nftoraiit: A ceux qni ac«U9eii^ redaitex^^I 
tîêniBâMe^)meCbmto(y enneniie des eniperenrs«t^<]«'[»l^ 
rOâitâM>Q/H'lrëpoTMl, comme Justin Martyr; qo^^its^if^CcW^ 
inrtiéeQed^Aâ^pdtsenrcomme chef terrestre , qu^ils^lPtldni p(fti)e 
Ifil^dUènlâl Q^ttd<rQ nu culte, qn'ils lui obéi9sleft«<)if|uMqf|^ 
Imtbôé^Q ^^^mine, plus utiles h h pàh-MVWmpiieNfmi 
cHV^fûîct^s^pérsiéouieiit* Pour compléter* son ^a^t$gi% 7 U|l 
exposait» dteéi|dilifè>^>Tted mfaEMi^set \ém\tè dôi ^Bj^^nd)) 
i««;téns»r»ul SUIT l^nmour^des^ chrétiienfifles «udè .pm^fLl^ 
al]ifeB^I|»rcipl[)béV'pouii>la haine jàti^iRsede l)3uriB#iiv(Eafti^l 
cekiàtàb{Èti€àï(ÊÊe^éiËAt'iià sdje(?il0 reprocbe^t'-Mé^'4c($iiiÉi«i 
i(g)Bibiniètfi(tvvii6sa4tMi)n),M][$omine'ils ^ncpràld&nmarii^oteiq 
uésqKMVi to(|aif»esil> iidOdiy 8)é^le-44i >,- ^tm» «f^âsi^ditefi 
»du6 Bofa|i*ftS/fM^e»() earitioirs ^TOns unPèr^i^obitfatPé §i>u}f} 
môma:ie^t^)hodsra<ic4ûduils des téûâbréâ^iPla^bifflièty^'i 
n0O8iaoffiii»9)â(fèsis«^»fft^drès ^piâiree ^uei'^k dlelfftQnaiiWÎi 
ceMkeMirii/ièèiqimfeqiaci^dâS'^^fc ti^s:'{ieM'(tUl^imiltNAlhsr 
iHUBlHimteûbiks mQJj^éUdmQm f ndus^vofi^IfttMei^bofiiUiOâTi 
excepté nos épouses ] chacun apporte librement et volontai- 
repk^^om#;^iid0.y pQHr«o«tagenle&<pfifU¥iP6;a<r)le0^€Rq^e- 
lins, les veu^«s«f lèsTnblades,?ies fvy^gèutNsr^ iès^prïsoiïim^^ 

22. 



34(y CHAPITRE II. 

Nou^ ne somnaes pas impropres aux affaires 6e la vie , car 
oè vivôns-Dous pas avec vous, partageant vos hàbitftfâelâ et 
vos besoins? Nous ne nous retirons pas dans les fbi'Ôts; hbuîs 
nefîiyôns pas la vie, nous usons de tout avec action^' dit 
g^Sices , nous naviguons avec vous , nous somm'és mfifês îà^eë 
vous an forum , dans les camps, ddnâ le coMi[hèrt've';^'1Id#è 
offrons à votre usage nos arts et notre ii^dustriéV J^dii^ Àé 
nous abstenons ^ne de vos spectacles , de Vôgsa<iHïfèêS ,'l*è 
vbs «ïèsôrdrfes , dé vos criihes. Extirper le christtafrrémféj^è*^ 
r^lt le pïus grand dotnrtiage qu'on pût 'causer 1i l-Eitt|in%; 
car Ué (AfrAiéÈrs seuls sont innocents, non p«r èrtï^e'dëè 
hôti}me!$,'iîià{s par respect pour la majesté ^ivit(e.»)!^lïpfi^% 
qtre((î[ues considérations Àur la liberté accordée 'ablél^Ml^ 
sdphés et sur là crédulité des païens, prêts bf ctbifëii Wk\ 
excepté au christianisme , TertuHien rappellte^è lè&'îid^ète- 
sâires eiïgageaient ironiquement les chrftîeti^*îrcëS4è?^fl^ 
plaindre des persécutions, parce qu^eHes'!e^^bkél'feeËî^ffiHft 
îeurs vertus tant vantées de la patience eidopaHôè^dé^^ 
jtirès.'ftÔm, Vécrie-t-il en terminatit, ïidiik ébtkittfW^'pbL 
iteritfe i!t nous aimons k souffrir; nôns^ èèrWés*',' fl^te^'Wtf, 
àss^z iiohibreàx déjk pour nous défentfrè pum^à^eré^^m 
noiis'^^etteëi*^ mails nous avons apprfe^amW^chbsdlf nertrèyfr- 
ttferè'de'cotiîbattre est de trîômjvfier ëif SrfW*to»S«^iJ^ 
"VaiAleus qtie'tioos vainquoiïs \éitt(kmi^éiilii^Whè§m^^ 
%fs%^% éerbeuce de l'É^lirè'^!^»' -'»'N^"^'' m ^'^^i^^'^^ 
"' Nb'r^'ti'ajôuterons rien sur • l'àtJdWgië^ïW^'éWri^tlSWSife 

'\'"«Wmèmes^îéées k pen près sont rei[)h)'di]yk'tfai^''l'èy'âeïl!i! frifë^^rf 

^ffS^fPlf^W ^^ ^èviç^ points, surtout celui qu'il nâ faut pas coijidain- 
ner les clirétieDs sans les avoir entendus , qu'il ne faut /orcer personne 
k accepter une relîgiohi que les cïirétieos^oiit'àè's cnôyêii^ sotithîs*'et 
fidèles'. ' 



MQYENS PAR LESQUELS L'iNFLUENGE, ETC. 341 

opposée par Origàne^ un livre d^ Celse ] car ce gran4 el sar 
vâa^oi^vrage s'occupe de préférence des vérités dogmatiques^ 
dj^f^pèues, contre des objections d'une philosophie assez vul^ 
gfiir^«;iQe.n'e^.qu'en un petit nombre de passages qu'Ori-r . 
g^ V 9»iii(ant pas k pas son adversaire, est amené à dire 
^.Riot.d^ifiiestions pratiques, surtout de l'égalité dans 
l'(ÉglJA«, e^^e les différentes classes de la société* l^e t^l 
i^vr^g^ apologétique de Lactance , les sept livres. 4! Vp^'^.^ 
ciQip tc^ l^s g^nUls , ainsi que la Cité de l)ieu d'Â^g^tjp^ 
sçfl^i^iiide^Qr;» dépare cadre 5 ih ^f\f^tt\fm^i ^.(J^s.fjB^pj^ 
ià, L'jyÂSS ^ «î^F»^^ J<sié 4^k,4es ra^îi^es pro/ofl(fe^,4^ ^o^l 
f^9(n, eiMççail une influence générale (r9p^y^siblç,,j\9,v.f 
ijfl'iflj^ pji)^,.aiyK^jurd'hui la contester. Nous avons dû noM? ,^fr 
^^r 9M)3}i9PPlogies,du de^uxième siècle, parce qu'alor^J.'É; 
^!t^4y^\ ^JSi^çore opprimée, et qu'au milieu mêmis 4^:f^^^Ç 
^BD^Â99i ^^^ ^^ ^^ ^^ moyen efficace de propager l'in- 
^f^ffi.)^jfi\ïti4^^nisme. Pour défendre la reljgioa flj[)^7 
j(f{ll0^^c^3t pr^qniers apologistes ne se sont pas çaatept^f.^f 
J^BWHfWft^fift(4Pg»«îs» ''s y ont ajouté des {fù(\emiij\^j 
.WftPfft'jifi Ia,.Y^i?.ÇJïré0«nne.opposée aux mœprç.^q J^fj^^p 
fl^^^.,iifr,?^ifmf éj^rottvé par eux -mêmes, .<j[u.el3,^fpji^^p 
4«f^!^S}WrTÇbrisl n'^Rt.pas seulement une doctriifiç j»Q^ijr^jJ|fl- 
i^Sfiimhifm^^'^?^^ toutjuu. nouveau prjnci{jp.(je,,]iJftvîtP 
--^m^him^^^à^Mff^^ <|ps vertus.^ fl^Ç?,.^^- 
senties par l'antiquité, en voyant des homiqes gjiplejs jet 
f*KWêB^'f?(VRf»sçr,W>W^pUté les discipjeg.ds^.^^^s^ en 
voyant les vices combattus avec une énergie bien supérieure 
à ^^M ^^.^^^^Hf^^^Pi^A^^.^omens , les esprits sérieux^^,^^^^^ 
-gé» d^«9Q(aa/Ue» ii'^p.xQ^ude corrompu , oflit,^^ «p'^ Jj;^^^ 
du coniraiste «« tre^ to «ibrale >obcéliennje et 1 celdeodâilanB^ylàiO- 
logîë iet dé'^la pMlbàùphfe: 'Oa n<e peut pss^dffWef 4fuieïites 
apologie^ Uê Justin! Martyr, 'd'Athénagore', de "ïfertttHtetf, 
n'aiejqt étç ji^içs afrec une curiosité sympailjique ^ iresi cer- 
tain pour nous que les sentiments d'humanité expriniiés par 



ltoQ«fi:b)e-*iA ehanté, qaaad in4ilie>ioini:rémlaki«e<^i«9b 

èfcfftiJi] j(t ■ 1 -■■ •■ .; '1. >'il 110 obonèq 

Cette méme>iBfliM!*e9^taitexeKâ6S!niSidffitfa4t«r(leftp(^ 
dicateurs de l'Église. Plus d'un païen , amené par le soup- 
çon ou par le hasard dans les réunions secrèies des premiers 
fidèles, a dû être touché des graves et simples leçons qui 
§fif 'i?y'iftWfi;li^*?P?^^. ^-^^ ff W'Slr^S, e?5pliquîintjiç^,^|^|ye8 
li^/P8r'# M^Çi^ffoiion.de ^9mo^f du Sauv^u;,,^,^ 4lfti<B 
IS^WM k9M^¥:. S'il PP se çflûYerlissai.t P^ç^jjjftftftf^ 
Jm.?"fiP'TftWr?.^**^^«' au mpins il réQéqhisçfifjsijrlIi^f^ 
|p|-ej;^j^,enf|pe Ja vie de ces opprimés et cellie,^ l'^'f^^l 
W§?Hffl''fi^'' devenait peut-être pluséquita^ç,p^,RJli^'/jj(i4j| 
J^^9,,j?.^S fflÇpui's. Plus tard, qua»d |ea„9if)|S(j>^ou^§g,Jg^ 
(j,^gi9,irp,, U.^ Aœbroise, font entendre !pu^?i,y<H|L^lf|flgfigfg^ 
êi^^M -^^^^^^ ^^l'ses , le païen , hab^tu^ ^„^ !à'pS%!>'ï?fiM5 
^rjP^Tjp c^^rme. d'une belle parole,. aççffflf^jyiïfCgjpg 

éfâfà^-^ prédications publiques ; le.PÎ^SJft<i»B'e9f,fi^feI 
âin<ll.ffl^WWai,' que le plaisir esthéJ^vj^^^igpijr^iPâ^f);^ 

IWS^W^^^W}^^^ 'a yoi^ <le Jeurs.Qr3lfiPfS,î,TOalf 'Ir^RMa 
m ^ËfmM^ epfe^idan,t,p,aff)fir i4e Jfl,(i#^t4jfy{fflffq 
5gtffel%'^r^W de. secpprir .le?,,pa>f«rie&n,^U;^i^e}f,^i^ 
l'^<>!m?.(f W fP»«P8i«s c<^n(ytjft,9§;,^^}f^^aj8tfif^q|,d,3^ 

Iff8849ftï#8|>4<>.ct"nes .mora|es 9\i^c\f)^s,Mikê''miS:> 

Utm§mMh f^ à f^p«w!4<r«.^*wa¥«flesâflsiHfii»59i 

piéme raison qui nous a engagé à exclure de notre sujet les 

t ..j ,.'rii- ."■ 1 • -,17 v.il. b l'ii-liiiii". » 'TmO i)ij iO ' 

• Conc. Carthag. 4, can. 84; Maosi/t.-IHl, |J. 958."v<"'^ i" ^mS' 



MOYENS PAR LESQOaXIS^MFLUENGE , ETC. 343 

d€Sri(gKift(lsB<râ(aiirstiddit)ÈK!iii6'^ elle s^àsi éxentéeUlarasitfdè 
période où les dépositaires du pouvoir n'opposaient plâfii ik 

-qoo8 ol 'icq '><ï'»u.(' , n «.i'i u»/ i -.-.'^ . •-/...i 1 •>!) '^'(iif>JiiDib 

?Aoim'S\{\ i'jb f u'u- 'Ç; '' ",:.;., j .1 '»h u iM.,<MÎ mI 'ij-ri no no;> 
. §2. L exemple d^s chrétiens, . ,. , , ., 

«^lK^ftrfé'tfi^'M''ili^clr1bè's'sôi!la1eè'di]''({Hi'lsïla^^^^^ 
i^Ukà ^Ïu4"p'dlssan<è' (jrië'/'aàns' leurs "'<it)fèM '<S^'li'lvfè 
^^lôMiljn'ë',' fér pi^^afatëurs el lès apiJfogJ^^ 8fe«pi 
f^felâ 'à'ii' Wallté iW 'ir'dht"l)âs décrft- séliWniWîitf «Ml 
îfl&P,''V^i âlieb^s' 'd^ 'la s(iciàrchràieDriè'oiil^l^^(6m^]gl 
^FéiSifôf^tfâ4^'^siiii'o«ty'feoiir6rméë â 'f'îmilgè' Ijb'îlV'grîm 
f8lraê«g?Wl«'^*oifs't)(iuVohs eh appeler au téttffignagl'tfà 
^paglëilk-'ttj^d/é^! ià'tttë âé h conduite Ses chVéiïémV- 
c^ffliflf'aiafii'^ âîohtfë'fés Sentiments les plus'rfiVé^^; Ééïî'É 
â^^^gtâifW^'jSlotfàîé secrète qui ajoutàiià'ïà 'ÀxlMlM 
rimÀëT^Sàim éSprMlVoitfs *^t'secs rmcà^MèmMp- 

^màvmwm'mmm db l'âtn-é'; w iPsa^hfHâ 
pîiifi^i'teJ#â'kftt''M 'aiwdsi'ë^J'ît'^h' mHi'éiïifti''i8{' m 

4MAî^mk"km^m%^'àuiî^iJimh' de taWèfflJWJéUP 
C!W4s*NP^Ja'8é«ê(filT'^tigSflyÉ''îi''lti?»:(îëil'ëgf'|)l^<«yi 

dgH)8i^^a^'iftlflBfeti(Si^s ^-ih m'i'tàotiswmo'à ma 
<^feftfe4'Àio*is8^fiK'9^dî (fiiivmt'ëti 'mvibf îliïâKf am 

r@i»i^%S^!!?ft»^i^éJ)^'iii/'IMM6ti^dbfîtJii^(i'6^ 

tf8*^''fa8^4rèi^pî>.'>«btti'avofls^i^i5^toêVliff<M 

cê§'^»^jlafëliiië^Wëb<^l&¥HrteftWll^li*:^ékW%« 

fl^-^ia^l^c^ïmôfë'ii^'^^^i! pfèlk wm^iSsm&^pm 

■Or. odGrœeos, attribuée !i Just. Harl., c- -1 et suiv., p. 1, 
*EpUt. adJHogn^fi, if, |l|233,,^,nKl/ .ix .m., .i ^nriliuM '»no:»> 



âlaismtis ltein|)rfète«eai de ces hdmmds nunwl l;<*M)!»?i 

i^dfuppi ilini AMilfaeiir ; Hs n^^^rgneot, mfiipMHjQf iygpwo^ 

«wiàedoum^. Yeift la mèaie époqm^Qfiien^lf^méAmi^^b 

lèbre, exprime, daos tin écarit sur Bla|i(tai d«<Mi4li#)^)9VJ^ 

rèèier*qii6)iae.faB8àge, la surprise qve liiveaj|6^lj)»«w 4es 

diacrplotéaJësashChrât : «ia plQpâride»'hf)#|ii9e§j,^i|i:^s 

iiii€slpabte»'iilft>siiivre la déMmstraUao logjqiteiddJayéiiité^ 

e0t)fc6SDm/â!itre îosliiill» par des parat^oh^^te^^at dM^fQAg 

eeisiqBiOQtappellecbpétiens n'oBt tîirà lauf rQJ^qHQ]4$i^{i9S%t 

bolesidcbléur Maître. Cependant lils dgi$s6ni<iqipe)4Hf^g{A 

eomiheoceux qui suivent la vérit^bfô {ybilosQp)t)j§.uSJf^ 

sonHDfsjtous témoiifô qu'ils savent «iépriisQr 1^ ni^ÏHiSèJVi^ 

pBDÉtmcertajti sentiment de pudeur îis 4^1; b(H*fif^ 4S¥l4i|Vs 

^ighamels. Il existe parmi eux des bwiitif4>§h4^ f^iM^ê 

qui VÏpendaQl toute leur vie, s'absiieiiuQQtdeJli'^uQipfiifiçiû)^ 

^e; il en est aussi qui , dans leurs efforts afj|c^te(||(^9n]|9 

BÉÉ leurs âfl^es et de vivre honnêles, s^* WÂY^: 9R}lM>^f(it 

éemt le.oéàeren rien aux vrais pbi)Q$Qpbi^fii^.ityi3ËR>W>y§Bl'iJ:^ 

«gaines chrétiennes, pieuses, austère? i- y^i^^»^tè)J'«rf^f»7 

«ion deleurs fils^ les païens s'écrîsrieiiti Qcnfnif^^y^è^qsui^r? 

|ânt de: la mère de Chrysi5^l0ine»;:<ii>;«j)ez,qpfiy^fQî8lftçg,#8 

trouvent parmi.tesxhirélieps^v>ï, LîfTOp«ifauri»MkflbT!i^6fr»£î 

proobail ■> teur /pureté «ôtale . «eli ^^ i4*i!»'it6o«»iSBi§3d§J 

iBoyens^diB>ptopdgande; âxï^^oy^H^tàmi^ ^ibfi[vf^^4t^(tthm 

iimismûM ^uftîde ThypocrisieijprtamWc^^qirJfScteiWB^âup 

it€»iiBidt)deeJsàiaiei|rs d'Aoiii0j[iheist jltq^sifensn^» ^ ^/^b 

mmà àsb fkt^$ animâftea.^uscpaiwiieè utdaiti di^^i^iâi^^ 

vl Vfîijmq ol- ' '■ ■-' , 'M.j>djj ^iilq 'i() ioïjp .^bè. 

u:'q nu %ji.*i .. . - .: i^i^ae. Mji:,6 nu 6 Jioin 

^Apolog,^ c. 39, p. 121. 

'De morte Peregr,, t. II, p. 567. 

^De sententiis politiœ platonicœ, conserv^ da|^«4Wfeàa^^^|«if«^lllc- 

islamica, éd. Fleischer, Leip. 1831 4», p. ^09; ;• ., ti . r \. .) 

*Chrysost., Ad viduam juniorem , c. 2, t. I^ p,.340 l 



MOYENS PAR LESOUl;i.S'L'lNFLUENGE , ETC. 345 

Culte , de ¥épaôâref l'aiblAetiiô^* et cdDâauitaiiisi'In^iDéaiei 
riiAflDei^cd Aé4'«0iH)^r abrétiim. Jusiiii Aé^pnÉiiéÊi^fpsié 
àt^cMIe ei^Heiietd ëU d^lanml q«e, d€^arteiiq)is iifqrà)iq}» 
de '{^âSèOA» {avaient 'dbafagé leurs MQBars'pacleânureiatiMft 
a^cde$^dèi«db^ës<ikl?âyaiifi!eéeDiea>. • -i ; > nlM 
L'eiteaipilèil^la^iitoit de» alivétiens tih^k f agiiBopis^jeffi^ 
eàkre què'dèM^delëu^i^iei.o-âlait u» tëteoigBiigêpsotifèBii 
quMte iDpf ()i^aieflt'â;(4ors'f0rfi!éc«te«rsv et^ 
grîatid moyett de pi^opagaiîdn*et>df1fiflireiiee /Dvdlsfa^iM^dtt^ 
mettre k tout ee q«î étati compaliblcf'ffvëelëui! foi^âlsiiiaged 
ftisàiefft 'f bbëisrsatice t]ueiq«ia«di'M l09soUiimîlidci)reBied 
lé^'s-Ctirittt'i^ mais, loift de'pr^esf^par levioleDoe^oiaiDe 
pi^Hesta^èntiq^'eu aceeiAitat la nion. Us a^allaimn^faHnni 
slifypliéèf Cùmmé d«s fenatiques saisis tl'iia ifauio'eiiiàaoq 
ëiïftW>e| «t fiÉai^diimit leors juges : tranqoilles^iëttnislgaés^ 
Iëtir'^)iàl'Uâ'Jnle'fee:déliieiiiait pas, ils pardoiniaâekiÉii]leiirp 
eKHefai^'eVprtofefit i^kmr eux. Nous 110 oitovotHoquiiib; sèc^ 
eièfllplë :^i^É6it'empereur Maximio , un ekpélîaijû (tedal fila» 
fèètitiëVriôtdiiyé'Paûl , ^t condamnée morlvâr^ièodé tecaë 
T%fr^ k^^«Jlial, il pria^k'liame voJ]$, eoipcâgèiéaduqa^ 
eléuip^}^\é/^'^ plfti^ Dieu de denner^auiitlmMalB mè 
eiistêiiise ^pai^lble , d^ât&ener tes païjpns ^h Mm. duebalol( 
et dé pâlrdDuyr au)ug0!qul avàk'prômiyGéiiomTe^yiifayflDi^ 
ieucëdë^nSort, «î4si iiyiÉ'bù faotirireav qoitdqvflîi^eitoiaiaTq 
i'histbt4eâ^ajdtifô^ quê'nobK 4'âssisliarr<« v^«4(d«£fei«ndj[9«t 
que^dUl^ffibâ^biipjf^tdttfifteiiM^m p^tU Ibld0^ ^smbmp 
de giMs 5 ihmm^ri^^^'c^épi^Mi^ni paét^éltddbdii^aim 
€le9(Qiàtt!;fl^i» fosf>ehréiMmit>te(iripat«aîs0aiii»i')<(tm dak km» 
sés; quoi de plus absurde, disait-on, que de préférer la 
mort h un acte aussi insignifiant que celui de jeter un peu 

^ipo/. 1, c. 16, p. 53. "^ : * '''• 1 •' i*>il":i'.»ri .b'i .ftoiwoUï 
^ Exïseh. y De mûttyr.Ptilèst.^c. 8,pv382'. - ^''■^»> ^ v.k . jèoa/iri^* 



Ç9ft/d9/,,.J)eaMCoup de.pwen^ qe sont ^y^m^ çkfi^99jm'ih 
pf^ç^.ftv.oirm mourir des niafijT^; ^w&Mn»dit)flijftc'j^hiBM 
l^.flriiniHpalepiei)il qu'il a 4lé a«ieiiéawK5lTisii?fli«w1«)|rfffq 
^H*îfSP ?r . pu. s:içprier, : ^ noUre wipbr^ is^Mg V^Pttf«hl99^.feî§ 

ftïlft^g.^iÇp,fi9çMQS iPQrta;.lô^ vôjn^ws, i«wppri^cmtQJW%ii»l 

ggcqBfgrgs^itpas; ks hommes q^iinl^iaqCnasitftirti |^ 
ei^^^(;^^,,^^yMWl se demander 4'Qjili.vftqaii,îMi^^r#iflj«>ift 
f9i(^^à^,^^ri&ev leur vie, et ce qui éifti* plpR Q(Wi|rJîtei#ifej 
fi^Tgq'^ilti^Rrit <1« pagaoïsme, lafo^ce fJai«Mfli^l#tfïgày 
§§Bjû[ngi}f,,(^li>re les persécuteurs-, «a^^ii^^Ju^m^dt^^i 
clï^fi^Hf-sméroes ceUe farce dans la,foî»<jl$,dQyi9iM^(iil»Piaîli6 
ci«fiP?Jl?r.cflW qui en reodaient un- si^mnéiÂm}»^9^^ 
^R^Vif^tk^\^^^^^^ Fasciendant 4«}fi|iE<$MW^-, aèJÎBU 
-o'J /^/ii' Hii" . , . - '.. MU Ml) lîn/il fi'upaoi Jifil 

s^\ ii(!^)«Mtiéd9-<>ppodaietfl éried*%^'(» p»yfl#i» 

etaarhéiqu^M&'prattkioaieiit >d(kb(èU[)iâ>nrvâ Fë(j!i^ué^râ^<(iffi^ 
\ttS)i\imemé rdBt«oâs^ddtaié^i l(^)a'«Meirtli{)<MM< |#ë^^ 
dâuintfr^uUiSiièsitMràmesr^-'^^ 

2^po/. 2, c. 12, p. 96. 

^Apolbg., c. 50, p. 161. — Laclant., Div. instit,^ 1. V, c. 13, l. I, 

*« Morte martyrum religio defatm , ,cu^ljB^tc{ /^de^^,^^çfil^fi^^f^èO' 
^9f'fiin^^y*^^V-f n^frtyd, Viftii per8çcf*t<^ef,s^nty^^p^^^ex(!^^i^fnl' 
tris âui Satyri,\. l\y $ 4dj l. Il, p, iH^, '{,1 ,, vj > l \ v-^^^ ^*^\\ 



MOYENS PAR LEibtJ^jLè't'WFLUENCE, ETC. 347 

iëWkm f h¥^1feV^aifféfferidés'reliêièos«8*;''hi iW^âîlfôl^ttfeK 
iA«btfài(« Hë «étâiënt^eife pdlï^ eux '«es niotlfii d* Wli^J^M 
D^'WeittW^èi^, Iteùriamdar devait embrasâér létirë èniiliWV^ 
Mai]ièè,^étt^!}elf<^p|ye(âY)t à là l'ëèoneitîatioB par le pâi'Hofi'ël 
p»lleâ MèlilMlk- l^ëte^ ces principes', les afrifeîôhë èWë^i 
ltefc^lèKë<feteM1^«ëB«rifé éïivèrs res païeiïs = (Jttd§*iJi/6 iàMi 
}m^^p^rW^^Ék lesquels W^ se trô«^îfnï-av*(îr éliif^.^tëHiî 
tpff/dàis' fe-s^è?A«» Critique , Ôdçii paient des fxTsïtWtf^ fiM^ 

{»ft«<éiéliH8H4i«bîtté» qéfe-^t^yi^'Êtrt plUS*dé/ax''ëhi^ëJal€fifl4 
8lip^teë*8|fà*erfà'5' paVPeffèl' rt^f ^téi^tetax ; toâî^ MéiMWAk 
M É[Atttir^,f|ls'lêSMfiènebt'ff«tjdeïnmenr, ain^^^lslWP?â6 
.fli(«lfti«i^ afeè «éftfUtoëtirs plès é^tiitablbs. Ntfiîè dëVoÔS^ïttbP 
ttft%iô|éli«éWd'tibo^*d'rJnflneûce exercée par IkM^têëë^] 
l^Èg'O^^m^mmnA^i'h Vèpome chrétienne d^titi^irt>âlé!â 
i#^lbuéè(fl^,"la'y|feliettee, l'esprit de paix, ^^M'i^W^m 
âmsië^mmkVpti^ porté k blasphémer Drëy','^etf<âiMi^ 
$dB§(asiQffi^ti0âi«M^'2: Souvent , il est vrai, éllë^él^lmïff:! 
traitée ,>^t(âP»%i^é^<Ëaèâfîe ti'cadse de^ sa M*, tëî MàtV^WJ^at^ 
Jait jusqu'à livrer lui-même sou épouse aux tribunaux^. Ce- 
pendant îjj.^^ya,ij^?ijis?i4q^.fig,$. où, l^buoiilité p^ ^;b^nté de 
la femme adoucissaient les sentiments du mari, rafiermis- 
«»%By«if IiftftSî5}Hf»2ffPa«^ifiti^»«ai<^»t r^gnefildipptedânl la 

^ï)'?Bii*>"^(Pfl ^kimu^Mmm^ ^4^m.^^^)pétiwi6 
W^§ftf !¥î»(fj'ffK)IW*fiU*lf ôlJfljS««^on,ï>ônem êfew6)tWlâlyGaal 
«R^ias^H^fAQ^IlS %|if^t$n^iiauspcisti4«is#$ptos'élaraèb 
de la société romaine. Quiutilius Marcellus, consul avec 
Alexandre Sévère ièlî pfofeonsul d'Afriqo*èv^^flrléIe^lMH^%i 'sa 

J J ,Kï .0 // 1 ^\\\a\\ .y-\ "• ' •' ] cO('' .0 ç.\ào\oqk^ 

^ Comp. Mûnter, Die Christin im keidnischen Hause. Copenhague? fiS^ 

Hiêt. eccl.y 1. 4, c. 17, p. 137. ' * ^' J '« ' ^ '• " ' ^"^^'■^^^^ '''' ''''■ 



34a CHAPltrtBII. ' 

fiËmaieipjfi'atvbU été chrélienRe un mobume&t q«i' (éflkHgae 
àewn ^mmi pbur elle et de soû respeét pour «ses i&MS ëi 
pour!^>fol;fMiïeo lui-même, il n'euifrfo}^ pâë Aânkl 'Phis^ 
criipiiùniùinérMe les formules ebréliennes, «VàM fl'mit^ëvi^ 
ler avec* une grande détfeaiesse celles qtri MV^'tttiV^âp^U 
le pdganisme^ Julia Mamméa , la mèrede' ^i^pereht^qttô 
noiis'vefioiiS'de oommer, poratt avoir été frè^fâv^éA^lë'il4â 
#eligii(m<lelél^j|$i«hri8t; Eusèbe rappeiteufie'rèMinë'kl^é' 
memisnci pieuse ; etl« fit venit^Orîgène à A'olfoofie {k^ttr 's^èf^ 
treienîiî âvedlui ;sur les choses divines^ ; ilest do^e {indbablë 
ifaiiiief^^i eNec}iU am^sph^é'li AlesLandi^Séjli'ère^déB'^^ 
eUdes^(U»po#iiMs plus douces à l'égard de6^€b4>éiièbs.lIliK^ 
près;.;le>télii(HgD&ge deLaotance, Pri^a^ ré(M)«ëâ^^l^ 
eAén'enyet^Vbléria; sa fitte, out été cbrétietinei^^i>cf^*a Aies 
fAitU^dlm'qa'oD doit attribuer la totéraôce m6à4fë&^i^ 
mip^eùf au commeacement de son règne /Oftidë^ <ft»y(i%Éè 
te^éMd'se trouvaient parmi les officiers de sod^ {iâlàiéiël^Aëléefc 
urvnéesl^.' Lorsqu'il eut ordonné la persécotib^v'^^ W^ÉI^ 
itiû^stratB en Tfarace , Bassus , continua é&^^Méiiyë)* ytêk 
-à&^aaisùk les ppocès contre les accusés , pàrëe qite^^ %UAfië 
|Wt2f|^aârteUr(bi^ Il se peut aussi que tés senliÂé^istéA^^ 

fil , nu:iuj î" ' i . , . . .1 .{j'i:> u^iurf^ ab 

'i"3Li*M(Wrtfïlb Ouotmtdéus t ff. M. F:hot^ nathlih\ii^\'Âtk^(iH/ikL 

fiMff(fHi^^<^H^ nastriê ma vi \ t>a m^n^apt^fy^Ul omnihW)^f'mp- 
fjf{»p^.*> ,(^ellç>scriptiofi a été trqiiwée.ijiw^A^jffif^'fiSlfr^hl^Jt^' 
Africa christiana, Brescia 1817, 4*', t. IL p. .91. Le nom de Quûtvultr 
déus est un nom chrelieo. Remarquez aussil absence de 1^ formule Dtu 

2«ruv^ eeoffepEffxaTri.» Euseb., HUt. êcel., l. VI, c. 2^ , p. 223, — 
Des auteurs postérieurs root dite chrétienne. Oros., L VU, c. 48, p. 508. 

^De mort. persecut., c. 15, t. llj p'j20i,^^W\e)Êl\û^tyir^iyàom. 
p. 345, on vénérait à Rome Sétêna, épbusd'deDIbciéifcn \ mes ^b}iî les 
hHtorfeBS»be'ààVeét rien. '-''- -- i • , '• , -'^ v ' 

* Euseb., HUt eccL, \. VIII, c. 1 , p. 392. 

^Ruinart, icra Jfarr, p. 414. - « ■ » • 



MOYENS PAH LE&QUBiS li'lSIFLUENGE , ETC. 3*49 

tiôoa de G9#<sti#(m sdoiiïenjL êure rai^parl^ ^' iSinflwocftfidï) 
s^ gièf^ Héljè^Ci} cjOflMue on ignom Tiépoqu^eidç fai!«ofKverffl6i>* 
d^;iQqt^iPfsiPie^s$^4;M^t peut-être permis d'adinetibiet^iuieH^ 
2LiMéinfûïnd\Jm^^ d^ peiidafii U jeunesse de fionslianiîQqi ^^ 
M l|^Çv^Q*"fe»TOeft^..le iQ^^^ 3on laflaencoadoiiH 

$î^dj|>^iP^a9!i>î3i^MMW^ daâ%l0C( maisons de« pontij^) dji 
fiPgajlifiWS^f )PliV^P|>^ <^5 Jttlie» , il y awt des fffêlpes patewa^ 
dp0>.)^xf?ml^i«9l<iîèrfi^vy i^Dmpfi^ les. dooseat^ud^t^^Qi 
i^r^iflR^^i^'} 1)9^ .1^3 .^^aii^res wmi^s dn nCfiopièmii 
§iàfite)nlp8rWtf%i»Miiet \e» peiMter«flfiM«s du pûfttîifi^/àHiTmd'à 

i|$rei l'util 1 3!^ liUe pieuse ot ioharitable d<»taiittn)f$tt&^aB 
«èM^^B^M^h fiQÛr^t piPir l'amener luî-mêm^àlièTailgilert] 
êoll^ B^tidô l'^p^^oà le cbristian^isnie enl d^s* p^ntisM» 
i*RPS/lfSo^#«§rl^&piH«^l^^^sde la sooiélé, Ié9>:6e»lhwiitf 

àmssW^Sfkh^^^^^^ de la cour. L'eroperepir CkHJsWil^e 
Ùè^^m fi'i^tartoflftiouré de chrétiens, parce f^i'ilcdrai^ièh»!»' 
jgf^ ^Jifc^i>iM.sriiu^.snt celle d^une garde pftteinftî^iïBoiir 
îfflffi}«Pàli«ltf?9WîC^« qm , parmi les offîei^çs.^ If«filmgtd>- 
Jï*fe,Blfl%4flS?§^ ^m^ chrétiens , il le»r orrffOrtiïfci^ttBir 
de choisir entre le retour au paganisme et la destitution ; la 
BtoriÂ4'^ï\.^P«u^«? .^^pt.piîéféré ce dernier j»i;a,,,iiJeur 
«e»dit..kiiir&i4i€'S»^>^^t reAvay» l6$ autres y vÂisfli|i^t|t](eE>D(f»x 
<jm«,*^cwi*^^m> intérêt^ twfmtre, péofvent ttaW'h^àiir^DîttJîy, 
èfetfl^'toltië^ tehb ifeiSb^'feàpà^^^^^ de trahir tiilibiWiirfe^.^^âffi 
les Qfliciers, fideies , jI y avait ce Lucjen dont nous avons éii 
occasion de parler plus haut; par l'exemple de sa^j^g^J 

>;(U' i| ,xf ■> JIV I ^ '"'nO .-^n'i:';.: s' ' • =■ . '•* : -■ .'\]'V)Uo(] aiusJue 89(1 
u?Spz9Wv?\^tti?-..Fft(fri<^* ^r fii'J ^\ P4 Ç< 8, . . . V ,, ^^,.^^ç^ .^^0^ 9(1 E 
. ^.HiF9ft:«iePfl ;^ft7^c^flP^ii«Q3|,.^.^, Pr W7- - ■ ■:• .-. tif.iôaô/ ao ,(5^8 .q 
^Theonas, Ep. adlucianum; dans la BtW. .RI?. rff^éM»rf»*99>K)AV^ 

P-69» , , . : :i f • ^,,^ x.^,V\ ..(lofiKTi 

^Euseb., r«fa Comt,^ I. l, c. 16, p. 41^. . . .^ ...^ . imic^» 



ir^a à,;l,ç//îife.re$piecler de Tempereiw^ ... .. /, ! »... 

^il\çjui;s9,C:e$t. par des esclave» cbi;é(iôna^t40;son^(év(9i||§§] 
des sentiments plus doux. Leur résignation, lenr/f]l^^li^Hi 
^^^,'?mour'Pou^ leurs maîtres païens.i prodQisfiQMHl^$^§H^- 
cj.|[|ies,eG^t3 parails \ ceqx de TépOQse chrékHiew^rf^r ternuijr, 
i^ipf^jrey.fliflpique souvent l'çscl^ve qhrélie», JûA içhgfl^.pftiV] 
sQf^,iqaUra.^i il ja'âmvait pas moins ^ouventquQ sii^\\!i^m\ 
r4jf^ji,a\t,pft«t à j;j»ft«ônce,d« U «ndwi-te.iie^a^ ^^f^vM^ttlifi 
A^^j^îhip .jj>it4i:ie#ii(eflfimu r 8uppoirte»t,saw.piin»*wl«Bn5 
Pl^g^ ^^\^S^,^l se $en*aiït pressés ^e «agiWitfaflftfMB 
âfflgS PfîttfJpiWÇ»^ s^lutt ies esclaves. chréiieBiSf,pf#fijflj^ 
^#i^?W.iWVti*P Pft"'' répandre les idées et J<<^'V^n^s40 |'j^ 
vajigge^.(jfiif?,/es.grande$. maisons, où ilae^tftrft^vq^^ii^t'Xl^ 
npjgy^rs; ?wfcles foocUons de pédagogue^,. il^:s'«tt^e«»i?iî«|j 
av|^fÇjlç5 çpfepts et avec les femmes, les^.r^pdunrili^t^J^ifecyM^ 
cj^fji^i^janisme et au bonheur qu'il p»*oc0re|iel.J.e9i^Q^#i^ 
^^ïtfcRWf Jf^^"* ^«^ l^Ç^ns des précepteurs sm^^\P^^^ 
le^^,efjseigfl?ji^Bt le paganisme ou |auir,doff^§Q^^^gen|j^ 
d;^aç,^j^,^i^,9rîile-, s'ils ^e faisaient dQy;aq^,içgjsn?î^if^ qpjq 

''i^^fiSpM'i^fi ?b2|3te ,imofl^tpiet,dofiw>„fif4* ^# fl/^ «fthj 
''lîM'S^^^lî ^« A>WO^'¥ur«ii 4?,l^(Jft W#%iiffibQ(«PltâbMftnèo 

^'afiÏH^PSKfi?.^.'^^ rend^ÎQnt.^Jç|i«ip?^% ^R«&ei^fiâ%)PiiiaD 
ré^g })|iipJl?ft enclaves de «93 J?FPFM*ttfift-^te-*sMffB8liftJ 
l>^Ç|^;yf|^^^9n.$,'e)cerçail.^(iwij|q«plft^ 

%»l>fflRfiffiHr- fiftrap^'^ » J^ ^M^ ^fiBliffé^ §é8èr^ «9Pt 8»ft8 
^W^M gttf^fffi»P^** DesJiQ|ome$4i^|g^ftfljiByitoeq 

^Theonas, Z. c. 

«Terlull., i^pp/çjgr.j (;. 3, p.,*&.ï . .u.•..,^'M<ï^; ?.r.\T ^n-jm^UrlH- 

*Tertiill._, id^cap., c. 4,. p*«7U , .;. x.-^r, {i.nVl ,sy^x\^ts^ 



MOYENS PAR LESQUELS L^lhFLUENCE , ETC. 3Si' 

par teàt sflh^f^- ëU lêoT «oquëÉiCe Ôtirété '^ohMïfs^'Jbïli^aBy' 
esclaves; nous citerotos Asiërias*, Vêfèqtte WÂ)shi^^è,^'Wi'^^ 
t^liitëâfihiitexîbtirsliâQisttie par un Scythe, esclafved't]*nli^- 
bittritld^Attlïèche. . - î> 

-4ietôHtrà9telie plus frappant peut-être entrela vie pâïterineî' 
ei:i|!in^b<ièi)^él)èf6>fiie, était celui qu'Offrait la conduite de^' 
(jM^li^në'^dey^ldéUl^ co^ltei^ a f égard des malheureux et de^ 
((Mf^i'^ lé^pblens' ontétéétonnés de la dhihié des dhfë- 
liôflé?^^ftV(5r^' tes pauvres defeur communîbh', ïèûr'stiriitlÉé' 
• aifl&lêli^èf^MBtiiîpttfs^grarkle ert les Voyjtofeiéï^wir ië'itiërà^ 
^*teV^'én't*V«^*âr»geiï»5 pôiir<S[Vr fa à(ïtilélé'^Wétf6^ tf^â^aWi 
qtoatt»tegf)rîS i'ëtqfui tto^iîfiêmes poùr^uîVàîéttt^fe'p'é é'ô^^-^' 
vêii 4te<iétarëlietfs de leur haîne Tanatii^ue; Tyek éttattg'ii^* 
p^l^aMVàfelflr-îW dans des Hèox habités pâf dfes Wii^è^^' 
tMfl'ét^i^^^'dllAteiir reçus et trariés comme des flores V'^lalUS!^ 
qtt^^è^lAièfhïlidlâlenr religion. Pachôme qui , datiâ éal'jeii^^ 
riftfe&pikàir4ërvi smis Constantin contre'Maxéiice,''afflVi^ 
u»T«tt*3dfeftf*îWtoe ^llle', où il fut étonné de vôir'rééhâWiatil^^' 
v«^fnââ'^y0&HstVlé^ ti^dupés'épuisées par hhmiïséY^'à^-^^ 
pAV ^^^ii^àV^'A^^ gèn^ d'une religion Jiahîéiiliéi^^lélf^ 
q%^)li(lé§làpiM9ît>«ii^ëtièlÈS'v'CUfienx de connâîtrfe'iiité'aflBîP 
trili%^ï •èl»>îfestfip^t>«feibt'*d'Hûéàïifté;'iî ^'etf Wf^rftîH^^è'' 

d§8l^Mëlifcptt(ft»%ëQ$(«é^'rë4«^ghdibtteme»t'daïis^ 
clP*«é«ftë^(>a«flb eêliètB'BftfefeV'i'B^eqtie ttabfiliyi^'îfts^^ 
tAâsBRU»Ç-rt«»^â§ri4'îéS-^i«tf*e rÉtatrgilé.' DinS'IB É^,' 
ifll«flftfl<œ§î8feft(oWWl^ ^tf iWlWtttàit ()as loiitydi^fehfêïléè'i ' 
s«ffi?i|8scpëfi§%*H}flâC^âlié1aite part ^ àHiW3agi'-*^e%'^ 
pa»it»àfte»g^«ëi^ti^ll^2:'ïfbUs avons paHé^éV^â M^^^i"-'' 
sonniers perses rachetés par un évéquequi, à cet effet, avait 

iRibadeneira, Flos sanctorum , Col. 17CR), fol., t. !,^'}^. •'"^''^'^ 
opem ferre.» Terlull , Apolog., c. 42, j^. 1315/ "^ ' " '^ ' ' »» ' 



352 , CHAPITRE 11. ,^,, 

y^nàu ses vases sacrés, h^ cbar^é envers «les paj^ens sQ.ma- 
«ifestait surtout dans les maladies , si redoutée^ dans Taor 
cien monde. Les auteurs chrétiens des premiers siècles r^ff 
j)ortent que beaucoup de païens ont été convertis après ce§ 
maladies mentales, accompagnées d'un délabrement phy- 
sique, qui paraissent avoir été si fréquentç^ daqs cette pé- 
riode de malaise universel. On les attribuait k rinfluenQedp 
démons malfaisants ; pour les guérir, qn avait recours aux 
mages et h leurs amulettes; lorsque, après avoir u^é. en vain 
de leurs formules et de leurs talismai^Si d'aifiant plus ifOr ' 
.puissants que le mal avait son siège dans l'âme , on rencop,- 
trait des chrétiens , ceux-ci parlaient des guérisons miracu*- 
leuses de Jésus-Christ, de la vanité des idoles et de l'imposî- 
ture des poètes, et apprenaient aux malades k s'adrei^er fiu 
Sauveur mort pour les hommes; ce n'e$t qu'auprès à^ \\i^ 
que ces esprits troublés retrouvaient la paix* Ces,guéj;j§qi|p 
de maladies contre lesquelles le paganisme. était ^saas j^p* 
ipède, remplissaient les païens de surprime çt étaient çité/^» 
par les apologistes comme des preuves pif j^sapt^i^ ep fav^i^ 
du christianisme ^ Celui-ci fut glorifié au$s^ par la coodyite 
jdes chrétiens dans les grandes épidémie? ejt dans les .frér 
,q«entes disettes du troisième siècle, t^r^ de la peste dQfCar- 
((ti^e, vers 250, les païens quittèrept. la yille.eq ab4W#^ 
/f^iït, leurs malades; les chrétiens s^f;^i;fp^i (ç^sm^l^^cm^ 
avec la même sollicitude que ceux de leur propre commu- 
nion^. Pendant une famine qui, sons^alûûitii ^désoliât'I^Ar- 
ménie, les chrétieflis firent des distiftottans de seebtorf :aiux 
pauvres, sans distinction de cultev eti sorte que 'b^ucbup 
de païens reconnurent que les chrétiens seuls prouvent leur 

< Just. Mari., Apol. 2, c. 6, p. 93. — Iren., Contra hœr, y I. tl, c. 32, 
p. 166. — Terlull., AdScap.y c. 2, p. 69. — Orîg., c. CeU.^ 1. lïl, 
c. 24; t. I, p. 46i ; il appelle ces états de l'âme des aliénations mentales : 
« exffTGtaeiç xat fxaviai.» 

«Ponti'us, Vita Cypr,^ % 9, in Opp.j p. CXXXIX. 



MOYENS PAR LESQUELS l'iNFLUENCE , ETC. 353 

pitié par des aètes,» s'informèrent d'une religion dont les 
dtètîples sont capables d'un dévouement aussi désintéressé'*. 
Le restaurateur du paganisme, l'empereur Julien , constate 
Vîfaftuefice de celte charité des chrétiens envers les païens 
indigents: «ces impies Galiléens, dit-il avec amertume, 
notirrîssent non-seulement leurs pauvres, mais aussi les 
nôtres en les appelant à leurs agapes; il les attirent, comme 
on attire les enfants, avec des gâteaux 2.» 

Sous les empereurs chrétiens, cette charité envers lès 
païens paraît se refroidir; des voix isolées commencent h 
proclamer la nécessité pour TÉglise de prendre à son toin* 
Foffensive contre ses anciens persécuteurs^; on prend des 
mesures de rigueur, on prononce des condamnations, il y a 
des émeutes populaires contre le paganisme, contre âes 
temples et ses partisans. Mais ces erreurs n'étaient pas con- 
formes aux préceptes de l'Évangile; l'ancien amour trouvait 
encore d*éloquenis interprètes dans la personne des plus 
pieux et des plus célèbres docteurs de l'Église. Hilaire dfe 
Toîtîèrs, en s'adressant a Tempereur Constance, qui persé- 
cutait k la fois les païens et les orthodoxes, s'écrie: «Ce que 
vous avez gagné en dépouillant les temples, en confisquant 
des biens, en frappant des amendes, vous l'imposez h Dîeti*.» 
Ailleurs, le même évéque plaint le malheur de son époque*, 
où Ton croit protéger TÉglise de Christ en appelant à soA 

«Euseb., BUt. #c(Jt, 1. tX, e, 8, p. 357. 
»^E]^» 4^> p. 9$; — Fr^gm» orat.^ in Opp^, p. 557. 

3 P. ex. Firouciiis Malernus, dans son ouvrage De errore profan» rj^iç 
gionutHi dédié à Constance, entre 340 et 350. Il veut que les empe- 
reurs prennent leurs modèles dans l'Ancîen-Testaniettt, et cite suUout 
Deut. Xni, 6-10, pour prouver que le paganisme doit être puni cqnjme 
un iifacinusy)* comme un crime public. On sait qu*eri 353, Constance 
décréta la peine de mort contre ceux qui participaient aux sacrifices. 

* (i...Auro Reipublicœ sanctum Dei oneras, et vel detracta tempUs 
vel publicata edîctis^ vel exacta pœniSy Deoingeris.n Contra Constan- 
tium, c.^o;p. -1245, 

•23 



354 GHAPiiaK 11. 

secours TambitioD et la force; les apôtres n'ont eu d'autres 
auxiliaires que leur foi et la puissance de Dieu, et ils ont 
conquis le monde , tandis que maintenant TÉglise effraie les 
hommes par l'exil, parles cachots, par la mort; elle cbâsse 
les prêtres, elle veut imposer la foi par la forcée Athdiiase^ 
qu'on a surnommé le Père de l'orthodoxie , exprime les 
mêmes sentiments : ceux qui emploient la violence et qui 
contraignent les hommes, prouventqu'ils ne sont rien Éioins 
que vraiment pieux; le Sauveur lui-même se botne ^ dive: 
si quelqu'un veut me suivre, qu'il me suive; il oe s'impose 
k personne; il frappe aux portes et n'entre qu'aulaiit qu^on 
lui ouvre; la vérité. n'est propagée que par la persudsioii ; 
or, la crainte de l'empereur n'est pas de la persuasion ^ .e^ 
frayer l'adversaire par des châtiments, ce n'est pc^sle'doû^ 
venir 2. Chrysostome demande à son tour qu'on ne tpaite 
qu'avec douceur ceux qui n'appartiennent pas a l'Égise, 
qu'on supporte leur erreur sans colère, qu'on tfccbe de)i)^ 
•amener à la foi par l'action toute puissante dela.cbavitéi^^gri 
Von persiste dans les voies de rigueur, son âme aimanïlë^pvé- 
,voit avec efiroi une guerre irréconciliable <)échalnéa sur Ih 
monde^. Sans les protestations de ces Pères, on: aurait <t)ù 
cr0xe que l'esprit de l'Église s'était altéré partout ;;lea seul* 
4l(lieritSjdeâ vrais représentants de la société chi!étientt€i»Qn5 
pnofuivâotque s'il y a eu des persécutions, elles né dm'teot 
être attribuées qu'k des hommes confondantlés intéiâta> de 
Iftjterre avec ceux du ciel ; la charité était loaJQur& e^ixtit^esi 
enoofé la loi suprême du royaume de Dieu. ' > : ^ 

r . '. y.ft>»*ff« ^uxmtium Mediol.^ c. 3 et 4, p. i^Qf^. — AiHeii^ç.,. J|i#fl; 
â'Deus. cognitionem sut docuit potius, quàm^ exigit.n 4cf Ç(msfantiun^ 
Àug\, \.'l,c. 6, p. 12-2i. • 

^Hist, Arianorum ad monachos, $ 67, t. I, P. I, p. 303. 
J,Hç(t(^.^MMat., §3, t, VU, p, 346; -«Oiyàp ôeZ«v4Cip£tv«&tp6T<xov. 

tfilfat., §4, p. 482. 



MOYENS PAR LESQUELS L^INFLUENCE, ETC. 3S5 

§ 4 Part du stoïcisme dans Vinflumce de la churité^: 

'La propagation des sentiments d'humanité et de doocBur 
parles fails que nous avons exposés dans le courant de ce 
^apitre, en d^autres termes rinfluenee de la charité dans la 
société païenne, trouva de bonne heure le terrain prépavé 
-^par Jeistokisme. On a voulu tout attribuer à cette phik»80«- 
phie^ i^omaieon a cherché à tout ramener au cbrisl^nvsma; 
'Oetfont deux opinions extrêmes, contre lesquelle^inousidé*- 
{airopsfious mettre en garde ; il faut fairti sa pari à chft«i|nfe 
:dt)&dôuxdpcirines ; nous observons seulement que nous ie^ 
40ns (faire Ja part de Tinfluenee chrétienne plus large que ne 
Jeofont .plusieurs écrivains qui se sont occupés de Phiistoire 
:dè,eÊtte' période. 

,j>IieislQicisme avait été reçu à Rome avec plus de fa'veur. 
^tieJesâtttres syistèmes philosophiques. Le génie romain, 
iplqsjpvatique que spéculatif, s'en était emparé à cause 4e sa 
p(M|t6e>morûle>; les hommes qui s'étaient gardés à Tabri' de 
kl norroption , avaient tous embrassé cette doctrine (ièrëMeft, 
ilibréjSouB les tyrans, l'orgueil romain s'accommodait fi^i^*^ 
-foiteRiëntd^un système qui lui enseignait à s'étever âU«^P> 
"snsidesiajccidenls extérieurs , à ne se montrer jamaisi'faiblè 
ia»fa>d9 de Finfortune, k éviter tout ce qui pouvait- ironMer 
lé calme deri'àme, le plus précieux trésor du sa^ge. Dfois èè 
ia^ètoRe < n'avait pas de vrai principe moral ,< pds plus ^«é 
ceux de Platon ou d'Arîstote : le stoïcien pouvait s'àbsoônir 
de faire le mal , mais il ne faisait pas encore le bien ; il se 
d^inait às'sez pooir ne pas commettre de violence ehtèrs 
son semblable i maïs iï ne savaii pas se dévouer pour (uî; il 

* Voy/*K ViH«fliaiD, De 'fa -philosophie sto'tque et éu'àhristihuûsme 
dans ie. premier âièole de notre ère; dans les Nouv: Xéi.^ Patv^ iSST^, 
p. 273. w . ' 

23. 



CHAPITRE IF. 



|>;pV:j\îf,^ cfnflïpe» pq Ta dit ,j qu'une vartu négalîvp^ Car, s'il 
|^|l3^^,f^jf,^Q^t.ce qui peul troubler Tâme, i| ftillaU évjtep 
^s&i,/^;Çjflao^iveDQe9ls de l'affection , de la piiié;| d(^ la syni- 
j)^j]ie,;,^,'jl nç iallait janiais se montrer faible^ il ne fallait 
|)3S;,nx)fl,,pius p^rdoqner une offense, attendu que, (Jans le 
sp(^fj(^;rantiquité,rindijlgence et l'oubli clés injures étaient 
^^.i^iij;qij^q^ de.pqçillaniini.té; on ponnalt la maxime du fon- 
jdfjtfi^r,jd,S ^,3W,tje: nj pardon, ni aumône 2. Le stoïcisme 
.ç(^épp|}f|3^i^j|l,^9,i,nsi l|a,n2|tur,e humaine, en niant lés droits 
j(^^;^a,jSeflç^ifJt^ j i\ rendait .ses disciples indifférents au sort 
_d^H^{\|j|^^i;^u^>,d^s pauvres, des opprimés, des esclaves; 
jj)^.jS9,|^)qifp^fl;,à dire à ceux-ci : méprisez tous les accidents 
'fifil^ffSF^!* ^lOYi^z-vous par la pensée au-dessus de vqtre 
.pp^djf^Qf^f,(ie christianisme, qui parlait un laqgage analogue, 
_ff^^9ii|,u^.pas de plus, impossible au stoïcisme: il cpmînan- 
.4îijt,^^,jçqv^ qui étaient moins malheureux ci moin^ çapyres 
^ç^^,(^e^i)b Içurs frères une main secourable. de les aider 
jjff^ Jl^ charité. Le conseil donné par le stoïcisme était une 
j^(^içij(jp,j,ilne. pouvait être suivi généralen^ent qu/epar ceux 
que leur fortune mettait en état de faire abstraclipn de^ mi- 
dî^fift ^^ A^yi? v^ '1 y a eu des exceptions^ elle^ ne font que 
^îCg^fji)q^',,cgttç règle. Une société de stoïcips eût été im- 
9BWîM^'S>jS?T|'' îP^o^"'^'^ a cette phiiqsophie un lien pour 
•mii^M^^'P .|î'^<>V 'Mi, ^.^?j.^ Î9?.W^P.'r.'ç'!^^ n:e<it produit 
.gftj(|é/fr}j^yi^, ç^qrpmç toyp le»^ systèmes^ social 
• -9ïHîi^?io9Bi"?^$î/Ç!^P'^'^:P^^^^8^'*^ d'hojfnmej^ incjifférents et 

Ce système né pouvait donc pas devenir le principe régé- 
îâfiér^t,0ur dii,«DOBde ; il ne pouvait |tr,^n5tft)rjper,pi l'individu, 

'jv\ lul'i'j Aj .qj.i! » -^ j. , ■ . .. . 1 . ^ I.. .r 

* M. Filon , ^jm^re 9ur l'état n^çi[al et rej. de la sçc. rom, {Mém. de 

^«'EXe^fJLOvaç te \k\ elvai, cruYYvw|i.^v Te s^êiv ^«j^tjôsvi.m Diog. Laerl., 
t. VII, c. 1, no 64, l. n, p. 78S. 



MOYENS PAR LESQUELS l'iNFLUENCE , ETC. 357 

ni la société; ne commandant à ses disciples ni rhumiUté 
pour eux-mêmes, ni l'amour et le ^•espe'ct*'jJcrti^*tc)tfs^^ëà 
hommes, il était frappé de la même stéVilîïé m6tdlèft(fe'ièi 
autres doctrines philosophiques anciennes. Béàucô'u'fj''^ 
gens étaient stoïciens en théorie, mais se pernàéttàient; daWfe 
ta pratique, tous les vices: on cehsurail che2i]leslairtres''lëfe 
débauches et les bassesses auxiqnelles, en secret oa en t)tib!i^, 
on se livrait soi-même; on se donnait Taîr Vie faire de gi^aîids 
efforts qui n'aboutissaient a rien ; où i*éssetoïtfta?t', dbmfmétfrt 
Plutarque, a ces enfants qui sautent en t'aii^ p'ôùt^tetotiibef în- 
contînenl sur leurs pieds^ Le stoïcisme , ''en Wli'm'drjVétaït 
devenu qu'un masque pour niieux cuchër la firôfbnde cor- 
Vuption des mœurs. Tandis que Juvérial p6ui*sïiîtyît' dé aés 
satires ces pljjlosophes hypocrites^, un auteur de la même 
époque avouait hautement l'impuissance du système superbfe 
qu'ils affectaient de professer; convaincu que , pour régéhd- 
Ver les hommes, i( faut plus que les prétentions d^Jiie^Vd- 
^Ibnlé orgueilleuse , il raillait les stoïciens sur les nirradéls 
moraux qu'ils attribuaient k leurs doctrines qui, a les éti- 
tendre, deVaienl transformer des bêles sauvages en hé'rôi^bt 
en dieux ^. 

Cepéniiânt nous ne méconnaîtrons pas les services ^dè le 
sloïcîsinè,* pratiqué par des hommes sérieux, a pti'l*éritfffe^^a 
la propag'adon et a Tinfluence de l'Évangile. Il aélë citoWe 
un reteîl (le la conscience humaine, pour la rendfre pfuS a'é- 
cessible' a la lumière nouvelle. Il a facilité, sinon leS* pro- 
grès clu'cbristianisine, du moins l'action des idées tHrt- 
tiennes, par l'austérité de ses maximes, par ses pTrlM!!^, 

'^ Àdv'èrsus ildicos , de tùmmunibus nortoniôti*, c. 'flî,lll) \W)i^v39L ; 

— voy. aussi les premiers chap. de ce traité et quelques chap. de celui De 

stoicorum repugnantiis , t. XIII, p. 337 et suiv. 

2Sal. 2, V. 64. 65; sat. 3, v. ^16 et suiv., p. 37. Ù: ' ' '' 
^Fragm. de absurdis stoicorum opinionibus, attribué 5't*;mï»fiji/e, 

c. 4,t. XIH, p. 406. ' I 



358 efljkPiTRBii. 

qu'il faut s'élever «w-dessos desehoses eîtériewês et oppo- 
ser- à la- daWeur et à la misère le calme d'une âme forte , par 
sdtïiiée enfin de la liberté intérieure, loquetle subsiste )att« 
milieu de Toppression et du despotisme. Il y avait )^ uiȎlaDi> 
vers le spiritualisme , une tendance à la réhabilitalîiMl do^ia>^ 
personnalité humaine, un pressentiment de la vateurindi^^i 
vidueDe de l'àme et de Téquité qui doit être la!belg)e(d«sim-:. 
laiions sociales. Nous n'hésiterons donc pas h «ditiô que te 
stoïcisme a pu concourir h faire accepter plus facitemen^ tosi' 
idées plos humaines , plus charitables du christianisme. bé$i 
anciens apologistes chrétiens l'ont eux-mêmes reootiDU>^>i 
Justin Martyr surtout a su apprécier l'excellence de^doi^'l 
irines morales de cette philosophie*. Il est vrai que eetléldigèl» 
paraît se rapporter à un stoïcisme déjà modifié, piiïtdliquîÈ[n 
celui de Zenon et de ses premiers partisans ; car ce syslèariê'J 
n'est pas toujours resté le même. Tous les hisloriëns bub étél 
frappés de la différence entre le stoïcisme primitif 6liC€ft|ii^ 
du premier et du second siècle après Jésus-ChTfi$tuiA»ptfP(âr^» 
Aè Sénèque, ou pour dire dès maintenant toute notWîJbeiirJ) 
sée,"» partir du séjour de Paul à Rome, ce syèlômbig^qsitï 
él^é'àdés formes plus pures et plus belles^^^n'^ reqoïi^' 
ns^lt^ etnous ne tarderons pas à le voir en détail ^dès^^eài»^' 
mebrs 'étrangers à l'ancienne vertu stoïque, la pitiévleudé^i 
vciHiemeflt' et presque l'humilité. D'où vient ce [ik*ogrè9,^cet'i 
ado«mseà!eilt des idées et des sentiments? Esl-c^'IëtëèiUî*}' 
tafed'^n développement naturel du sloîcîsnie? Celtèr Biërt^tàl^î' 
lance, celte humanité, celte sympathie pour la mis*ère',4^S 
efliM»lsfpo«r arriver au respect de l'individualité el pont irp^i 

, { j'ij';:, ' ..■ .- • ■ r- . '■ A) hi.y.'Ail* 

^ « Kai Toùç àîTO Twv 2toÏ)ccov Se ôoYjxaTwv , etueiotj xàv tov tjOixôv 
XoyoV xofffxtoi YcYOvaffiv... otà to ejAcpuxov tzolvzi ysvsi àv(!;poj7ro)v airsp^uCa 

zya-'kê^oLlrApdt X c. 8, p. 9i. ■" ' " ■' ■-' '■^•- -*'■•'" 

2 M. Troplong, De l'infl. du christ, sur le droit civil des Romains, 
p. 54. — M. Villeraain , o, cil^ , p, 2*74. / v , ■ , ' i' 



MOYENS PAR LESQUBLS l'iNFLUENGE , ETC. 3SQ 

pliquer le <k^t nalurel aux questions sociales, toutes leQSi 
nouyeautés 7 que nous renoarquerous dans les systèmes ide& 
mofalisies ecNDume dans les lois, n'ont-eiks été que le pro^^ 
dull logiqoe du stoïcisiue par ? ail faudrait, dit M. Tmpf-,^ 
l(»tigi. fitire.'violence à toutes les vraisemblances pour atiKi*-. 
buèirià unieiâimplô élaboration de la philosophie stoïcienne ,. 
à un siiBiple: progrès de sa maturité, des principes si nour 
vêHusipoun telles» Non^ ces progrès nous ne les expliquons 
que parijiiûe influence qtie les hommes siibissâjent',lt leur 
ia$(£, malgré eux. On rencontre quelqueroist6ui!das4erratiif|$. 
rocailleux et stériles, des fleurs charmantes, étrangères^ bat, 
bitumes à des climats plus doux ; on se demande avec $Drpntsiei 
d'ottiel tes viennent, et on reconnaît que la semence. Qfi a^tô 
appqrtéoide loin par un vent parti de leui^ terre natale : il. m-, 
e^iainsi des sentiments plus doux qu'on voit éclora au mi* 
lt0U de la- dureté du paganisme. L'orgueil national et pliUo- 
sôpjbique de beaucoup de Romains éclairés s'opposait à un 
exami^p/ impasrtjal d'une doctrine préchée et pratiquer p^r 
deshommesobscurs , appartenant à des classes mépm&ées4, 
Opendant'Ies principes chrétiens, surtout les idées inç^aleSy. 
se ^répandaient insensiblement ; il y a dans le cœur de rh0iDii^0< 
droit q;uelqu6 chose qui ne résiste pas à un amour pn^t à lon^j 
leSjj3a$rifices..i Les philosophes, en subissant rinflt^eAc^i/j^gj 
idé^s 9^uvelles, ne croyaient faire autre chose « ^a^^ (Ifi^l^v 
qu^, tirer les conséquences des données de leu^ -^i^^^miu 
il^ étaient so^s Taciioud'un souffle mystérieux, sans ^ rt^^^j 
cQppte à'Q\\ il. yenait ; une fois le germe de la cl|^jitéjdi^r>l 
pm 4»^ leurs âwes, il se développait à leur iA§iyL|,|itpwi>j 
duisait des fruits dont l'antiquité ne se serait jamais doutée; 
et, comme le dit un écrivain dont nous sommes heu^eux,de 
rappeler les paroles, «le monde païen, dur et corrompu , 
était insensiblement converti à Thumaaité avant, de {,'jè.tre ^. 
. ' , ■ .;...-. I u - 

* M. Troplong, p. 83. — M. ViHemaiû , p. 274. ' '^ - * « 



366 M, ^rcHAiWJfiwm.f '• • -M; 

!D^iQK8ipr>>^»ft jioiisiaaadîer^Qs d^ttQiilnîrJç«i4raoeâ;46ttUe 
mf^fifinm Qhr^liQBMi d'abord ilaas rddouora^QitieAtrdfbiidëQ^ 
g$f^5s<^pi^infMa4^6z k$ pliik^aophes4u)pagam$aiô(,riQt)'tmb 
•^§jM9JdQti4?i^l^ment des iasUiuiiops^ist.d^ilqi^aidièMiii 
fjr§p[^(âtTi^Q .poii$f d« voir le6 -morsflisi^Oiriegfiiidc^^ics ferf 
^&?H>^^ JAdi$i«a4pFi^a&$0tta 41» dii(reipoiM'd^)i^f»e.9iiflé^ 
^kQAÎf^^iat yéivftabltiis^ repré^ptdtiiiatdôM oiAfiU^afiiOQilttii^Ml; 
^a^s^^iloi^lsiM'Ja .su§i^Q Qttviiei) ûo.iyari^aip^ifleT(>tiBlal^ 

cl lî j no^.iij'i t;l ji 01" !'*!«'^>'« 1-; > •")• î*^ i'-*.» •.{'.•«ifnl'l J^ f^ôJôa 
O'nîr.fHido *)l li f'"''vî':'. •' ; ..• r, !i ,«» MH'uri|na oioJfia 
un o'îiii'l JiiM'i !"♦ M' »' • ■ •• " * ■ : - • • • .'iMiiMii-iq/oM iBq 
-i'i «dI ?/)I!mI . i. .' .; . .'n . '» . h-.«f 'J luoq ygGau 

,ri'jid 'jl Jv> , •■ • CHAPITRE M!- «>'• m mo ;offl£1 aneb 

Jt) UJlî)/ /,! '; -- I' il 'lOll'J 9lJn9 ,1CD 

-loz-^OOCi^êS^SSiT DBS IDÉES ET Dfis S6r4ti^«wfr9(j^iltmjtm ^^ 
oviJG^'jfi iHm.' ■ PBIL080PBBSPÀÏISB8.'«M» ^no^^-ob-io gnoi 
oviJoG o'iJO J'''1> "■ ' î' }i'nii;'| ol) oJrfogè J9 

ob oJ£ïI èiio/i; ^^^ • § 4*jé$é«ég*e.i i;// ty)^.^'mi(\i^bb J9 
89l J9 ouji'nij^ -. ■" ' < : ■ . :-î' '». *M4i 0-100119 a9lcngi8 
noii'SiRïan^^lpbi^iiQpbe romain ^hw \ç^t^0QMW»SlVim* 
^ ^l§(p$r^filéirâqgers àlatfi^ep^Qi^^^ilaimM^t.dMaqfMi 
,9SfcMïèa^*Q^IBe^ïd(ei*Plet!s<wipfi^Qïrt|CpIrttet&l|^ïm 
A^i^fmii§i\ ^m^M les: a aijUribHéf kd^i Qràgioâsii^jvfltaéi. 
8Aiya<fty§IP^SîpirM0»<?er;, «s^ayqi^dô teftlrémwjpijteiiWBé- 

qui pourra y jeter une certaine ombre. 

De même que les stoïciens ,= et^eH ééïiéMlbiiyi\iâîiïylo- 
sopbes aùcieii^ , SénèqùéV^ans ses mé$j.audH^^s|iiPjl^^^^ 

V.lï .'\ n t ,Oi:I- q I»' 
<M. Villemain, o. c, p. 277. '^I m -iH ' fi .m^I' 



ÀDOUGissEMepivîfie^rft^ÉEs, etc. 36i 

cKiMD^(^tn6iplijis>hobl6^qu€f le cor^s qo'élle iiâliiiét^V'Gé^tëq^ 

recherche donc ce qui est bon; or/rien ï$%^4 &èri'J|4lfe4TW%(- 
oête^, et l'honnête est ce qui est conforme a la raison , à la 
nature supérieure de Tbomnie. On apprend à te connaître 
par Texpérience et la comparaison ; ce dont on peut faire un 
usage pour le mal , n'est pas un bien en soi : telles les ri- 
chesses , la noblesse, la force corporelle. Le bien est donc 
dans l'âme; on peut dii^é que la vertu elle-même est le bien, 
car, entre chercher sérieusement le bonheur par la vertu et 
se «emmAié)u¥ei»'Vik)l^'a^gCrèr0 de 4lffét^md^î^>liUM«sr ver- 
rons ci-dessous que^^e^Éle verto n'eslpas la vertu négative 
et égoïste de l'ancien stoïcisme , mais qu'elle doit être active 
et désintéressée. Avant «k' 'le ^ofatrer, nous avons hâte de 
signaler encore une autre différence entre Sénèque et les 
«lM(fitilSiâ1i(^ilé«|^>< 6èd^-81 ë0<^^ 
,mfi»'m%,^}^imhièy,^ëit^m)^6i^iie le bot^déPlft^èf ëift f^h 

.|letoycf|]i^ûei|«iu1^ i^ii ^8'tuft)|)ôs8ibté. (Séifèpie p^M^P^^d- 
-toqkéAtiqdié(i«i^'(b^dât^£W!p^$^^e{ltieN^m«w 

(^û&\ihmieià'^i!mmmë'^ im^K l\ amën^^eOfu^^Ht^t 

.rn.'îfiT'» ..<t 1 1 1 '.' \i 'n]o[ \ cnuoq iup 

'iiiimnh-iùi'. kSuilq^Œ^iiu ^'l?'*^"TV".^-f V'^j?: ', ihoiDâfi 89dqo8 

♦Ep. 120, t. IV, p. 419. 

5Ep. 41, t. III, p. 121. : :v^ ^ ■> ..> nfcmolli/ M ^ 



363. CHAPITRE HK 

pi;^qiie,^Pf)i^lôr le seâliment du péehë; il sait que nui n'est 
assez pur pour s'absoudre à son propre triboDal , et qoe si 
09 o$e.$e proclamer innocent , on ne tarde pas à être dëmehU 
p^r sa consciences II en résulte qu'il n'applique pas »»i 
bo^)m^s une mesure trop baute: il ne leor demandé pas^ 
l'ifnpos^ble; l'bomme peut faire des progrès vais- lëbiénv 
auUni que la faiblesse et la caducité die sa naifure to loi per^- 
meUent vmais nulle vertu ne peut atteindre la perfectk)^^. 
Ourdir» peMt-réire qu'il ne cherche en cette idée qu-bpé^b^tt- 
solaljpo facile, quand il voit que ses effort^ pour éli^ vyr*'- 
tMÇ[u^ .lie l^i réussissent pas; cependant cql» ppotiveabssii ' 
qu^ SQP orgueil stoïque est ébranlé, et qu'il entrevoit da^s' 
le„Cj(^ur de l'homme lui-même un obstacle qui TempéèlmiËle^ * 
réaliser Iq bonheur auquel il aspire ; nous ne tardercHis^paiî 'k^^ 
voir combien cela le dispose à l'indulgence. Il sent pdrdôH^l' 
saquent aussi que, pour pousser l'homme a la vertu viUiiijr> 
faut un autre mobile que l'exaltation de la force de lul^^^'^ 
loplé^ aqtrement, pourquoi ferait-il ces fréquents ap(iei$:ji>l4'^ 
loi |de Pieu, à la Providence, à ce qu'il y a dejdivity ^ I 
Tbûipme? C'est par respect, par recounaissauceenivefiiDieii 
qui aime les hommes de bien comme un père aime sesi^eq^- 
faipiM^o que nous devons chercher à lui plaire. Sénègqecvl^it 
à ^Prqv^dquce divine, partout active et à laquelle «rieq n^ûA • 
caolvB vPiSt^ même nos pensées intimes^; si QuelquesHuhà eul 
doutent, à cause des maux qui frappent les bons comme les 
méchants , il leur rappelle que ce qui arrive aux' bons ne sau- 
rait être un niai en soi, que Dieu qui les aime nç p^u| p^af , 
les rendre malheureux, que les souffrances îiQnt (^iça^pr^HvciS 
......... .•..»,': .._.*/ , ■• .• ■ 

^ »Nemo, inquam^ invenitur qui se potsit aàsolvèfe; Bt Afmopenpem 
qui^çiKi^.^e d,icif, re^piciens testemy non eimsoienti(l^>,M ,I>n\irSj L; I, 
c. U, 1. 1. p. 18. . > 

'^De benef., 1. I, c. I, t. II, p. Hl) — ep. W, t. lll,.p. "JCaJ .. ' 
3flc|?,rpv.i(«., c. 2, t. I, p, 223. . . ;/ . .. - 

*Ep. 83,t. m, p. 302. , 



ADOUCISSEMENT DBS IDÉES, ETC. 363 

pour les axercer, pareilles aux ch&iitneotB par le^^utél^ tiD > 
père corrige ses fils*. • 

,QudPt k son idé^ de Dieu lui-même, elle est en^core forf 
vag^evif reçonnail Finfluefice funeste du paganisme et la : 
fs^^s^elé dQ$' dieux immoraux et impuissants '^; il sait même ^ 
qu^ le. dieu des stoïciens est insuffisant, parce que , dit-il i, il 
n'a nj cceur ni fcêtc^, c'est-à-dire qu'il est une froide abstrae- 
lioo^ dénouée de rintelligence et de la bonté qui fotit la tie;; ' 
il parJeiplus. souvent de Dieu que des dieux, il sent cfue ce' ^ 
Dieu jcsA près. de nous, en nous, qu'il ne doit pas être cher^' 
clié^dans/les temples, auprès des idoles, qu'il n'a paâ 6esofn'' 
d^»;(jérémoDies qui entraînent les hommes à la superstition^^' 
eijjue'le Quile le plus pur consiste à croire en lui et à Hmî- 
iet len {faisant du bien^. Mais, sur la nature même de ee Dieu,' ' 
il wate flKî)|ttanl eûtre des opinions diverses. Toutefois , si ses' ' 
aspirations sont encore confuses , s'il n'a pas encore la foi ^ 
sûi>e/dui obrétien, nous sommes loin de dire qu'il a été un 
atliée^^^énèque païen avait peut-être le sentiment de Dieu ' 
p]^^ Yif et plus profond que tel philosophe qui , né dans i-É^' ^ 
gl^e ehvétiâune^ se contente pourtant d'abstractions ontOlo^- ' 
giqueç. - :.' . " " ■'•'' 

jQoelque incertaine que soit encore son idée de Dieu; c est ' 
à Dieu pourtant que Sénèque cherche constamment à iraitsi'^ ^' 
cher rbumaqité et les hommes. Cicéron déjà avait parlé vâ^' ' 

. ' .. . . .'■,.•';!) 

^Deprovid.y ç. 1, t. ï, p. 2^1. . ...i 

^« Quibus hihil aliud actum est^ quàmut pudor hominibus ^peçç(tn(fi . 
demei'eiùry H talet deos credidissent.)) De vità beatà^ c. 26; t. II, p. 108. , 
Voy. aùssî léî» passages du livre De superstitione , conservés dans la Cttè 
de Dieu d'Augustin. Quelques auteurs pensent que ce livre n*est pas de 
Sénèqne; oqtendaDt Tespril et le langage sont les siens. " •$',/» 

* « ...Eit allqiMid 4n éo stoiei dei, Jam video , nec cor, nec ctip^t Bà- ' 
bet.i> Àpocolokyntosis , c. 8, éd. Pankouke, t. II, p. 314. • ! ^ ' ^ ' 
*Ep. 41 et95,|t,*m, p.119. 424. ^ ' ^' 

^Voy. Tait, de M. J. Simon, sur Sénèque, dans la Liberté de \ie)fise)r ^ 
1848,liv .^2. p. 506. ■ ' 



3^ M^i ..,iÇPA?llT^l^.ll|»ïv,-,K..i^ 

flijin^,.jiitfp^ç ja.ïçorale^ Tidée anciewe dp V^ip'élqrgiyjl 
ÇB;^ç^^fe.B?,r son esprit deux Rép^tUqiief,ft..d(3|iftt„|;i>pe,!efit 
gfit^àfi^^t vraimeat chose publiqi^, elltî re^p^pniijs. le,* djeux 
^ jesfhoiniAes ; Ik , ce n est pas à tel pp.tel.QQj^ de la lerre 
4(|§ j^^s ^YQfliségard , ç'q^i pac J« courfi^ mH^ dui ^pjeit q^ue 
5ift^^iïQ6$.i,iiçpq& Jes cwftfi$,dç.oolfeeit45 l/^u.tre.^tJp r^pu- 
j^pi^p.îjfflacm^j^ n(^is aitacba Jifè çiojrt de m\r^ mi^m^eK 
ïftflU Je^ toawp^Éî.Ç(>ot p^riie.jcle la prieoafière, car,taua.des- 
Mftd»fiJg^«Wnt4e,DijQU et sonX les. objets 4ç> m pi^ovl- 
ft^Pfie/2j,A.jC{^i\se de.cetlp. origine^ tans, les borajaftipS)$orU 
.#%uïï«)Séoèqjaeiosisle sur le graod pifinqipe, qHi.çopqenqç 
^jS.er^ég^&'^P ^bez lui, de la persanoalité hunlai{ljle,f(l^ l^^vat* 
J^tfr 4e if homme indépendante de toute condition ex4éjrie|ij'€i. 
Il «regarde les dislinctions sociales coinra§ïPiiod^\le§<par )'Q^^ 
-g9<jil,QtparJ|a violence : « Qu'est-ce en çJBFe|t jqve ce^uV^f^?if 
.^bqv^lM/foinaiq, esclave, affranchi? d^js.^noffls fir^pSj p^f 
d^t^biti^aïQiu par une injurieuse distinction ^>i)Les r^liiçsses 
îiîtïiïliPftyyfet^.pe sont que dçs faits ejftérieurs-, te^iUOjes.ne 
g^i«iPft^iW$i gloiiei l'autre n'est pi: un ,rpall^e^r ,ni ooe 
d*Wte?>»J9U^ les hommes sont capables d^;yerlu§ «Ij^^y^^ip 
m<dmkH' .RWSOOflç; elle ouvre ,les bras à iflus les Jbommes , 
î^ltiteaadsf)t}tiiQ.«5,5 elle les- .appelle, foiija ,. libreç ,i affran^bip^, 
«^^la.V^(r«iois., exilés^ eUeflUfChoipit Roiçidej^préfér^flce la 
f^f^f^ l^ifeï^unej il lui suffit de l'homme nu^.» Ul^fffimne 
<^.BferJuett*f<sm»l{e3it,noble5 I^Ueul cis|vr^irppiût/kbe;flljlè|>re^^ 

-9b 8ob fi .oinai 'li j. ■ i .''\'l - îv •. f.TÎo 

^De Otto sapientis y c. 31, t. Il, p. 116. — Nous nous servons en gé- 
néral (le la traduction de M. Durozoir, collection Pankouke. ^ . 

^Ep. 44, t. [Il, p. n^. . . . ^, 

3Ep.31,l. m, p. lot. , 

-A^m^kMM''^'''^ , c. 1 1 et 13, t. I, p. 130. t33. 
.n.p'^a?nf/..». 1»><^-I8,t. Il, p. 187. 

^Consol. ad^Uelifiafi, c. 12, 1. 1, p. 130. 



ADOUCISSEMENT DES IDÉES, ETC. 36S 

«nul n'est plus noble qu'un autre, s'il n'a Tespril plosérWi^ 
et plus propre à la vertu. Ceux qui exposent dans leurves^ 
libnle les iniages de leurs ancêtres et placent h l'enirc^é "tfè 
le^r demeure une longue série de noms liés entre eux par 
les rameau^ d'un arbre généalogique , sont plus connus que 
nobles.' Le père commun, c'est le monde. Par des degrés 
oûlbi^lllanl^ ou obscurs , chacun de nous remonte à cette orU 
gttiè première. Ne méprisez aucun homme , quoiqtie enféUi^é 
de nottfô'Vftlgâires et peu fa'vorisé de la fortune'. BleW'qtfé 
ilèifas'^f^lre généatogie vous ne rencontrieîî qois'des affitttf- 
éfifëvo^ d^s esclaves, ou des étrangers ;'éfevei^haM^klëtft 
Hmé'&mëS éi tout ce qu'entre eux et voteil>p^ut^élMOlr 
•^0b|eèevfranchisser-le d'un bond : au bout, wm^t^rMmm 
1fi%Él{)réme fiûblésse^» L'homme est ainsi «!tirie-ébose'sJaM- 
éréé,*'^^tfF nè?'doît mépriser et dont nul n'a lé droit d'é^i- 
bÔsleHj^fct^rirtnîe fe.raaUi^e fait de l'esclave , le peuple des gli^ 
ifitttëbi%'\''léiyrâtt''de$es sujets^. Sénèque demandfe'ce reôr 
^e tioUr-^ia^^ftei^ë^nalité humaine, non pour exaltét* 'PdP- 
^^eif^'d^ë ^'irfdividti , mais pour resserrer davanMig^»lt^ntéh 
^éïÀfëii^'^nf^àfnt'à laâoeiëtéune base plu%»fliié.^Ié«â9d''k]K^ 
^Wgîtfe ie^riiliné'fet naturellement égaux V' it'y'a^lrérites 
^HéMrtifc* iAfe'lïatfetft^ spiritùrille,^ itt sont-t^itSi<èén<*îtdy#* 
td^ft»^ Wi ^faWdè eité^.i) Beâlitfë pour liriéôdretél, JÉlléi^'Pb 
rd'dft'fi»ftSd cor|yé,rPihdiVÎl4'« kloîtise cot^^tèti^^^hïètpWîie 
<<!otfè^Sâh8^ikâhckïèW^ i^ttiiaftHbe nous a faitSr8tieifebte^,t*»Vs 
'^ttWW^a^nës"fkMi^W*»6îëh'g^hérâl'*.))' C'e.^^ Utt'jgrârtd /](tég«te 
':'àm4i^ tàéb^^dft^^Uë\ ^cT^^fè^ia^belle leictli^>t^â^âA^Uié^s 
devoirs qu'envers VÊtat; pour Sénèque, l'homme a des de- 

ôji no f'.in)/'i'»^ ^ijofï >iju/ -- Oïl 'j 1! I '■ ..M\>>i\i>i o\\o aCi^ 

iDebenef,,l Hi, c. '2», t. If, p. 194. = ' ' '^ '"' "^^ ^^^'''^•' 

2Ep. 95, t. III, p. 419. ' : KU ql- 

^Deirà, 1. Il, c. 31, t. I, p. 57. ''' ^ ''* '1 '' 

* « Hominem ,' sociale 'atilmhl , cdmrhuhi horio gènîïuht'vtûéft'èolu- 
mut,n Declem,f 1. 1, c, 3, t. Il, p. 7. Lé sociale animai sl eti àitrè sens 
que le îGovTcoXiTtxovd'Arislote. — Kp. 9.^, t. lïT, p. AU. *' ' ' ' 



.366 CHAPITRE I!I. - 

yiiir^ envers tes lammst^ ses seraMables , avec lesqoêlH il vit 
l^Q.sœJété. Cette société, dans sa forme parfaite, n^est'psis 
iréBlisée dans TÉtat romain ; elle n'a pas pour iniiqne$ lofe 
,cçJl68 de Rome; au-dessns du droit écrit, il y a un dWil 
naturel ^ un a droit humain , a devant lequel tous tes honvrtafês 
sont égaux ^ 

Dans celte société, dont chaque membre est « saint ^wc'es!- 
àrr^ire digne de respect et inviolable, la femme acquiert un 
itôle plus digne que dans l'ancien monde païen. Sénèque^un 
p^iofond sentiment des vertus de la femme-, il le nJanif^te 
.pafiSd V:énération filiale pour sa mère Helvia; dans le portrait 
qpt'jil a tracé de cette noble matrone romaine , il expriâjé, 
lî^^^ejc wtant de piété que de délicatesse , des idées qu^oh" tf §- 
itiit.pashabitué à rencontrer dans le paganisme; e'est'cëifottte 
nu prfessentiment de la femme et de la mère cbréli^i^Yk'éé^. 
Par le même respect pour la nature humaine^ •iPddfiofâfiffife 
iqu^la démence pénètre dans la famille pour y remplaèfeî*% 
(Ϋ^e4édela puissance paternelle^-, il blâme sévèfetnéhrléfe 
i^xçèS' auxquels les pères pouvaient se livrer lâous Vê0dtrQ\i 
ilalloi*. Il prévoit que la clémence, en faisant rëgtter'fsi"^fx 
étlie^lponheurdans chaque maison, fondera la paiï et le' btin- 
fe^qrdâijs; l'État, dans la société. La conbordev'le^slip^rt 
tnWHeli,] sont les conditions de rerislënce'sOéîàîë^V^'lfe^ 
jbf)^ai6s< ont besoin les uns des autres, ils ^i ^fëMitiéè'S 
Sî'ea^'aidar^, en un mot , ils se doivent j'am^r-^CTefet^Mh 
nlitftfe. déjà qu'on est disposé h «et a«ii3«i»;'^|testinî^jfé^^ 
la conscience de la parenté originelle entre tous les hommes ; 

î? ^««^VP.Aw<»a^vm.» De benaf.^ \. III, c. 18, ** H, [i.lSTw t*-./fi*^M» 
tonique natura.* De clem., 1. ï, c. ^8, t. Il, p. 25. -''u- j 

^Consol. ad. Welviam, Ulj ip.^i3, f r * - Vxï.M.^^a? 

3i}e c/em., 1. 1, c. 5, t. Il, p. ^0. ■ q lil « i :] 1 

'^Q.q,t ç. 14, p. 22. ' ^ . ' I 

5De ira, 1. !,«. 5; I. Il, c. 31, t. ï, p, 9.571 - ..- . » - . 
^0. c, 1.1, c. 5, p. 9. • >. . . « 



ADOUCISSEMENT DBS IDÉES , ETC. 867 

Tîhacim doîi porter intérêt à son sembhiMe, «ayons toujdttrâ, 
dans le cœur et k la bouche, celte maxime^ je suis honin)e, 
^iHen de ça qui touche l'homme ne m'est étranger^)» Cet 
amour n'est pas uu sentiment stérile , il se traduit par des 
Açl^^* Chez celui qui a le pouvoir suprême, Tamour $emaf> 
nifeste par la clémence et devient ainsi une vertu royale, 
^np imHation de Dieu , la meilleure sauvegarde des rois^. 
jChez les hommes de toute condition , il se montre comme 
.hiQnfai^ance envers les malheureux. Il est vrai, Sénèque^tt 
dsix pauvres de se mettre par l'esprit au-dessas de leurinf- 
)^fg€|ne6^; il parle des avantages philosophiques de l€rpa#- 
^fj^lbé, il pense que le sage ne saurait manquer ^ de Hèd, 
.qq|a,vec du contentement, la pauvreté est.plalèt vti b\m 
.f}j[)|lin .maH^ On pensera peut-être qu'il lui a été facile de 
p^rJjÇfî aiiKii^i ^ à lui qui possédait des richesses tellement con- 
r^^^blea qu'elles étaient pour ses adversaires un sujet d'ac^ 
^(fuç^^tion contre lui^. Mais il s'est justifié en disant que -la 
^,<^s^miQn des richesses n'est pas un empêchement 'à la ptih- 
^qsçipbie , pourvu qu'elles ne soient ni souillées de sang ^ 'tin 
;EK^i9e^,par l'injustice ou par une sordide cupidité^; Ihk 
i]ElitimÎQU^ eqopre ; il a ajouté à cette justification defe itot*-^ 
jtpuie.Jes conseils les plus sages sur le meilleur empl<^i qiv^A 
/apt en, faille. L'homme riche, s'il veut être digne de posséder 
^Cj^ J^j^n^^ d(ût exercer la bienfaisance, avecsagesseisani 
lAout^^^urqiUbe fie ne smt pas une prodigalité inutile' et ^rûi^ 
fve\i$fibjn^9;sans.diâti«etioB : <cll doianera) soit aux gens'de 

Ep. 95, t. m, p. 424. 
.^Voy. touille Ijeatt traité De clementià^ adré^é à Nêi^f»; i.'H; ()! 2 
el suiv. " . • \...> -V \ »--'^ 

3Dff provid., c. 6, t. l, p. 237. * "^ ' 

4Ep. 2, t. m, p. 6. ' 

5Javen., sat. 10, v. 16, p. 112. — Dio Cassius, 1. 61 , c. 1(y, tl II, 
p. 231 . — Tacit., Ann., 1. XIT, t. 82 et sui?., t. I!, p. 190. 
6jDe mïd beatà, c. 23, t. Il, p. 102. 



39fi .qi[Airirif« 4i4^ 

Imdu ifit^^oMK i}«*Âl'pi)Mri» riBBdre.i^ Sénèqfl^ k$i*^ 
méai»^ iwi-^cipfaraBémeat ^ ces fnnoipes; Juvéml^ i<|iî 
Dért)Mitgnti^as Téloge,^ a loué son «mpntsseiMiriiiàism* 
cilnwMftanmBiaUteixrettx^. - -^ur 

viâeile biettCaiisaoee est uoe imUatH» -de^Dicii;* èAMM) 
bmm^ 1^60 noms eomble de Uealails <, U las-oMoH^Mit 
peéTér^fiia am Bnéobatiis camme aai bcnra, Ji< «W; qvfc 
àmfeitf éirsa.^rovideoce comme à ceux qMt.âYfiooU^nU Sh^ 
\tsfût\iàf9olei\ 4»our les fioétérat» v ei 4a «nier «fc owartomiil 

derlmife ^là^!«i»iantâ, les dieuicne CûssdiiiidfaoûaUfq^ 
kirrsi Jfecrfoîfis leéliK qui révoquect ea doutefleuv «nsteott) 
d feiÉpi opponlm», ils yersent les pJuies suria terilîiqwiA^ 
SQofflfiîddftVeBls 5 ils mettent en mouvemeotiiesniBersi^MilË 
QDiirs;iégali«rd6&asAres, Hs indiquenl eeiuî. dDs^èdiresYiiib 
adooeiasent» et ThWer et Tété par le peloi]niden«eal$ip)B8 
dobifvpaîâibles ei propices^ ils tolèrent HeDrevr^deaoeàprilq 

f/iItednoip)it«r Dieu , il faut done que ramoor deaifaoïAmM 
neceisitolpad à rrétaA de sentiment; H fanât ieadna k(|nÉitt«t» 
dkarts^évimMiPef iecbemin au voyagdi]Piié(|^t&i)(iqrtoci|f) 
amtpiiiiiaavec oeltii qui a feiixif ilf squIauAei^riîerrlecbifiidloii 
vie, il Taut être en action ^ ti^ailier^ato Uf o^faiWbiotadsiif] 
tUhqhaeîtn'eiiiptniGulMr ; MtMi Ainihdu^bfteDf^fllamiiqiiUbe 
^é'UiQMOill/brtomme'liiM^CQibaiâèfi^û^^ 

2Sat. 5, V. ^Od 'U slii?;; p-. OfK - ' - ^ * ^^ » ^^^ <'.v/.'> ï»m\ «>n(i\«)»iv\ 
3Z)é ôtfnffA, 1. IV, c. 26, t. II; p. 247."-! CbniiV. Albùhl V,^«? «^^^^ 

»*zj(«'w^'if;vi:'^w; é; 81^ t.' H, pv to5y '-^ . î^'»^'- 'A-^ »^^ ^'•> »*^'A - 

rfft,t..**,»Uflri;p'.JÎ4; ' ' 'TL ., Il I •' .> 1/ I \.. 

9U0 adultimuni^kcB'fiketk W^^àcWetifAus \^^HiM '^ti^ie^WcoWi'Mni 
bono operamdare, adjuvare ainguîo^-', opeÀ^fèrii etiA^\nHIÊfèUy%iti 



ADOUCISSEMfeNt WB* "tUÈES , ETC . 369' 

fëir^ ^nm 'iiiilfté'demèÉte^partV ^^ car qm pcrnmom^mnmm 
kH^éûArti^ï'^^iioi]» devons esepcer la bien£ifèaiM«tsMM<^é4i 
siter, sans demander d'abord si le secours i«e ser^ pas pèrém 
ptotaéire; pàt«l]ii<^m«i)Tais usage, et sitftosi sans extiftsder 
$fftsén^biMimtï^ ntt ppdfii po«r mus ; ritiFgratitué^ iiiêiiie^Mi( 
èBft(iM'iK)tisdédoobger^ L'important dans le^l»eiifeiitir>%st| 
(M Ûai3s)(}aiqoVd«t'&«^*oti donné ^ on paune'<iiÉitei**mi> 
iifiittâllkyn(^> teti^'teidébiV dé^secouHr.; dand ip^biisiavallaiml 
4«linv^léuibigii^';((Meiii|Êi8ifém , jeiée h tin^iiislbtsrr^èrJéniq 
flléiitMr^Dfdlirèlév'ti'estip)i9 «h bienfigriitéf^iliâÉt^.^Mhsib 
fam^niiie» f seins) 0£èeiiial«Hi ^ sfim hiimUter ^eHluofàiëW^ 
çfcrnrplito^^iïf^: a<Le$ biëlïfaHsqui viantteoqçfi aîteo) te 
&(iU4sse';'id^fl^»idigenc&, OR qui préviennent te^îtéshbmiëarf 
Aîi^eotiéiiteaaiticôiHté» en silence et n'être contiusclui^'cleiCBUiD 
iiafqiitosvnlhirilesi. Quelquefois même une cc^taioeiimaciete 
plnpee'efainnrsioelbi qu'on assiste , les secoufkldôhiâptdQi) 
arriver sans qu'il connaisse la main du bienfehè«r?Q)|'jGeURp 
UonitaiHliKd) aotive^i oniverselley dësiotéreésée^^ipeatioSIre 
ettnjàupst Dobtiiè Mande, même par cem qhe \Bu^tùib%û(i 

éèoiaitfllaofet»hé')00ifôin^ip)ué que^ leuridevioirv^c^esftiiiqlte 
pat«ta;l0iriUdtflr]ea)nH6s'}eib(aveji^*'' > n , :nvj Uiù ii ^ oi/ 
drfitiifirtei«hipQ^gd)dieiSiélièqim , onipciitniqie^rDiMdpriiitt 
cMéQiiinie'ii^ «filérîcbnhivd&vpkié piiornteè inialbcMEini'èlf 
l(Maiffli^és^^âiDiifim«û0[fâst1(idi4»^ 

manu,% De otio sap., c. 28, t. Il, p. H4. — a Ubicunquf^f^fnw fsf ,^ibi 
bénéficia loeus est.n De vità beata , c. ^4> U ^i^^f> 19%0I .y fi .la?*^ 

^De b^et4 IfJjYJfc 5^i<Sbt^lI.~^ftf ^o^i , . ; .., ;/ï .[ ^.^cj^^^^ ^(^f; 

.•2(1 iy on est beneficium^ nisi qj^(^, a,ffOf^àJ)pf^ntfitf[frafici^Çjf^^tfe 
benef., 1. VI, c. 9, t. II, p. 279; ~ 1. I, c. 6; l^ftc?^ ^JR^i,**. .^ 

f^pfi Iuintf.^^.^th<^^:%m 1PPvi'rT(iÎQmpt'tWi^UÏÏMSlM?«itvV ^-^^VnA » ^ 
•v,^*A^<^v)•J,vl^»^<l?t*.•1# ^,î»iiy,.i,fi,-,^,^çi,ftuiiy„ «\.mH^7,,45^^,,^jj^„ i,^ ^,,^ 

24 



370 CHAPITRE ffl. 

mal^ bn lui ferait (ori en s'arréta»i à cette penisée, comme 
'stbïderf , il Veut qu'on résiste aux émotions fortes^aux mou- 
vements instinctifs, excités aussi bien par la Tausse que pai* 
la vraie misère; il ne blâme pas la sympathie, pour'vu que 
l'ânie reste calme et maîtresse d'elle-même; cef'^u'il appelle 
miséricorde, c'est ce que nous appellerions une fausse sen- 
timentalité, facilement émue par TapparenGe extérieure du 
malheur, s'appitoyant sur le triste sort d'un crimiriel Jusle- 
merit coiidamné , et ne faisant rien pour soulager les dou- 
'tëiits stir lesquelles elle pleure. Voici un beau pâsi^age qui 
ékt^liqué la pensée de Sénèque h cet égard : «Le sage 'Se- 
Viheirâ Tés larmes des autres, mais il n'y mêlera pas- li*i 
éreVyfiés.'n' donnera la main aux naufragés, rhospit^litéWi^ 
léxH'éi tet'des secours aux indigents-, non cette aurbéne^'fi>*>- 
ifiiHanie , avec laquelle ceux qui affectent ut^ air def éMi^iJ- 
èfion dégradent et repoussent, tout en les soQflageafi^t'^ Ms 
malheureux dont ils semblent craindre Tapproéhe, Wéis^ie 
que rbomme doit donner à son semblable surle'piàllr?#kMile 
^ébmfniuTi de l'humanité. Il rendra le fils aux'tanMè^iéë sa 
'ihèfrè;*iM%ra tomber ses fers ; il le retirera dé'?*fèfte/5'MI 
'dbtihefa 'fa' sépulture même aux coupables, et'tt'ferà'tc(u*ès 
felé^'cHl&ses avec calme , sans changer dé visage*. AfhàMë Mge 
^^lîé''sèi^ii('pïi$'inisérîcordieux, mais ïlserasecouriabfeVî'i**tt- 
(frà/lséFWie , parce qu'il est né pour arder ^eîs s^talilaWtefe, 
""poiiV cchitî'Fbuer au bien public et pourfen procu(fei*tift*|:)*rt 
'a'éUsIctJriV-if sigi^alera sa bonté même^nvél*i^lés.tbé)ihétt(é, 
^èiti'M i*^pi*imandant et en travaillant à leà^téi^H^ei^'i totfs^il 
'^iroVri^a^f^Tus dé Joie à venir an secours tfe'cefuiqlit ê|*otiveût 
des afiOlictions et des traverses; il s'interposera entre eux et 
leur mauvaise fortune. Quel meilleur usage, eh éîPét , beul- 
Jl^^^f^ire, de ^es richesses ou de son pouvoir, que de reparer 
les injustices du sort? Sans doute,, ^a figjLire ^e s'a{térera 
pas, son âme ne sera pas ébraplée à l'aspect des baillons du 
mendiant , de sa vieillesse décharnée qui se^traine appuyée 



ADOUGISSEUENT DES IDÉES, ETC. 371 

sur un bâtoa. Maisiil obligera tous ceux qui eu sQQt.dign^s, 
et) comme les dieux, il jeUera sur les infortunés uo reig^ril 
(i»Yorctb)e^» 

. S)éBèi)«e élève aiusi le bien au-dessus de Tutile^ il fau^ le 

faice avec uu désintéressement ab$ol-u , par la seule raison 

q»e le bien est le bien. C'est déjà un grand progrès de sa 

morale mv celle de Cicéron; mais il ne s'arrête pas l^^, il 

fait <^e que nul ai^cien a'avait fait : ooio-seulement nous JV 

fiofis \u demander qv'on fasse. du bien aux ennemis mém^i 

,mai^ il.reconA»i(< que Tégoïsme, qui rapport .tout à ^^ 

p)^opr^ intérêts^ ne peut pas être une soqrqe de.« yje.bf^u- 

-rtfus^^» «vive* pour autrui , dit-il , si vousy^ul^E viyrepftfj^ 

^f»j&tmêmes^;)) il trouve un bonheur jusque d^nfi^lqs ^y^i- 

^es.; <^.pQur naus , la v.olupté est d'accomplir des acliçs fip 

bK^i^aqce, même péaibles^ pourvu qu'ils soulagent|,|c;s 

x^fbin^^ 4'^^trui V même périlleux, pooirvu qu'ils arracbç^gt 

ol^^îi^i!#r6s>4i.u danger^ même ruineux, pourvu qu'ils,, (jM^^f- 

•,ppf^V*W$;l>^^ÎK)s et les embarras des au^tres^.)) . , 

,.. .()la.«,ft6'ét9nnera. plus après cela, de le voir ;itaMs§i^.s^^f,wi 

!iautf#',|)|piniten désaccord avec l'esprit antique, ^m, cei\^,^e 

A^ii^^mmà^i du pardon. La société ne pouvait ;5.ul)ç^r 

iSfS^'flsir Ja/paix, .çhaouiH doit. éviter par sa douceur ^f^ ^fgj^jç- 

flir, iiux.attirj^.d^s pçc^siQfls de çplèrei; si la.J)yiç,vçt^,^diçja 

muMi^ Vm?^.^^i caurt açjçordp aux hommes ,t)jQ4ï;^s^.^- 

I ffl^ififlf fc4ft l5^ Jwe^iy^i!(^nç^ „dpit .déjà les, engager ^.f«Mr/(f^ 

.;qW5çe^,4p Ji^inft^t,de,.trp^lfi.S l'intérêt 4e U ^pciétéj^^J^ige 

j^^Whpl"^'iWflA^*«r^^P^WP; «c'est. un saçrilégç.:^ç W^^^ 

:,|a/B^j^i.P^F.W»3éqWût à un concitoyen ; il.^^l^.p^^^fe 

•'■ '• ' ■ 5*1 i '.«'• .«.'■•- ■ -iHiifiifflis ^oh 

^uNec potest qutsquam béate degere, qu% se tantum intuetur, qui 
omnia ad uHîik'afes suas convertit : aîteri vivas oportet , h i>iVtibihi- 
veré.i)Ep.'4l8, t'.'iir;f^.136:' ' -• • •■ ,•• - . )n>n|ni ^y»! 

^Ùèb&néf:,\i}V,i'<ifA^,'Ul\\p.2\6. • ' • ■' ■.. .:.;». lin. ^,,(, 

24. 



372 = OHJtWTrtK IHJ ' • ! ' 

4&'\^^f2M\ei,''q\i9itkA if^Uui e$t sâo^ë, tes partiiesine lei^pet 
pâ»à'ttloitts/'L*homme est donc tenu d^res^eoier l'honlaiôi 
^i'^st^ptmr»luî ttonoftoyen de la grande cité**» Eo'icasid'cfft 
fët)se , 'l'aniiq«iité demandait de rendre le mal 'f)io«p(ei'rntt^:i 
Sé^que, auxontraire, pefi$e que c'est une plus^rgmtte miëève 
dfel foire le mal que de le souffrir; il trouve eKécraUeetîboni* 
lannledésifide nuire à l'ennemi; <(le motde'vengeafieeesi 
\JArum*iïihtîmptiti^.i> Il a écrit un ouvrage spédall ipdur<iiiKiii^ 
trW'cièffiûlbîén'te'Cofèreesteon'iraire à la natafreîhon^itae>ftt 
y^l^Mèrlés^rélèltjes aHégués par ramour^propre'blessé^^ei 
tJài-^iifle philosophie ëgoïsle pour justifier la vengeaftcfe r'itfii 
pii^BéWèfe'cfè^ive ceux qui , comme Arisiote via irviuvetw M4 
turelle à cause du plaisir qui faccotopagne, et qbl etfl^i 
fttl^ëtlth^jlâïit à la vertu , car, dit-il, un tice me stffiirai«'^rc 
otife êlifeilàieion au bien; il est donc bien loin •d^y^'vbîr'^irië 
takrtj^ie de gk*andeur d'âme^. H demande <|'tfava'i'ii!lde'4y(^ 
lf^»iffei**a'un ftiouvement de colère, noue exawirtk)Ws^Wë)t<^ 
tf^fel^illyil^ 'dé notre côté, s'il y a eu intentioh dé»motisilnW^^ 
sf^lcfe'^^l pas nous qui, en nous irritant sans cauç^j^alViéW* 
db^Hëliëb'âu mal , si ce n'est pas par lausste honl^é'^ë^Éfé 
t$yt^Vft*^Élâ'dâns la colère*. Si, après cèlexàte^j'-te'fei^^ 
nPifl^^l^ i^eprocbeà se faire, il ne cberchièra'tféatiubi*» 
^î?a ^e vewger, ilsupportera le9'iiijiiresa\'^'ci(ltoë'; èttèis 
tië^li^tftlérft'^ai'lyt faire du mal ,■ ear^ûl-estîllftreîv'fefri-^d^^tf* 
^fe^f^f^Uéfe'àtlërntesfi.* C'était Ik'^lte' |lyrtoèî|)e'(}e^«%fgtt^M 
SWÏ^flé',^6ëi]fèqueâe hâte de leHiîlIgèi^ pâr4è'«l)n^Wdë»|i^ 
iMÉfiëh;»il'tft>ilMé; dans la con^eWce'tW»ës''prtipW!à'feë«#, ^ 
iîliov .nijid h I • I .. .|, . ■■..• Il u 'H-^rjii'j lAùq 

<0. c, I. 11, c. 31, p. 57. 

^aMiserius est noéèfe quàm lœâi.n Ep. 98,- 1. lll, "p. ^^'^^^ ^l^àiu- 
manum verbum est ultio.ïi De ira, \ ff, 6. iâ, «?. J,' f). 157.^*^ ^' ^^'^ " 
^^Is/jfe iU} k^î;è\'M3 et \^i I. Il, c/82rl-nf;' c:v^V'*- ^S pr^Sv'SS 
57.67. > <'f «I » ' 

*0. c.,1. III, c. 29, t. I,p. 95. »■ 1 >H ' •• M' 

^De constantià sapientis , t. I, p. 279 et suiVl' i '" ' '' J ' 



ADOUGISSEMENfÏ! Hm ilDÉES , ETC. §73 

Je pJud ^rand motif d'iodul^eaoe:: mous s«ro|is p|iifi;(|>rj^|is-)i^ 
pardonnar,' tin ^ngeant-«ombie& de foifi^noMSpvo^ls^f^M/^ 
mélïKjs, J)ô8Diu de pardon^ Ce pardon doiliêHra.siifoèrAi^t 
ctonpk!lt;a(Ulr^mântil n'est plus une fâarqued/ânoour.^/O'i^t^Y 
mMor Héanoigumi de la bonté qu'on ramène \m hofam». 
aiiubi60..ll'eâtâmére&sanl de voir Sénèque reconnaîtra: içpiO 
puJSBanoejde.raniour pour aoi«éliorer les booam&^i^etipoim 
vdJiMreile^ baines^. Dans la. société elle-noém^i; iQaii^,iqili 
<iir?e«ie4!qui pèchent , doivent être coçrig^s.aN^Cî^fttt^e^if,} 
ifkS'jepimlnel^ endurcis doivent seulsétre p»iç|i^,ç^vjàqs^flr;^é^ 
mm. aan* colèce, car la peine, doit êtr^ m f:^iWlW^v»fitj^fif} 
PM wne/venge^ance^: principie essenliell^iwepXi,çAiréf\çft„4fij 
y(f*lpp^ pips. tard par .les Pères de l'ÉglUe- . ,.};..> ^ ..n.,.,,,, 
fniS^èftwe. a^pplique $es idées de parenté €«ire.'J,ç§,ftftntn}flif 
^Ui^^ih^^HeilktyQe universelle, particHli^reipfïm,;^)^^ .^§fy 
/çjte^^,lJli4^>'eloppe d'une manière plus spiriiualiçi^e q^ftdfiç 
fflm(n^t^M^ih^k ,de la servitude et de la lib€ivtflirnp<fq^^| 
.T«fttiMmnîe,(est.diestiné a la liberté, Tâme asi^.iin^in^leij 
mmiiHim\iMkt^^ trwva dans la prison pass?gèriei4v*9FPî?i 
«ri«)nr4o§Ai^>ie peut s'affranchir par rénergie,(|.eJi)ipsBft^) 
<^4i^^si i^ftlî^yQ quîe» se plaisant daps Q^iii^^jpfÂ^m'^fif^^ 
m^émmf^hm^pm^^^^^^^ auxidésirs da )ftj<;^a^*^^»jri% 

gm en(ftft|lp-ïc3/l^.^iégiei<l€!8»ijoMi56ainces sHpriêflB^ Ji'S^^ 
ttl^'*Bc»itufl^iinflig«e.dfi.Vhawfpe5 er^éé. pppi:,,^q%j)f!gg(y^ 
pl)iii^^|Hn|iiQftû.,.pft,ee,^ lijprqi en. sachant &eleyf^K a^îH^^%^ ^ 

^èL^m^llf^i^f^WiA^'W!i^y^m^, en p|^tt^f,^pH'e4)jâft^ 
pale énergie à n'obéir qu'à Dieu , car, (( obéir à Dieu . voilà 

'" ■) M .1 ,.-> .0 » 
.ss,\^e,.vcà^h\hé^..\A\ l..Si C, 34, A, I, p., 18. 60„ ., ^,^.^ ,v,vvyau » ^ 
^De henef,r;A. ^\\ §. U, X I*, p. 334. .... .,. «,v,Av>^ mwwom 

, î?<i><ïw|^e j}œîiœ;.5'efitt4||r^wi^(|n' ^oqf c|(iwvfiP«»( ^«, «^p ^ 1.(^1^, ^<^rI6, 

I. I, p.^9. VO Vg 

4Ep. 74, t. III, p. 247. ,. i , ,<- , iij.i .., 0* 

5Ep. 6'), t. Ilï, p. 196^.. ..M ri. ., \ '. ..>...,».. v..vt>.\/^^-■^ >a- 



374 CHAPITRE m. 

noire liberté*.» C'est à celte liberté que rcsclàve peut s'é- 
lever, parce qu'il est de même nature que le madire*^ iln'èst 
pas ide race inférieure, prédestîné a la servitude, comme 
t'enseignait unanimement l'antiquité, le corps seul e^tserf, 
la meilleure partie de Thomme, l'âme, est émancipiéé^-, tou^l 
ce qui vient d'elle est libre '^. ' ' 

Entré dans cette voie de respect pour h personnalité' hcr- 
maine, Sénèque fait un pas de plus , qui est un autre pro- 
grès sur ses prédécesseurs. On demandait : l*esclavepémt-il 
rendre un bienfait à son maître? celui qui est tioire prtt- 
priëté, dont nous pouvons tout exiger à titre de services qijTi 
nous soit dus, comment pourrait-il aller au delà de sondiè- 
voir et nous faire du bien? Un bienfait est ce qu'on n'é^t ^ 
forcé de faire, ce qu'on peut refuser; or, l'esclave efel^-W fibre 
dé refuser quelque chose k son maître? Les philosophes' li^èh 
étaient pas sûrs, la loi le niait; l'esclave ne ponvaTt il^ai^e 
que son devoir; tout ce qu'il faisait dans l'iiltérét dti lâà'i'fi'ë, 
celui-là avait le droit de l'exiger, sans être tenu à àrièWitife 
reconnaissance. Sénèque répond autrement ; cî-dessûs' rittte 
l'^avons vu revendiquer pour l'esclave le pouvolf 'de ïâli*e 
plùè que son devoir; il dit formellement que céitiî qiiîîcfle 
que rèsclave puisse devenir le bienfaiteur de son *ûafkfe, 
ignore le droit naturel , attendu que le point important n'est 
pas la position sociale de celui qui donne, mais la disposi- 
,f,\QJX, de son âme^. L'esclave conserve sa libre volonté înié- 
vrietti\eç par conséquent , dès qu'il en fait usage pour. içe qui 
h^mi pas strictement exigé, il rend un bienfeitksofiinaitpo^. 
''Oh 'a vtï des esclaves se dévouer pour ieùts maîtres , 'i^àWr 
' ides tourments plutôt que de trahir leurs secrets ; cela n'est-il 

'^ iî)eo parère, libertas est,» De vità beatd , c. 45, t. If. c. 94. — 
rt., c. S, p. 82. — De henef., 1. IH, c. 28, t. !J, p. 195. 
2Dè henéf., 1. IH, c. 20, t. Il, p. 189. 
3Dc henef., 1. III, c. 48, t. II, p. 187. 
**0. c.,c. 21, p. 190. 



ADOUCISSEMENT DES IDÉES, ETC. 375 

pas im bienfait d'autant plus grand «que h servitude même 
n'a pas pu y meltre obstacle*?» D'ailleurs, ce n'est pas Je 
mf^tre qui regoit un bienfait de son esclave , mais un Â(|mme 
d/uq a,utre homme^. On doit toujours traiter ses serviteurs 
avjep buQpianilé et douceur; si Tusage et la loi permettent d^ 
leur imposer les travaux les plus durs et de les nialtraiter 
nj^épai^ç, li^, droit naturel, commun a tous les bomnies,.s'y 
opppse^, L'homme libre n'oubliera pas que ses esclaves sont 
((Jejméme nature que lui, et qu'il est lui-même dans un état 
4ft servitude sur la terre; il vivra avec epx çomnae, il désire 
ê^iTe traité lui-même par ses supérieurs, avec biej[|yeiilance 
eli. estime-, de manière qu'ils le vénèrent plutôt ^^ue de re 

,,-,,j^^^iéde pareils sentiments, Sénèque ne pouvait (ji^ueflé- 
fp;\f, 4nprgiquement les combats des gladiateurs, oùTbQmmp, 
,(^]Çiçt^ç cbose sacrée,)) comme il dit, est tué en forme de ré- 
j|Q|uis39ace^; rien ne lui parait plus pernicieux pour les 
JbiQ^^çs mœurs «que l'oisiveté d'un spectacle; c'est a|ors 
^9^^ 1^3 vitesse glissent plus aisément k la suite dii {)laisir^)) 
.OB n'fjp revient, aon-seuleraent plus avare, plus î^mbitieu:if, 
plus débauché, mais plus cruel et plus inhumain. Il (|éj)e^nt 
^yec Indignation les combats du cirque et la barbarie prois- 

»0. p., €.19, p. ^89. , 

>0.c,c.22,p.m. ; '-Mj.l.cM 

'^«Servis imperare moderate^ laus est : et in mancipii éoi^USIàUm 
' ÉÎt, non quantum illitd impune pati possit, seâ qUUMuiftiî'fiàitpérÈVIi- 
tAt\(êquièoniqu$ natura^ qumparcere €tiameaptiviStrt\pr^^Q p^^^fis 
iéàct,.. Cum jp^ervmn omoia Jiceant, est aliquidt^ quqf^ ^^/^gn^^m 
I lierre commune jus animantium vetet. quià ejusdem naturœ est^ cuius 
tu.» De clem.j 1. 1, c. io, l. Il, p. 2ù. (Les mots soulignes ne signinenl 
paç^ ce n^p semye, que Sénèque croyait que tout, était permis c^nti^e les 
esclaves, mais , seulement qu^ l'usage et les lois permettaient tout , car. à 
ce droit établi, il oppose le droit naturel, le commune j^s aniïr{aru^im.) 
*Ep. 47, t. m, p. ^31. 134. 135. . ^\ , ',', 

^u...Homo , sacra res... per lusum occiditur,n Ep. 9^, t. III, p. 419. 



376 .., , .^HAï:iT}i^,tHr 

îf?ft^SflHlP^P»'f ^vi ,»ie ^e caqtçm^ pjus.ijej^, oopwdi^^ mm 

M M[f\^}^ ^^"^r ^^' p^iipLlep^nt .ft^s^dô fi»péM^s„ M.pppffe 

.^i^i^p<(^p§ pous borniops ayx(*s^ryaUQDÇ|,<^iW|TiftHS;K«^Wffl 
d^j faire, jpour caractériser Séu.çque, pn p.ourl:a^^î^qll§^pf^q^;^ 
jç^(^r^_(jl^p'aYQir pris dans sç3 ouvi:agfi&xm,e c^,^mi4^\i.(mn 
%a\ç^^ n^otre but, en négligeant ^e^ fail3. wfltij^ici^^^j 
Ijlgns.npus epi)sï;^soos dotnç dqdéplarer.qHQ.ftOH^^ïfftWJi^iftT 
j^f^ps ^parfeilçH^enl. celte contra^^ 

i^riçufp jnj.a ,ïnaqq.Mé \ n'ayant sur Die^iqi^q des j^f^siv^gn^ 
e^,pç.senlap,l..(jue (J>nç .m^nièr^. confiée? ,1a .vévi^é 4qs, m9^ 
pç^rfjç e;i|lre l'I^omme çl Dieii,.il n'a.p^^^iM de.lHHyèWjlRftW 
écjair.er toutes les parties de la science €|e la vie;v/llQRg/Si(^l 
^ptifli|^.se f^il encore jour dans ses ouyrAgps, 4f A'i^f*>ïte 
gj^el(j\^e(bis,surses sentimentsplus purs, Ç^m^lm^Mft^ 
m^ande. qu'on aime les hommes et qu'oj^ 3e.qçiQ$;^f$fitfJaiiD 
f2|ire,du bien j et pourtant il peri«et.î\Hi^g4^4^ i^lpa^teô 
njej^r à la, vie publique. A la vérité , il paraU.apppr^ffr à amiàii 
l^çï^j^pe une [restriction , en disant qi^e viv^i^ rta«^,Jft,r<çteaiW^ 
P9Î}j;,iPjéditpr.^pr les principes delà vertffl,;^uçj>jjeti,ât>.^un 
l^jioni^e ,^^st pussi.un moyen de sei:virJai,?Qpi§lé) iTift^téfoidî 
u^^^^ijit. qui n'est pas excusable , c'est qn^nd il fliou.Wflfl^il^ 
ç^^^^^ûtserfiiirer, «si la Rép\ibliqHe,.^Uri>Ri««r9«|iiiô 
^()f}i;,j^u'oÀ.p.tjis$e la secourir, ou si elte ept lenKabipîpafjleg; 
aié^^^^l,ç,jjP^rq^ qu'alors sep effoctp |çer?Ât^tM/fr§ppé$(iJ'imb 
P}jip^p^(jç2,), j^iî^ dit, ayiçcto,me l'^dpr^nQeilddVfWr^, 

gueil sloïque , que le sage peut être aussi heureux que Dieu, 
car il peut être aussi sage que hii^ 11 'A*' obéît pals à' D^ep, 
il fô -suft çàr un acte de libre voloptéj^ J^ yiç^jj^ç ^Ç(j^u ,p'a 

'^^ dJ^W é^t tà^ damnosum bonis morihus. quàm in ^^iquaspecta- 
cki^kietiëh'k^jyfftiitc omissis nugis, mèra homicïdia surit. m. Éd. 7, t^ IJL 

p.^\*6s\^^l>fe tw; !. f, c. % t. ï, p. e. ' ' ' '"■ ' * ' * ; 

2/)c otio sap., c. 2d et m, V.' lî, p. UÛ. '^ • ' ' ' ' " "' 



ADOUCISSEMENT DES IDÉES, ETC. 377 

rien' q(ié*f ait 'pas îa vie du sage, celte-cf p^^lli>li'(?'â'iCe 
apjSyée Ivicrclîvine^ Cependant il y a soire'cè happoft nrtè 
grande différence entre lui et son contemporain tè^po^e 
Utitlâfri ; tandis €fue celtii-ci fait dire à Calon : a ta cause Vic- 
tOfi^ieti^e la ^lii aux dieux, mais la cause vaincue Ad'a'pla a 
nltoi,»''Sértêque, moins arrogant, s'écrie r «quei'îiôïiiinè 
i^ë\^ im' tout ce que Dieo a trouvé bon ^.» Enfin' liotfs fë- 
réti4'**^fearlir un dernier point. On sait com'Meu de fois Sé- 
nèquelnsiste sur l'idée que la mort, loin d'être elle-nféiiié' 
on mal , délivre Thomme de tous les maux, en le transpdi'- 
lani dans un séjour heureux, où tous les làecreis de la'^hâ- 
Wi^eilâi'sdrorii révélée , et où il sera dans ïa société'tfé^ âmed 
liéJJindtillvrées 5 la mort, dit-il en termes presque chrétieris,' 
&ivH joi^r d€ naissance pour la vie éternelle^. Cependant'lJi 
attfesl'Vtîomitte pouf l'idée de Dieu , il flotte, il demeure i^^* 
dÉiPliùiti ^t ^ague 5 k côté d'expressions spiritualistes, ila eii^ 
eer0 <^e8' c<>ï}cepiions très-matérielles sur la vie fiïtùr^^cfë 
Bâto'è^ CèqUi surtout doit être remarqué ici, c'eslîqiïeWiiy 
clën^^tôld^me reparait dans l'approbation du suicide comM(i 
motj'ëo d'arriver à la liberté, si l'on est injustement oppl*iiiief? 
Séflè^e'a choisi iui-méme ce moyen pour se soustrai^e'^hlla 
t)^rati|)ie. Sa vie n'a pas toujours été pure de rèprdc%§" 
c»«îift«'ft6US)'?èl»ons de le dire , l'harmonie a manqué à cette 
âme V capable d'élans si beaux. Dans les premières années 
dairèg«e!de!Nléro'n , il essaya de se servir de son înôuèfice 
pwii ïébien public^ 5 ïhalgré les progrès de leur côrrutiifdH? 

,. ..«I ..;.- /.i ...' I - • -■'' ''^ Ji'Jl''3 

\Ei^\ 73. 85, 96, l, m, p. 2421 317. 430. . u. ,,j u IGD 

-iPlaceat Homini , ,quidquid Deo placuit.» Ep. 7i^ SjWfluI'^ i( 
'* ^'« !',.Diès natalù.» Consol. ad. Marciam, c. 25, t. ï, p. 2^2. 

4P. ex. ep. J02, t. IV, p. 27. 

5 a Quœris quod sit ad libertatem iter? quœlibçtin <\Ç(V^of^i\qffç^hDe 
irâ,\Atl,^ç:\H] l.'ï, p. 81. — Il admire ce ^partia^l.e^vaptiJ'^ftiiçiïJ^Allo 
qoè d'accoiiiplîr un acte servile, s'étail. brisé la léle, e^ s'éci(^«,: .f^ampn^ff] 
iibertas, et servit aliquis! ») Ep^ 77, fj 11^, j^ ^ÇQ»* ^^^,, ^nv^ ^^' 

«Tacit., Ann., I. XIV, c. 52* t. Il,' p. 190. 



378 CHAPITBE III, 

les Biomaios l'âvaienl en grande estiioe ^ la rumeur publique 
pi^rla^oiéiae un jour d'uue conspiration pour inier I^éron ei 
pùiMf élever à l'Empire son ancien précepteur^ à c^use, de 
rilhislration de ses vertus^ : et cependant ilj||€|iîtr^,pq^^J,es^ 
yiees du tyran une condescendance qui proy^qu^ rjiidig^^: 
tion du pefuple Ini-inéme^ au milieu de sa basi^asse,,ce|uinçi 
avait un re&p^ct instinctif pour la vertu , et ^ toui çusecour^ 
baot «jOU& 110 vil despotisme , il exigeait de ceux qui étai^qi 
meilleurs. que lui, de rester fidèles k leurs docirioe^pp^iMs 
austères^. ■ nr/ 

!,.<^iell^est maintenant la source d'où découlent ce^ d^^? 
triais plus austères, ces vertus plus pures, ces senti^f^^t^ 
si 4u^apgersà Tantiquilé, et formant dans la viedç §^^ffj^ff^ 
un ^ grand contraste avec ce qu'il y avait de païen, ^pi^i^i^^ 
Plusieurs savants, plus enthousiastes de la forip^ q^^^i^j^ 
foBd^.ne voient en Sénèque qu'un éclectique sujp^çpf^çj^jp 
i}u,'un rhéteur sans conviction^. Nous ne Cjroyons.pa^3.ypff 
4](esoin de réfuter l'injustice de celte opinion peu psj((;|fQlqr 
.gique,q'Ui ne lient nul compte des influences diyqri^^s^^i 
puissantes sur les esprits aux époques de crise.. JD'^pt/;^!^ 
^ven^^nt pas qu'on fasse honneur au chrlstianisi^je^eJiajP.^- 
^^(j^jdes doctrines morales de Sénèque , qui ne seraieu|;,,,?j^ 
Jpfl.eMX>? qu'un écho de celles de Platon*, eJ.OQ p?y:ajtjpflr 

,.j,*«i-v(?»^»^Vrf»ne virtutum,9 0. c._, L XV;, ç- 6Sj p- 26(|, Vç^^. ajispi 
Juven., sat. 8, v. 211 etsuiv., p. 102. 

2Tacit., iiw., 1. XIY, c. 11, t II, p. 158. — Dîo Ç^fsm., 1> .W,ipHO, 
U n,'j>.. 230. — Yoy. aussi la Consalaiio ad Polyl^um., , , x 

-.; Spejiios jours, c'est surtout ropinion des phiiologu^ allewaacji^ciGeq- 
-laclii Uis^0rtsch9 Studien, t. I, p. 277 j Berûhar4y, .Grundxi$8^der x'q- 
,mUf>h^ Uttevatur, p. 631. — M. Baehr est à peu près. le. peu! qui juge 
jSép^qfue ii^S^ç plus d'équité; il reconaaît ce qu'il y a de pjir dans.jseç ten- 
dances morales, mais il n'admet pas une influence du christianisme*. ^e- 
schichte der Litteratur, 3®édit.. t. II, p. 46C, 

"^Nous regrettons de nous trouver en désaccord $ar eepoioiav^c un esprit 
aussi distingué que M. Jules Simon . Lib. dépenser^ 484B, livr< 12,f>( 515. 



ADOUGISSEVENT DES IDÉES , ETC. 379 

blier h différence profonde entre les principes tndraiti^ 6t 
socianx des deux philosophes. D'antres encore rëfas^ot de 
efroîreà ane action eliréliènne^ubie, ^ son insu, parle pt6^ 
cèptearde Nëron , parce qu'il est resté étranger kux «^e^- 
tioÉfcS religieuses et quMl ne s'est pas élevé plus bant qu'an 
shnpie point de vue de rbnmanité ^ ; mais cefa 4ép ëeravl 
niï'progrès sur le paganisme, et accuserait une influêMê 
tibtivëlle; au milieu de rinbumanité des lois et deâ moMM 
ôtet&jués , c^éiart beaucoup d'avoir pu atteindre au point de 
vue humain du droit naturel. Quant à nous, nous ne pen^ 
s6)tk pâ^ qu'il puisse y avoir de doute sur l'origine des !W)u- 
Véisitit^s qu'on remarque dans la morale de Sénèqûe*, MUi 
^bbitoes persuadé que nous sommes ici en présence d'ètfets 
pWdliils par l'influence de la charité chrétieiïne. Nactt 
'iommès heureux de nous rencontrer en cette opinion avec 
jJHlslëlÎTf'K saviants éminents de notre pays'^. Sans cette in-- 
nUélicé chrétienne, Sénèque est une énigme-, et cette m- 
fliiènce dfe-méme est loin d'être inexplicable. On salit' 'qoè 
de bonne hérire il y a eu des chrétiens dans la capitsllë de 
f Empire 5 leur foi éiait «célèbre par tout \e monde^'.» 8él- 
tfèique avait à peu près soixante ans lorsque Paul- ^iàV^ 
Rome; Tapôtre y prêcha librement pendant deux dnnéefe 
(Idaii^ une maison qu'il avait louée , où il recévafît totr* cëttk 
qui venaient le voir'*^) il fit des conversions même parmi 
Véi i^é/vileurs' de la maison de César®; il eut h R6me un 

• • .r ■ I 

•' * *Môfcleï^, Tketn^, QuartithehfHft, Tubingue 1834, p,'^^, ■ i 

«Schœll, Hist. abrégU 9e la litt. tom., l. H, p. 44S. — '!if. THràioU, 
t. VU èe^ Œuvres du Sén.^ BîH. latine de Pankouke, p. 554: -^^M. Trop- 
Ibnè, Dé ViHfl. du ôhHst., etc., p. 77. — M. Wallon, l. IW, p. 4%.^ 
Voy. aussi la Vissètt. de Oelpke , J)e familiaritate qut» PùMb Uj^mto 
ctim SèHecà phihiophû intereestise traditur veriHihîm^é, ^iieî|Mrtg 
4812, 4^ .-.1 

3Act. XXVin, 45. Rom. I, 8. 

Uct. XXVIH, 3a. 31. 

5Phil.,lV, 22. 



psqGè9Ld8itH9»le$mel tl se>défipDditiluî^tnéfM=^v11*était'Pefa>is à 
li g!$Mntokloipffâretiduprétoine'^/€t celui-ci létoitiB^irrhlis, 
yatmidûiSénè^ue. Il .estdiffiêi]ede'crdire'qiie,la>9)i0iiireauèé 
dK^vdtM^Uriit^s.préchées par Paul et le -bbBÎi'dé' son <proBè^ 
«oient restés ignorés du philosophe curieuicde^S'enqniérirjde 
ksfNiL D'ailleU'rs Séûèq«i€ pouvait avoir^entenduupbnlerJcIu 
çout^gâux pirédicateur, ndéme avant TatTlvée det^tehiif^cîib 
Remugle fixité ain& du philosophe) ^arf(ion<^ ()irooonsuJH]fil<i 
ctidïp^iGQtamiiipoiiriâa ntodératioii'etâa bief)<McÔ!ilaiifie8ft;!aTaib 
n9P)yp}(i^Pa«di absous , lorsefiue les Juifs'de Conînlhe FavuraiÉ 
a€^qsé4ieMam'8on iribufial ^-. Sénôque etGaliion^aientiamis 
iMipu^^ip^ee d^eniar n'a^t-il pas po donner'aiisojl >fiièrer(disB 
i^eoacjîpioinlsnls^sur l'apôtre? NouSr ignorons sai|frdî6)4!it*ciile9 
pa]^br4aiqu«jSéoèque a pu avoir avec Pâulouia^tidoidlaàtrëfe 
cbréiiei^^i Mais il nous semble impossiblje ide^ coâtesteobood 
9Af>>Pft(«î^ en voyant rétonnante analogie v^noo^seiilfamdiiè 
des principes et des sentiments moraux v'mfiktdesbdxfMfqs^ 
skfCkS: Blêmes. Comment expliquer autrenentr^le'een^rjeM'é- 
tiativtbuti allait inconnu des écrivains ^ntéribifrsvidaaBilÀH 
quâliSi80ib()iie prend certaine mots, ceininieicenxi doJObalDieiD 
édl^Mi^ Idè Uespriiiconlre la ebair^, d-esprdtisaiht^f dfan^^ 

-lifî I) ')iln :< " " •' ''' -"'"^ ^'» '^''i^l-lM'i '>!> 

■~ii(Sifl'm\\W;HK •• • •• • "•' • ! <»^ ». Minioh « r^'inol 

.^/^l,[^yilU,i6, . . . ■... = . .,;!m:,|m:I ..uïÀ) ,'i\h7 

Seneca, Nat. quœst., l. IV, prœf,^ t. IV, p. 267. 

^Séoèque lui dédie ses traités De ira eVBetitàlbéaéàjCXvpasiéssimy&il 
i^\m âseck^aiSàotifMi ^ pu ex. GonsaL ad ff6Bhn.y ti. 4ê/(l/,i if tpr^n^Oy - 

6 ff I/K (sciL animo) cum hac orne ^rmat. cer^ameiè 9ai,>>neliMt*^çtka^ 
tur,Ml^n^U'M>J4^^*am^4i, 2é) i^ i> p-.^âdâ.>GclA»{)(]<fiôhnJl¥ttsr<S- 
Ç8htV^'4^ pHrt^ff^!!^ summa* fbHcUçL<H^n99tnB^s'in.a9irt^/p(mendmi^ 
Ep..(f|, i^.^II,jp/.24.7. ) I . .^.> ^.*\ i;>.-..J \i)\ q Jl I il*. 

"^ « Sacer tnfra nos spiritus sedet^^ ' taftiotufn Aottorti^fu^ «nosfr ornti 
o*ï^(|l!l^«^«fc*fWAWv^%v^41, t4jllv'p;tii9i« ;..... ■■II -. ...... 

8 « iV«c cflro £ptct/n angélus. » Ep. 20, t. Ul.'fuSiL «<Knpi S^Goa-i XII, 1. 



ÀDOUGISSRMEi>rr!DB& IDEES, ETC. S&t 

de ïélicilé étérneHei^?' Oa> diiapODl-^the^ipieiesiicluirragi^ 
de{Slénè()lJe ODl été éeritsr avant raprivëd de Paql àlftdiive» H 
e$titvraii<<i|ffie:i[>kifieurââont antérieurs à oette date ^mbisff les! 
péiiDoipaox^ déisies liVrôs^ cuuxqui touchent «di&plus'pirès^^ 
9bjettqaî)iiK0as)bconpe:^ sont d'ubeépoqoe postérieore ^u * '^ 
nljL^iaitalQgid^ealne^ le8idée»>mopale&()e Sénèqveet'ceilegié^l 
diristiàDifimb avait déjk &aippé les Pères dai premiiers>dièelëS';' 
péûih^ieammS'On ismservé da^Ds TÉgliso'q^elqiie souv^^ 
ik relaftioins. enU^ \é philosof^be • et des> memobres' ée >la 'pi^d^ 
«ifèffe^jcomiADDdilté'de: Rome, tassce nenibn8ut9ei-âiéjli'<(ydm^ 
èimmuiiemmteui perséoptëe^ C^esi cette 4)^iiitoti ^^'pt^-'^ 
Hubrsi9iâclefr<]iiiia>doilné lieuà la eorrespondénœap'o^typlifè^ 
eDlr^firëtaàque elPauL Personne ne sontîeni pluB^ia^njoilv^ 
d^niellantbeflftieitëidie -oes lettres; mais il eerpeumi^id^'iap^ 
eeodeeJaoJfait même de^ leur existence une valent^ aâ;$eit^(Uliil^ 
3idâ[mitiey0Mwnie>iéiiloignanten faveur de la traditidti*^^ 
FttpfujrbdSdceajanlre l'apôtre et le philosophe^ ;• mmicj ^/)l^ 
-5>fftwjS(aei}sl sDflOMes arrêté peut-être trop longtemps à'iSéM«^ 
nètiuâi;i)rvœ»i litvons iait parce qu'il est le premier tisUezileu 
i|»6h;iloiri>ceiQarqfiioaâ les traces de rinQnence'tetrrétiénlûep 
pbçnmilèiïedi'û«itan|l plus curiêuxqu'il se préseotë-yr^ktii^iiè 
de rÉglise el sous un tyran comme Néron. Sénèque d'ail- 
leurs a donné à la philosophie morale une direttionlttiob- 
velle, dans laquelle sont entrés après lui plhsiëi(iV<lëS^€^- 
pri!â*Dô^^^ltfs distingués parrttr la société païénifje: ' ''''''^ ' 

* « Quœramus quid nos in possessions felicitatts 2bi^in^\kStùti$ikà,» 
Décréta kèaii^c,^,\l^iiy p. 19. • . •'■! Hip-Wi-ii^^'' 

2 Sétkè<(ueiéd-i>fliL des lettre à Lucilius, ses trâitiès £^- lOitlébvtUA i$t(^ 
èffi4^(lK)iv^vdanS(&e»cievfiièfes'aoBées de^sa vie. ^tN.x\^ \\v/;jsUId<) 

^ITeaélb>i^)d^ppekle»ctoiA;ca rà)ster,» Be ont'mâV cVi19^>|M,t^»..'ua 
Voy^ aussi Aa^«ti,v«ewu«iA^«^.L Vli o.Al,i. Vll^ «fV, iU, ^k^liÛ^ 
$ U, t. U, p. 401. - Lactani., Div. instit., 1. ï,.o.-5,'ItJll, .(^.dB. 4^ 
Bi«tOlli,"Jte'»Cf#pl.j'«©A,^0;>1S^vT^i 66.- /...»> j>^i»\> •i'))t;<'» " 

*Ces leUres se trouvent dbii^ Fabrfbius, Codew^apaei^kû» JV^^^îWfVy 
HambC 1708}:pi.»88© èfc»suiv.:.« ' -'i.' . i '.■...-. m..vO ov/ ^^/' .-" 



382 CHAPITRE ill. 

• r • ' 

§ 2. Pline et Plutarque. 

, .C'est sous Trajan , après le règne de Domitien , je per.sé- 

culeur de TÉglise, que nous retrouvons les traces des jprç^- 

grè^ len^s mais continus de Hufluepce chrétienne. Nous jes 

reconpaissous d'abord chez Tami de Trqjan , Pline le jepne. 

Pline i^'a pas été un théoricien ] il ne« paraii, pas s'être att^- 

pbé.di^ prérérence à Tune ou à l'autre des écoles ptiilosa- 

phiques^ alors en vogue : sa tendance a été toute pr^quç ; il 

?i été un l^omme d'un esprit moral et sérieux et d'wn çfl^i^r 

^I^j^p veillant) accessible aux bonnes impressions. Cbargé^,(^ 

gçtuyerneoientde laBithynie, il devint attentif ai^xçl^r^tj^f^s 

q|]|i fie répandaient dans cette province; ils lui parqi^ep|,étpje 

diea hommes singuliers , se réunissait à de qect^jps^^.^s 

pour un culte particulier et pour des repas fr^j:pel^.,j,s^';ç^p- 

gageaxit réciproquemeiit, non à des crimes^ ipaj^,f|,n^.p/fjÀi 

. (:)Qm¥)iâttre de vol ni d'adullère et à ne pqint, pf^f:|^Ker,à 

leurs promesses. Ce qu'il apprit d'eux , le frappa ,aap^j'if|çj- 

. ite^j^ il pe contesta p^as leur innocence, mai^^;^^p^)e de 

,,j^^ffranchii:des préjugés politiques d'un n^agi.^fr^tj ,r9|rpqj9, 

.ÂI.flQ^ VJt.^n eux que des hommes désobéissant aux,.|pjf ^ j^t, 

.^ppqç', avoir demandé les avis de l'empereHr, '}i,^]fi^fioi^i^]if^' 

^,fl^^:.Wi»me sectateurs d'une religiçii iUiçj^, cèm;,d^'^njlji[e 

,Mew qui avouaient publiquemen t. leqrJ9l:Vi:..i un mj)miI. 
. Estr<^ à ces rapports avec les. chrétiens. nJps^iP^çfiyjiffçe 
;.jp'iiljaul attribuer les sentiments plu^ gén^feux plje,^ j^^çs 
.,;plWfi^pur.es que nous trouvons dan? les,éc;iff^ ^<?MP)/fl-^/ii^" 
..||^a,aTt.^.ilrespirés dans cette atmqsp|ift\^^,c^réA^^(i^.f^^- 
due dans la capitale elle-même, où, sousTrajan, des per- 
sonnages des plus haut placés, comme Hermès, le préfet de 
Rome, professaient le christianisme? Nôlis Pignonww ;* rien 

^Epp.,\ X ep. 97, t. Il, p. 427. 



ADOUGISSEMBNT DES IDÉES , ETC. 383 

n'esl plus mystérieux que ces réactions qui se produisent 
dans les profondeurs de l'àne , souvent malgré la volonté de 
celui qui les subit tout en croyant y résister. Quoi qu'il en 
soit, nous rencontrons aussi chez Pline des principes qu'il 
serait difficile de croire éclos sur le so) du paganisme. Spiri- 
tualiste comme Sénèque , quoique encore loin de l'humilité 
de la foi chrétienne, il reconnaît que les dieux doivent pré- 
férer une prière faite par une âme innocente et chaste , à des 
formules préparées avec soin et récitées sans conviction^. Il 
\z\i que la pureté parfaite est au-dessus de la portée 'de 
l^homme ; il en conclut que s'il faut être sévère pour soi- 
'tuéme, il convient de traiter les autres avec l'indoigence dont 
"iious avons besoin pour nous. Le meilleur des hommes, dit- 
Il',' eèt celui qui pardonne au^ autres comme s'il avait lui- 
""iUfémé'tous les jours besoin de pardon, et qui s'abstient <fes 
'^^éhéè', bomtne s'il ne pardonnait h personne ; implacables 
^ëtiVër's'iiDhs-mémes, pardonnons même à ceux qui ne sont 
^rî^iîyretii qu'envers les autres en fermant les yeux «ur lënl-s 
birbprès'faùles^. ' •■ 

A àrte vive sympathie pour les joies et les douleurà de la 
'^iëdé faihïlfe, Pline joint un grand respect pour les ^ertàs 
tfesTémmes^. Il est de plus un des premiers parmi leà'petti- 
yiWr^ d'u paganisme, qui, essayant de se dégagiôr'dtijttfig 
'A'ôl'Élàt , demandent que les parents aient une tktxioa ^Ids 
directe sur l'éducation de leurs fils. Il désire que, 4là^s 
'iéH^tjiie' localilé, il y ail des écoles , afin que les paretats l n'é- 
"tsIHlpfy b6lîgés d^nvoyer leurs enfants au dehors-; prissent 
' éux-métnôs' suivfelller la manière dont on les élèvë:"Polii*ila 
toèinfib raison', H veut que les maîtres ne soient pâd'rétWbttiés 



'î'i Jiii 



2Lib. Vm, ep. 22, i. Il, p. 30. 
3L. m, ep. 16-, 1. ÏV, ep. 49 et 24 ; 1. V, ep. 16 j I. Vlï, ep. 5 et 19, 
t. I, p. 99. 133. 135. 170. 223. 237. 



384 >> GUAPitlIfi IIK 

I)K^4«s>e<9^iM9«iie^ s^lea , m^is qm les pareotg y èa contri- 
^pajM ;94^iL MoM^ires, s'intéressMl ^bnrswtagtiàfd'sèpril et 
apui,pi)f^ ^ rio^iriielion . Il exhorèe ses éMcû^oye^s^ ^-^ 
^^4e^.éaales^ €t^&'e»gage a coïK^upir «an -frais V.l)ôi»i^Méey 
éiçple&, eofia v ^^Wkme dans la tnaisoD pdterneUb^lilidiàiikiâë 
q^^ le^ eirfaats ne soi^Bit pa& (raités arm ta Hgifeur'aiid^liel 
^{)a pU^.4j^ la (iiireté aiH&risée par la I(h , 41 «etidmitiiiigiftt^ 
|^^,g^tîB9«iai&ia94ar0l$ d'une srffecUeoréciprolqiiti^. ^Fraf^ 
(/|^,itqiste.,^ir.*qvi alteQiiait alors ies eDfantisitesTatiîittett 
B^^^i^Wffil^J^Mt^i éa^ sa irill0:iîaial6idëCdni€i»^iiim(ftM4> 
^i^^mhmùi^ y^ Laquette il affecta iù h ^bibnôéMiééiQAIli 
^f^ ^S/jfçv(eiQas^imiiels devaient ^re distribuiez l^étfitlSfi 
t^ff^fif^f» d'e»£iQi$ indigents^. B6s bas QOUS<8i»é6llili^ 
ip^i^n^iopa^ .encore d'autres e;ceiiiples4eoetleèIliirffélWMk^J 
Tpjl^, U^OTOuede Tantiquité. ..»; ' l'p rr> onob 

.^l.lfi'l^f iD^yilé de Pline se reconnaît 6urteiit^âaiià)8éSihfelV»l 
fjftçn^^viaff &eB esclaves ; il y avait là toute u#e'd9|»S6d^liiii4iMte$ 
fjnqn.^. j'i^habiliter, — pour cela la bio»véiUantb!d1iiiii{flfié^ 
c^f^^^p^sgitPiSus, — mais au moins à souIiageV'd|MKitâtf.ipiiil^Ui 
£Ht|)|a[;ljpt/(}eS;philosophes qui , méprisant iw^M^msi^m» 
^(^MfiÂW^^ de la dureté de leur cotudilioni, tPbbe«'iféc;rJiBin 
c^i'i^l^Qi ^'iU sont grands et sages vHiciis»d«(i|ii0ij8Ji8M^ 
cjivs(KAMi'itein£i<aonl pas hommes il» Iliiè^t^pleiàndeuboblâ» 
MUFit^i^n^H^rs; il v^tt^êlre^oiineoli h\vm pbrpMkPfti^ 
inijlfl U^^utrmisQn , doit lotM* servir 'enqiiëlqitS^scA^^ 
d^iS^l^Mb^i^Ii^^^ Pr^^ ^^ leur parduoiicr>l«briH fmibkt.iîHiâifMl 
tercèdoiij^^i) auprès de sed a«i& ()«im4ciuY0'i|s«ldv«ip(fdii^> 



3L. I, ep. 8; l. VU, ep. 48, t. I, p 43. 236; —et l'inscripti(>ir Irputle i 

^î«il%9v.âf.ft#^ ^'.^> P- ?^^' ««1172... .... ... ... » .^uui^ 

^« ..,Qui an magni sapientesque sint, nescio; hominet mn ^iÊt.* . 

l. VIII, ep. ^6, t. II, p. 22. .. , .i . ; j / • 

U. c, p. 21. .. . • 



ÀDOUGISSeif BMn OKSt IDÉES , ETG . S85 

j^iQffl^e li«ee:#lii8 dâèMté ettcDre-, la erMii«è^4ef^d^flll 
e«^v^ot4iB>ie6t attadié , r<!dooble sm Mfocir6Q^iill^4iH^, 
iJ'iy^mle faâœ^deB vaya^ loiotains poar rétàt^Ur sti èlahtë 
^6Mtféâ?^ : Il leBn aocorde ^la faaiJté de faire <le^«spèeéi' âë 
toMfÉMDts, ^'il regarde coianie légitimes : it led lafsfise ^^ 
pMBf .libMDifflkt de» biens qu'H le»? a permis d'aequérir, lié 
jlQill#i|t a'«0: faine (eotn&eox deadanaiioos ei de»4«^; p<Mnr4l 
i|iW, tes biens JëgMés reatefii dans la iBaîs(m*iiiénie^l''A^leUi^ 
dfvdiimheitK^) U le^ affranthit, poov qo^'ils «yeilref^t'â'^i^d 
^KfttMaMon de la Jibertë* li eût mieux valu aabft^âbMefl^ 
airtixàir ^^ 4él ) mais c'était beaucMp â^' d^ lii ^t^ 
^'iifi<HivaÎD^paiiM , de les émanciper au momecil'4éf hi'fn^lr.^ 
Viim MÙiileABtïimeBi de riBJustice de Tesclatagé', iô'éM 
doDCeo quelque sorte pour décharger sa cofisdeneep, qu*n 
leri^aaBGhiattiia afaiK de se ^parer d'eux ^. Il ataitpéii'de 
gaAttpoul'Ilea'jflilix publics, à cause de leur vanité M^té'ëi 
di^ilfi)iii(Irt>ide>Biiiformilé^; cependant, sous (JeTappoHV^f 
n'jâAittpafrtaMJburad'aceord avec lui-même: taa(dt^i¥ ieufé^ 
son anriiiMaaiiMside Vérone d'avoir résolu Aee^\ébtèt'¥\skiî^ 
nif énmlr6)dti fe mort de son épouse en faisant cèÉtfbatlMeUK^ 
gMîaiapraifoiitrodBa paotbères africaines ; tantôt* il>iif(^i!^*^^ 
()}tràMla')tioblei<ç<mëuite>dQ duumvir Trébonius^<R^âNÉs<^é> 
ViAmteffUii aceoaé de^^aniHrajan é'avoir iuîerQH'm^èmâliftQ 
qttîiiavaU 'd<É)'étttf!|>iH»f^nooiiforménient au'testtffliéMt^dlliBi 
hqitiitie,miiho.i sadtfeDdHtavMiéMi^^e ei s'é)[^r^î<i(^iMSMd^> 
duHbqua/tta^jeiiiipiisnMit ètreabolis aussi faiRdfâëfl!^l>'*^^^>^ 






a. IX, ep. Î1 et 24, t. II, p. 55. 58. - «L. Vj'ejj. H^JÏ/^. i 

i. ii^<p;aii' |. ■•'•'»•■» »•' • ■ ' . ■ • 'î^ •• -^ V r -'" 

^fiVideor enim non omninokmkaiurbt petdiàisie 1^^4^i8''}liik'Mèros*^ 

5L. IX, ep.6,t. Iï,p.40. ' I " ^ ''^ «p.HI/.ï 

6L. VI, ep. a* 5 1. IV, ep. 22, t. 1, p. 217. 436. '- *< ^ ^ 

35 



386 CHAPITRE IIK- 

A rnQS'y6QX>,.ies -pages toù PttAb eifMrime'^es^'s^ntiments 
pluf^'liUtfbaki^ valent b)en^k8tdîssertat}onsdê"iel'pi)i1osô^he 
4ei<rbBtJ<|Dité; plèift de mépris paur i'booméi S^4it'û^>pas 
^boré iitd^syslèine , si; son siyie n'offrepàsuoilieé) téi$lq0ffH- 
tés qiii'Qb tàmr&ém^ Gutéron, il n'est ik|sr:t)OUir»ie3to4àiéhi$ 
cy^e éA ) DOère> esliinie.« Maisoes (sen ûoiieo tsi i,{ ietsi al4- it^iiisés 
4»ifdbS'iibfories mor^ailèsieè «oqialeside'ses'firëdéo^saapé? 
!0tt/j^l8) swAil'ils pas>nBs filbtortfddnë'B(Miip^opWiCfœbr,!Sttbdék 
qiuiliaMUipasaétleî aovfflte mystévieUx etléo^^ 
gilêi^ftidc) $a;fthûrlté?»-i'"':«iJ l»*:«i!nr.nh ».- ti» m -mH'^^di'oj?. uI) 
^/) ll^ittlt éltf eidoH^HOtaii adoieiitre 
iiftfô(iol/&n]|p(mil»i4e/PUne y^nr Di^ 
i^êé^jfSipii^i^H o€i.offfttaur disûogufé !6& muactqs^diipbia^ 
Di^/li) bii^fttu;^lse)oD lui, co«8i6îeàtivra'è(^albrpiii]^èt>li 
JlilIt^fie^^.ettl^idésagFémentS'etlesmi^IheùrsdierKV^^ 
^ocfiqu'Oas^eQ écarle. C'est âlissrdanstii^seï^ «itoïèièii ^û% 
f^poigpèiiUi^iiberté et une sepvitud«t ifDtdriei»DéBî{iliii^«éilteb 
^^. W 'jitondilions; extérieures qu'on ^appelie Se.dèl$hydà^ 
i4iyîs<^'afif<plqsqtte delà spéeolalionabsllraile^ilfiiâentl â^îllà^ 
il(^^iK)i|MR^O^ '««poiol'd'esob^âge t)»!" oatb#0 v(q«^9^^ 
jgQeei$|iiJbe{ droitiéci^U nepeuiv^ntiéliUirfiil^^U^Wesijiasia^ 
^m^mpiéteii sut ilasidsoitsi nattf#el&id«s)ibbi»pis y^qQi(it«Ms 
Mtit,(^«tô égatemeadi'pour h^ia^tëhihM^leai^Wfàk &ïm 
$§|) f$^ë^ibllefltcaUpi1aAiqii)s^ ;iibdé0îréiil3applî€qiiiinvée(làii$q- 
ig^Sâeli^ dai(ti«i»ûidiNiduëH8i)eil»a«]Libieh) à^VLÈitaA^^méêl s^ 
mèmhKb^^i, fè'$^t cerqoii lui ^ihspiré sed b^aai^prémpiesisifi* 
A$skiM4Mf^etJ^|dM<)lrsd^ùDipriDtadafisa6C|sidii500ua<^^ 
-^èti3V8s}afr/^iifieixiapaGièsie pr^tàqhé dé^aai'ipl^ièoiopMedboé- 
Jtldi iSk^ ^ypirfrgràfi V cat Fanci^ii! stoïdsineitiitsii îdtéJitot 
'^^flctii «ijtiiëgwisie ; si peuinétre noâiéuifi>)A0mi6 faièiâUri^ 
buer ce progrès à une influence chrétienne subie par Dion 

< Qi\^ «^\4rS;Tl. l, p...4367et suïm. v ; v . .. .- :. ,-,y v i v ^(-7 ^ cl I . > 

«T. I, p. 43iîtbuty. 'î' ■ i-' -v \ '^' ^-^^ «m» ..-.> .r- • • 



ADOUGISSBlieNT DBS IDÉES, ETC. 387 

Chry^ostomeluÎMiiéme) il faatle ramenepau moios^ la bou- 
veUe impiilBioadoDDée à la morale stoïcienoe par Stfti&qoe; 
m Q^^&ùr^ ilaera permis de dire que les doctrine$>de!rorii->> 
mur^lMui de:Dom^iieû et aimé de Trajan , manifester D un' eè^ 
pritiâlnanf er à la philosophie païenne proprement dite. ' 
^ ; GhtBZi Platanque^ <|i»>iqu'il ne fût pas de Técote dés stoJR 
ckinsi-noo^ tTOUTOtts un esprit semblable, avecphisdeppd^ 
foDdeui: et animé d'une chaleur pins intime. L'âmf6 élevée 
^.plein€iid'aâour dé cet écrivain ne se sentait <$atisfftite'i|i 
du stoïcisme ni de la doctrine d'Ëpicure : tl tendail pfiiji'haiiH 
iljejpojtail» trouver une nourriture pins snèstianlnette» dans Iles 
^itéoriecide Piaioa et de P^hagore , ausqueltes îliraloaiéhttit 
4Didqoes principes d'Arisiote et peut*étre méÉte^ quelques 
4()éfô^fèmfiriio4)6es k la sagesse orientale. En<maiii4 endroit 
^l^)9a$-)(MffiVffa^s ^ it CKprime les secrets besoins de>son't^<S)lii<^ 
Itf fifi qpleîaide pfessentiments et d'aspirations , il est uodecës 
jyibm^\Û^4éaiff doat parle Saint-Martin. Plus fNratiq»e que 
i^oirialiff, i\ est resté éclectique et n'a pas formulé <dë ^^^ 
4èm^? Uif^ii^iacbé l'importaoee première anï-questioifs^if^ 
-v^aF^tMOCftnao^la. vie de l'homme dans ses r8pparpsJàit4è 
i&m.iism'iihbl^^^Mc'bi Pro^ideoce. Il aime à» pâiitei^'â^ëfe 
^HffltpiopxsdapttCt.'d^ceUe Providence divine ^ ii^st<psmiMiié 
iijpieifdaiiii^kxouUitttde des dieux invoqués parjafôôte),<(i||iè 
-pc^lly5)èvûinq»ihn]seluiqaiisoit éternel etiDvai'itdjIeiVi^^^ 
mt. S^ui'estHlelPèfë et ilci gMtde des hommes de bieh ii'iht^y^ 
mïk^^m^v^ymi^mUA'.^'nicolhïfe ni haine ^ iitsil^béméfëi 
4a^tAémeooeiibt^par<^aa!nalDre mèoie ilestipriit h)seet»ijni^^ 
k)doah[èir^deéigi|âces:^i, Affligé de la dissolutiÀu^4<07r!imiâà^- 
jtAliléide ûméfssqBe\^oii la société païenne ealiîvfâe ^^ sto- 
^alMé^e^ mattMém^ame , parce qu'elle esioiisutseistltipbsie 

^De defectU oraculorum ^ c. 19, t. IX, p. 329. 
* a . . . FldtvTtov [xèv ^^JY^fJ^-wv àyaôwv > î lueivtwv j dk . »7ç«rt:?)p bchXfiJ^ ; . . » 
Nonposse suaviter vivi sec. Epie., c. 22, l. XIV, p;423. » 'i ' 

25. 



388 CHAPITRE m. 

00 atbéeS Plularque reconnaît la nécessité d'une croyance 
religieuse sincère comme base de la morale; sans religion, 
le&indiyidus ne peuvent pas être heureux, et la société est 
impossible ; nul État ne saurait subsister sans la croyance à 
des dieux; elle seule est le vrai lien de la communauté, le 
fondement le plus solide de la législation ; une cité peut exis- 
ter sans murs , sans théâtres , sans richesses , sans science, 
m^^jq jamais sans Dieu , sans prières, sans sacrifices^. Ilde- 
mPQCle à.c^t.Çffet qu'on conserve et qu'on vivifie «la pieuse 
eroy^npe des pères,» en la dépouillant de l'alliage impur 
des f^hlf^," spurce d'impiété ou de superstition grossière ^ 
Aji lieu d'aller à Jésus-Christ, Plutarque veut se bornerli 
pur^ier la mythologie ; si l'on devait la prendre littéralement!, 
4it-il, il faudrait condamner la bouche qui l'énonce, ;' il tiiut 
l'interpréter dans le double sens physique et moral , "en nH 
/cherchant que des symboles d'idées profondes oufcie laits 
j|atMrels. Il est vrai que Plularque admettait là divisïon'aïôrs 
^uj^jtéç de la religion en théologie poétique ou mythique', 
.tj^éçlogie physique ou philosophique et théologie pofrtiquë 
^f^ religion nationale^; cependant, chez lui, cefttè dernière 
.p'étpjit pas un simple moyen de police, dbnt ïes' nommes 
.^çl^ijç^i,, n'ont pas besoin et qu'ils peuvent se dîspenseï: aé 
.jReçpc;ç,t|Çr|^ il aurait voulu, chez le peuple comme cnezies 
iphfjpsojphes , une religion plus réelle que la crainte servile 
,.(Jes| dj.epx ou que la croyance abstraite à une cause suprême ; 
i| aur^ij. désiré , en un mot, quelque cho^e de ce due jnous 
.appelpna en sens chrétien la piété: il ei^ aviait ïe ^eniiment 

^.(f'jljou'po n^TOi (U croyance aux diei^x) xo (juy£xtixov aTpàffVjç.xovvcov^aç 
X!A.vo(4oÇaçw jEpewfxa xat pbtC^pov...» A^v. Colotem^ c. 31 , t. XIV, 

3De Pyth orac, c. 48, t. IX, p. 275. 

*«ïo jAuOixov, To cpuaixov, TQ iro^irjixov.» Amatorius^ c. 18, t. XIÏ, 
p. 44; — De plaoitU philos.^ I. 1, c. 6, t. II, p! 365. 



ADOUCISSEMENT DES IDÉES , ETC. 389 

pour lui-même *, par les efforts qu'il a faits pour interpréter 
les mythes, il a prouvé qu'il cherchait aussi à le communi- 
quer aux autres. 

Cette piété, tout imparfaite qu'elle était encore, ne pou- 
vait pas être sans amour pour les hommes; sans doute, 
l'amour, tel que l'entendait Plutarque, ne s'élevait pas jus- 
qu'à la charité, jusqu'à la puissance du sacrifice, mais il 
élail^ reconnu au moins comme le caractère distinctif die l'hu- 
manité ; «Le propre de l'homme, c'est d'aimef ^td^êire 
aimé*.» Plu tarque veut faire pénétrer cet amour dààs^louttés 
les relations des hommes entre eux. Il écrit pi ifsiëufS' tirai téi 
pour combattre les passions de la colère, de la Vefa^ëàneê', 
île la haine, qui dégradent l'homme et détruisent h ^oeié¥^; 
Il prpuve qu'il ne faut pas rendre Tinjure poui- Pinjiire, mik 
confbndjTe l'adversaire par l'exemple d'une vie honnêtie éi 
oienfaisante^. C'est dans la famille surtout que l'amour doit 
js'iijitrodiiire. Le mouvement vers une idée du mariage plus 
pure qpc dans la civilisation antique, mouvement dont nous 
avdn^ remarqué les premières traces chez Séhëque et chéi 
Pune, se jioursuit chez Plularque et se manifeste eïiésilt/i 
d'une manière plus complète, plus analogue àui^ pvlhd^ 
()u christianisme. Il n'y a pas, à ses yeux , d'uriidti^fc^ ià- 
cifee (jue le mariage 5 il doit être fondé sur la cohfofinîiîtiê'îlé 
<< mœurs bonnes et honnêtes,» sur une affecllon'irààWêffe 
sincère et sur un reépect réciproque'. Si les époux fe^âlmeiit 

;'MJî'rn:i< . - .1... » *; • ^ ^ • - - i 

et se respectent j I union restera pure et sera une source tre 
bonWur; «,dans le mariage , dit-il , aimer est encore ùH pi us 
grand bien qiie' d'être aimé, parce que cela '/rfésié^Vëilés 

* «. .."Av6po)7roç Av, (f> To cpiXeïv itrrt xai cpiXgîîOûtt ,' xit tô )çâp^iôai 
xa\To euYapt(jT£iv...»'2)ô vUando œre alieno, c. 6, t.'XRj^^.-^^Si' 

^De cohihenda irây t. ÏX, p. 422 et suit.; De intiSià^èr'i)df»j 
t. Xi, p. 185 et suiv.; De capiendà ex hostihus utilitate. t. VII>^^.i âCil9 
et suiv. • ' ' '*'v.'» « ' 

^ Conjugialia prœcepta y l. V!l, p. 4^2. ^ .. • i * 



390 CHAPITRE III. 

époux de bediHîoup de fâfûtQs^)^ Les vertus de ia femme sont 
la sagesse via modestie, ia chasteté; son domaine est Tin te- 
neur d!e la maison, ses occupations le soin du ménage et 
Hâdndalioki des enfants^; Platarque demande qu'elle bdit 
so^mi^ au mari , au point que s'il s'oublie , elle ne là'eù^r'- 
rîftëpâs^; cependant il blâme séTèrement temàri'qùl'p^bfli*' 
levait»^ ce conseil de patience donné à son ëp<nisè, pbiit^ 
Wi'fèfesfèr ta fidélité-, si la femme doit la sottmiàgîons'l^*^**^ 
ue^doiD pas régner mr elle comme un maitte sur btte'élit>â(^ 
çWwtisaiprofpriété servile, mafis comme Tesp^k surlelâoi'^S; 
éii ti^mpàt^hisani k sed douleurs ei en le respectat^l cokbSôfè 
bêlant ^etf quelque sorte qu'un avec lui *. Quaiit értiit fetf^ 
^cs v^l^^^u^^ donne auk parents de stages conséiléfëiii^lëïir^ 
édtféalion physique et morale; que la mère lesf tf(M^ri*lé!^ 
èH^-méwie , afin de se les attacher par un Htfn^ë^ pîiîls^'^è!? 
que le- père surveille leur instruction avee'la IpIfes'^SéWftifefe 
àÇtetJtvôm*. A une époque où la famille se déso^'i^khïSàit'dB 
plus' en |ilU8, et où dans toutes les classes de ià'idfcSëW^tf 
hofliént^égdïsme éloignait les parents de leurs' enfôti^v'nUP 
tav^u^'s^efiterce de réveiller les sentiments de ti ^ëèfd?ê3Sél 
iiëmïiélleîpcKir recommander aux pères el'àiftikhëtà^lèdë^ 
l^irlë'ftimcrf^ursenfonts et d'avoir soin de lëok»laféttif*^kf2?*li^ 
CélAè%>nâ!ture il trouve des types du Irenfmttii^'qtfii^dHi^ 
ilHl¥lô>lpè^ à^i flis ; l'homme seul ,'dit-ir , se lèisèë'll^fiihi^hW 

p^r'Sé^îifitéJ'êls de la voie que ses îtistitièt^ luIpfèsëi'îWWt^? 

il ,1/ j> 'î, .i . . • ■} ..»■•• «il li'iif' \rj 'luoq 

(i.^««fc)ftèM».Y%(r».i> MniatoHus, c. 23, U «Xll,if^j ^/i^ ob iri'jiiiGfu 
-(ft^^>*«'»Pf<P<^^^ ^* Vil, p. 449ctsuwiM. i<!'« ,ii, h tM'H| riif Tifr.,] 

^Dé itoerts educ.j t. VU , p. 1 et suiv. — Quelques savants coDtestenl 
^De amore prolis, t. X, p. 70 et suiv. i ■ . . ! . î ■ 



ADOUCISSEMENT DES IDÉES, ETC. 391 

Les esclaves doiveul être compris daas le même amour ; 
un passjage célèbre i)e la biographie c|e Catw tévèl^iiiQiite 
la différ^euçe QQtre TaDcieoue manière d'enyisag^tn* el di$ imn 
ler leseçciaves et le progrès que les idées avaîenl. hki ^boia 
ce rapport.cbp^ les esprits acceçisibles à rinfluence^ adoumr 
$^p)«di| cl^ri^^^i^me. Après avoir dit que Caton avai|.)'beh 
bitude de^^.délaire des esclaves qui ne pouvaient piaa lui 
rendre d^ services, Pjutarque sgouteles réflexioûSiqueceUe 
mi^pîère.d'ijigir lui sug^re. Nous les rappoftûna en doua 
sefîV2int,de ridimiiable ir^aduotion d'Amyoi: « Toqtei^fiois d^ 
Yf^f[}re aJQ^i les serEs ou. les chassier de la q[)ais0n«li(Nr^qH'il& 
spp^ /e^i^^yi^llis en vostre service, ne plus ne iii^ifiâ.qtfe'^i 
c)',e^^qj^t| bestes.mues, quand oh en a tiré des^artipei^ 
i^M^iffm ^iâ) il n)e semble que cela procède d'une par Vi(0p 
ijyde^jçjlf.tr.^.dpre austérité de nature, et qui peas^i 4ffe 
^^f9j;ip[e.^i<homiqe il n'y ait point de plus grande. sor^i^^ 
gH'3^/^iftJ>iig<^ réciproquement, que de tant qu'ils >f»wmU 
y{)er,pr^fi^^l,uii)ité l'un de l'autre; et toulesfois noupMQj^rifj 
q{)p]la^§pil,4. s'çstend bien plus loin que ne fait Jsi iuj^ltf^^ïi 
B^gÇÇbSSf I3 Hf^tur^ttjQUS enseigne k user d'éqviiil^^tdftjîwfej 
tjap ^y§i;^.les h.oijQjnes seulement, de grâce et. deiMr^gn^ 
4H?l4l>#?^ J^^qP'^^^ bestes brutes : ce qui pii*^)^^^^ Kl^liil^ 
Ç(}9^iift^dfi.(ja\ïcçMrie|,4'bumanité, laquelle nfii!iia)t£J^$ttM9 
^/dSiSftlîhpffffl^v- Quant à.moyje n'auraiçi)Mïw^%P«flD 
d«jîi^i)^fiLlQ,/)(puf x}wi auroit longuement tebQi|féff}s^,ifirf§q 
pour ce qu'il ne pourroit plus travailler à cause de sa vieil- 
l^e..v^^(s^n.cor^,mo)jn^ un esclave en le cha^^fi^^ 45J)ii|r!netde 
S0P {R']>3,.)du.lieu où il. auroit longtemps e^éAB^ijii&i^^iq^JjSb 
manière de vivre qu'il auroit de longue^ maift^e^OdàstttméeA^ 
pour un petit d'argent que j'en pourrôîs i^tii^ne<i4^«^- 
dant, lorsqu'il seroit autant inutile a ceux qui l^lèhStet^oftnt, 
comme a celuyqui le vendroit*.); Dans un autre\r^Ke,*Piu- 

1 Cato Major, c. 5, t. II, p. 391 . — La iraidu(A\m^''km^(Â^Vêëimi^ 
tion de Paris, 4645, fol. "" '» " / ' mv.m^x âto^.u^ m\ 



392 CHAPITRE ill. 

targue complète ces icjéas si ^<)uitable;$ , en expliquant com- 
ment i\ était arrivé lui*niéaie à traiter sesidomes^um^sayec 
bienveillance. Il avait commencé par s'e^p porter f)Of|i(iff; ^^x, 
qpaifd ils commettaient des fautes ; plus tard,, iUy^-^&Sf^ 
dei'inipassibilité des stoïciens , cessante de j^1fifitç|^ çjlf,pçj^ 
rant de laisser ses esclaves devenir mauyai$.pl\^tôtqji|i^-4^^ 
devenir lui-méipe en se livrant à )a pas^iojq ;. ^ajef^^^ 
s'étant aperçu que > traités avec indulgence et (l(yAC^r^.,^ç$. 
esclaves Le servaient mieux , il savait reconnu. {que}. 1^ bqf\^ 
ayait plus d'influence, que la rigu^eur, et.(|Up|I^ .«},f^^)ï 
était, un meilleur moyen de commander que la coJè|rj^{}.jI!^j(^& 
aurionsjpu multiplier les citations pour caraçtQrji^^!:^ \^%f{ 
dances de Plutarque; ce que nous avoqs di^ ^9^,l(^^(i 
sufiisanl pour signaler la différence entre les dQfitfjiijke^^iijff^ 
raies de l'antiquité et celles de ce pbiloso{{t)ç l^i^(i,;f)^\|^})|^, 
dfjminé p?r rinfluence croissante des idées çj^^'éf/j^n^i^^. jgj^ 

,1. ,, ' !■' » .:.! rn\\} fUoiO 

^Z.Epiclèle "— l>''l«"0î 

-.!. /,. ,. , . •! » .i.,,.î'mp «fiKb 

^< 'Cette influence est encore plus visible cliez'ïîpVclèleffôÏÉ- 
tëfitf^ofaîn de Plutarque et ancien escIàte'd'tfrt^a'tfrJIticW^âé 
Nëtôl#.'Cfcei: ce philosophe, banni de Rom'ëpâi^rioiiijtiép^^^ 
ftWàifôyws rÊfncîen stoïcisme cortïnmeh de s'e tl^ansfc/f dët. 
Eftgô^tf aSns^'fe grand courant des iclëes Aoave'llé^ ijoe A^AIfë 
j:lè(rbéèd»fl3*ï ne pouvait arrêter, ce système s*ël6ïghe"(ile^plil^ 
fetf^Èfé^deèon origine pour revêtir trfl ciaraélèfe d^indiilg^nBe 
k'fl'^btlWfiiÉrité^de plus en plus étranger duiî piSh(jr|)es M^k 
preiftfî^Sfi réprésentants. Par son profond èynémbrairi^t^à'és 
sentiments pieux, Epictète est peut-être le plus pur parmi 
les philosophes du paganisme ; il nous serait impossible de 
comprendre cette pureté sans une influencp étrangère ^ la 

* De compeseendà ira, c. 11, t. IX, p, 449. ' . 
^Voy. à la suite du Mémoire la noie 4 sui; Tiacito. 



ADOUCISSEMENT DES mÉES , ETC. 393 

civilisation païèûne, et dont Epictète lui-même ne s'est pas 
rendu compté'; sll en avait eu conscience, it aurait franchi 
peut-être të dernier pas qui le séparait du christianisme. 
NW'j^aiïètoTt'd' parte avec autant de reconnaissance et d^^d- 
nôîtaVloti Sér'trteû, de sa présence partout sensible et des 
Bfct^aïte^qiï^Jf' prodigue aux hommes* ; nul n'a senti'aussî 
viVëtÔëtil qée (à providence de ce Dieu n'est pas une action 
gëiiërtde et àfbstraite , mais une intervention spéciale , înçes- 
siiÉftéjj paternelle, dans les affaires du monde et ctés hommes^.' 
Lfi^mmé é^ét Tenfatit de t)ieu ; il est l'objet de s'a constante 
^fbléctioii^; \\ est créé pour le bonheur, noii pour un bon- 
heur passager, consistant dans la possession) et ta jô^uîssànc^ 
Aiis^'ëhdsès extérieures; car tous les hommes n'ayant pas ces 
cfiShésH leur portée, )e Dieu qui les leur aurait refusées sê- 
rJIHMjif^té si elles étaient indispensables à la félicité ; or, il 
est àrîsf^î impossible de séparer l'idée de justice de celle dé 
Dieu, que de contester que le bonheur soit la destination de 
tous les hommes. Le bonheur consiste donc uniquement 
daos quelque chose d'intérieur, c'est-à-dire dans la paix de 
l'^jç^e^^^^Pj^l'ia^Sftnca du désir des choses qu'^j;^ nfl.R^V.pas 
5<CTfe'.1^\ Wt.WQlles-Riêipps, sont ia4i<S<rw«ïfi,^o^ift9r 
^^^fiWfa^Wl^^^i^.Ift p^^?..gV?pd, devoir <}e l^hpipffiS ^M'^. 

^sflj'^Hr?)**^)^^^^^^^^ pçpf,affligei;.c0lMi,qfl^,? ,r*^9Bii«l^ 
?'P*é m^W^M^hW^^'^m^^^ C'ç^f,dîips,fift#fflMW'*l 
i!^n^^m}ifimM R?^^^4'Epictàte qWoftlwsjÇ^pffljjfete^t) 

i)i»:<>;î 'îinj ^îïlii •'' hJ" '. • j '- : ': . /H'jiq aJnoffliJnoa 

.U^^hj^fm^^^^^^ P':89- . , uU ^',ilqo8olrdq 8dI 

*0. c, I. m, c. 24, t. ï, p. 484. 

^Manuale, c. 31, t. III, ^.'35i '» •« ^ • *^ .^v.v^<,^^v^^^' '^^^ 

^Dissert., I. I, c. 9, l. I, p. 5Ê. " î' ' ""^ ^' 



/v 



394 CHAPITRE III. 

tort, <x)0)m6.€iDpreiDt dlégoïsmeerd^ndifférev Quand 
i] d)ermiiii<to^u'<oii fiMbe s!ék\ei ad-dessus de ko«t; et re- 
iiQi^aefi^ltteauK parents, aiixenfantâ>,tauKnanlfô^iti b'pa- 
Hiria, oomme à autant de choses exAérienres^^ iWfuidîMfmiï^ 
l6fj9^Qt qu'il Ae faut pas y concentrertexclosiveàscntitoutèé' 
^^ t^fTeclions; autnemeni on se met dansiuii état)(lp^[s<^iaQl> 
iqd^^.^n jdev.ieDl iaalheureux et inoonsolablellHiicpi'dDtipëiii 
ceiiqulott avait aimétrop:^ efest à Dieu qu -il feui-sfoo retnêltto 
fmip $%f^im etea famille^ e'eM enloi.sei»)ifu'ihra«itt|i]ao#i^ 
ti9M;$ 9^f^ Aéairs.,.«t on ne sera jamais mal^euffeux^.* ;M|ino'ii 
')} (^oo»pieueofenl de Dieu ^ tout bomme fait partiel d«<|aa(iifè 
^il^rim^i^m compveoi les difeux et les .boHunesf etiotoai^ 
patrie terrestre n'estqu'une image iiii|»arlaite^i{ya«eoploieiioè 
d/i^jt^^dhoï^^n du monde, de faire partie 4oèég]raite)deil'(ifii- 
\e.i^, rtfvèjeà rbomme ia^aleur de sonîndjvjdualièéifid mliitaa 
qi|j^), iq})ezi S4nèque , la qualité d'homme >U\ëél) (dusfaeièB^J 
iD6f>jl.lQi[^rmlégedu citoyen de TÉtat lenresWevik^ydflf qoèr 
4e^(^4(SiP9iSS0gers^ elle réside dans la ndtwmnftollî^nlfidief 
l!^e>,|.f)pstir(^ pour une cité u0iversQlld<t|iii> Mipaase»! 
y^^ i$i;4poo Epictète enseigna q^ie wU;toiidiJ JaawflDçraif» 
BBfflcipe-jW'Pi^^J , est dti vivrei conforn(ï4w^rrtf.y4u»aJ«i(iSii(> 
^^^ijWlfli''*li'«Qi^ ^i^ OOdiforineià lu tidiHmé rSfiûîi^llfôJfM 
l'ill^Wiii^^iil'liMie vje pvi'e d^ fndkG@{i(a\ief6st^elte fibs^teiè 
Ln%R^PR90M$pgasse ât<»kif^^iq!iM, itc^ii^i^efait^^ 

sjp^^i «^^a|çi,4e rhomme^(âWl^^î(i<^^ti>^^^ 
i^^^j m^r^) û'cin douiUJt.p^^;} E{tift^^iait'.cp«l^aipëië 
nie; il reconnaît qu'il est impossible à Thomme, même au 
f^U»S($âgeb, d'âtr^ sans péché , qji€»t|^ie]cbao.iîtiopiiiss^«i'Se?ve 

î:* ai<jen,\ GcicAtoArt der Philosophie y^édit.^.irA^i^ ^8^P< '^ï ^ 
^ Dissert., I. H, c. 47; 1. IV, c. 1, t. I, p. 270. 551 ; — ifan.jioM^; 

i. m, p. n. •>. .. m.' ri ±i j ^w^^um- ' 

^DUsert., 1. I, c. 26, l. ï, p. ^33. .. .; I . ,(» . ,1 ' 



ADOUCISSEMENT DES IDÉES, ETC. 395 

tendre à oe ploâ cômilketir^de'fâfoles''. Gem^t^ptttrti Tan- 
cien; orgueil stoïqiiief il y a même eohHfie^«ii>:éch«À'«4ë(l%^'^| 
mjJlitiâ ehi^lte»D«) daod ce conseil r aSi ta^nteois léc^ê ^Ëoifi^^ 
coQmfidei^ipati ter croire maatâfls^. » Sénèxpi^e ^ift«[it'4é<{tllé 
dtDDOipeiBftéô/aiatogue le devoir de findutgevicê'étidb'iniât'^ 
dôA^^Ëpictèt^ cootèiitie' de marober daf)s^= cette voie i il D^ 
feutcpa» s^)èâller!de)j«tger^les aHtres ; si nfous nous «oyon^ 
€irjesQiséS') (SOQ^ons que l'auteur de I- offense â pmir^^am^ 
^nridpmciâs nefuroeheè qu^il uousfaio^ ou 'biefi^(||'i^ 9^« 
trompé , (^^ij'iu'eb pas.veuiir^ii(ms faffne-dii<lndi^<;"il a» fêJiÉi!^ 
49focr|)^) lui ifiorler rmmm ; toln ée ieiidi^e <le<is)âlf^y{^ le 
ieia}9(jious QsensisQiipiNrteroHBkB nm ÏB^mïtm^yt\0\]mmm 
éoasi8*(pa!OBût)tsà'paré(iott«p^i'- - ^^^^\l^')vvJ}!m}iiq 

-iite'liBbesiffelaiîMs avec ses semblables, Id'loi d£^ fltc^tttoé' 
©rtïileftein)ét*8ihtîte. -Sous ce rapport , il est vrai yVê ^§J 
tèilittdmdorii) d^pic^èfe^paràlt présenter la même éontradiëV 
tkqp <lpiev;6eiiii diô^éifèque. Le sage , dit-il ^ n'e^t qbë^s^ë^^ 
Ukeiirfâq^iloênmottdes son rôle est d'admirerHélréelr^ik^bïd'^ 
kffôSBQorresi (i^iDiéu^; cependant il parle^en^(?o¥è' {{lus^^fi^' 
^eoûbenl 'du idbfièir d^ chacun de ne pasquittler^ia ^\tiêéi 
(|ûe^iN«ijPtutb^ateig!iéev on n'a pas le drorii deft^r^lPfWIfl 
tdttalipii^iyQ bDifi)!^ Lîhommëesi uti membi^ IdeaèlWèiét^f 
âedltis^d^ ^'j^mmi o^st>aéig8t ube gvaude obU^ûtiWjp^r' 
hatrq^^hlônjènqueiidiëqoe M^mbvedii corps ne'peUlië^k^éi^' 
i»ai8âdoil^s€rVit(4ei(^ii|(jii(tiâî«ii$D^ Thattimb d'dff ï^%VA^ 
^lsQ»'ip0Giitt(v> sâ6$ ^iù\U M^ë m^ m blâme ;> dlafi^ i^WëP 
ufî 901001 .omoioill i: ;»ii'«"-'«: n. .- . . j- •» «n II :fMi\ 

ouvaxàv, lirpbç to {jlt') àfAOtpTavsiv TSTàdôai 5i7)V£xwç. » Dissert. ^ 1. IV, 

c. i2, g 19, i. I, p. 667. 

2 «'Et poi%tb. ^ç^èç.fïyailyiTtJjQTûyqpieTîBuov éft* xttVw^«i^>H>JF;na|jtott ^ 

t/.Hl>.p.ï6ar. - li-n .OTîr «1 , 1 .}(./■•.■ • .11 .1 .j-x^ïaA\i.' 
3 Ifantia/c, c. 42. 43, t. Hï, p/50. -Tï .q JIl ' 

*Dissert., 1. 1, c. 29; J. ll^zcj^lO. ^y\A,%im, ^22M. Bl9r>'^^^^ 
•'^0. c, 1. I,c. 6, l. ï, p. 35. ' ^ : 5 ' <•■ M A.^ -^^ 



396 CHAPITRE III. 

les rets^trotis sociales , comme père , filfl , mari , citoyen , ser- 
liteUr^rhômnie est ainsi tenu 4e remplir ses devt^iirs; ce 
<]ii^il!ihiit)a«r le$8iens^ il le r»1t pour ta patrie ëtltièrie^ dans 
toteonâilton la pinâ humble, il peut être utile à là^ôUlAé',' 
pôBPVu qu'il soit fidèle et honnête*. Epi^èle s'êlèVe'Vitei^ 
Dlenteonire l'égoismequi régnait alors dans le^nrâdè^ fMlë 
(«Édamvev 4»> ramenait et' sa(?ri&ail tout! a ^'{ritërét'pe^ciîi^ 
oai;, était s^lmi lui 4â cause de* toutes le? inimiliéi» l^t 4k Wni 
ittfr malbêors publies. Ce n'est p^4 sans avoir* sfabiUfliiElikl^ 
fluebceëlEaurgère qu'on philosophe païeui a po veeaàtkffif^ 
eeiqufil ij<>â deifaneste et: d'irréligieux d^aAsrviWelâfiérafè!'^ 
eiàl^itiastée sut Végoïsme, et qu'il a pii écrire lëti O^ef^i^r^W^ 
vbfftesufdL 'homme est portéiratureHement h !^rifefcl*yttï&l' 
aiui«9t:qup.ee:qui lui est utile; rutiittë est'son >p(è^ëV 8@a 
fvèBei, son parem, sa patrie, son dieu. Quand noùsUl^y'èlMk 
que les dieux forment obstacle à notre ullift^^-^^ibÀJ^fiéb 
laaadiksens, nous renversons leurs statiiesv^^^i^l^^l^NK^^ 
4eBF3 sancftuaires : c'est ainsi qu'après ta mort de ^^fot', 
Aiëxaftihre a feit incendier les temples d^E^cUfàpëV'B^'^^iiëP- 
spi'tan^iace^ l'utilité dans ce qui est saint ^tliéHtiIêtié^ciàf^là 
çiiltrie',»leâ? parents, lesamts, tout celi sè»*'a^%afafV'^?ÏPli 
îptoite^dîliôurs , tout périra , car tout sera s^cWfié'îi IWRâ^ïcïi^l) 
i')iPo)itf>da«iver la société , il faut établir entbe'Âëé ttfé#br4 
lié lâiïttei^liett que Tégoîsme; ce Ken iieuvèàft V'e'^t^^^pël* 
tE|»t)Ot^a,<(i'ést la bienveiUaiiceiÈuidktië^lti^râ^fëb^Mëttttfifk 
^tfàsiD»g«eiNt sans colère , et c}M;réh^ni'bikii'4li^id6^JlJi^ 
«ftngiôgfan*k l'utilité qu'on peut en ' réti^er'*l^>Daflë flè^ètts 
extrêmes où un homme est abandonné^d^' ^ôil^V^H^^PT'*^^^" 
courir même quand on est son ennemi*. Cette bienveillance 

.. I .5 } ) H .1 .'> 0' 

. AiÔ.owf J.iFv'e. 5- 14; t. I, p. in. 242; -- IWfn.Y c.^4, t. HK/p:25. 
vA%^l^n,vI.iI, c.,22,t. !,|).314.w .i 

30. c, I. F, c. iS. 28. 29, l. F, p. 97. 144; 463,.. 

*0. c, 1. I, c. 2, p. 67. . . t 



ADOUCISSEMENT DES IDÉES , ETC. 397 

doit commfsncer j^v s?établir daaa la faHÙlle ventre 4'époax 
ei l'épQ^^ei, eoire les pareiiiaei les^ofams. defitdUssîdaiis 
ceUQ dife{f(if>Q 4ue nw^ déméloiis chez Eptotàtie dastMicep 
à'ui^^m^i^kfMefkm. Si le devoir de Thoauna e6t.dâ<gair^î 
d^ç;^i^)€iiv t^ttlc^. choses, il dqit la garder surtout dansiq 
xp^^g^liiAa^ yiST^Hvis de sa {Kopre épotiae que vîs^à'^vts de 
cflH(^.c|ei|s,^ui(r/ea } l-adullère a'est pas senleneot uUcrTioia^ 
iîm é^ ilieA :1e, plus sacrée o'edt eaméeie leisiM&^un orjme 
c([)pir(^{la:J%épabliqu6^ EpîfClèta veiit foodfir.l&nidriBgB surf 
lA;6^^QfiéçÂpr$4^, isur la cbasjteilé do efaaiMt»'des>deuM 
é99m^},l^.|^#abestuii' orûeeiiâUtst des feminds BOfUllaipnon 
(^^i^.e^ l^ {Hideiir^; la coascieKe sévère et déiîcatftidbflhi.'f 
^^ffifphA.§'4Q4igne de la eorruptioo des dames rdmaJQoSfide 
/}gg ég^Q^.qul^v^iem oublié ces vertus et q^i^pouafusiiiH 
4tf¥y^4ib^Û0dge:, citaient Platon deffiandaoiilaaoDNM^ 
^u^(4^s feppifpes^ 00 se réjouit, s'écrie-t-^il a.ve0'tmle8si|^ 
^}j[(;f(|i|qf(g^Si^'o^. trouve uo moyen d'excuser ses pécfaé»(;ai 
ijn^îoj^^cqt siver&i^ment, si souvent oublié dea ibéorieiens 
j{i^f,jÇrjÇ^eiWr(PPuvojp jouer aaos danger avec ded ebriofèfeaJI^r 
fii^é^>\ ^ Â^Mf^ ^Q gai!der d'étendre même ledojgty.bfiviiliiy 
^rc[^eri(ft(»j^JQ^rs des. genâ di^osés h s'epo^ïaner/de Jaifiktf 
Jé^j^f^c^s^çntpour j.u^(iier leur^ vices^. AiUeufi^ihctoolf 
î^fhft!^ Wiéc^Pt^Ç à MO père qui , ne pou^vaDkjWiftoppMter 
]^|\ifj%^f§pn ^fy\n im$^la4e, avait quitté sadein^iiei^ji^ km 
ffNNigll^îl^^i^.YiW'^ ^^ laaei»dFes^)s pateniieijieieb ksntiDêiilik 
(f^Hgdi^Qniâ^iF^iVlrAj^i<^^t q^'onaime^ et doot|iM^«otgàte 
^é)^ g^Pitoitr^'^i^p^l^a. services qu'en cas d^i itefli^ftimiOB 

*0. c, 1. II, c. 4, t. F, p. 183. 
«ilfan., c.40,l. III, p. 50. 

3k K^cA '^ ^ov, oî,4siôpù>7CQf ji^afcpotKytM, «xiro^oyiac T^îçllaO-çwv.ôîJiteip- 
Ti^(xa<Tt iropiÇovTEç. 'Etceitoi cpiXoffôcfia ÇTqclv, 8ti odlè- • xo^'^'^JrtiïXov 
exTEiveiv slxri irpoffrjxèi;* PVo^m. 53, l: ni, p. 84. i » • ' ^^' 

*Dissert., 1. î, c. 2, t. I, p. 64. ' *'' 



398 CHAPITRE III. 

S(ur le.t0irraiD.de resdavage, nous tPMvoos Epictèie d'ac- 
conçl ftVieoiSëttèiiBe^PiiQe, Plotarque. Lni^ qui aidait éprouvé 
\^ jdureté 4i($ cetie eondition , a dû naittreUementiinéditer sur 
!e9,iBO|f#n6 de s'en affranchir sans se révolter oondie Ison 
lOAttjre» C-eal dans le stoïcisme qu'il trouva la eiMisiiiitioB 
d^Sf6$eilaveis, comme ^lle des pauvres et dBSiOpfirfiiiésJ>Li>*» 
})^|l^et,8^mtiiée 06 sont que des mots quand* ièis^flgiÉ^dfala 
ef]|Qditio9tei^l4rieur6; elles ne sont des réalkësque^<|tNMld'eë 
$^uvt(4^4^t$, choisis Y<4ontairemeiit t ^ il eD'âst Je^.iiiâBl&de 
litif^iMin^é et 4es mbesses qui^.eB eile&tnémesA, ne^doKidû 
ujilfihim i)i{un.)i|ial<^. Les choses- ext^iiieufeaiisolitiliûiliff^ 
c#n(^lv,q«>itliporle' la eondiition du corps isi IfâmèreftiUbee 
<)t)(|i^fAte(9e manquede rien? Elleest libre, iqaaiKJxleitmQ] 
Q<9 <mm9* .empire sur elle , et le mal , : ee sont Ies<dé8iisaitii 
l^iJi^^wneutetit et la subjuguent, quand. ik:iont{>pi»utaob|qt 
^ tôiaQaieKtérieurs iDaccessibles; Pour si^ldveoyàilaabbeidâi 
C^f^40it;dcioc apprendre à se dominer, à iâd(poasâdeD,']e^&l 
MJ^iiiiittnonGer au désir de tout ee qu'etleitieisantfidtost^» 
toibânei^.- \ L'esqlave , affranchi par son madiré*^ t (^ïsip$lh 
^miami aus^i longtemps ^u.îl n'a pasi le cailnsjtfeiiràtti^^Byl 
Bk Gût^qud oh^tager de servitude; de^ més(ie)bas6i^ l^^neMné 
«fit eselavie, etplusemtope qùesoniseriviieBr\,dtt9siitongtËii(^ 
qyéibeeblaifiOOs l'empire 4e ses<(»asifQns,< i de ison ssàhiw»^ 
êè s^itesi^nsifoctices^* Pour.s'iaffamèhir^,41'8s^(îia$lfU^ito 
çbdpseir^d'étetvil fautcbangnrfdelsân^liipfmt^i^ftt'sféiéiKuqiS 
lâiiilifai^m^ ititérieiii^e «par un aiofeiëiien^qiiQlde teiiabutéq 
(»eseky0;ii^pai Vf aimentiiîbf e V dèsi i|iiribaaoa(c^^ 
l^rU^M^ #i^(éQi«ii»re,quand elle lui «est dnMtfesahM^^atfveisB 
à)J(>^af9^1lÂSQment intérieur, on estiihiursîidfôliiitlJàiiillèJêid 

«Jfan., c. 8, t. m, p. 66. 

«0. c, c. 21 etsuiv., t. IJI, p. 72. : • I • ''t .^ I i \vv/n(W 

3[>M»é?rr, l. IV, c. t, t. F, p. 529. , » i !.. /i J ^^ 

*0. c, 1. H, c. 1 ; 1. rV, c. i, t. ï, p. M^jm^i lî • » . - 
^Fragm. 44, t. II, p. 81 j - Jfan., c. 8, t. H, ^^. fli. . « 



ADOUCISSEMENT DES IDÉES , ETC. 399 

chaDgemeots de ialo>rtiMie ; rien ne jette plos te trouble dans 
Tàme ; resolave^ue tremble plo$ devant uo^viaiiPe ir)ti(liilài&, 
roppsidié(ne:craiiil plus ies tyranaet leurs dftiellileB^: ll^yd 
deJa^kfiMEtéietlde la grandeur dans ces pages t)à')Epidlèl€f; 
aocieiD'HseElacè jd/uoi maître emel , parle avec tant de cfaiiàië 
eLldes^uofaif^se^db la iibertëintévieure qu'on peut garder a(i 
fliiUeà de^-ià! ^envitude; il proolnnpe-fa liberté le )^tid grmd 
d«ii*lMa|)SL^ViJS3>3^'tKiattdlre uneseute- fois^liËSitiiâUi^étt', ëëns 
6ti(9t0Ddea>ieâeèaiiesi a rompre le<ir joug ^^ veut qtte <:ièu!Ë^ 
ûbttiobefli j^d leusnaBétlies une liberté piiis réelle ,' ptu^J p>*i^ 
^bûUâiteKlfflflnsiiippressairsjTduterois 9lini*^fp86 élé'îafiH 
aedUdfH-ofoiîdëmeiit l'injustice de resolÈiV«ige44t>e«dt^adléj»8^ 
Ipiàerixprâmpr.Letdésir dé le Toîr aboli<!:nMl)e'«tm^|||d^ 
lilp)BiiB$t6aiu ûe<vojudrai«'pas être servi par'de^tnfivmëë ^tf 
fpidoctus()qtiiobahi(eDt avec Uilfossent mal2id0â(j'>Itbi(iMtaakJ 
|fttedileGldéTiEaiti'pas*se laisser servir par des •eselftVëfiii ti^ 
lak^er.eabsffiimttuileiceQx qui vivent avec iuiH)) Od^afiU^dVé 
<(j«)ltiiii«:BiB(f(»ld>dq>niépri8 en cette madme^v^^'^^i^''^^^^ 
tte^9(pli|it0^ IIIB61 protesiatioii: contre riDJquitélde'l'^kttt^ 
Kagaovàïaateuffidteb'égalitié de tcMis ies hommes? jNoos soitabed 
àeuftâidijl Meifidejèésio que rhofiifiie' libre respëcte^pslKâ Ja 
y^jpfiRtJ^ndlijreUexIe SDH (semblable pour ne f^asi^le lafeise^ ^ 
çeKMÎiddfiG) rnousldinanst'^iépineleéésvr qu'iïaffi^àùôMsselièei^ 
êteUi»snpMr llesioèknr^ïtià^ b dignitédi'hidiiiHiiéd^ytr^gd^ SI 
Epii)lèlè^B*i['paâflqpipiiy6<datiaiaag6'is^ ce poitiv/6'd^qââ;^ 
piiNeini^ad oblmq>ij^Dst»ïe)eii,nil $'1011 oMtcfnuait pôt^PriifciM 
imiBèbetbleHet ojiaitJftdfficpiiC^tpour «}<)Ufii sesi'Côifipe^âd^ 
sBi^iteâé.^liflfeiBsiwisatoffisictué ce ca)die>éi»ir4itf6 Ma^èb^ 
bifttédiffîOidëeibpirMi^aes une îndi£Mrento tfterdjiili^^if^i'' 

^Dissert., 1. F, c. 49, t. I, p. 404.' ' , i ■.'- .i) IS: .;» ..o .0? 

2o:c., 1. IV, c. 4, 1. 1, p. 540. .♦.:. j . » i . ./i .1 ..n^^^sa< 

3 Fray w. 43, t. U, p;L^i":t .. I • î ;« • j . M .1 /. o - 

*M. Wallon, t. m, 9. 114.. /- u, = .::..... 



400 CHAPITRE m* 

}f^}f,,m\}imr quelqia^a^^prits philofi0fhii}uea'^imîsioi;a~ 
g^]))^ à^ devenir m remède univ^sel poun Mute* bi partie 
Qppr^éede la société païenne. Paruo^ffetcf^tn^iiégoëoiie, 
0(M?,^e lequdËf^ic^te luttait, mais que laf^t^/di^tMiefiaiiIe 
ajirait pu étouffer eomplétenèent en saû.âoie< A diaMt qu'îl 
ne fallait pas offrir l^.remèdede l» pMôtK)|^'fa6(M9»t'i9«înd 
Vien^eot psis je solliciter; le phîlospphiefiaelM Uii v itd' doff 
v^i, P^^ ^i^^ cpipQieicea DiédaeiniBd^ ftfHPaè-qta «iêoi#laîwl 
çb[fi;çb^r lesmal^de»;, au lieu de.|ea^tAeadrQ»1^:A Tnsiîee.dÉ 
^^^ qi^i |)e ^e seutaient pas assQz maUnaa^élflixnfiaéiii^ poiir> 
s^mM)rter sana murmure le malbeiKriioiiJatairféiiNhrifiitpDon 
s^^^PPuiUer de^oui désir d'améUk)set)l6iii^toab(iitioo|, ilMé^ 
ofi^t e|r réserve un autre remède : c'étaiimlm^dvpfigQfiiiisiii/ 
letsnkide. Eo contradiction avec ses baUâsi€atonatîtMis/fl»lt 
w^fimce que Tbomme, enfant de Dieu ^dMi manoir mhd^^M 
père, il dit : «La porte est ouverte, iœîlf^ los^anln^iiiliM 
lorsque leur jeu cesse de leur plaire , s'en ymI eti'^baMdja 
ne jouerai plus; quittez comme eux la partie, quand elle ne 
vous convient plus; mais , si vous restez , ne vous plaignez 
pas^.» Cependant je ne sais si je me'trompe, mais il me 
semble que là même il y a chez Epiclèle un progrès à signa* 
1er; h qui donne-t-il le conseil de quitter la partie? 6'est aux 
faibles, à' ceux qui ne peuvent pas supporter Fadversité sans 
se' plaindre ; le suicide n'est donc plus chez lui un acte de 
cotrrkge suprême, c'est un moyen désespéré de'sesoustraîr^ 
à fa nécessité d'être courageux et résigné', iè^èst t^aclè d'un 
lâche, tandis que Sénèque l'admire eilieoré comme une 
marque de fierté héroïque. 

Apfès tout' cela, nous ne dirons pas , avec quelques sa- 
vants du dernier siècle , qu'Epictète a été chrétien^, tout en 

ifitoibrt., 1. Hlvc 23, I. I, p. 480. 

nOjc.^iUii a 24., t. I, p.- ia§. . M ... I .1 : ^ * • 

^MûHer, De Epicteti ckristianismo, Chemnitz 1724, in-4o. — Comp. 
Vitletiain , De la phih simc^ p. 278. t / . . ' 



ADOUCISSEMENT DES IDÉES, ETC. 401 

étant, comme dit f^ascal, «un d^s i>faftosopbes du monde 
qui ail te mieni comiir les devoirs de rhomme^ ,» il est resté 
phiiosoplief païen, o'esl-a-dire il n'a pas triomphé catnplë^ 
teraetit et t'or^ietl égoïste; il a méconnu même les membres 
de^ia secte des G^KIéens, en ne voyant dans leur mépris de 
la m^rt^se Vtâkt d'une manie on d'une habitude: il a de- 
mandé si: la raison ne ptMifrait pas donner à Thomme la 
feroe que 1^ dir^iens puisaient dans leur foi^. Hifais on ne 
saursrît nier que les idées de ce philosophe ne soient teintes 
d'un n^t du diristianisme, de ses doctrines sur le respect 
de l'homme et 8«r la charité. Il est impossible , d^un autre 
eôté, que la iectare des livres d'Ëpictète n'ait pas exercé 
OMT influence heureuse ; elle a été une préparation à i'Év^^ 
g9e, die a contribué a amener des âmes à Jésus-Cbdst^,' 
Ofigètie coBstaie que des esclaves , des hommes des clasdeâ^ 
iàfi^rieures et méprisées ont été singulièrement améliorés pÉt^ 
l'étude des iratiés de ce sage^ ; '• 

S'4. MarC'Aurèle. ., , „.. 

Nous plaçons cet empereur encore parmi les pbilosojjiiheji^l 
parce qu'il nous a initiés aux secrets de son âme pap le liv^^ 
de ses Pensées. Quoique disciple d'un sophiste qui baïs&ait^ 
le christianisme , Marc-Aurèle ne s'est pas soustrait à l'iOr^ 
fluence bienfaisante de l'esprit nouveau. Il est aussi pi€^3^< 
qu^Epiclëte et parait encore plus aimant que lui. Si Epici^^fç^j 

. . . ti'.y"'îMi 
^ Pensées, 1. 1, p. 1^0; VQj. tout cefragmeQt(éd. de M. F!^m;^rQ/.4S44). 
*'*«.. .ElTQt ÔTub {jLavia^ [xâv ôuvatat tiç oi/Tw SiaTeÔTjvat irpo; TauTflt , 
(se. la mort, etc.) xaïuTco eôou; ôç oî fOLkikoLiOiy ôtco Xoyou Se xal àiro- 
Set^swç ouôeiç ôuvaxai;» Dissert., l. IV, c. 7, t. I, p. 6lJ8. ^ Schwag- 
hseuser eroit que les mots «âç ot ^ak,y> sont une glose margliale,-t. If, 
p. 915. 
^Orig., c. Ce/*., I.Vr, c. 2, t. ï, p. |S30. -Comp. l. III, c. 34, p. 4S3. 

26 



402 - 1 ic»*piTHE m.' ' ' ' 

iritéjwaiwieude Fé|âtitëît)aiut<élfé des Hommes^ etifanià "de 
Sieb^ftMârc^Aurèle, ushôf d'^Ai'ArÈt^ié «empiré, ktyisIé'stiVlk' 
hifôàveiltonee pratique, sdr un afAotirimltatlI'h PlbtMèn^ 
el>T(risirï d© la cbariiié/ ïl'*$eiii qu'Hu^y^a'qy'fhi'seulfMëli' 
présent 1 partout ^ é^^i 4a sonvé^iâ^ iiktôfflgëneé>^f ^AiiffÉf^' 
tseni'êt' gouverne le •Énonde * v sa *sagi$$iêf 'efl^a bon téisoHitâa^ 
nifestesdàns ses oauirres^^; -rieo'U'esi l^4ffèt^ti bà^aitâ, tml4 
arrive diaprés un ptfté siipréme^^^ c'%si I>îett q^ dirrgeies 
sAeeèsieD las revserdvq^i âonne^ottlq^ètelàfiâ^rilnn^^^irilë* 
paissaobe^ il/D4»ig envaie^ le< tn&lhétit^;>tanl ^ur^not^^éfn^ 
pensohflel^tie pour^i^aisco^pKsi^fibènmleses t^e^ darïë^^Hb^ 
maflité; c'est Gi^fntneuûe méd^eféltië', a»iè^é»sams tiiitl{ë>? 
siais^utite a noire sanié spirituelle^. Idéevetigi^ké \^^f^iiè»l 
é^adgàre à là pbilc^se^phie cémoie âUx'haMfi^^'^tÉJp^âi> 
nistnç^. L'homme àéh apprefidré k h'âvoir pd#«^âiH»€fi^^ 
séesjquë celles de eelte souvei^ine îiYietltgètlcë^^tii^éNîsfidHér 
èn;«o»^sein^; if doit accepter avec amour %t^i^peëV|^s&tlàf 
ergnKçileoimifê sans murmure, imi cjd qu'ëtltnui'elàftéVé^Wèf 
résflguer à sa volotité, s'en remettre^ ^l&tcm^^tiM^miSA^W 
éùiiémy mBTcbet m quelque ^le à éà siifle^. -IS'ë^MS^^ 
vrcâ oatme de^t'àme^^ ; différenl^dé^ioehil dtt^^t^idie^rj^y^qQf^t 
utoiefibt de rorgùëtl du^moii é'ê&tiUBeJace^V^iHoii^Voài'^è 
^nèlviftiit de^iBîeU^ une i^i^nâii^n'^uiaf^^Ud^^hb^ÈT^ 
yhtinÉU«B0Oi»issioti du cbrë^ick^'Aind i*ë^â^\ oâ^^ë^ébiBf^' 
»i(fèi(£aptns la mortel la vie,i(aodouteur3t (ê'iplaisiri,i'^es^i'^ 
chesses et la pauvreté que comme des accidents , on sait que 
ce ne sont ni les véritables maux ni lesrn^évjullte;^ b^^, 

'Cap. 3, §^, p. i6. ^'"-n '" ^' r ' 

2Cap.4, §§4et5, p.'l9. ' Kq JL Tl: 

3Cap. 14, § 46, p. 88. -^-^^ T 

*Cap. 3, §1,p. 16. '^' q ^' »^ ' 

sPassim. ^* M .'' • ' ^ 

ePassim. *. • • ' ^^- •'« ' '. * 



ADOUGISSEUB^iT DBS 4DÉCS , EtC. 403 

c^r lia éfihoiei^ inétffétemmml laox fftéekdois comme .»uk 
b^DS^; ^^ ré$îa(evai]¥ Aeniationsr du «9fpâ, ou , conpoie dit 
ilffiïi^Antèhf, eo se^rvant d*iiD Udcme cbréUen, ifUrodok* 
(^i§#^Bi^ ^9RS 1^ laugpge de la phil^sqAîe^oii résiste 
qp^'«inipr9Milop&doqf;e« ou rades de le ekair^y^-^ et on re^ 
cftwif^t 4a4^ ràrne ia sonme ytaid ei kiarisaaUe d« bon^ 
b§|}f ?,., Do.^elte manière 4 m t^d à devenir sembluble i 
9ietf ;. «Qi3<iitutic}Q daii$ las lutli^ de Ja yie^c'est {HréeiséaieDt 
l^^ per^^é^qitfe^Qît^ fie se Hoom pas d'étiv flatté par «dès êtres 
if^isoiipfil^ki»^ mais 4e les vo^r se rendre sembiablee k U»K 
Çf\4evQJr.de^Sie( spumettra à I>ieu pcMir s'éteii^erà'iuîv estf 
c4lHÎid^f|^i^)les bi^Himes,indialti»Qtemeiit. Mai^Ainrèle^^ 
co4)rM{ plfVfSt c^ir^flieni eneore que ses devanciiers ia valeur 
i^M^yi^M^^}!^ de I -homme, la dignité humaine indé|iietidan*B 
<d§|i9tytf)j<ïQ|idfi(i<>ja exlérieqne-, Tâme raisonnable, détail y;se* 
éftifj^^eii^fêfm lespect d'elle-même^. Or, si je me reapœle 
ayj^^p g^qim^Dt m respeeterairje pas dans ebaqne hqnim& 
^pS;â^l^,i$ga|e à la miseiiiie? Quel que soit le maiheMKiai 
^^Pi^^f^i^^U^n^e , qu^ iqae sott le cbangemenAmtosdipiis^î^ 
ti9Qi$(HH^lQ,iiil re&te ii^méme dans son être iotérietfrviScumiH 
^|ur;!qiof9ie n!en est pas altérée^. Tous les hommeeiîiooi 
é^^^^^^qv^i ik leur nature rationnelle; ils formenfïrdne «qy 
^\è<^iSi»f¥i^e.i\aek la|Kitrie terrestre; chacun lioUivItisieiit 
l«u(iicl)H(t^t.(siti(^y^idu<pioi|de, «de cette cité suf^éUM» déajb 
let^.^fie^rpit<é9 a^nteomme les maisons^;» (c comme iàatd-l 
Di9iir,ditrfJU: j'ai jRQmdM<4;pnim6 homme j'ai le-nk^odist)»' 



1 \ jiCr. H'» î' ^.' »J0 '' 


■ K. y \ft<:}\\j 


Aûfl 5^814, p..86v-f.I -■ .- 


îiKv 'm ivj 


*^«...Ô7ràp Xeiav ^ rpaj^sîav xiV/)ffiv x^ç aapxoç.. 


.»Cap.27,§27,p.n2. 


3Cap.9,§8,p.5i. 


\ j: qP..)' 


*Cap. 27, § 27, p. 473. 


. ; .f. .q«)- 


5Cap.7,§6,p. 32. 


lU <|»:'» = 


6Cap.i4,§2, p. 81. 


î ! •'■ 1. ) • 


•ïCap. 15, § 18, p. 95. 


'... :,/l 


«Cap. 4, § 5, p. 20i - Cap. 5, § 5, p. 27. 


■ '1 



26. 



404 CHAPITRE m. 

Dans celtë'ellé unlva»^efle, cWadon a sk niFàsîO'n à remplir; 
Dife<i ,'qiitieti'è8t léchef, sali se servir de tdôsfV^il ^ifeîgne à 
lifiacyfr'sa t)lacè« ; dans là posîliôb la plii^ Igtaol^ëé'^ 'Bb^peat 
être w tfn tKrmme divin , » libre , modeste ^kbM}A\h'l^}rëkV^hé 
ilrix Volontés de DJeir et p^r tîODSëquëfll' feèîrfrkix^' "^^'^ '^'^[^^' 
"^Dào^ ces considémi(yns, Marc -Au relié •th)^'*'e^fè!è"pilli^ 
pâ*èiaol^ motifs d'aimer les bt)rntnes ; rioh^VefWlèim'iVif yi?tf^ 
dè'sa'nbtÎKMi,' mais le genre hàmaîbtô\itentîèH!^Liêy tfMttféS 
doivent' t;tto{)è»èr totfs ensemble à une'rtéiïié tëiWfliV^1ï^tf<9 
rdu« dtfné î^s' â^isoléi* dàn* son egoï^nafè s àttHîèlir^lie ^116^3 
fté" h-fllkfe>.'jerféèmsqn'uneprtr«<j delWsëdëtg^h'éfn^ïM' 
îPfèftit^(èfclhè*amment se souvenir qu'on es'tîpot^ertf'dfe'^oMïêi? 
ft<!ÀiQfttlèè*;' qu'on est un membre d'un giraiid "daAlSPqô?! iiM 
ntrtl&V^t îïWïomplet ; cette pensée dôit^tibus tiGlHil^^B!i9§? 
les hommes et à leur faire du bien^. Ce sehlîlÂièfiJtiH^fâoâr 
Wt si VIPfchez Marc-Aurèle que, quoiqiîlPVoïèiy^lftftiîtaies 
Ôës6n temps se haïr et qu'il ne trouve jiîàé^flfeHiiilfl&liifé'SÏ^ 
fiecHWr parmi eux, il demeure néânm{)lnsr 'éiiiVilItitti^iitî'flS 
ffétft hHs pour s'aimer», et que le prbpte dMMMkWS^^ 
^M^ém le respect et l'amour du proeHàîH '^^'MM,'^^ 
W^eilt^artrf et secourable^ il dil,'Hiest'Vrî!*;'ti««,^8fit'^-' 
dëfiW' Italie «Je l'âme, il ne hht'kst^mmik^ ilieè^^ét^ 
S^ë^V^m^ïs cen'èst que pouf éviter Fè^'WoéfVétoéBf 8^85 
l^hte'î^ifi»à''laf»lbls tfouMenl resprftiët'fësiféW^ 
l^'Wïifes! Gaî* il demandé^qu^n-^/enHè^âuVétiur^^iffli^ 

géSH m Wtfhdireûî, dé eéux^^ péfdmiëyr^tfrflfflê»^^ 

-i'Kj'jin tjï -W'. t . 'li . ri.i\ G/ 'jii li ;^oupilnc80§ot 

«Cap. 31, §7, p. ^95. 

3«...<I>iXT)aov TO àvÔpwTTivov YEvoç.» Cap. 27, J^ 4, p.Jfîl^j^j rv| 

oti^'P,- h^f VrA^- . , - , . :,, .,-, .-..;. ^C'-U.l ^'oiSJ'- 

5Cap.8,§20, p.48. . ,;, 1 ,,, ,. ^ 

6Cap. 3, §je, p. 41. - 'Cap. 7, § 6, p. k. ' .^ , .. .,1 . 

^«'.'..(A^i duvêitiOpriveïv , jx^oipûÇeiv.» tap. 11, § 1^, p. $4. , 
«Cap. H, §12, p. 64. '"'' ''•'"' 



ADOUCISSEMENT DES IDÉES, ETC. 405 

demandç Qa'o.9jejVf Ta^e.du bien ^ $aDs.au«{)4r& 'oti^rcçon- 
nais${|9c^4 in^fn«;qf^aQd.lt3 bous paieraient. ^!iqgriajlitii«]$. 
Faif^eçifi bÀen,,.,c'e$t a^ir.conforméroeot.à Dotce natur» s ae 
d^v,9if)^e,pA\i(i[<l9s 4^re modifié par la £oodi|ite.4«6 autrest^ 
noire égard'v;, (i| jÇ^m ^pnp. éjendre ,oo8 biepftiiR josqn^à ce^ji 
gijj n(jms^<)iÇÇçfl^eif!lv,.(ï'çM,u» caractère distincUf de, nqtre 
9^^,4^,pc(^iy)ir Içs aiqter.ei leur pardopoer; la meUlewa 
ï^fl^f^ 4fr ise. y.çijger d'un eopçoM , coqsista. à ; inf, ,pag,lw 
l^^^pn»^^,^ à.ie.^?iW»er par l^.dwcew?, M^^V^ d«.l^|5«h 
Bij^4r».I^^Wf''l*« <m^.Ie* die^?. ifflWoripl&,ij;aif^^,#Wç,,bl 
n^^ffl^^l^iijepçfi les pécheurs ei.les hpnMp^e^ideJ^jen^. JS,H 
teiro/^'ftiS?«'ra qw.i»'Q«))liç j^iwais qu^,l^,J^ppïHnftSi,fanH 

v^jl^p^^r^^,fifiys:.}l m peulpascbôBp^•.le^^•fJ^^oft!^|;f„ 

«ofiÇrfifff y^ -ÇîÇfA^^tle ppblesseniinjenis -, ce.n'es^ plp^ ^m 
^g'^iyfîft?ftÇ}W94*fl''.4'âJBeqMi méprisait !eç iQJ,M/;Q$ ^i#y§ 

?fi'îipniHMt^fi(Ws^.li?^.»'e^'' pas non P'"s ^a flQiWfi.i'Wii*^ 
t'?ftfèÇi/l%Sf^"»Sf8W».*«fionQeûtrant en lui-i»êH«v i^w»t,j»' jïftR 

l^'^^-Sffoffly'WD^Ï' WftB'M 1= 1 ^^^^ nn®i bienveillaa^ 4|irf»9^(J^ 
»ft^'}9Bi^.lflf{P!8^/'ei,,flï^e Vap^jq^iM, ^nai ,4éfi)ift;Qbi;vBbJ 
Q^l^f'/ioW. ^fl^pigniies. ni,:,p<al|flu^es..,Cepejidim|i,,flHfflq8B 
eBWt?»îiïfl'Wi(tW'^ <ffi% 5wUp»Wi3 cbe». uft.iWdSftBfee 
HBÏfif aofffjï^IaW^rtï'Jfi^'. B?fi|Ç,nqoreÀ la tpu|evî <!% la,fiharÀ^ 

jugés antiques ; il ne va pas encore chercher tous les mépri- 
sés pour les relever jusqu'à lui ; c'est ainsi qu'il p^rl^ ÇAgore 

^«'ISiov àvÔpWTTOu cpiXsïv xal Toi;ç TrxaiovTaç...» Cap'. 50,"§î, p. 190; 
§ i, p. 191. - Cap. 29, 1 1 et suiv., p. -184. '\ ' ' ';^^, ^ '''•^' 

^«01 av9pwTcoi Ygydvaàiv QtXX/iXoJv evejtev, SiÔaor)i£ ouv'/ '0 fepe.» 
Cap. 28,^ 7, ^.-(éo.- . ' ,. 



406 CHAPITRE lu. 

de^gtadiàteerrsaviâc otieitidifféreticei^pfr^i^ftt^ptfesqiië^u'i I 

ié$ «of^Hléiiait eomme appartenant à utie elfcis^ë riMdt^lfe- 

nwéni Ittflériewre; s'il désire qu*on tt'assràie pas aftft cdiMBalrs 

deâhbmttiéte et des bêtes , s'if essaie delés ^knii^éët^jifif^éis 

j^nx moins cruels, c'est pat hntàanitë saHs'ddUfêj ^iH^ifèèi 

aussi parce que le goût de ces specrafcfes è^t'brf foitH^ftM^, 

ra amour de choses basses; iitdlgdesr'd*tiU'|^hi4idPij(]Ai¥^. 

Màrc-Atirèlé sésefâf! élevé plus haut, sî 4ëri idiéë'^flfè JïWti 

Wah" été plus pféiîisc eltilûs pure, s^iFl'àvàlit tëcdtfôtf*,! rit/h- 

^ëtilémeM ocymitfè rintéffigefuee supréiWej'bitfig^'MhUii^Hh- 

mour infini, si, malgré sei^ élans spirfttrâtiistëà', ifti^'Aifi^s 

'fÎBi^^tracîié aux ritéfe et l quelques supérstlttott*'if«^ga- 

hjsïiië, s'tf avait eti des idées moins vagues' àtif'l^ÀiWW'tà- 

fRé de'Fàme^ si enfin il avait sti off»r ^ YhihUm^^pf^ké 

^arië monde ou impuissant contre ses p^é^^^i^a^iti&S'iln 

' ablfe moyett de salut que le Suicide^. ïf^ à WUP} côlteike 

ddris Epictète, dans Sénèque, dans !*!atai*(jttë',*'<«èi *«fli- 

traètes frappants 5 k côléd'éclaianis' ft>otte tfé! Wttriël%P,<ty 

'a deè( otiAré^ profondes ; Fesprit nouveau Wrttè'bébffèPÎ^ife- 

'^ pHt arttîqtje , sans que , dans sa conscience , 'irèflétfioftWfiBu 

'"tonipië\ porté naturellement ï la blenVeiHantfèyfl s^WPlaîîfeé 

'^ailèrïl'ia^àoUce et secfète Infloetice dés idées cHfi^èflii'fâ*,'«(flit 

'^tféfd^iiWVïé pds faire autit dhbsri'qu'éfjll-Më^fci'lHdillffifes 

^ ^flti' ^dh' ébofé' et lèà'iô^pitàtiOHs tf^ s(hi>^i^pi^è è^^ 

^'ïMs^c^^h tl^pH de rbîrfdi^ ël aëèfàift'>i'^ile^'H«tfe ^S#ïs 

* ^tiriUViyïr ^irfèirfr Éette tlièsé ;^n'Hi^lbr^^ 

^IH^WFoSéphiédu paganisme hVîirit^JêSïsi^h^lgPheë^^ 

^ (jiA'è'U ïMt' t)ài là qu'il faut chei^cftfer1*8ri^ï*é*«#Wé»^^b'il 

''f\k H^'iJôûVéan dans les idées de llfer(^^Attreiè «ffl^^ittiVes 

-'lêirfMVdiHi^flbnt nous avons esquissé fès dëdi^li^è?*',^ ta^feaSé^Uc 

^« XÊVOffTTOuSia...». Cap. 10, § % p. 865 — Cap. 27, § 27, p. 172. 
' '^fcap"à'4,'§ 25, p. 231. 23^. * ' " ' ' ' * *^ ;' '/ ' 

3Cap. 27, § 27, p. 473. "'^'^ 



ADOUCISSEMEI^T ^^ iDÈES , ETC. 407 

,êm^f^%4m^!m?i^i^}fwyi dans 1« seule,<;9j[»^€ip)iMji- 
.tSïft fflOëW.i«RIWftl'^.î»i^eft.t^ Féfwl^Js.fe>H|iyp,Mi!'^e 

-tR^ l!'ffl>•n|ftf^«^fil•f Çi^ftRe» l'^re e«Tiche.est.^M(i^an§|^e 
pas k le répéter, il faul la chercher dans TipAuence de la cha- 

' Voy. M. PierroD, iatrod. à sa tradvpl, de&Penséef âe M/trc-Aifrile, 

p. xxxvii. "■" '.' ' '':. V-,l"'"'.,j 



408 , ., .CHAPlTBfi IV.,. : , . 



1 



,^fi(lftirt<f9V€^/^?BR Iw- fMtey ftcsos al|p«ç, teK^l;rfHei»rbE5>MaïnB 

-ai/l « o'iifiKioIo/ni •.::>.iujiî(.mI iuî i>;ra: nhiui Jno ^ xooigibi 

-(ir.'l f)li JOin-i MîIm.I li!'.; ■>,•..: -nî- '-^i t;f.^ 0(1 II .89ia0i 
^iBël2li>^BfÈf^'¥bte"Lx LIÉGISLATFOIS PEÎÎDANl' LA pIhIODÉ PAIENOT 

^,M)bM» ?/ni.;<iv.'î ■ • • ' '■■' '^v, onp finav no 

lil oiJ'iA-.'j îM ■' ' • ' ' «'^'t'-^i*^ 8fioiJiiJiJ8ai 

Les idées chrétiennes remplissaient raâl<|u<j(t «ài^i^^Nft 
câ}(^Gpié9étcaîeiitidans le corps sodal* ^ôtnâi^'>L%k4ï5ft^es 
-qi^7^0ca{e»t lepouvoir et l'aiHiMritëvpo«(it{yeoi(f6^^t»«ftW)É!t 

^fb$j»iilf dire^lilieat^ie aet^ioiL* mystiviëu^l'^ftliilèu^ pëMIS^ÉP- 
^^^^^ùmmtqf^ les em{lereiC6<ét lî^J|^H^4)f»iflHîi^, 
illÔsC0ifXiitiâm<)ertJ'ha]ndiTiié'i^fi^i0^^ feM^^ 

j(|f^s.d«oK'Mteiio6d«/ebpi^ wmm, 

^MWMûl»^i(|iâlii€^ lierai vl^ iB^i»]cOtiiMW^ ^&(î4]aiMIV& 
#9^^!»^ lOtmvJDdds pfaflosopfaîraf >itea(U)^«i^(i#gei ^R^ 
-Oipdi èiifcQ08»a>()es a«ioieiisMgblalti$irfi»/«)Sf làd&1^@ikt^ 
iop XU90 aid/i ^r ■ • . ■ i ^-n>ti>ib ,d'jra{uoafi auoiJfi» 

* Voy. De Rbœr, Dissertationes de effectu religionis christianœ inju^ 
risprudentiam romanam, t. I , GroniDgue 1766 (ce savant ouvrage, mal- 
heureusement inachevé, est moins conp¥i|.q^îi|«eolç.ltwn(&)^.ff^tS^Mey- 

1828, 4«! — M. Troplong, De l'influence 4^[€h:l(ifU(^9<^Ç'S^fi^9^dtvii 
civil des Romains. Vuris {i9A9' ., \\ \ Ar. ., / i oi..>'« » n» jt i F' 



ADOUCISSEMENT DE LA LÉGISLATION , ETC. 409 

oosenipcltecëècpât^aé^ p^Ugéd païens oii nètiénlàbx^'^^dU^, 

à l'égard du christianisme, tantôt une tolérance tacit^'^lm- 
tôt une faveur moins déguisée, quoique partagée avec d'autres 
cultes; ces princes, tour à tour philosophes ou vaguement 
religieux, ont rendu ainsi un hommage involontaire à Tes- 
prit qui leur inspirait^ à^l^iif^ip^p^, leurs sentiments plus 
justes. Il ne sera pas sans intérêt pour notre sujet de rap- 

vertus, ont prises à Tégard de M secte illicite des chrétiens ; 
on verra que ceux qui n'ont pas été les adversaires décidés 
di}^l)Çi|\^§i^)ji^^ le plwd'^effc^^fl^Y adoucir 

l'ancienne dureté de lartégi^li^ûoQ ci^vile, ou pour créer des 
institutions bienfaisantes destinées à soulager en partie la 
^«e*r#iibjf»u|>ltel '■• .>Mi)i8oJ 

800^80^ j#Jè|Ea^(de DbflûlkB ) qui lui^ménie'fltislmQa^^lte 

J#Sf#ftq ^^ItedtitiidlâdttettreTtriejAMliûdlésOii^ 
,^ftj«»(«i^eti«A IBrajaovdpiBaiil 9«ïûirsttOTiiôife^*«»a, 
(f^^94 ^^^^d^lir^Meaoi^âfgéàéiiahimri larieotnbiliiMhSl^lP- 
,WflftW§ •fl»otfQfti«®^«*wtei«HVà^vài»ée$îoaHWïfeftb.8l!^^ 
^m^i^èê^ ^vm\)ff^VsmiMj IsAlrm de lMini&inia$«|âtti^MM^ 
Wt^ è9B%9fty§8»d4e^oewrri(?é*èH8b|, 4èhef vofulfft ^fS^mk 
ilSSjS8fJMr«MJ;8«n,4ftiswfcl^J«iwir6Di^ fstMHtwg^deî iMÎP. 
satious anonymes, dictées par la haine ^. Mais ceux qui 

-M'V.st$ 3)Mnnms\o listoJv.s^aT ^^^'>'^^V ^■'' ' v^o-s.^ -jasa ^Tori/I sQ .^oV * 
■ lGf£ ,'y^i: i/uo iacfc, \*'j) i)OT ï H/^.imu i.» , M , .«-.^vdmot woiïwabwtqin 

3Trajan à Pline j 1. X, ep. 98, i. Il, p. 'M '""'^ '^^^^^^^^^^ ^'^^^ ^* »" 



M^lQfmw^if^\\t» aux ^îsî o'mi en vertu de ces ioi6<]ue 
l[rra]aii»irit ^eoiMluire Igoaoe d'Amioobe àRottie, et (e^oieUiH^ 
j^iQMWi. 3o#s son successeur, les ohrétieps se aentir^t as^z 
nfoTl^ , |>oiir eu appeler direclemenli à la jusAieeriiopi^QÎald', 
.di^s iâ6vAmUde el Qnadratus présentèreni àiAdrito leur 
apeliaigi^ du cbrisUanisme. Cet empereur^ doi«(lâs anciens 
ont loué la piété^ et qui a eu. pour ppéc^pt^nr i^ âag^iPJu- 
.^rque, parait avoir professé, un éciecUsntn relîgie!»i qnine 
imoàùi psisimp^sibles dissiis^pirationa momeiilan^ée^^pjhis 
/vivas. Ucrojfattnedev^rpafi^faire de disiMnctia» eoibre tes 
{religions, en confondant 4laiis un.mêi9^> dédain pbjlo$^- 
(ihiquelefi partisans, de. Sérapis, de Jébovâb eifée iés^- 
jCbrisl^ pa^ce que, selon lui, ils n'aâoi>aîent qii/«ii$rinéne 
idole sous différents noms , etquecetto diNinitéipiil4ile,di)nt 
il ne pouvait se rendre conopte, n'existât pas^^^^Jdifiba'Aui 
était une abstraction spéculative; il râlait ^iltaMdo^iiijfthËs 
du polijrihëisme que la possibilité d'une iqaaife)^lita[iidi^e 
partioulfère, comme elle s'était ace^otnplte eniëatm^tarisiP. 
AJlheture de samort^ il révéla^ drit cm» ^ toul tftyagudiééiSiss 
: i^él^ pardes vers bicarrés adpess^à-sdn ame^^iC)el>lHHtanie 
-ilndépifi, dKMit.nous ae connaisf^ons peuIféirfijpMilMsiles 
cdmbatâ iotécieurs* soutenaîltaniôt^MpanrimonripfilHiqliie 
ieloffche DaHional^; laiit6ti^yo^afi;eeott¥QiniéauB-,Qbhi^u 
nombre des divinités et faire établir des temples sans sta- 
tues^. Un fait posilff, c'est qu'il adressa au proconsul d'Asie 
un édil pour inlerdire aux mà^istrais^de cVpclçs^ndre apx 

* Pausan., Descript. Grœciœ^ 1. I, c. S, § 5, l. I, p. 26. , u q 

i .;^ M^^ ^^^ ^^^^ Vopisc, nta.Sa^wf^m^'^^ 8irF^tt)'»PI*?8^r^o*>s- 

cur, tiré d'un écrit de Phiégon, ai|riïinQ|ii «df Adri^p^ ^\ri^^.^i^^..q:^,i 

3iEl. Spart., AdT., c. 25; 0. c, t. I, p. 27. <„- • j 

4<>^c., q.,^?, p, 23. îM ., .!: M , •,. . . ^.,n - ■ ' 
•'»Lamprid , Âl. Sev., c. 43j 0. c.«^ l. .1, p. -290^1 , I i/'-' . j 



ADOUCISSEMENT DB LA LÉGISLATION , ETC. 411 

chïtàmrÈiiôfèfWhijA& en éé^hsmt contre \^^ 

«îii)ëd^vai^âl< âtrè punis qve lorsque, i^girHërédi#fi^lii($^ 

4tef ifUrârfelM élé^n^dincos d'avoir agi coDirè teà^HétièiX^'^l 
^^tiMUt««)|iMd«ihër qu'Adrien t\e voulafit pas^qo^M ($ei«ël$0tâi 
^IddifihfAleA^fMiquemeàl pour le fy\i de leur foi,' ttifiisqtt^ 

ili^ uAéAt t»c)iemeni^ quoique le cbristianiàiAd' ne'fât^pbs 
^efiboi«<d^cl«rë religion licite. Les ehrétieus éés pi^eèrii^s 

0]èbte9f>oil4 eox-iniéines attesté que^ Vit y d'eutdds^i^édt}- 

ifiou» SMMbn rèpgfié ^ elles onl euileii ièèMrHimUadV^b^^és 
^(db^i^^u iAntiduiii et Maro-Aurèlë, auiM|«^i|u$ri« jiJi^^siiiiila 
^^^iPi^^Dlogiesyse sont égalemeiitmoirtréB j)l^' lèférami^iyA 

wtlpiaûr^' le tangage modérée -Justin i, l'artaveè'lepbliil 
-m^vikit^lk^tx h philosophie^ ses appels à \^ê^iéàe%^em^' 
oœui^ec surtout ce qo'il dit de la vie purent plewie-ifambèr 
icdris^ebHtiuns, onl fait une impression sur ces princes v 4a 
iuk*ad^f6b>s'estr conservée que, par son apologie, il aoâi^piré 
^MAMo«>inkie*PfeU9i^ite4abtenveiUanoe envers lestfttdnblsBs 
odarKÉglièe^ii^' principe de Marc-Aurèle élaii delmhiqtBbir 

^làHraii^ioD^ légale^; 'il y eut même pendant- son •rbgn3^<jpe 
^iHièÉie»iq|ie'$6iis;<oelvi d'Antonin, quelques per^evltotib ib- 

•foatesietjpbsisagèrea^^ cependant il voulait ^eoiniaq &s^ku 
^éirAièfieÊ^eitMÈine son père, qu'on neconibilmâ^fÔBlsdes 

oc^tvéïli^si'avengléiDent^ mais qu'on obsevvàtJes CdritrabDés 
Mlé|giié$V en- ne ipMiiissant qu'après nœ pirooédurear^gnlfiÈIre 

CJ> »'.ï.^ •..!!, f . .:, 'i.;,/', •:.:■ . , ..■:, y.Ai 'jhIuIOO 

'Hc f \ .11-" '.••H) Mf. r,^ri'i'''r !. ' ï!..' il \ .^V.^UJ 

^Ju5t. Mari,, Apol./\, c. 69, p. 84. — L'original latin de cel édit se 

trouve chez Kuîin, Htst. eccl., Y: IV, c. 9, p. 65. * 

^ti,,,Ab8que prœcepto imperatoris, » Hieroo., De viris t/L, c. 19, 

p. 85. '^'^ (l \ '. i . ' « ..»■ ' AV j.iii;.<(jK*P 

'''•3'Ort)Së'arsaOJ'ë'^ué; pérdôti âijfoïoéie, Jaslin «èent^rrifiiiS^ m^ 6¥^ chris- 

*Dig., 1. XLVIH, lit. 19, 1. 30. — Jul. Paul., Sônfenf.WiSpftajUjV, 
lit. 21, §2. •- : •' ' ' -" ^>ï J'-M^ l^^^' 

SEnseb., Hist. eccL, I. IV, c. 23, p. 143. — €émp. A^gUst.V Dècivit. 
Dei, 1. XVIH, c, 52; l.VII, j). 404. . î • m,. . i 



412 . . .€&AP1TRE f V. 

ceu;jio49iiaiirdJueÂMnitiid'isnroiripi^ Ufi'icillô dëfèi^da par 
le^)itw$(1^^ E>a»8ile8' siècles saivaiitsv on^rèjrâifiëe'stoUve- 
i^îf ^i|$»i r^Ë^li^e df ua éàk rendu par rutr mr 'piir 4'atitk^ 
^^MlObW'^eo^fv^mr des chrétien^ d' Adife. ^ciè>qâti>MiUs( 
e^ii(r(mi^r«éieoiEiiiBe/texte de e«l édil aëpàtrall [M^iMrlf'IRfî' 

p^^riiadra H .supptoâée' ;> tk^prou v^' «au ^ '«iia)fl^< (fu^U^sl ^ëHIrS-U 

pkâ d'i(|iiyiéiptoi^iidetisf6dipeiiMr6i iphiNi^o^Uéfè^. TéMlf^ 

s^*icMi^friÉgii^aipopr lesiv'boiis levnpcfi^ui^i) qhifiPîK^y 

; ?^t{imi9i ppeifttHètaret ri tonné de noua ^m' tlle^^^cWahi^ëSi^ 
l§im)fn)idiei^GBi»(taila.(<Mai»^ malgré l^^drt'Milél^'^tt ^i^toR^ 
a^n^i^ teiiHfniteoinkneUK^^ ce'princ^, •iK)iitiii)(&MBU^^dNMb 
^<ID(iiS^QiHexpres9iM d'un Pèvef^n^a pai^iéeétàdââlQâiëHf 
^!VR%qr^itj des sentiments moilteurs. Dan» èà ^i^«ft^¥è?,4t^ 
a^^i^t^^oliré oniesprit dôux^et ju^e^; âMi((|u«l(fli^ftSSl0l> 
in^^^i^fbpdttiisi^ëDi ati milieu des yiolen0e«idmA'>lt[«P««âHf^ 
39(ïyéteriira'féh9é lin^isanetuaiteà Apolloiûcr^i^giIPh^^n^^ 

y^onmi^éïAe l 'OecèssiUe flUx) iûspimtt^dd^liikigYândf (^9^ 
c(A$liiI^ ^easfktier an pm^riè^îde i'admskSÉ^èii^ïMd^^f^^? 

JihfioqVî in'rri(lîi-- • ' '■ ». » hi.' njoi] Jii'jir^r^.inu'j'i 98 «nsiJ 

<ia Voït^W^Mè *2f alâ suite de Vouvrage. 

^ t Boni principes Romani.)) Tertuli., Apol.^ c. 5, p. 23; - Laclant., 
Ihfltti^or,t^^fmifUt^tts^^y^t^ II,pAi8r.- ^ » ^^'^ .^^•^^»^ '^^^ <»"(^H '.^'^^ 

^TertuU., Ad Scap/^o^'k, pj!7lg i ' J ,.î:/.-ïIj».> , V^ï^'>o oWnwqO ^l-^ 

«Dio Cassius , 1. 77, c. 48, t. II, p. 4i5. '>^'^^ ^^^^^ 

7 Elles ne conlinueul encore pendant quelque^- îènvj^ «^'eft ;A'ri4\jue. 
Gmp^Ji!AuHiy.\âdific0p., pi ôft.. .:..-> »'.i. M «.'^ .. ..> 0' 

.<J'Yoy;-|ilU8nbtoiS/-' En revancbev'Cftrticeilb fieiuer'PapîttiërtJ''-' "'• '" 



ADOUCISSEMENT OE LÀ LÉGISLATION , ETC. 41 3 

Le imp\n dei(V^lifîjOQrqui.tOMriiiieiilÉiDi€Mibs^ 

^IriVt NffïfOIMfSiieltle$idpsîr&^ â'eàl manifbstéià;irdcll(^^(^rtë 
?.WftÇi!4[)Cfcôz Mlm^niteSé^hrei Cel'^nipereurvitl^dtt^éSi? 
iit()faf|iiiir0ji;({ 9h;îuf(e^ proressait an âyntvétidiiie^éfnit^ë;^ 
Bffl^l¥(^# tiQ^W$iViagttfi&v âB^éBiraipeuiolaiffir^tpoorniëtli^fef 

e^Bf^i^j^u jMdaiam^ el «u>obni$tiaomBe^j'âïlaifd pi^m\ 

été Trappe au moins de la sainteté dont JésUKS^fiiirisitiorâ^M 
tf(g4b(^n^')()(]Qrd0ja ehatièéfqif il cominaiiéeJ^sqsâis^ipfés ; 
4niof%îl 9)^01^; pf^pi> Les b«8tesqiH:OfnaiëBt)soii)sâibi<mstfli«l 
djgw^iigli^ojQliiûiiâe JéauS'^Cbrisiq^ birté m^f^ktf 

%ll^inM<d^'dkqX)roiDai»s ; îl a Tait |^nrvfir^in4è^inill^^ 
(Ip^s^jpt^J^js 0t smd'aHlres monainents pubUos» oesips^OTe^ 
4!Hi^^S^)1'^(iT>i*MM les homiBes de >a «aéme înlottHBJ^ 
^H&<yé^i»ltieAfrdu«^ême9 éuie l^raités d'emdkdifPdiidftiVP^ïâJ 
i)^P^b^i<lhs^iâi»ioat4ié tibres^kRomet^i; letbrtetlaiifèifti^ 
^^to#»fote«ofe8MlteS' Jes^plns^étewée»^' iqou^ -HWSftô im^ 
I^M»u to(|C ^0^Q(|iiHJIiii$ AlànurltttSs > «srasffljflp^ecaidasttidi^i 
Sérèr|8|jn8¥fiAioe^>i*wimi<^>(*célien»<.L^ 
ca^M^^^fféf)(^B^âi>li0'il 'dmptaMiqeiil piikûoBoSii^ Vs^l(iterë>o 
tiens se réunissaient pour leur culte, Tempereur répondit 
qii^fvM^tttoi &fii'Sbtét Dieu d'une f^çon ^ù.^eoii'<^y^^^ 
d'y établir des lieux de débauche^. Sous ses |syçc^^]i(c§y^es 

. hiQioiiA - ;i^^ .q /é /> ..u.v\r. , ■:'i.! ' -. .-:«»<» A zsciiomtq Vjtoft > ^ 

iVoy. Heyne, De Alex. Severo, MigiQnêè miicetiqg^ffraemmé^QÙkil&^ 
ses Opuscula acad., Gœlling., t. VI, pi 16Q ^^oiy.quo^ bk ^.IIuJieT* 

290.296. <{{.,) l! t Xi :) JV .1 , ^ui^^fi^ oia^ 

^0. c, c. 49, p. 294. On a cru, à caiistidc} çeifi:^v^a^ÀlQxisinâi^S4Mt»^> 
avait étéchrQii^Q,||^.€p.QOiaiini^l)£^tfMt)un gnostkiueJ V^y^ làbkbvskr^iM- 



piiàraécdlî«Bf) fefwiveÉt iemr coiim^ el^^wmilimiMi^iiimr- 
ctôeitiie i'Ëinpird' Ivuté à des tyrans» éphémères ;• Idarprogffès) 
davt/ipiliibiicecfaffélieiind foreoi pefii<8eBfiiUes.'llioi4eiBfMiik) 
G<iastaûtiii),dii semeotUâitqae reoftpereorPhiU^ arailffliii 
rmt^iièn d'embrasser le. chmstianisme * ^ wuMii^fàBïù pm^ 
iétiear -a^iaéme^i^éieaiu quiit a éi&Aei pfetùieBt^yfriûm^çHitéHx 
im wr.ilQiMone^dÊ^ TËmpins?.. Dioelétien Inf-mëHiei^^daosi 
leafimuiefiiitMipsidesoD'règae) nerfut pasidéfilv«i(ahto^kii 
(âmMbiDis0e9ii|raËpûotalaUtefté'religîM^ 
fainilte ;ifidq épOùsfretjsaffiUie ëbâeai'CiiséitiiHUBes vnoflamYond) 
d»ljplii^>liaiitr'4uetf]|eQl-être fielAe>cil)coDatflaoe> nlBipmjév^ 
siba[)îfpâJiieoae^iti* sesisétttiiDeQlB k l'ég^rdide HË^giiBSjf^soasI 
sc^lg^v^eMurt, les éliréiiâti&àrri^tf eo^ avil posiéit^anàssl 
pliift'éldftéftifèiBd l'']Êut) Jeiura eo0imncimité$;prios|[i6rèaneiit9jg 
ji)9qii)r ^r-aetiqiie ^ par un retour aux snperalitioM ipaiemiiaoéb 
(^aftt^XiiaggesAlQns d6 césar Gal^, il seifètidécèilékc^ac^ 
séi9M<Mr4ea'«bf)étieDa comnie enneait&dttii'ËlfftifttadiiadaisilLg 
/il^^ijiniiierQuffs pa^os que noua venons dfttfiiliniiDMiaq 
sQpfql^ji^iiiatqnt aient fiiit pénétrer éattS JaLité^iab^iii^MD 
4lplft pbtfubwnain et plus a^itaUa; ToléiriiiitiB jrihsravad'tièe 
9\\m ij^f idlM^fin^Nrs divens tQ^tdamaiià Bièsumiirâj^al^jaito) 
(Pjt^ubHcinftil^Bee de sa cbanité*» eti^^jesti^olajrâ^idf'fMeqliidl 
m^q$'4Q^liit9im'ye«x.D'oat!paai€niii)ewitoaeat9Ct,^ 
ieJ^fÎAttît idi^jsdoQCisseiMJRte ii^maii^m^bisrdaaaol^toji^ffite 
V;êiihàe6iW¥»nmM^m tes nefatil(>s6ld^itani(à]iM)9if^ 
I^>QAt:étéiiii(M$)ditns l'cttivre dâcbtta iQ{f(»neD^»de$^6i»o 

se^'iifi Mmh S^9^", Qhrisiianorum 4$cni9 piPi\g;¥itii$^ fiÉMM^dltis 
ses Opuscula, Leyde 48i>9, i, ïV,.p. ;^Mç>l «ttiv-D'i-^il /ib ko-» oj>ibîVi c tioiq 
^Euseb., Hist. 0Ç#fc,l. VU, c.:W, p. 832) i.-.v.^u^Nu^vsm v.stMl. ..«^ 
20rosut"l- ^lUtc.tâO, P.-5I5. i ■/ « \'. -*\ ■^v^^ i-iuos^ oo•A...»»^• 

.AB»^b«,\h•^VHIi^<x* ♦, p. 294 . . ^i - K -^.j.i'..ir.7 mi.m[JT?jk.^* 

h X, p. 291 et suiv. — Lactant., De mort. perseçUt.s ♦..7ieifeulv.,alr.II, 
p. 491 et suiv.,- ; . • - . , i ..,.., ,j ,, m < •! 



ADOUCISSEMEN'T DE L4 LÉGISL4TI0N , ETC. 415 

censttltes iQJui àlIflBDitDur^ neisa^orvfatat^icispîfés qv^idooèft^î-, 

lifonfBi )MêiAe^ bmsdeB prJoee8'de(4D(i^ri'erueIli^)i'deâ;f> 
biHUnsv» éippiletflsioBt ewrcé lepr iûfluiMoice^ éU^ïolfallsi»*) 
gnorikideeJijitaani desidëoretft dd jastree «t d!é4ttité;w(^^l 
aiùsHqimleioKnBideiGiialcalIfiv on tête de plii$iearftd0Siii8H^ > 
leoffbs.loisvis'^îolÂque.eD grande partie par «le fiitiqQe^'emi 
Ulf kUnpN/lastluiici lodnseiilées yyhB»^lnmQÊmhHMmmipfi%\ 
ïmxpmp^miVfiWBiamiitQ/ii etriecei! foDinels<4ui:2raiitiddtiiiiié> 
(ëoimanaQière'flb8rii»e<«oaa iakfiéphibifC|iiei,'^^étfiii) pbâQai1icn«) 
(|iiit6BBquiili oDiiveBaitHle cwrrger^,>Tiiâ)|a>i4isMtîilë))ilq(lèl> 
lesaâgisaÉ^ iri'étaleat plus de^san sièele^* Uî^aouMMTIifne^dô^ 
boriBccbèunsi le»^ progrès du dQ&e, ûe k nnoNtaMV^d^^^Véti^ 
géiinË>iQ(|mdpei^ iffitttmit^^diit un rei&btoalettl'^dilè'SfiI^I 
CbtmmiféB^rtiéf ^blÊaiw^ ^ mais oe reiàcteméiM; la'mi pQ^ 6i i 
eaD4>à^eoak«itla^propaf;aUoD d'idées plasiéqttitabtet^V^^^ 
séribiieiibsJmtïiiii Idiilrs^ «sar ces deniîersm' avaient ^âH&Jtoi^^ 
poimalëiéipait dms l'égoïeme tendawl li seit^âilittiréJsalix 
alriigi*iéd8iq»ierbt»dk(»e puMqi»e, tuais idaab^'eëtti^ipiill^ 
sëd'faevif«éte a^iipviihéè par lôiftmâooifisalte F«iydnihi<i ^«11»^ 
€alist^l(a;iù«iim9i«B tommèisiuDe^arêlité'flaiar^fe tfitf 96ifè 
lesiipOfiieV)n£(iptloqitetn«dc> à Hô pas* se fati^éi dwiîitbtf^i^CMlP 
dnÂtsIde^r pel«oûdiliiéiftMii»ifdéeâUà ^ «fehrt^ 
adffl^(d^lcaafdù^td(jOii9prQ^âd6 «dirit ^ptuiiiv>ti^îrJôèlfÉpt9i 
d«|yiM<Mtâ)todivIdatttliét4fiii3 '4è h^tî^uewû^^îbWiJiyAim 
ofiiéUjy«3iiofi4ea8S8:')tei etfJdtoib «ity droit oalurel'^fDi^tobfPd^ 

pien a rédigé ses dix livre9ril>»*^yttfe.j|roébnittUlr/'i 'b/ )J ^oiMOiMcvO >o^> 
««.. /«ri» t'ntgtttmiM...» (kfiilsvil.itl, § B^f, .j^^i*» .WiW ,Â'j>.u7{ » 
3a...Necno«*r<«tfctiKMM> A Pline, 1. î,'ep.i9g;-t,JH|IJ(. iad^oiO^' 
^Sous Tibère, Valérius Messalinas a pu ISSk : \*i.iultti\àiiriti0féirtiMfn 

«Wflf.j'lW'I^ iR. 4, l.^Bv ■'» *\ M ..u \ . i ..M< j'. Ml- .<! ,/ . 

ep. ex. dans les fidéi-commis. Ulp., lit. XXV, g t, p. 83.^ • ^ • »♦■» . 



416 , xiOfPiT^E IV. 

l|aaoi«n|»^ cjyilisaUoii pdîeooe , oo écoute mêaie Javoix des 
sentiments et desaffiectioos^.oii tend en uq .inal.Y^s Té- 
q4^i4,.Qjiçn n'est plju$ remairqiuble^iie de v^k ks juri«cofD- 
aqlf^s rom^în^ iûtnoduire daos la législatîioii riiunianiié ou 
ce qu'ils appellent la piété. Ulpien, conseiller d'Alexandre 
Sévère et un des pK«$ célèbres réformateurs da droîi yduqiiel 
0^ a tait , à tort s^s dooie^ le reproche d'avoir bai le obris-^ 
tiaai^nae^ répète. Sjou veut qu'il &ut interpréter la loi aupoiai 
4e v,Mie de la piétji et de Tbinnanité^. ^ Ik aussi le préccfMi 
(1^,$^ prononcer, dansjes cas douteux, pour la partie faible^ 
ep.<K>n3uItant la a r^Lson du désir nature^^.» € 'était 1^ la cm^ 
tjj^e d'A^itooin qui préférait toi^ours « rintei|Nréiatioii::Ut 
f^l^s humaine» de la loi^. Le jurisconsulte Marcelluâdéotam 
fi^ripellemenlque, « admettre dans les choses le sens te.pluft 
doux y est à la fois le parti le plus ju&te et le plu$ sâr^»;U^ 
autre progrès ne nous parait pas moins digne d^ remarq^M 
L!dncienne législation n'avait connu que le drQiï...eI|9 asMt 
eu pour but de le garantir dans sa plus stricte rigueur^ lO(d^*n 
voir lui avait été à peu près inconnu. A partir de l'éj^odu^ 
qui nous occupe , Tidée de Aet^ioir trouve peu à peu une place 
dans les lois; dans les questions de famille par exemple, le 
juge est invité à prononcer, non plus seulement d'après le 
droit, mais d'après les exigences de TafTection naturelle^ il 
doit rappeler leurs devoirs à ceux qui , en ne se fondant due 
sur le droit établi , étaient disposés ^ les négliger, parce (|uq 
la loi ne les y forçait pas^. C'est un progrèç dont on n^a pists. 

X h y^er.) à Is^ «suite dte l'ouvrage , la noie d*$iir VipÎBD. : . r h* | 1 

I.14;KXL,tii.4,l.4. , „ . , , t ,,,, ,^ 

^ t(,..Desiderii naturalis ratio, t^ Paul., Dig.y I. L, lit 17, 1. 85. 
^^ÏJ: kumanior interpretatio.» Dtg.\ l. X^^VIIl , 'litl 4', \.3/ "* 

>8«ifnf« àubîà beniguiomrà in^3rprêtût>hnêfn 9é^nî ,' iion'\h4ûiàt'iui- 

tiusest, quàm tutius.n Dig.^ lib. L, lit. 17, I. 492. — Voy. aussi Mar- 

ep. ex. 2>iV., l.XXy,iiiL.3, K.5. ^ 



ADOUCISSEMENT DE LA LÉGISLATION, ETC. 417 

assez teniicMJipte, mm (|at, h no^ yenr, est ùd gi*ând 
trH>m{)lie de rhumahilë sor la. darelé antique. ' »:?»"- 
'Il nous re^le aTelrrappllcationdeces principes noùvèàWî 
EUX toii^ qui réglaient la soeîété civile. Dans ehaqii'é'côi^di- 
tiôù- «0cîa1e , oou9 pourrons constater nn progrès réalisé^, 
QM eonquéte ée PéqnHé sur Finflestibflitéée i'anden droit. 
Ce que nous aurons ^ dhre présentera jusqu'à un cértaftt' 
potàt un earaclère fragmetitaire ; c'est Un^inconVénMt^^itë' 
AMs n'a^o^ns pas pu éviter ; il est inhérent à h bàtuVè Mëniè 
de fa ehose. L'adoucissement des loiîs ne s'eSlW(*(iïrt %ct-^' 
cèsfiivementet lentement, provoqué souyehtpàHdëèlëfiftîèîiS^ 
«fnces accHentelles; il n'est pas complet i'Wti^ë^^tai'Vé'Vé^ 
mtm d'M travail d-ensembte, d'une révMion''ëè7èMÉi^tiel 
éê'to législation tout entière; de Ih des lacunes et'dés côn-- 
traiidfctions manifestes et souvent singulièrement étranges, 
hééIs qu'il- n'entre pas dans notre plan de relever éà'JétSf.*^ 
Nous avons dft nous bofiier à faire remarquer les^lKàéës/ di^ 
Kéi^i^i'rtwrveàtt,' B mY nous avons pu les déiîouvrll^ ^iWs' 
mieféi'wêel = ^ ^' • -w.m^a 1.0/ 

§^2. Les femmes et le mariage. 

La femme, sans être relevée entièrement comme elle l'a- 
vait été dans la société religieuse chrétienne , rentra cepen- 
dant d'ans la jouissance de plusieurs droits que Tantiquilé, 
lui avait refusésl Ce fut déjà un progrès considérable rie voir 
les jurisconsulte» eonistaier eti&*mémes que , dans h éMi 
rdmelinV U^c^ndition des femmes était pire que èbllé^dès 
hommes*; c'était reconnaître implicitemeht^qûe (lelte in- 
juste infériprit^.^é^l^qa^itit un^ réhabilitatiop, J^g^^^t |^ 
troipprefnierj» ^ècjl^, 00 fit quelques ^pa^dans^^eues^ voie 

* Papinien : o In muîtis juris nostri arflcuUs deterior est eonêUHo /c- 
minarumj quàm masculorum.ïi Dig.^ H b. I, lit. 5, 1/9. 

27 



U » 



418 •;..'. CHAPITRE IV. 

répàvalricev'^^cHAoïlt'IHMr' la iransfonnation prognessive des 
tâëes^iâvfi te^wiiHage. Jadis insikutioa poneiMnfe 1k)UUi}u6, 
ïè (ifôHâg4^dëi()ei((kiii enUèfèment du*peprë8eiiiant>'dB(d'JÈtat 
(biianlii^mille^' du père; ks s6nliwftt]U^é^>aflBclibaoii!y 
éiMnt^(}ue'ipoiirpea'de «hiose, «mon pa)ji^<Fi0iiii!liiDëi|lô9 
pKe«tttàr«9>a«âié(î6râtiQn8 Cttt de \é ttmetm a «miBilbsiiii^ |riw 
è^Mfifomfe'à'lâtiatui'e^ AintODin et illexâiidvèSéirète^lcHiiié 
pte«tt)tidû6toi'NQdye'dé)l p^ Augu^td , dâKekidbiAoalD{firé 
d'empêcher sans raison V'pdr) kifl«l<capifi(i8idei(Sâ'JVoloBééq 
lèo'dïsrfâ^etdiii $88imfef)its.,'0ii>die^ neAilKip.deîdotepisaifilfe^ 
firodéiiitti «tfolai-equb (eUtsQepeui p<|Ois*ôtre<fécdéiécip|ce^dfb 
pàbi éfA\smi^m\\e*(liue te' pàra»veii|i kir îoiposeDiufinlfé Ma 
^^diiif^nitiee naiNriersetoitfionotaoii-, ?pe(uAntut«|iffit]àbëedap 
h lïOBStaupaieat pttetiBel^^ de «ion qôié v'JQ fitttihoquitKiide 
dhÂbdeTeftisev ie mariage, si l'épimui que leJp^reûhwdlnÉÎBé 
eBOënhèibniè de mcBWs iDdignefr^'La^piJisnneépftietiMUe 
she^lestifilèes mariées , le droit de tes^rëprenlpe^lfoaiMaBièM 
ffi!diiffi(;tU)j)a^ passées 9ùu$ la maU^ d6>ré{mm)|italtsbQeBftiBB 
*^ueiitont)abo)i» Amonin y appof ta une pn^mièeèdiwJlMtîia^ 
t{)iplqaei»ii»é ta rormeasseatiinide d'ode pviàegjurffftitiqiMadle 
-]^W>tMaHâPge&'flè (àsseni'pa^lrouMëé^àr VmtikD^fûb iPùii 
pftérd^ '^i P i^oâltit qff'on* persuadâtf Mn "pèl*^ d«iiië|ysdaè«lr 
^4b(^ip6«^ri^d^atie manière aderbtî^.<)>>Dio«të(i0i]^l€iS^ 
^iBâi<èbm{)létem^t -, il aei^etda'iiwiayàri'le ^drtfiqleprèmill- 

-ly/o fcJihiL, - •; •■'p-'.Mîl! ^'jMj» l.ji.ooMbni ?nln 

-b'j)E'bl' • ■^"•' *'^* ^' *• '^^ , I |. ...tr ,( ; I lu' Jnt)'G 

^"(tmc filium quiâem familias invitum ad ûxorèm^aucenaam coflrf, 
prœceptis, sociare conjugio tuo , quam volueris , non impediris; ita 

^ «...Pam* persuadeatur n$ acerbe pkUHqrn<ps^tetÉmthw.!êœarepût».» 
Dig., 1. XLIII,Uit. 80, h--!, jg/S^.// " ,-'\ . .mm.^.m'x-* m . ./ 



ADOUCISSEMENT DflbÀLÉQISLATIOTf, ETC. 419 

diquer sajfemijae ^eii mcolirant , en «a3 dj» bM^oinv'ii^i^jflite^r 
vaDfi(lb«)^â(na^atrptâ qui (tevâient $e ooofonwet kff9eisc46t 
âkîsVbpibBs)fls(ûfbg2on[SioUé ceux de répoQ$6.f/0d>vait«t]^ 1^ 
qùioiitfe9àit;âliis8iti€«dif e^mpi^ de (a voioalé d^ite fitmmAj 
6ëlqiii6Qlg£nmDabte>iiiarâftge teB^Jâit à recevoir v^mmgmSmh 
tioii| fihiaih»!!»^ eeiii'«9i*déja'p)tt$ une'S^iinpiieiamQQ (Qti^ft 
àEomVÀsiérété^l TÉlat^ c'eat une/uoi^o plus^ i0ûiiie.4o#i 
b'«l^(rtfiDindbilr)Mt« \(d\imM^n\ â^ doi£ étrei^^Dnûliienpo^ 
pèèBoiDichoist'rëoifMroquewesrf Itbi?e* » • ^ .^:»f- rHi.Miun'b 

dtbpcnppiéétîé^t; 40Bi)ôe qlHi'eU^ 

nak ànrfépDas^dtjcaprè»' loi aur.^Ofal&^i LotfiMitimièsfb iàésxf 
qùhMiéi^ti^itif^m^kmtQfitàmi^ Vumm OMJingalèy ik^ 
aiftiJHif upodiibît p&^u a^peil «es dispowUem isiônjiifilafioei si 
\mMmmavmpq\BA laifemiee. On inirodatt pbfir4cis>t;ai>dèndi> 
9H9«d(i0qéo(fWfft^f]urmm la cesiiliiAion dô tondioilr?.MSOBs 
èttteèliao^e)^kg)iapfaD4s «oni admis à la$aifrcft$($iûiv'4aiia 
«BSEdpde t^fémo^e anai agnais; celle «neiiv^Ue^mtilér)» 
^iiMdaiibliQ^iiti^inederéqtuîté sur la loi sN[]tiqùe^|.dâat«ftii^ 
yfcMpaaftenpQéié^ ^iia foî$ ptr les droita de tà feuMnajpfcpç* 
i»m6 âteGi^9iek'^ f^'es» reiaQi]|DaHife^ue.la mère^^Hi«ff<wÀ^ 
imwJé0ifB/ifàfyimm'^^^ awai*» apporté, elô'estifçftdffôlWf 
^a%lan9tl(4«oi(f4Me jD$4p'iei les agnat^ leur.avi^t'âpjpii^ 
J)ft«if ^IpjWiÔt flahkrfluwtj principe , différfintfîftcteiggiJfWp 
clamées d'abord par les femmes dans Tintention de se rendre 
plus indépendantes, liniitent la tutelle que les agnats exer- 
çaient sur l'épouse, et laissent à celle-ci la ràcultè déltoi^é^ 
,41^ §a,lw:mpe g^,4'^^^dfeppser ; il est \.rai,fl%>i4J^«!§ l^^Ç;- 

tor provincicBj exhitità muliere, voluntatenL 9jns ifeaiiat^Sf, .Sisfçiai^ 

^Voy. M. Laboulaye, Recherche^. iurMd aandMéé c^ïlp ^^p^Uff^e 

'i a... Nova hœr éditas... 9 Dig., 1. XXX':V?ll.ftil.15, Ir-U^l 1/ I , v ' 

27. 



420 ' GHAPlTREm ^ • . 

ciéto païenne < tle»^dtfim$ )rotoiiine$ ^aMëaimit ufréquemmeni 
de èèioél lîbertél »ouvelte , ittais il n^en' «est ps^Mmi^iitô. vrai 

daâ^iè'âiôiiéé. .Le^roit de l«i4eiie dat>9 FafibieiUà&to^itpAsaii) 

fltfi$i^poh^)sf)^itaâtre^s<>uS'Dipetëtteo^*o»^ 

cjtiei peu ' de traces v cett eiiipereur 'fit iun»pae'id0ipt(ifi ilttM 

]ttôt)6)pâ4v«ïii ]égttrme>dd8(feÉime6 1, eh iteiuv«eea»Hàiitteidi^ic 

'"^'^b^ihrâfKi^iSiiWdd^afKage ië eii|raolère'nior&) MM^9Ui^èi 
lé^a)iiWcè$ V ' jm4ijre^liiisi"fiieites'etisir sioàiMtoteu^éaiiefl^ilà^ 
qWébvé^^ ^^dt'ëiftoùrté^ ^e difficlailé8V'eni<mékh«ttétt(»ii|^ 
i-^t^iftlIlë^^MbAVe^s'oas 6ùi ilsi<sofi«ttâûii«glbléSâi lUoid 
e[ërië^^^a€)ritmi(}ti^après undivorce ^ilafppfifrUêiûlè^xaiiftt^ 
^iiu^àté^idiâ dë^igrtôr l'époux a^q«ei doMnt reiàer 464 ^tAsltaç 
i)^ièi^r^fo6ëbl6' qu'on les lais^il h >celai^qb| inâ ^dtèii(|giè 
rendu cfo^pabtede la faute doni ta: dissdhifiamaUittbrfag^ 
était la suite ^. L'adultère est puni avec un redoublement de 
sévérité; une loi de Caraealla , due sans doute à l'inspiration 
d'Ulpien^^ahéirtl aussi les mari$\ s'iîs s6nV^i*èc6miu^«)u- 




_____ _ _ _-. irouye 

'Gi'l 'Jvir»;Y ■ •' ui ^ IV • i/; V' ''"''' ./^^'Wi'^al ob orna 
que p est le comble de 1 jniquite d exiger de 1 epoustt^eule 
^fioin <mI i. , . \ ' • -■'• /' : . ," X^-f 'vi'-:ii'in^»^finiQ(n]?i 
une chasteté qu on ne veut pas observer a 1 égard d elle*. 

Toutefois il parait quon ne frappait encore que Je crime 

fiB . Qrîfi.'.iO .mT- 1 . T... ;i mVii. oi'"i jm pino^dfi io 9iub 
commis avec des femmes de condition ingénue, avec les 

oTric-^^fUinj'.' . . . î . . •iM» <^.iiij.lir> c/tii olin'itf olnifiio cl 

li fiOuiHHîfî'jj ir »■;■ ■'. . .^ ^ ■..:. 'v..]^i{) ?!,;) .oicT7 gijlq Jd 

3Corp. Jur., 1. V, lit.24, l.l. 

^ ff Pffrtntgutim enim mihi videtur esse , uf pudicitiam vir do umore 

ob compensationem mutui criminis, rem inter utrumqiM componere , 
vel causam facti tollere.* Chez Ali^it^t.>* J^<^.fcôrl/Padf«ffKiU. fPJ^V;l'8, 

Haenel,Bonn^842, 4«, p. 421 '- ■■ •' ' î )i' ' I ua. xy--^ 



ADOUCISSEMENT/DE LA liÉGISLATION , ETC. 421 

épouses.d!hoiniiie$' UiHfes ; il rosiaîi {^emtis^au^ murÂSidoiré- 

va^iLip^srs enûCHPe uniâdbliè^e dans> ce cominei*4e>:liiQr)t#M%fpi 
C!eai(pie8(I^Uieida»9 eeue période qu!il<fa(}tiplsi€(9r>râe^l^d6b 

ubd HKSb-ipMqn^Lroxi^Yéeà âotneeljdtuoe dal6 ii)iQ0ia|nM6<pQyfk 
ai^tteatf Né[le()SiQiivieD4rf?i Efifia^ lie^tiiidtM'aget e^i r^dtt,fK)Qi»ii 
arisi^tâAicfuekiiftQdpù^ia ivie^le9O0iéljé;r9«iam9 dâdlijifl^ptf h 

ebni Kâdibli»ijte$ dniQiaBDes pnohiJbiiiMiSf^iKii^Sllfgi^i^rf 

i^eJMti^patàiliTejalbUi^da^â hmi^y û^^miSfiH^.im)^% 
4i^SpîAà]t^M plpsiivia empêehailienc au inairii|ge(.|^î^(t 
^^idfis irtniiM»i8iffpaitebie& tit de mœurs bamnétfîSi^ uhuyi 

9b Jn9fflDl(I(I0l>')t iH' •;'- • ! ' -!i;'.'' » ! Ji»JO 

noiJcTicpJiil li ')hH.{> <.>. ' - . -: t'iu .''\hvj/'}?, 

-npo é'iwf/mav)] ^.'.. .• ' ;i- - .^ . ' •! •n.l'j .noWiin 

La coriditLon des enEants est également améliorée. Ijqé 

syuo'ij 'w')kU\*>')\ A : ju -, : r ' ^"-^ -. v • i '"'• '^'J^'^ »> "oiiib 

série de mesures, destinées a restreindre la puissance pa- 

terneire,, lemoigoent des progrès du respect pour les aroils 

de la naturéf, et tendent a substituer a lancienne aulorile 

orano si. or"" '""•"'" ■ • ' ' ' — "^ 

du; 

201 

ta 

et plus vraie. Ces dispositions prouvent qu'on commence à 
estimer l'homme par cela seul qu-il/esthoUlilbë^ etkHm^pl'bs 
seulement en raison des services quMl pfeuH rètfÔi^^bitfme 

3 Corp /ur.,l.V, lit. 4,1. 15 5 lit. 27, Ivr .4. , ... <rî.<Fnnon I^.. .:• 




an CHAPITRls: IV. 

bare droit de vie et de mort ; il dîspa^at de bonne beure, 
ipais l'on ne saurait prëciser l'époque où il fut potir la pre- 
mière fois légalement contesté*. Déjà sotiè Auguste, un père 
qui avait tué son Gis fut & son tour tué par M fot^ie indignée^. 
Le fait que Trajan força un père d'émand'per son fils qui! 
avait maltraité, «contrairement à la piété,» paraît pfOiTver 
que de son temps le pouvoir paternel n'était ))ltis r^oi^nu 
dans toute son ancienne étendue^. Adrien punit dé M dé- 
portation dans une ile un père pour avoir tué son fils , cou- 
pable d'adultère , attendu , dit-il , qu*fl a agi plutôt d'après le 
droit des brigands que d'après celui d'un père*. Lcjoriseoû- 
sulte Marcien ajouta à cette sentence l'observation empretBle 
d'un esprit profondément différent de celui du droit ai^tièftils, 
que la puissance paternelle doit consister dans la piété, ^'W 
non pas dans la cruauté ^ C'est du temps d'Alexahdt^' Sé- 
vère que le droit de vie et de mort est déAnitiveitaedt'âlib- 
primé 5 cet empereur ordonna que si des enfants torf^àlrres 
méconnaissent l'autorité du père, en refusant de se sotiinéïAre 
à ses remontrances , il doit recourir à un moyeh ])l«is (Vé- 
reux, « en les déférant aux tribunaux*.» '^ ' '^^ 

• . . j ,. i 

t Cooip. M» TpopIoDg, p. 2S9. — Bl,. Wallon, L III, p. 47i . ^ 

2 Voy. ci-dessus p. 60. 

3<(...gfwcm maie contra pietatem afficieOat..,* ^*fl'., ï." ifXiVlI, 
tit. ^2, 1. 5. ' '"' ' : ^ ■. ! 

*«.».qudâ latronis màgis quam patris jure eum interfedt.» Dig.y 
1. XLVIU, tit, 9, 1. b.-- M. Wâlioq (l* e.) pen^e|^'il y a là une exception 
qui semt^io. prouver que le droit de tuer était encofe reconnu . et que ce 
père n'a été puni que pour avoir lue , non ]^as comme père, mais comme 
brigaD4v.,}lai^ qi^Ue différence y aurait-il entre ces deux modes de liier? 
Il nou^,çi^l^le, plutôt que le législateur a voulu dire que ce père a été 
puni pour avoir agi envers son fils, plutôt comme brigana que .comme 
père; cela ressort surtout de la. remarque ajoutée 4)ar Marcien. 

^ (xNam patria potestas ii^ pieiate deàpt, nçn in atrocitate consis- 

tere,» l.,c. 

. / I • '.. .\. 
^^t...acHusr0medium...\) Dig., l.XLVHÏ, tit. 8, I. ^. Loid'Àl. Sévère. 



J 



ADOUCISSEMENT DE Uk LÉGISLATION , ETC. 423 

L'avortement aïo^i.fjjue l'exposition éveillèrent également 

l'attent^Qn dçs l^i$jlateni:$. tandis que les lois et les philo- 

soptiç3 ancieo^. avaient ap^prouvé hautement ces moyens de 

se 4éb|^rra§Siçr d'0jprants faibles ou gênants, le jurisconsulte 

ïPjî|iuI;ii'y i(i|;,qçLe,deç.i»euirlres commis par des gens sans mj- 

«iéii'içQrde*.. Cepei[yi,*ijit il p'ya ps encore de pénalité contre 

^jl/ç^,p3jr£&t?jC9upt^|6s de c^s crimes, si communs penclant 

A(fp\fi la duxée de^l'iEinpire; on n'y oppose que des émpje- 

(Ç^meaj^ls.qjii vdajfs Tétat des naœurs d'alors, devaient être 

.peu effipacça, CÇjU^ ^ recueillaient et élevaient je§ enijanls 

f^po^és avaient^ d'après tes anciennes lois, le droit oe tes 

.,g^r.d.ef ppfpme.paçlaves, et ceux-ci, s'ils voulaient recouvrer 

jJl^pr lib^fté^ ^ev^^ienit la racheter à prix d'argent. Trajan'iV 

j./us^: pettje|CpQ[ipepsation aux personnes qui recueil^aiehi les 

.,,^fai)ti^,çxppgtçs^; par respect pour la liberté naturelle de 

jjjjofj^mj^, il dpçlçire ces derniers libres de droit 2. Alexandre 

^ .fÇvèf;e|içcprdeau père d'un enfant exposé la faculté dé le 

s «'•f^!^!)?^ iP'^?. ^^r^^ sauf k dédommager de ses frais la per- 

,^^^e^f^ffx rayait nourri^. Caracalla lui-même s'associe aux 

mesures destinées à enlever à la puissance paternelle ce 

qu'elle avait d'exorbitant; il déclare «honteux et illicite» le 

trafic d'enfants nés libres; il punit le créancier qui les prend 

à titre de'gajgd/et, bien que la loi ne parle pas'du pêne qui 

.|l;3^;ipniie, il .est probable qu'il y eut aussi un châtiment pour 

lui ^. Les défenses de vendre ou d'engager des enf^ïits. sous 

['"ip'/'dorpl Tur.i r.Vm, lît. 47, l. 3. — Du temps du jurftèoAfeWlè'PAl, 
le dWl dé tuer est déjà aboli; il en parle comme D'existsiùt^lùyV'(i;.!^ko« 

^'''etoccid^reïicei^^ Dig., lib. Xxni, lit. 2, L fi. "' ''^'^ *' " '''' W 

^nffecarè videtur non tantum is qui parfum perfodcttjiea^W-iif^^ui 
pu^hm fpcti miserîcordise causa expônit, quam ipse n&ù^'Mkèél'^^'lUg.j 

2piin:!'i; 'i,V'7^'et 72, t ïl, p. ^U.U^. " ' ' ' ^' •' 

'^' ^ ^^,c^J\lr::t vrtrrtJt/52, t r, - ' ^ -' ' ' 

*Corp. Jur,.l VU, lit. ^6. 1. i. - Dig,, I. XX, lit. 3,1. ^i 



424 CHAPITRK ly, . 

.1 M f \ : ... 

des prélextesguelconc|u^s^ ffir^pjt^rejl wvel^çj>fif\l)^élien« . 

On fit des efforts re|uarqu^^)lesp9)ijr JJD?^J>,q^ 
terne^e par le devoir, en la .ramefl^pi!^jp^vçf,v|ii,6ar8St§r6! 
plus pur et plus vrai. .Si le père a ledf9i|.^^/|ei(jger.:(l@<§0P 
fils le respect et la souniission , il lui ^loit^e^ r^pilt kQmiv. 
ritûre, réducalion , les soins^ (i^'jis:jgç,,$p.|i3i)?W§ïîç >, ^«cuo. 
mot «la piété.» Àntonin etSepli^^^xèr/ç-rwe^A^Wilux 
parents ces obligations que des mtp^iif^ el dçs Jp;^(iopli!a|rô$ 
à la nature avaient seules pu fairç ojijèlier ; lej5^fH^i4 dews 
empereurs déclare qu'il y a des dç^qir^ réciprçjgi^esî! « fifi. tu 
rends à ton père jeejqjii lui, çst.^u» il jje doit pptfi d^QJ^Ma 
pieté paternelle,)) et si le père S|'y fçl|Mse,.c'est.alJq;:jffla^i?Hnite.• 
à l'y obliger^. Cq devoir patqrnel^ inséparablç(lM.x.ç»pe(eMâ^» 
droits des enfants, pénètre depliis ep plfia danf^l^ A^nD&^«94^ 
Tenfant arrive à la majorité, la loi qui jad^.s jetrjpJ^n^it,jt»ôB» . 
quand il se mariait, sous la puissance cl(ijp^r^|,Jç.i]^r(^. 
désoi^mais sous sa protection et lui garanti| ^^^^\\^ Q^l^if9(^ ; 
Cicéron déjà n'avait pas pu s'empêcher dtfrJfCpu)|e^*[qi^.l^llpi,î 
Voconia, rendue uniquement dans rint4f^t|,4^r,t)oimq^w 
était dure et pleine d'injustice pour |e^f^f|[^itt!Çfs^j^t>itl)ftYrà« 
demande : pourquoi la femme ne poss^^i^^itT^f^lçitpsi^ude^.. 
biens '^pouj*qiioi la fille n'hçriterait-ell€i^g|^)<i^'#pn pôre'^î^ 
Cepencfànt 11 fallut un temps encore ^j^^^^^g,, j.usç\i'àiCÉr . 
que fe droit de succession fû|; rçcDpnH,à|,la gl|e tinari4ef<^J' 




iCorp./tir., 1. IV, til. 43, 1. 1. 

2 Loi d* Antonin, 16J ; — de Seplime S^vèj^e^JQJf'; %^iYiatrem^it¥Bki^ 
officio dehito promerueris, paternam pietatem t^^^non 4fx^abit4i.* 
Corp.Jur 1 V,lit 25, 1.3 et 4,., , ,.. ,, ..,n.^^^ ,.^m^ •. •• • 

5 «?...tn muheres^T^lena est tn^urij^,.^ ^l'r^^W^iJW^W?»^*» ^^^ kabtttt 



ADOUCISSEMENT DE LA LÉGISLATION, ETC. 425 

droit d'exh^r«aMîb>r^m*!Ws6tiniil'à'pW d^s 

14ûl6ttlh)féï^4dêM(glie*ttépa^'ètt'èné^ 
Ènm&miA^iîii'mhUée dàûS lé lesiaméiil du''pei^ , ^^^^^^ 
loi>ôsôiirë'^é'^p!Érl-Tdy lasdccession*. Pour remédier a^fa'^rW 
gii0Ofidié 1éf4À}] a'^fyrés laquelle le fil^ non émancipe appar- 
ieflaIlîfeu^Jrèi^'i'^c%oassè$Kens, Auguste et surtout Nervà 
c^"Tif#j^'ttWôrfttèi*éMtïàe les biens qu'il pourrait^ acljùerïr" 
àmbU^XiéttM^éÉiÈltàirë fussent à hii seul penàant toute la' 
d^ë'dfe'ïk)» Wvide: Màrc-Aurëlè ajouta qu'ifs lui réste- 
i-fllewtïiussf'âfprès siar retraite 2^. ' ' . 

l'îMalô^k aè'ëëibètbà |iaé là réforme de la loi. Si' les*iegisr* 
I»teal^;ô^5|Hi€^ésîgèrént'aux ehfanls et leur assurèrent ieuxsl 
d^lé^*fîlfttite!s, fis firent encore un autre progrès, non moln&' 
dJjfS^ë'rèfmâtl'^ùé: Dans l'ancien ordre dés choses , renfant| 
éûfaàelpé'W^âftàU pftrè aucun devoir envers son père^ il n'en 
a<^tfl«*u*lo«ft* aucun envers sa mère 5 si le père devenait'. 
pall^?e<[^*îtlBï^ê ; Tenfant resté en sa puissance avait seul 
IsioibërlièitfèPiy'tiotirrîr; lui, de son côté, n'était tenu a rien^ 
vi#ip«é>dei^éïifantën[iâncipé. Ulpîen , pénétré de lldée^uç 
cèi^ftiplj^ërtsIé^Ux d'énfiancipatioh et d'être en puissance 
n^ioifl-^irtf^es rapports factices , et qu'émancipé ou non on r 
rèi^i^ït^|burs Pettftnt de son père, veut que les devciirs de- . 
mé^ii^èÈitiiliivariàMèment les mêmes. Il va plus loin-, on a.vâit 
dèmâbdé di leii enfenls étaient aussi tenus de nourrjr leur 
a^§èY\Vi^êpoM%\ié cette question est décidée tout simple-, 
noifëritl^ërl^cfôîté et par la changé. Cet avis du grand iuris-^ 
cé^^W(€ffut'eX)n^8rti en Ï6i ^ Antonin avait déjà déclare qu'il 



UH«f«*iV^.ii|f '^to. ^3. — M.'L'aboulaye, p. 19. 20.' * '"" ' . , \ '^'^ „, 

. » ,, J J r , ^tipvî o\$A^\) 0<->iV.o 

*^ °' » , ■ ■■ : 'it f ' -^^'^' ^V^^ 

^ € EtmagisputOj eiiamsi non sunt liberi in potestate, alendo9 a pq- 

, . \, . - X *-'\ '^\ '"^ -^* ■ ' 

rentibu9yiet^iHifè'"htkstttà dlére'harentes debere..,n € Et magis e^t.ut 
utrubique se judex interponàt^^ùoi^undam necessitatihus faciliussuf- 
cursuruSf quorundam œgritiiHiiit ; et çium i?i seqiiitate /ifpc res descendat 



426 . . CHAPITRE IV. 

est j(U3(<^(i^ 1q9 enfante secoorenileiirs piranta ii^ns lané* 
fft98aiA4^'l Valérijçn.ei.Dîo6léUeD prescrivirent :a«»:«aigia**8fs 
éàifOf^Wipnms^ de. beswn, tes fils kiîôttdrebifeiifsinatojç 
jiltiivévéTmGe qui leur est d«e , » u ÛBVBngensipéfUmwmi 
.^h,ff^ miv&^t^.n To*H cela prouva. iyh(iiidai»qpiiiM 
■V<^ii)mQQwaM de pluseo plos Vmïou pltis iifthâa^^ite^^jMH» 
]m\vmmhres ài9ih fan»iilôf et q«e eella-eî iife$iîpltt^. ^mir 

^ii'^^lm rfkmveih se fait eiiAendre; le deiv^f fnttnd 

-lAiQei.ài aâtéjdu' droit *, rautontë pat|gi?ii6lle:sdb$f6l€!i^*iâ}f§s 

-dUQis'êdttpliisime^typannie arbitraire; à la dét>eftdafi4:#i'e^- 

i»Ylte(aù(j^e4KWttiv»ient les enfaats âouste6'a«ifçieR9ii9)ip}di^9e 

l^i)i|i||^^<t^p«« à peu là dépendance plus vraie ^)pi«|0i4a&S6 

>db Li«0^fi<u|f «lutuel et de la raooiioaîjsaa«ce':) pt(^«èôcQf>njà- 

idémbte&^/dbS'à l'influence d'un esprit nouy^dUil I eb ^o\\^ 

1 (^j^i ^e passer outre, nous devions (dâifiebimikiittooude 

Cfiietqnesin^^ujres prises spécialement di)ii4^îrinbenèt](|i»Jèq- 

Ji£»Ms'pa«iyrâs« U ne suffisait pas d'app()seVAiiitaljpe^|iitfttA»s 

kid^ icomnitté de se débarrasser de sm ^etifantâ)i^lri«ipost* 

'àUôaïmi par te martre; beauwup deiparetfts^!|initrDu;^§gr 

j0iNDtol^l)aria> aUéguaieni le.pitétextecdeJiaM^UKn^H^ de 

i}lBgfflbîà%^»miAp leai* fortiine pour nouriîi^tuiQ^ÊiPli^Ift^P'AI- 

làti^ {ursii^m bl^nfanispaiiyr^â scru$.;iMi^jprMQfi^qqf{^t«6b- 

lière, en leur fournissant des moyens de subsistance. C'est 

là que nous rencontrons le premier exemple de bienfaisance 

publique dans la'Société pàïéntie^^cè îi^ëisi ^â^sf'JJnto^ une 

• ib^sure. générale prescrite par une loi, c est un enorf encore 

incomplet et imparfait, mais c'est au mo^ une{pr^vqp^qn 

caritateque sanguinis^ singulorlt9h\ de^iâârin 0èirp9^dç:Éei^ûd^caiMlèp<Hr- 
>!> , if^ RaàéHurfi AtècdssitaiiMts Hbérds sucKSmr9reiijfiSitiié»j99tmi£af^' 

259. Corp. aô4f;,bVIH, \iUé% Li|.et>5.^soMv\\ \ ^^>,v■^AM,>.vv ^-^o.. ^ 



ADOUCISSEMENT DE LA LÉGISLATION , ETC. 427 

progrès de plûd^esi9é«vtiâiedi$ d'Iiutbattii^ i^n^^^féslti^pel^ 
qiiès^hjMAm'éi» (f'éito p^ nouveau <!ft}i''ë(^ rêpà^iKMt 

ij^Mi&mmû&.l/itn^diîiveBii pme p^r les^qlidlqoôi9'|)vlfa^ 
it^^fifêm^iii^^fit'odcilpé let^ôûè impérial; elle' ëS(^<d(rfVie 
q^ MiifpeiftfiâiinUorè de paiticuliérs; peiit-éftre ^ii^>i|toi^iies 

4iti^ sKdliçii'lidig ^irt enfenls de piremê pànireè^^éts^mû^id- 
4iciiiU'de 4e$>{|iib6 ftoMt^ri^abxframpuUMas dtui&i (tD«t«^^Jës 
Mtt0$ ^ l^ltalië K Dm' laiëdàilleÊ»- de remÊtm\É9diiïxà^ tâblA- 
^giiàret»l<ki li^ grdiiiude des» popolatioti^ pouHcè^bteiâa^tÉgi- 
pi^ml^i iSïajaîi donsài;ra des somine» con9idëliit)]êâ'atb^i- 
ofej^p{i€»ll<ln« éè' deite itfêiiUiltoa , si tiiTle 'dttfiè^^foiimi^èire 
dgdâé^téldéfs |)^rovitioeseld6 RoiHe^. Dans toqcàffMi^^^l 
-^(ia)iiiP0^*8DOO:eirfaiiU pauirres^; dàn« 'te ptuptttii dbs 
villes de ritBHfè^ (en Afrique même, il é(2^l'dBii^ld<taféiiie 
obuOdtfdJtodaiiKyniitaiitneDiaires, deot le se^uveoir é^esci^er- 
-péiJ^pim'éiiU 'ittidbilles coiiimémoratives^> I>illée6npianp- 
aubtiedOs^i^ffiMibtt^éiMi^is uû siècle en Italie ^-troostqétâMit 
~taoQi»nièifô}(]toûe eés^iisttiuliofis de secoures éfttielitoArgbm- 
iadéfeu|li$u4r^dtiii& seol exemple; nous ebcasîhroûsr leebnôide 
dia ^i^^ide^étéiai, ^dasa le domaine de TaneieDiMidAbèaiMâk. 
îfl*ijaâi|^i(dfâa«iJh»MUim9de ee(4e ii^tiiéj qûi^vaieilttoiibiD 
'li^l'l^lipc^K^I^^Sj^aiionKb leurs terrea , ded 6»^aii| (liiàr 

onnnèicïœnA oh ol-jfn:; :* .•:.!:- ■ ; ' . - .0 yj ^^uon oup dl 

2 Une médaille du troisième consulat de Nerva, au 97 après J. C, le 

représente étendant la main droite sur un garçon et une petite *fltie.£icknel, 
iipl^p/^i<^j9aii^goni Ui. h..j .. c . . . • .Mjj jaii Jy J^lqmooni 

3DÎ0 Cassius , 1. 68, c. 5, t. II, p. 307. 

s Une médaillé de Tan 103 le repréxënlte élêhd^ia.diiGijite^^erg^atne 
-vfenitoe 4nc 4k«ax^etit8i6BSÊints. vËtUiél ,- P. Il^^oK^^i, «p^ttlSA^H y % , de 
son règne, de nombreuses médailles aveé IHnÉcripliâti.lilt^lfefi^ ftallœ. 
Ufte:4i(s6ript«0te«V€«mtéô k Aliéna 'attèBteiarieiMtiÉmisnAC» 'univers Tfa^ 
des pueri puellœque Ulpianii (ùté^W j tC II; p. SI ( n*> 3968. 't *• '^ 



428 ; . ^' CHAPITRE IV. 

tesqdekiils)iluijbyp«)rthé)uèrtftiii'^l0iirs pmprfélés-:^ ou plulôt, 
poUDlle^aeboilsis'eiigiagèrefit à payer i4ë$> Fe<èiiesi«tèsiinées 
'^IfeiitF&tientdesiaifants pampres; le lDl»l<de$ <refntei^»ii'^3i^er 
àAfiuâlIematxl Tut ûtaé kMfiOO sesiemBs-\^^èi»^^-ê/m'h^^ 
Ytrfi» QfiQO fr. Celle somme devait être ëkniftaijfle^difi^ ^^^ 
suit : S^â'garçons nés leti. mariage H^tMtièû^^ëtit^ewit* 
par moisv chaottu 16'8é«l©rces (à=^ii'»pj^fe'8S'^ft^^î^a** ati)^ 
34fitte&', également tégitimes, chadoneflS ôe«<ertte$ fa peu 
prés^S&fri paf isttli)ç des'seicours ttfOiôdfëS éteiéM fkés'polir 
âimifabtB^na^lfiP^si Un ^pp6Ddi)(^ë !r)-Àete de Miêéim im^ 
tituieqiani rev^im <te 8606ise8ier<îe8'<eÉO^f!\)' petir>*8'garç€*fSf 
etnawrfllle lôgîJ^imes*. On voit<ftie'!e'|rtî*s'gr»tfnd'ncfttibfë dé' 
Qê^mif4mu «ilto»m^res étaient! des gâfr^Hs; ï'eh^péfi^Uk^^ éif^ 
^0CÉ»|lant^de le«p sott, avait eti' même teiripfe urtbat ptfRi'î 
tlqbe^, il voukii se préparer des serviteurs' fidSle^v ^^ s^é^i^^ 
dwtu^ les jeunes gens par la reconnaissance*^. L''e«empléM*i> 
"^i^an trouva'de$ imitateurs; plas ha«]t'no«é ar#!îstuiVHii4> 
d({lér d-une fondation sembbble sa>vilte nal^ettè €dlti^,i'% 
lasfùelle iheédhon bien dont les t^Veiiios'af)ilu<9s^^de>3OÛ0tëi^ 
tei^cse» (a ipquitprès>Ë50 fr.) devatoiit;êtr6^4^^iAri»».eiilr6idë$) 
ejfftiti^&ipBU^tiesi^i A Terradae^^n^në cbmi^t^dt^:^ CsiltlPlte^ 
crina , fonda une institution alimentaire pour cent enfants 

t t -j ,. ^ . ■"♦sri'<H • 
-qfi p^i'ifij^ijj .J ol '<■' ■■ 1 .(!•>< ..1 ir'fii -,,1. h f.|.|-, .- t" ,■„} cl'j. » • 

^^C?ëfeMift^tiïM(#^ii bronze, d<ifnétrè«^8Pàû^e'^îfe€»tt*6riV^ Bttè'fâl^ëtt^il 
vée en 1747, à 18 milles de Piacenza, et pdWïlèe d'abo/d 'fjaf' MbrilbriV 
Exemplar tabulas Trajanœ pro pueris et i>u4llls ëtimeWt/'^ipubV^él-' 
leiatium in^tMidi^iitutis, Fton'1749,* M.j.pbls'^^^Wotf / |ïé?^<t&icr 
mi\étén^k^^f^^T^}<Ws. Bé*^li'*8©8,'14^'<4^1^flfefeiBédWièfJttfbIé^i>t^ïil2e 
de ce geidè^'tii^élé^iivéi!», en 4333 ,• |P^^^^^ ^^^^v^t^T eUè ellcU^çde' 
dans le même st^fis que celle de ¥)Édéi»f c'est iui6>^è'fclig«liotviâiiif»a!jàn 
faite par hs Ligures Bœbiani. (Publiée ^arBénjcè» ^ 7(ti^ia%/t}^.^ii|«dfa- 
norum, Rome184S.) î-" q «^^^ ' i.> 

-■^mmi^tmeW^r'^ et Ê8/'t. .11^^ prises. -166.. lov , Il /} ; Mi>Jr"î^ 
aMib.vft. 49îèffi^8?)l. V4I^^"^|^v 4»llti^|»;''p^if8.<2lî&^^tJitfàeri]^':Vcitétf 



ADOUCISSEMENT DE LA LÉGISLATION , ETC. 429 

de la campagne ^' CeSiééièUsBiNneDllSiût^iitfDh&iactoiqis^ 
tratioD spéoiaJe^ chargée de peneevoir les-rettefiDSjetodedesi 

le$ mêmes ()uei;eux qui présiderteiit aâx dèslribntioiisltisiète 
Êii(6B iaur peupte?^. Il résuUe/âluBefloîd'AdrkntijiëôtIfinirâr 
pair MAlles^iAâfe Sévère, qm hdkMca^v^ 4iMfmbS^\iibS& ûmt 
garf909s.généfaJemept Jtt^qo'^/kufi 4i&rltuMiièiiie. axMMfei, let) 
^ux filles jusqu'à tequi^iorzièfiii^^rAcimniaMpiifai^ lesAiid^; 
ci^n^^^éfi. pftr Trajan à. Q^>^wr0B.libéfaJi^4>]iP0ÉlàiàriBêaq 
aouiS lesiAatoniQs^, elle^ fqAe«()(f^pgsiântée$iid(fe(f(»idaltQn&! 
pl«».spéc»9leaieot desAmées^aiiiiJtttiies^fltleâ», (pwi^trajpourj 
\^^ pifé^^r^er, du. danger. de<ae p6i)dr6}p()Hnii)M^àld4itl(Uiràraô 
4Bt(>niQ€i(^4tal^litune en rbbonettrdeâ<iA#pQiiselR«ft!\H«t^ 
Mpir^pA.urèJie ,àroocaBiûn.du mariage de.saf ADe^t^vi^îi^o^ 
\§jff^^ .iiréa un^.cériain .oomb^re d'enfwfs.«îwwtenl«*e^9dp$j 
dffw^ ,^&ii^i^7 ; le^méme empereur voulut bopoi^ilai BDénuokfô 
(j^ii^op„^pQ«iâie Fauâtioe, malgré les défféglâm^tadaicflia^ 
l^inj(jfQ$$e CIrivole , par une fondaiion pour.dieâgfeundélAite)^ 
se«^Bble k <GoUe d'Adrien h Des médailles tnomttmifesllanfsil 
(plun lebarinamibas-rdiefido: palais AlbanKDipltjpqrp^tflÉleJ 
sQUteiiiitides .libéralî4ié$) d! Antonio, et de/ s(Hiofii3iâ[(lQ|)[liA?i9 
-'iii:t.'j » jii'. '. -. . ..,îij*î;î:i n- • ■ hi *.ti >nn cbnot ffiniio 

^Henzen, 0. c, p. ^7. 

^Cela parait résulter d'une inscription en l'honneur de L. Casurius, ap- 

pfellj, lî/U,|). 196» n° 39Q(?h, . . . . .. ?,[ « jin nf> eô/ 

c ,^,V«j.,l6*imôdaimes. et iastript. de/<î««^qpflu«sapiw,^^<)hpî^JR^çi,4^j}jjç 
vol., .VJJ,.p> 40 j -î et cbea. QheUi, t, B; pr. 84, a??,33ft4ôfe^§&98 eo ob 

«0. c, c. 26, p. 73. [MhHl smoil ^wm-tom 

«Eckhel, P. Il, vol. ;i^«,.pi)g?.,m 40<'.i.^^',te-.ïP^Aj[B««pré^#flM^-Ia 

<ttv«' F^f««l^a m^mt, ,fîtrs,|U|ufll«f*ajjwac#IU|ie ipf«cftf§i9ti iiç.(ifl«»fes 

filles ; rimpératrice tient en sa main un vase , duquel etl;çf$çi|i1;>h^i?{^v^e9r, 



430 CHAPITRE IV. 

Âlexao(|feiSéMàvaiimia leoretemple p&r1a«rëftlionde gar- 
qoA^ etidé ^jbuiuîs flUes alimenUires eot'hobneuridleiiluHa 
MuraiofiBa^ sa^iinève^ Ces iostitiatioiis, <sî)géiiérôiiMs/($t«î 
déedssaHres, m tardèrent pas k^^ tomber «n^ ûmsAétit^^ lëtr 
TaiidfiifidûfKos ne serrant plus qu'aux défeancIfes'oA Vl^ailiSi-^ 
téèvidas tyrans qui se disputent le tr/tue^ pët^miélnëiSoUj^ 
plus à créer des fondations bfe»fei9ameis ; <3€l1to'C}nl'èifyte^t 
périssent dans le désordre universel; durant une série d'an- 
nées, les propriétaires des terres engagées ne paient pas les 
rentes li l'administration des secours, de sorte que, pendant 
tout ce temps, les enfants pauvres restent dans Tabandon ; 
PWffiM[x^,Métiis(Dgèv'i (ons fès sentiments de mîsëHiîrfirde'et 
n^WflàAtf ♦^S forcer les débiteurs à payer lés sotnftiè'srifrfië- 
i*êé^,"Pi^êfbrt 'sacrifier l'institution tout etitièteV él'fliîi'p 
l^y^^ilnfWïèr'^.'Erre périt, après avoir foûrtti ïWife 0\'è^Sé 
laP|JiAi<ilialion les moyens de se préserver *e là itilkM' 8?^ 
fâ^fe'èlnte;' cé()endant, quand même elle eût siiB^îi'i^, "^ 
<i^yti(^ïras' éthi)ééhé les progrès effrayants de f'jif^pi^v^^îâS^- 
tHWli^Béfal; pour cela, il eût fallu pHis(^ié'aëfe;d1?rf/yâfs? 
Àéfû^lBlè dfstrièués à un certain nombre d^nfab^^t^^iVWe^ 
rtiëfti'fâHbi Rendre au travail là' dignité dîini'MS^ëiVîfîâMffl 
îHftAjWé^fàVàri dépouillé. Or, Tidée de là réïi^blfiWtîiïH'^ 
ntf^aîWnVké dies dernières qui eussëriC pétiët^ë^aiii^lalÔ^ 
mU'^¥dAiAiïë\ ofa fit quelque chose ^onrisikèm^'iêWR 
MMmkl nous en pàrièrohVii-mysbfe^'iblîJUH^lî^W 

ètièmmti jittdWretever le ù\i^M\àé{'iîmVi W^'^W 

]'h;(j riiiii. > .-M • I • ••• •••!.. H. '.1 lui )?/.) -'jJnolov eneg 

des DieDiails dans le sein de la première des jennes ullés. Zoega , £t bassi- 

m^Mi m^mÉoMh, t. ï, p. m: "•'-'' ^» ^"^^ ^^^t^'* ^^""^^ 

- 1? jV(T^-) R9r(:Ç^mtd6 : rt rM{vmim'nh9péi^Wi Irnnï-iffm otffmèMf li| 

''^n A liment aria etiam compendia ^ quœ novem annorum ex instituto 
Traiani debebantur, obduratà verecundià sustulit.» J. Capit., Pertin. , 
c. 9; Scriptt. hist. aug., i.\, p,iU. ^ i * »'« I ! 



ADOUCISSEMENT DE LA LÉGISLATION , ETC. 431 

les inslituiioiljft «bmen^ir^es sooiiMtéesfpam^lefiritiinpereurs 
qui en 40(tétiéilaa auleurs et tes proteclears umde iéui^plus 
keayx^tMffâ9 de^loîrQ«^DaQ8 notre eoBvietii^nf lai^ seotinfiotï^ 
99i Pdtfl^iMit^s prinaes à s'oeoiper dfis.paiiwre^eiiSBEloDti 
àifiRflEqt^ A^pi*M$pJti^tud« da côté de TenfaBca ^htiinèmùéù^' 
y^^9mwm^n^S(^^PV^^^ de raeliça ei^enc^ par.re«pHi«de; 
q^^4)r0p^ip«r k'^brî^litftisnie. — ...... 

-ïh; !> ■'' "'. 'Mî'j .• :■ . • ■ '.' ■ i ''li'' .'■■'.••■-'' ' •<< 

^i)\ ^,y.'\ j ••■ » ' *.■ ' • "' ■■:••! -'M ''•'i --"> 'I» 

^ fiobiii..!». l "i. • . • • . . ^ ' - J . -^^imoJ 00 JnoJ 

^yiiWlifffl^' P^"*^ ^^P^*^^^ de priwe ahqr4,<^ey^^t,Aç.ftftj^^ 
-Vl^iç/iif 45 el.,dQUX df§ idées évapgélique$...ppaft j|^^/^n% 
|%b|j^jgc fl^^.da^osja société chrétienne aveCj^^Çj^çjçpjs^ 
^SS%4^flfi.^^^.^ ^"^ lentement aux précçptçft,(jei)Sjfi^î^yi 
êié' .^fll^flil?^!' ^^^"^ '^ société païenne elIe-w4m^,(,g^ijÇ| 
c^ggji^4jÇf^/jÇ^aj §j}p acliop réformatrice sur la çqijdjijjiyHijipfy 
^fi&fe' {RSP^jftVQns dit comment elle s'e$lt..fait ^çRi^r fjjyift 
'^oli^Ç/ii^n^^.CT^ '.^.^Wdpile des philQ^Ppl^fi; iljifi^ASÀ 
ÏWWiÊffl /?9^PWf:P"^ ? rqnçlM jplus Jiuj»aip^Siq\ rIh^I mh\ 
WfimJfm^ll^. esplayes , les lois qui g usquoTlk fl/g^ajç^jçft 
ESS^lîimiflHÇi fJ^i Çjgijeurs, méprisante^. I^'e3ft\a)iflgfi^.Vjin 
m9%¥^^mkWU .!f ^rpit depropriété du n^^/^feçflrj^gft 

sans volonté, est bn homme comme son maître. Gaïus part 
encore du fait qujç la principale division du jdrc)|l |i|s [jpr;^ 
sonnes repose sur la distinctipn dçs jhom^ftÇfi ^ ,|f|]»fj^ ^Mft 
serOiilt; lirais. jçs^>iMapâReiirv^ philosophes ei>Ies4iLrisfsi9^allK!s 
pliid4ftttniâni«itei9de»t4^\adom>.ir4aduretédkiici^fe^ 
vement commence kiklriW lié Tt^ajan -, H dfeWëfftf)hife"pi*5-' 

^Dtflr., 1. I, tit. 5, 1. 3. • • î -. A v'\vt' . 



432 CHAPITRE IV. 

nonce sous Adrien , malgré les emportements de ce prince^; 
il se eontinoe soos les Antonins et surtout sous Alexandre 
Sévère, le plus Neaveillant des empereurs 'envers les es- 
claves ; M milieu des siens , il voulait être ^ s^teo la coutume 
antique, un père de famille pluldi aiméfteeraint^ Son 
conseiller Uipiem fui le preottet à ioserii^^affis le droit le 
grand principe qiie toius les boflMBesiHésaHirëgâinrei libres, 
et que Tes^lavage n'es^ pas oeofeme am drtik naturel'. 
Frap^ de toui cequ'il y a de Imledsm lemn den esclaves, 
il dit même .que* )a> servitude eM presfK comparable ii la 
morf*. Unjiiilfç jqfisransnlle, Florentin, récimnut égale- 
ment qm'elile. ^i eiNiiraire à la nature, qu'elle n'est qu^une 
a conslituftien du droit des gens ^. » 

Partant de ces idées , on commence par apporter des^ res- 
trictions au droit absolu des maîtres. Antonin , tout eô fai- 
sant encore la concession que leur pouvœr sur les aMIlaves 
doit rester intact, cherche cependant à mfettre une berné à 
leur trop grande rigueur, parce que, dit-il, il leur filp^fte 
k euxrmémes qu'on ne refuse pas le secours a«i o^pHÂés 
qui se plaignent d'être maltraités^. Il esi vrai qn-i( bèfoèdè 
icisurun motif égoïste, il en appelle à Tintera p^i«oBifiel 

*iElL SpftrU, Hadr.j c. 23; Scriptt. h. a., l. I, p. ^: '^ ' ' 
SLwflfiii;, Al, m.y c. 37; 0. c, l. I, p. 284. ^ 

3 « Jttfe naturçiU omnes liberi nascuntur; f^f d atiin$t «4 (^ ciwtie , 
servi pro nullis habentur; non tamen ef jure nalurali, quia y quod ad 
ju9 naturale attinet, omnes homines œquales sunt» Jure geniium ser- 
yUus imaé^.» Biffw, l l, lit. I, 1. 4; l. L, Ut. 47, l.13t. * 

^^Sm-niMmHwvBp'talitati fere comparamtw.r Wjjr.; itft. |/tii/!7, 

1. 2«!9. •.' . r j . ^ . ' *' * -^ '^' • 

s ce ...cmttra HcOurctmu. constitutio juris ffmtiumM 1>ig., l» t, tit. o, 
1.4. ' 

^U restreint la n major asperitas» des mattres/parèe<^u*il leur importe 
à eux-mêmes, cr ne ûuxilium contra sœvitianiy vel famem, vel intolera- 
bilem injuriam, denegetur his, qui juste deprecantur.M Dig,, 1. 1, 
tit. 6, 1. 1. 



ADOUCISSEMENT De LA LÉGISLATION, ETC. 433 

des maîtres, d'aotaDt mieux servis de lenrs eèctaves qu'ils 
ies.traitçrontdaieo»; mak, de son temps, au milieu d'une 
société livrera Pégoïsme, il ne pouvait s'élever à des con- 
sidérations fikis haEt€s , il' devait parier à des païens un lan- 
gage qui fui compris d'eux, pourvu que son but fût atteiift 
d'améliorer^ le sm*t derla classe servile^ D'ailleurs Adrien 
av^it pris des nie69re&4)lus directes pour arriver k cette fin. 
H m^ii enlevé aux maîtres le droit de vie et de mort, en or- 
do^naut de déféeer ans tribunaux le meurtre d'un esclave 
et /le le punir coB^oe homicide^. Cette loi Tut confirmée par 
A#40Din ^, et on finit par inscrire dans la législation le pHn^' 
cipe géaéral que quiconque tue un homme, de quelque cooM 
dilion qu'il soit, se rend coupable de meurire*. La coutume 
d'exposer les e^taves malades et vieux , qui n'était qu'un 
autre gei»% d'homicide , avait été défendue déjà par Claude; 
eel empereur avait déclaré que les esclaves exposés et reve- 
lidQt à la santé devaient être réputés libres^. Les mauvais 
traitements Curent défendus ; Adrien , après les avoir décon- 
seUlé^ au^ laaitres dans leur propre intérêt, punit c«^ux qui 
rec^is^eoi sourdra ses exhortations impériales. Il exila une 
m^OBevpxHilavoir tourmenté ses servantes pour les causes 
les plus futiles^. Septime Sévère note d'infamie l'homme 
condamné pour des injures envers son esclave^; parmi ces 
injures, on ne tarda pas à compter l'obligation imposée à 
un s«fviie»r de se livrer à des occupations indignes de ses 



^Caius allègue «De rai^n pareille pour radoudsseoienldtt sort d«s<6ft)-< 
claves : « Jfalp «ntfp» nat^4ipâr$ uii non de^emus } ^bm mtêéne 0ê p^- 
digis interdicitur bonorum suorum administratio.n L. 1, § 53, p. %Sh ^ 

«iEl. Spart. ^Jîf£Mn., e,M, en Seripit» hist. awg,^ t*I> p. M. 

^IHg., l. 1, lit. 6, 1. i et2. ' 

^Suetoft., C/(*v^,,«..25,.p. 28K..-rviWg^, 1. XL, tit: 8, 1. 2. 

«Dtflr., 1. l, tiuAl'â*, 

■^En 208. Corp. Jur.^X. H, lit. 12, I. 10. 

-28 



434 CHAPITRE IV 

talents ou de ses connaissances; on dérenfclit d'employer des 
esclaves instruits à des travaux qui n'exigeaient pas un es- 
prit cultivée Si on achetait no esclave sous de certaines 
conditions, il était contraire à Tancienne idée iie l^elavage 
de tenir compte de ces engagements .vis-à-vi$.d'êires privés 
de volonté; désormais la loi force le maiire ^e^es observer, 
et accomplit ainsi un grand pas vers un meilbswiordrede 
choses'-*. r 

Si , malgré ces défen^ee, k maître Doaltraite si^ :eselaves 
ou viole tes engagement» contractés avee^eiis;^' ta.liM pri^nd 
ces derniers «ous sa protection. Déjik du temp^de Sénèque, 
la coutume s'introduit qu'ils peuveni ebençbi^r «m ^k^ 
auprès des statues des dieux ^ ; Antonio saDctkHiirQ':p§ilc!^i 
et ordonne de ne plus renvoyer ë leurs maUr^4egidilf li^6» 
qui se seraient réfugiés dans un lieu coD$ai^f4^.. CN^jft^s^ 
corde même le droit de porter devant les iDftgÎ9^M«(|e^6 
plaintes contre les excès de leurs aiaUr(0a. ^n^oN^So^ mh 
le préfet de la ville était chargé de eonuftltifej^^ilt^if^qfr^ 
envers eu5^; plus lard ils peuvent méa9e,.<k^Q^t|^i^paa 
et par l'intermédiaire d'un défenseur ^a^ipbritif pêitîdt^feî'^ 
vifes cootre leurs maîtres, comme ptrexetnpbi^aR^'îiQ^d^ 
accuisleni d'avoir violé une proHies«e au iixii^Htfs^trdciQ) ils 
atteodpifïQt lenr liberté^. Anloniti (i)Qute>ll)C^diSl|)iii«ii^s 
l'ordre ^domié aux magîsiitaAâ dia M j)ilii$iiV^v^^ ^xU^^ 
maîlTes les teclaves qui awaielit éléiwrîïfetTOfcsi^'Htrfiii'ai- 
iement terhare eC injurieux^. ;{ie ctotnpJjîlnea«|jdfr>iiM($ me- 
. : s'y .i\ ■ ''•"-. : .'i ni /un uhivôVjh É\bb m 

^Dif, l'/Vff, iH. I, !. 15, § 1. *-i'Toyi'ltt'."WaiK)^,àt] «[hpl^68. 
«Voy. p. ex. Corp. Jur„ l IV, lit. 56, I. 2. 
3Seneca, De clem,^ 1. 1, c. 18, t. II, pv 26.^ « . '"'• X . 
*Dig., l. I, lit. 6, L 2; tit. \%^ K 1. ^ ' ' ^ 

sSeneca, De benef., I. III, c. 22, t. II, p. 190. — Comp. Dig., 1. I, 
lil.lî,!. i; etl.XIII, tit. 7, I. 24, §3. 
«Voy. M. Wallon, t. III, p. 66. 
"^ <(.,.infami injuria affectas,» Dig,, 1. ï, lit« 6, I. 4 et 2, 



ADOUCISSEMENT DE LA LÉGISLATION , ETC. 435 

sure fut la loi de Marc-Aurèle , forçant les maîtres de porter 
à leur tour leurs griefs devant les tribunaux, c'est-à-dire 
leur défendant de se faire justice eux-mêmes ^ 

La législation posant ainsi quelques barrières à la dureté 
et à l'arbitraire des maîtres , essaya aussi de faire prévaloir 
le respect de ia nature humaine , en empêchant Thomme 
libre d'ab^eh de l^eselave pour ses amusements féroce» ou 
pour ses passions détestables. Ce ne furent encore qm des 
efforts timide ^èt s^viâ d« peu d'efifet; m^i^ ^l'Iesm^Burs 
païennes y ^ésistenl longtemps avec uueopiniStrôtÂqurrious 
élouéev ir faut d^autant plus^ reconnafii^e yhuiiya«i%ë)e 
force moratô de eeut qui tentaient de &^y<)ppds($ri'iiiptè6 b 
licence efff^ttëè du temps de Tibère et de^ Mvmi^ of^fWf^U 
quéâ lèniâlît^ poiif arrêter rinfluence immoralei>4<^ë jèui^ 
de fà'>8èëri^;''7i^aj^éf crut pouvoir décréter la syrppnwsioû 
deë'-p^^^^^^ '^^ ^^ '^«1*^ représeutdiiônsimpuéiqoas^'^ 
mtfW kf^méckWï^ répotidit pas à ses imentiou» r (âjjaiSBfoq 
du ï^btipt^^tâM^fUdomptable. Même les emp^eiirsles^plu» 
Sâgéd^k^té^^ti^'vmuéus n'eurent pas assez d^ûtmt^ipouf 
empéèliêtt lëè^î^Koiâaina de ae pervertir enrioMoraniiqaui 
thë&irkin(Steldt]>d@/ témoignage de Mar^^Aurèlë V>^si$ii ^n 
ÂntoôiKiJ/^^il^jfeiSâît ^doDi^eréeSjspeatacles , ne'SQ^gstflP^ 
à rëé«F€ii(|Hii> tes^ éloges^ \ik la^ foafe , maïs ci*oy»îk trem|Uf»liii 
demir^ dêwp^ii^ii}^ Mûré*-Au»ièteju«-m;éine^)(iiilM^ tourner 
a dimitlilei^1@fiiJsâto1^ùiès; hîiïtirâ^ il^Gw^ut^A&Mtmt 
des glMsabufig^iiUçiik»), ^dli temp&^de/Néewikrabidoot^ 
avait déjà défendu aux maîtres de livrer leurs esclaves au^ 
combat^dffi bêl«,iteWnftla(?^nteuc^ d'iurp i«.gpfiî A.«Jnçflvdé- 
^t .; «)- ■• -'i .' •- ^\\{^'^ .z) .q .pV - 

^Dt^-., 1. XLVUI, lit. 2^ai:5s JJ ■> r.î •■ . . ,.its-ih sd ^feooofi?" 
^«Effeminatai artes, et indecan^McUlo sM&iJ Wnii /!aH«^ivc. i6, 
i.II,p.485. ' - - . "i u J' t 1:2 ', r / . "1^.->^'^ -iO . 
3Cap. 4, § 16, p. 8. 

4Jul. Capil., M. Aur., c. H, tn Scriptt. hUt. aug.^ l. I, p. 59. 
^La loi Peironia. Big., I. XLVin, tit. 8, \. \\,% 2. 

28. 



436 CHAPITRE lY. 

Tendit, SOUS la même réserve, de les vendre aux lanistes et 
aux tenowcs*. Marc-Aurèle voulut qu'on ne vendit pas même 
dans ce but les esclaves criminels , et qu'on punit à la fois 
le vendeur et Tacheteur^. Ne pouvant pas abolir ces jeux, 
qui lui paraissaient être une vanité frivole , il fit quelques 
efforts pour modérer la passion du peuplé : il diminua les 
sommes consacrées à l'entretien des gladiateurs , et essaya 
de substituer aux luttes sanglantes qui ne se terminaient que 
par la mondes combattants , de simples jeux d'escrime, pa- 
reils à ceux des athlètes de l'ancienne Grèce ^ Ces tentatives 
de réforme^ bien faibles et bien imparfaites, sont bornées 
aux règnes que nous venons d'indiquer ; la fureur du peuple 
s'oppose encore longtemps à l'abolition des jeux du cirque, 
et les tyrans qui se succédaient rapidement pendant Ta plus 
grande partie du troisième siècle, avaient, trop d^interèl a 
fikilter les goûts de la foule pour songer h désarmer fes ela^^ 
diateurs dont les troupes devenaient souvent-leurs auxl- 
liaires. i . 

Lliorriible abus commis avec les jeunes garçons résista 
égalepaei^t ^ux faibles efforts lentes pour 1 ext|rper. Il y avait, 
il estf^r^i^ .des lois contre ceux qui se sérv^aiept d'Ivonji^me^ 
libipscQptrfe leur gré ] frappés jadjs d'un^ amepde coasi^é- 
rabl^, l(fs,priminelsétaientplusta|'d punis de mort,*; toute- 
fois op/pç fit encore ri,en pour garantir les esçlayes'cpn^^^ 
la bç^ijplîf^fle Içiirs fnaîtres. 1^ ,pïj^^^^ 
sévir énergiquement contré un vice si commun a Home; 

^n.,. causa non prœstitvtà » M\. Spart.^'Hacff,,'c.' 18; Scnptt. hist, 
aug., t. I, p. 20. . . 

^11 ajoute : astne judxcxo.iù Ce nest que par lugemeot public qu un 
esclave criminel devait pouvoir être condamiié au cirque. /)t^./1. XVfll, 
Ut. 4, 1. 42; 1 XLVIII, tit. 8, 1. \\. ' " ; "^ ''' ' ' ' ' ' 

3Jul. Capit., M. Aur,^ c. 41 ; Scripti hist, aug.\ tl'ï) ji. 59. — Dio 
Cassius, I. 71, c. 29, t. I, p. :U6. 

* Voy. le Comment, de Godefr. au Cod. Theod., 1. IX, tit. 7, 1. 3. 



ADOUCISSEMENT DE LA LÉGISLATION , ETC. 437 

Domitien fut presque le seul qui appliquât la loi Scantinia t^ 
quelques personnages de l'ordre des chevaliers et de celui 
des sénateurs*. Ânionin et Marc-Aurèle eurent assez de 
vertu pour, ne pas pratiquer eux-mêmes ce genre de dé- 
bauche, ma^s pas assezde courage pour l'attaquer ^. Alexandre 
Sévère eut un moment Tintention de supprimer les maisons 
publiques habitées par des scorta virilia, mais il fut retenu 
par la considération de Tinsuffisance de ce remède^; plus 
tard V lorsque Philippe essaya de mettre fin à ce désordre ^ le 
plus honteux des temps antiques, il le fit avec une timidité 
qui prouve combien la puissance du vie* était grande et l'o- 
pinion publique pervertie ; il se borna a de simples conseils 5 
aussi j'au dire de son biographe, le mairie fut-il pas'exlirpé*. 
*" iFusqu7cî nous avons tâché de réunir les faits qui té- 
m6!?g;nent, des efforts tentés par les législateurs pour empê- 
cher /é| maître, l'homme libre, d'abuser de son esclave et de 
lé fcaiiraiii^r. Koiis avons a signaler encore un autre progrès 
de i'nuiGnanité, clans la manière de considérer TéscFave lui- 
mèa^e pour le relever de plus en plus à ses propres jeux, 
ï^ôùs avons dëja fait observer qu'on lui accorda fe droit de 
porte/aevànt les juges ^s plaintes contre un irnâître^W- 
lîdré^-*^ cc^^roït'/ '6n en ajouta d'autres qui rapprochèrent 
;peu*a*'ji^''sà''c0n^^ (le celle d'uri membre dé là strciélé 
èîvife,'d ùn'e pVrâôrirife.'ihsquè^là les esclàveis , n*ayant pas 
cette yualîtéd*e'îj'érso^ ii*étàient pas adhiis a ï>rêter ser- 
merii!f^^pél^fôm^ étaiettt solirnië ^ la tor- 



2M. Aur., c. 1,§i6, p. â. ' 



3. 



.0^ 



i Habuit in animo , ut exoletos vetaret , quod posièa PhiUppus 
fecit : sed v^ritusési, né pràhtbenSj publtcum deaeçus tn prtvat<is cu- 

.W'">' " II',' '_ ■ • !• • ' • 

piditates converteret; cum hommes illicita magis poscant, prohibita- 
que furore persequantur.» Lamprid.,v4/.Sev., c. ^i-^ScripH. hist. auy.^ 
t I, p. 274. 

*Aurel. Victor, DeCœsaribus, c. ^8, p. 124. 



438 CHAPITRE IV. 

lure. Cet usage Tul modifié par Adrien qui , dans des cas 
détermines , voulut qu'on reçût leur témoignage , en leur re- 
connaissant ainsi, dans une certaine mesure, un des droits 
de rhomme libre ^ On leur garantit en outre la propriété de 
leur pécule et la faculté de s'en servir poipr^teur libération; 
aux esclaves publics on permit de disposer par testament de 
la moitié de leur bien^. On leur aèe<»rda le droit de famille, 
en défendant au maître de séparer les enfants de leur père, 
le mari de &a femme ^. Ils peuvent même élever des pierres 
funéraireô k leors parents, «sciages cotnmpd eur;' quBlque- 
fols mmllUre plus biimamtva ju$qi»'à leti^r réser^^r une place 
dari^t^lomb^ux de sa propire famille^. L'afivaiicàissement 
stmout^t rendu plus facile^; jadis on naissait- esélaare; dé- 
somïaië,^CMfo'rmément a une loi d'^^oQÎtii Peofaqt conçu 
pendent l'état de liberté de la mère, n^is né esd»va, doit 
être considéré comme libre^. LIeffet des teâaînçuits.affran- 
chissant des serviteurs est entouré de plus de garanties; les 
promesses ne peuvent plus être éludées; dans les cas dou- 
teux, on prend l'habitude de se prononcer en faveur de l'af- 
franchissôment, en éclairant ce qui est obscur r par la lumière 
de l'humanité^.)) Si dans tin tesii^ent ou dans l'acte de 
vente d'un esclave a un autre maître se trouve une condi- 
^iM-ypëddlédéfibéfaflîon , elle dôtt'être Ittlér^rëtféë^attjèiirs 
dans un sens favot^Wô à la llbèffé',^ (féët* surtout Alexandre 
Sévère qui rend à cet égard plusieurs lois protectrices^. Une 

Dioc#i^,^,,f.j^I,Vm, lit. 18,1. 1,||i.3t;?,^^,^ ]n,cu3S^- - 
2 Ulpian. iFra^rm., tit. âO, § 16, p. 61. 

^V^jn^ftî^éKtktens dtées pa^i^iWaHôtt^a^/fll/f. 47S etsuiv. 
5 M. Wallon, t. Ht, ^. 67etsuiv. 
«Corp. Jttr.,:U IX, lit. 47, 1.4, • " . 
"^ a .,.humanUatis intuitu.^^ Dig.^ I. XL, tit. 4, 1. 4. 
^Corp. Jur., 1. IV, tit. 57. — M. Wallon, t. HI, p. 75 et suiv. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 439 

fois obtenue , la liberté est irrévocable^ un affranchi ne peut 
plus retomber en servitude; on déclare nulles toutes les ré- 
solues qui pourraient être mises k sa manumission , on lui 
garantit la jouissance pleine et entière des droits civils, sur- 
tout de celui de posséder des biens et d'en disposer eu toute 
libertéV. Ënân la liberté de rhomme libre lui-même est plus 
énergiqjiemetti protégée; Alexandre Sévère et Dioclétien 
diminuent ie nombre des cas où Ton pouvait de droit être 
i^édiiitien servitude; des peines rigoureuses sont dictées 
contre ceux^ui wlent ëes hommes, pour tes vendre comme 
esotayes^.iAtnaî, bi lijb^frté'mieux protégée, l'affranchisse^ 
ment^/àvorisé, le sort deaesebves adouci , la puissance des 
majires iimilée^» tels sont, dans «etle direction , les progrès 
^^tftmpb'âisoli^ Je6 i^npere<irs païens par rioflaeni^e des idées 
dâ:j|astideet d'hamsinité, qui tendaient à transformer les lois 
•et^'Uëspetfàtqgéiiératt de la »>ciété civile. 

•■;^0b 860 S:)l ^H»;?: , :. 

'\ùl ob 'ni37:A :v} ... ■ _, ; ' , >- i 

tj oJyc'l èmb uj ../ÉMAPITRE V. \. , ,n • 

;;i«iO0 OinJ JV/JOIJ :.". .•■ i/ ■: = : • ! ■■ ■■; \ [' i [} 
.Bft^»|î§Jfl&ll^'lè?W!Q»§EWl«lîST. DES LÇiiS PÇBlDAjï^T iiA.J»%JODE 

''DiUiy/jlA : iif 'jj j^ qg^#iEW«^..nE x',EM!>iiiiB, . ;; .r. j> 

§ 1. Les empereurs jusqu'à Théodose, 

^^'^ 'De tiiemk (\xk rWtfs À;')aiVdns pas cru poùVdfr afferfbué* ra- 
doucissement des'ifesïpclralés chéz'les'^hî!oS6^Hëé''à^^ 
élaboration progressive des anciens sy^ipe^^' de même 
aussi neiiu^ i^eipo.uyQJïs. pasi voir dans l>di>uçJ3S^ des 

* Voy. Salvian., Adv. avar., l. lïl, c. 7, p. 273. — M. Wallon , t. Hï, 
p. 80 et suiv. 
2Corp. Jur., 1. m, lit. i5, 1. 2. — M. Wallon, l. 111, p. 53 et suiv. 



440 CHAPITRE V. 

lois, pendant la période païenne, un simple progrès naturel 
de la législation elle-même; il est évidemment l'effet d'une 
autre cause. La rigueur inflexible des principes antiques, 
qui subordonnaient lout à l'Élat etau citoyen, et qui, poor ce 
dernier, ne connaissaient que le droit strict, ne contenait 
pas les germes d'un semblable progrès*, il a fallu substituer 
à ces principes d'un dur égoïsme d'autres qui, par un tra- 
vail lent et secret, se sont mêlés aux lois anciennes et les 
ont adoucies, ep y introduisait des motifs de droit naturel 
et d'humanité. Coque les pbilosophesr, yeiin^a^rès l'établis- 
sement du christianisme , ont entri^vu et en^etgtié, pénètre 
peu à peu dans les faits; les moeurs,. il est vi:ai, ré^^tentjen-^ 
core, mais la législation , en progrès sur les moeufs, çom- 
mi^nce k rjespecler la perspnnaliité humaii^e et à il'^tK^fer 
d'uuegarantietutélaire; un^sprit nouveau p^ne.^ti^4%|&^e 
civile dont les bases sont insenjsiblement transfarip^^ifâlte 
influen^ sur les lois romaines s'interrfQatjMf ^. PKr4Vtqdn£r 
lexandre Sévère ; elle est entravée de mille mjfisi$sq^a9:)i^: 
guerre^^ le& ^éditions , les désordrp» , l9'.d^fi|if*i^flPMwli§ 
iisur|>aleur{i, la décadence géuéralej dé rfiBftpflç%(|S(8i$qteS. 
tyransy,l3 loi , n'a plus d'autorjté, la jufjfipfinèeitt^ «st^te 
fprçe^ isi;gHelj(|u^& légistes , fidèt^^aux. l;r0dlii.QilB mtîB$(Bt(s., 
réeJaflie;jJ5.j|inj^y^w dq, droit, çtjai^.leh, Slf^sôîjftjnwH fa, 
baille q^§f .iÇ}9ppriettr& .qui . Ipuar. iniipq*«i?t.^ f ijkst*i tmteaienK 
voyaqtr^n exflUti ètla^worl^ Çe!A'^|*/(jîïja^4t^fi»fjd!^tia»mètoe 
siècle, qii)'^pr.ès avoir .sqbiKeqftpis^ d4^^qftMn^B9t$tM)tt»e8luit, 
Diocléljf t^ IPRf €ffld . l'cBuvre .répar^il^ije^S) ribj^^«»^8b«)(fttix 
Antonifl§;çt à,4lpx?)f}c(r^ S.évère ,f frtiRrï4pô§e>Jdfi|rioclb ècetiu 
quatrième si^|[;l^,,,A' partir de 4el^ é[^4il^À «§»».b^ (âripe- 
reurs chnéjli^pgj.,. je, progrès devient,: |>|u§3in^ife6t^(^'plws 
général ; il se fait avec la conscience des principes qui le do- 

■ ' ■ \v . 

* « .,,Causidici sublati, jurisconsuld relegati aut necali.n Lactant., 
De mort, persecut., c. 22, l. H, p. 213. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 441 

minent; ce n'est plus une influence mystérieuse à laquelle 
on obéit sans s'en rendre compte , c'est le dessein réel et sin- 
cèrede mettre les lois civiles en harmonie avec les principes 
du christianisme ; te n'est plus l'action contestée , quoique 
irrésistibled'uQe religion persécutée ou à peine tolérée, c'est 
l'Église victorieuse accomptissant son œuvre bienfoisânte, 
la conseillant par ses ministres, communiquant aux chefs 
de l'Emfxire Jes désirs et kon espHt par ropgane de ses 
évéques^'On^a peiisë<^les obangtementis dans la lé^lation 
civile, ï pâtnii» desempereurs cbrétfens-, tie dott^etit^fy^étre 
attribués à^t'felhii^ce^tfé^ la charité j car, a-l-^dn dît ^ if y ^ 
encore darïs aet^o période trop- dé despôK^toJe et ;tf ta tolé- 
rance ,r4'ri>p'H'ai^bi treire* et' d<î chiauté, poàr ^b^ff puisse 
admettii^r une *ëàlttftîion de Famour prescrît p^<*lFéis'u^-6hf îst 
à sesdiêèiplêS'5'ée; sont d'autres causes qui ont boitemii^u à 
la*nfto«ffettl1©fe«i(te's lois, c'est la translàllbta'ôù^'èîll^^'dë 
|2fiiiipf^èï»Côn'è«âôtîhople , c'est lé raffermissenàehl tfé^î^à^^-^^ 
imW^^iiims é^esl la concentration de toùt'pÔtfvolHèfMfê 
lèSiii»m]^W«ftk>^etih; Miaffâ les eflbts que nou^'âtéi^bu^'^fy^ 
(*«irîie*flé>'itttiftvfeh^ètréTâmefiés à ces dèriiièi^^îî^fJBé^ 
cBlteJe* %î«oèiii pltWl^'la législaiion des' corfsëqti4i^es^a^ii^ ' 
aiïû-BJgttiïei Er^itièf liPué î nr^owbllons pàôtitfë^ W-'eBaffi^*^^^^^ 
im pmmp^qtà M^ pèM'f^^e^ ^^ pWgrts (^à€?-feé«âS9^^'^ 
seo$ifttJém'4itoe €«iï)ei^ô«nel yerte ne peut^tMiqiiëWr^êfeiâWéfif^ 
4U% mi^i^bqiiï^fetle'^p^èlr^daiis les cceui^ ^'^fte'fe'l^lP^' 
paPtotoiW^ieHeiiëÉ^^ti^* VéMû" tràhijuiWe ël''Ôôttfeë'B|ijH'^^ 
remp(ailet*S*nrtetdife:^-^àbîffi}Wéfs qoé par' là' t>è^felflâit^t^?^M 
ne faué dbiit'ipai^i^â<mb<ieF sf^lle ti'î ^^é'ÛàéSiimQiêHf 
produjî î&ii^miè iéëiA\m,ià3ihÀ\ ne l^ut^pa§Ih^W pm^if^ 
lester son»)âtftM«tfee?»'Éllé«fteu h souienirbnëHôVé^^ftè ^]u- 
'^/)'yUOiù'H] >"'»!> ■',•! «r»^. ■■ • . j' ùiîi ii?. U '■ ■ 

* Meysenbug, De christ, relig. vi et effectu in jus civile y p. 10. 
2Comp. deRbœr., De efféôtu relig. christ, in jurisprud. Hom.j p. 32 
et 106. 



442 CHAPITRE Y. 

sieurs siècles contre l'esprit païen , trop conforme aux ten- 
dances naturelles de rhomme , pour ne pas persister encore 
longtemps dans les mœurs de la société devenue chrétienne 
de nom. Ce serait fermer les yeux à l'évidence des faits, que 
de nier l'intention des empereurs chrétiens de faire concor- 
der les lois avec la charité et le respect enseignés par Jésus- 
Christ; il est vrai qu'ils n'ont pas tardé a confondre, dans 
certaines circonstances, le citoyen avec le chrétien, tout 
comme dans l'ancien ordre des choses on avait confondu 
l'honime avec le citoyen ; mais cette idée d'un âge , où deux 
principes: ont été en lutte , n'a pas empêché Pesprit évangé- 
lique de pénétrer de plus en plus avant dans la société ci- 
vile et d'en modifier profondément les éléments organiques. 
Ce que nous venons de dire sur l'intention des empereurs 
chrétiens de mettre la législation en harmdute avec la mo- 
rale douvelle^ est prouvé clairement par Pexeai|>ie de celui 
même: qui le premier a porté le chrisrtianisoier sur tè trône. 
II mérite, sous œ rapport, de fixer n» iÉ$Ui»l «nos regards. 
Dé'jï avant sa conversion , Constantin donnaéfstfxreuves de 
sentiments plfj^ équitables. Il était adonné atn syncrétisme 
néophtsmïcii^ de son temps, reeonnaiè.^àM;niitseul Dieu 
âQpi^meSdivèrseiiQieDt maDifeslié aux iMimmëslèl' adoré sous 
différents noms ^ Ces dispositions plus pieuses, quoique en- 
ébre-'(rè»^vdg«e8, et peut-être rinRuénéertlè^-^sbc «hère Hé- 
lène, ainsi que celle de Laclanfcy, àm^tièl, ^te'fe 812 sans 
doute, il éWfiiaréducalîôri de son fils^/fé tirent' pencher de 
bonne heure vers les idées et les pr.éc€^(f^ip9||:au^du chris- 
tianisme. Pour mettre fin aux perséctrUsx^^ jji ypuJut, con- 
formément à ses tendances syncl*^i9te$i,^/édliser^un système 

■•■ a ■ .. ' î ^ \uo ..-:■■ . 

«ColéhpJÊtosëb.; tita Const., l. 1, c. 27; |i. 4iil. — Paneg, incerti , 
c. 26; in 0pp. Plinii^ t. H, p. 337; — Eamenias, Paneg. ^ c. 21, /. c, 
l>. 309. 

2Hieron , De viris t//., c. 80, p. 16G. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 443 

de liberté religieuse absolue; dès 312, il exempta les mi- 
nistres du culte chrétien des charges municipales, en leur 
accordant le même privilège dont jouissaient les prêtres du 
paganismie ^ ; l'année suivante , il publia à Milan , conjointe-* 
ment avec Llcinius , son édit célèbre accordant la liberté de 
conscience at|x chrétiens ainsi qh'aux partisans de tous les 
autres cultes^. Vers la même époque, il autorise Taffran- 
cbissement des esclaves dans les églises^; en 321, il per- 
met de faire des legs aux maisons religieuses ^, envoie des 
secoôrs, considérables au clergé africain ^, et prescrit la cé- 
lébration générale du dimanche ^. Il est vrai qû^a la même 
époipàe^ obsa^ve encore les rites païens '', maifi ses faveurs 
acepîidsé^ à l'Église détournent de lui les défiaiseurs des an- 
ciens pnhe& nationaux; ceux-ci s'attachent à Licinios, tan- 
dis qtied'e& ebrétieii&' se tournent vers Constantin, de sorte 
que bal Iâti|ciieiitrè1ea deux compétiteurs à l'Empire finit par 
4eVefR}i* uiBelaitie entre le paganisme et le chri&tianisme. 
Lîoi9insr.9Qiiic&', Goratatitin se déclare ouvertement et défî- 
ni4nnumiBpld|i»Bnrl'Égli«^e* Encore aprè& sa conv^sion^ sa 
: pufiâqw^ Jui^ Gomniande de respectei* . les infimanilés des 
pK3tfes^paDttnbJ§'^4K.tîettl même à conserver te titre ile 80u- 
veeadiir>^onfëfe4^f«mMil^a'il liûsseanx psi^^osikiriberlaéçeti- 
.:" (-.1 pioiif» . ;^î''!j'r«'j "^ • ■ : :>*.irv -.!';!' '"'": 

■ « gq^b) 9Hkpo^h^ Ulïj.c/ 7i p, 39** Gelte loi C#.^^3^q%iiôe ea 313 

: 2 Chez Euseb.. EisL ^ccl»^ 1. X, c, 5, p. 388, il n'y a que lecomnien- 
ceraenl de cet edit. Le texte complet se trouve che« Lactant.jDe morte 

>a»Voyf*'<MMièsyù$^lQB4Tï.' < ••; ' • • " '^ 

SEuseb., Hiêt. eccL, I. X, c. 6, p. 393. 
^Corp. Jtir., 1. m, tit. 12, 1. 3. 

7Zosiixi«, ii. slFy-^. lâd, p^ ^ \oyi au^s't les lok de 319^ de 32) , Cod. 
Theod., 1. IX, tit. 46, J. i et 2} -1. Xt;ï, Ut, 40, 1. 1 . 
8Cod. Theod,, l. XII, lit. 4, 1. 21(335); — et tit. 5, 1. 2 (337). 
9 II a encore ce tilre et ces insignes sur plusieurs médailles et inscrip- 



444 CHAPITRE V. 

gieiise, il combat avec éoergie leurs rites immoraux^ il fait 
démolir en Egypte et en Pbénicie les temples consacrés à 
un culte impudique, et disperser par des soldats les prêtres 
infâmes qui les desservaient ^ 

Devenu chrétien, Constantin se proposa de rendre la lé- 
gislation plus conforme a& christianisme ; ses biographes 
l'assurent formellement, et nous ne tarderons pas ^ en voir 
la confirmation par les faits ^. Ses efforts se portèrent prin- 
cipalement sur je droit des personnes; il essaya de briser le 
joug que la législation païenne, quoique adoucie déjà, fai- 
sait peser encore sur certaines classes. Pans ses mesures, 
on croit jecof^naitre Tinflueuce des principes d'équité, d'é- 
galité ^^turell^ et de protection due aux opprimés, que Lac- 
tance avait exposés avec tant de chaleur et de olartédans ses 
Institutions divines. Si l'empereur n'a pas pu, touA renouve- 
ler, c'est que l'esprit encore vivace delà sopiété awtique lui 
opposait, une résistance opiniâtre; on aomt iotPàe s'at- 
tendre (ie. sa part à un code nouveau, le temf^s^i'étiaiît pas 
venp de SQun^elire tout l'héritage des Iq)$, romM^^ À tine 
révisigfi (^o^^nplète.et fondamentale; XilsdeisûQ jbfoips^ il a 
fait f^^^'ij. li^i a ét^ possible de faiiïe ; il ^ méisi^^pi^psu^ des 
réformes plus grandes , en donnant aux évéques le droit de 
p?(?lê^fKë'ftiblès et de prononcer coiiiméâ'rbitres Bans les 
cpnte&talipns civiles ; il a place ainsi ^ a çqte.çe,J^ j^^r^ispru- 
cienfje jaigup^' un nopyen .trè$-iitite at(p^rs,i^<^rte €o,OTgef et de 
la feire afvaikceff'4^ plus en plus>dansfJ£^iVqixideE^lfé(farté<rhré- 

V -^'^fi '>\«>«.îODt"Vî '5'* ' '' • ' "• -*; •'■'■■♦•'•■"I ^ti'i''^» L'.tfjijftruî ^ 

lions/ Voy. ijionnet, De la rareté et du prix dé& médaiUe9 ron^atnes. 



Parîs;iB#y;^'^^ p?'2iâ6^ - Orefli, l. U, 
lÉuseb^^t^tm^fcpnW., 1. llï, c. 55 et 



%M{^'Wi^ 



514.^37.' "^'^^ 



85et 58;*^iV,'c.''23,'p. 512. 



^«Nofxouç ex TcaXotiSv Itti to ôaiwtepov, {XÊTajSàXXwv àvevsouxo.» 
0. c, I. IV, c. 26, p. 537. — « ^ovœ leges regendis monbus et frangen- 
disvitiis constitutœ.)) Nazarius, Paneg. Const.j c. 38} in Opp, P/intï, 
i. Il, p. 361. 



•PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 445 

tienne^ Sous ses successeurs , le progrès continue; chacun 
apporte son contingent à la transformation des lois civiles. 
Le mouvetnent n'est arrêté un instant que sous Julien -rA- 
postal. Toutefois cet empereur subit a son lour Tinfluence 
de la religion qu'il combattait. Chrétien jusqu'à l'âge de 
vingt ans, il conserva quelques réminiscences des préceptes 
moraux du christianisme ; malgré sa haine pour TÉglise , il 
ne put déraciner de son cœur les germes que sa première 
éducation y avait déposés. Il savait qu'il y a une parenté ori- 
ginelle entre tous les hommes^, et que la liberté comme la 
servitude exlérienres 'n'ont aucune Importance si l'état de 
l'âme n'y correîtpond pas^; il en déduisait le devoir d'exer- 
cer la bienveillance envers tout le monde , d'être charitable 
envers les pauvres, de secourir les ennemis, «quoique ce 
soit coatraivè ii Topinion générale , » de traiter ntfême avec 
modératioD lès prisonniers ; la justice, dit-il, n'exclut pas 
rhumaniiév'iil Vâtt mieux être bon envers des criminefs pour 
pouvoir^réire^tsâlssi envers des hommes' injustement con- 
damné^^ipltuôt ^tted^êtredar envers des innocents, sotis'le 
prétexi^gtKïil'oû ne petit pas toujours les dis^îéi'ner deé %faiiï- 
pablêsv)et^j(|«(i^4eus^ci ne méritent point de ibi^t%ofUe^! 

Conslantiq déjà qui a clooné une sanclion légale aux seutences aroitrales 
prondncétfe ^ài^res^i^vfe^aès ifans les affaires civiles! Cfomp/EuseDr, vtta 

CD n^èPi«D9)l)i)a9lil«ipl0a;laMseiiDetJai( koe (ujet^utiicfeilévâfiHKUdilus, 
de 408; Corp, Jur,, 1. 1, lit. 4, 1. 8. Godefroy, l. VI, p. 339, a prouvé 
rinauthenticité d'une prétendue loi de Constantin De eptscopaliÀudicio. 
Cela n'empêche pas aatlnbuer à Constantin la çremièreLûriginj^^iJ'un fait 
qui ne fut aùe plus,iardl converti çn loi. Ép 3^8, on. iccordeMe. privilège 
de prononcer conirae arbitres aux patriarches des juifs {uod. !theQ(jL,. 1, II, 
tit. 1 , 1. jO). Il n'est pas probable que Le priyilég^ ail été accordé aux juifs 
avant de l'avoir ieté aux chrétiens. 

^Fragm. orat.^ in 0pp., p. S34. 

^Or, 4, ad imperitos canes, i. e. Cynicos; in Opp,, p 366. 

*Fragm, orat ; in 0pp., p. 533 557. 



446 * CHAPITRE V. 

Voyant avec un regret amer que les chrétiens étaient pins 
humains que les adorateurs des anciens dieux , et que cette 
charité ainsi que la pureté de leur vie étaient leurs moyens 
de propagande les pl4is efficaces, il voulait, dans ses vains 
efforts de restaurer le polythéisme , que les prêtres païens 
imitassent l'exempledesa impies Galîléens;» c'est ainsi qu'il 
recommanda au grand-prétre de la Gaialie , de faire établir 
dans toutes tes villes des ho$pi€es ponry recevoir les pauvres, 
païens ou non , parce que , dit-il , il est honteux pour nous 
que nos indigents soient nourris par la philanthropie chré- 
tienne: il lui envoya à cet effet 30,000 mesures de blé et 
6000 de vin , pour être distribuées aux pauvres; il ordonna 
même que les habitants des campagnes apportassent ai of- 
frandes les prémices de leurs fruits , h Timitation dès obla- 
tions et des collectes dans les églises'. Pour le» voyageurs 
pauvres , il introduisit Tusage de ces cei^ttfieats par lesquels 
les chrétiens entretenaient l'union fraternelle et se recom- 
mandaient les éti'angers^. Enfin, comme siie^pQgaaNtnè 
eût pu suffire h la régénération morale des hoimm^^^il^f^s- 
crivit aux prêtres de faire , comme les prééldaieukr^'cbré- 
tiens , des exhortations au peuple, et de s^ydlMiii^fieii! eux - 
mêmes par une vie décente et austère , fuyatli'les (IKslvaëliÂns 
cruelles oulicencieuses : chose remarquable, tlD4es^4u9dirs 
des pontifes païens était de présider aùx> spaotaisles^j et Ju- 
lien demande qu'ils s'abstiendeià de paf^àhr@ lnr^i^ln:re ou 
au cifcfue^. C'étaient là des ienliiri^és!fKti^]iéès (impuis- 
sance; il étdir impossible de comttit]âJi((iiè^^aiiÉ>^fim}dm^ 
esprit contraire lï sa nature; peut pnâtiq4<e/te'C*i*rtté,"îlf^ 
lait plus qm des considérations pliil(^fl){)blqûfôs^u-le désir 



» Ep. 49, p. 89. 

2SoEom., Hist, ercr, 1. V, c. 16, p. 618. — Creg. Nazianz., Or. 1 
invectiva adv» JuLj l. I, p. iU2. 
3Ep. 49, ^c/ 



PROGRÈS DE L ADOUCISSEMENT DES LOIS, ETC. 447 

jaloux d'imiler une secte détestée; et, pour prêcher une vie 
sainte et pure, il Tallait un principe qui ne se trouvait ni 
dans la morale des sages, ni dans les fables des dieux. D'ail- 
leurs .mal secondé par les conseillers de la réaction païenne, 
opposés à toute concession a Tesprit nouveau, Julien ne 
donna aucune loi conforme h ses belles maximes morales ; 
« parmi les nombreuses constitutions émanées de lui , il n'en 
est pas une seule qui s'associe au mouvement d'émancipa- 
tion du droit naturel et de Téquité^» Aussi son œuvre pé- 
rit-elle avec lui , les idées nouvelles avaient dépassé le pa- 
ganisme, il était incompatible avec elles, les générations lui 
échappaient de jour en jour davantage pour se réunir autour 
de la croix du Christ. 

Sous les successeurs de Julien , le progrès dans la légis- 
lation reprit son cours. Les empereurs, jusqu'à la fin de 
TEmpire d'Occident, continuent d'appliquer Fesprit chré^ 
tien aux lois* et aux relations sociales, en complétant et en 
étendaniiijse^iui avait été commencé par Constantin. Mais, 
placés âifx^ confins de deux civilisations^ ils subissant Jes né- 
cessitéSidi^fjeetteïM^ilion diflScile-, tantôt on les vpil avanter 
avec uoe^cdié&se qui étonne, tantôt ils paraîsseni xecnler 
et défwe^en^ttieroeuiFre de Goos^ntin et da.sesipséifê* 
cesseurséidba^liiilt^! esilrelt esprit chrétien et! l'eisfiitit priâmes t 
pleine de;>obmipe£|«t de pémpéiies ; le preo^eriDerKeffliiprte 
que le^t^mont stuiiiiatS^îeOnd; ce)uî-*ci ne cèd^iq»-avec peine 
le terraia 3iifblf^UUivftn:cégné depuis t^t Je. $m^ et 
laisse eîre«)f0(/Qii»gi#w^fiti(l^ft. traces Amst ;l^$ roâdj^ jcppime 
dans les ttiNfiW^Y^iilî«iei?iUI;,par uiieçfti>slj*w^ 
donna force 4e \<A (a(i^)éoriis des juriscpii«uU^ 4^-,tçaisième 
siècle; quoique la plupart de ces hommes éminents. aient 
été des premiers à introduire l'hunianité dans la législation 

^M. Troplong, p. 127. — Voy. aussi Tarlicle chronologique de Gode- 
froy, Cod. Theod., l. ï, p. LXÏI. 



448 CHAPITRE V. 

et à ramener le droit strict au droit naturel , ce fut là un 
anachronisme; au lieu d'un progrès, ce fut un pas rétro- 
grade ^ La théologie des premiers siècles n^a réduit en sys- 
tème ni la morale chrétienne , ni le dogme ; on a souvent 
été frappé de cette absence d*un travail méthodique sur la 
doctrine de FÉglise, quoiqu'elle s'explique par des circons- 
tances très-nàturelles ; il en est de même de la jurisprudence ; 
personne alors ne songeait à une refonte de toutes les lois, 
conformément k une théorie sociale éclairée à la lumière du 
christianisme ; il n'y avait pas encore une science chrétienne 
et philosophique du droit. Le code qui porte le nom de Théo- 
dose., n'est lui-même qu'une compilation de lois et de déci- 
sions dés empereurs chrétiens, rendis souvient pour des cas 
spéciaux ; ce n'est pas une création faite d'un seul jet, do- 
minée par un principe unique; c'est un recuetl plein de la- 
cunes, dans lequel l'ancien droit païen forme emcoreiip mé- 
lange singulier avec l'équité et la charité^féyeBines. C'est 
à ce code que nous croyons devoir nmk atrêUI*) sia rédac- 
tion à précédé de peu d'années Ja cbule.de rEnpife'dTOcci- 
dent^; SI partir de cette époque, ura, nojUMreiie jso^éié se 
forme, et Ton voit commencer le gra^id ^tràtsA de fusion 
entre les élémfHo^s romain , chrétien et gerùlaiii^, dTQà est 
sortie là civilisation moderiiev := » :. > t^: iV; ;fri \(^ . • 
Après 'ces eonsidêrations géaànilesr^'il:é9t{)t|sniprde voir 
les applicatîbo de Tesprit cbeélfamikilè téeiBfàëM;a6maine 
pendant la période chréti^oedriHËmpiâ^ëNiHissi^ivcôns la 
même' marche ^^ posr la ^értoéeifèiLiesiia^fi hsl o ' 

§ 2. Les femmes. — Lé éaîHà^r^ 

Les dispositions des empereurs cdticernfaht les femmes 
ne sont pas nombreuses, mais elles sont empreintes d'un 

^Cod.Theod.,l I, lit. 4, 1.1. 
Ml a été recueilli de 429 à 438. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 449 

caractère de Justice , qui prouve un progrès très-sen$ible du 
respect de la femme. Ce n'est pas une tendance à une éman- 
cipation illégitime et contraire a la nature , c'est TefTet du 
sentiment de la dignité humaine dans un sexe jadis méprisé 
pour sa faiblesse ; et placé par rÉ\angile aussi haut que les 
hommes. Constantin, brisant les restes de l'ancienne tutelle, 
déclara majeures è dix-huit ans les femmes de mœurs irré- 
prdchaMes et d'un esppit cultivé; fl leur reconnut lestnémes 
droits qu'aux hommes de* régir leurs biens, sauf celui d'a- 
liéner sans autorisation leurs terres ^ En même temps, par 
un respect délicat pour la pudeur des femmes, il défendit 
de les citer elles-mémè» en justice, et ne voulut pas qu'elles 
fussent pKésentes aux *âéltbéralions des hommes^: Aux 
mères, il ai^orda le di^oit de partidper, conjointement avec 
les agnatfl, à la succession de leurs enfants morts avant 
elles ç fimipie*là eeltô succession avait appartenu aux agnats 
seuTs^.^£e8/âùcdessenrs de^ Constantin, Valens, en 369, et 
Valentiaiep'iKi^eo iSô , complétèrent successivement cette 
dîspôi^itioiii^iflrïîâ sèn8 arriver encore eux-mêmes à l'équité 
parfkitè^ 4e ^èmier pas ne fKtt frandii que pac Juâipien^ 
Quaitf ab ftroil'de la mère d'eseroei? la tutelte sur sçs en- 
fanta ^ ta. ^Uation chrétienne n'arrive qu'avec kn^r à le 
reconnaître; longtemps elle resie attachée àJ» trailition du 
droit rbraqror^'ipH ctonsîdénit'Ia tttièle/CQflime tinjofliee viril, 
dépassant; lectihi!^ éèsifenniies^ Théodose-le^Glrarid est le 
premier 'qtti^tfiiK3â6i^)flifédrcte'ii.ta mèrèLun certain droit de 
tutelle; il le lui asffifltt^ïàxWbét de tutair légitime, et a con- 

* Eo 321 . Corp^,^^,^ j^, |ï, tit, 35, 1. 2, §^ ^ , c , 

2En 312 et en 316. Corp, Jur., I. l, tii. 48, 1. 4 ; 1. Il, tit. 13, 1. 21. 

-'Cod. Theod.^ lib. .V^,lit. 1, L 1 ;,et Corp. Jur.^^ lib. Yl, tit. 58, de 
legitimis hœredibus. 

*Cod. Theod., 1. V, lit. ^, î. 2 et suiv. - Comp. M. Troplong, p. 337 
et suiv. 

^Loi d'Alex. Sévère, 224. Corp. Jur., lib. V, lit. 35. 

y9 



450 GttAPITBR V. 

(lilion pour elle d'être majeure et de prendre rengagement 
de ne pas se remarier; cette condition élait alors sage et 
juste : Tempereur ne voulut pas priver la veuve de la liberté 
de convoler en secondes noces, mais , en le Taisant , elle de- 
vait renoncer à la tutelle des enfants de son premier lit , 
parce que, si elle devient mère de nouveau, il est à craindre 
qu'elle ne compromette leurs intérêts ^ , 

Dans une autre direction , la loi fait des progrès 4)lus ra- 
pides et plus énergiques pour garantir le respiect 4e la femme : 
c'est dans les dispositions nombreuses destinées à mettre un 
frein aux e^cès de la passion de Thomme. Même dans la so- 
ciété convertie au christianisme, la violeiiiçe ée eetie pas- 
sion domine encore les mœurs ; elle relarde lasitppre^on 
des lupanars; ils subsistent dans l'Empire chrétien ^.^Les 
empereurs ne parviennent pas à les faire djspar;£rf|ç&) maii; 
ils font de généreux efforts pour arracher ()ps |i>fii(iefci^4e^ le- 
noues les malheureuses femmes dont iIs.exp)iHtaj^f..Utmi^ 
sère ou la honte. En 343 , Constance leur.4iéfe<Hldi^.Y$4Kiro 
leurs esclaves chrétiennes, si ce n'est a des H^^r^ ichré- 
tiens ^; }\ veut empêcher ainsi qu'elles, ^)ï^.t(]pj]|«>^i^.4e2i9u^ 
veau (|i»as d^ mains infâmes ; w mê^^i^^^f^fj^p^i^^ if^P^r^' 
qu'aehf^ées par des chrétiens , ^lles sf^rQ^tf,rel$vi^>«j^ sau- 
vées psur^l'amour de Jésus-Chrisi. Parcpi^piêns^^f; il au- 
torise le^ pi^es^eten géi^ér^J'r^PM^M (^!^tj;^^,> jr^e- 
ter, même de force, toutes les femmes chrétiennes qu'on 
voulait livrer à la prostitution. Plus tard, cette mesure fut 
génériaîfsée èi rendue ptus effléacfe-'ôtt^riîerdlfiitifb^dtf^^ 
taires de njauvais lieux d imposer <^Ia nécessite j^e péfîner,^ 
tant k leu^ifs servantesqu'a leyiir3.prP^re?JiUe^;,,^Hc la plainte 
de celles^! v'i^qrtée devant Tévéque ou de^iii la j«ige^ elles 



^Corp. Jur., i. V, lit. 35, 1. 2. 

2Lactant., Div. instit., 1. VI, c. 23, t. !, p. 498. 

iCod. Theod., 1. XV, lit 8, 1. L 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. ÀM 

(loivenl être affranchies «de leur misère,» el si leur maître 
veut les relenirde force, ildoit subirun châtiment rigoureux'. 
Nulle femme chrétienne, libre ou esclave, ne doit être forcée 
de servir commemeretrixou sur la scène -, si c'est une esclave, 
elle est, snrsa demande, immédiatement affranchie^. Enfin, 
eu 439, tfaéodose llsupprime définitivement la profession 
de leno à Constantinople-, celui qui se livrera encore à la 
prostitution <}eâ femmes d'une <^ondition quelconque , sera 
battu de verges et chassé de la ville. Par cette mesure, l'em- 
pereur pi*iva te fisc d'tin revenu considérabfe ; mais un 
homme généreux, le p!*éfet du prétoire Florenlfus , s'était 
offert k conipenser dé sa propre fortune la perle éprouvée 
par le trésor puWfe*; Malheureusement ni la loi dé Théo- 
dose lii fe' charité de Florentins n'ont eu des sirites j te t)ro- 
fession aïfïsV'(jQe l'impôt subsistent toujours. 

Le ta^it qdi ; dans la société païenne, n'était puni que si 
la péi^sblrtie ëtitévée le réclamait, et qui en ce cas ëi^ii plu- 
tôt consi'd^t^éèitartre un vol fait au pèi-e que comme ùiàe in* 
Jure à te'jèSffle' -flHè^ est désormais puni de mort,' sans- que 
la loi s^'iaWêtfe^'ytètoànèer rassèntiment de la piriie outra- 
gée. flfesl^Wl-^ue* teSlG^s de Constance et d*è Jo^^îeri^ qui 
pronotic^étyt^èfetW peine n'ônt^ vue que lës^ergèà dônsa- 
créés à W^ieinërf^Vës , t^iesl^k^ire^sans Béiflfele^ ilî&eé- 
ness^^V**'*^^'^»^ eî^^eWS^mêihfe (^u'oh doit reicMnîfîtrè une 

:3': ojioi) .h'^nJ ^LÎ'I .s: ' -il . • ; . ;• - - /) ° - 

cessitatem imponunt » necjure frui dominii, nec tanti criminis patî- 
mur hbertate gauaere.,. Sed anctllts fihabusque, st veJtnT, conducttsve 
pro pcEuperVàie^péhidki^^ ^^i'iôrs â&mnavit hûinfiiàr,^..?MSàt\\/omni 
miMHarttm.«»cmCiffl»i»<«A»oft>i,tf Loi deTlié^ 

1. XV, lit. 8, 1.2j aussi dans Corp. Jwr., 1. l, lit. 4, 1. 12; 1. XI, lit. 40, 
1. 6. 

2Loi de Léon L Corp, Jur., lit. 4, I. 14. 

^Novell, Theod. H, lit. >I8. 

*Cod. Theod,, \. IX, lit. 25, i. 1 el 2. 

20. 



452 CHAPITRE V. 

preuve de respect pour la dignité et la liberté de la femme. 
Ces vierges et ces veuves se vouaient libremeut à Dieu, elles 
n'étaient plus alors soius la puissance protectrice d'un père ; 
la loi païenne les aurait par conséquent abandonnées; la loi 
chrétienne, au contraire, les prend sous sa sauvegarde et 
leur assure la tranquille jouissance de Fétat qu'elles préfé- 
raient à la vie dans le monde. 

La même protection suit les femmes dans les rapports 
conjugaux. C'est ici que la législation subit les changements 
les plus considérables; ils ont tous pour but de relever la 
sainteté du mariage en en raffermissant les liens; les grands 
principes des docteurs de l'Église sont inscrits dans le code, 
et en transformant le mariage et la famille , il& préparent la 
tra:nsformation de la.société tout entière^. La vieiUeioi Pa- 
piaPopp^a, base de la législation romaine sous.ce rapport, 
est successivement abolie. Elle privait du droiLd'héréditéet 
frappait d'amendes les célibataires et les maris. sans, enfants; 
Constantin abroge cette mesure contraire liflai^nature, ce qui 
punissak comme un crime eequt doit être consi<iéf)ai:omme 
un malheur digne de compassion ; >t iNreiKla|i titai^iage la 
liberté par laquelle seule il peteidevetoirilDé vomi intimé et 
sainte^ ii reconnail a diacsn, boilime ou lëldimià, lédroit 
de vivpeselon'son^elioiic; it place diifiaitiveniêiiD ^les^affec- 
tions.el tes foftts individnels au^deiàstts diè* rintérêt despo- 
tique déi'Éifii , et accomptit^iflsi Më dl^'^^grandes vic- 
toires de l'esprit nouveau sur l'égoïsme de l'ancien monde^. 
D'un autre côté , il est vrai , ia tibçtlé ;^u,fl[î^/^pgewpa,raît res- 
treinte par les empêchements pour-caose de pan^eôlé, mul- 
tipliés par la loi chrétienne ; mais c'était une iSestriction sa- 



iVoy. de Rhœr, De effectu relig. thrist. in jttrisprud, Rom., p. 223 
cl suiv. 

«En 320. Cod. Theod.r\. Vlll , lit. 16, 1. \. — Euseb., Vita Comt., 
1. IV, c. 26, p. 538. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS , ETC. 453 

liilaire, destinée à resserrer davantage les liens de la Tamille, 
en puriGant Tamoiir que les membres ont les uns pour les 
autres. Les prohibitions, fixées déjà par Tancienne législa- 
tion romaine, étaient généralement tombées en désuétude ; 
du temps de Constantin, un immense désordre régnait dans 
la société païenne; la licence des siècles antérieurs avait 
pour ainsi dire désorganisé la famille et enlevé au mariage 
tout son sens moraP. En 339, Constance remit en vigueur 
Tancienne loi qui défendait, sous peine de mort, le mariage 
entre Tonde et la nièce^; bientôt après il défendit celui avec 
la veuve d'un frère, ou avec une sœur de la première femme^; 
Tbéodose-le-Grand interdit même l'union entre cousins et 
cousines*. Lés enfants nés de pareils mariages étaient con- 
sidérés comme illégitimes , les unions elles-mêmes punies 
comme incestueuses^; cependant, malgré cette rigueur des 
lois, tes iHteurs' paraissent y avoir opposé longtemps une 
résislanceniijQfeiite ï vaincre. 

DajnfS le mariage lui-même, la loi, tout en maintenant la 
soiniïîssoii<te% femme, introduisit régaliié civile des deux 
éponx*;^«He prteerivil au mari, comme devoir^ sacré*, la Mé- 
litédcyntjftétSfibéliH dispensée Té^rd de sa femme: Pour 
établir T^Kié, Tbéodosé II abrogea en 410 les anciennes 
disposiliôasr;^)' itiesijirftieot l'étendnedes dons entre époux 
sur le JtDtnbrë éès eq^ts. il votilùt que, sous ee rapport, 
\e mt^i e^A^^Ummb ftt^^eni gaiffaitement libres de suivre 

^ < Etiam patru&les fratres et consobrinos vetuit inter se conjugii 
convenire nomine, et severissimam pœnam statuit, si guis terne- 
rare ausus esset fratxum pia pignorOf^y Awbr., ep, 60, § 8, t. H, 
p. i0i9. 

^Voy, aussi les lois d'Arcadius, 396, et de Tliéodose H, 415. Cod. 
Theod., I. in, lil. 12, I. 3 et 4. 



454 CHAPITRE V. 

l'impulsion naturelle de leur affection , certain que ce serait 
un moyen plus sûr de favoriser le mariage que toutes les 
prescriptions des lois Julia et Popp^Ba ^ Les mesures prises 
pour faire régner la fidélité entre les époux furent nom- 
breuses et sévères. Qu'on se rappelle Tétat dissolu de la so- 
ciété païenne, rindulgenee de la loi pour le désordre des 
mœurs, sa facilité pour le concubinat, et Von comprendra 
la nécessité d'une intervention énergique des empereurs 
chrétiens. Constantin commença , dès ^0, par rappeler le 
peuple à robservàtion de Tàneienne loi défendant à Thomme 
marié d'avoir une concubine^; peu d'année après il porta 
des péiMS sévères contre Tadultère, qui <levàii« -être traité 
désormais comnie un des péchas les plus graves , éomme un 
crime piiblic, sans droit d'appel et puni de oïort:; les gens 
de la ptfôfbssion la plus vile devaient étiv» seutsfexclns du 
drokde^se plaindre^. Non content de «é^ir^ceotré i'adut- 
tère^ CanslanUn voulut aussi atteindra le tobeoUriàt de 
rhotnmie non marié , et faire cesser ces bniolng iilégi(iaiBs si 
fréquentes dans les derniers siècles de la sdciËld renisriné. 
^usQvom vu ci-dessus ractioci v}goitretise'fM'lél)ldi<cdintre 
la pro^iitutiob publique; elle lutte tixet-Mmi^nkei'iéàérpe 
coaW tes relatioDs qiie les? mOBursa'taiëDlàiit^iijsées'sous 
le nbfid iie* voari^^ injiiBtiiis j ^t}^nh^'éi^titt^0&éé^pi/à'^ 
cubi{i£tgts>€9i âpiparenice mOiii$'s«aftdaleuoDj<i)Ï0f<lat!aûC pas 
le$ afbQiir'toirVtl'un wu^v^^^^^^^^^^^in^^i^g^A'^^^^^^^^^ 
en des niaHôjges légaux, en déelaratiib^léj^îtisâesili^s^nÊinls 

natâti^êdant fespareats ebnseétiraiisnft kjsutnpariuri^ V^ <^6l"^ 

" ; . :; i : ii*. ' , ^ • ' •• ' > 'i\ ■{•u Mj v-' îo: 

» Cod. Theod., 1. VUI, lit. H, 1. 2. — Dans une loi de 428, Théo- 
dose II dit qu'il a rendu celle de 4t0 : « ur inatfm(fAii$ auxiliumimpar- 
tiret.fi L. V, lit. I, 1. 9. , 5" >. • » .. ^ 

2 Corp. Jur., 1. V, lit. 26, 1. 1. ■ '. ' . ^^ 

'"^C'est un <( facinus atrocissimum i scelw immane.)> 326. Cod. Theoil , 
1. IX, lit. 7, 1. 1, elles suiv. 

^Corp. Jur., 1. V, til. 27, I. b 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 455 

qui avait une concubine, il défendit de faire en sa faveur 
des donations ou des legs, atin de l'engager à Tépouser s'il 
:ivait réellement de l'affection pour elle ^; d'un autre côté , il 
déclara infâmes les personnages exerçant des fonctions ou 
revélus de dignités , qui vivaient dans des unions illégi- 
times^. Maris ces lois se heurtèrent h leur tour conlre la 
puissancedes moeurs^. Les efforts des successeurs de Cons- 
tantin pour briser cette résistance et pour faire renoncer 
les hommes de toaies les classes à une vie réprouvée par le 
christianisme , Jie furent pas couronnés de succès ; il y eut 
même (les qmpereurs qui, pour des motifs divers et en par- 
tie persopnels, se relâchèrent delà sévérité prescrite par 
CoQ^tantin. Yatentinien I accorda aux enfants natitrels et à 
Jeu^s mè|res le droit de recueillir ce que le père leur légue- 
rait paroesfaiBeut; sut les instances du païen Libanius, ce 
retocir booe indulgence peu chrétienne fut aussi sanctionné 
par Yftiéos f; Valentinien III voulut revenir è la loi de Çôns- 
tantioi,ifnriis -Tliéodose II ne l'accepta qu'avec 4a concession 
faîferpftn Yàkirtinien i^; ii déclara même que.le père aurait 
le dn>iti>d'iditiel(re aes.enfonts naturels au nombre de ses 
J)iéffiiièrs)JégiAimes^. C'es( aioisi^qu'on essaje.tantol 4e $au- 
\erc.lat)Sftioieië>dQ ruaion conjugale en sacrifiant tes enfants 
iUégilHtaeai,jCt!iMt6t on i)efuse de punir cc^ti^ei pQii^ik faute 
dt^ pàc&ei(f n*(olàffe«le seamUledu co&ç<ibj^^ge(^,Q>$]St moins 
inix lé^l^tmaqnùi^amAfiMfm en faire un repjroeh^iqu'aux 
mœiiinB^i''.dffaiii>IJ6BaJ«»ot)l2i sage austérité dejarloi. ^. 

H éq fuii'fc|iiBB^|)tè$ida;méiiie<dudiwircf^N^^ vu, 

dans notre premier livre, combien on abusait dans la société 

. '^Corp,Jur., 1. V, lil. 27, I. 5. 
3Comp. M. Troplong, p. 243 et suiv. 
tCod. Theod^i \. IV, lit. 6, I. i. 
U. c.,\, 2. 
«En 443. Corp. Jur., 1. V, lii, 27, I. a. 



456 GHAPITKE y. 

païenne en décadence, de la^ facilité légale de pouvoir divor- 
cer; la haute idée que, dans.rËglise , on se faisait du ma- 
riage^ aurait dû avoir pour conséquence Tabolilion des lois 
civiles qui permettaient la rupture de Tunion conjugale-, mais 
l'esprit général s'opposait encore à cette réforme, les doc- 
teurs chrétiens eux-mêmes n'étaient pas tout à feit d'accord 
sur ce point ; on ne chercha donc que des palliatifs plus 
ou moins efficaces, on se contenta de<|uelques mesures res- 
trictives. Constantin refusa aux femmes le droit de demander 
le divorce si elles n'avaient à reprochera leurs maris que les 
passions de la boisson , de l'amour ou du jeu -, c'étaient sans 
doule des motifs graves en eux-mêmes, mais, par l'abus 
qu'on en avait fait dans la société romaine en leè invoquant 
sans raison fondée, ils n'étaient devenus que des prétextes 
frivoles. L'empereur voulait que la ftmme n&pût demander 
la séparation qu'au cas que son mari fût coupable d'Jiomi- 
cide, de maléfice ou de violation dé sépulture; quant au 
mari , il ne le pouvait que pour des crimes analogues, c'est- 
à-dire si son épouse était ou empoisonneuse ouj^ûltère , ou 
si elle faisait le honteux métier d'eQtremeU€$is<è^ .J>ans ces 
cas^ 1^ mari gagnait la do( et ppuvait $e roimirieg, tandis 
que la femme ^ si elle prouvait son inBûceoi^:^ $(t9ii^i!ail de 
tous les,bietis4u mari et mêaie.j(le)ii(jdatu4a*!saë6éconde 
épouse S s'il.s'étay,i*emârié dprès te 4jv^^«l¥j) siècle plus 
tard, Honori^s admit ledivorce poiir dj^ffuuâe&aidias graves ; 
il autoiM^a le pstri à garder la doiijajU!Qin,,^iïî>fà rendre la dot 
et à nei^ cenaarier qu'ajjtrès un iritaiwalteideldeux ans^. Le 
divorce pour d'apti^^s causes ifue o^Wes^prévuçs par les lois 
fut puni dQ la perte des biens et de la déporjlalion dans une 
île. En r^suiï^j, il. fut rendu plus difficile po«r les deux 
époux, on l'entoura de formalités, mais on le laissa subsister 

4 

iEn33i. Cad. Tkeod., 1. ïll, lil. 16, 1. il 
«En 421. L c, L 2. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LO!S , ETC. 457 

dans le codé; dans TEmpire d'Orient, il paraît que, sur les 
instances des évéques, il fut un instant supprimé; Théo- 
dose II le rétablit, en 439, pour les causes admises par les 
lois de ses prédécesseurs * . 

L'hésitatit)n que nous menons de remarquer dans les lois 
sur le divorce et sur le concubinat, ne se retrouve pas dans 
.celles qui concernent les secondés noces. Inspirées par les 
docteurs de TÉglise, elles portent Tempreinteide la sagesse 
et de la charité avec lesquelles les apôtres déjà s'étaient ex- 
primés sur cette matière. Les secondes noces ne sont pas 
défeadues ; aux femmes, elles ne sont permises qu'avec 
quelques reslri^ions, plutôt protectrices que gênantes pour 
leur liberté. La veuve, de moins de vingt-cinq ans, ne doit 
pas se remarier sans le consentement de son père ou de ses 
pEOches ; suces derniers ne sont pas d^accord avec elle sur 
le choix de Tépoux, c'est le j»ge qui prononce, en se décla- 
rant pour celui que la feilime préfère; et^ pour que les 
proches nç paissent pas empêcher, par unr espoir égoïste, 
« un niariage honorable,» la loi n'accorde le droit de donner 
un avisiqu'à eêun qui ne sont pas dans le das dé recueillir 
l'hérils^e d©4avteve si elle mourait non riiariée^. A cette 
loi de Vateiitinieif V destinée à' assurer à la veuve sa liberté, 
Théodese^^le^i^nd^n ajouta une autre dans lebut d'empê- 
cher qoé'eettdlibeTtéi'ie dégénérât en abus. ^H renouvela une 
ancienne dis^o^kh dti droit mmain qui , dans Tintérét de 
la décence^jpubîiqwe ,'iiotait'â'fnfài&ie la veuve qui se rema- 
riait avant fie ldQtièiUe'miïi&; pour srggrà ver la peine. Théo- 
dose détidax|oe^)atemiiie, qui savait garder si peu « la reli- 
gion du deoii, )x peindrait tdbt ce qu^elle tenais en biens de 
son premier mari^. Le même empereur prit dés mesures 



*Novellœ Theod. //, lit. 17. 

*2Valenlinien I, en 371. Cod. Thead,, l. ÏII, lit. 7, 1. 1 

=îEn381. Cod. Theod., I. Ul, lit. 8, 1. 1. 



438 CHAPITRE V. 

pour assurer la position descnraots du premier lit; jusqu'ici 
cet intérêt avait été trop souvent négligé. Par une loi de 382, 
confirmée plus tard par son fils Honorius, il prescrivit que, 
si une veuve ayant des enfants se remarie , les biens qu'elle 
tient de son premier époux, à un titre quelconque, doivent 
appartenir aux enfants , tandis qu'elle-même aura l'usufruit 
contre garantie hypothécaire*. Théodose H etValentinien II 
étendirent cqs dispositions au veuf avec des enfants qui se 
résout à un second mariage^. 

Ainsi , dans les lois sur la condition des femmes et sur le 
mariage, nous avons pu constater un progrès notable»dû à 
l'esprit chrétien, a côté d'hésitalions qui avaient leur cause 
dans la persistance des mœurs païennes. Le mariage est 
rendu libre, Tépouse devient l'égale du mari; les^ secondes 
noces sont sagement autorisées, l'adultérerez {Huni av<ec 
une juste rigueur, la femme en général est protégéei contre 
la passion brutale de l'homme, mais ni la fa,çuHé(](i divprce, 
ni le.concubinat, ne sont complètement supprj^jés., Chose 
étpnnantiç, il parait même qu'on admettait c^f^fj^i légale- 
niept un ^ariage par simple consentement , çaifs^/^n^fat ni 
(}q|^ sags solennité ni bénédiction de rÉ^lige>,,-m^ftn légi- 
tiDp^e,^\i.jpo4nt de vue de l'État, mais p^ren^iej^ f^r^çg^tre et 
incopap^i^lje au^ yeux de la religion,^. ^04|SBie.,s^ftr,ic)ûj$ ejtpli- 
quçr çcfua^pt cette coutume a. pu se cjçR&çrvf^jjjuis^Jije dans 
les siècjes chrétiens de rEfl[q3,irje,«o|i lijiljLoei?%^,V%lise 

a été si grande; quoi qu'il ea &oity^ej^i'e^iftiï|H9®.A99^"^^" 
lie, car, bien que la législation sur le mariage ne soil pas 
encore arrivée à son dernier tern)evdft.peTfepefiiW/e|le ad- 
met au mdi^i^vsjgfiification iftaraJee4v^1«pteq>»e leehris- 



rXbéodoae ï^ en 3Bâî Hoflorius, en 4^2. Cad. Theod., 1. lïl, lit. 8, 
1.-2 et 3. 

m. Troplong, p. 487. 

'^Cod. Theod, 1. Ill, lit 7, 1. 3. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 459 

ibnisme a doùnéea Tunion conjugale; c'est un principe qui 
désormais est acquis a la loi. 

§ 3. Les enfants, 

La puissance paternelle, entamée déjà pendant la période 
païenne , est de plus en plus restreinte dans ce qu'elle avait 
de contraire à la nature. L'exposition des enfants n'avait pas 
encore complètement disparu des mœurs; fort souvent le 
père, après avoir vu recueilli et élevé son enfant par quelque 
personne charitable , le réclamait plus tard, dans l'intention 
de profiter h la fois de sa propre barbarie et de la pitié d'au- 
Irui ; Constantin , pour mettre fin à ces spéculations bon- 
teu^s et pour fbrcer les pères à remplir envers leurs enfants 
leurs deviéirs naturels , les priva du bénéfice de leur èruauté. 
Il ordotfba 1 en 831 , que celui qui recueillerait lin enfant 
exposé', Sibraît Fe droit de le garder comme fils ou comme 
esclave /Sf ^tt gré , sans que le père pût jamais le i-evendi- 
quei^. Etf 874, Valentinien, par une loi remarquable; ajouta 
la j^unîlfbhli^hit privation des droits paternels : « Qlîiô chacun 
dit^i , 'ftytff'risfeë »es enfants ; sll les expose , qu'il soit puni 
eoMéfniéiiàëiïVii^l^hi ; i^i des personnes remplies dfe*misérii 
corde* féS^^i^éfetfeW^ill'/il ne pourra plus les rëctafnèrVîl ne 
doit plti^^^tiriiptè^feotnitîe sietis ceux qu'il a dédàr^riés lors- 
qu'8s'etâ^nt'««%léy Jj)'^'L'a droit de disposer de h li- 

berté dies'ehianftè'^^efhîfe* vè^rdaiil comme escraVfe'5àu''en les 
f} ■ ^ 

rit y animadversioni , quœ constituta est, subjacebit, Sed nec dominis 
vel patronis repetendi aditum relinquimus , si ab ipsis expositos quo - 
dammodo ad mortel voluntàs miserieotndiœ amWàisùUeger'^;; nec enim 
dicere suum poterit^ quem pereuntem contemsit.it Corp. Jur.^ Hb.VIU, 
lit. 52, 1. 2. — Voy. aussi la loi d'Honorius, 412. Cod. Tkeod., lib. V, 
tii. 7, I. 2. 



460 CHAPITUEV. 

engageant h des créanciers , aboli déjà par les empereurs 
païens, était souvent encore pratiqué dans ces temps de mi- 
sère générale. Au lieu de maintenir l'interdiction qui ne pa- 
rait pas avoir produit les effets attendus, on essaie mainte- 
nant de détourner les pères de ce droit inhumain, en en 
rendant l'exercice plus difficile et en les rappelant eux-mêmes 
a des sentiments meilleurs-, la loi ne défend pas le crime, 
elle se borne à y apporter quelques restrictions : tant était 
vivace la tradition de Tancienne puissance paternelle dans le 
monde romain; Constantin décréta que, si un enfant est 
vendu , l'acheteur en demeure le maître; le père ne pourra 
le réclamer qu'à condition d'en rendre le prix ou de le rem- 
placer parun autre esclave^ Cette loi parait moins équitable 
que celles de Trajan et de Dioclélien , que nous avons citées 
en leur lieu , et dont l'une déclarait libres de droit tous les 
enfants exposés, tandis que l'autre interdisait de les vendre 
sous des prétextes quelconques. Mais n'est-ce pas par hu- 
manité que Constantin consentit à ce que l'enfant recueilli 
ou vendu restât esclave? Car, sans celte concession , com- 
bien d'enfauls n'auràiont pas été livrés h la mort dans cette 
période malheureuse! Cependant celle hiïmShM'ellé-même 
ne servi! à rien ; dans l'appauvrissemenl crôisisànt des classes 
laborieuses et agricoles, la venté des enfattsTie disconti- 
nuait paé; pour Tarrêter d'une manière pfeériérgique, il 
fallut revenir au droit dans sa simplicité naturelle ; plus d'un 
demi-siècle se passa avant qu'on fil ce retour; ce ne fui que 
Théodose-le-Grand qui définitivement décilara libres les en- 
fants que, pour cause d'indigence, le père aurait vendus 
comme esclaves; pour empêcher qu'on' n'acceptât les offres 
de vente, il voulut que l'acheteur qui aurait employé comme 
esclave un enfant libre, n'eût pas le droit de demander la 

<En 323 et en 329. Corp. Jur., 1. VIII, lit. 47, 1. 40. Cod. Theod., 
1. V, lit. 7,1. 2, el lit. 8,1. i. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 461 

reslitulion du prix^ Enfin les anciennes lois sur les parri- 
cides furent étendues aux pères qui donneraient à leurs 
enfants la mort; des constitutions de Constantin et de Va- 
lentinien les condamnent a un supplice terrible, comme ex- 
piation d'un des plus grands crimes^. 

Il est vrai, d'un autre côté, que la législation chrétienne 
laisse encore au père une certaine juridiction sur ses en- 
fants, mais elle confirme ce qu'avait déjà fait Alexandre Sé- 
vère: elle déclare que «le droit de correction domestique» 
a une limite, et que, si la faute des enfants la dépasse, le 
père doit les livrer au jugement des tribunaux^. On main- 
tient aussi le droit d'émancipation, mais on en fait un acte 
religieux , entouré de solennités et accompagné d'une sanc- 
tion ecclésiastique; d'après une loi de Constantin , de 321, 
l'émancipation des enfants et la manumission des esclaves 
devaient être les seuls actes judiciaires qu'on pût accomplir 
le dimanche^. Conformément à l'ancien «droit, le père reste 
encore seul propriétaire des biens du fils non émancipé; les 
empereurs païens n'avaient fait une exception que pour le 
pécule acquis pendant le service militaire; Constantin et ses 
successeurs élendept le droit de propriété du fils, en assi- 
milant au pécule militaire > sous le titfe de pécule quasi- 
militaire, les bjef^^ acquis dans l'exercice de fonçiiofus pu- 
bliques, ecclésiastiques ou civiles. CoQStantrn accorde en 
outre aux enfants lajpirQpr.iété des biens<laissés par la mère, 
et qui jusqu'ici siç coQfofrdaieinl avec ceux du père; celui-ci 
n'en garde plus q;^ rq&ufrujt. Les empereurs postérieurs 
appliquent cette disposition aux biens laissés par les aïeux; 
en même temps, ils attribuent aux enl^nls non émancipés 

*En 391. Cod. tlieod., I. lïl, lit. 3, 1. 1. 
2En 3l8et374. Cod. Theod,, 1. IX, til. i5, I. i ; lit. 14, 1. \. 
^Valenlinien I, en 365. Corp. Jur,, L IX, lit. :I5, IH, et Cod. Theod., 
i.IX. lit. 43,1.1. 

^Cod.Theod., I. H, lit. 8, I. 1. 



462 CHAPITRE V. 

les biens qu'ils acquièrent par le mariage , et qui jadis re- 
venaient également au père V Les anciens droits des agnats^, 
exclusifs de ceux des enfants, sont restreints de plus en 
plus ; Valentinien III admet même les enfants de la Pille au 
partage de la succession de Taïeul maternel^. Le droit na- 
turel des enfants, par Teffet des idées chrétiennes de justice 
et de charité, prend ainsi dans la loi une place de jour en 
jour plus grande; plusieurs lacunes qui restent ser4)ttt com- 
blées par Jusliuien , qui mettra de l'unité dans cette partie 
de la législation, en achevant de la généraliser. Il est presque 
inutile de dire que la loi chrétienne insiste sur le devoir des 
enfants envers leurs parents, déjà inscrit dans le code par 
les empereurs et les jurisconsulles de la période païenne. 
Une législation basée sur le christianisme, et ayant Tinien- 
tion de resserrer les liens de la famille, ne pouvait pas s'em- 
pêcher de rappeler aux enfants que rémancipatidn elle-même 
ne les dégage pas des devoirs du respect eh de la recrânais* 
saDce \ Valentinien ordonna , en 367, que le ftls^ënmiicipé 
q^ui Qjffehserait gravement son père, retoumiéraâtsÔHs la 
puissance paternelle, pour avoir fait un la^aiËivais ûs^ge^'nne 
liberté doet il n'était pas digne *. . • ' ^ ^ > ^ 

\ . . . .■• ^ •»,/.« '" 

Ç 4. Les esclaves . 

On a vu avec quelle, lenteur, àv^e (f^efô méhageniënts 
d'un fait injuste passé en droit, rÉgtiâ^»eHe*rtténië préparait 
l'abolition de l'esdavage. On nesè^ï^a ttW6 Iffâs^urpiis de 
voir les empereurs chrétiens )aiss<^r 'sM>sislëf Cette eondi- 

*M. Troplong, p. 264 et suiv. 

2En 389. Cod rkeod., 1. V, lit. I, 1. 4. ^ Complété par Juslinien. 

^ € Filios contumaces y qui patres vel acerbitate convicii, vel cvjus- 
cunque atr4)eis injuriœ dolorc puisassent, leges, emancipatione rescissà, 
damno libertatis imméritée , mulctare voluerunt.» Cod. Theod,^ 1. VIH, 
lit.U, 1. 4. 



PROGRÈS DE l'àDOUCISSEMEMT DES LOIS , ETC. 463 

lion, tout en continuant de marcher dans la voie du progrès, 
ouverte déjà par les législateurs de la période païenne. Ils 
ne s'élèvent pas encore a toute la hauteur des principes en- 
seignés par les Pères de l'Église ; ils restent même attachés 
à l'ancien préjugé qui avait deux mesures différentes pour 
l'esclave et pour le maitre; le droit et les mœurs ne se dé- 
gagent qu'avec peine de ces liens de l'esprit antique. La loi 
excepte toujours encore la femme esclave du crime d'adul- 
tère-, Constantin défend, sous des peines sévères , aux per- 
sonnes de condition libre d'épouser des personnes de con- 
dition servile, parce que, dit-il, de ces unions ne peuvent 
naître que des esclaves^ ] il ne considère pas comme meurtre 
la mort d'un serviteur résultant d'un châtiment corporel ou 
du séjour dans un cachot malsain ; le maître ne doit être ré- 
puté coupable d'homicide que lorsque c'est à dessein qu'il 
lue ou qu'il fait tuer son esclave^. Le même empereur rend 
des lois très-éures cmire les esclaves prenant la fuite ^. 
L'affaibHsseifient de TEmpire , l'approche des barbares , 
peut-être mme les idées de liberté et d'égalité el^réiiefines 
mal comprises», engageaient alors beaucoup d^esicU'veaà la 
révolte; des troupes nombreuses de fugitifs parcoHf aient et 
pillaient les provinces abandonnées , ou allaient se joindre 
aux ennemis du dehors. La société croyait devoir les intimi- 
der par des menaces; elle cherchait à se défendre en leur 
infligeant des peinesipttts rigiMireuses qu'aux hommes libres 
comm6lîan!L4i$#mâQoe$<:rJ^€s: elle eût agi plus sûrement 
peut-être eoi ^renpiti des mesures p\m efficaces et plus gé- 
nérales pour les amener à raffranchissement par une édu- 
tion chrétienne. Cependant nous n'avons garde de Taccuser; 

»En 3i9. Corp^Jur,, l V, lit, 5, 1. 3. - Cod. Tkfiod., I. IV, lit. 9; 
I.IX, lit. 9, 1. 1. 

2En319elen 326. Corp. Jur., 1. IX, lit. 14, 1. 4. - Cod. Theod., 
1. IX, lit. 12, I. 1 et 2. 

^Corp, Jur., I. VI, lii. 1, l. 3. 



464 CHAPITRE V. 

â une époque d^une crise aussi redoutable., ou deux inondes 
se livrent une lutte suprême et où un troisiènae, le monde 
barbare, va se jeter dans la mêlée avec une énergie farouche, 
le législateur n'a fait sans doute que ce qui était dans le do- 
maine de la possibilité. D'ailleurs l'affranchissement légal 
fut rendu plus facile; la loi , ne pouvant pas encore le dé- 
créter sans exposer la société aux périls les plus graves, 
s'appliqua k le favoriser autant qu'elle put. Pour donner à 
l'acte d'émancipation une solennité plus haute et pour ajou- 
ter des considérations religieuses aux motifs d'humanité qui 
devaient porter les maîtres k rendre leurs esclaves/a la li- 
berté , Constantin déclara valables les actes d'affranchisse- 
ment faits dans les églises; ils devaient avoir désormais les 
mêmes effets que ceux qui étaient accomplis avec les forma- 
lités du droit romain. Aux membres du clergé, l'empereur 
accorda la faculté d'affranchir leurs esclaves directement, 
sans témoins ni cérémonies, parle seul fait de leur volonté^ 
Il fixa quelques nouveaux cas d'émancipation; il voulut 
qu'on rendit a la liberté l'esclave dénonçant un fabricant de 
fausse monnaie ou un- homme coupable de rapt. Théodose- 
le-Grand affranchit ceux qui dénonceraient un déserteur ou 
qui auraient été circoncis pardes juifs^; Tempei'eur Zenon, 
ceux qui , du consentement de leurs màitres, embrasseraient 
la vie monastique^. D'autres cas d^affranchissement furent 
posés par Justinien qui élargit et ^compléta cette partie de la 
législation sur les esclaves , devenue plbs libérale. , 

De même que l'Église tendait à l'abolition progressive de 
l'esclavage, en engageant les hommes libres a une vie plus 
austère et plus simple, la législationchrétienne fit des efforts 

^D*après Sozom., Hist. eccl., 1. 1, c. 9, p. 4ti, Constantin rendit à ch 
sujets trois décrets; le premier est perdu, le second est de 3i6, le troi- 
sième de 321. Corp. Jur., 1. I, til. 13, 1. 1 et 2. 

^Corp. Jur., 1. Vil, lit. 13, 1. 2-4; - 1. I, tit. 10, I. 1. 

^Corp. ywr., I. I, lit. 3, 1.38. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 465 

pour diminuer le nombre des causes de servitude. Constan- 
tin punit de mort ceux qui volaient des enfants pour les ré- 
duire en esclavage ^ On essaya surtout de supprimer les 
occupations barbares ou honteuses , qui retenaient tant de 
malheureux dans la condition servile pour le plaisir de la 
foule ou pour Tignoble satisfaction de passions individuelles-, 
on agit vigoureusement contre les spectacles de toute es- 
pèce : c'était poursuivre un double but , un but de moralité 
pour les populations perverties par les jeux du théâtre et du 
cirque , et un but de charité pour les hommes condamnés à 
exposer dans ces divertissements leur âme ou leur vie. Les 
réjouissances populaires, appelées Jfatuma, qui n'étaientque 
des occasions de scandales, furent abolies probablement 
sous Constance, une seconde fois sousThéodose-le-Grand. 
Arcadius voulut les permettre de nouveau , â condition qu'on 
y observât la décence*-^; mais ce fut une chose impossible, 
et peu de temps après, le même empereur, voyant reparaître 
les mêmes désordres, défendit sévèrement ces «spectacles 
dé$honnétes.» Cette défense ne doit pas être , considérée 
comme un simple règlement de police, dans l'intérêt d'un 
ordre public purement extérieur; elle a été inspirée par un 
sentiment plos profond , par un motif de respect et d'amour 
pour les hommea; prêt à laisser le peuple se divertir d'une 
manière convenable, l'empereur ne veut lui enlever que 
l'occasion de se. corrompre, en bannissant de ses yeux ce 
qui est hopteux et dapgereux pour les âmes 3. Théodose, 

^ Cette loi est de 31 5 5 les coupables sont condamnés au cirque*, s'ils 
sont vainqueurs des b^es, ils combattront comme gladiateurs ^ mais de 
manière à être tués avant de pouvoir faire quelque chose pour se défendre. 
Cod. Tkeod,, lib. IX, lit. 18, 1. \. 

«En 396. Cod, Theod., l XV, tit. 6, 1. ^. 

3 L'empereur ne veut pas que €ex nimià harum {sciL artium ludicra- 
Tum) restrictione trittitia gêner atur;n mais il veut supprimer nfcddum 
atque indecorum spectaculum,9 399. L.e., 1.2. — Voy. \e Comment. 
de Godefroy. 

30 



466 CHAPITRE V. 

qui, dans sa jeunesse, avait aimé les danseurs et les his- 
trions^, essaya , sans doute sur les sévères conseils d'Am- 
broise , de mettre un frein a la dépravation dont ils étaient 
alors k la fois les complices et les victimes. Dès 385, il 
défendit d'acheter, de veadre , de produire sur le théâtre 
ou de posséder pour ses plaisirs personnels deh joueuses de 
flâte et en général des femmes instruites dans la musique, 
parce que , chez les musiciennes, Fart n'était qu'un moyen 
de séduction, un prétexte pour cacher le vice ^. L'année sui- 
vante, il interdit aux juge^ d'assister aux spectacles après 
l'heure de midi ; c'était alors qu'on donnait généralement 
les jeux les plus obscènes, ainsi que les combats du cirque; 
l'empereur voulut que les magistrats, chargés de faire res- 
pecter Jes lois , ne fournissent pas parleur présence un en- 
couragement a ces représentations si funestes pour les 
mœurs ; il ne leur accorda la permission de venir an 
théâtre qu'aux solennités anniversaires de son avéneinent 
ou de sa naissance. Il défendit toute espèce de spectacles 
les dimanc];ies; Théodose II étendit cette interdiction h tous 
les jours fêtés par'l'Église^. Forcés par la passion du peuple 
de tolérer les spectacles les autres jours, les empereura chré- 
tiens tâchèrent au moins de retirer de ceti» «^uririère Jes 
malheureux que la servitude ou la misère y retenaient. Afin 
d'en éloigner ceux qui avaient conservé Te sentiment de h 
dignité humaine, ils laissèrent subsister l'opprobre que les 
lois et Topinion publique faisaient peser sur la condition 
d'histrion et de miipe. ValentinieaUl'appçllejin «pjiétîer 
honteux,» et TJiéodose qualifie ceux quiJ'eserceBt de «per- 
sonnes déshonnétes ^. '> Les interdictions qui les frappent 

^Zosim., 1. IV, c. 33, p. 2*2. 
^Cod. Theod., 1. XV, til, 7, 1. 10. 
3En 386. Cod. Theod., l. c, 1. 2 ; - en 425, iô., 1. 5. 
^nMunus turpe,^ 380. Cod. Theod.y l, c, 1. 4. — «c Personœ inho- 
nMfœ.»394., tô , I. 42. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 467 

sont .maintenues ; déjà Constantin rappelle qu'ils sont en 
quelque sorte hors la loi ; ils ne sont pas punis de certains 
crimes, on ne les juge dignes ni d'observer la loi , ni d'en 
invoquer le bénéfice^; Théodose, pour les humilier davan- 
tage, interdit aux actrices l'usagé des vêtements de luxe et 
des pierreries^; il va jusqu'à défendre aux chrétiens l'exer- 
cice d'un métier qui , selon lui , devait être réservé , k cause 
de son ignominie , aux seuls infidèles ^. 

Enméme temps, on détermhie des cas où les acteurs de 
tout genre peuvent être affranchis «du lien de la condition 
naturelle » qui les attachait au théâtre ; c'est à Yalentinien t 
qu'on doit les principales de ces mesures dictées par la pitié 
pour une classe malheureuse et méprisée. Si un acteur ou 
une actrice demandent et reçoivent, en danger de mort, les 
sacrements de l'Église , et s'ils reviennent à la santé, ils sont 
déclarés libres de robKgation de servir sur la scène ^ ; si la 
fille d'une actrice vit honnêtement et désire être affranchie 
du théâtre, le proconsul doit lui garantir sa liberté contre 
ceux qui tenteraient de la lui contester^; l'actrice qui de- 
vient chrétienne est libérée par le fait même de sa conver- 
sion , pourvu qu'elle s'engage k une vie honnête et chaste^*; 
l'affranchissement ne doit être refusé qu'aux femmes qui , 
par leurs mo&nrs , n'en sont pas dignes , et celles qui , après 
avoir reçu le baptême et la liberté, retombent dans le vice. 



'«...gua« vilitas vitœ dignat tegum observatione non credidit,^ 
Constantin, 327; Cod, Theôct,\ îib: XXV, til. 7, !. 1. 

«En 393. Cad. Tkedd.y U o., 1. il. ' 

3En 394. /.» «.,1.^2. 

^En 371. Cod. Theod., l. c, I. i. * 

^En 37-1. I. c, 1. 2; — Valentinien II leur accorde aossi la.lijbertô si 
elles la demandent directement h l'empereur; en 380 et 381, I. 4 et 9; 
ce droit est révoqué par Honorius en 443; /. c, 1. 13. 

^En 380. 1. c, 1. 4 ; — 381 , 1. 8 ; ces deux lois sont rendues à Milan ; 
la loi 9 de 38f , sur le même objet , est de Carthage. 

30. 



468 CHAPITRE V. 

doivent être ramenées sur la scène; l'exercice de la profes- 
sion théâtrale, c'est-à-dire la servitude et la honte, doit 
être leur châtiment ^ Nous ne pouvons pas nous empêcher 
de faire remarquer ce qu'il y a de contradictoire dans ces 
dispositions de la loi ; les législateurs ont encore bien de la 
peine à s'élever à la véritable humanité ; ils ne posent que 
des cas d'exception, et maintiennent en généraljes acteurs 
dans leur état de bassesse servile , bien qu'ils le fassent en 
partie pour réveiller chez eux la conscience de la dignité hu- 
maine. Aussi longtemps que l'acteur et surtout l'actrice ne 
songent pas eux-mêmes, en implorant la liberté, à briser 
(de lien de leur condition naturelle^,» qui les met forcément 
au service de l'amusement de la foule, la loi les abandonne; 
elle ne les connaît que pour les couvrir d'infamie. Yalenti- 
nien II lui-même punit celui qui enlèverait une actrice, de 
manière «qu'elle ne servit plus aux voluptés publiques^»; 
il veut que ces pauvres femmes restent destinées à ce but 
honteux. Ne fallait-il pas plutôt déclarer que la profession 
en elle-même n'était pas abjecte , et qu'elle n'était déshono- 
rée que par la profonde immoralité des pièces portées sur la 
scène ? Les lois qui qualifiaient l'art théâtral de métier hon- 
teux , pouvaient éloigner du théâtre quelques âmes plus sé- 
rieuses, mais en ne pas défendant aux personnes déshonnétes 
de représenter des pièces déshonnétes, elles n'empêchaient 
pas la scène de rester un foyer de corruption pour les acteurs 
aussi bien que pour les spectateurs. Il eût été plus rationnel 
de défendre les mauvaises pièces, les danses et les jeux las- 
cifs; mais pour cela il eût fallu supprimer alors le théâtre 
tout entier, et nulle loi n'eût été assez énergique pour vaincre 
sous ce rapport la passion du peuple. A cette époque de tran- 



« Lois de 371 el de 380, I. 2 et 4. 

2ff Vinculum naturalis conditionU,» Loi de 380, /. c, 1. 4. 

3((...tïa ui voluptatibus publieis non serviat.n Loi de 380, /. c, L 5. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 469 

sition, il n'était pas possible de s'élever assez haut pour 
émanciper Fart dramalique, en le ramenant à sa dignité; il 
suffisait de fournir aux acteurs les moyens de s'affranchir 
d'une profession qui , destinée h servir des plaisirs honteux, 
ne pouvait être qu'ignoble et méprisée. 

Il a fallu lutter ton t aussi longtemps contre le goût invé- 
téré du peuple pour les combats de gladiateurs. Ce que les 
empereurs chrétiens ont fait sous ce rapport, mérite d'au- 
tant plus d'être apprécié, qu'en cherchant h supprimer ces 
jeux, ils se sont privés eux-mêmes d'un des plus puissants 
moyens de popularité. En 310, Constantin permit encore de 
destiner au cirque des prisonniers barbares ; ses panégy- 
ristes païens lui en ont fait de grands éloges^ Il répara cette 
condescendance pour la lâche cruauté des Romains dégéné- 
rés , en entrant le premier avec une vigueur énergique dans 
la voie tracée par le christianisme. En 325, il interdit d'une 
manière absolue les combats de gladiateurs, « parce que ces 
spectacles sanglants ne sauraient plaire à une époque de 
paix publique^.» Par cette loi, il ne voulut pas seulement 
supprimer la corporation des gladiateurs de profession ; il 
défendit aussi de condamner des criminels aux combats du 
cirque, peine que dix ans auparavant il avait encore sanc* 
tionnée^; désormais les coupables devaient être envoyés aux 
carrières, a afin qu'ils expient leurs crimes sans effusion de 
sang^:» première tentative d'une abolition de la peine de 

^Eumenius, Paneff,, o, 1S&; in Opp, PWmï, t. Il, p. 303. — Gomp. 
Paneg. ineerti , c. 23, ib., p. 335. 

^ (( Cruenta spectacula in otio cif>ili et domesticà quiète non placent; 
quapropter omnino gladiatores esse prohibemus.^Cod. theod., 1. XV, 
til.n, 1. i. 

3 En 315: «...«< gtiif in ludum fueritdamnatus.n Cod.Theod., 1. iX, 
lit. 18, 1. 1 î lit. 40, 1. 2, 

*<i.,Mt sine sanguine suorum sceleirum pœnas agnoscant.» I. c, 
note 24. 



470 CHAPITRE V. 

mort ! L'inteotioD de Gonstaotin , en iolerdisant les jeux 
des gladialears dans toutes les villes de l'Empire S lui était 
inspirée à la fois par un sentiment d'humanité envers les 
malheureux forcés de combattre, et par le désir d'habituer 
le peuple aux douceurs de la paix , en lui enlevant l'occasion 
de faire éclater ses passions sanguinaires; il avait reconnu 
combien ces spectacles excitaient le goût des combats et la 
soif du sang, incompatibles avec l'ère de paix qu'il se pro-* 
posait d'inaugurer. 

Mais cette loi si humaine du grand empereur n'est point 
exécutée-, aussi impuissante que Téloquence des prédica- 
teurs de l'Église , elle ne calme pas l'ardeur du peuple ; le 
corps des gladiateurs continue de subsister; on continue 
d'envoyer des criminels au cirque ; la phrase de la loi de 3â5, 
relative aux condamnés, ne larde même pas à être retran- 
chée du code^. Cette loi avait été rendue à Bérytus , en Sy^ 
rie , et peu d'années après , dans cette même province , la 
population accourt à un grand combat de gladiateurs^. Plu- 
sieurs des successeurs de Constantin redoublent d'efforts 
pour atteindre au but qu'il s'était proposé; ils essaient de 
rendre les jeux du cirque moins fréquents et de^lmihuer le 
nombre des gladiateurs. Constance défend k leurs préposés 
de solliciter à prix d'argent des soldats ou des serviteurs du 
palais d'entrer dans leur corps*. Valenlinien !, qui , dans sa 

^ Pas seulement en Syrie , comme on Fa dit eq se fondant sur ce que la 
loi a été rendue à Bérytus, La loi a ,un. caractère tout à fait général; 
Eusèbe (Vita Const.yhVf, c. 25, p. 537) dit expressément que Constantin 
ordonna : « yA\ [ji.ovo[ji.a5(^ci)v uiaKpoviatç fAoXuvstv t k^ TcpXe iç.» — «ïlapà 
Sa 'Pb)fit.atoiç T<)Te 3ppôî)Toy i] 'zm fiLOVOfiLQi)(tôv ixcoXuôif} Osa.i» Sozom.) 
Hist. eccl., 1. I, c. 8, p. 411. 

^ËUe ne se trouve pas dans le teile inséré dans le code de Justinien, 
Corp. Jur., 1. XI, tit. 43, 1. ^. 

^Libanius, De vitàtuày t. U, p. 3. 

*En 357. Cod, Theod., l. XV, tit. 12, 1. 2. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 47i 

jeunesse, avait partagé la passion universelle pour les com- 
bats d'hommes et de bétes , ne veut plus^qu'ils aient (teu 
aux jours de naissance des empereurs, el supprime aioei 
un des principaux ornements de ces fétes^ ; enfin , il défend 
de condamner au cirque les chrétiens et les efficiers du pa- 
lais, quel que soit leur crlme^. Nous pourrions montrer par 
plusieurs exemples l'inutilité de ces mesnres incomplètes; 
en 385, un grand combat de gladiateurs a lieu à Rome^; 
Symmaque en donne pendant son consulat^; Tbéodose lui- 
même fait combattre des Germains prisonniers pour divertir 
«le peuple de Mars^.» Cependant cet empereur fait à son 
tour une tentative pour arrêter l'effusion du sang ; il interdit 
les combats avec des taureaux sauvages^. Il y a mieux, il 
paraît qu'en Orient tes jeux sanglants ont cessé à partir de 
son règne. En Occident , l'ancienne dureté romaine résiste 
encore; Honopius, désespérant de la dompter, avilit, plus 
profondément encore que par le passé, la condition des gla- 
diateurs; il leur refuse jusqu'au droit de s'introduire comme 
esclaves dans les maisons des riches, il veut qu'ils de- 
meui*ent dans leur étal d'abjection , et qu'on ne tente rien 
qui ait l'apparence de relever leur «nom détestable^.» La 
charité chrétienne, par la bouche du poète Prudence, le 
presse de faire le dernier pas et d'interdire enfin ces luttes 
barbares^ ; mais il ne le croit pas possible encore. Un moine 

* Ambros., De obitu Valentiniani , § ^5, t. 11, p. 1178. 

3Eti 365et en 367. Cvd. Theod., 1. TX, lit. 40, 1. 8 et 11. 

5 August., Confess., 1. Vï, c. 8, t. I, p. 90. 

*En 391. L. n, ep. 46, et l. VU, ep. 4, p. 50 et 467. 

«Symmacb., 1. X, ep. 61, p. 295. 

«Prudent., InSymmaekum, l. II, v. 4123, p. 490. 

7 En 397. f ...nomen detestandum.» Cod. Tkeod., 1. XV, lit. 42, I. 2 
et 3. 

**« Tu mortes miserorum hominum prohibeto litari; Nullus in urbe 
cadat^ cujus sit pœna voluptiis,..» In Symmaeh.,\. H, v. 4124 etsuiv., 
p. 490. 



472 CHAPITRE V. 

de l'Orient, Télémaque, franchit les mers, se rend à Rome, 
se précipite dans le cirque, sépare les combattants et tombe 
victime de la fureur des spectateurs : ce n'est qu'après ce 
dévouement d'un martyr de la charité, qu'Honorius se dé- 
cide k rendre une loi pour faire disparaître à jamais ce reste 
de la cruauté antique^ A partir de ce fait, nous ne trouvons 
plus de traces de combats d'hommes ; ceux de bêtes féroces 
subsistent seuls encore^, tant les populations, surtout des 
provinces méridionales, sont avides des émotions que pro- 
duit la vue du sang. Si la législation chrétienne ne triomphe 
pas encore complètement des mœurs, nous reconnaîtrons 
au moins la persévérance avec laquelle elle a lutté pour 
rendre h leur dignité des hommes méprisés de leurs sem- 
blables, pour inspirer au peuple le respect de la vie et l'a- 
mour du prochain , et pour faire disparaître les occasions où 
les préceptes proclamés par les prédicateurs de TÉglise 
étaient si cruellement contredits. Si, après cette époque, 
on se presse encore, dans certains pays de l'Empire, aux 
arènes où combattent des animaux sauvages, c'est qu'on 
n'est chrétien que de nom, tandis que les goûts du paga- 
nisme sont encore vivaces dans les cœurs. 

Un dernier mot encore pour terminer cet article consacré 
aux efforts de faire cesser l'abus que Thomme faisait de 
l'homme. Les empereurs chrétiens ont rendu des lois d'une 
rigueur extrême mais juste contre le crime de la Traioepaercia, 
encore très-fréquent dans les différentes parties de l'Empire'. 

«Theodoret., Hist. eccU, 1. V, c. 26, p 234. 

^ Prudence n'ose pas demander la suppression des combats de bétes : 
« Jam solis contenta feris infamU arena , Nulla cruentatis hopfiiddia 
ludat in armis.n Adv. Symmach., 1. Il, v. 1126 et suiv., p. 490. Encore 
en 469, on voit en Orient: u fer arum lacrimosa spectacula.M Loi de 
Léon ï. Corp. Jur,, L III, tit. 12, 1. H. 

^Lactant., Div. instit.^ 1. V, c. 9 , t. T, p. 384. — Salvian., De tju- 
bern. Dei, J. VII, c. 49, p. 475. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 473 

Il faut, dit Constance, que la loi s'arme de son glaive 
vengeur et dicte des peines sévères contre cette infamie ^^ 
Tbéodose et Yalentinieu la flétrissent dans les termes les 
plus énergiques et punissent les coupables de la mort dans 
les flammes^. 

§ 5. Les pauvres et les malheureux. 

Pendant la période païenne , Finfluence des idées évan- 
géliques ne s'était pas encore étendue sur la condition des 
pauvres, des infirmes, des malheureux^ les moralistes, il 
est vrai, avaient exprimé sur leur compte des sentiments 
plus doux, la bienveillance individuelle de quelques empe- 
reurs avait tenté quelques essais pour retirer de la misère 
un certain nombre d'enfants pauvres ; mais la charité bien- 
faisante et secourable n'avait pas encore passé dans la loi. 
Certes, nous sommes loin de la pensée que le législateur 
doive prescrire la bienfaisance comme un devoir civil ^ ce 
n'est pas nous qui demanderons que la société se charge de 
l'entretien de tous ceux qui allèguent l'impossibilité de suf- 
fire à leurs besoins ; mais , dans la période qui nous occupe, 
il y avait quelque chose , il y avait même beaucoup à faire 
pour relever les pauvres de l'abandon où les avaient retenus 
la morale égoïste et la législation aristocratique de l'anti- 
quité. La société religieuse , TÉglise réalisa la première 
cette charité dans une vaste mesure; les communautés chré- 
tiennes, comme les individus, compatirent aux misères de 
tout genre , ils rivalisèrent d'efforts pour les soulager par 
des moyens ingénieux et efficaces. Les empereurs chrétiens 
s'associèrent a cette œuvre de réhabilitation et de miséri- 

1 Vers 357. Cod. Theod., 1, IX, lit. 7, 1. 3. 

^En 390. L. c, loi 6. ~ Voy. aussi le Commentaire de Godefroy à 
celte loi. 



474 CHAPITRE V. 

corde ; ils prirent des mesures nombreuses en faveur des in- 
digents, des faibles, des opprimés. 

Constantin, informé à plusieurs reprises que, dans les 
campagnes appauvries de Tltalie et de l'Afrique, des parents 
poussés par la misère vendaient leurs enfants, les mettaient 
en gage , les tuaient ou les laissaient périr de faim , résolut 
de mettre un terme h ce triste état des choses , et « de dé- 
tourner la main des pères du parricide en leur inspirant de 
meilleurs sentiments.» Plus haut, nous Tavons vu rendre 
des édits pour empêcher des pères de vendre ou de tuer 
leurs enfants. Persuadé de l'insuffisance de ces lois répres- 
sives , et pour désarmer le prétexte tiré de la pauvreté , il 
plaça à côté de la pénalité une bienfaisance protectrice. Il 
ordonna aux agents du. fisc et aux officiers impériaux de 
fournir sans délai aux parents pauvres des vêtements et des 
vivres sur les revenus soit du fisc, soit du domaine privé de 
l'empereur; «car, dit-il, les secours à donner aux enfants 
qui viennent de naître ne comportent pas de retard , et il 
répugne à nos mœurs de laisser les uns périr de faim et les 
autres se résoudre au crime^» L'insertion dans le code des 
deux lois de Constantin sur les secours que les parents indi- 
gents pouvaient réclamer du trésor public , prouve qu'elles 
devaient aussi recevoir leur exécution dans les temps posté- 
rieurs. 

Une mesure non moins salutaire, dictée par un profond 
sentiment d'égalité chrétienne et de respect pour l'homme, 
fut la loi de Constantin , rendue en 325, concernant le droit 

'Voy. les deux lois De alimentis quœ inopes parentes de publico 
petere debent. Cod, Theod., 1. XI, lit. 27, K 1 et 2. —On a pensé que 
ce n'est là qu'une continuation des fondations alimentaires de Trajan et 
des Antonins (Pauly, Real-Encycl. der classischen Àlterthums-Wissen- 
schafty t. IV, p. 1556); mais il nous parait évident que c'est une insti- 
tution nouvelle; les fondations alimentaires étaient depuis longtemps tom- 
bées en désuétude et en oubli. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 475 

de tous les habitants de l'Empire d'avoir recours à la jus^ 
tiee, et le devoir de tous les juges , magistrats et officiers 
impériaux, d'exercer la plus stricte impartialité; «que ce* 
lui, dit-il, qui peut reprocher à un de mes fonctionnaires 
une injustice, se présente avec courage et confiance devant 
moi , je l'entendrai , j'examinerai moi-même la cause , et , si 
elle est prouvée, je châtierai celui qui jusque-là m'avait abusé 
par une feinte intégrité ^» Constantin réitéra cette injonc- 
tion dans sa loi si remarquable de 331 contre la vénalité des 
juges et les vexations des agents fiscaux : la justice doit être 
égale pour le pauvre et pour le riche ; les juges et les avo^ 
cats qui acceptent de l'argent doivent être frappés de peines 
sévères^ il en est de même des agents du fisc qui accablent 
le peuple de leurs exactions ; que leurs mains rapaces cessent 
de dépouiller les habitants, ou qu'ils expient leurs brigan- 
dages :par les supplices qu'ils méritent^. A ces mesures gé-* 
néraks , Constantin ajouta une protection plus spéciale pour 
les personnes qui étaient d'autant plus recommandées à la 
&ollioitodd ckrétienne, qu'à cause de leur faiblesse et de leur 
isôlemest elks étaient plus exposées aux vexations d'hommes 
pnissaiÉS'Slirifiheft. En 334, il décréta que les veuves, les 
orphelins, les infirmes, les indigents, s'ils ont des procès, 
ne pourront pa&éire forcés de se présenter devant un tribu- 
nal hors de la province qu'ils habitent ; s'ils redoutent l'in- 
fluence deleuf^ a4:v«rsatr«8 , ils pourront en appeler à l'em- 
pereur qui %a ooiiip^railre les parties pour juger lui-même 
la cause?» Du. 365, Yalentinien I afirancbit les veuves de la 

*Cod, Theod., L IX, Ut. i, 1. 4. 

^9 Cessent jam nunc tapaess oficialium manus , cessent inquam! 
nam si moniti non OMiatMrifit, gladiis praeidentur. Non sit vénale ju- 
dicis vélum ^ non ingresetês redempii y non infâme licitationibus secre- 
tarium, non Visio ipsa Prœsidis eum pretio : œqtie auresjudieantis pau- 
perrimis ac divitibus resereMur,»,.3 Cod, Tkeod., 1. I, tit. 7, I. 1. 
^Corp.Jur., 1. m, til. 14,1. T 



476 CHAPITRE V. 

capitation plébéieDDe ; il exempta aussi de cel impôt les or- 
phelins jusqu'^ Fâge de vingt ans, les orphelines jo&qa'k 
leur mariage ^ 

Au milieu du désordre qui , pendant le quatrième siècle, 
régnait dans les provinces, les généreux efforts de Constan- 
tin de rendre la justice égale et impartiale atteignaient ra- 
rement leur but. La protection et le droit étaient fréquem- 
ment refusés a ceux qui ne pouvaient pas les payer, ou que 
leur position ne rendait pas redoutables. On chercha à re- 
médier à ces abus en donnant force de chose jugée aux dé- 
cisions arbitrales des évoques , afin d'engager les habitants 
\k porter leurs contestations de moindre importance devant 
eux plutôt que devant les juges civils. Si un adversaire puis- 
sant ou un usurier refusaient de s'en rapporter a l'arbitrage 
épiscopal , les pauvres et les faibles trouvaient encore des 
défenseurs dans la personne des évoques. Ceux-ci interve- 
naient en leur faveur, au nom des principes chrétiens mé- 
connus: ils leur ouvraient des asiles dans les couvents ou 
dans les églises , et soutenaient leurs causes auprès des em- 
pereurs ou de leurs fonctionnaires. Cette intercession fut 
légalement reconnue; on sanctionna le droit des opprimés 
de recourir à Févéque , et on intima aux magistrats l'ordre 
de tenir compte d'une intervention aussi vénérable^. Con- 
vaincus que « le vrai culte consiste à secourir les pauvres et 
les nécessiteux», Yalentinien I et Honorius chargèrent les 
évéques de veiller à l'exécution de toutes les lois concernant 
le soin des pauvres et l'humanité envers les malheureux^ ; 

1 Cod. Theod., 1. XIH, lit. ^0, 1. 4. 

^Corp. Jttr., l. I, tit. 4, 1. 42; I. XI, lit. 40, 1. 6. 

3VaIenlinien T en 364, et Honorius en 409. Corp, Jur,^ 1. l, tit. 4, 
ï. i et 9. — En 364, Valenlinien charge les évêques de veiller à ce que 
les marchands ne fassent pas des prix exorbitants , attendu que, pour les 
chrétiens « verus cultus est adjuvare pauperes et positos in neeeMsi- 
tate.» Corp. Jur., lib. I, tit. A,\, i. 



PROGRÈS DE l'adoucissement DES LOIS, ETC. 477 

on reconnut ainsi l'origine religieuse de la charité et la mis- 
sion des ministres de TÉglise d'en surveiller l'exercice et 
de l'enseigner par leur propre exemple. Le droit d'asile fut 
confirmé, en même temps qu'on tâcha d'en empêcher l'abus ; 
on fit défense de saisir ceux qui se réfugieraient dans les 
églises^; on étendit le droit d'asile jusqu'au portail exté- 
rieur, afin que les fugitifs ne passassent pas les nuits et ne 
prissent pas leurs repas dans l'intérieur même, sur les 
marches des autels ; on leur interdit de franchir le seuil avec 
désarmes^, et on restreignit le nombre des cas pour les- 
quels le droit d'asile était reconnu^. Cette sanction légale, 
donnée à un usage qui s'était introduit peu à peu et qui de- 
vait, ainsi que l'arbitrage des évêques, disparaître de nou- 
veau dans une société régulièrement organisée et adminis- 
trée, fut un bienfait considérable k une époque de décadence 
sociale où la religion avait seule assez d'autorité pour sau- 
vegarder l'humanité et le droit. 

Un bienfait de non moins d'importance fut la protection 
dont la loi couvrit les établissements fondés par la charité 
en faveur des indigents et des malades. Comme les biens 
ecclésiastiques , dont les revenus étaient destinés h l'entre- 
tien des pauvres, étaient fréquemment exposés aux spolia- 
tions ou aux contestations d'hommes puissants, Honorius 
accorda aux églises les avocats particuliersqu'elles lui avaient 
demandés et qui devaient être chargés de défendre leurs 
causes^. Dans l'Empire d'Occident, plusieurs empereurs du 
cinquième siècle prirent sous leur protect